Speaker #0Tu es en couple, tu regardes les films qu'il aime, ouais, peu importe. Tu proposes des sorties qui lui font plaisir. Tu fais attention à ses besoins, souvent avant même qu'il les explique. Sur le papier, tout va bien nickel. La relation est fluide, il n'y a pas de conflit, tu t'adaptes. Mais si tu es honnête avec toi, il y a quelque chose qui ne va pas vraiment, tu crois pas ? Tu n'as pas la sensation de t'effacer un petit peu ? Comme si tu étais là, mais pas complètement. Si tu te reconnais dans cette capacité que tu as à te suradapter à une relation, bienvenue dans ce nouvel épisode de « Et si tu t'écoutais autrement ? » . Je suis Aude Jeandrot,praticienne en Shiatsu et mémoire du corps. Je travaille sur les blocages inconscients et le rapport avec ton corps. Et dans ce podcast, je t'aide à comprendre pourquoi tu t'effaces dans les relations. Pourquoi tu t'adaptes autant et comment tu peux revenir à toi, revenir à un équilibre plus satisfaisant ? Donc aujourd'hui, on va parler de ce comportement que tu as ou peut-être que tu observes chez une de tes proches, à s'effacer dans la relation. Dans ce cas de figure, en général, quand tu fais ça, tu penses que c'est normal, que si tu aimes, tu dois faire des efforts et que faire des efforts, ça veut dire t'adapter à l'autre. aux besoins de l'autre, voire anticiper ses besoins. Et que si tu ne t'adaptes pas, la relation ne fonctionnera pas. Parfois, on ne s'en rend pas compte. Dans ces cas-là, si tu as autour de toi une femme qui fait ça, qui ne s'en rend pas compte, partage-lui cet épisode pour l'aider à prendre conscience de ce qui se joue et qu'elle a la possibilité de faire autrement. Parce que si tu regardes, en restant sur cet exemple, les films que l'autre aime et que toi, ce n'est pas vraiment ce que tu aimes, Si c'est à tour de rôle, ce n'est pas un souci. Si c'est en permanence ce que l'autre aime et toi pas trop, là c'est révélateur d'un problème, c'est révélateur que tu t'effaces dans la relation pour qu'elle fonctionne. Ce mécanisme, parce que c'en est un, cette adaptation que tu as, suradaptation même dans certains cas, c'est une habitude, c'est un mécanisme que tu as appris, en général dans l'enfance. Souvent, les clientes qui viennent me voir, on retrouve un profil Un peu similaire d'enfants, de petites filles à qui on a appris à être sage, à ne pas bouger, à ne pas faire de bruit pour ne pas déranger l'adulte. Des petites filles à qui on a appris à se centrer sur ce dont l'adulte a besoin et pas elle. C'est-à-dire qu'elles devaient répondre aux exigences, avoir des bonnes notes, être sage à la maison, pas faire de bruit. Et ces besoins à elles n'étaient pas pris en considération si elles avaient envie de courir, de sauter dans les flaques, de crier parce que pour les enfants... Des fois, c'est nécessaire de crier en jouant. La petite fille qui n'a pas eu le droit de faire ça, qui a juste eu le droit de répondre aux besoins de l'adulte, elle apprend à s'adapter à l'autre, à comment va l'autre et aux besoins de l'autre. Et ça ne s'arrête pas en grandissant. Elle va le poursuivre, si c'est ton cas, tu le poursuis, ce mécanisme, à l'âge adulte. Tu t'adaptes aux besoins de l'autre, voire des fois tu es capable de le décoder avant que l'autre le demande. C'est hyper confortable pour l'autre, mais toi... Toi, tu n'es pas vraiment là dans la relation. Si tes besoins, tes envies ne sont pas pris en compte dans le couple, est-ce qu'il y a vraiment un couple qui fonctionne ? Si tout est centré sur une seule personne, est-ce que c'est vraiment un couple qui fonctionne ? Souvent, derrière ce mécanisme, il y a la peur d'être rejeté, d'être seul, vide, par manque d'amour, peur de ne pas être aimé. C'est des peurs qui