Speaker #0Tu n'en as pas marre de modifier ton comportement pour ne pas décevoir l'autre, de poser chaque mot avant de parler, c'est chiant non ? De dire oui alors que, en fait, dans ta tête tu hurles non ? De rentrer chez toi épuisé non pas parce que la journée a été longue, mais parce que t'as passé des heures à gérer l'humeur des autres, à anticiper leurs réactions, à éviter le conflit à tout prix. Et le pire là-dedans, c'est que tu le fais encore. Même quand tu sais que ça t'épuise, même quand tu sais que t'en as marre de tout faire pour ne pas décevoir l'autre, c'est plus fort que toi, tu recommences. Et bien dans cet épisode, je vais t'expliquer d'où vient réellement cette peur de décevoir. Pas en surface, mais en profondeur. D'où elle vient vraiment ? Pourquoi elle s'enclenche alors que t'en as marre ? C'est pas pour te culpabiliser, c'est pour t'offrir des pistes pour pouvoir sortir de ça. Je suis Aude Jeandrot. spécialiste en Shiatsu et en mémoire du corps, et j'accompagne les femmes qui ont envie d'avancer et d'être mieux avec elles-mêmes et avec les autres. Et ce que tu vas avoir aujourd'hui dans cet épisode sur la peur de décevoir, c'est que tu vas comprendre que ce n'est pas un défaut de caractère, ce n'est pas que tu es trop sensible, trop gentille, trop dépendante du regard des autres, bonne poire comme me disent certaines clientes. Tu vas comprendre que c'est une stratégie que tu as mise en place à un moment donné et qui te bloque aujourd'hui. Et surtout, tu vas avoir de véritables axes pour t'en sortir. Est-ce que tu t'es déjà surprise à mentir sur des petites choses ? Comme par exemple, on t'invite samedi, t'as absolument pas envie d'y aller, mais tu ne te vois pas dire, bah non, j'ai pas envie. Donc tu vas dire que t'es invitée ailleurs, que t'es trop fatiguée, que vraiment t'en peux plus, alors qu'en réalité, t'aurais l'énergie, c'est juste que tu n'as pas envie. Et tu veux inventer une excuse pour annuler, plutôt que de dire, « Bah j'ai pas envie, je suis pas prête à ça. » Parce que tu ne peux pas décevoir l'autre en lui disant, « Bah là j'ai pas envie. » Il y a quelqu'un comme ça en ce moment que j'accompagne, c'est quelqu'un qui fait des mensonges, pas par malice, pas par méchanceté, mais parce qu'elle a tellement peur de décevoir son conjoint et ses proches, qu'elle préfère faire des petits mensonges. que simplement de dire qu'elle n'a pas envie, qu'elle n'a pas envie d'aller voir ce film-là. Donc elle va s'inventer un dossier de travail qu'aurait pu attendre. En réalité, il existe le dossier, mais il n'était pas dans l'urgence qu'elle l'a présenté. Et en fait, si elle ment autant, c'est parce qu'il y a une part d'elle qui est convaincue que si elle dit la vérité, si elle dit « j'ai pas envie » , eh bien, elle va décevoir. Et si elle va décevoir, elle va avoir moins d'attention et peut-être moins d'amour. Alors elle ment. Elle arrange un peu les choses pour que ce soit plus acceptable, pour qu'on l'accepte elle en réalité. Et ce qui m'a vraiment marqué, c'est une phrase qu'elle m'a dit qui est « en mentant, je me protège » . D'aucune part, elle a bien conscience de ce mécanisme-là. Peut-être que toi aussi, tu en as conscience. Mais ce qui est important, c'est de comprendre de quoi tu te protèges quand tu es dans cette stratégie de ne pas décevoir. Qu'est-ce que tu risques de perdre ? Si tu déçois, je vais te donner un autre exemple, parce que cette peur de décevoir, eh bien on ne la traduit pas toutes de la même manière. Par exemple, si tu es plutôt dans l'optique de te dire, est-ce qu'au travail, j'en fais toujours plus que ce qu'on me demande, parce que j'ai une grande conscience professionnelle, donc je fais toujours le dossier mieux qu'on m'a demandé, je prends plus d'appels qu'on m'a demandé, je traite plus de dossiers, je suis au-delà des objectifs demandés. Et que tu gagnes pas forcément quelque chose, mais il faut toujours que tu sois plus haut qu'attendu. Tu vas rendre le dossier beaucoup plus en avance. Tu vas devancer les besoins de tes collègues ou de ton équipe. Tu dis oui à la réunion