Speaker #0Qu'est-ce qu'une relation saine ? Combien de fois vous vous êtes senti bouffé dans une relation ? Des personnes autistes me disent « en fait, je sais pas bien ce que c'est que l'amitié. Alors comment la définir ? Ou comment est-ce que je dois me comporter ? » Déjà, on va dire que l'amitié, c'est pas des relations comme avec Chantal, avec JB de la Comtat, avec Daniel le petit chef ou par Essa. C'est pas non plus avec... belle mamie qui vous impose sa façon de voir les choses et avec qui vous avez le droit de l'ouvrir uniquement si c'est pour valider ses propos et ses jugements et ses certitudes. Si vous ne savez pas de qui je parle, c'est que vous n'avez pas encore écouté le premier épisode de cette série de trois podcasts. Vous le trouverez sur ma chaîne et en lien dans la description. Vous êtes sur Fais un effort, les chroniques du TSA. Je suis Maya. Et avec vous, on essaie de décoder le TSA au quotidien pour les alistes, les personnes non autistes, et réciproquement. Il s'agit de décoder un monde pour l'autre, d'avoir des clés de compréhension du TSA et des codes sociaux non TSA également. Cette chronique, c'est la troisième du triptyque sur le thème « Arrêtez de se faire bouffer quand on est autiste » . Parmi les prochains sujets en préparation, il y a ce que les élèves autistes auraient voulu pouvoir dire à leurs profs, la psychanalyse et l'autisme. le fond ou la forme, le couple TSA, vaste sujet et plein d'autres choses encore. Dans les épisodes précédents, on a vu là où ça pique et ça coince, pour essayer de mieux comprendre pourquoi les personnes TSA se font avoir abusées et se retrouvent parfois dans des situations compliquées au niveau relationnel. Aujourd'hui, on va être enfin, merci d'avoir écouté les deux précédentes, on va être orienté solution, en six chapitres. Qu'est-ce que c'est qu'une relation saine ? Se faire respecter. Pourquoi être autiste peut être un avantage pour ne pas se faire bouffer ? Quelle est la boîte secrète ? En 4, est-ce que c'est de ma faute si je me fais bouffer ? En 5, la réaction de celui qui abuse quand on lui pose des limites. Et enfin, se protéger et avancer. Allez, c'est parti ! Alors, qu'est-ce que c'est qu'une relation saine ? Une relation saine... Ce n'est pas être au service d'une personne qui nous explique combien ses besoins sont prioritaires aux nôtres. Et combien, si on veut avoir un petit peu de son attention et mériter son amitié ou son amour, ou sa reconnaissance professionnelle, on doit répondre à toutes ses attentes. Dans l'amitié, par exemple, il y a du plaisir à être ensemble, et du plaisir à partager des choses qu'on aime tous les deux, à parler, à jouer à un jeu, ou à partager un même intérêt, à se soutenir. Dans l'amitié, comme dans l'amour d'ailleurs, il doit y avoir de la réciprocité. Votre ami utilise ce qu'il connaît de vous pour vous faire du bien et passer des bons moments avec vous. Celui qui se prétend votre ami ou qui prétend vouloir votre bien mais qui se nourrit de vos réactions négatives et de l'attention que vous lui portez et donc qui va utiliser son empathie entre guillemets et ce qu'il connaît de vous pour vous faire réagir, pour vous fâcher, pour vous faire douter. vous faire mouliner, celui-là n'est pas votre ami. Tout ça, ce sont des stratégies de sa part pour que votre énergie, votre temps, soit occupé à lui dédier de l'attention à lui. C'est valable aussi pour les relations avec nos parents, et parfois avec notre partenaire de vie. Et hélas, c'est aussi valable pour les relations avec ses enfants, dans certains cas. À ce titre-là, si vous reconnaissez des traits de personnalité abusifs, parfois on dit tyrannique chez un enfant, ou toujours dans l'opposition ou la provocation. N'hésitez pas à creuser la piste du TOP, le trouble oppositionnel avec provocation. Et mettez en place un accompagnement pour l'enfant et son environnement, dont la famille, mais aussi l'école, sans tarder. Parce que le TOP, ça se prend en charge. La plupart du temps, c'est lié à un TDAH sous-jacent. Et ça vaut vraiment le coup de le prendre en compte. Et de l'accompagner, ça peut vite devenir un enfer, sinon. Je reprends. L'amitié, l'amour, ça rend libre. Je ne dis pas que c'est comme dans les romans. On n'a pas des papillons dans le ventre et des étoiles dans les yeux en permanence. On n'est pas tout le temps super heureux parce qu'on est hyper capable de rendre notre partenaire super heureux aussi. Il peut y avoir des désaccords, il y a des conflits aussi. On n'est pas obligé de penser pareil et de toujours vouloir la même chose. C'est normal que ce ne soit pas le cas. Mais il y a une grande base de respect, de réciprocité, qui fait qu'on recherche le compromis, que chacun respecte l'autre malgré les désaccords et recherche le bien. des deux, le bien-être des deux, pas d'un seul. Et ça, c'est l'inverse d'une relation avec un narciss. Narcisse, lui, il veut avoir du contrôle et du pouvoir sur vous. Il veut que vous soyez dépendants, que vous ayez besoin de lui. Après la phase de séduction, d'empathie, ce qu'est aussi appelé le love-bombing, une phase d'admiration à votre égard, qui font croire à de l'amour, arrive la phase de rejet critique, de reproche. d'accusation. Celle où Narcisse cherche à être le centre de votre attention et de vos pensées parce que il va pas le dire mais il va agir pour montrer qu'il est plus important que vous et que votre vie, vos pensées, vos actions, votre attention doit tourner autour de lui. Ses attentes et ses besoins pour lui sont légitimes. Les vôtres passent après. Et cette personne là, c'est une personne qui se sert de vous, qui abuse. qui vous bouffe de l'énergie. Ça peut être un collègue, c'est parfois un voisin, mais aussi, douloureusement, un membre de sa propre famille. Une relation saine, elle n'est pas faite de remise en cause tout le temps. Il y en a, bien sûr. Et chez les autistes, probablement plus que chez les autres, puisque n'étant pas nés avec le mode d'emploi du code social, les autistes passent leur temps à se demander s'ils ont bien fait ou s'ils ont bien dit ou s'ils ont agi comme ils devaient. Mais même quand on est autiste, on