sont très fortes, qui renvoient possiblement à des choses dans l'enfance et tout ça. Ça traduit aussi que les gens qui t'aiment, est-ce qu'ils t'aiment toi pour qui tu es ou pour l'image que tu leur montres de toi ? Et ce n'est pas la même chose. Est-ce qu'une part de toi te dit si je leur montre vraiment qui je suis, ils vont arrêter de m'aimer ? Et parfois, j'ai certaines clientes qui me disent mais en fait, je m'adapte tellement que je ne sais plus qui je suis. C'est là que le corps est intéressant, parce que ton corps, il te parle, il te donne des informations. Et dans ma manière de travailler, en fait, on ne travaille pas qu'avec la tête, on travaille avec le corps, parce qu'il a beaucoup de choses à dire. Ton corps, il va par exemple traduire cette suradaptation par une prise de poids. C'est-à-dire que tu peux manger équilibré, tu peux faire attention à ta ligne, pourtant tu prends du poids. Parce qu'en fait, ton corps, en faisant ça, il prend une place que toi, tu ne prends pas. Il traduit le fait que tu t'effaces et en fait pour compenser l'effacement, le corps il grossit, il prend l'espace pour t'empêcher de t'effacer complètement. Alors c'est pas vrai pour tout le monde, c'est des exemples de réponses du corps. Chaque corps a sa façon de répondre. T'as des femmes qui s'effacent qui au contraire vont perdre énormément de poids pour s'effacer encore plus. Tu peux aussi avoir une fatigue extrêmement intense parce que c'est épuisant. de t'adapter, de te suradapter à l'autre en permanence, de tourner toute ton énergie vers l'autre et pas vers toi. Forcément, si tu fais ça, tu manques d'énergie pour toi. Donc tu es fatigué et c'est une fatigue que tu ne récupères pas, même en te reposant, même en faisant des bonnes nuits. Un autre type de réponse du corps, ça peut être des tensions dans le ventre. Ton corps, ton ventre, va te faire mal. Il n'y a rien médicalement. Et ça, je le redis souvent, mais il faut commencer par ça. avant de venir me voir. On exclut les causes physiques, biologiques, qui ont besoin d'un suivi médical. Si tu as des tensions dans le ventre, qu'il n'y a pas de cause médicale, dans ces cas-là, il est temps de te pencher sur ce que ça te raconte. Si tu es en suradaptation, ça peut te tordre le ventre parce que tu as besoin de comprendre ce qui se passe et ton corps, il essaie de t'alerter pour te dire attention, il y a quelque chose qui ne va pas. Si tu as une tension, Ce n'est pas pour t'embêter, c'est une information du corps. Et c'est ce type de signaux que je vais rechercher avec les femmes que j'accompagne parce que c'est des indicateurs très précieux pour leur permettre de comprendre ce qui se passe mais aussi pour voir progressivement comment ça évolue. Parce que quand elles sentent que cette sensation disparaît, ça veut dire qu'elles sont plus en équilibre et centrées sur leurs besoins aussi, qu'elles se donnent une place. Et si cette sensation revient, Ça leur permet de comprendre qu'elles sont peut-être en train de repartir sur un vieux mécanisme, parce qu'on sait que les habitudes ont des fois la peau dure, et peuvent revenir brièvement quand on les a travaillées, parce qu'on sait justement identifier dans le corps et réagir tout de suite. Tu comprends bien que si tu t'adaptes tout le temps dans la relation pour que la relation existe, tu n'es pas vraiment toi, parce que tu ne te donnes même pas toi de place. Parfois, tu ne sais même plus, comme je te le disais tout à l'heure, Ce que tu aimes, ce que tu veux, parce qu'à force de répondre aux besoins de l'autre, à force de te centrer sur les sorties qu'il aime, les films qu'il aime, on peut décliner ça sur plein de modes. De te centrer par exemple sur ses amis à lui et de ne plus avoir d'espace