Speaker #0Tu as besoin d'anticiper tes vacances. Par exemple, en regroupant tout ce que tu dois emmener deux semaines avant sur un coin dans ta maison. Tu es hyper organisé et tu ne laisses rien au hasard. Ce besoin de contrôler que tu as, ce n'est pas une obsession. Il répond en fait à un autre besoin plus fort, qui n'est pas celui du contrôle. Et c'est parfois un besoin inconscient, c'est un besoin d'autosécurité. Je suis Aude Jeandrot, spécialiste en Shiatsu et en mémoire du corps. Dans ce podcast, Et si tu t'écoutais autrement, je t'invite à comprendre ton corps, ton comportement autrement et de voir ce que ça essaie de te dire et comment prendre ta place réellement, en toute sérénité et faire des choix pour toi. Aujourd'hui, je te parle de ce besoin de contrôle comme moyen de te sécuriser. Donc le contrôle, comment ça se manifeste ? En fait, je te dirais qu'il y a trois grandes formes de contrôle. Il y a ce qu'on peut appeler le contrôle logistique, qui va porter sur le fait de tout planifier, d'anticiper chaque scénario, et si je fais ça, il se passe ça, de ne pas déléguer, parce que tu vas repasser derrière de toute façon, parce que ça ne sera pas fait comme tu le veux. Un exemple typique, c'est le lave-vaisselle. Quelqu'un d'autre débarrasse, ne range pas les couverts comme tu le ferais, tu vas repasser derrière le fer, et c'est plus fort que toi. Ça peut être aussi relire les mails trois fois. En fait, tout vérifier, revérifier. C'est ça, le contrôle logistique. La deuxième forme de contrôle, ça va être le contrôle plutôt émotionnel, où tu ne vas pas montrer tes failles. Tu ne vas surtout pas te montrer vulnérable, quelle drôle d'idée. Tu peux aussi essayer de gérer les émotions des autres, parce que si elles débordent, ça te pose un problème, parce que ça te renvoie aux tiennes qui ne sortent pas. Tu peux t'adapter en... permanence à l'autre ou vouloir que tout le monde soit bien avant de te sentir bien toi-même. C'est un résumé parce que le contrôle émotionnel est quelque chose de complexe et c'est des grands axes. Tu peux à l'intérieur de ça faire un mélange de plusieurs choses. Tu es unique donc ton attitude dans ce contrôle émotionnel est unique. Donc c'est pas à prendre au pied de la lettre, c'est des tendances qui montrent que tu es dans ce contrôle émotionnel. Le troisième profil de contrôle C'est le contrôle plus relationnel. Par exemple, tu vas suranalyser les messages. Tu as quelqu'un qui t'écrit et tu vas le lire une première fois et le relire parce que peut-être qu'elle a voulu dire ça et pas ça. Et tu vas passer ton temps à lire et à essayer de comprendre et d'imaginer toutes les hypothèses possibles dans ce message. Tu vas chercher à éviter les conflits à tout prix parce qu'ils te posent un vrai problème. Tu vas tester l'autre inconsciemment pour prévoir s'il reste... Ça, par exemple, cette façon de tester, tu peux te mettre ce que j'appellerais en repli stratégique. Ça veut dire que tu sens que tu t'attaches. Mais du coup, ça vient t'insécuriser cet attachement parce que ça te met, entre guillemets, en dépendance de l'autre. Et donc, tu vas, par exemple, te mettre à distance. Ne plus répondre aux messages ou adopter une attitude un peu froide ou annuler un rendez-vous au dernier moment. Tout ça, en fait, ça a une finalité dont tu n'as pas forcément conscience. C'est d'aller voir comment l'autre va réagir. Est-ce qu'il va te rassurer en venant et en étant là ? Ou est-ce qu'il part et tu vas te dire finalement j'avais raison ? Une autre manière, ça va être la provocation émotionnelle. Du style de toute façon je sais bien que tu vas partir, tu vas faire comme tous les autres. Ou alors l'hyper indépendance. Moi de toute façon j'ai besoin de personne, je gère toute seule. Et bien là on est dans un contrôle relationnel. Et quel que soit le mode. que tu sois sur un contrôle plutôt logistique, un contrôle plutôt émotionnel ou un contrôle plutôt rationnel, c'est épuisant. Si tu veux savoir un peu plus sur quel profil tu te positionnes, j'ai mis en place un quiz auquel tu peux répondre et franchement, ça va te prendre deux minutes et ça va te permettre d'avoir déjà une première orientation du profil avec une première piste de ce que tu peux faire. Dans tous les cas, si tu as ce besoin de contrôle, ce n'est pas une fatalité. Ce n'est pas non plus une obligation. Tu n'es pas obligé de rester comme ça. Tu peux faire autrement. Dans mon accompagnement sur trois mois, que j'ai appelé « Se libérer du poids du passé » , nous travaillons sur cette sécurité intérieure pour ne plus être dans le contrôle. Et si tu as besoin de plus