Speaker #0Est-ce que tu t'es déjà surprise à te dire des choses que tu ne dirais jamais à une amie ? Genre, t'es nulle, t'as encore raté, tu exagères, c'est rien, tu aurais dû faire mieux, fais encore un effort. Cette petite voix à l'intérieur de toi, tu la connais, j'en suis sûre. Elle est là au réveil, dans le miroir quand tu te regardes, le matin, après une réunion, où franchement t'aurais pu faire mieux, au moment de t'endormir. où tu repasses en boucle tout ce que tu n'as pas bien fait d'après toi dans ta journée. Cette petite voix, elle commente, elle te juge, elle te compare. C'est jamais assez, jamais suffisant. Elle est souvent bien plus dure avec toi que n'importe lequel de tes proches. Aujourd'hui, je te propose qu'on aille voir ensemble d'où elle vient vraiment cette petite voix. Pas pour la faire taire, parce que ça ne marche pas. Essayez d'arrêter de penser. ça ne marche pas. Mais pour plutôt la comprendre cette petite voix, essayez de comprendre ce qu'elle essaie de faire et pourquoi elle est devenue si sévère avec toi. A la fin de cet épisode tu auras une clé concrète pour commencer à changer ta relation avec elle cette petite voix et peut-être juste peut-être un petit peu plus de douceur avec toi. Je suis Aude Gendreau, praticienne en Shiatsu et mémoire d'Ikor. J'accompagne les femmes qui s'épuisent en se jugeant tout le temps. en se contrôlant, en contrôlant tout ce qu'elles peuvent pour se rassurer, pour essayer d'être suffisamment bien, pour enfin comprendre ce qui se passe vraiment en elles et retrouver une relation plus apaisée avec elles-mêmes. Ce que je vais te partager dans cet épisode aujourd'hui, c'est quelque chose que je rencontre dans presque tous les accompagnements que je mène. Cette petite voix intérieure qui te critique. J'entends, dans les mots de mes clientes, dans leur corps, dans leur silence, Cette critique permanente qui est épuisante. Et comprendre ce qu'elle cache, c'est une première porte pour pouvoir avancer et être plus gentille avec toi. Pour commencer, je vais te parler de Céline. Imaginons ensemble toutes les deux que Céline, c'est quelqu'un qui a 41 ans. Elle est cadre dans une entreprise de taille moyenne, donc elle a des responsabilités. Elle est aussi mère de deux enfants. A l'extérieur, En apparence, tout va bien, elle gère son travail, elle gère sa vie de famille. Elle est compétente, reconnue, organisée. Ses collègues la trouvent solide, fiable. Sa famille la voit comme un pilier. Et pourtant, Céline, elle se dit tout le temps qu'elle peut faire mieux, qu'elle peut faire plus. Elle n'arrête jamais de se juger. C'est épuisant. Et elle se dit en même temps que si elle lâche, tout va s'effondrer. Donc elle est dure avec elle. mais elles s'empêchent de lâcher. Des clientes comme ça, sur ce profil-là, j'en vois toutes les semaines, qui se disent qu'elles auraient pu faire mieux, que ce projet en réunion, elles auraient pu mieux le présenter. Elles vont retenir la seule chose qu'elles n'ont pas bien fait. Si on reste sur l'exemple de la réunion, il y a une slide, par exemple, où il va y avoir une coquille. Si toute la réunion s'est bien passée, qu'elles ont été félicitées, elles vont quand même retenir la coquille sur la slide et pas tout le reste. C'est en fait ne pas recevoir le compliment, mais voir ce qui ne va pas. Et la petite voix se met en route, critique. Juge, t'aurais pu faire mieux, t'as pas été assez attentif, t'as pas fait tout ce que tu pouvais. Et dans le corps, ça se traduit cette petite voix. Je vais voir des épaules qui sont remontées et qu'on a du mal à faire redescendre. Une tension permanente dans la mâchoire parce qu'elle serre les dents, un ventre noué régulièrement, pas forcément des tensions hyper douloureuses mais une tension un peu permanente du ventre. Et souvent, au début, elle pense que c'est normal, c'est pas ça qui les amène à venir me voir. Ce qui va les amener à venir, c'est plutôt de la fatigue ou les tensions corporelles ou des fois un proche qui leur a dit quelque chose qui les fait... tilter sans même bien comprendre la dureté qu'elles ont avec elles-mêmes parce qu'elles ne s'en rendent pas compte. Alors que souvent, cette petite voix, au point de départ, c'est pas la leur, elles l'ont juste copiée. Je t'explique ce que je veux dire par là. Cette voix, cette critique intérieure, s'est construite souvent très tôt, dans l'enfance, comme une stratégie de protection. Dans un environnement familial, par exemple, où les erreurs Les scolaires, notamment, ne sont pas acceptés. L'enfant n'a pas le