Speaker #0Aujourd'hui, on va parler d'un sentiment très fréquent chez les femmes, la culpabilité. Cette fameuse petite culpabilité, grosse d'ailleurs, qui surgit même quand tu n'as rien fait de mal. Et derrière, en général, on va trouver des loyautés familiales invisibles et des schémas inconscients qui nous poussent à nous oublier pour les autres. Dans ce podcast, et si tu t'écoutais autrement, je te propose de décoder les mécanismes invisibles qui influencent tes relations tes choix et ta manière de te traiter. Je suis Aude Jeandrot, praticienne en Shiatsu et mémoire du corps. Donc aujourd'hui, parlons de la culpabilité. Et je vais te donner l'exemple de Clara. Clara est une femme généreuse, attentionnée. Elle a une amie qui est maman solo. Et Clara l'aide beaucoup. Elle l'aide pour faire les courses, pour ne pas déranger le sommeil de la petite. Elle l'aide pour garder l'enfant quand elle a des rendez-vous. Elle l'aide même à faire le ménage quand elle est trop fatiguée. Bref, elle s'investit énormément. Et un jour, cette amie lui demande un service supplémentaire. Aller chercher une de ses amies dans une autre ville pour qu'elle puisse venir la voir. Clara est épuisée. Alors elle ose dire non. Et là, son amie rentre dans une colère très forte. Elle a des propos qui sont blessants. L'accusant de refuser de l'aider, de ne pas être une véritable amie. Clara est déstabilisée par cette colère, par la réaction de son amie, alors elle s'excuse et fait le trajet. Pourtant, elle a déjà beaucoup donné. Elle est fatiguée et son refus est légitime, tu ne trouves pas ? Et malgré cela, elle se sent coupable. Comme si dire non était une faute, comme si elle trahissait quelque chose. Est-ce que cela t'est déjà arrivé, de dire oui alors que tout en toi disait non ? Souvent dans ce moment-là, il y a un véritable dialogue intérieur qui s'amorce, presque un conflit intérieur entre la part de toi qui dit oui et celle qui dit non. Certaines femmes vont se dire « si je refuse, je vais la décevoir, elle a tellement de difficultés, je devrais faire un effort, ce n'est pas grave, je peux bien me débrouiller, si elle est en colère, c'est que j'ai fait quelque chose de mal » et leur culpabilité grimpe, grimpe. grimpe encore. Alors qu'en réalité la question n'est pas est-ce que j'ai fait quelque chose de mal ? La vraie question est ailleurs. Parce que dans beaucoup de situations comme celle-ci, la culpabilité n'est pas liée en fait à ce que tu vis dans ta vie présente. Elle est liée à des schémas inconscients, beaucoup plus anciens. Par exemple, l'idée qu'il faut être gentil, disponible et serviable pour être aimé. Ou bien l'habitude de prendre soin des autres avant de prendre soin de soi. ou encore des loyautés, qui te poussent à porter beaucoup pour les autres. Ce sont des mécanismes vraiment profonds, qui agissent sans même que tu t'en rendes compte. C'est comme un réflexe qui s'enclenche. Tu ne l'as pas réalisé, tu ne l'as pas conscientisé que le mécanisme a déjà opéré, que tu as déjà répondu. Est-ce que tu te reconnais là-dedans, dans ce schéma de fonctionnement ? Et c'est pour ça que certaines femmes, dont tu fais très certainement partie, si tu m'écoutes, peuvent se sentir coupables. juste quand elles ont posé une limite légitime. Comme Clara, elle avait le droit de dire non parce qu'elle est fatiguée. Ce n'était pas une urgence, il n'y avait pas quelque chose d'impératif dans cette demande. Et ce que j'observe très souvent dans mon travail autour de la mémoire du corps et des dynamiques transgénérationnelles, c'est que la culpabilité ne vient pas seulement d'une pensée. C'est pas ton mental qui dit tiens, si je culpabilisais, c'est rigolo. Parce que bah non, je pense que t'es d'accord avec moi là-dessus, enfin j'espère. C'est pas drôle de culpabiliser, ça pourrit la vie. C'est une véritable glu tant qu'on n'a pas compris ce qui se cache derrière. Et en fait, cette culpabilité, elle est inscrite dans ton corps. Tu peux la sentir, par exemple, ce que mes clientes vont me citer le plus comme sensation corporelle, c'est des nœuds, des nœuds au ventre ou des espèces de papillons dans le ventre, inconfortables, désagréables, parce que ton corps, en fait, agit. Comme un réflexe, parce qu'il a appris à faire comme ça. Il a appris, ton corps, que dire non, c'est dangereux. Ou il a appris que décevoir, c'est risquer de perdre le lien. Et ça, c'est grave, ça fait peur. Donc, on culpabilise. Ton corps, il a aussi appris que penser