d'infos, tu peux en retrouver en description. Tu peux aussi réserver une visio des clics, 30 minutes gratuites, pour pouvoir m'expliquer où tu en es et voir ce qu'on peut faire ensemble. Dans tous les cas, donc je te disais, ce contrôle... Ce n'est pas que tu es chiante, c'est pas non plus que tu es rigide ou que tu as un mauvais caractère ou tout ce que je peux entendre associé à ce sujet-là. Tout ce que tu peux me dire en séance comme ça, non, je ne suis pas d'accord. Tu n'es ni chiante, ni rigide, ni pénible. C'est en fait une stratégie de survie que tu as mis en place parfois très tôt pour faire face à quelque chose où tu t'es sentie en danger. Le danger peut être émotionnel et pas physique. Mais il fallait pouvoir survivre à ça. Et tu as mis en place ce contrôle pour pouvoir le faire. Qu'est-ce qui peut se cacher derrière ce besoin de contrôle que tu as ? On peut retrouver des croyances limitantes. C'est-à-dire, qu'est-ce que toi tu crois ? Qu'est-ce qui se passe si tu ne contrôles pas ? Tu peux faire l'exercice pour voir. Tu ne contrôles pas quelque chose. Comment tu te sens ? Est-ce que ça génère de la panique ? Est-ce que ça génère des « je suis nul » ? Ou « non, il faut absolument que je le fasse » . Comment ça te fait réagir en fait ? Si par exemple tu te dis, si je ne gère pas tout s'effondre, je ne peux compter que sur moi. Si je montre ma vulnérabilité, je serai rejetée. Être détendu, se poser, par exemple sur le canapé, c'est être irresponsable. Tu vois quelle croyance limitante, dans le sens qui limite ton bien-être, parce que ça vient t'impacter directement, se cache. Ces croyances limitantes peuvent être assorties ou pas. C'est-à-dire qu'on peut trouver les deux ensemble ou de manière dissociée de ce que j'appelle les injonctions. Les injonctions, c'est ce que ta famille va te transmettre, famille ou proche. Cette injonction, par exemple, soit forte, soit responsable. Une femme, ça doit absolument tout gérer à la maison. Tu vois bien que ça, ce n'est pas sans conséquence si tu grandis avec ces injonctions-là. Au sens d'injonction, c'est-à-dire que ce n'est plus une croyance, quelque chose auquel on croit. L'injonction, c'est un ordre qui t'est donné, auquel tu dois répondre. Et donc, si on te fait grandir à coup de « sois forte » , donc « sois forte » , tais-toi, parce que si t'es forte, tu ne vas pas te plaindre. « Sois forte » , t'avances même si t'as mal, parce que de toute façon, on s'en fiche que t'aies mal. Tu vois tout ce qu'il peut y avoir derrière. La conséquence, c'est que quand tu es adulte, tu deviens hyper responsable, mais aussi hyper adapté, tu t'adaptes à tout, tout le temps, quel que soit ton état. et quelles que soient les conséquences pour toi. Et du coup, tu contrôles. Tu contrôles tout. Parce que c'est le seul moyen de tenir debout. Ça marche aussi, les injonctions, si tu as appris qu'être aimé, ça voulait dire être parfaite, responsable, irréprochable. Dans le sens, j'ai déjà eu ça en séance, une femme qui me dit, bah oui, les femmes dans ma famille, elles doivent toujours être tirées à quatre épingles. C'est impossible de sortir en survêtement, même pour faire du sport. Il faut forcément être en robe, en jupe, extrêmement bien coiffé. Il n'y a aucune mèche qui doit dépasser du chignon, maquillée. Sinon, tu es une irresponsable et c'est une catastrophe. Tu vois bien le niveau de contrôle qu'elle doit avoir sur son image, sur son corps et sur ce qu'elle montre. C'est étouffant en fait. Et dans ces cas-là, tu comprends bien que lâcher le contrôle, ça devient dangereux. Parce que ça menace, ça menace l'amour. que les autres vont te donner. Si je ne suis plus cette femme à l'image parfaite qu'on m'a donné l'ordre d'être dans ma famille, je ne vais plus être aimée. L'autre chose qui peut se cacher derrière ce besoin de contrôle, c'est l'histoire familiale. Là, on peut trouver plein de choses. Par exemple, si in utero, ta mère vit un événement qui la choque. Par exemple, j'ai une cliente, quand sa mère était enceinte d'elle, elle a été victime d'un vol à l'arraché du sac à main. Il n'y a pas eu de conséquences physiques, elle n'a pas été blessée, mais elle a eu très peur. Et là, sa mère s'est mise à se dire, le monde en fait extérieur n'est pas sûr, c'est dangereux. Ma cliente, elle est hyper contrôlante sur tout ce qui est logistique, parce qu'elle répond à cette peur que sa mère a eue pendant la grossesse. On comprend bien que si sa mère a été terrifiée au moment de l'agression, le foetus, il ressent à l'intérieur ce que vit sa mère. Donc c'est pas sans conséquence, c'est-à-dire qu'elle est née avec ça et