Speaker #0Tu passes un bon moment, un de ceux qui font du bien, un de ceux où le temps est suspendu, comme quand tu prends un verre avec ta meilleure amie, que tu parles de tout, de rien, et que le temps n'a pas d'importance. Et à peine rentré, ta tête est déjà ailleurs. Elle est dans tout ce que tu n'as pas fait, parce que tu passais un bon moment. Tout ce que tu aurais dû faire à la place. Dans cet épisode, je t'explique pourquoi, à chaque fois que tu te fais plaisir, tu te fais payer Après, sans parfois même t'en rendre compte, le mécanisme s'enclenche. Reste jusqu'au bout, je te partage des choses à actionner tout de suite pour pouvoir sortir de ça. Bienvenue, je suis Aude Jeandrot, spécialiste en Shiatsu et en mémoire du corps surtout. Dans ce podcast, et si tu t'écoutais autrement, je t'invite à t'écouter autrement pour prendre du recul et modifier à ton rythme ce qui ne te va pas à toi. Donc aujourd'hui, on parle de ce plaisir que tu te fais payer systématiquement. Et pour ça, je vais te raconter l'histoire de la petite robe qui n'a même pas été volée. C'est une femme qui donne tout aux autres. Elle donne tout son temps, toute son attention, toute sa gentillesse. Elle pardonne tout aux autres et elle ne se pardonne rien à elle-même. Sa gentillesse est tournée vers l'autre et pas vers elle-même. Mais en même temps, elle a l'impression qu'on ne fait pas attention à elle. C'est ce qui l'amène. Et au fil des séances, elle comprend qu'en fait, elle ne s'accorde à elle-même ni temps ni gentillesse. Et que la première chose à faire, ce n'est pas attendre l'attention de l'autre, c'est se l'accorder à elle-même. Alors, je lui donne un exercice pratique. Aller exprès, toute seule, dans un magasin de son choix, acheter un objet pour elle. Ce n'est pas le prix qui compte, c'est d'acheter quelque chose pour elle. Toute seule. Elle se prête au jeu, elle y va. Elle choisit d'aller dans un magasin de vêtements. Elle est passée plein de fois devant, elle n'est jamais rentrée. Et donc là, ce samedi, elle rentre presque en courant dans le magasin. Elle repère une robe, qui lui plaît bien. Elle s'en rend compte. Même. Elle jette un oeil aux cabines d'essayage, trop de monde. Pas envie d'aller essayer. Peur aussi d'aller essayer. Alors elle file à la caisse. Et elle ressort du magasin presque en courant. Et elle rentre chez elle tout aussi vite. Et quand elle revient me voir, la première chose qu'elle me dit, c'est « J'avais l'impression d'avoir volé cette robe. » Et pourtant, elle l'a bel et bien payée. Mais s'acheter quelque chose pour elle, intentionnellement, quelque chose qui lui fait plaisir. C'était inédit. Les vêtements, jusqu'à maintenant, elle les commandait en ligne. Elle choisissait du pratico-pratique, jean, t-shirt bleu, t-shirt noir. Pas de fantaisie, rien qui lui plaise. Elle s'habillait pour s'habiller. Elle ne s'habillait pas pour se sentir bien ou se faire plaisir. Et c'est là où la chatte, cette robe, a changé quelque chose. C'était l'acheter pour se faire plaisir. C'est un exemple. Pour toi, tu peux te faire payer le plaisir. Par exemple, de prendre du temps pour toi avec une amie, comme je le disais tout à l'heure dans l'introduction, ou bien le plaisir de t'acheter quelque chose. Se faire payer le plaisir qu'on s'accorde peut se faire de plein de manières et sur plein de sujets. Tu peux te faire payer aussi bien le temps passé que de t'acheter quelque chose, ou tu peux faire que l'un des deux. C'est à toi de te questionner comment toi tu te fais payer le plaisir, à quel moment. Tu rentres dans cette spirale de culpabilité, voire même des fois ça peut aller jusqu'à la honte, de te faire plaisir. Parce que c'est bien ça le sujet. Pourquoi tu crois que tu n'as pas le droit de te faire plaisir ? Des choses qui peuvent t'aider. Apercevoir quand le mécanisme s'enclenche chez ton corps. Parce que quand tu es dans ce moment où tu commences à te faire payer le plaisir que tu t'es accordé. Ton corps va comme se replier sur lui, comme se rétracter. Les épaules vont se mettre en