doit pouvoir, et oui ça existe, on doit pouvoir se sentir dans une forme de tranquillité et de sécurité dans la relation. On doit expérimenter et savoir qu'on a le droit de commettre des impairs sans payer un prix exorbitant et un retour de bâton émotionnel ou physique d'ailleurs violent. La relation saine, elle est aussi faite d'acceptation, de dialogue. de haut et de bas, mais vraiment sur fond de respect, d'acceptation et de dialogue. Se dire les choses, c'est normal. Entendre les choses de l'autre aussi. Mais on doit pouvoir se sentir le droit et l'espace d'être soi-même et d'être pleinement accepté comme on est. Chapitre 2, se faire respecter. Quand on se demande si on n'a pas en face de nous une personne qui nous bouffe ou qui abuse, voici huit trucs. pour tester les choses et poser nos limites pour se faire respecter. Revenir au contrat, temporiser, faire préciser, poser nos conditions, avoir des coups d'avance, l'autocompassion, la discrétion et ressentir. Allez, on rentre dans le détail. En 1, revenir au contrat, revenir au factuel, la loi, les faits. Dans la vente de la maison familiale, vos frères et sœurs vous accusent d'être vraiment une vilaine personne. D'ailleurs, tel jour, vous auriez dit ça et c'était dégueulasse de votre part. Tante Edith a été très blessée, vous avez dénaturé le lien de la famille, la famille va exploser à cause de votre égoïsme. Bon, il n'y a rien de concret dans tout ça, vous êtes d'accord ? Alors, on revient au fait, à la loi. La loi qui dit, dans cet exemple-là, que vous êtes propriétaire de 1 huitième de la maison. que vous avez jusqu'à telle date pour céder votre part ou accepter de signer. Vous confirmez à vos accusateurs que vous ferez connaître votre décision au notaire avant telle date. Vous faites un échange de maison, c'est un autre exemple, ou vous louez votre maison pour les vacances du 1er au 15 juillet. La veille du départ, l'autre famille qui vient chez vous vous raconte une histoire abracadabrante et... Vous auriez dit qu'en fait, ils avaient compris que c'était jusqu'au 16, pas jusqu'au 15. Donc, c'est la veille de la fin du séjour. Vous avez déjà les bagages qui sont prêts à charger le lendemain matin, presque tout est nettoyé. Eux, ils vous expliquent qu'ils ne sont pas du tout prêts à partir parce qu'en fait, rappelez-vous, ils vous aviez parlé du 15 au 16 pour la date de départ. Ce n'était pas si clair. Et puis bon, si vraiment vous les mettez dehors, ils vont partir. Ils vont devoir réveiller les enfants à 5h du matin, ça va être violent pour eux. Ils ne sont pas du tout prêts à faire la route parce que le petit a des troubles, il va falloir le prévenir à l'avance. Bon, clairement, on vous raconte toute une histoire, probablement en partie vraie, mais pour obtenir de vous ce qui les arrange eux. Or, que dit le contrat que vous avez fait ensemble sur la plateforme de location ou d'échange ? Soit vous vous êtes trompé et en effet le départ était prévu le 16, donc tant pis pour vous, c'est à vous de vous adapter. Sauf qu'il y a de fortes chances que si c'était le cas, la famille vous l'aurait dit en mode un peu mordant, en disant « vous êtes trompé, c'est pas du tout ça, vous avez vu ? » Et vous l'auriez fermé. Et en fait, là, l'autre famille, elle essaie de jouer sur l'émotionnel, parce que c'est elle qui s'est plantée. Donc, le départ, c'est le 15. C'est convenu comme ça dans le contrat. Et d'ailleurs, vous reprenez le travail le 16. vous voyagez le 15, le 16 vous êtes au boulot, c'est comme ça. Dans ce cas-là, rappelez-vous, revenir au factuel, au fait, au contrat, à la loi, à ce qui a été convenu, quitte à anticiper et tout mettre par écrit dans d'autres situations, y compris avec le prof de musique qui vous donne une date de cours pour finalement se scandaliser auprès de vous, d'oser le déranger tel jour. Confirmez par écrit, ça vous évitera de vous penser fou. et qui vous prennent pour un idiot à moduler en fonction de ses envies à lui, qui un jour vous dit « si, si, si, on fait un cours le 15 août » et qui après vous dit « mais comment, tu te rends compte, j'ai besoin de me reposer, c'est un jour férié, voilà, mettez par écrit, vous ne serez pas pris pour un idiot » et lui devra respecter ses propres propositions et engagements. Le deuxième point, c'est temporiser. Exemple avec la phrase « Ok, je vais réfléchir à ta proposition » ou alors « Je ne peux pas te répondre, mais je vais regarder dans mon planning et je te fais un retour dès que possible » ou encore « Très bien, merci, je vais lire tout ça et je vous ferai connaître ma décision. » La personne qui est dans l'abus ou dans le forcing veut une réponse rapide sur le coup de l'émotionnel et elle pense vous contrôler. Si vous temporisez et vous demandez le temps, vous exigez d'ailleurs, le temps de réfléchir ou de creuser. Là, vous posez une limite. Et vous vous laissez le temps d'écouter votre intuition, de sentir vos réactions, y compris physiques, qui sont souvent des indices. De réfléchir, de poser le pour et le contre, d'en parler à quelqu'un pour prendre des conseils, que ce soit pour un achat, une vente, que ce soit dans le couple, que ce soit pour accepter de tenir un stand à la kermesse de l'école. ou de prendre en charge le dossier de votre collègue, ne vous laissez pas imposer un timing qui n'est pas le vôtre. En trois, faites préciser la pensée de l'autre. Parce que la personne qui tente d'abuser, elle essaiera de vous faire arriver vous-même à ce qu'ils veulent. Elle essaiera de vous faire vous-même proposer ce qu'ils attendent de vous. Ne lui facilitez pas les choses si vous avez compris là où elle veut en venir. Ne lui dites pas, en fait... Ce que tu essaies de me dire, c'est que tu as besoin que je m'occupe de ce dossier, c'est ça ? Ou alors, attends, je ne suis pas sûre d'avoir bien compris, tu me demandes de prendre soin de ta tante en ton absence, c'est ça que tu essaies de me dire ? Parce que là, oui, la personne va sauter sur l'occasion, elle va vous encenser, vous expliquer à quel point vous êtes une merveilleuse personne, et vous filez le dossier ou les clés de la part de Tata Germaine, et vous vous êtes