Speaker #0David est colère, il hurle en classe, il tape des points sur la table, il est fou de rage, c'est manifeste. Il balance des chaises, la plupart des camarades s'écartent, certains essayent de le raisonner. L'enseignante envoie un élève chercher la directrice qui, elle, est déjà en train d'accourir vu le tapage. La directrice dit à la mère de David d'appeler la police. Virginie, c'est la secrétaire dans cette école primaire et c'est aussi la maman de David. C'est la deuxième fois qu'elle appelle la police pour son propre fils qui pète un câble à l'école. Son cœur de mère saigne. L'ex de Virginie est le papa de David. Il est alcoolique et il peut être violent. Ça y est, Virginie se dit que son fils suit le même chemin. Ça fait six mois que Rachel est arrivée dans ce village, depuis l'étranger, avec ses deux enfants. Virginie et Rachel se sont assez vite liées. Autant toutes les deux détestent papoter entre maman devant l'école ou au parc, autant elles apprécient de prendre un café ensemble. En général, c'est chez Virginie, parce que c'est plus grand, c'est plus joli. Et puis Virginie n'aime pas trop sortir de chez elle. De toute façon, Rachel a l'impression de vivre chez ses voisins tellement les cloisons sont fines. Elle est énervée dès qu'elle rentre chez elle tellement elle se sent mal à l'aise dans cette construction. Alors les pauses café chez Virginie, ça fait du bien. Et puis, leurs enfants ont 11 ans. Et cette espèce de norme sociale qui consiste à papoter avec les autres mamans au parc, eh bien, ça y est, elles peuvent s'en affranchir, y échapper complètement, sans passer pour les sauvages du coin. Bonjour, je suis Maya, ou Yaël dans le civil, père aidante familiale en santé mentale et trouble du neurodéveloppement en libéral. Aussi, cette année étudiante en psychoéducation, ancienne chef d'entreprise, je suis concernée par l'ITND, en particulier l'autisme, dans toute ma famille. Et dans ce podcast au titre taquin, j'essaie de décoder le monde de l'autisme sans déficience intellectuelle pour les non-autistes et réciproquement. Parce qu'avec quelques clés de lecture, on se comprend mieux soi-même et les autres. Et dans l'idéal, on morfle moins. Et ça, que les gens morflent moins, ça m'intéresse beaucoup. Ce qui a frappé Rachel en arrivant dans ce village et dans cette école depuis l'étranger deux ans plus tôt, c'est qu'il y a autant de papas que de mamans devant les établissements scolaires et aux réunions. Et aussi que les enfants disent bonjour aux adultes en souriant. Waouh, la bouffée d'air ! David passe devant la maison de Rachel pour aller à l'école. Assez rapidement, il s'est arrêté pour sonner et demander si Lucie veut venir. Pas d'amourette ou de trucs du genre, David a juste repéré que la timide blondinette étrangère, elle est bien seule, qu'elle est arrivée sans parler un mot de la langue locale. Enfin, si, les jours, les saisons, savoir dire mon papa, ma maman, mon frère, mon oncle, mais bon, pour s'intégrer, c'est quand même limité comme vocabulaire. Rachel perçoit très vite David comme un bon gosse, un gamin sympa. Il a aussi une forme de leadership qui fait de lui une sorte de leader positif. Presque toutes les filles sont pas moison devant lui et les garçons sont ses potes. David, il n'aime pas qu'on maltraite les plus vulnérables. Il est cool, toujours soutenu et suivi par ses copains, et attentif à ceux qui souffrent. Bref, Rachel a classé David dans le camp des braves gosses assez rapidement. Réciprocité des formes ou pas, Virginie, la secrétaire et maman de David, a tout de suite apprécié Lucie. Douce, très intelligente, discrète. timide. Lucie a régulièrement des maux de ventre et des douleurs assez handicapantes. Alors elle va se réfugier auprès de Virginie en attendant que les enseignants ou la directrice acceptent, enfin, qu'on appelle sa maman pour la prévenir. Parfois, Virginie passe en douce un appel à Rachel pour la prévenir que Lucie ne va pas fort. Virginie raconte à Rachel, « David, oui, c'est un bon garçon, mais tu sais, parfois il pète un câble, il casse des trucs, il tape jamais, non, mais... » Non, il ne s'est jamais battu. Par contre, il peut avoir les poings en sang parce qu'il a tapé contre un mur. Il a la rage, mon gamin, et ça