Speaker #0Tu te compares sans arrêt aux autres, à ta meilleure amie, à tes collègues, à n'importe qui en fait, même la dame que tu croises dans la rue. Et à chaque fois, dans cette comparaison, c'est toi qui perds. Je te propose d'explorer aujourd'hui d'où vient ce réflexe de comparaison à l'autre, ce qu'il te coûte vraiment et surtout, comment tu peux commencer à t'en détacher. Bienvenue, je suis Aude Jeandrot, spécialiste en Shiatsu et en mémoire du corps. Dans mon podcast, et si tu t'écoutais autrement, je t'invite à prendre du recul et à modifier à ton rythme ce qui ne te va pas. Aujourd'hui donc, nous parlons de toi qui te compares en permanence aux autres. Que ce soit ta meilleure amie, tes collègues, presque tout le monde en fait, et à chaque fois, le verdict tombe en ta défaveur, c'est une condamnation immédiate. Imagine la scène, tu te compares à ta meilleure amie Tu trouves qu'elle est mieux habillée que toi, elle a plus de goût, elle est plus chic, c'est évident. En plus, elle a les cheveux raides et qui sont toujours bien coiffés. Toi, tes cheveux frisés, ils font des petits frisottis et ça ne fait pas joli et ça t'agace. Et forcément, tes cheveux sont moins bien que les siens. Ton look est moins bien que le sien. Tu es condamné d'avance. Tu peux même faire ça au travail avec des collègues qui vont faire mieux que toi. Le dossier sera mieux bouclé ou elle travaille plus vite. où elles ont plus d'aisance. Dans tous les cas, tu es ton pire juge. Et parfois même, quand t'arrives jusqu'à moi, c'est parce que ton ami justement t'a dit que ça te ferait du bien. C'est même pas toi qui te dis « j'ai besoin de prendre soin de moi » , c'est l'autre qui te le dit. Parce que dans cette comparaison permanente aux autres, tu t'oublies toi et tu oublies tes besoins. Ce système de te comparer tout le temps aux autres Tu n'es pas la seule à vivre ça si tu te reconnais dans ce que je viens de te raconter. En fait, c'est fréquent. C'est un mécanisme, d'accord ? Ce n'est pas toi et ça, il faut le différencier. Tu n'es pas cette comparaison. Tu utilises ce mécanisme pour masquer autre chose. Et ce mécanisme, il a un coût pour toi. Par exemple, tu peux, si tu es dans ce système de comparaison permanente, ou si l'une des proches est dans ce mécanisme et que tu la reconnais, Tu dois voir son niveau de fatigue, elle est épuisée sans forcément comprendre pourquoi. Parce que cette comparaison permanente, ça mange ton énergie ou ça mange son énergie. C'est souvent un corps que moi je vais trouver dans les rendez-vous très raides. Il y a en général peu, voire aucune zone souple. Tout le corps se tend et devient le miroir des contraintes que tu t'imposes. Le relâchement est rare sur la première séance. parce que C'est un tel mécanisme, c'est tellement installé en règle générale quand tu es dans cette comparaison permanente, que ton corps, il a besoin d'un peu de temps. Donc la première séance, elle permet que tu ressentes déjà le niveau de tension. Et quand tu fais ça, c'est déjà énorme de prendre conscience du niveau de tension de ton corps. Et puis, quand ça arrive comme ça, en général, je conseille entre la première et la deuxième séance de passer une semaine juste en observation. d'observer. Tout ce qui est dit est pensé sur toi. C'est-à-dire à chaque fois que tu vas te dire « Je suis nulle, je suis moins bien que bidule, j'ai moins bien travaillé que ma collègue d'à côté. » Tu notes, tu te fais un inventaire, sans jugement. L'inventaire, c'est une base de travail, ce n'est pas un jugement. Tu notes tout. La dernière cliente qui a fait ça, quand elle est revenue