coincé vous-même. A l'inverse, vous pouvez... lui demander clairement ce qu'elle veut avec des phrases comme « Ok, je suis désolée pour toi, c'est terrible ce qui t'arrive, mais tu as quelque chose à me demander ? » Ou alors « Tu veux bien préciser ton attente ? » « Je ne suis pas sûre d'avoir bien compris ce que tu essaies de me dire. » Ou encore « Quelle est ta demande ? Quel est ton besoin exactement ? » Aussi à ce collaborateur ou ce salarié qui se plaint tout le temps de ses conditions de travail, vous pouvez lui dire Qu'est-ce que tu souhaites exactement ? Formule-le-moi clairement, on met le « moi » par écrit et puis on va étudier tout ça. Et en fonction de ce que la personne demande, mais une fois, seulement une fois qu'elle l'aura formulé clairement, là vous serez libre de dire « oui » ou « non » ou « oui à telle et telle condition » ou « oui en partie » , etc. Vous n'avez aucune liberté tant que la demande en face n'est pas précisée clairement. Or, la personne qui est dans l'abus, ne voudra pas préciser clairement. Elle voudra vous faire arriver sur son terrain à elle. J'en arrive au quatrième point. Après les trois points précédents, donc la loi, le contrat, revenir à la loi, au factuel, le deuxième, c'était temporiser. Le troisième, faire préciser. Le quatrième, vous allez poser vos conditions. Ok, je vais t'aider pour ton déménagement tel jour, de telle heure à telle heure. Parce que... Si vous dites juste ok pour le déménagement, si le déménagement il dure trois jours et que vous avez l'outrecuidance de partir au bout de deux jours et demi, vous serez le méchant de l'histoire. Ok pour Tata Germaine, je peux m'occuper de ta Tata Germaine le mardi et le jeudi. Je m'occupe de lui donner les médicaments que tu auras préparés. Pense bien à me préparer les médicaments et je m'occupe de nourrir les Ausha. Je ne peux pas m'occuper des courses ni de la toilette. Je te laisse organiser tout ça avec les personnes concernées. Ça peut être une façon de clarifier exactement. Idéalement, faites-le par écrit. Vous posez vos conditions. Parce que le conseil, ça va être de ne pas donner votre compassion, votre empathie, votre serviabilité sur un plateau. Ne vous faites pas avoir par l'histoire triste. On en a parlé dans le premier épisode et le deuxième aussi. Faites passer les besoins de la personne qui vous demande quelque chose à égalité avec les vôtres. Tu as telle nécessité, ok, moi j'ai ceci. Et on va devoir trouver un arrangement. qui prennent en compte les deux. Tu as tels impératifs, moi j'ai ceux-ci. Quel compromis proposes-tu ? Si, si, mes impératifs ont autant de valeur que les tiens, je t'assure. Tout ça, ça va vous donner de l'avance. Et on arrive au cinquième point. Est-ce que vous connaissez le jeu du mille-bord ? Les autres essayent de nous empêcher d'avancer, et on fait pareil d'ailleurs, c'est le jeu, par des attaques. Pour bien jouer, il faut garder dans sa main des kilomètres à poser Mais pas seulement, parce que si on n'a que des kilomètres, on ne peut rien faire si on est attaqué. Donc on va aussi garder des parades et des bottes. Les parades, ce sont les contre-attaques, et les bottes, c'est la contre-attaque infaillible, le joker, qu'on pose une fois pour toutes, et on est protégé tout le reste de la partie de cette attaque-là. Alors ces trucs et astuces, on peut dire que ça sera des parades aux attaques. Il faut savoir qu'à partir du moment où vous allez dire non, où vous allez refuser l'emprise, le pouvoir de l'autre, refuser d'être son jouet, cesser de vous adapter à ses caprices, à ses besoins, ça peut faire monter d'un cran la violence ou l'abus. Parce que l'autre personne en face va mal vivre cette perte de pouvoir sur vous. De la même manière que l'enfant capricieux à qui on cède tout pour éviter des crises va faire des crises. Très violente, le jour où on commence à poser des limites. Donc, avoir un coup d'avance, des parades et des bottes, c'est super important. Et dans le jeu du Milbourne, la meilleure botte, c'est le véhicule prioritaire. Plus tard, vous allez voir que les autistes ont d'office, à mon sens, cette botte-là dans leurs mains. Et ça, c'est une sacrée bonne nouvelle. Parce que tant mieux, sinon ça devient un peu lourd à force, là, non ? On continue avec l'autocompassion, l'estime de soi. Les relations qui font du bien, cultivez-les. Entourez-vous de personnes qui vous font du bien, avec qui vous vous sentez bien, vous vous sentez valorisé, vous êtes heureux. C'est peut-être le meilleur conseil et le plus important. Il ne faut pas que la majorité de votre temps, de votre univers, soit remplie par des personnes qui abusent de vous. Prenez du temps pour vous, respectez-vous. Ne vous en voulez pas d'être ou d'avoir été abusé. On l'a tous été. Et on s'est tous sentis très cons et très nuls de s'être fait avoir à ce point. Soyez doux avec vous-même. Vous pouvez aussi rejoindre des groupes ou des personnes, des groupes de pairs, P-A-I-R-S, pour parler avec eux et vous soutenir entre vous. Enfin, l'avant-dernière clé, la discrétion. Donnez le moins d'infos possible. Plus vous expliquez votre situation, les détails de vos impératifs, de vos nécessités, de pourquoi vous posez des limites et pourquoi, non, vous ne pouvez pas venir à cette réunion tel jour. Plus vous donnez du pouvoir à l'autre. La personne qui ne veut pas vraiment votre bien, on ne va pas forcément dire qu'elle vous veut du mal, mais en gros, elle se moque de vous, au mieux. Et au pire, elle se nourrit de vos difficultés. Donc cette personne-là, Tout ce que vous lui direz pourra être retenu contre vous. Et j'ai même envie de dire si elle est malveillante, sera retenu contre vous. L'info, c'est le pouvoir. Partagez, ouvrez-vous avec vos vrais amis, ou avec un proche, ou avec votre psychologue. Évitez la psychanalyse si vous êtes autiste, on en reparlera. Mais un psychologue clinicien, c'est très bien. Mais soyez prudent. Ne vous dévoilez pas, ne vous livrez pas et donnez le moins de détails possible à une personne qui a tendance à abuser de vous, à vous marcher dessus. Et enfin, la dernière clé, c'est le ressenti, votre ressenti. Je vous le détaille