Speaker #0Amour et atypie, est-ce que ça fonctionne pareil qu'amour sans atypie ? Cette série a failli s'appeler les conseils de couple qui ne marchent pas, à mon avis, dans un couple avec atypie. Je t'aime, mais je veux être seule. Je t'aime, mais j'ai besoin que tu ne sois pas à côté de moi. Je t'aime, mais laisse-moi respirer. Je t'aime, mais je ne veux pas dormir avec toi. Je t'aime, mais je préfère faire ça tout seul. Je t'aime... Mais laisse-moi quelques jours, quelques semaines, avant qu'on se voit. Je t'aime, mais ne me touche pas. Je t'aime, mais je déteste tes surprises. Je t'aime, mais je suis soulagée lorsque tu retournes chez toi et que je reste seule. Tout ce qui précède « mais » dans une phrase n'est que chiasse, enseignait Ned Stark à ses enfants dans Game of Thrones. Je pense que dans l'autisme, c'est faux. que ce qui précède le mais est vrai et que ce qui vient après le mais est légitime et a toute son importance. Je suis Maya, concernée par l'autisme sans déficience intellectuelle dans ma famille, ma vie professionnelle et associative. Je me forme dans ce domaine en parallèle de ma vie professionnelle actuelle. Et dans la chronique d'aujourd'hui, on va aborder un thème délicat. Laissez-moi d'abord vous dire tout de suite que je ne me considère pas du tout comme experte pour parler des couples. Sinon, disons peut-être dans la vision anglo-saxonne des choses, dans cette culture où il paraît que si vous avez déjà planté plusieurs entreprises, alors oui, on peut vous faire confiance pour vous en confier une nouvelle car vous avez connu l'échec et vous vous êtes relevé. Enfin voilà, on va humblement essayer d'aborder ce sujet. Je rappelle ici aussi que non seulement je ne suis pas professionnelle de santé, mais qu'en plus, malgré tout mon intérêt pour le sujet, alimenté par mes expériences et mes observations, En fait, plus j'en apprends, plus je crois comprendre des choses et plus surtout je mesure l'étendue de mon ignorance. Donc ici, prenez ce qui vous va bien, laissez le reste et surtout apportez votre propre expérience, vos constats, votre contribution. Parce que quand on réfléchit à plusieurs et qu'on creuse, que chacun apporte son expertise, on réfléchit mieux. Cette série sera en plusieurs épisodes avec une pause pour aborder le thème de la critique, pourquoi certains s'en fichent et en rient. alors que d'autres sont détruits lorsqu'ils se sentent critiqués. Pour être averti de la prochaine sortie des épisodes, abonnez-vous à votre plateforme préférée ou notez dans votre agenda les premiers et troisièmes samedis du mois. Et si vous voulez faire coucou, laissez des cœurs et des étoiles, un commentaire ou écrivez-moi en MP sur les réseaux ou par mail. Allez, c'est parti ! avec trois conseils qui ne marchent pas. On commence avec cette citation dont je n'ai pas su retrouver l'auteur, si vous le connaissez, faites signe, et qui circule dans bien des cercles. Voici. Retiens ceci à vie. Ne mendie jamais l'amour, le respect et l'attention de quelqu'un. Car celui qui t'aime te les donnera sans que tu n'aies besoin de demander. Voilà. Donc, si votre partenaire du quotidien c'est Sheldon Cooper ou Bones, il va être préférable pour vous de dire exactement ce que vous souhaitez ou attendez, au risque sinon de ne jamais le recevoir, simplement parce que votre partenaire autiste n'est pas dans votre tête et qu'il n'a pas la moindre idée de ce que vous attendez. Et de 1 pour les trucs qui ne sont pas applicables à tout le monde. Ensuite, le deuxième. Les hommes ont un instinct de chasseur. La femme doit jouer l'indifférente, se laisser conquérir, lui rendre la tâche difficile, et une fois en... couple ne pas trop s'investir pour qu'il continue à vouloir la conquérir. Alors, et de deux, pour les trucs pas applicables à tout le monde, enfin je crois, je vais laisser ces messieurs s'exprimer s'ils le veulent bien sur le sujet, et puis aussi les couples LGBT plus autistes, ça serait intéressant de savoir ce que vous en pensez. De mon côté, il me semble que ce genre de « petit jeu » fonctionnerait très mal avec un partenaire TSA. qui pourrait être plutôt littérale et qui aura tendance à penser que si une femme lui dit « je ne suis pas intéressée » , cela signifie « je ne suis pas intéressée » . Donc, résultat inverse de l'effet escompté par ce petit « je » de séduction. Je vais même plus loin, à une époque où, à juste titre, on parle autant de la notion de consentement. Je ne suis pas certaine que le message « je te fais croire que je ne suis pas intéressée » pour que l'homme tombe amoureux soit bien judicieux. Parce que justement, C'est ça qui est expliqué. Qu'un homme tombe amoureux s'il y a plus de difficultés et un petit peu de résistance. Est-ce que c'est vrai les mecs ? Dites-nous en commentaire. Mais ça signifie quoi ? Ça signifie qu'il faut que la femme résiste pour que l'homme se sente amoureux ? Personnellement, cette idée me gêne profondément. Mais vraiment, je suis curieuse d'avoir d'autres avis sur le sujet. Bon, vous vous en doutez, et je vous l'ai dit en introduction, je ne me considère pas du tout comme une experte en la matière. Et en amour, les mots « je » et « séduction » personnellement ne m'emballent pas, surtout quand ils sont associés. Alors