m'effraie. Son père est violent et alcoolique, tu comprends ? Oui, Rachel comprend. Très bien même. Mais Rachel ne voit pas David de la même manière. Et ce que Rachel voit, c'est aussi Karen, la directrice. Karen a un pouvoir sur les élèves, sur les parents. Et Karen aime son pouvoir. Karen déteste qu'on conteste son pouvoir et Karen ne supporte pas David. Tiens, c'est marrant. David, il est assez réactif devant les gens qui abusent de leur pouvoir. David et Karen, ça fight fort, ça clash souvent. Bref, David a une forte tête et Karen se sent en danger devant les fortes têtes. Alors Karen dit que David a des troubles du comportement grave et qu'il faut appeler la police. Karen met la pression sur Virginie. Virginie, entre la génétique de son fils, les injonctions normées de la société pour que les élèves soient bien calmes et consentent à tout, et le seul son de cloche très insistant, ce son de cloche de Karen qui lui parle de troubles du comportement, Virginie s'exécute la mort dans l'âme et persuadée. comme les autres, que c'est la seule chose à faire, appeler la police et aller dans le sens d'un contrôle social de son fils. Rachel, elle a un avantage de taille dans ce jeu. Elle est nouvelle. Elle n'a pas de passif avec ces gens. Elle n'a pas d'intérêt dans la mini société villageoise locale. Alors Rachel s'étonne. Elle dit qu'elle ne comprend pas. Oui, oui, elle a bien vu le potentiel de colère de David. Oui, oui, forte tête et sacré caractère, c'est clair. Mais juste une question, quand il pète un câble, c'est pour quoi ? Il s'est passé quoi avant ? Alors Virginie raconte les injustices, réelles ou perçues. Rachel s'étonne encore plus. Mais bon sang, c'est normal et c'est sain de se mettre en colère quand il y a des injustices envers soi ou l'autre. Il est où le problème ? Il balance des tables ? Bah ouais, il a 11 ans et c'est son mode d'expression de la colère. Quand il arrive à verbaliser sa colère et qu'elle n'est pas entendue par des mots, il ne se régule pas encore. Le problème ? Est-ce que vraiment c'est lui ? Ou est-ce que c'est l'environnement, les injustices ? Dans cette école, on met en avant les élèves extravertis, qui s'éclatent en bande, qui aiment faire les andouilles sur scène. Alors, quand Lucie fuit le contact physique, qu'elle a des maux de ventre à cause du bruit, qu'elle est très affectée par les imprévus, Lucie clairement emmerde les profs, qui lui disent de faire des efforts. Et quand Rachel parle de suspicion d'autisme et explique que Lucie décompense à la maison. Que tous les efforts qu'elle fait en classe lui coûtent sa santé, son sommeil. Karen et Cunégonde répondent « ici tout va bien » . Il s'agit donc de problèmes familiaux qui causent tout cela à Lucie, puisque à l'école, il n'y a aucun problème. Et oui, Cunégonde, nouveau personnage dans l'histoire, c'est la seconde enseignante de Lucie. L'année, la seconde année après l'arrivée. Cunégonde et Karen sont comme cul et chemise. Entre nous, je n'ai jamais compris cette expression. Si vous n'en plus, en gros, si. Si au final, j'ai bien compris, ça semble vouloir dire que l'un va avec l'autre. Sauf que cul et chemise, je trouve ça illogique, à part dans un contexte d'absence de papier toilette. Bon. Et dans le tableau, il y a aussi Britney, la prof d'anglais. Britney humilie Lucille devant toute la classe en refusant de lui donner l'examen à faire. En disant tout haut. Oh, de toute façon, vu le nombre de tes absences pour tes prétendus mots de vente, ça ne sert à rien que tu fasses l'examen. Tu n'auras jamais la moyenne. Cunégonde et Karen expliquaient à Rachel que Lucie n'est certainement pas autiste. Elles, elles savent ce que c'est que l'autisme. Elles ont deux garçons autistes dans leur école. Cunégonde et Karen disent que vraiment, il va falloir faire des efforts supplémentaires. Les élèves stigmatisent Lucie, en particulier Marie-Estelle Charlotte, la fille de Karen. Sinon c'est pas drôle. Qui est dans la même classe que David et Lucie. Sinon c'est pas drôle. Et puis, le diagnostic d'autisme tombe. Rachel a l'élégance de ne pas jouer au « c'est pas comme si je vous avais dit, bande de patates autosuffisantes et mal cuites » . Mais Rachel, des années après, se demande si elle n'aurait pas dû leur balancer