avec sa semaine de notes, je l'ai prise et je lui ai juste lu à voix haute tout ce qu'elle avait écrit et pensé sur elle. Et là, ça a été un choc pour elle, mais un choc nécessaire de se rendre compte à quel point elle était dure avec elle-même. Elle s'en doutait, mais pas à ce point-là. Quand elle a mesuré le niveau, on va même dire de vacherie qu'elle disait sur elle, ça a vraiment été un électrochoc. Et c'est à ça que ça sert. Et même si ça te fait pleurer un peu, je dirais tant mieux. Parce que tu n'as pas à te traiter comme ça, tu n'as pas à te parler comme ça. Et ensuite ? Seulement ensuite, le corps peut commencer à lâcher quand la tête a commencé à bouger. Parce que la tête et le corps fonctionnent ensemble, il ne faut pas les dissocier. D'accord ? Donc si tu es dans cette comparaison permanente, ça passe par la tête, mais le corps y suit, il se bloque. Et donc quand la tête commence à bouger, le corps peut commencer à bouger aussi et à s'assouplir. En général, on va commencer à sentir au niveau du ventre que ça bouge. Parfois au niveau du dos, mais c'est plus rare. c'est souvent le ventre comme c'est une zone émotionnelle qui commence à bouger. Et d'ailleurs, si ça t'intéresse, j'ai un atelier spécial sur le ventre et les émotions, fin septembre. Tu peux retrouver les infos sur mon site audjandro.fr. Voilà, revenons à aujourd'hui. Donc, le ventre commence à bouger et c'est là qu'on peut vraiment après avancer à ton rythme. C'est quand la tête a bougé un peu, que le corps a bougé un peu, il y a un mouvement qui se met en place. Et là, tu vas pouvoir avancer sur ce mécanisme de comparaison permanente. Parce que ça te bouffe la vie, ça perd l'hypopète. C'est pas possible que ça te bouffe la vie comme ça. Ce qu'il faut comprendre après, dans un deuxième temps, c'est pourquoi t'as mis ça en place. Parce que t'es pas débile. Même si tu te le dis, je t'affirme que tu ne l'es pas. D'accord ? C'est un mécanisme, je te l'ai dit à plusieurs reprises, la comparaison permanente aux autres est un mécanisme que tu utilises, soit parce que... Si t'es un peu honnête dans tout ce que tu dis et penses de toi, quand est-ce que t'as déjà entendu ça ? Qui est-ce qui t'a déjà dit ça ? Et c'est quand même fréquent que la réponse soit sur, soit l'école, s'il y a par exemple du harcèlement, soit sur le schéma familial, ça peut être les parents, les grands-parents. Voilà, mais quelqu'un de proche qui va avoir ce jugement, ce côté de comparaison. Ça peut même se faire sur un parent qui compare ses enfants entre eux. Donc, c'est un mécanisme que tu as déjà entendu et du coup que tu répètes. Tu imagines bien que si une maman dit à sa fille, j'aurais préféré avoir un garçon. De toute façon, tu n'es même pas jolie pour une fille. Comment tu veux qu'à l'âge adulte, ça n'ait pas des répercussions sur le fait de se comparer aux autres femmes et de jamais se trouver aussi bien que les autres. Tu vois bien le lien. Toi, quand tu notes ce que tu penses de toi, ce que tu dis de toi, qui est-ce qui t'a déjà dit ça ? Où est-ce que tu as déjà entendu ça ? Et puis des fois, je te le disais tout à l'heure, ça peut être à l'école. On n'oublie pas que malheureusement, il y a de plus en plus d'affaires de harcèlement scolaire où on en parle de plus en plus, je ne sais pas. Je ne suis pas au fait des statistiques là-dessus. En tout cas, moi, j'en entends beaucoup parler dans les rendez-vous. Et ça a un impact dévastateur quand t'es en pleine puberté, collège, lycée, que tu es en train de construire ton identité, que ton corps change, c'est déjà une période de bouleversement. Si en