soit je suis très naïve, ce qui est tout à fait possible, voire probable, soit j'ai rien compris, là aussi c'est très probable. Soit, enfin, il y a une autre façon d'entrer en relation et de construire une relation pour les personnes atypiques que ces « je » là. Par exemple, disons la franchise, le partage d'intérêts communs. La joie simplement de passer des moments ensemble et la capacité à se soutenir, à s'appuyer l'un sur l'autre. Là aussi, à vous les commentaires. Un autre conseil, faites rire votre partenaire, faites-lui des surprises. Mettez beaucoup d'amour et beaucoup d'humour. Alors à mon avis, ce conseil-là n'est pas à prendre à la lettre en ce qui concerne les surprises, l'humour. et compagnie. L'amour, oui. Les surprises, d'abord, assurez-vous que l'autre les aime. C'est pas du tout garanti dans l'autisme, bien au contraire, et ça peut vraiment produire l'effet complètement inverse. Le second degré, quant à lui, très souvent utilisé comme forme d'humour, peut être particulièrement mal vécu par la personne TSA, très littéraire, qui va pas saisir la nuance, pas vraiment savoir si c'est du lard ou du cochon, voire carrément penser que l'autre ment, se moque, ou n'est pas fiable. Dormez ensemble le plus possible et surtout réconciliez-vous sur l'oreiller. J'avais dit trois, et bien c'est le quatrième conseil à la con entre guillemets. Je m'explique avec un parallèle, heureux ou pas, je vous laisse juger. Moi je m'autorise cette métaphore. Lorsque votre chien décide de se coucher contre vos pieds, vous vous sentez aimé, important pour lui, vous appréciez ce moment ? J'imagine que oui. Et lorsqu'il s'en va dormir plus loin ou reste dans son panier, alors là, est-ce que vous pensez qu'il ne vous aime pas parce qu'il n'est pas contre vous ? Idem pour le chat. S'il ne vient pas sur vos genoux, vous en déduisez qu'il y a un souci dans la relation et que ça annonce la fin ? J'imagine que non, bien sûr. On sait très bien qu'ils font exactement ce qu'ils veulent, en particulier M. le chat d'ailleurs, et que ça ne remet pas du tout en cause leur attachement pour nous et la qualité de la relation. On respecte leur nature, en fait. Vous avez compris le parallèle. Alors pourquoi certains parmi nous dans la relation vivent ça très bien et d'autres se sentent rejetés ou désaimés si l'autre change un peu ses habitudes ou simplement s'il ne vient pas cette fois-ci ou a envie d'un peu de solitude ou ne dort pas collé contre nous cette fois-là, ne donne pas la main ce jour-là ou ne dépose pas un bisou en passant. Quant à se réconcilier sur l'oreiller, Là, simplement, je ne comprends pas. Comment se sentir prêt à une telle intimité si on est froissé avec l'autre ? Ne faudrait-il pas d'abord reconnecter au niveau cognitif et émotionnel avant de pouvoir connecter les corps ? Petite digression ici. Il y a en fait toute une théorie qui disait que les personnes genre rayons masculins ont besoin de connexion physique avant d'être prêts pour la connexion émotionnelle. Et que c'est l'inverse pour l'autre genre. Que nous, on a besoin d'abord de connexions émotionnelles pour que le corps suive. Qu'est-ce que vous en pensez ? Moi, j'ai l'impression que ça a été débunké. Donc, dites-moi ce que vous en pensez, voire mieux, si vous avez des études là-dessus, partagez-les, ça serait super intéressant. Alors, je continue ici en plus. Lorsque votre conjoint ne vous rejoint pas pour dormir, par exemple. Si vous lui en faites la remarque en disant un truc du style « mais tu m'aimes plus » ou « pourquoi tu viens pas ? » et que l'autre, qui est taquin et adepte du second degré, et qui n'a pas du tout compris votre anxiété et vos doutes, alors si en plus il vous répond un truc que lui pense très drôle comme « bah ouais, c'est ça, je t'aime plus » , tellement sûr de lui parce que plus c'est gros, plus ça va passer, vous allez de toute façon comprendre que c'est ironique, pense-t-il, qu'est-ce qui va se passer justement ? Et à l'inverse, si on applique ce conseil à la con, en disant qu'il faut se faire désirer, l'un des partenaires va faire exprès de s'éloigner de l'autre pour que le premier pense le perdre. et viennent lui courir après, s'attachent à lui, hypothétiquement. Vous imaginez le résultat pour celui qui est anxieux, insécure et qui vit ça ? L'autre joue à ses jeux de faire semblant, de s'éloigner émotionnellement. Bref, bon. D'ailleurs, dans ces deux exemples, celui qui répond « bah oui, c'est ça, je t'aime plus » , alors qu'en fait, il va juste chercher une couverture au salon avant de revenir dans la chambre, ce salaud. Et l'autre qui se barre pour qu'on lui coure après. Ça peut être sacrément violent pour celui du couple qui a un mode d'attachement insécure, anxieux ou ambivalent. Non, franchement, je trouve que les jeux de l'amour, il faut arrêter. C'est vachement plus simple que ça. Se respecter soi-même et respecter l'autre. En plus de ces quatre-là de conseils « classiques » en psycho pour le couple, qui à mon avis sont contre-productifs pour le couple autiste, j'en ai listé un paquet d'autres. Il va falloir patienter jusqu'au prochain épisode, voire plus, parce qu'avant, dans celui-là, j'ai envie de vous parler de quatre types de mécanismes de l'amour qui peuvent