Speaker #0Je me reposerai quand je serai morte. Cette phrase, je l'ai entendue telle qu'elle ou avec d'autres mots, mais pas du tout dite comme une blague, mais comme une évidence. Aujourd'hui, je t'accompagne à repérer si tu as appris à ne pas t'arrêter. Et je te partage des outils, simples à mettre en place pour faire autrement, pour t'écouter et écouter ton corps. Je suis Aude Jeandrot, spécialiste en Shiatsu et en mémoire du corps, sur tour et en visio. Et avec ce podcast, et si tu t'écoutais autrement, je veux te permettre de prendre du recul pour justement t'écouter autrement et faire ce qui est bien pour toi à ton rythme. Donc aujourd'hui, dans cet épisode, on parle de ces familles où on n'apprend pas à s'arrêter, mais à continuer coûte que coûte. Parce que s'arrêter, ce n'est pas une option, c'est une faute, voire un échec, voire un risque d'exclusion de la famille. Mais comment tu crois que ton corps vit ça ? Si c'est ce que tu fais, si tu ne t'arrêtes jamais, comment tu crois que ça se passe ? Parce que je me reposerai quand je serai morte. Derrière cette phrase, c'est un comportement. De ne pas t'arrêter même quand tu es malade. Quelle idée saugrenue ! D'aller travailler même si tu as de la fièvre. Et ça, je l'ai déjà entendu, comme tout ce que je vais te partager dans cet épisode. D'être fière de n'avoir jamais eu aucun arrêt. travail dans toute sa carrière, même quand elle s'est cassée la jambe, elle s'est mise en télétravail. Pas un seul jour sans aller travailler, quel que soit son état. Et cette attitude de ne jamais t'arrêter de travailler coûte que coûte peut aussi t'amener à prendre des rendez-vous, par exemple pour te détendre, donc tu vas aller faire un massage. Mais en fait, ce massage, ce n'est pas un moment pour toi, c'est un moment pour défaire les tensions dues au travail et au coût. et à ce fonctionnement du coûte que coûte. Donc tu n'en profites pas, ce n'est pas un moment de plaisir pour toi, c'est juste pour dénouer les tensions et pouvoir continuer à bosser et à ne pas t'arrêter. Est-ce que c'est ton cas de figure ? Est-ce que toi, tu passes ton temps à travailler et à gérer le temps libre, le temps personnel, à l'organiser, à le planifier et à ne pas avoir de plaisir ? Parce que si tu fonctionnes comme ça, Dis-moi où tu as du plaisir dans ta vie. Parce que soyons clairs, tu peux parfaitement aimer ton travail. Mais travailler dans le mode je ne m'arrête jamais, je travaille coûte que coûte, quoi qu'il m'en coûte, c'est plus du plaisir. C'est un sacrifice et tu te fais mal. On n'est plus dans le même degré. Et ça, j'ai vraiment envie que tu le comprennes et que tu l'entendes. Parce que c'est ce que ton corps aussi révèle. Quand je reçois des clientes en shiatsu qui sont sur ce mode du coûte que coûte, en général, à la fin de la séance, elles sont très surprises. En même temps, la séance m'a fatiguée. Eh bien non, non et non, figure-toi que ce n'est pas la séance qui l'a fatiguée. C'est parce qu'elle est épuisée qu'elle masque ça par des tensions et par le fait qu'elle ne s'arrête pas. Et que là, elle se pose le temps de la séance, et en plus on enlève les tensions, donc la réalité de son état se manifeste. Elle en prend conscience. Ce qu'elle va souvent réaliser dans ces moments-là, et là où tu peux t'interroger toi sur ton corps, c'est qu'on va avoir souvent un ventre qui est noué, parce que c'est épuisant de tenir coûte que coûte et t'as pas le temps de réellement gérer tes émotions, t'écoutes pas tes besoins. Donc ton ventre qui est ton cerveau émotionnel, il fait des nœuds. Ton dos en général se tend, parce que coûte que coûte, il faut tenir. Et tenir, c'est souvent le dos qui prend. Et aussi souvent, une autre zone que je vais trouver tendue, c'est la nuque. Cette nuque qui est raide, parce que quand tu es dans le « je dois tenir, je ne m'arrête pas, je dois travailler » , eh bien, tu vois les choses sous un seul angle. Tu vois, on va résumer, schématiser plutôt, tu vois en ligne droite. Et donc, comme tu vois les