Speaker #0Tu t'es déjà surprise à dire « je suis trop nulle, j'ai l'air bête, je suis moche, je n'y arriverai jamais » . Tu crois peut-être que c'est normal, que c'est comme ça que tu avances, que tu restes lucide sur qui tu es. Mais si c'était autre chose, si derrière ce jugement permanent se cachait une blessure bien plus ancienne ? Et si ton jugement intérieur n'était pas vraiment toi ? Reste avec moi jusqu'au bout de cet épisode, je vais te montrer... comment tu en arrives là et surtout comment tu peux t'en sortir. Bienvenue dans « Et si tu t'écoutais autrement » , le podcast qui t'aide à te retrouver, à te libérer de ce qui t'alourdit et remettre de la douceur et de la bienveillance là où ça coince. Je suis Aude Gendro et ici je te donne des clés pour t'écouter en profondeur et transformer ta vie de l'intérieur. C'est parti pour le nouvel épisode ! Imagine, une petite fille qui habite avec ses deux parents. Ils travaillent, ils remplissent le frigo, payent les vacances, payent les vêtements. Ils sont souriants, aimables, ils parlent aux voisins, aux commerçants quand ils vont acheter le pain. Et tout le monde dit à cette petite fille, tu as de la chance, tes parents sont formidables, vous êtes vraiment une famille modèle. Et pourtant, elle se sent en décalage. Et elle a raison. Parce que quand la porte est fermée, quand il n'y a plus de témoins, cette petite fille, elle n'a pas d'amour. Elle est l'objet de critiques constantes. Elle entend des « tu es moche, tu es bête, tu es nul, tu n'y arriveras jamais, tu n'auras jamais ton bac » . Un des souvenirs les plus cuisants qu'elle me raconte, cette petite fille devenue adulte, c'est le jour où ses parents lui ont dit « quand tu boudes, tu as l'air d'un vieux boudin tellement moche » . Que même le boucher ne le vendrait pas. Et ils sont partis dans un éclat de rire qu'elle a l'impression d'entendre encore quand elle me raconte ce souvenir. Et pendant des semaines, au lieu de l'appeler par son prénom, ils l'ont appelé Boudin. C'est un exemple, mais elle a grandi avec tous ces mots permanents de « tu es moche, tu es bête, tu n'y arriveras pas » . Elle a infusé là-dedans comme un sachet de thé dans une eau croupie. encore et encore et elle a fini par le croire et par penser que c'était vrai et toi est ce que tu te souviens des phrases qu'on t'a dit des phrases dans lesquelles tu as infusé qui sont restés comme une vérité dans ton corps qui ont laissé leur empreinte garde les dans un coin de ta tête si elles reviennent ces phrases pour les noter dès que tu peux parce qu'elles seront extrêmement intéressantes pour sortir de ce jugement permanent de cette critique violente permanente que tu t'adresses à toi-même. Parce que le jugement qu'on porte sur soi adulte, ce n'est pas une lucidité, c'est pas une honnêteté, c'est souvent une violence que tu as apprise et que tu répètes. Comme elle l'a fait elle-même. Elle a tellement entendu « je suis moche, je suis bête » que c'est devenu une certitude et une évidence qu'elle ne remet plus en question. Elle pensait vraiment que ses parents avaient tout donné. Matériellement, oui, c'est vrai. Ils ont donné tout ce qu'ils ont pu. Mais affectivement, non seulement ils n'ont rien donné, mais en plus ils l'ont détruite. Ils ont saccagé cette petite fille. Et l'autre difficulté pour elle, c'est que tout le monde lui renvoyait l'image de cette famille modèle. Donc elle se sentait en conflit à l'intérieur. Entre ce qu'on lui renvoyait, de part en modèle qu'une part d'elle pensait être vraie, et ce qu'elle ressentait réellement au fond d'elle. Et elle s'est dit que c'est elle. C'était le plus simple à croire. C'est elle qui exagérait. C'était elle le problème. Comment