fonctionner dans le couple TSA. Que faire en cas de crise ? Faire la différence entre la crise dans un couple et la violence dans un couple. Et ensuite, parler des faits, croyances et émotions dans le couple. On va commencer par ça, les quatre mécanismes de l'amour. que j'ai identifié et qui peuvent fonctionner dans le couple TSA. Le premier, être heureux et avoir envie de le partager, ce bonheur simple. Le deuxième, être mal et avoir besoin de soutien. Le troisième, être engagé et choisir d'avancer. Et le quatrième, être là, simplement. Savoir la présence de l'autre, la sentir sans qu'elle soit envahissante. On détaille le premier. Être heureux et avoir envie de partager ce bonheur simple. Recevoir la joie, l'enthousiasme de l'autre, se réjouir avec lui. Il est content de son job, il a reçu une bonne nouvelle, ce truc-là s'est super bien passé. Le rayon de soleil là maintenant sur les plantes au salon, c'est un enchantement. Ça lui fait un bien fou les pieds sur ce tapis si moelleux. Il vous le dit ? Eh bien c'est chouette d'être heureux avec lui. Bien sûr il est recommandé d'apprendre à connaître l'autre, savoir quand c'est le moment. de rentrer dans le salon en criant son bonheur, ou justement pas. Avoir la délicatesse d'exprimer ses joies du quotidien d'une façon qui soit confortable pour l'autre, pas intrusive ni agressante. En deux, être mal et avoir besoin de soutien. Alors il ne s'agit pas d'une stratégie, évidemment, mais ça nous arrive à tous d'avoir des moments de haut et de bas. Et quand il y en a un des deux qui est mal justement et qui a besoin de soutien, le fait D'être soutenu, écouté, compris, c'est aussi une façon de se sentir aimé et d'aimer. Éventuellement, celui qui soutient peut donner des conseils s'ils sont demandés, s'abstenir si ce n'est pas le cas, ou tout au moins vérifier, veux-tu que je te dise ce que j'en pense ou ce que je ferai à ta place ? Et respecter la réponse, même si la réponse c'est non, non, j'avais juste besoin de te le partager, j'avais juste besoin que tu m'écoutes. Vous pouvez aussi avoir comme réponse un non surtout pas. Pour une fois que j'arrive à m'ouvrir à toi, ne viens pas commenter ou dire quoi que ce soit. En trois, être engagé et choisir d'avancer. Se baser sur l'engagement qu'on a fait comme un ciment de la relation, c'est ce qui marchait pour les générations de nos grands-parents. Ce qui est moins normatif maintenant dans notre société, où on a tendance à faire plutôt du fast-food que de la gastronomie dans les relations interpersonnelles. rapide, vite consommée, pas toujours équilibrée et vite oubliée, contre quelque chose de lent, de réfléchi, de pas nécessairement bourratif, mais très qualitatif. Entre parenthèses, je ne suis pas trop allée creuser du côté des masculinistes. Est-ce que cette notion du couple durable chez eux ne reposerait pas sur le fait que Madame se dédie intégralement à son homme pour son confort à lui, monsieur ? L'entière satisfaction de monsieur devant être la source du bonheur de madame. Bon, je pose ça là, mais c'est un autre débat. J'arrive au point 4, être là. Alors que la société nous dit qu'être en couple, c'est faire des sorties, des week-ends à l'hôtel et à la plage, des activités sportives ensemble, faire des barbecues, bien poster tout ça sur les réseaux, voir des couples d'amis, prendre des cours de salsa, passer des heures à échanger, faire des karaokés ensemble, parler, parler encore, Madame, parlant de ses émotions en long, en large, en travers, avec moultes. expression et émotivité et monsieur accueillant tout cela et comprenant et validant toutes les émotions de madame oui là j'ai fait dans le gros cliché en fait certains en réalité n'ont envie de basiquement rien de tout cela juste la présence silencieuse de l'autre lire côte à côte se dédier à faire quelque chose qu'on aime à proximité sans forcément devoir se parler tout le temps se parler ou sans forcément devoir faire les choses ensemble. Voilà, c'était quatre mécanismes, types de relations qui, me semble, peuvent fonctionner dans le couple TSA. Être heureux et avoir envie de partager ce bonheur simple. Être, pas forcément malheureux, mais mal et avoir besoin de soutien et recevoir ce soutien-là. Se sentir engagé et faire le choix d'avancer. Ou simplement... être là, savoir la présence de l'autre, la sentir sans qu'elle soit envahissante. Bien sûr, il y a beaucoup d'autres modes de fonctionnement qui marchent. Le tout est de trouver le sien, celui de votre couple, le vôtre, ce qui fonctionne, sans que ça ait besoin de correspondre au dernier bouquin sur les relations de couple ou de coaching, etc., qui vient de sortir à la dernière théorie à la mode. Il faut créer sa propre réalité. On passe au thème suivant, que faire en cas de crise ? D'abord, quelle est la définition d'une crise ? D'après le dictionnaire, le terme crise désigne une période, un phénomène critique où il est nécessaire de faire un choix pour faire face à un changement majeur. Une crise est alors une situation intenable, inattendue et qui est une menace pour un système. Elle peut intervenir dans n'importe quel cadre. Avant de parler de comment... gérer une crise de couple. Il me paraît très important de bien discerner la violence conjugale et la