Speaker #0Tu sens que tu vas mieux, que les choses se stabilisent, que ta vie se pose un peu. Et pourtant, tu recommences à mal dormir, à trop penser, à douter de toi, de ce que tu fais. Chaque semaine, dans les femmes que j'accompagne, une partie d'entre elles vient me dire « Je comprends pas Aoud, j'allais mieux et pourtant, il y a quelque chose qui va pas. Et je ne comprends pas pourquoi. » Tu sais, en réalité, elles ont bien travaillé. Elles vont réellement mieux et c'est ça qui perturbe, qui perturbe le corps, qui fait remonter une mémoire. Et dans cet épisode, je t'explique ce moment précis où le fait d'aller mieux fait peur. Je suis Aude Jeandrot, spécialiste en Shiatsu et en mémoire du corps. Et dans ce podcast, et si tu t'écoutais autrement, je te propose des pistes de réflexion pour mieux t'écouter. et te permettre d'avoir la vie que tu as envie, de faire tes choix pour toi. Aujourd'hui, dans ce nouvel épisode, je t'explique ce moment précis où tu vas mieux et que paradoxalement, c'est un moment où tu peux être très fragile. Parce que tu as travaillé sur toi, tu as réglé des choses, il t'a fallu du courage, tu as été... Au cœur des problématiques, dans tes émotions de tristesse, parfois de colère. Tu as fait ce travail avec beaucoup de courage et tu peux en être fier. Et pourtant aujourd'hui, alors que ce travail est terminé, tu dors moins bien, tu cogites, tu doutes, tu peux même te dire des « je suis nul » si tu savais le nombre de fois où j'entends ça chaque semaine. Tu peux aussi un peu perdre confiance en te disant « mais c'est pas possible, je vais jamais aller mieux, il y aura toujours quelque chose » . Et tu peux t'agiter, j'en ai marre, je ne vais jamais m'en sortir, ras le bol, ce n'est pas possible. Ce genre de petites phrases, je suis sûre qu'elles te parlent. Et tu peux même te dire, mais en fait, j'ai travaillé sur moi, j'ai régressé, et puis finalement, c'est ceux qui ne bossent pas sur eux qui vont mieux. Non. Nous, en fait, c'est que ce moment précis, où tu as effectivement, à juste titre, bien bossé sur toi, tu as bien avancé, tu te poses enfin dans ta vie, eh bien ton corps, lui, reste en tension, en alerte. Tu peux le ressentir dans ton ventre, cette espèce de boule au ventre, de neoplexus, ou cette sensation de gorge qui se sert de poitrine aussi, qui peut avoir un peu une sensation d'oppression. Dans certains cas, tu peux même avoir, quand tu en as eu, un petit retour d'angoisse, plus dans les crises que tu pouvais faire avant, mais un petit truc qui revient t'embêter. Eh bien, cette attitude-là de ton corps, ce n'est pas un hasard et ce n'est pas une faiblesse. c'est pas non plus que t'es nul ou que t'as mal bossé. C'est une mémoire qui tourne encore dans ton corps, un truc qui n'avait pas eu l'espace d'émerger complètement avant, et maintenant que tu te poses, il a tout l'espace pour se faire entendre. C'est désagréable, ça peut même, disons-le, te faire chier, mais en fait c'est bien, parce que le fait qu'il prenne cet espace, tu vas pouvoir le régler lui aussi. Parce qu'en fait, ce qu'il faut comprendre, c'est que ton corps, il a besoin d'apprendre la sécurité. Sur cette notion d'insécurité, tu peux reprendre l'épisode 43 où j'en parle longuement. Parce que si ton histoire n'a pas été calme, si tu as vécu un peu les montagnes russes ou de l'insécurité plus ou moins aiguë, il y a plein de formes d'insécurité et plein de degrés, mais si tu as grandi dedans, ton corps, il a appris à être en hypervigilance et à être toujours prêt à réagir en cas de danger. Et tant que tu ne désactives pas ça, ça tourne. Donc... tout le travail que tu as fait sur toi et qui est bien fait, il ne vient pas désactiver cette notion