supplémentaire même si ton agenda déborde. Et bien c'est important que tu comprennes que quand tu es toujours dans cette forme de surperformance, c'est parce que tu as peur de décevoir. Donc là plutôt sur le plan professionnel. Tu as peur de décevoir. Et ça entraîne quoi si tu déçois sur le plan professionnel ? Tu perds la reconnaissance ? Tu n'es plus considéré ? Tu n'es plus vu ? Donc tu as l'impression de ne plus exister ? Ou plus vraiment ? C'est encore une fois un espace de perfectionnisme professionnel pour ne pas décevoir parce que c'est une survie qui vient poser la question de quelle est ma valeur si je n'en fais pas plus ? Et du coup encore une fois, quel est le risque pour toi ? Si tu arrêtes d'en faire plus, qu'est-ce que tu risques de perdre ? Le troisième exemple que je vais te donner, c'est sur la relation amoureuse. Est-ce que dans la relation sentimentale, dans ton couple, tu dis vraiment ce que tu veux ou tu dis ce que l'autre attend ? Par exemple, vous devez partir en week-end, et lui, il a envie d'aller à la montagne, et toi, tu as très envie d'aller à la mer. Mais tu te dis, bon, il a vraiment envie d'aller à la montagne, je ne vais pas le décevoir en lui disant que moi, je n'ai pas envie, alors je vais y aller pour lui. Quand c'est une fois, soit, ok, mais quand c'est régulier, que tu n'exprimes pas ce dont tu as envie, tes besoins dans ton couple, pour ne pas risquer de perdre le lien, pour ne pas décevoir l'autre. Eh bien, c'est toi que tu perds à chaque fois. Et si tu fais ça, c'est parce que tu as une croyance qui te dit, si j'exprime mon envie d'aller en week-end, si j'exprime que j'ai vraiment besoin de faire, en fait, il ne va pas être content. Et s'il n'est pas content, je vais le décevoir. Et s'il est déçu, qu'est-ce que je risque de perdre ? Encore une fois, cette fameuse question, elle est primordiale pour que tu puisses avancer. Ces exemples que je te donne, Tu vois bien qu'il parle de la relation proche, du monde du travail, de la relation sentimentale. Parce que la peur de décevoir, elle existe partout. Tu peux l'avoir sur un plan ou sur tous les plans. Tu peux avoir peur de décevoir aussi bien au travail, dans ton couple, que ta famille, que tes amis. Ça peut être devenu une telle stratégie de survie que tu le fais tout le temps. Et c'est ça que je voudrais vraiment que tu comprennes, qui est super important. C'est que si tu as cette peur de décevoir, je te l'ai dit tout à l'heure, c'est pas que tu es faible, c'est pas que tu es trop gentille, c'est que tu t'effaces parce que tu as peur de décevoir et cette peur de décevoir c'est un mécanisme, une stratégie de survie. Et c'est ça qu'on va creuser main. Dans ton enfance, est-ce que l'amour était conditionné ? Je m'explique. Est-ce que tes proches t'accordaient du temps, de l'attention à condition que ? À condition que tu sois sage. Je t'emmènerai te promener si t'es sage. Donc l'enfant pas sage, il n'a pas le droit d'aller se promener, c'est sympa. Je te considère, je te regarde si tu as des très bonnes notes. Sinon, ça ne m'intéresse pas. Je te regarde, je te dis que je t'aime si tu es habillé comme ça. Ce sont des exemples qui ne sont pas forcément si caricaturaux que ça. Ce qui est important là-dedans, c'est toi. Comment tes proches t'ont donné de l'amour ? Est-ce qu'ils t'aimaient tel que tu étais ? Ou est-ce qu'ils t'aimaient à condition que tu sois d'une certaine manière ou que tu ne sois pas d'une certaine manière ? Si par exemple tu étais une fille garçon manqué et qu'on te disait quand est-ce que tu seras une femme ma fille et que tu mettrais une jupe et qu'on t'accordait de l'attention que le jour où tu mettais une jupe, tu comprends bien que tu n'es pas aimé pour toi, mais pour ce qu'on attend de toi, donc c'est une condition. Or, aimer l'autre, c'est pas vouloir le changer, c'est le prendre tel qu'il est. Mais si toi, dans l'enfance, on t'a fait comprendre que être aimé, c'est à condition que, il a bien fallu que tu mettes en place une stratégie pour survivre à ça. Si, l'amour de l'autre dépend de ce que je fais. Si je