plus tu te fais lyncher dans les mots, dans de la violence, comment tu veux ne pas te comparer aux autres, puisque c'est ce qu'on te fait à toi. Et donc tu refais la même chose, d'accord ? C'est pour ça, si tu veux. Alors, c'est des exemples pour remettre les choses dans l'ordre. Ce que je te donne, ce sont des exemples, mais pour te faire comprendre que si toi aussi tu te reconnais dans ce schéma de comparaison aux autres, il y a une origine. Et quand tu connais l'origine, l'idée ce n'est pas de s'apesantir dessus, c'est de comprendre que je me compare aux autres parce qu'à un moment donné, on m'a fait extrêmement mal et j'ai cru que c'était la seule réponse à avoir. Alors, c'est pas forcément ça mot pour mot qu'il faut te dire, il faut que tu trouves tes mots à toi, mais pour déjà remettre un peu de bienveillance et de comprendre pourquoi tu as ce fonctionnement qui t'épuise. J'espère que jusque-là, tout ce que je te raconte, c'est clair. Parce que, vraiment, s'il y a une info que je veux que tu retiennes, c'est que te comparer aux autres, c'est un mécanisme que tu as mis en place pour te juger comme tu as déjà été jugé. Est-ce que tu comprends, est-ce que tu vois à quel moment tu as pu mettre ce mécanisme en place ? Ce qui vient se répéter de ton histoire en fait dans ce mécanisme. Dans tous les cas, il y a des pistes pour en sortir. Tu n'es pas condamné à fonctionner comme ça et ça je veux vraiment que tu te le mettes dans un coin de ta tête. Je t'assure que tu peux arrêter de te comparer aux autres en permanence. Tu es très bien comme tu es, même si quand tu m'entends tu dois te dire « oh n'importe quoi » , c'est vrai. D'accord ? Heureusement qu'on est toutes différentes. Si on était toutes pareilles, le monde serait chiant. Donc tu es très bien, que tes cheveux soient frisés ou bouclés, que tu sois rapide ou pas rapide à travailler, tu es très bien comme tu es. Donc ne cherche pas de solutions magiques qui vont te faire aller trop vite. Ce qui est important, c'est d'aller à ton rythme, à toi. On ne défait pas un mécanisme pareil d'un coup de baguette magique. Il faut avancer un pas après l'autre. Tu peux, par exemple, c'est ce que je fais avec les clientes qui viennent me voir, commencer, comme je te le racontais tout à l'heure, par un carnet d'observations. Tu notes sur une semaine tout ce que tu dis et penses. Les deux, parce qu'il y a ce que tu dis, mais des fois ce que tu penses est pire. Donc il faut que tu notes les deux. Ensuite, Quand t'es prête, avec du recul, tu rajoutes une colonne où tu mets « à quel moment j'ai entendu ça ? » « Qui a déjà pu me dire ça ? » T'essaies de voir. Après, c'est pas forcément le mot exact, d'accord ? Tu as très bien pu entendre, par exemple, « enfant, t'es nulle en maths, ma fille » , et toi te dire « adulte, je suis nulle tout court » . Mais tu comprends que c'est la même notion quand même, d'accord ? Donc tu fais ce petit travail de recherche. Ensuite, t'essaies de voir dans tout ça si ça se recoupe. Si tu as des similitudes dans ce que tu te racontes. Par exemple, est-ce que les critiques sont toujours sur le corps, l'apparence, ou plutôt sur les capacités intellectuelles, ou si c'est un peu tout. Voilà, t'essaies de voir s'il y a des choses qui peuvent se regrouper dans des items communs. Et ensuite, tu te poses la question point par point. Est-ce que c'est vrai ? Ou est-ce que c'est une phrase que je me répète presque par habitude ? Est-ce que je suis vraiment si nulle que ça ? Tu notes ce que tu estimes dans ce cas-là, si on reste sur l'exemple de « je suis nulle » , qu'est-ce que tu estimes avoir