pour les tiens, voire au fil du temps de les perdre, tu n'existes plus vraiment. Je sais que le constat n'est pas facile, c'est dur d'entendre ça, mais c'est nécessaire de prendre conscience si tu es dans ce cas de figure. Des conséquences pour toi, c'est ta vie. À quel moment tu réagis pour vivre ta vie à toi ? Ça ne veut pas dire forcément que tu vas arrêter la relation, ce n'est pas ce que je dis. La relation, des fois, peut être rééquilibrée parce que tu as très bien pu te mettre en suradaptation, ce qui est confortable pour l'autre, mais l'autre, ce n'est peut-être pas ce qu'il te demande et si tu bouges, il peut te suivre. Des fois pas, soyons honnêtes. Mais on ne peut pas savoir avant d'avoir amorcé ce travail. Et c'est là où tu as un choix à faire. Est-ce que tu veux passer ta vie en suradaptation ? Tu as le droit, c'est ton choix, c'est ta vie, tu la vis comme tu veux. Ou est-ce que tu te dis, mais en fait, je ne suis pas très heureuse comme ça, je n'ai pas envie de ça et je vais bouger. Et auquel cas, je t'invite à prendre conscience de ton schéma. C'est la première étape importante. Tu prends conscience et tu essaies de voir dans ta vie quotidienne à quel moment tu t'adaptes. Au début, tu vas souvent le réaliser après coup, pas au moment où tu le fais. Mais à force de t'observer, de noter, tiens là, hier, on a mangé ça parce qu'il avait envie, mais en fait, moi, je n'avais pas envie. Eh bien, tu le notes. Et au bout d'un moment, tu vas te rendre compte que tu ne vas plus le réaliser après coup, mais au moment où tu le fais. Et puis, un peu avant de le faire. Et ça va te permettre de commencer à changer d'habitude. Ça peut demander un peu de temps, mais comprends bien que si ce mécanisme, tu le portes depuis l'enfance, il ne va pas s'arrêter en un claquement de doigts. Et n'oublie pas d'écouter ton corps, il est précieux, il te donne des infos qui vont t'aider. Tu peux te poser des questions aussi, comme par exemple, est-ce que je suis moi dans la relation ou est-ce que je m'adapte à l'autre ? Est-ce que je suis aimé pour moi ou pour ce que je montre de moi ? Si je ne m'adapte pas, c'est quoi le risque pour moi ? Qu'est-ce qui me fait peur ? C'est ce type de réponses qu'on explore dans le travail ensemble, parce qu'elles sont aussi des clés pour... comprendre toi parce que là je te donne des infos Je dirais un peu général, mais chaque histoire est unique, ça dépend de ce que tu as vécu, ça dépend de comment tu fonctionnes, d'accord ? Donc c'est un peu des grandes lignes, mais c'est nécessaire aussi pour t'aider à prendre conscience. Et c'est l'objectif de ce podcast, réaliser dans ce que tu vis, ce qui te va et ce qui ne te va pas. Et te laisser le choix de « je continue comme ça » ou « j'ai envie que ça change » . Et le choix, c'est toi qui l'as. Si tu t'effaces et que tu continues à t'effacer, ça te convient. Et c'est ok, continue. Mais tu peux aussi décider que ça ne te va pas et commencer à bouger à ton rythme. Si tu as envie de creuser un peu le sujet, tu peux aussi aller écouter l'épisode 34 de ce podcast où je parle aussi de ce schéma-là, où je t'explique que ce n'est pas l'autre que tu perds dans la relation quand tu fonctionnes comme ça, c'est toi. Dans tous les cas, cette façon de t'adapter, ce mécanisme, tu peux l'arrêter. Donc je te le redis, tu observes. Tu prends conscience quand tu t'adaptes. Et rappelle-toi que les gens peuvent aimer une image de toi. Mais est-ce que ce n'est pas mieux si c'est toi qu'ils aiment ? Et si toi, tu te fais une place dans ta propre vie ? Si tu as envie, je t'accompagne avec plaisir. D'ici là, je te souhaite une belle semaine. Tu prends soin de toi. Et on se retrouve lundi prochain pour un nouvel épisode. A bientôt !