cette formule. Bon, en même temps, Rachel travaille sur l'assertivité et l'affirmation de soi dans le respect de l'autre, alors ça aurait peut-être fait tâche ou mauvais genre. Puis Rachel, elle prône plutôt un militantisme de petits pas et constructif. Tout en est eu. Très sincèrement, souvent, le point qu'il a démangé. Mais ça, c'est juste entre nous. Lucie subira bien d'autres maltraitances dans cette école primaire. Et sa mère en réalisera l'ampleur, au-delà des nombreux troubles somatiques de Lucie, par David. Parce que David a la rage. David ne supporte pas la façon dont on traite Lucie. Et le dit à sa mère quand elle prend un café avec Rachel. Rachel tombe des nues. David raconte... Qu'une fois de plus, une fois de trop, qu'une égonde, dans une sorte de culpabilisation de la classe sous une couche mielleuse de condescendance, explique aux élèves qu'en fait, Lucie, vous comprenez, est autiste et il va falloir être bien gentil avec elle. David se lève, il explose. Le choc du poing sur la table aussi expressif que le ton glacial de sa voix qui pourtant n'a pas encore mué. « Tu nous dis d'être gentil avec elle, mais toi, t'es une sorcière avec elle ! Commence par changer toi ! » Et après, tu pourras nous dire comment nous, on doit la traiter. Sorcière ! Comment vous dire ? Cunégonde n'a pas aimé. Karen a plaidé l'outrage à professeur. Lucie a expérimenté que quelqu'un l'avait comprise et lui voulait du bien. Rachel, d'abord, s'est effondrée en apprenant le niveau d'humiliation et de violence dont souffrait sa fille. Et puis elle a offert un énorme ballon de foot en chocolat à David pour le remercier. Ensuite, elle a contacté l'inspection scolaire pour les annoncer qu'elle retirait sa fille de l'école. Elle s'est tenue à la disposition. Elle a été convoquée. Bon, vous imaginez bien qu'il y a eu d'autres éléments, ça c'est un résumé. Virginie, elle était fière de son fils. Et à propos de David, justement, ici, je vais vous faire une petite parenthèse en paraphrasant le docteur Igor Thiriez, psychiatre. L'article complet, excellent article, est en lien plutôt avec le travail. Donc là, je paraphrase et je vous mets la description, je vous mets l'article en description. Trois points. L'élève. Épuisé par un environnement scolaire toxique est invité à travailler sa gestion du stress, sa tolérance émotionnelle ou sa flexibilité cognitive. Épuisé par un environnement scolaire toxique, l'élève soumis à des injonctions contradictoires permanentes apprend à mieux encaisser, à ruminer moins, à prendre du recul. La colère face à une injustice est abordée avant tout comme un problème de régulation émotionnelle. Plus rarement, comme une réaction légitime à un conflit réel. Alors David, c'est un problème de comportement ? Ou une réaction saine à un environnement pourri ? Virginie et Rachel sont restées liées. Virginie a posé un regard différent sur son fils. David est sa colère. David est colère. David est en réaction devant un système pourri. David est profondément humain. Rachel a donc été convoquée par l'inspection d'éducation nationale. en présence de la psychologue scolaire. Elle s'est expliquée durant 45 minutes. On ne l'a pas interrompue. A l'issue, on lui a dit « c'est bon pour nous, merci madame » . Elle a changé son cadet d'école. Et elle a appris, par le directeur de la nouvelle école, que Karen s'est faite bien comme il faut taper sur les doigts par l'inspection. Qu'une élève autiste, qui finit son primaire, doivent quitter l'école, c'est pas normal. Et non, Karen, c'était pas un problème familial. C'était bien un problème d'école. Tant qu'Aren a eu sa vengeance. Dans ce pays, quand on passe du primaire au second degré, le directeur ou la directrice du premier fait une présentation de l'élève au directeur du second degré. Et Karen s'est lâchée. Rachel l'a appris trois ans plus tard. Rachel a dû lutter pendant trois ans contre un ennemi invisible puisqu'elle ignorait à quel point sa famille et sa fille avaient été saquées et dépeintes comme problématiques. Et puis Rachel s'est formée et informée, et a compris aussi deux-trois choses sur le fonctionnement de Karen. Avant la conclusion, et peut-être l'épilogue si vous restez jusqu'à la fin, je vais vous donner deux infos. Je mets en place