raté dans ta vie ? Mais je veux aussi que tu notes qu'est-ce que j'ai réussi, même si ça a été dur, même si ça a été éprouvant, qu'est-ce que j'ai réussi à faire, de quoi je suis fière. Et de comprendre que ces phrases de jugement Cette comparaison systématique aux autres qui amène à ce jugement de toi et à cette condamnation, c'est une habitude que tu as prise et une habitude ça se défait. Simplement une habitude, ça ne se défait pas comme ça. Donc ça va être, une fois que tu as fait tout ce travail d'observation, ce travail après de comprendre d'où ça vient et est-ce que c'est vrai ou pas, et de mettre des exemples en face, une fois que tu as fait tout ce travail-là, Eh bien, tu vas reformuler chaque chose en une phrase positive. Tu le fais à l'écrit. Par exemple, si on prend « je suis nulle en maths » . Alors, soit tu es bonne en maths et dans ce cas-là, je suis bonne en maths. Soit les maths, ce n'est pas ta matière préférée, tu n'es pas top là-dessus. Et adulte, ça peut se traduire sur la comptabilité, sur des choses comme ça. D'accord ? Tu déclines. Et dans ces cas-là, ça peut être par exemple de te dire « Ok, la compta, ce n'est pas mon point fort. » Par contre, Je suis super douée sur la rédaction, sur l'écrit. Tu vois, et de valoriser. On ne peut pas être bonne partout. Il faut que tu lâches aussi, si tu as cette notion de perfection. C'est encore autre chose à travailler, qui peut être en lien avec la comparaison, mais ça ne te sert toujours à rien. D'accord ? Il n'y en a aucune de nous qui est parfaite. Et puis, je crois que la perfection, ce serait chiant. Parce qu'on n'aurait plus rien à apprendre, et ça, ce serait dommage. C'est juste mon point de vue, tu as le droit de ne pas être d'accord et tu as le droit de me le dire si tu ne l'es pas. Dans tous les cas, pour en revenir à ce qu'on racontait, tu mets une phrase positive et tu l'écris. Et toutes ces phrases positives, tu peux en faire une petite feuille que tu plies, que tu mets dans ton sac. Et à chaque fois que tu vas penser une vacherie sur toi, tu vas la dire. Tu prends ce papier, tu cherches ce que tu es venu critiquer chez toi et tu prends la phrase positive que tu avais mis en face. Et si tu as dit à voix haute, tu dis la phrase positive à voix haute. Si tu l'as pensée dans ta tête, tu la répètes dans ta tête. Je sais qu'au début, tu vas dire « Odem fait chier, c'est pénible son truc » . Je sais que tu vas dire ça. Mais Ausha, parce qu'une habitude, il faut un peu de persévérance pour la changer. Et à force de répéter ces nouvelles phrases, tu vas mettre des nouvelles habitudes en place. Tu vas voir que les vacheries, tu vas les dire de moins en moins souvent. Et les phrases positives, de plus en plus souvent. de plus en plus souvent. Et tu vas pouvoir à chaque étape arrêter un peu plus de te comparer aux autres. D'accord ? On a toutes des qualités et des défauts. C'est pas la peine de te comparer à ce que tu perçois être une qualité chez toutes les autres. Et puis tu sais pas, leur histoire, tu sais pas ce que ça leur a coûté. Et si ça se trouve, ce que toi tu vois chez elles comme un point positif, c'est pas le cas pour elles. Donc la comparaison ne te sert à rien de positif. J'espère que j'ai été claire. Je te souhaite une belle semaine de réflexion. Tu peux commencer à mettre en place tout ce que je viens de te dire à ton rythme à toi. Et si tu as des questions en le faisant, tu n'hésites pas, je te réponds avec plaisir. Dans tous les cas, je te souhaite une belle semaine. Tu prends soin de toi et on se donne rendez-vous lundi prochain pour un nouvel épisode. A bientôt.