droit d'échouer, n'a pas le droit de ramener une mauvaise note. Si elle le fait, il y a une critique, un jugement. Ou c'est aussi ce que j'entends assez régulièrement des enfants qui ramenaient des 15 et on leur disait « bah oui, mais si t'avais bossé plus, t'aurais pu avoir 18 » . Donc le « jamais assez » , le « je critique tes notes parce que tu peux faire mieux » ou « je critique ta performance sportive parce que t'aurais pu faire mieux » . Et que cette petite fille, elle est regardée durement, ou alors elle n'est vue que si elle réussit. S'il y a échec, elle est ignorée ou critiquée. Donc, c'est ce qu'elle voit dans son enfance, dans son environnement familial, cette exigence parentale, un climat familial tendu, un système scolaire où il faut être performant. Et du coup, elle apprend. Elle apprend que... Si elle se critique avant les autres, ça va être moins douloureux si ça vient d'elle que si ça vient du parent. Que si elle est parfaite, on ne va pas la rejeter et qu'elle sera peut-être plus aimée, plus regardée. Que si elle surveille tout ce qu'elle fait, elle sera plus en sécurité affective. Et donc cette petite voix au départ se met en place par rapport à cet environnement familial pour la protéger de la douleur d'une critique extérieure. Donc au point de départ quand la petite fille met cette voix en place, place dans l'enfance, elle lui est utile pour la protéger parce qu'effectivement elle souffre moins. Et c'est bien pour ça que tu mets ça en place. C'est pas parce que tu es nulle, c'est parce que tu t'es protégée et que en te critiquant toi-même, ça a permis de mettre à distance les critiques de l'autre et de moins souffrir. Mais ça s'arrête pas quand tu grandis. Cette petite voix, elle continue à l'âge adulte, comme si le danger était toujours là, comme si le risque de rejet étaient toujours là. Dans certains cas, des femmes que j'accompagne, on voit effectivement que le schéma familial peut rester à la critique et à la dureté, même adulte. Mais pas toujours. Il y a des fois où les parents, quand l'enfant est devenu adulte, considèrent que leur travail est fait et donc ils vont être moins critiques. Dans un cas comme dans l'autre, tu continues à avoir cette voix très dure à l'intérieur de toi. Parce que... Inconsciemment, tu te dis que si tu fais encore une erreur, ça peut te coûter l'amour de quelqu'un d'important, tu peux arrêter d'être vu. Et quand on fait ce travail en mémoire du corps, eh bien, on se rend compte très vite que cette critique intérieure, elle a des répercussions vraiment fortes dans le corps. Je te le disais tout à l'heure, ces épaules qui ne redescendent pas parce que ton corps est en état d'alerte, il est prêt à anticiper la prochaine erreur et à t'en protéger. C'est pour ça que tes épaules remontent. Cette mâchoire serrée, parce que c'est à la fois ce que tu retiens de dire, tu serres les dents pour ne pas que ça sorte, et aussi tu serres les dents parce qu'il faut tenir le coup avec ce niveau d'exigence épuisant. Ce ventre noué dont je te parlais tout à l'heure, parce qu'en fait cette insécurité dans laquelle tu vis, cette croyance que si tu ne fais pas tout très bien, que si tu n'es pas parfaite, tu ne seras pas vue et pas aimée, et bien ça tord le ventre, ça fait mal. Ton corps y porte tout ça. Et ce travail en mémoire du corps, ça permet déjà de te rendre compte de comment ça se passe dans ton corps, mais aussi d'aller à l'origine de ces empreintes qui sont laissées dans ton corps et de pouvoir les défaire une à une. Parce que ton corps, il porte tout ça, toutes ces empreintes, toutes les fois où tu t'es sentie jugée, insuffisante, pas assez bien. Et il continue de réagir parce que ces empreintes restent actives tant qu'on ne va pas les chercher. même si extérieurement La situation a changé, l'empreinte elle est active tant qu'on ne la défait pas. Et de comprendre vraiment aujourd'hui c'est important que cette petite voix, eh bien ce n'est pas qui tu es, c'est ce que tu as appris et c'est pas la même chose. Ce fonctionnement il s'est construit au fil du temps. Il s'est construit donc il peut évoluer dans un autre sens. La critique intérieure, la dureté que tu as avec toi. Ce n'est pas une preuve que tu n'es pas assez, que tu es nul. C'est la preuve que tu as besoin de te protéger. Et ce n'est pas du tout la même chose. J'espère que tu le comprends aujourd'hui. Donc pour avancer, je vais t'inviter maintenant à faire un petit exercice. Soit tu peux le faire là maintenant, parce qu'il va falloir que tu te poses un petit peu. Soit tu ne