penser que tous ces gens ne voyaient qu'une facette de ses parents et qu'elle, elle voyait l'autre ? Comment penser que ces gens, en fait, ce n'est pas tellement qu'ils se trompaient, c'est qu'ils n'avaient pas toutes les informations ? Et ce doute intérieur profond qu'elle a ressenti, ça a été une nouvelle forme d'abandon. Donc non seulement... elle a vécu cette blessure affective importante, cet abandon de la part de ses parents, mais elle-même en fait, en doutant d'elle, s'est aussi abandonnée. Et c'est important de comprendre, et de comprendre aussi pour toi, si tu es là à écouter cet épisode sur le jugement, à quel moment tu t'es sentie abandonnée, à quel moment tu t'es dit que te juger toi-même, et te condamner toi-même, était plus simple. que de rendre leur responsabilité à ceux qui t'avaient blessé, à ceux qui devaient t'aimer et qui ne t'ont pas aimé ou pas comme il faut. Est-ce que toi, tu as un endroit, une part de toi où tu te dis que tu exagères, que tu devrais t'estimer heureuse ? Tu sais, cette phrase souvent de dire « mais il n'y a plus malheureux ailleurs, regardez les enfants battus, regardez tous les drames qu'on peut entendre » . Oui, c'est vrai. Oui, d'accord. Il n'y a plus grave ailleurs et on peut toujours trouver plus grave ailleurs. Est-ce que c'est ça qui est important ? Je ne pense pas. Je pense que si tu as une souffrance, ce n'est pas la peine d'aller chercher pire ailleurs. C'est juste important de t'occuper de ta souffrance parce que tu mérites d'en sortir et de vivre autrement. Parce que si tu veux être bien avec toi-même et être bien avec les autres, eh bien ça passe par le fait de réparer cette blessure qui te fait souffrir et qui te pousse à être dans ce jugement permanent. C'est pas normal de passer ton temps à te dire que t'es nulle, que t'es moche, que t'es bête. C'est pas vrai, arrête, arrête. Apprends à être gentille avec toi, s'il te plaît. Et puis tu sais, ma cliente, quand elle est venue, elle se cachait derrière des vêtements... Très ample. Et vraiment, elles se cachaient. Non seulement ces vêtements, ils étaient grands. En plus, ils étaient beiges, gris, marrons. Tout était fait pour l'effacer, pour la gommer, pour la cacher. Et quand c'est Ange, je lui ai posé la question en lui demandant si elle n'avait pas envie de mettre de la couleur, d'essayer pour voir ce que ça ferait. Juste essayer. Ça a été un choc pour elle parce que... Ces vêtements amples, en fait, lui permettaient de cacher ce qu'elle pensait être sa laideur. Elle en était arrivée à un point de critique d'elle-même, de rejet d'elle-même, qu'elle pensait qu'elle devait se cacher avec ses vêtements, qu'elle pensait qu'elle n'avait pas le droit de mettre autre chose parce qu'elle en aurait presque fait peur aux autres tellement elle était moche. Elle croyait aussi qu'elle n'était même pas digne d'avoir des amis parce qu'elle ne valait rien, qu'elle n'était pas intéressante. et qu'elle allait ennuyer les gens, et donc que ce n'était pas la peine qu'elle leur inflige ça. Au fil des séances, elle a compris. Elle a compris l'abandon émotionnel dans lequel elle a vécu. Elle a compris qu'elle s'était jugée elle-même parce que c'est ce qu'on lui avait appris à faire, et parce que ça permettait de cacher l'abandon, et de ne pas trahir l'image de bon parent avec laquelle elle a été élevée. Il a fallu qu'elle apprenne à se reconnecter à son corps. à s'apporter ce qu'elle attendait depuis toujours, de la douceur, de la reconnaissance et de la sécurité parce qu'elle manquait de sécurité affective. Mais une fois qu'elle a rendu à ses parents ce qui leur appartenait, symboliquement s'entend, il restait encore des blocages. Et c'est là où