avant. Le dos se tend comme sous le poids de cette culpabilité. Ton ventre en général devient lourd, se bloque. Parce que c'est toute cette tristesse, des fois tentée de peur, de t'être accordé ce plaisir, ce moment avec une amie. Ton corps en fait traduit le contraste entre ce moment extérieur qui t'a fait du bien Et le mécanisme de culpabilité, de peur qui s'enclenche à l'intérieur. Le contraste est fort entre dehors et dedans et ton corps traduit. Et c'est pour ça qu'il peut être un indicateur pour toi. Quand tu commences à sentir ton dos qui se voûte un peu, tes épaules qui rentrent, pose-toi la question. Qu'est-ce que je suis en train de me dire ? Qu'est-ce que je suis en train de me raconter ? Parce que pour sortir de ce mécanisme de « je me fais payer le plaisir » , parce que je pourrais te donner plein d'exemples dans cet épisode, mais je pense que tu as compris le mécanisme et tu as compris que c'est important que toi, tu observes à quel moment tu te fais payer le plaisir que tu t'accordes, le temps, l'achat, à quel moment pour toi, cette notion de plaisir se fait payer. Pour en sortir, la première chose, c'est de t'observer. À quel moment mon corps change ? À quel moment je me dis des choses pas sympas ? Est-ce que je me fais payer le temps que je m'accorde qui n'est finalement pas un temps productif et donc là, ça ne marche pas derrière, je me le fais payer ? Est-ce que c'est quand j'achète quelque chose juste pour moi ? Ou est-ce que je peux acheter quelque chose pour moi mais à condition que j'achète quelque chose pour quelqu'un d'autre ? Tu prends par exemple une maman qui, si elle va s'acheter un vêtement dont elle a besoin, va se sentir obligée, en trouvant, mais il y a un argument, mais s'il en a besoin, d'acheter quelque chose pour son enfant. Là, c'est aussi une façon de se faire payer. Je n'ai pas le droit d'acheter quelque chose juste pour moi. Donc, c'est d'observer, toi, sur quel pan de ta vie ça joue. Parce que ça va te donner une première piste. Et cette piste, si par exemple c'est chez toi le fait de te faire payer, eh bien tu vas aller observer ton enfance. Quelle phrase ou quelle histoire tu as entendue sur l'argent et le fait que ce n'est pas autorisé de s'acheter quelque chose pour soi ? Est-ce que par exemple tu as des proches qui ont connu des difficultés financières, des privations et auquel cas peut-être que le discours familial était L'argent, il faut le dépenser que pour les choses vraiment nécessaires. Et sinon, il faut épargner pour faire un filet de sécurité. On ne dépense pas pour soi, ce n'est pas utile. Voir, c'est mal vu. C'est un exemple. Pareil, ça peut être aussi, quand ce n'est pas des histoires familiales, ça peut être des phrases répétées comme des évidences. Tu as, par exemple, des familles où la femme est valorisée pour sa capacité à s'effacer et pas à faire des choses pour elle. Donc si on valorise la femme qui s'efface, la femme qui s'achète quelque chose pour elle va être mal perçue, va être jugée. Donc les phrases peuvent être systématiquement dures. Tiens, la voisine, elle a changé de robe. Oui, elle exagère quand même. Elle n'en avait pas besoin. Elle ferait bien mieux de s'occuper, de changer sa voiture pour aller travailler. Et du coup, de banaliser le fait que l'achat doit être utilitaire. Donc passe en revue les histoires. Que tu as entendu les phrases que tu as entendues dans ton enfance sur le plaisir, sur le fait de dépenser pour soi, le fait de s'accorder du temps. Si tu as des parents qui disent on se reposera quand on sera mort, ben allez prendre un verre avec une amie, tu vas peut-être le faire, mais tu vas sacrément culpabiliser derrière, d'accord ? Donc ça c'est vraiment la première étape et je t'invite à noter, au fur et à mesure, prends un carnet pour ça. Qu'est-ce que j'ai entendu ? Dans mon enfance, comme phrase, comme histoire, qu'est-ce que j'ai observé de mon comportement qui m'indique sur quel pan je m'interdis de me faire plaisir ? Une fois que tu as fait ça, observe aujourd'hui. Qu'est-ce que tu entends ? Alors, dans ta famille de naissance, mais si par exemple tu as un conjoint, une conjointe, des enfants, qu'est-ce que tu entends comme phrase venant d'eux ? Est-ce que c'est les mêmes ? Est-ce que c'est différent ? Parce que c'est important de ne pas t'occuper que de ce que tu as entendu enfant, mais de ce que tu entends encore aujourd'hui. Est-ce que ça a évolué ou est-ce que ça n'a pas évolué ? Et il y a une question aussi que je veux que tu te poses, qui est importante. Est-ce que tu as envie de changer ça ou est-ce que ça te convient comme ça ? Si tu es arrivé jusque-là dans l'épisode, je pense que tu as envie de le changer. Mais c'est important de le poser noir sur blanc, de poser ton intention. Je me rends compte... Que je culpabilise, que je m'en veux, dès que je passe du temps avec une amie, dès que je prends un temps pour moi, je fais double de travail à la maison après pour compenser. Et ça ne me va pas, j'ai envie de juste apprécier de m'accorder du temps sans me faire payer derrière. C'est important de poser cette intention parce que c'est la base du changement. Et de noter quel objectif tu veux. Qu'est-ce que tu veux concrètement changer ? Je veux m'accorder du temps, par exemple une fois par semaine avec une amie, sans me le faire payer, sans considérer que je dois rattraper quoi que ce soit derrière. C'est ton objectif. Donc, tu vas mettre les choses en place pour ça. Comme on l'a vu, le travail que tu as fait avant, de comprendre le discours que toi tu tiens, de comprendre où ça se joue dans ta vie, ce que tu as entendu en France, ce que tu entends aujourd'hui, tout ça te permet de voir, de comprendre pourquoi tu as mis ce schéma-là en place. Et donc de poser pas à pas les étapes pour changer. Donc si ton objectif c'est de passer du temps avec une amie sans culpabiliser, et bien peut-être que tu peux essayer par exemple de prendre une demi-heure. Est-ce que si je passe une demi-heure, je culpabilise ou pas ? Non ? Et bien j'essaie de passer à une heure. Et tu vois de monter le temps progressivement. Comment tu réagis ? Si ta culpabilité, le fait de te faire payer le plaisir, se met en place quand tu achètes quelque chose, tu vas adopter la même démarche du progressif. C'est-à-dire que tu ne vas pas aller acheter immédiatement un truc à 50, à 100 euros, ça dépend de ton budget. Tu peux commencer par t'acheter quelque chose à 5 euros. Est-ce qu'à 5 euros, le mécanisme s'enclenche ? Non. Ok, ben 10 euros. Et tu testes comme ça pour voir... À quel palier ça s'enclenche et qu'est-ce que ça vient dire en fait ? Pourquoi cette somme-là devient problématique ? Et là, deux cas de figure. Soit avec le travail de compréhension que tu as fait, plus la mise en place de ces étapes progressives pour changer les choses, soit ça suffit et tu te rends compte que t'arrives à fonctionner autrement, t'as compris ce qui se jouait et t'arrives à t'autoriser à te faire plaisir. Soit ça reste bloqué, et là tu as peut-être besoin d'un coup de main, tu as peut-être besoin d'aller comprendre, d'aller libérer une mémoire qui te bloque. Mais fais déjà tout ce travail avant, parce que ça va être précieux pour toi et ça peut suffire. Ça dépend des cas, ça dépend si derrière cette peur finalement de te faire plaisir ou cette culpabilité, eh bien il y a autre chose de caché, et c'est là où des fois seul c'est compliqué. Mais si tu n'as rien d'autre de caché, toutes les étapes qu'on a vues peuvent tout à fait suffire. Donc je t'invite à les faire. Tu peux commencer dès aujourd'hui. N'hésite pas à me partager tes étapes, où tu en es. Je te réponds avec plaisir. Ce n'est pas parce que l'épisode est terminé que je te laisse toute seule avec tes exercices. Je suis là, n'hésite pas à me contacter et à utiliser ces pistes. Je te souhaite une belle semaine. Prends le temps de faire ces exercices étape par étape. Je te donne rendez-vous la semaine prochaine, soit dans le nouvel épisode de ce podcast, soit dans la bulle, ma lettre d'info, ou les deux, si tu suis les deux. Prends soin de toi, à bientôt !