le déçois, je perds l'amour de l'autre, c'est très grave. Vivre sans amour, je ne pense pas que ce soit réellement possible. Donc pour ça, je suis obligée de m'adapter. Je suis obligée de taire qui je suis, de modifier mon comportement pour avoir des miettes d'amour plutôt que rien. C'est aussi une stratégie qui peut se cacher dans le besoin de validation. Parce que la peur de décevoir, elle va avec le fait que l'autre doit confirmer, l'autre doit valider qui je suis. Tu vois dans les exemples que je t'ai donnés juste avant sur ton enfance, si quand je mets une jupe, on me valide, et que j'existe aux yeux de mes proches, eh bien, je vais tout le temps chercher une validation pour me prouver que j'ai raison et que je suis sur le bon axe. Cette validation, elle peut passer par le fait que tu as toujours besoin de l'avis de l'autre avant de prendre une décision. Parce que prendre une décision par toi-même, c'est risquer de décevoir puisqu'il faut que l'autre valide tes choix. C'est épuisant. Tu dois être vraiment très fatigué, sincèrement. Et puis, tu dois en même temps peut-être t'en vouloir et culpabiliser un peu en disant que tu pourrais... Faire un effort et faire mieux, mais ce n'est pas une question de volonté, c'est une stratégie de survie. Et une stratégie de survie, on n'en sort pas par la volonté, on en sort en passant par le corps. Parce que ton corps, eh bien, il traduit cette peur de décevoir, ce besoin de validation, ce besoin d'amour que tu portes. On va le retrouver, par exemple, dans ta gorge, dans tes épaules, dans ton ventre. Parce que ta gorge qui se serre quand tu dis non, elle vient te dire quelque chose, elle vient te dire en fait tu dis ça mais c'est pas ça que j'ai envie de dire, tu dis oui alors que tu as envie de dire non, pardon. Ces épaules qui remontent pour te protéger, à mes clients, je dis vous faites la tortue, vous rentrez la tête dans la maison pour vous protéger. Ben si t'es dans ce mode-là de je remonte les épaules, j'ai beau me dire 15 fois dans la journée de les baisser, elles remontent, c'est que tu te protèges. Si tu te protèges, c'est qu'il y a une insécurité. Et comment te sentir en sécurité si t'as peur de décevoir parce que le risque de perdre l'amour de l'autre est trop fort ? Comment tu peux te sentir en sécurité, franchement ? Tu peux m'amètre en hyper-vigilance. Ça veut dire que... Typiquement une personne comme ça en shiatsu, quand je vais par exemple prendre sa jambe pour faire les pressions sur sa jambe, elle va carrément faire le mouvement avant moi parce qu'elle doit anticiper pour se protéger. Cette hypervigilance c'est une des choses qui mange le plus l'énergie parce que tu as une fuite énergétique permanente pour aller alimenter ton bouclier d'hypervigilance. Ce que je veux te faire comprendre, en te parlant de ton corps, c'est que tous ces signaux que tu as, donc observe-toi, c'est super important pour savoir lesquels tu as, tu peux les sentir soit au quotidien comme les épaules, soit dans des moments où tu vas à l'encontre de ce que tu veux toi. Observe ton corps, comment il réagit, quelle zone se tend. Et ce n'est pas un hasard, parce qu'en fait, tout ce que tu vis laisse une empreinte dans ton corps. Et c'est ces empreintes qu'on peut aller chercher en mémoire du corps, c'est le travail que je fais avec mes clientes, c'est... Elles ont compris le schéma avec leur tête et pourtant elles continuent. Parce qu'en fait leur corps, il continue à porter ses empreintes et à agir en fonction. C'est comme quelque chose qui tourne même si tu ne le veux pas. Et c'est là où je te disais tout à l'heure, la volonté ne suffit pas. Si tu ne vas pas effacer cette empreinte, elle continue à être active. Et c'est pour ça que passer par le corps, quand tu as compris avec ta tête, déjà c'est une technique qui est rapide parce que tu as déjà compris. Donc il faut juste enlever la dissonance entre le corps et la tête, mettre au même niveau. Ça veut dire qu'on va aller chercher ces empreintes, qu'on va faire sortir les émotions, les souvenirs qui pouvaient être enfouis. Et là où par