on a passé l'étape du dessus qui est d'aller rechercher dans l'histoire familiale. Pourquoi ses parents ont fait ça ? Pourquoi ils ont été incapables de l'aimer ? Et dans ces mémoires tant générationnelles qu'elle a levées, elle est tombée sur une lignée de femmes non désirées, jugées, humiliées. Comment ne pas se sentir abandonnée ? Comment ne pas se juger ? Quand le poids des mémoires que tu portes, c'est celui-là. Et du côté de son père, la mémoire dont elle a hérité, c'était un schéma où réussir c'est trahir. Parce qu'un arrière-grand-père... avait échoué dans son entreprise de manière flagrante, visible, publique. Et cette forme d'offense faisait qu'elle n'avait pas le droit de réussir. Et que tout ce qu'elle faisait, c'était une lutte. Obtenir son bac, c'était une lutte. Alors elle avait fait le lien avec ce que ses parents lui disaient, tu n'as pas le droit d'avoir ton bac, tu n'y arriveras jamais. Oui, mais c'était plus fort que ça. Parce que c'était aussi cette injonction. De dire, si tu réussis, tu trahis. Donc non seulement son bac, elle l'a eu au rattrapage, mais en plus, elle a lutté toutes ces années d'université pour avoir ses diplômes. Elle a redoublé, ça a vraiment été un parcours du combattant pour elle. Parce que non seulement elle ne se sentait pas capable, elle se pensait trop bête, à la limite de l'intelligence minimum requise, c'est comme ça qu'elle parle d'elle, pour avoir ses diplômes universitaires. Mais en plus... Elle porte cette injonction de réussir c'est trahir. Si tu es là à m'écouter, si ce que je te dis te parle, tu peux m'écrire, tu peux me partager. Je lis chaque message personnellement et je prends le temps d'y répondre. Parce que ce que tu vis c'est important, ça mérite de l'attention. Et tu as le droit de sortir de cet auto-jugement, tu as le droit d'arrêter de te dire que tu es nulle, que tu es bête. Peu importe la phrase que tu utilises, tu comprends l'idée. Et aujourd'hui, je vais te proposer une action simple. Tout à l'heure, je t'ai parlé des petites phrases que tu as pu entendre. Eh bien là, je voudrais... Que dans la semaine qui vient, tous les jours, tu notes dans ton téléphone, sur un bloc dans ton sac, comme tu veux, c'est toi qui choisis, mais que tu notes les phrases que tu te dis à toi-même. C'est quoi ? On a dit je suis nulle, je suis bête, je suis moche, je n'y arriverai pas. Qu'est-ce que tu te dis à toi-même ? Et à la fin de la semaine, quand tu as fait cet inventaire, Prends le temps de te demander, est-ce que ces phrases tu les dis à quelqu'un d'autre ? Par exemple, si tu es maman, est-ce que tu le dis à tes enfants ? Sans même forcément te rendre compte que tu leur dis. Ces phrases que tu te dis à toi-même méritent ton attention. Est-ce que tu parlerais comme ça à une amie ? Est-ce que tu parlerais comme ça vraiment à quelqu'un que tu aimes ? Je crois pas. Alors pourquoi tu le fais avec toi ? Pourquoi tu te traites comme ça ? Est-ce que tu n'as pas envie de faire autrement ? Est-ce que tu n'as pas envie de changer les choses ? Parce que tu sais, cette cliente dont je te parle, quand elle est arrivée à mon cabinet, elle ne se rendait même pas compte à quel point elle se jugeait à chaque instant et avec violence. Elle venait parce qu'elle était frustrée de ne pas réussir à faire ce qu'elle voulait. On a mis en lumière que tout ce qu'elle faisait... C'était jamais assez bien à ses yeux. Elle donnait, elle souriait, elle donnait le change. Et pourtant, à l'intérieur, elle se battait toujours contre elle-même entre son envie d'y arriver et cette mise en échec. Et petit à petit, au fil des séances, au fil du travail sur elle et des exercices que je lui ai donné à faire, elle a appris à