des ateliers d'assertivité pour expérimenter, en petits groupes sécures, comment poser ses limites, comment dire non, faire une demande, en étant respecté, en se respectant, et en respectant l'autre. Et aussi, tant qu'à faire, et on le voit bien avec cette anecdote, cette histoire d'aujourd'hui, pour faire la différence entre un désaccord, un conflit, un abus, une violence, la coercition, et comment réagir. La deuxième info, c'est qu'au bout de deux ans de podcast, ça y est, j'ai fait le pas, j'ai ouvert un compte Tipeee. En fait, je vous explique. Mon temps de travail est distribué entre ce podcast je mets entre 7h et 20h de travail par épisode et là avec le niveau de travail que j'ai vous allez voir les différents projets et les études on va rentrer dans une période où le deuxième samedi du mois ce sera plutôt des rediffusions surtout qu'en termes de travail je suis sur des gros sujets y compris sur le podcast donc voilà mon temps est distribué entre ce podcast, entre mes accompagnements en santé mentale que je propose également à demi-tarif Je vous en reparle juste après. Je donne pas mal de temps à la formation et à la supervision, et la mise en œuvre de programmes de psychoéducation et de réhabilitation sur lesquels je travaille en équipe. Sujet passionnant. Je donne aussi beaucoup de temps à la présidence bénévole d'une association de soutien aux parents d'autistes avec HPI, les PBZ. Et puis sur des projets ponctuels bénévoles comme le groupe de travail suisse. On travaille sur l'adaptation du plan de crise conjoint à l'autisme. Il y a aussi la communauté de pratique des pères aidants familiaux professionnels et l'écriture de livres, ça j'en avais déjà un petit peu parlé. Par conséquent, pour continuer à pouvoir proposer des séances à demi-prix et aussi... Parce qu'on me l'a suggéré quelques fois, j'ai finalement fait le pas du financement participatif auquel vous pouvez contribuer si vous le souhaitez, sans aucune pression ni aucune obligation, bien entendu. Donc, si vous voulez, vous pouvez aller chercher le lien en description. Et puis, vous le savez, parce que vous êtes consommateur de podcast, que ce qui aide les créateurs, ce qui est super précieux, ce sont évidemment vos étoiles, vos avis, vos commentaires, vos partenaires. sans compter que, comme beaucoup de créateurs de contenu, ça me fait super plaisir. Je me régale de vous lire et d'échanger avec vous. Alors maintenant la conclusion. La conclusion de cette histoire, vous l'avez compris, c'est une histoire vraie. Et c'est surtout celle aujourd'hui de David et celle d'une dysrégulation émotionnelle. David, en résumé, il disait bonjour en souriant. Il se préoccupait de venir chercher Lucie en passant devant la maison le matin. Il est attentif aux autres, un leader positif, qui relatait à sa mère les mauvais traitements que subissait Lucie à l'école. Maltraitée lui-même par cette école, pour qui l'explication était simple, père alcoolique, donc le gosse reproduit la violence, donc il faut le cadrer. Une directrice narcissique, on veut transformer David, obliger David à plier devant elle, au lieu de voir que le système est merdique et qu'il y a certaines personnes problématiques. Et David ? Il a raison d'être en colère. On veut nous apprendre à contrôler la colère au lieu d'écouter ce qu'elle nous dit, cette colère. Là, c'est le moment idoine pour vous annoncer une troisième chose, un truc qu'on m'a glissé dans l'oreille et qui me réjouit beaucoup, beaucoup. Un bouquin est en cours d'écriture. L'auteur est docteur en neuropsychologie clinicienne depuis 15 ans. Elle est très informée sur l'autisme, y compris sur les profils avec haute capacité intellectuelle, avec TDAH, avec troubles anxieux. Elle connaît très bien le stress post-traumatique complexe dans l'autisme. Et cette excellente professionnelle est en train d'écrire un livre sur la dysrégulation émotionnelle, la dysrégulation émotionnelle transdiagnostique, qui peut se retrouver dans plein de diagnostics différents. Soutenir sans chercher à corriger, comprendre sans pathologiser. Et là, petit spoiler juste pour vous. J'ai la grande joie et l'immense honneur parce qu'elle m'a demandé de préfacer ce livre. Vous imaginez bien que j'ai accepté avec beaucoup d'émotion. Alors, pour