maltraitance de la crise de couple qui arrive à tout le monde. Donc, pour commencer, je vais reprendre les mots du groupe Solidarité Femmes Loire-Atlantique, qui donne une super définition. Je vous mets, comme d'habitude, les sites et les références dans les descriptifs des épisodes. Donc, on y lit... Différence entre conflit de couple et violence conjugale. Alors, les violences conjugales ne peuvent pas être considérées comme une sous-catégorie du conflit conjugal, car elles sont de nature différente. Très important. Le conflit, lui, il peut survenir dans tout type de relation, notamment relation familiale, relation conjugale, conflit de famille, conflit de couple. Le conflit cristallise une opposition ou un désaccord sur un objet en particulier. Mais il met en présence deux personnes qui se trouvent sur un même plan d'égalité de sujets, monsieur, madame, le grand-papa avec la petite-fille, etc. Un frère, une sœur, un fils avec son parent. Donc la crise cristallise une opposition ou un désaccord sur un objet, une question particulière et met en présence deux personnes qui se trouvent sur un même plan d'égalité. en capacité l'un et l'autre d'exprimer et de faire valoir leur point de vue. Au contraire, les violences conjugales sont déclenchées par l'auteur sous n'importe quel prétexte et visent à vérifier et à réaffirmer sa domination sur la victime. Le rapport hiérarchique de domination qui vaut aussi, ça c'est moi qui ajoute dans le couple, un homme sur sa femme, mais aussi une femme sur son homme. Également un homme sur un homme, une femme sur une femme. Donc, dans le cadre de la violence conjugale, elles sont déclenchées par l'auteur, quel qu'il soit, sous n'importe quel prétexte, et visent à vérifier et réaffirmer sa domination sur la victime. La victime n'a aucun droit à l'expression. Chaque crise, ça c'est super important, chaque crise est un renoncement, un affaiblissement pour la victime. Le conflit est un mode relationnel interactif fondé sur un désaccord. ponctuel auquel il faut trouver une solution. Alors que le propre de la violence, c'est de refuser de placer l'autre sur un pied d'égalité et de nier sa qualité de sujet. Ça, ça vient du docteur Roland Coutenceau du groupe de travail auteur de violences au sein du couple prise en charge du Prévention mars 2012. On dit aussi en résumé que dans la violence, il y a un rapport de domination. Et là, il y a aussi, je vous relate un tableau qu'on voit sur ce site. Dans les colonnes verticales, il y a quatre types de violences conjugales et à côté, quatre types de conflits. Enfin, ce ne sont pas des types, ce sont des caractéristiques. Sur les colonnes horizontales, on voit le pouvoir. dans la violence conjugale et le conflit de couple, l'intention, violence-conflit, la persistance, violence-conflit, et l'impact, violence-conflit. Alors, le pouvoir, dans la violence conjugale, c'est un pouvoir sur l'autre. Dans le conflit, c'est un pouvoir sur la situation. L'intention, dans la violence, c'est un moyen pour avoir le pouvoir sur l'autre. Alors que dans le conflit, le but, l'intention... et d'avoir raison sur le sujet du conflit. Mais ce n'est pas un prétexte pour prendre le contrôle de l'autre personne. J'ai raison, tu t'es gourée, il ne fallait pas inviter belle-maman. Mais ça, c'est le conflit. Alors que la violence, c'est... Tu n'es vraiment qu'une pétasse d'avoir invité belle-maman, excusez-moi pour le terme. Tu ne sais jamais faire les choses comme il faut, etc. Enfin, belle-maman, non, ce n'est pas le bon exemple. Pardon, belle-maman. La persistance. Dans la violence conjugale, il y a l'installation d'une dynamique. Il y a des stratégies qui sont cycliques et récurrentes et qui visent à réaffirmer et à vérifier la domination sur l'autre. Et c'est souvent alterné avec des phases un peu de consolation, tuer la personne de ma vie. tu vois bien, tu sais à quel point tu comptes pour moi, et hop, après, ça repasse sur une phase de violence. Sans toi, je ne serais rien, sans toi, je me fous en l'air, etc. Alors que dans le conflit, il y a un sujet de conflit qui est particulier, mais ce n'est pas quelque chose qui est planifié, et c'est quelque chose qui, une fois qu'il est traité, on peut passer au conflit suivant. Non, une fois que c'est traité, ça va mieux, il y aura d'autres conflits, mais... Pareil qu'on va traiter entre adultes. Il y a de nouveau une pierre d'achoppement, on se prend le bec sur ce truc-là, comment on résout ? Une fois qu'on a trouvé un compromis, quelque chose qui convient aux deux, on avance. Dans la violence conjugale, non, c'est cyclique, il y a une dynamique. Et enfin, l'impact dans la violence conjugale. Alors là, il marque des effets visibles sur la victime, mais le mot visible... On pourrait le modifier, à mon avis, par effet psychologique sur la victime, parce que ce ne sont pas forcément des coups. Ça peut aussi être comme impact, dans le cadre de la violence, la peur, la honte, la culpabilisation de la victime, le sentiment d'enfermement, et le fait qu'elle va s'enfermer parce que petit à petit, elle ne va plus réussir à en parler à son entourage, le doute. Et dans le conflit de couple, l'impact. Le conflit, la crise de couple va impacter la liberté d'expression pour chacun du