reconnaître ce petit discours qui la rabaissait. Elle a appris à identifier d'où venait ce discours, de ses messages anciens. qu'elle avait mémorisée de la part de ses parents, qu'elle n'avait jamais vraiment questionné jusque-là. Et d'aller jusqu'au bout de comprendre que ce n'était pas juste quelques phrases maladroites. C'était tout un système familial, avec des mémoires transgénérationnelles qui se rajoutaient là-dessus. Parce que ses parents, ils n'ont pas fait ça comme ça pour le plaisir. Ils ont fait ça parce qu'ils n'étaient pas capables de faire autrement. Et ce n'est pas la même chose. Alors oui, tu me diras, ils pourraient être capables avec un travail sur eux, je suis d'accord. reconnais autour de toi quand tu regardes ceux qui font du mal c'est pas souvent ceux qui travaillent sur eux parce que quand en tout cas c'est ce que je crois quand il travaille sur eux il faut qu'ils admettent le mal qu'ils ont fait et pour eux c'est plus facile de continuer dans cette boucle que d'admettre leurs responsabilités c'est pour ça je trouve c'est vraiment mon avis que je partage que ce celle qui travaille sur elle c'est celle en fait qu'ils sont en souffrance et qu'on a envie d'arrêter de souffrir Et en tout cas, dans le cas de ma cliente, pour revenir à elle, eh bien, elle a découvert qu'elle pouvait s'écouter autrement. C'est le titre de mon podcast, c'est pas pour rien. C'est ce que je fais au quotidien dans mon travail. T'apprendre à t'écouter autrement. À prendre du recul sur ce que tu as vécu, sur ce que tu vis aujourd'hui. Voir les choses autrement. Les comprendre autrement. Pour pouvoir t'en libérer. T'en libérer, c'est pas une formule magique. J'ai pas de baguette, j'suis pas une fée. Te libérer... Du poids de ton passé, c'est être capable de le comprendre autrement, pour pouvoir le remettre à sa place, le passé, et ne plus en souffrir dans ta vie présente, ne plus avoir d'impact. Être capable dans ta vie aujourd'hui de vivre ce que tu veux, sans être conditionné par ce que tu as vécu. Et aujourd'hui, ma cliente, elle ne se juge plus. Quand je te dis ça, c'est pas de l'utopie, c'est-à-dire que je ne crois pas qu'on puisse jamais se juger. Moi, la première, je le fais. Il y a des fois, je me dis « Ah non, mais là, t'es bête » . Mais c'est une phrase comme ça, ponctuelle, ce n'est pas quotidien. Et quand je l'ai dit, je suis capable de me reprendre dans « Non, ben non, en fait, t'es pas bête, t'es fatiguée, donc forcément, quand tu fais un truc et que t'es fatiguée, ben ça ne marche pas » . Tu vois, c'est ça. C'est-à-dire que quand tu vas te juger comme ça, ponctuellement, et en étant capable de pondérer ce jugement, eh bien, c'est que tu n'es plus dans cette blessure. Et c'est ce qu'elle est capable de faire. Elle n'est plus dirigée dans sa vie, dans son comportement par cette blessure. Elle a repris les rênes. Elle est plus sereine. Elle est libre. Et c'est pour ça que la liberté, c'est aussi important pour moi, dans mon travail, dans mon discours et dans mes valeurs. La liberté de faire ce que tu veux pour toi. Et tu n'es pas seule à faire ce chemin. Je peux t'accompagner comme je l'ai accompagnée elle. Si tu sens. que cet épisode a mis le doigt sur quelque chose d'important pour toi. Viens en parler avec moi, tout simplement. Ça t'engage à rien. On discute. Je te fais un retour sur ce que tu me dis. Je t'écoute sans jugement comme je l'ai fait pour elle. Parce que t'écouter vraiment et faire la paix avec toi et avec ton passé, c'est la base pour être bien dans ton quotidien aujourd'hui. Alors prends soin de toi et je te donne rendez-vous la semaine prochaine pour un nouvel épisode. Passe une belle semaine au plaisir de te lire.