peux pas, tu mets l'épisode en pause et tu le reprends dès que tu peux. Tu vas voir, ce n'est pas très long. Donc tu te poses, tu t'assoies. dans un endroit où tu te sens en sécurité, pas un endroit où tu peux être dérangé. Tu poses les pieds à plat, si tu es assise, tu peux mettre tes mains sur tes cuisses, et puis si tu es debout, tu te cales pour ne pas risquer de tomber. Tu prends une grande inspiration, par le nez, par la bouche, c'est comme tu as envie. Tu inspires à fond et tu expires. Encore une fois, tu inspires et tu expires. Maintenant que tu t'es un petit peu posé, je t'invite à penser à un moment récent. Dans les derniers jours, où tu t'es dit quelque chose de dur à toi-même ? Je suis nul, j'aurais pu faire mieux. Rappelle-toi cette phrase que tu t'es dite, les mots que tu as utilisés. Quand tu repenses à cette phrase, où est-ce que ça réagit dans ton corps ? Où est-ce que tu sens un blocage, une zone qui se tend ? Ça peut être la poitrine, ça peut être le ventre, soit à l'écoute de la réaction de ton corps. Quand tu as trouvé cette zone, tu poses ta main dessus, tes mains si tu as envie, et tu te concentres sur cette sensation. Et tu essayes de laisser monter les souvenirs. A quel âge tu te vois pour la première fois te dire ce genre de choses ? Laisse monter ce qui vient, et c'est pas grave si tu as rien qui vient. Il faudra peut-être que tu recommences l'exercice, ou peut-être que tu as besoin de le faire avec quelqu'un. Mais si tu peux, tu laisses monter le souvenir, que ce soit l'âge que tu avais, que ce soit le contexte, les mots que tu as utilisés. Et si tu as l'âge que tu avais, essaie de voir en face de toi cette petite fille. À l'âge que tu as, si tu as par exemple pensé à l'âge de 8 ans, essaie de te visualiser à l'âge de 8 ans. Tu peux utiliser une photo de toi à cet âge-là, par exemple, si ça t'aide. Je ne te dis pas d'aller la chercher, mais de l'imaginer dans ta tête. Cette petite fille qui dit cette phrase, par exemple, « Je suis nulle » , qu'est-ce que tu as envie de lui dire à cette petite fille ? De quoi elle a besoin ? Si elle a besoin... d'être rassurée. Tu peux la prendre par la main ou la prendre dans les bras. Si elle a besoin d'entendre quelque chose de gentil, tu peux lui parler, tu peux la rassurer. Parce que tu es là pour elle aujourd'hui et tu es là pour l'autoriser à faire autrement et à parler d'elle autrement. Ce que tu viens de faire, cet exercice, il n'est pas forcément évident. Une première fois, donc il faut peut-être que tu le refasses plusieurs fois, tu peux noter ce qui te vient. Ça peut être intéressant pour toi. Mais en tout cas, cet exercice, c'est un premier espace que tu crées entre toi et cette critique intérieure. À réaliser qu'il y a toi et il y a cette voix. Et tu peux choisir de répondre autrement à cette voix. Tu peux choisir de changer progressivement les mots que tu dis. Si tu as besoin de cet exercice, tu peux... Le partager avec moi si tu as ressenti quelque chose de particulier, si tu sens que ça bloque et que tu ne comprends pas pourquoi. Cette petite voix intérieure critique, on peut la travailler en profondeur, en douceur, en prenant le temps dont tu as besoin en allant à ton rythme. Si tu as des questions sur cet exercice, tu peux réserver la visio des clics, c'est un espace que je t'offre où on peut échanger autour de cet exercice. Ça n'engage à rien, c'est juste... que je te propose vraiment de t'autoriser à fonctionner autrement, tu as le droit d'arrêter d'être ton propre juge et de te condamner en permanence. Donc le lien pour réserver, il est dans la description de l'épisode, tu le trouveras. Mais ce n'est pas ça le plus important. Ce que je veux vraiment que tu retiennes de cet épisode aujourd'hui et que tu gardes avec toi, tu peux te l'écrire si tu veux, cette petite voix cruelle n'est pas la vérité sur toi. C'est une vieille protection qui a besoin d'être entendue et libérée. C'est une vieille protection qui a besoin qu'on lui parle autrement. Et si cet épisode a résonné pour toi, partage-le à une femme de ton entourage qui se juge trop souvent. Parce que parfois, juste entendre « ce n'est pas ta nature, ce n'est pas toi, c'est ce que tu as appris » , ça permet déjà d'avancer et de commencer à bouger. Abonne-toi au podcast. Pour ne manquer aucun épisode, je te donne rendez-vous la semaine prochaine, lundi ou mardi. Et on va explorer ensemble pourquoi tu as peur de décevoir, parce que c'est en lien avec l'épisode d'aujourd'hui. Donc prends soin de toi, passe une belle semaine et à lundi prochain.