couple. Mais ce ne sont pas des choses qui vont impacter aussi durablement au niveau psychologique. Alors, si vous comprenez, ou que vous savez déjà, être dans une situation de violence conjugale, ne restez pas seul. Quel que soit votre genre, votre sexe et votre situation, je vous mets en ressource. des liens, des associations professionnelles qui sont là, vraiment quel que soit votre genre, qui sont là pour vous aider à sortir d'une situation de violence conjugale. Ça prend du temps, c'est jamais facile. Et si vous êtes le proche d'une personne qui vit une situation comme ça, soyez disponible pour la personne. Ça ne sert à rien d'essayer de dire à l'autre, ouvre les yeux, quitte-le, quitte-la, sort de ce truc, ça ne va pas. Quelque part la personne en général elle le sait et si elle ne le fait pas c'est qu'elle n'en a pas les ressources, quel que soit le type de ressources. Par contre vous pouvez être d'un immense secours le jour où la personne vous dit « Aide-moi, là il faut que je parte » ou « J'ai besoin de ceci » d'être disponible et de ne pas la juger. Et ne pas lui dire « Je te l'avais dit depuis le temps, enfin ! » Soyez là quand la personne a besoin de vous. Voilà, cette grande parenthèse très importante est en fait. D'ailleurs, si vous connaissez d'autres associations, ou des groupements, des lieux pour les personnes qui vivent ceci, n'hésitez pas à les mettre en commentaire. Ce sont des ressources qui sont importantes. Donc ici, nous, on ne va pas parler de la violence conjugale, on va parler des crises. Des crises qui touchent tous les couples qui ont parti du chemin de l'apprentissage. On va détailler en quatre points la cause, le déclencheur, la crise en elle-même et la conséquence. La cause de la crise, par exemple, est-ce que c'est votre manque de sommeil ? Vous avez eu des imprévus qui vous ont secoué, vous êtes anxieux, vous avez faim, il y a des gens qui sont insupportables quand ils entendent. Il y a une perte de routine, vous n'êtes pas chez vous, ou vous avez des gens chez vous, il y a eu un changement au travail, un changement d'horaire, vous avez changé de lieu justement, changement de statut professionnel, social, est-ce que vous avez des soucis économiques, du stress pour votre santé, des problèmes de santé, saturation cognitive, saturation émotionnelle, sensorielle. Est-ce que vous vous ennuyez mentalement ? Pour les personnages PI et TDAH, par exemple, ça impacte vraiment. Est-ce que vous avez vos règles et vous avez un trouble dysphorique prémenstruel, etc. ? Parlons maintenant des déclencheurs de cette réaction si forte de l'un des partenaires. Ça peut être dispute, peur de l'abandon ou de la rupture, là aussi une anxiété dévorante, rumination, humiliation. l'arrivée des voisins à l'improviste. En fait, cause et déclencheur ne sont pas toujours faciles à identifier et à déterminer qui est quoi. Je dirais que la cause, elle est plutôt sous-jacente et elle ne va pas forcément déclencher une situation de crise. La cause, c'est l'allumette éteinte en fait. Elle peut brûler si on la frotte. Le déclencheur, ça va être l'étincelle, le frottement, le truc de trop. Le contact de trop qui fait que ça s'allume. Et on est fait en matériaux inflammables, donc avoir une allumette sur soi, c'est risqué. Comme manquer de sommeil, faire un voyage quand on est anxieux, ou qu'on est en période de fragilité hormonale, ou de douleur chronique, etc. En trois arrive la crise, le problème. Et ça, ça va être l'explosion qui peut être verbale et émotionnelle, ou alors le retrait complet de la relation et l'enfermement. dans une forme de shutdown, parfois la dépression, se faire du mal pour certains. Et ensuite en quatre, les conséquences. Un stress encore plus intense, de la honte souvent d'avoir réagi aussi fort que ce soit dans l'explosion ou l'implosion, la perte de confiance en soi, la perte de confiance en l'autre, la rupture parfois. À présent, voyons comment on peut essayer d'agir avec ces quatre éléments. Quel est notre marge d'action sur nous ? quand on sait qu'on va parfois avoir des réactions externes qui peuvent être très fortes ou à l'inverse, un besoin de retrait et d'évitement très fort. En 1, donc, par rapport à la cause, on va déjà essayer, et ce n'est pas une injonction, mais c'est bien un conseil. Des injonctions, on en a déjà assez. C'est un conseil avec lequel on fait ce qu'on peut. On va essayer, dans la mesure du possible, de gérer notre stress, notre qualité de sommeil. nos potentiels problèmes physiques, notre anxiété. Essayer de tenir compte du fait qu'on est encore plus fragile dans telle ou telle situation de stress, situation physique, hormonale, en période de perte de soutien, d'isolement, de solitude, de changement. Bref, là, il s'agit de se connaître et de savoir à quel moment on va être plus fragile, en fait, plus facilement. embrasable. En 2 et 3, une fois qu'il y a eu un déclencheur, que l'allumette s'est embrasée et qu'on est en pleine crise, globalement, là, il n'y a pas grand chose à faire sur le moment. Sinon, évitez la violence sur soi et sur les autres. Donc, protégez. Avec du recul, si vous êtes concerné, vous pouvez apprendre à vous connaître et sentir que vous allez partir en crise et simplement vous dire, ok, là, je