en revenir à ma conclusion et à cette histoire, ce que j'avais envie de vous partager, c'est que la colère, c'est souvent, et en particulier chez les personnes autistes, avec ou sans TDAH, ou le TDAH tout seul, c'est souvent l'expression d'une limite qui a été dépassée, l'expression d'un inconfort, d'une crise, d'une surcharge. d'un changement nécessaire, d'une adaptation nécessaire. La colère est rarement une maladie brute à traiter en tant que telle. Et la colère, c'est aussi une énergie. On n'est pas responsable de ses émotions et de la colère qu'on ressent, mais on est responsable de ce qu'on en fait. Et cette énergie, cette colère, elle peut servir. Elle peut servir à des luttes nécessaires. Elle peut servir à nous donner l'énergie pour provoquer les changements qu'il faut, au lieu d'être destructrice. Évidemment, cette colère, il ne faut pas la confondre avec la colère comme outil de domination ou de pouvoir. Par exemple, Trump et Poutine en colère, personnellement, je ne suis pas fan. Y compris dans une cour de récréation ou dans une salle de classe, la colère, quand elle sert à obtenir des autres ce qu'on veut pour soi, par la soumission, la dévotion, la capitulation, ça craint. Des David et des Rachel en colère, ça fait bouger les lignes. Et ça permet de mettre fin à des situations d'injustice. Bizarrement, on met au pouvoir les Donald et les Vladimir et on oriente vers le soin ou la répression, les David, les Rachel, les Lucie, les Virginie. Cherchez l'erreur. Mais au fait, Donald et Vladimir, est-ce que ce sont vraiment des hommes en colère ? Ou des produits du siècle où l'homme prend ce qu'il lui plaît, froidement, se considérant comme sujet, tandis que les autres sont objet ? Bon, c'est un autre débat, on ne va pas se lancer là-dedans. Ce que je veux dire, c'est que la colère, ce n'est pas forcément en soi un problème à traiter. Il y a des belles personnes et il y a des belles colères. Justement comme le détaillera cette neuropsychologue dans son livre à paraître. Je vous en dirai plus, bien sûr, pour l'instant. Je vous fais juste un petit peu de teasing. Mais cette colère, il s'agit sur le plan des émotions, de soutenir sans corriger, comprendre sans pathologiser. Et voilà l'épilogue. David a été interdit de voyage de fin d'année à l'issue de cette année scolaire, pour comportement désobéissant, parce qu'il a traité Cunégonde de sorcière. David s'en est remis, et il a trouvé que ça en valait le coup. Même si David, c'est quelqu'un de très social, qui a beaucoup de potes, et qui aurait adoré ce voyage. Peut-être d'ailleurs que ça arrangait, Karen et Cunégonde qui ne viennent pas. Moins de risques qu'on pointe leur autoritarisme. si David n'était pas de la partie, peut-être. Lucie souffre d'une maladie génétique rare et pourtant fréquente chez les autistes, le SED, le syndrome d'Ehlers-Danlos. Lucie avait des douleurs chroniques depuis toute petite qui ont été identifiées au début de l'âge adulte. Après des années et des années où les professionnels lui disaient, ainsi qu'à sa maman, « Fais un effort, arrête d'être aussi pénible, c'est dans ta tête. Un petit peu de relaxation, ça ira mieux. » Vous avez essayé telle nouvelle méthode alternative ? Lucie apprend à vivre avec tout ça, avec une matérité de fou qu'on ne devrait pas avoir à 20 ans, et en cherchant à comprendre et tracer sa propre voix en fonction des réalités qui sont les siennes. Lucie, cette petite fille douce, gentille, créative et intelligente, si elle avait été écoutée plus tôt et moins maltraitée par le système, est-ce qu'elle aurait eu une autre trajectoire ? On ne saura jamais. Rachel, quant à elle, chante à la chorale du village. l'autre village parce que la famille a déménagé rachel à l'automne dernier s'est réinscrite après deux ans d'absence et en arrivant un peu à l'avance elle s'est retrouvée devant karen dix ans plus tard qu'est-ce que karen fout là rachel s'est décomposée et son premier réflexe a été de fuir de s'éloigner le plus possible de la personne qui a fait tant de mal à leur famille et puis rachel est restée les autres corices lui sont tombées dans les bras heureux de la retrouver Rachel est chez elle, dans ce groupe avec les siens. Rachel a chanté et carène ses tenues à carreaux.