d'alerte. Parce qu'il faut d'abord que tu la ressentes dans ton corps, que tu prennes conscience de l'espace qu'elle occupe pour pouvoir la travailler. Et ton corps, lui, il ne cherche pas à te saboter, il ne cherche pas à te pourrir la vie. En fait, il veut te protéger en ayant activé ce système de sécurité, d'hypervigilance. Donc quand il le met en place au moment où tu es dans cette... dans ce moment de ta vie où tu es en insécurité, quand ton corps met cet état d'alerte en place, c'est pour te protéger. Sauf que ça ne s'arrête pas tout seul. Ce n'est pas parce qu'enfin tu te poses, parce que tu as bien bossé sur toi, que ça va se désactiver. Si tu te reconnais dans ce type de fonctionnement et de questionnement et que tu as envie d'être accompagné, je te propose libérer des schémas, un programme sur plusieurs séances, pour t'aider à te sécuriser intérieurement. Tu retrouveras toutes les infos sur mon site au jandro.fr. On va maintenant parler concrètement de ce qui se passe. Je vais te donner l'exemple d'une cliente qui est venue. en état de burn-out, épuisée, vidée, et elle ne comprenait pas pourquoi elle était arrivée à cet état-là. Nous avons fait un travail ensemble, toutes les deux, pour comprendre l'essentiel par rapport à ce burn-out, qui était l'impact de son histoire familiale, où les femmes ont appris à ne pas s'écouter. La femme, elle devait faire, elle devait tenir, c'est ce qu'elle a fait. Cette transmission inconsciente de sa mère, de sa grand-mère maternelle, ont pesé. forcément sur son fonctionnement. Et puis très tôt, elle a aussi appris que parler d'elle, prendre sa place, c'était déranger. Donc qu'est-ce qu'elle s'est fait ? Elle s'est effacée. Elle a appris à ne pas parler d'elle. Elle a appris à ne pas s'écouter. Et même avant sa naissance, elle a entendu en fait que ce n'était pas le bon moment pour avoir un enfant. Donc comment prendre ta place si tu ne te sens pas attendue ni désirée ? Elle a donc cherché à devenir cette femme parfaite. qui est compétente, qui est fiable, qui est irréprochable. Mais du coup, elle s'est coupée de ses limites, elle s'est coupée de l'écoute d'elle-même. Et donc, elle n'a pas pu anticiper cet état d'épuisement, physique et émotionnel, qui est arrivé. Parce que dans son travail, elle a mis en place le schéma de toujours faire plus, toujours faire trop, pour être sûre de mériter sa place et en ayant toujours le doute de vraiment la mériter. Donc, un espèce de cercle vicieux de toujours plus, de travail, toujours plus, d'épuisement, trop. Sur plusieurs séances, nous avons cheminé à son rythme pour qu'elle apprenne à sentir ses limites, à s'écouter, à se respecter. Peu à peu, les résultats ont été visibles. Elle a appris à dire non. Elle a appris à ralentir quand elle sentait que son énergie baissait. Elle a appris à se choisir elle en se respectant. L'objectif était atteint. Donc nous avons arrêté l'accompagnement parce que ce qu'elle demandait au point de départ de son arrivée de comprendre pourquoi elle avait fait ce burn-out et comment ne pas en refaire, était atteinte. Et quelques mois plus tard, elle me recontacte. Elle me dit qu'elle dort mal, qu'elle cogite trop, qu'elle sent une tension permanente. Et elle me dit ces mots-là, elle me dit « Aude, je vais mieux dans ma vie, mais intérieurement, je sens que je ne me pose pas. » Et la première séance est révélatrice. Le moindre bruit la fait sursauter de manière plus ou moins forte. Et son corps montre un état d'alerte constante. Pas forcément aiguë, mais tout le temps là. Elle n'est jamais complètement détendue. Ensemble, nous reprenons ce travail pour comprendre ce qui vient mettre en place ce système d'alerte. Et en fait, son