pars en live. Donc, mes pensées, mes réactions ne vont pas être rationnelles. c'est avoir une forme de recul. et aussi d'autocompassion qui fait que vous allez soit vous éloigner et essayer de gérer seul pour ne pas laisser des paroles. qui vous dépasse sortir de votre bouche, soit que c'est aussi parfois votre partenaire qui vous connaît bien et qui sait ce qu'il doit faire dans ces moments-là. Ça peut être se taire, pour ne pas vous alimenter verbalement, ne pas alimenter votre stress. Ça peut être au contraire vous dire qu'il pense que vous êtes parti, que vous allez ou que vous êtes parti en live, qu'il comprend, qu'il en parlerait volontiers, qu'il en parlera d'ailleurs volontiers au calme une fois la crise passée. Pour certaines personnes autistes, être prise dans les bras fortement par quelqu'un qui les aime et en qui elles ont confiance, ça va profondément les aider. et les calmer. Alors que pour d'autres, au contraire, il faut absolument éviter tout contact physique et encore plus dans ces moments-là. Mais ça, ça se travaille en amont. Ou après la crise, au calme, jamais pendant. Pendant, chacun fait ce qu'il peut pour éviter de blesser l'autre trop gravement dans tous les sens du terme. En amont aussi, certains peuvent mettre en place un code. Par exemple, se parler par écrit. par SMS ou en langage des signes. Et oui, ça peut sacrément aider parce que la personne autiste qui est partie en live ne pourra pas nécessairement exprimer sur le moment ce dont elle a besoin, qui peut être « reste près de moi » en silence ou qui peut être « va-t'en, laisse-moi seule » , « parle-moi » , « occupe-moi l'esprit » , « dis-moi n'importe quoi » ou au contraire « aucun bruit, ni bruit de bouche, ni bruit de vêtement, ne me touche pas, prends-moi dans tes bras, fais-moi un thé, passe-moi une boîte de chocolat » . Ça peut être très différent. Et quand je vous parle de langage des signes, apprendre simplement quelques signes de base, ça peut être super intéressant en famille pour gérer des choses comme ça. Et enfin, en 4, une fois la crise un peu calmée, vous allez pouvoir, si vous êtes cette personne, déjà pratiquer sur vous-même l'autocompassion. Ne pas vous détester pour avoir encore une fois pété un câble ou vous êtes encore une fois... mûrer dans le silence et barrer. Et puis, vous allez pouvoir plus tard essayer d'expliquer votre condition, vos réactions, votre fonctionnement à votre partenaire. Expliquer l'enchaînement, les causes que vous avez identifiées. Et voilà que je rajoute un cinquième point. Donc, ce sont quelques propositions de pistes à mettre en place pour, petit à petit, travailler sur vous et pouvoir mieux gérer Tout ça. Ces cinq pistes, ce sont les émotions, le groupe de pairs, les professionnels, la psychoéducation et l'autocompassion. Il y en a évidemment plein d'autres. Et encore une fois, vous faites ce qui va bien pour vous sans vous stresser plus. Vous rajoutez encore de la pression cognitive, émotionnelle, sociale et sensorielle. C'est bon, on en a tous assez là. Pas d'injonction encore une fois. Ce sont que des propositions. Alors, en 1, les émotions. Avoir un espace et un temps, espace-temps, donc lieu et moment, pour exprimer vos émotions, idéalement avant de les cracher à la figure de votre conjoint. J'ai testé pour vous, je ne recommande pas globalement cette méthode, en général très peu appréciée par le conjoint en face. Donc cet espace-temps pour exprimer vos émotions, ça peut être plutôt pour certains par l'écriture. Là aussi, j'ai testé pour vous, et parfois, ça donne naissance à des bouquins ou des podcasts en plus. Pour certains, ça va être l'art, la musique, le chant, le sport, couper du bois, avec prudence. Pas la voisine qui s'appelle Prudence, mais Prudence la vertu. Bon, j'arrête avec mes jeux de mots à deux balles. Faire du théâtre, danser, parler avec vos pairs, P-A-I-R-S. Même si vos papas vous écoutent et comprennent, ça peut être aussi vachement bien de parler avec eux. Tout ça dans l'idée d'avoir un espace-temps pour exprimer vos émotions. D'autres préfèrent le sac de boxe dans le garage pour taper dessus, ça va aussi. En deux, les groupes de paroles, donc les groupes de paires, toujours P-A-I-R-S. C'est un peu ce qu'on fait avec ce podcast et avec vos commentaires. disons que se comprendre mutuellement, mais par contre, ce n'est pas un groupe de paroles. L'idée de l'un comme de l'autre, c'est de se sentir moins seul dans ses expériences, validé et reconnu dans ce qu'on vit. Mais il y a aussi la dimension de décodage, de tentative d'explication. Et dans un groupe de paroles, vous allez pouvoir échanger, écouter, partager. Et ça, ça aide énormément, de faire cette expérience qu'on n'est pas du tout seul dans ce qu'on vit. Pour trouver un groupe de parole proche de chez vous, vous pouvez vous renseigner dans les associations. Et si vous ne connaissez pas d'association TSA dans votre coin, vous pouvez aussi demander au CRA, le centre ressources autisme de votre région. Sur Facebook aussi, il y a des super groupes de personnes autistes. Il y a le site Atypiku qui est pas mal et plein d'autres pistes encore. Si vous en avez, partagez-les en commentaire. Être accompagné en trois, et en fait il n'y a pas d'ordre, c'est