un peu plus. Est-ce que vous avez déjà fait cette expérience ? Qu'il y a des gens avec qui, quand vous échangez avec eux, ça vous fait du bien, ça vous donne un peu de joie, de l'énergie, ou quelque chose d'indéfinissable, mais vous vous sentez bien. Et puis d'autres, au niveau cognitif, au niveau intellectuel, l'échange était ok. tout va bien, on s'est mis d'accord, on a avancé sur cette réunion. Mais il y a quelque chose au niveau physique ou émotionnel, vous sentez un truc qui ne va pas trop. Le problème aussi entre TSA et personnes qui abusent, à mon avis, c'est que parfois, Narcisse balance les trucs avec une telle évidence ou avec un tel aplomb que Sheldon a du mal à le mettre en doute. Parce que c'est exprimé justement comme si c'était quelque chose d'évident. Et après, Sheldon, il mouline, Il y a un truc qui traîne, qui gêne, qu'il perturbe dans sa tête. Ou alors, une grande fatigue physique, un effondrement émotionnel, une crise autistique aussi. La personne autiste va pouvoir mettre des heures, voire des jours, à comprendre que dans cette interaction, il y avait un truc qui clochait. Alors, une des clés, à mon sens, elle peut être là. Vous pouvez observer et regarder si ça se confirme. Soyez attentif à ce que votre corps et vos émotions vous disent. Les émotions étant des réponses physiques à un facteur externe. Petit à petit, en écoutant ce que votre corps et vos émotions vous disent, vous allez peut-être mieux entendre et apprendre à vous faire confiance. Parce que quand votre corps vous signale une dissonance ou un truc qui ne va pas, Vous pourrez le passer au filtre de ces trois points pour tester la personne. Est-ce que la personne accepte que vous parliez de vos besoins ? Ou est-ce qu'elle impose les siens, son histoire triste et que votre histoire n'a pas grand intérêt ? Le deuxième filtre, c'est tester de dire non ou de poser vos conditions. Et voilà, troisième filtre, posez vos limites. Si la personne ne vous respecte pas, et n'accepte pas ce que vous êtes, vous l'imite, eh ben, j'ai envie de dire que vous n'avez pas d'effort à faire pour elle. Le respect, ce n'est pas une option. Et pour être en relation avec quelqu'un, il faut un échange, un partage, une réciprocité. À sens unique, ce n'est pas une relation. C'est du vampirisme, du narcissisme, ou peut-être du parasitage, mais il y en a dans ces cas-là toujours un qui trinque, et pour qui ça va mal finir. On en arrive au chapitre 3, pourquoi être autiste peut être un avantage pour ne pas se faire bouffer. Quelle est la bonne secrète ? Bonne nouvelle, on dit que les autistes sont naïfs et vulnérables à la manipulation, de par leur manque de codes sociaux et toutes ces subtilités. Mais en fait, à mon avis, ça peut être un atout. Parce qu'on est dans une société qui met en avant la forme plus que le fond. La façon de dire, la façon de s'exprimer, les mots employés. Il y a beaucoup de cours pour apprendre à parler, pour devenir charismatique, être un super conférencier, pour convaincre l'autre, manager ses équipes, etc. Je pense que cet interro fertile est formidable pour les personnes égocentriques qui considèrent qu'elles ont plus d'importance que les autres, que leurs besoins sont plus importants et qu'il est normal que les autres la servent et répondent à leurs attentes. Parce que cette personne, appelons-la de nouveau Narcisse, elle maîtrise souvent l'esbrouf, la forme. Alors que ce soit Narcisse le tout-puissant qui impressionne et impose le respect par sa grande gueule et son assurance, ou Narcisse le vulnérable qui explique combien il est sensible et fragile, qu'il n'a pas eu de chance et c'est pas de sa faute, malgré son talent où on l'a mis, on l'a pas mis là où il mérite d'être, et qu'à ce titre on se doit de répondre à ses attentes et surtout ne pas le blesser. Et bien l'un comme l'autre, ils savent parler, exprimer leurs sentiments, attirer l'empathie, l'attention, voire l'admiration. Et là... c'est la bonne nouvelle. Être autiste et ne pas maîtriser la forme, pour moi, c'est un atout. C'est une force, la botte secrète. C'est le véhicule prioritaire dans le jeu du Midborn. Parce que Narcisse le grand ou Narcisse le sensible, vous allez pouvoir le cadrer en lui demandant d'être clair sur le fond. Des phrases comme « Est-ce que tu peux me dire clairement ce que t'attends de moi parce que j'arrive pas à voir là où tu en vas en venir ? » ou « Je sens bien que tu peux me dire quelque chose. » Merci Kaamelott pour ceux qui ont la référence. Mais je ne vois pas là où tu veux en venir. Ou encore, ok, tu m'as exprimé plein de choses, mais est-ce que tu as une demande précise à me faire ? Ou encore, quel est ton but en me disant tout ça ? Et puis, au niveau du langage corporel et de la réciprocité, si vous faites partie de ces personnes autistes qui ne savent pas comment réagir, je pense que c'est un atout dans ces cas-là. Parce que votre silence, lorsque l'autre cherche à vous bousculer et à susciter votre réaction émotionnelle, En fait, il est gênant pour l'autre. L'autre va être obligé de redescendre de ses grands chevaux. Et votre absence de réaction physique, le fait que vous ne rentriez pas dans son énervement ou son excitation, ça vous protège. Et ça met de la distance avec lui. Et là, en principe, d'une certaine façon, vous le cadrez et vous le déstabilisez. Parce que lui, il cherche à vous faire arriver là où il veut. Oh là là ! tellement fatiguée. Et puis j'ai fait tout ça et ça. Mon Dieu, purée, si on ne met pas la poubelle ce soir dehors, demain ça va tellement s'empuer. Il faudra tout nettoyer. Oh mais moi j'en peux plus. J'arrête. Heureusement, toi tu as eu une bonne journée. Je suis contente pour toi. Tu le mérites. Toi au moins tu vas pouvoir te reposer. Bon, si dans ces cas-là, vous dites à votre compagne qui vient de vous exprimer tout ça sur le ton que je vous ai joué. Ma chérie, ne t'inquiète pas, je vais sortir la poubelle. Et puis que vous vous abstenez de lui raconter la journée épouvantable que vous avez passée pour ne pas la charger plus. Parce qu'elle a déjà eu une journée si dure. Quelque part, vous vous faites bouffer et vous lui donnez le