contre, je vais être très claire, c'est pas une technique qui est magique. Donc je vais pas aller te raconter en détail ce que t'as vécu. Je vais pas te raconter ce que tes ancêtres ont vécu, si tes empreintes, si ton besoin... d'amour et ta peur de décevoir, c'est quelque chose de familial. Je ne vais pas aller te raconter en détail cette vie-là. Je vais te donner les empreintes, te dire de quoi tu as pu hériter comme résonance et qu'est-ce qui, toi, dans ta vie, a marqué ton corps. J'ai une cliente qui me disait que l'empreinte, c'est un peu comme être marqué au fer rouge. Il y a de ça. Parce que les empreintes qui ne te polluent pas, elles ne te dérangent pas finalement. Donc nous, celles qu'on va chercher, c'est les empreintes qui te polluent. qui t'amènent à avoir une attitude dans laquelle tu ne te reconnais pas, dont tu ne veux plus. Comme par exemple cette peur de décevoir que tu as mis en place, souvent dans l'enfance, pour te protéger en fait, et être sûr de garder le lien, de garder l'amour, des miettes d'amour de l'autre. C'est ça ta peur de décevoir. Si je déçois, je risque de perdre le lien, je risque de perdre l'amour. Tu comprends avec ta tête ce que je raconte. Mais après, il faut aller libérer ça dans ton corps. libérer ses empreintes et libérer les émotions enfouies. Parce que l'empreinte, c'est ça que je trouve chouette, c'est qu'elle se met à un moment donné pour te protéger, mais elle peut s'enlever. C'est toi qui choisis ce que tu fais. Est-ce que tu la gardes ou est-ce que tu la gardes pas ? Je vais te donner un exercice que tu fais soit maintenant, soit tu l'écoutes et tu le fais tranquille ce soir chez toi. Tu prends une situation récente qui t'a marqué. Pas un truc léger. Ou tu as eu peur de décevoir et tu as modifié ton comportement, modifié ta réponse, en t'oubliant toi pour ne pas décevoir l'autre. Repense à cette situation. C'était avec qui ? Qu'est-ce que tu as dit et qu'est-ce que tu voulais dire ? Comment tu t'es senti ? Dans ton corps, quelle émotion tu as pu ressentir ? Peut-être que tu ne peux pas répondre à toutes les questions et c'est ok. Apprends à te foutre la paix s'il te plaît. Tu réponds à ce qui est possible pour toi. Maintenant que tu as ce souvenir en tête, qu'il est bien présent, dis-moi de manière spontanée, qu'est-ce que tu aurais aimé dire, qu'est-ce que tu aurais aimé faire, si tu n'avais pas eu peur de décevoir ? Et qu'est-ce qui t'a empêché de le faire ? De quoi tu as eu peur en ne le faisant pas ? C'était quoi le risque pour toi ? Et depuis quand tu fais ça ? Si t'es honnête avec toi, à quel âge remonte ton plus vieux souvenir où tu as modifié ton comportement pour ne pas décevoir l'autre ? Et est-ce que tu as des gens de ta famille qui fonctionnent comme ça aussi ? Est-ce que c'est un héritage ? Est-ce qu'elle est que à toi cette peur de décevoir ? Cet exercice, tu peux le faire plusieurs fois si tu en as envie. Et si tu as envie de me partager les résultats, tu n'hésites pas. Et que tu te sois reconnu dans le fait d'avoir peur de décevoir avec tes proches, dans le travail, dans ta vie sentimentale. S'il y a une chose que je veux vraiment que tu retiennes de cet épisode, c'est que ce fonctionnement que tu portes pour te protéger, eh bien tu peux le dénouer en allant chercher là où les empreintes dans ton corps qui te bloquent dans cette stratégie de survie. Pardon, j'ai un peu bafouillé. Si tu as des questions, si tu as besoin de me parler, d'y voir un peu plus clair sur ta situation, tu réserves la visio des clics, ces 30 minutes que je t'offre pour justement te donner un espace pour me partager comment tu vas, ce qui te bloque, et déjà avoir une première compréhension de ce que tu peux mettre en place pour pouvoir avancer. Et la semaine prochaine, je te retrouve pour parler d'un sujet qui est très demandé par mes clientes, c'est pour ça que j'ai décidé d'en faire un épisode, c'est quand ton corps retient ce que ton esprit veut libérer, cette dissonance entre le corps et la tête dont je te parle souvent dans les épisodes. D'ici là, je te souhaite une belle semaine.