juste pour que vous vous situiez dans ce que je dis, vu que c'est de l'oral. Donc être accompagné avec un professionnel de santé, un psychologue qui connaît le TSA, qui connaît bien le TDAH, le HPI et tous ces trucs-là si vous êtes concerné. C'est précieux. En quatre, la psychoéducation. Alors c'est quoi la psychoéducation ? Selon la définition du Centre Ressources et Réhabilitation, C'est un processus permettant à une personne d'acquérir des informations et une compréhension sur la maladie ou les troubles qu'il a, à travers un apprentissage susceptible de modifier certains comportements et ou représentations. Dans le détail, déconstruire les idées préconçues sur ce qu'on a, connaître les comportements contre-productifs, ce qui peut nous desservir, aggraver les symptômes, mieux comprendre les conséquences de ce qu'on a sur notre quotidien. Appréhender évidemment ce que signifient les diagnostics, le ou les diagnostics. La psychoéducation, ça permet aussi de comprendre comment ça se développe, si c'est le cas, d'où ça vient, pourquoi on a ces symptômes-là. S'il y a des traitements, dans le cas de l'autisme, non. Pour d'autres troubles, oui. Et c'est destiné, la psychoéducation, à la personne concernée, mais aussi à ses proches. Et enfin, le dernier point, en cinq et pas des moindres, soyez doux avec vous-même. L'autocompassion, ce n'est pas une option. Se remettre en question et essayer de s'améliorer ou de s'adapter, c'est OK. Et c'est bien et c'est important. Mais la plupart des personnes avec TSA que je connais sont quand même sacrément exigeantes et dures avec elles-mêmes. Et à un moment donné, il faudrait arrêter de s'en vouloir autant et accepter qu'on fait tous des erreurs, des débordements, des excès. que la perfection n'est pas de ce monde, qu'on est humain. Un pas après l'autre, parfois on recule, on avance, mais on est juste humain. On termine cet épisode avec un chapitre que j'ai appelé « Faits, croyances et émotions lors des crises » . C'est un élément qui me semble très pertinent pour aider à comprendre ce qui se passe durant les crises conjugales, les faits, les croyances et les émotions. Les faits, ce sont les faits. votre partenaire de vie ne vous a pas embrassé en rentrant du boulot, c'est un fait. Les croyances, dans ce cas-là, vous croyez qu'il l'a fait parce qu'il vous en veut pour l'autre jour, ou parce qu'il ne vous aime plus et qu'il va vous quitter, ou parce que vous n'êtes pas pomponné et que le ménage n'est pas fait. Ça, ce sont vos pensées, ce sont vos croyances, vos interprétations. Et enfin, vous vous sentez nul, pas à la hauteur, indigne d'être aimé, ce sont vos émotions, votre ressenti. par rapport au fait qu'en rentrant, il ne vous a pas embrassé comme d'habitude. Un autre exemple, c'est vous qui rentrez, votre partenaire est super stressé, crie sur les enfants, ça c'est un fait. Elle doit être en rogne parce que vous travaillez beaucoup, vous n'êtes pas assez présent pour elle, vous n'arrivez pas à répondre à ses attentes émotionnelles. À ce stade, c'est votre interprétation, votre croyance et vos pensées. Vous vous sentez incapable de la rendre heureuse, coupable de son stress, et un bien piètre conjoint. On arrive à vos émotions et votre ressenti. Les faits, c'est extérieur à nous. Dans les deux exemples, l'absence de bisous et les cris de madame, ce sont des choses qui sont liées à l'autre. Les croyances, interprétations, n'ont rien à voir avec l'autre. Ça, ce sont nos pensées propres. Enfin, nos émotions, notre ressenti, c'est la résultante des faits qui sont passés au filtre de nos biais, de nos croyances, de nos certitudes, de nos jugements. Nos émotions, c'est une réaction à la fois physique et chimique au niveau du cerveau à quelque chose qui vient de l'extérieur et largement mélangée à nos croyances, alimentée par nos certitudes. Et là, ça devient des émotions, des ressentis. Et entre parenthèses, ça explique en partie pourquoi c'est quand même sacrément risqué de tirer des conclusions et de prendre des décisions sur les émotions. C'est préférable de pouvoir rembobiner en arrière, revenir à nos croyances et pourquoi on croit qu'il nous aime plus ou qu'elle nous en veut, et rembobiner encore pour arriver au fait. Dans ces deux exemples, les fêtes... Ça pourrait être tout à fait autre chose. Par exemple, en rentrant du boulot, il a eu une journée de dingue, il a assisté à une agression dans le tram, il n'a pas rappelé son père qui est souffrant, il a envie d'aller aux toilettes, il vous aime de tout son cœur. Mais là, c'était juste une grosse, non pas giornata comme on dit en italien, mais giornata, ça sonne mieux en italien qu'en français, non ? Bon, une journée de merde quoi. Dans l'autre exemple, madame a eu la voisine grincheuse qui lui a volé 45 minutes pour se plaindre de tout le monde. Elle a dû repartir à l'école chercher le petit qui depuis a vomi partout dans l'appartement. Et le poulet de la semaine a brûlé dans le four. Donc elle aussi, sa journée était vachement pourrie. Dans les deux cas, votre conjoint est à cran et ça n'a rien à voir avec vous. Ce sont des faits. En réalité, nos émotions... Enfin, en réalité, non, mais imaginons que nos émotions sont comme des muscles. S'ils sont raides, dès qu'on va les