enfance, son père était quelqu'un de gentil, mais qui pouvait avoir des moments de colère. Et la petite fille qu'elle était, savait qu'il y avait ces phases complètement imprévisibles et aléatoires pour elle. où son père de gentil pouvait devenir coléreux. Et elle a appris à être en état d'alerte permanente pour savoir quand les premiers signes de cris se manifestaient. Il fallait absolument qu'elle parte dans sa chambre ou jouer dans le jardin. Donc forcément, si ton apprentissage, il est, attention, à tout moment, il peut y avoir un cri. Et s'il y a cri, il faut que tu réagisses. Tu sens bien qu'il y a un état d'alerte qui se met en place. Le corps, il a appris à faire ça pour la protéger, pour l'éloigner de la colère du père. Donc, elle a appris à ne pas se détendre et à être toujours prête à réagir pour se protéger. Et donc, quand sa vie est devenue plus stable, quand elle a appris à se choisir, à dire non, à se respecter, à sortir de cette croyance qu'elle doit tout faire et tenir, eh bien, ce schéma d'alerte a eu tout l'espace pour se manifester. Et c'est ça qu'elle a ressenti avec ses troubles du sommeil, avec cette cogitation excessive, avec cette tension dans son corps. Donc, nous avons ensemble... Fais un apprentissage pour permettre à son corps de lâcher ce mécanisme d'insécurité et apprendre petit à petit, à son rythme, parce que c'est un sujet sur lequel il est hyper important d'aller à ton rythme, pour pouvoir apprendre la sécurité intérieure, comment te mettre au calme, comment savoir que tu es capable de réagir sans être en état d'alerte permanente. Et j'ai créé un petit exercice sur ce sujet. que tu trouveras sur mon compte Instagram mercredi. Mon compte, c'est au Jandro, c'est facile à trouver. Et en attendant ce petit exercice, et pour faire suite à cet épisode de podcast, sur ce moment où tu te poses dans ta vie et que ce système d'alerte se met en route, pose-toi ces questions. Peut-être que tu ne pourras pas y répondre, et c'est déjà une réponse en fait, d'accord ? Donc ne t'oblige pas. Sur quel point aujourd'hui dans ta vie tu sens que c'est mieux ? Et comment ton corps réagit ? Est-ce que tu sens une tension, un peu générale, ou une tension dans une zone précise de ton corps ? Qu'est-ce que tu ressens ? Et de quoi tu penses que tu as besoin ? Qu'est-ce qui peut te manquer aujourd'hui ? Et ce que j'aimerais vraiment que tu retiennes de cet épisode, c'est que tu n'es pas cassé. Tu n'es pas nul, s'il te plaît. Arrête de croire ça. Et ce n'est pas une question de plus, de toujours faire plus. Surtout pas. Ton corps apprend peu à peu la sécurité. Et il peut l'apprendre quand tu vas bien, quand tu te poses. Ce nouvel apprentissage est important parce qu'il peut mettre en évidence des points qui avaient été mis de côté parce que ce n'était pas le moment de les travailler. Tu comprends par exemple dans le cas de ma cliente dont je te parlais, qu'elle ne pouvait pas travailler en même temps toute cette problématique liée à ce qui l'a amené à cette attaque burn-out, et en même temps ce rapport à son père. Ça faisait beaucoup trop en même temps. Il faut savoir prendre le temps. Si tu as des questions, je te réponds avec plaisir. Et je te retrouve la semaine prochaine. On va parler ensemble de ce qui se passe quand tu obtiens ce que tu veux, un peu la suite d'aujourd'hui, mais que l'autosabotage se met en route parce que c'est une autre manifestation du moment où ça va mieux. Et cet autosabotage, il se met souvent en route sans que tu t'en rendes compte, ce n'est pas volontaire. En tout cas, je te remercie de m'avoir écouté jusque-là. Je te souhaite une belle semaine et je te donne rendez-vous la semaine prochaine. À bientôt !