choses sous un seul angle, en ligne droite, tu finis par perdre cette souplesse de la nuque qui se bloque et tu vois physiquement, réellement, les choses que dans un seul axe. Tout ça, c'est pour te faire comprendre que ce schéma que tu portes, que tu considères comme normal, comme une évidence, c'est un schéma qui t'épuise. C'est quelque chose qui progressivement t'éloigne de toi parce qu'il te coupe de tes besoins, il te coupe de ce qui te fait plaisir et tu réponds juste à cette injonction « je dois travailler » . C'est une nécessité, c'est absolu. Alors oui, on a besoin de travailler pour gagner sa vie, mais tu peux... Ne pas être dans l'extrême de travailler sans arrêter, de travailler Même quand tu es malade, tu vois bien la différence. Parce que je sais que quand tu es dans le schéma de « je travaille sans m'arrêter » , tu as adapté tout un vocabulaire, toute une stratégie pour noyer le poisson. Et même à toi-même. Mais la réalité, c'est que « je travaille sans m'arrêter » , ce n'est pas normal. Et tu t'épuises. Et ce schéma, il vient bien de quelque part. Je vais te donner un exemple. Parce que si tu me suis, tu sais bien... que j'aime bien les exemples parce que je trouve ça toujours plus parlant que des grands discours. Un grand-père qui a travaillé dur toute sa vie. Et quand il s'est mis à la retraite, il s'est mis à faire un immense potager, bien supérieur à ses besoins puisqu'il pouvait fournir tous ses enfants et petits-enfants avec son potager. Il ne prenait pas un seul jour de congé, pas un seul, enfin, de congé de vacances. Mais le lapsus est révélateur parce que c'est un véritable travail. Parce que... il fallait s'occuper du potager. Quand ce n'était pas la période pour l'entretenir, c'était la période pour préparer les semis dans la maison. Il fallait les arroser, il fallait s'assurer qu'ils soient à la bonne température. Donc il ne partait jamais. Et il est mort un matin dans son champ, en faisant son potager. Et dans sa famille, quand sa petite-fille me l'a raconté, ce n'était absolument pas un drame, c'était une grande fierté. Ce grand-père qui est mort en allant travailler dans son potager. Alors on peut se dire, c'est bien. Cet homme-là, il a fait ça pour ses enfants, ses petits-enfants. Ouais, ok. Mais est-ce qu'à cet extrême-là, c'était encore du plaisir ? Le concernant, je ne vais pas t'apporter de réponse, parce que je ne le connais pas, je ne lui ai pas parlé. Mais ce que je sais, c'est que sur sa petite-fille, on retrouve cette histoire racontée comme une fierté familiale de « il a travaillé jusqu'au dernier moment » . Et elle, qu'est-ce qu'elle fait ? Eh bien, elle est dans ce schéma. de « je travaille tout le temps, je ne m'arrête pas, je ne m'autorise pas même si je suis malade » . En général, elle ne prend pas ses vacances, elle essaie de se les faire payer. Et si elle doit vraiment les prendre, c'est une corvée pour elle. Elle n'est pas heureuse, elle peut même emmener du travail sur ses vacances pour être sûre d'être performante et à la hauteur. Et cette jeune fille, et toutes les autres que j'ai pu recevoir dans ce schéma-là, en général, quand on parle du rapport à l'école, quand elles étaient enfants, adolescentes, On retrouve ce principe d'élève très studieuse qui travaillait dur avec acharnement et à qui on demandait quand elle rentrait le soir, est-ce que tu as bien travaillé, est-ce que tu as bien fait tes devoirs, est-ce que tu as eu des bonnes notes ? Et elle n'avait aucun souvenir d'une fois où on avait pu lui demander comment tu vas, est-ce que tu es heureuse ? Donc tu vois bien que cette histoire du grand-père révèle en fait un schéma, et c'est en ça qu'elle est intéressante, un schéma familial du... Travailler jusqu'à la mort, c'est normal. Travailler tout le temps, que tu sois enfant, que tu sois adulte, que tu sois retraité, c'est normal. Mais il n'y a pas de place pour le plaisir, il n'y a pas de place pour être heureux, il n'y a pas de place pour soi. Est-ce que c'est réellement la vie que tu veux ? C'est toi qui apporte la réponse. Si tu me réponds, moi le travail c'est le bonheur et je veux faire que travailler dans ma vie, ok, vas-y. Par contre, si tu te dis, oui, en fait je fonctionne comme ça et j'ai peut-être envie de faire autrement, Et bien continue l'épisode. Parce que, il va falloir que tu commences par te poser la question qu'est-ce que tu as entendu comme discours sur le travail ? Quelle valeur on donne au travail dans ta famille ? Que ce soit dans ton enfance ou aujourd'hui. Est-ce qu'on parle de manière négative des gens qui ne travaillent pas, quelle que soit la raison du fait de ne pas travailler ? Est-ce qu'il y a un risque dans ta famille si... on ne travaille pas ? Est-ce qu'il y a un risque d'être mis à l'écart de la famille, voire exclu ? Et est-ce que tu as vu enfant, les adultes, se reposer réellement ? Ou est-ce que il fallait lire des livres utiles ? Je me souviens d'une enfant qui voyait son père lire tous les classiques sur ses temps de repos parce que quand tu étais en repos, il fallait absolument se cultiver. Il ne fallait pas se faire plaisir. Il fallait se cultiver. Et Merci. À 7 ans, il lui demandait de lire l'Iliade et l'Odyssée d'Homère parce qu'il fallait qu'elle se cultive. Elle ne pouvait pas jouer, c'était une perte de temps. Donc de comprendre ce que tu as pu entendre, mais ce que tu as pu voir aussi, parce que des fois dans certaines familles, les choses ne sont pas toujours forcément dites, par contre elles sont faites, elles sont montrées. Et ce que tu vois te paraît être normal et mine de rien, ça passe dans ta façon de fonctionner adulte, dans ton schéma. C'est pour ça que tu peux tout à fait, comme je te le disais au tout début, être dans l'idée de travailler tout le temps, c'est une évidence. Je me reposerai quand je serai morte, c'est une évidence. Parce que c'est tellement ancré en toi que tu n'as jamais remis en question ce principe-là. Et que pour le remettre en question, il faut te poser les questions que je te pose depuis le début de cet épisode. Est-ce que ça te va de travailler à ce rythme-là ? Est-ce que tu as l'impression de vivre et d'avoir de la place pour toi et pour te faire plaisir ? Ou est-ce que tu es que dans les contraintes, les injonctions et les croyances que ta valeur se résume à ton travail, que ton identité se résume à ton travail ? Est-ce que tu es ton travail ? Si je voulais te le dire autrement, je pourrais te le dire comme ça. Si tu as envie de fonctionner autrement, je vais te proposer plusieurs pistes, plusieurs outils que tu peux mettre en place de manière simple. Mais avant de le faire, je vais aussi t'en proposer deux autres qui ne vont pas se mettre en place là, à la fin de l'épisode, parce qu'il y en a une, c'est un atelier pour apprendre à ressentir ce qui se passe dans ton ventre et à l'écouter, que je propose à tour le 26 septembre. Et l'autre, c'est un webinaire, donc là, tout public, où que tu habites. Et celui-ci, c'est le 8 octobre sur apprendre à dire non sans culpabiliser. Parce que souvent, quand tu es dans l'idée de je dois travailler, quel que soit mon état, ma santé, eh bien, tu ne sais pas dire non. Parce que dire non, c'est risqué. Et donc ça, on en parle dans le webinaire. Donc pour en revenir aux pistes que tu peux directement activer à la fin de cet épisode. Donc on l'a dit tout à l'heure, il y a déjà... prendre conscience de ce que tu as entendu et vu des adultes dans ton enfance par rapport au travail et au fait de se reposer, de ne rien faire. La deuxième chose, si je te dis à partir de demain c'est terminé, tu ne travailles plus. Essaie de visualiser ça, c'est fini, tu ne travailles plus. Quelle émotion tu ressens ? Qu'est-ce qui se passe dans ton corps ? Est-ce que tu as une zone qui réagit, qui se tend, qui se libère ? Est-ce que tu es en train de dire Ouais, non, pas possible, de toute façon, il faut que je travaille et puis je travaillerai tout le temps. Est-ce que tu te dis, waouh, j'ai du mal à y croire, mais qu'est-ce que ce serait super ? Tu vois bien que la réponse n'est pas la même et la réponse est déjà un indicateur de la croyance et de l'émotion que tu as d'associer au travail. Ensuite, le deuxième exercice. Pendant au moins deux semaines, et ça peut être plus si tu as envie de le faire pendant un mois, c'est OK. Tu bloques 15 minutes tous les jours dans ton agenda. Tous les jours. 