solliciter fort, ils peuvent être lésés. Et une tendinite ou une déchirure, ça fait particulièrement mal, là aussi j'ai testé pour vous. Ça va handicaper notre quotidien, impacter notre partenaire et mettre du temps à guérir. Alors ce qu'on va faire, c'est essayer de les faire travailler en douceur, ces muscles, les entraîner, pour qu'ils soient plus souples, plus habitués à être sollicités, qu'ils aient une plus grande tolérance. Et si nos muscles ont une plus grande tolérance et souplesse, on va pouvoir diminuer la souffrance, la détresse, voire les éviter. Si nos émotions ont une plus grande tolérance et qu'on a une plus grande souplesse émotionnelle, on va pouvoir diminuer la souffrance, la détresse intérieure. Parce qu'à force, le muscle va avoir plus de facilité et moins de risque d'être lésé. Et donc petit à petit, mieux se connaître, ça va permettre. de moins exploser. Par rapport à ces trois points, les faits, les croyances et les émotions, on va les gérer différemment. Les faits, ça se gère plus tard, au calme. On pourra en reparler. C'est cognitif, c'est factuel, c'est réel, un fait, ça s'explique. Les croyances, les interprétations, à charge pour chacun de comprendre les siennes, d'où elles viennent, les décoder et de voir combien elles peuvent nous biaiser et nous faire partir en live. Et enfin les émotions. On n'est pas responsable des émotions qu'on a, mais on est responsable en bonne partie de ce qu'on en fait, des émotions qu'on a. C'est ça la nuance. Donc quand l'émotion est là, c'est ok, elle est là. À charge pour nous de ne pas la laisser nous faire du mal ou faire du mal à l'autre. D'où l'intérêt pour la gérer des cinq points évoqués tout à l'heure, exprimer ses émotions, de préférence sans les cracher à la face de l'autre, plutôt via le sport, l'art, etc. Parler avec ses pairs, être accompagné par un professionnel, faire de la psychoéducation pour se comprendre, comprendre comment on fonctionne, et enfin l'autocompassion. Ces conseils sont d'abord valables pour nous, enfin pour soi, je veux dire, mais vous aussi, avec ces conseils, vous allez pouvoir mieux identifier, comprendre, accepter ce qui se passe chez votre conjoint. En fait, l'idée, c'est qu'on fasse avec soi-même de la métacognition, comme c'est si bien répété dans l'excellent podcast Méta de Choc, pourquoi on pense ce qu'on pense. Et la métacognition, ça passe notamment par la psychoéducation, comprendre nos mécanismes psychologiques. Et ça va aussi nous permettre de décoder ce qui peut se passer chez l'autre, chez notre conjoint autiste, si c'est lui la typique du couple, ou chez les deux. si on est les deux atypiques. Parce que, et vous le savez si vous suivez ce podcast, décoder en soi ce qui se passe et décoder un monde pour l'autre, comprendre que la personne TSA a un fonctionnement différent, ça va sacrément aider à désamorcer des situations potentiellement, ou carrément même, explosives, et donc diminuer la violence de la vie et du quotidien, ce qui est quand même vachement chouette. Et à ce stade, je fais un clin d'œil et une dédicace à Reynald. qui m'a dit qu'à force de m'écouter, il emploie plus souvent le mot chouette dans son quotidien, et bien c'est hibou. Pardon, elle était vraiment nulle celle-là. Bon allez, je m'arrête. Je clôt cette partie en disant en toute honnêteté que notre conjoint n'est pas toujours prêt à entendre et accepter notre fonctionnement, à vivre avec nos difficultés. C'est pas parce qu'on a reçu un diagnostic qu'on a compris comment on fonctionne, qu'on est parvenu à le lui expliquer. que le partenaire va être ok avec ça. L'autre a son propre chemin, il a aussi son propre fonctionnement, ses propres blessures, ses propres limites, ses questionnements. Bref, l'autre est une entité à part entière, une entité humaine comme nous. Donc à un moment donné, l'autre a aussi le droit de s'écarter ou de dire stop et de s'en aller. Une relation de couple se fait avec deux personnes consentantes. Je fais aussi une... Une parenthèse, si vous avez écouté l'épisode précédent, j'y parle d'un concept que j'appelle l'Himalaya. Le fait de faire plein de faux départs, d'arriver parfois à avancer un peu plus avant de devoir abandonner, pour y revenir. Eh bien, il me semble que chez certaines personnes TSA, c'est aussi le cas, y compris en couple. On essaye, ça marche un moment et ça casse, parce que l'un ou l'autre a besoin de répit, de se construire, de restaurer quelque chose. Parfois, il faut renoncer. Et parfois, on retente et ça marche. C'est pas une science exacte et chaque histoire est unique. Voilà, j'arrête là pour aujourd'hui. C'était le premier d'une série autour du couple. Et ça commence bien parce que je vais déjà interrompre cette série et garder le suspense pour vous parler d'un 15 jours, d'un autre thème, mais finalement pas si éloigné du couple, qui est la critique. On n'est pas tous égaux. certains s'en amusent et s'en fichent, d'autres en foncent sans rendre compte, tandis que dans le troisième groupe, ce troisième groupe, lui, il en est très affecté et blessé. Mais qu'est-ce qui pourrait expliquer ça ? Eh bien, on essaiera de détailler tout ça. En attendant, lancez vos likes et vos messages en commentaire, et on continue à échanger. À bientôt !