pouvoir. Parce qu'une personne à peu près bien dans ses baskets, personne n'est complètement équilibré. Mais une personne à peu près un petit peu équilibrée... Elle doit arriver à vous dire simplement « Chérie, j'en peux plus. Est-ce que tu veux bien sortir la poubelle ce soir, s'il te plaît ? » La demande est claire, assertive et la demande vous respecte. Vous pouvez choisir de dire oui et dans ce cas, c'est un choix de votre part. Comme vous pouvez dire « Écoute, moi aussi j'ai passé une journée terrible, j'en peux plus non plus. Ça te va si je la mets sur le balcon et que je la descends demain matin ? » Et quand votre collègue vous dit Ah, je suis dans une situation terrible. Ma belle famille me rend la vie impossible. Je n'ai plus du tout de marge chez moi. Je craque complètement. Tu ne peux pas imaginer. Je n'arrive même pas à me concentrer. C'est dingue. En même temps, si je ne rempasse d'aussi à temps, je ne vais pas avoir la prime. Je suis dans l'impasse. Je ne sais pas comment faire. Je t'ai expliqué tout ce qu'on a en ce moment. J'ai vraiment besoin de cette prime. Bon, toi au moins, tu es tranquille. Je t'admire. Tu es tellement efficace. Mais comment tu fais ? C'est dingue quand même la quantité de travail que tu arrives à abattre. J'aimerais tellement être comme toi. De toute façon, je te demanderais, parce que moi je sais que tu as encore ton dernier dossier à rendre, j'en suis conscient, il est hors de question que tu m'aides pour les miens. Jamais je ne me permettrais de te demander ça. Vous l'avez vu venir ? 1. L'histoire triste. 2. Tester votre capacité à vous faire passer en second plan, après lui. tout... Tout ça en passant par un discours de vulnérabilité et en même temps en vous flattant et en vous admirant. Donc là, si vous coupez court, vous court-circuitez la forme, la forme larmoyante et vous passez en mode fond en disant « Tu as une demande à me formuler ? » En général, la personne vous dira « Ah non, non, non, justement, jamais j'oserais ! » Tout en soufflant le chaud et le froid pour bien vous faire culpabiliser. de ne pas avoir proposé de lui faire quelques dossiers. En vous disant par exemple, « Non, non, non, mais qu'est-ce que tu crois ? Jamais je ne me permettrais de prendre un peu de ton temps. Toi, tu assures tellement. Il ne faudrait surtout pas te mettre en difficulté pour moi. » C'est vrai que les collègues t'admirent. Tu as vraiment la réputation de quelqu'un de bien, de quelqu'un de généreux, qui a le sens de l'équipe. Mais moi, je n'oserais pas aller jusqu'à te demander un tout petit peu de ton temps. Ton temps est précieux. Et puis l'autre option, c'est que la personne, elle ose formuler sa demande clairement. Elle assume. C'est moins fréquent, il me semble. Mais elle vous formalise la demande claire. « Euh, ouais, du coup, tu voudrais bien me refaire 6 sur mes 8 derniers dossiers ? » Encore une fois, c'est peu probable parce qu'elle sait que sa demande est abusive. Mais si elle ose, ça vous donne l'occasion de dire oui ou de dire non de façon éclairée. Vous pouvez dire, par exemple, montre-moi le travail qui te reste à faire, montre-moi exactement de quoi il s'agit. Ne dites jamais oui sur le fond, enfin sur la forme justement, sans voir le fond et sans voir l'ampleur du travail. Donc montre-moi le travail qui te reste à faire et je te dirai. Si oui ou non, je peux t'aider. Et je te dirai aussi sur combien de dossiers et pour quand. Alors attention, à ce moment-là, c'est très important de vraiment verrouiller les trucs et de poser toutes vos conditions. Si vous laissez la moindre chose non définie, la personne, elle va s'engouffrer dedans. Si vous dites, ok, je te prends un dossier, elle va vous passer le plus lourd, évidemment, et elle va exiger que vous le fassiez sous 24 heures pour X ou Y raisons. Et du coup, elle va dire, mais c'est dingue comme tu es efficace. Et puis moi, en plus, c'est la tuile, j'ai mes deux enfants malades. Mais toi, tu es tellement efficace, tu m'as tellement aidé. Et c'est reparti, vous êtes reparti pour reprendre d'autres dossiers. J'en reviens à la seconde hypothèse. Donc, celle-ci où elle formule clairement sa demande. On vient d'évoquer un scénario possible, si vous lui dites oui. Maintenant, dans le scénario du non. Elle a formulé clairement sa demande, vous lui avez dit non. Qu'est-ce qui se passe ? D'abord pour vous, vous avez donné une réponse claire, la vôtre, pas celle qu'il attendait de vous. Donc vous avez donné une réponse claire à une question claire. Vous êtes libre. Vous définissez vos priorités, votre temps. Et si vous aviez prévu de faire un marathon série dans les 15 prochains jours parce que justement vous avez bossé comme un fou pour rendre vos dossiers ou même... si vous avez prévu de faire ce marathon de série parce que pour vous, en fait, c'est hyper facile, c'est dossier, vous êtes très rapide, vous allez plus vite que les autres, mais c'est tout à fait votre droit. Vous n'avez pas à justifier ça. Vous n'avez pas à justifier vos priorités, vos choix. Vous vous organisez comme vous voulez et vous êtes légitime à vous faire votre marathon de série. Vous avez un contrat, vous l'avez respecté. En aucun cas, ce collègue... aurait une quelconque légitimité pour essayer de vous faire culpabiliser d'avoir tout fini et pas de lui. Donc dans ce cas, bravo, vous vous êtes respecté. Maintenant, de son côté à lui, ça ne va pas du tout lui plaire. Narcisse, il réagit très mal quand on lui dit non, quand on ne fait pas passer ses besoins avant les nôtres. Et le grand avantage d'avoir été factuel, d'avoir traité le fond et pas la forme, l'émotionnel, les jeux de séduction, de pouvoir. Mais bien les faits, le droit, le contrat, la demande claire, le grand avantage, c'est que Narcisse, ça, il ne pourra pas vous le reprocher. Il va certes tenter de vous faire culpabiliser, encore et encore. Il va essayer de vous faire passer pour un salopard devant vos proches ou vos collègues. Il va raconter l'histoire selon sa version. Mais vous, vous vous êtes appuyé sur les faits. Donc oui, la situation peut devenir très inconfortable. Parce que cette personne-là, quand elle est blessée