à toi peut provoquer une tension ou un rejet. Alors, ton corps, il agit en réflexe. Il enclenche la réponse adaptée. Comme quand tu te brûles, tu as le réflexe de retirer, par exemple, ta main. Et bien là, quand ton corps identifie de manière réflexe qu'il y a un risque sur un de ces trois sujets, il va enclencher la réponse de culpabilité. Parce qu'en fait, il veut te protéger de schémas anciens. Ton corps croit que c'est la réponse adaptée à la situation tant qu'on ne vient pas comprendre ce qui se passe et changer les choses. Et c'est pour ça que tu peux intellectuellement comprendre les schémas. Tu peux comprendre que tu as culpabilisé. Souvent, tu vas le comprendre après coup, pas au moment où le réflexe s'enclenche. Mais en fait, les réactions, elles ont déjà agi. Tu as déjà culpabilisé. C'est pour ça que... il faut aller plus loin que commencer à comprendre ces schémas et cette loyauté. C'est voir dans ton quotidien ce qui les fait s'amorcer. C'est vraiment voir comment ils agissent pour pouvoir commencer à transformer la situation. Parce que ce sentiment de culpabilité, ce n'est pas quelque chose que tu as fait de mal, je te le redis. C'est un ancien programme qui s'active. Et c'est pour ça que petit à petit, tu as besoin de remettre de la clarté dans tes relations. Quelles sont les relations qui viennent accentuer ta culpabilité, voire même qui reposent sur ta culpabilité ? Ça arrive. Permettre petit à petit de poser tes limites sereinement, parce que c'est normal. Et arrêter de porter des responsabilités qui ne sont pas les tiennes. Dans mon travail, j'accompagne souvent des femmes qui ressentent de la culpabilité forte, même quand elles n'ont rien fait de mal. Et en travaillant à la fois sur la compréhension des mécanismes, comme je viens de te l'expliquer là, mais aussi sur ce qui est inscrit dans le corps, c'est-à-dire remonter aux racines du problème. Qu'est-ce qui, dans leur histoire, fait que la culpabilité s'enclenche ? Quelle est la croyance à l'origine ? Et c'est là où c'est intéressant parce que ça peut être quelque chose de ta vie à toi, comme ça peut être un héritage d'un schéma familial, quelque chose de transgénérationnel, comme une éducation à la culpabilité, comme quelque chose de normal. Mais avant de terminer cet épisode, j'ai envie de te poser plusieurs questions. J'aimerais que la prochaine fois que tu te sentiras coupable, tu arrives à te poser et à te demander « Est-ce que j'ai vraiment fait quelque chose de mal ? » ou « Est-ce que je viens d'enfreindre une règle que j'ai appris pour survivre ? » Et ensuite, j'aimerais que tu te demandes « Est-ce que cette culpabilité que je ressens me permet de me respecter ou au contraire de m'oublier encore une fois ? » Et c'est là où tu vas vraiment pouvoir avancer quand tu vas être capable de comprendre que cette culpabilité t'empêche de te respecter et qu'il y a une croyance derrière qu'il faut aller te démonter pour pouvoir te libérer. Parce que la culpabilité n'est pas une faute réelle que tu as commise. Elle apparaît quand tu commences à faire quelque chose de nouveau, comme poser une limite, penser à toi, dire non. Et le mécanisme s'enclenche et hop, tu culpabilises parce que tu n'as pas fait ce que ta croyance t'imposait de faire. Si ce sujet te parle, tu peux aussi écouter l'épisode 32, où je parle justement de cette culpabilité qui surgit quand on enfreint une règle qu'on croit devoir suivre. Cette règle ancienne, apprise dans l'enfance ou transmise dans l'histoire familiale, comme je te le disais tout à l'heure. Et comprendre ces règles invisibles que tu suis, c'est l'étape. essentielle pour te libérer de ta culpabilité. Parce que ce jour-là, où tu vois vraiment la règle, tu vois comment elle impacte ton attitude quotidienne, tu vas enfin pouvoir choisir de la suivre ou pas, cette règle. C'est toi qui décides, c'est pas moi qui vais te dire quoi faire. Mais si tu identifies la règle, tu auras enfin le choix. Ça arrêtera d'être un réflexe qui te pollue la vie. Et c'est là que les choses vont vraiment changer pour toi. dans ta manière de te traiter et dans tes relations. J'espère de tout cœur que cet épisode sur la culpabilité t'a permis d'y voir plus clair et de comprendre un peu plus les mécanismes, ces schémas inconscients dans lesquels tu es. Je t'invite vraiment à prendre soin de toi, à t'écouter et à te respecter. Je te souhaite une belle semaine et je te donne rendez-vous lundi prochain pour un nouvel épisode. A bientôt !