qu'elle doit travailler pour défaire quelque chose qui n'est pas elle, mais avec lequel elle est née. Et c'est la subtilité, c'est que c'est pas parce qu'elle a toujours été comme ça que c'est elle. Ça se défait parce que c'est lié à cette peur maternelle. Tu peux aussi, dans l'histoire familiale, être dans le besoin de contrôle parce que tu as un parent imprévisible. Par exemple, quelqu'un qui a beaucoup d'absence, tu ne peux pas compter dessus. quelqu'un qui a des colères, donc des émotions qui te font peur et qui sont imprévisibles, ça peut être aussi ce qu'on appelle l'enfant parentifié, dire qu'il doit tout gérer, y compris des fois son propre parent. Ça peut être un climat familial qui est anxieux. Que ce soit par exemple sur, j'ai eu le cas il n'y a pas longtemps, d'un papa qui s'est retrouvé au chômage, donc sa fille s'est mise dans le contrôle en disant je dois absolument être bonne à l'école et tout gérer pour ne pas créer de problème à mes parents et je dois gérer un maximum de choses à la maison pour que papa soit le mieux possible. Sauf qu'adulte, elle n'était pas sortie de ça. Parce que quand on encloche ce mode de survie, il ne se désactive pas tout seul. Ça peut être aussi les non-dits et les secrets de famille. Donc là, je vais te donner un exemple. Ce sera plus simple, je pense. Tu prends une arrière-grand-mère qui a été quittée brutalement. Quand je dis brutalement, c'est-à-dire que son mari est parti le matin au travail et il n'est jamais rentré. Il y allait bien, il est parti refaire sa vie ailleurs. Ça a été à l'époque où ça s'est passé. Arrière-grand-mère, t'imagines, un scandale dans tout le village. Donc pour elle, une honte énorme. Une insécurité, notamment financière, de quoi elle allait vivre avec sa fille. Mais elle n'en parlait pas. Elle a serré les dents. Elle a tenu bon face à ce qui pouvait se dire dans le village. Elle n'a jamais rien montré de toute sa vie. Mais sa fille, donc la grand-mère, elle a grandi dans cette ambiance tendue et silencieuse. Elle a ressenti beaucoup d'angoisse et de méfiance, forcément, notamment envers les hommes. Et elle est devenue hyper vigilante. Et elle a élevé sa fille avec l'idée de... dans ta vie ne compte que sur toi. Sa fille, donc la mère de ma cliente, elle a vécu avec cette injonction. Dans ta vie ne compte que sur toi. Et ça s'est retrouvé amplifié puisqu'elle aussi s'est fait quitter par son mari. Alors là, pas brutalement, ça a été un divorce, il est parti. Résultat, ma cliente qui vient me voir qu'à 25 ans, elle ne connaît pas l'histoire, au moment où on commence à travailler, de cette arrière-grand-mère. Mais elle anticipe tout. Elle est à la fois dans un contrôle logistique et dans un contrôle émotionnel. On retrouve les deux aspects chez elle. Et au vu de son histoire, quand on la démêle au fil des séances, on comprend pourquoi il y a ces deux contrôles qui sont en place chez elle. Et elle croit même que c'est son caractère au début. Alors qu'en réalité, c'est une mémoire d'abandon associée à une trahison qui génère cette insécurité. Donc ce n'est pas une question de caractère, ça se défait. Et aujourd'hui, elle apprend progressivement Maintenant que tout a été mis en lumière sur pourquoi elle fonctionne comme ça, qu'elle a compris que ce n'était pas son caractère, on est encore en train de travailler sur mettre les choses en place pour lâcher progressivement ce contrôle sans faire monter l'insécurité. Dans tous les cas, que ton contrôle soit logistique ou émotionnel ou relationnel, qu'il soit lié aux croyances limitantes, aux injonctions, à ton histoire familiale ou un peu tout ça, si tu essaies de contrôler, c'est que tu cherches à réparer une peur qui peut-être ne t'appartient pas. Cette semaine, je te propose d'observer et de trouver un moment où tu sens que tu te mets en contrôle. Donc il faut sentir ce moment. Si tu n'y arrives pas, ce n'est pas grave. C'est déjà un premier indice que c'est compliqué pour toi. Si tu y arrives, à sentir ce contrôle qui se met en place, pose-toi la question, si je ne le fais pas, qu'est-ce que je ressens ? C'est quoi le risque ? Et tu notes, si tu le peux, la réponse à cette question. Le contrôle, ce n'est, je te le rappelle, ni toi, ni ton caractère, ni ta personnalité. C'est ce que tu as appris pour te protéger. C'est ce que tu as mis en place pour te protéger. Tu n'es pas condamné à cette hyper-vigilance. Et si tu sens que ce besoin de contrôle prend trop de place dans ta vie, je t'accompagne avec plaisir, je t'ai donné les infos tout à l'heure, tu peux tout retrouver en description. Tu prends soin de toi. Belle semaine !