dans son ego, c'est quelqu'un qui peut faire du mal. Un autre type de mal en fait, parce qu'en réalité, il vous en faisait déjà. Mais c'est aussi quelqu'un qui est moins armé contre vous, parce que lui, il reste dans la forme, dans l'émotionnel. Et vous, vous vous basez sur le fond, sur les faits, la loi, le contrat. Chapitre 4, est-ce que c'est de ma faute ? Si je me fais bouffer ? Ben non, ça me paraît important de le dire. On n'est pas responsable des parents qu'on a eus. On n'est pas responsable des conditions de travail abusives qu'on nous a imposées. On n'est pas responsable de vivre ou d'être né dans tel ou tel quartier. On n'est pas responsable de la génétique et des facteurs extérieurs qui influent sur notre santé. On n'est pas responsable de la politique de notre pays et de la vision critique. des gens les uns sur les autres. On n'est pas responsable non plus de la culture de compétition dans laquelle on a grandi. Et franchement, quand on regarde bien, on constate que chacun d'entre nous, on a eu et on a notre lot de difficultés. On n'est pas tous chargés pareil. Mais on a chacun notre wagon avec un certain type de casserole bien remplie. Et c'est pas grave. C'est la vie. Nos parents ont fait comme ils ont pu dans la plupart des cas. Et si c'est pas le cas, c'est qu'eux-mêmes étaient malades ou dans des conditions de vie maltraitantes. Donc ça... C'est notre wagon de casserole et ce n'est pas notre responsabilité. En revanche, une fois qu'on commence à y mettre le nez dessus, rien ne nous empêche, au fur et à mesure de nos possibilités, de retirer une casserole, une après l'autre. Ou alors de nettoyer, de nettoyer la moisissure et la poussière. Et de les organiser ces casseroles, parce que si ça se trouve, une casserole propre, ça peut nous être très utile. Il y a plein de choses dont on n'est pas responsable. Il faut arrêter de croire qu'on a le pouvoir de tout changer, de tout transcender. La vie peut être sacrément surprenante et parfois très chienne, passez-moi l'expression. Je rentre en détail sur ce sujet dans la chronique Injonction au bonheur. Mais là, ce qu'on fait de nos casseroles, on n'est pas responsable d'en avoir des casseroles, mais ce qu'on en fait, il y a une part de choix. Imaginons que ce wagon de casseroles, on ne va pas pouvoir... s'en occuper quand notre train est en circulation et qu'il roule à 250 km heure. Par contre, quand il circule au calme, sur des voies de campagne, ou qu'il est à l'arrêt, c'est le moment. C'est le moment de prendre le temps d'essayer de comprendre pourquoi on réagit comme ça, pourquoi on se remet dans tel ou tel type de schéma ou tel ou tel type de relation. Et ensuite, il faut traiter le problème actuel. Donc, là j'ai tel problème maintenant, qu'est-ce que je fais de ça maintenant ? Et enfin, mettre en œuvre ce qu'il faut pour que ça se reproduise de moins en moins. Pour l'histoire de notre wagon, quand il y a tellement de casseroles que ça fait dérailler le wagon suivant, il faut essayer de comprendre pourquoi ça a déraillé. Traiter le problème actuel. Et puis mettre en place ce qu'il faut, genre équilibrer les wagons. Bon, je ne suis pas ingénieur, donc je raconte peut-être des bêtises. Mais je voulais imaginer un truc qui fonctionne. Donc, équilibrer pour que ça ne se reproduise pas. De la même manière, quand votre enfant rentre avec les genoux en sang de son tour à vélo, est-ce que vous le grondez ? Et vous, quand vous allez mal, quand vous avez un coup dur, est-ce que vous vous engueulez ? En principe, non. Votre enfant, d'abord, vous le consolez. Et en le consolant, ça vous permet, en même temps, d'essayer d'évaluer les dégâts pour voir si c'est de l'ordre du gros pansement ou de la fracture ouverte. Et ensuite, vous cherchez à comprendre comment c'est arrivé. Ah ok, l'arrière s'est levé quand a brutalement freiné et était passé par dessus le vélo. Donc, vous traitez le problème actuel, l'appeler nettoyage, désinfection, pansement. Mais vous allez aussi mettre en place le correctif. Pour éviter que ça se reproduise, vous allez lui montrer comment équilibrer son freinage en utilisant les deux freins, exiger le casque pour prévenir des dommages plus grands, et puis retravailler avec lui la... La préparation et l'anticipation pour pouvoir éviter les freinages d'urgence dans la mesure du possible. Revoir quand il y a des routes adjacentes, quand il y a des animaux, quand il y a des enfants qui jouent au ballon, il faut que tu ralentisses parce que ça c'est de l'anticipation, il va peut-être se passer quelque chose. Alors nous, au lieu d'avoir honte de s'être encore fait avoir, on va mettre en place cette méthode. D'abord, on va prendre le temps de se consoler, de se consoler soi-même. Ça signifie accepter la douleur et la laisser sortir. Ça peut sortir sous forme de crise autistique. Certains vont imploser et d'autres exploser à ce moment-là. Et pendant ou après, selon les personnes, on va pouvoir évaluer l'étendue des dégâts. Est-ce que je me suis bien fait avoir ? Ou est-ce que, bon, ok, je me suis sentie humiliée, mais ce n'est pas si important. Quelles sont les conséquences pour la suite ? Quelle est la gravité de ce qui vient de se passer ? À partir de là, on cherche des clés pour comprendre pourquoi on en est arrivé là. Et c'est probablement ce que vous faites en lisant, ou en écoutant ce podcast, ou d'autres, ou en parlant avec votre psychologue, en moulinant dans votre tête, retournant la situation dans tous les sens. Et ça, chez une personne autiste, c'est un processus qui peut être long et obsessionnel. Une grande partie de votre énergie sera concentrée là-dessus. Quand on a compris comment on en est arrivé là, On va voir s'il faut faire quelque chose et quoi. Actuellement, là, maintenant, comment résoudre ce problème ? Comment réparer le wagon ? Comment nettoyer cette casserole ? Ou se débarrasser définitivement de cette casserole ? Et puis arrive la dernière étape qu'il ne faut pas oublier. Qu'est-ce que je mets en place pour éviter que ça se reproduise ? Ou tout au moins diminuer la fréquence le plus possible ? Quels correctifs ? Quelles actions ? Et ça, on en