7 jours sur 7. 15 minutes. Franchement, c'est rien 15 minutes. Je suis sûre que tu peux les prendre, par exemple, dans les transports, si tu prends les transports pour aller bosser. Tu peux peut-être les prendre sur ta pause déjeuner. Ou si tu n'en prends pas parce que tu manges en travaillant, je sais que tu es capable de faire ça aussi. Eh bien, tu peux peut-être les prendre le soir, juste avant de te coucher. 15 minutes, ce n'est pas grand-chose honnêtement sur une journée. Mais c'est 15 minutes que tu vas bloquer. Tu vas... Ne rien faire d'utile ni productif. Alors attention, ne pas travailler, tu t'en doutes, mais tu ne vas pas non plus me faire des lectures utiles. Si tu lis, tu lis un magazine, tu lis, et par un magazine de travail, je te vois venir, tu lis un truc sympa. Tu peux te poser autour d'un thé, d'un café pendant un quart d'heure, mais le téléphone est retourné, tu ne regardes pas les messages, tu ne regardes pas les réseaux sociaux, tu ne fais rien ou pas grand-chose. Je sais que des fois, rien n'est compliqué. C'est pour ça que je dis, tu peux prendre un café, tu te mets ton minuteur sur ton téléphone, un quart d'heure sans rien faire d'autre que prendre ton café. Et tu vas noter ce que ça fait. Est-ce que ça te met en inconfort ? Est-ce que tu n'y arrives pas ? Qu'un quart d'heure, c'est trop long. Est-ce que rien qu'en m'écoutant, tu te dis, « Ouais, Aude, ça va bien, c'est n'importe quoi tes idées. » Note ce qui se passe, mais essaie de le faire. Si au début, tu n'arrives pas un quart d'heure, eh bien, tu notes et tu fais cinq minutes. et à force de faire 5 minutes, tu essaies de passer à 10, puis à 15. 15 minutes non productives et non utiles. Parce que ce moment-là va être extrêmement révélateur. Est-ce que tu arrives à le faire ? Ou est-ce que tu sens qu'il y a des blocages ? Et c'est ça qui est intéressant. Si tu arrives à le faire, ça veut dire que tu peux par toi-même poursuivre, pour réussir à décrocher et à poser des limites à ton travail. Si par contre, cet exercice... fermenter des blocages, des émotions inconfortables, ça veut dire que tu as des choses à aller travailler, tu as des croyances, des injonctions familiales qui te bloquent dans ce schéma et qui te font croire que tu te reposeras quand tu seras morte. Et enfin, le dernier exercice que je te demande, c'est de répondre à cette question-là, à l'oral ou à l'écrit. Tu fais quoi dans la vie ? Sans me parler de ton travail, de ton statut professionnel, de ton entreprise, tu me parles de toi en tant que personne, de tes passions, de tes rêves. Toi, tu fais quoi dans la vie ? Joue le jeu, tu verras que c'est intéressant, ça va t'obliger à... t'écouter autrement et à te voir autrement. Parce que, quand tu es dans cette croyance, je dois tout le temps travailler, tu ne t'écoutes pas et tu ne fais pas ce qui est bon pour toi. Pour conclure cet épisode, je voudrais vraiment que tu comprennes que sortir de cette croyance, ce n'est pas te trahir, mais c'est te donner un véritable espace pour toi, pour vivre ce que tu veux. Donc, je t'invite vraiment à faire les exercices que je t'ai partagés. Oublie pas que tu as aussi à ta disposition, si tu le souhaites, les ateliers que je mets en place, donc celui de septembre pour le ventre, les webinaires, tu en as deux tous les mois, tu retrouves sur Insta, et puis la bulle qui est une lettre d'info où je te partage encore d'autres outils quand tu préfères lire tranquillement tous les 15 jours. Dans tous les cas, je t'invite vraiment à t'écouter, à prendre soin de toi. Et je te souhaite une belle semaine et je te donne rendez-vous lundi prochain pour un autre épisode. À bientôt !