reparlera. en conclusion, on évoquera les correctifs possibles. Donc les trois étapes, c'est comment on gère là, maintenant, la crise, la difficulté, évaluer notre état, qu'est-ce qu'on doit faire maintenant et qu'est-ce qu'on va mettre en place. comme correctif pour que ça se reproduise le moins souvent possible. Nous voilà à l'avant-dernier chapitre, la réaction de celui qui abuse quand vous lui posez des limites. Donc quand vous arrêtez de lui répondre, de rentrer dans son jeu, de lui donner de l'attention, de lui donner vos émotions, vos réactions, il peut et il risque fort de passer par différentes étapes. Parce que c'est très gênant pour lui, c'est une perte de contrôle quand vous lui posez des limites et ça ne lui plaît pas. D'abord, il y a la sidération. Il peut être très surpris en disant « non, ce n'est pas possible, je ne peux pas perdre mon pouvoir, ça marchait tellement bien » . Ensuite, il va essayer de relancer, il va vous tester, il va essayer de vous imposer des rendez-vous, d'exiger des réponses à ses messages, d'essayer de vous faire réagir à ses provocations, à ses pics. Il peut aussi passer par une nouvelle phase de love bombing. Vous envoyez tellement de choses qui vous font du bien. Alors, le love bombing, si c'est votre collègue, votre patron ou votre partenaire de vie, il n'aura pas la même, ou votre parent, il n'aura pas la même teneur. Mais bon, il s'agit de vous bombarder d'amour, de flatterie, de gentillesse, pour vous faire baisser la garde et vous faire penser que vous avez été sacrément injuste envers cette personne parce que vous avez vu comme elle est gentille avec vous, vous avez vu tout ce qu'elle vous donne, combien elle vous aime. Et c'est un truc qui marche très souvent pour nous faire regretter, nous faire sentir méchants, coupables, en disant non mais je me suis trompée, je me suis fait défile, en fait cette personne m'apprécie beaucoup, me respecte, m'aime beaucoup, etc. Bon, pas forcément. Ensuite il peut y avoir une phase de menace, de colère, où la personne provoque des situations de choc, où en face on est immobilisé. On est paralysé parce qu'on est sous le choc et puis à plus savoir qui croire, qu'est-ce qui est vrai, qu'est-ce qui n'est pas vrai. Un coup, une bombarde d'amour, un coup, non mais là je rêve ou quoi ? Mais enfin c'est une menace, c'est violent ce qui vient de se passer. Il y a une autre phase qui va être la phase de diffamation, d'espionnage, de chercher les infos, où la personne en fait elle va... Contactez votre entourage, elle va essayer de voir sur les réseaux avec qui vous êtes proche, savoir à qui vous vous confiez pour essayer de donner sa version des choses, de mettre ces personnes dans sa poche, de vous diffamer, de raconter sa version pour vous faire passer pour le méchant de l'histoire. Attention aussi à l'humour. Et l'épique, ça peut aussi être une technique du style « non mais c'est bon, c'était une blague, oh là là, faut pas le prendre comme ça, t'es tellement sensible » . C'est aussi une façon de prendre le pouvoir et de vous faire douter. Dans la campagne de diffamation, quand ça va loin, la personne va raconter une autre histoire. Et elle va vous faire douter de vous et elle va faire douter les autres à propos de vous. C'est une affabulation qui est bien conçue. en général, et qui peut vraiment déstabiliser. La personne se fait passer pour la victime, et ça peut durer longtemps, hélas. Donc petit à petit, cette personne, insidieusement, elle va raconter ou elle va laisser entendre des choses sur vous, à vos proches, vos collègues, votre famille, pour que vos soutiens vous laissent tomber. C'est hyper douloureux, c'est rarement évitable, hélas. Ce qu'il faut se dire, c'est que la réaction saine de quelqu'un qui vous connaît, ça sera de dire non, non, mais attends, il y a un tel qui est venu me raconter ça, c'est quoi cette histoire ? Et il va vous donner une chance de vous expliquer. Ceux qui ne le font pas, vous ne pouvez pas les retenir, mais ça vous dit aussi, ça vous parle aussi de qui sont ces personnes. Et donc, il y a un moment où ça coupe en fait, ça nous coupe de beaucoup de personnes de notre entourage. Et puis, la personne peut toujours essayer de retenter. De souffler chaud et le froid, et puis de vendre d'un côté du rêve, et puis des émotions très très intenses, vous faire vivre des choses très positives, ou vous faire miroiter des super conditions de travail quand c'est dans le milieu professionnel, pour reprendre le contrôle en fait. Parfois ça va jusqu'aux menaces, les menaces sur soi ou sur l'autre. Je vais me faire du mal si tu ne reviens pas auprès de moi, je vais te faire du mal, ou personne ne va te faire du mal. de te croire, tu passes pour une folle, je vais te détruire au prud'homme, je vais te pourrir chez les autres employeurs, tout en continuant la campagne de diffamation à votre égard. Qu'est-ce qu'on peut faire contre ça ? Pas grand-chose. Sinon, prendre soin de soi. Parce que ce type de personne est d'abord fondamentalement blessé ou vide intérieurement. Et vous ne pouvez pas le soigner vous-même. Par contre, en prenant soin de vous, soin de vous-même, vous êtes moins perméable à ses attaques. On en arrive à la partie la plus importante. Se protéger et avancer. Déjà, si on est soutenu par un groupe de parole, un groupe de personnes autistes qui nous ressemblent, ou par un psychologue, c'est super. Et qu'est-ce qu'on fait quand on ne trouve pas le psy ou le groupe qui va bien ? Parce que oui, ça peut être sacrément dur. Il faut dire que TSA, si en plus c'est cumulé avec des hautes capacités intellectuelles qui ont tendance à bien masquer les traits autistiques, c'est une double spécificité en réalité mal connue. Si on ajoute un TDA ou un TDAH de l'anxiété, Des stress post-traumatiques, la dépression. Et qu'on mélange tout ça avec des douleurs chroniques et mal identifiées, ça fait pas mal de choses. Et malheureusement, il y a encore peu de professionnels qui sont compétents dans tous ces domaines. Mais ça change. J'ajoute qu'on peut en trouver un qui peut être d'un grand soutien pendant une période et qu'il arrive un moment où on a l'impression d'avoir fait le tour, qu'on n'avance plus. Et c'est ok, c'est pas grave. Il peut y avoir des choses cycliques, il peut y avoir des personnes qui nous soutiennent pendant un moment et après on a besoin de changer. Donc si on ne trouve pas le soutien extérieur compétent, un truc à vous recommander, que ce soit pour vous ou vos proches, et d'ailleurs même quand vous avez le soutien extérieur compétent, cultivez et nourrissez l'estime de vous-même. Non, je n'ai pas dit de votre ego et je n'ai pas dit de devenir narcissique. Mais plutôt de prendre cette jolie phrase qui circule, quand une plante ne s'épanouit pas dans un endroit, on ne lui crie pas dessus. Ou on n'exige pas d'elle qu'elle fasse des efforts pour s'adapter. Mais on change son environnement. En fait, notre première thérapie, c'est de prendre soin de nous. De nous éloigner des gens et des directions de la vie qui nous pourrissent ou qui nous étonnent. Mais surtout, de nourrir. ce qui fait du bien. Vous êtes doué dans un domaine ? Cultivez-le. Ça vous rend heureux de faire du crochet et votre groupe vous adore ? Foncez. Parce qu'en veillant à faire grandir en vous les belles choses, ce qui vous rend heureux, ça laisse beaucoup moins de place aux gens qui viennent abuser et profiter de vous. Et ça vous affermit, ça vous fortifie. Pour reprendre l'image de la plante, quand on vit une relation compliquée, abusive, c'est qu'il y a une tempête à l'extérieur. Et si on met toute notre énergie à lutter contre la grêle, on va s'épuiser. Et les dégâts seront là quand même. Notre job, au contraire, ça va être de fortifier les racines. Il y a des pétales qui peuvent tomber sous la grêle, les feuilles peuvent avoir un coup de mou, voire la tige peut être courbée. Mais si les racines sont là, c'est pas grave. Et imaginons qu'on ait plutôt des plantes en pot et qu'on a deux gros bras pour déplacer le pot. Alors oui, je reconnais que mon image présente quelques limites et je vous assure pourtant que je n'ai abusé d'aucune substance. Il faudrait que je trouve une image qui colle mieux, mais pour le moment, j'ai que celle-ci en catalogue. Si vous trouvez mieux, faites-moi signe. Alors, il y a une autre question qu'on devrait se poser. Qu'est-ce qu'on fait, qu'est-ce qui fait qu'on reste dans une relation ou dans un positionnement, un contexte, qui serait soit carrément délétère ou simplement pas équilibré, qui amène peu de réciprocité ou qu'on a quand même un petit peu l'impression de se faire avoir. chez la plupart d'entre nous, Ce sont nos peurs. La peur, par exemple, de ne rien trouver de mieux. La peur de perdre quelque chose de connu et d'errer dans l'inconnu. La peur que finalement, personne d'autre ne veuille de nous. La peur d'être rejeté ou critiqué. Finalement, on a tous besoin d'acceptation et de reconnaissance. Alors, pour reprendre encore une fois l'image de la plante, voilà notre job en trois points pour nous protéger et avancer. Le premier, justement, ne pas avoir peur. Les mauvaises conditions météo, ça arrive à tout le monde. Ça peut faire des dégâts, ça peut faire mal, mais ce n'est pas destructeur. Et comprendre ce qui nous bloque, ce qui nous fait réellement peur dans cette situation, c'est très important. Quand on a réussi à aller voir dans nos blessures, dans nos schémas, dans nos croyances, et regarder de quoi on a vraiment peur, on l'a dit tout à l'heure, ne pas être aimé, rester seul, être rejeté par la famille. Ça peut être aussi ne plus retrouver de travail, être trop vieux pour plaire. On peut avoir peur de donner raison à ceux qui nous avaient mis en garde. Contre telle situation ou telle personne, on peut avoir peur de se contredire, peur de se sentir humilié, de ne pas tenir parole. Il peut y avoir tellement de raisons d'avoir peur. Et souvent, notre plus grande peur, ce n'est pas celle de la situation ou de la personne qui abuse, mais elle est plus profonde. Donc l'identifier, c'est pouvoir agir ensuite dessus. Parce qu'une fois que cette peur ou ces peurs sont identifiées, L'étape suivante, ça sera de comprendre sur quelle croyance elle est basée cette peur. La croyance par exemple que je ne peux pas être aimée si... Non, je ne peux être aimée que si je suis gentille. Ou personne d'autre ne voudra de moi parce que je suis vraiment trop bizarre. Ou alors ma famille ne me pardonnera jamais de poser mes limites. Ou encore je suis vraiment trop spéciale, j'ai un parcours trop atypique pour retrouver un autre travail. Ou j'arriverai jamais à redémarrer une relation. m'adapter ou redémarrer un autre travail, j'ai pas la force de reconstruire, etc. Le deuxième et pas des moindres, ça va être s'occuper de ses racines, de ce qui l'enracine justement cette plante, de cultiver ce qui lui fait du bien, ce qui la nourrit, ce qui la rend heureuse, la fortifie. Et ça, ça va aussi nourrir le point 1, parce qu'elle aura moins peur des mauvaises conditions externes. Et du coup... elle accordera moins d'attention et d'énergie au gamin qui essaye de la piétiner. Donc ce gamin, on va dire que c'est Narcissou. Narcissou, il aime beaucoup entendre la plante crier et la voir se débattre. Ça nourrit son besoin d'attention à lui. Oui, je sais, là aussi l'image est limitée. Bon, on va dire qu'on est dans l'univers Harry Potter, ok ? Comme ça, on a des plantes qui crient et des plantes qui ont des bras. À ce propos, c'est utile d'ailleurs de noter... que l'amandragore, c'est une plante qui crie très fort quand un bras externe veut la déraciner et que ce cri est dangereux. Cette force, on l'a tous en nous, certains un peu plus marqués que d'autres, mais il va s'agir de trouver la force de crier lorsque Narcissou, le sale gosse, vous piétine juste pour vous faire réagir. Et si on veut pousser plus loin la métaphore, l'amandragore, c'est une plante à qui on prête des propriétés bénéfiques comme anti-poison, contre l'insomnie et pour réduire la sensibilité à la douleur. Alors soyons ces mandragores, prenons soin de nous, fortifions-nous parce qu'on est capable d'affirmer non, stop. Et en plus, on a des magnifiques propriétés curatives en nous, pour nous et pour les autres. Et le troisième et dernier point, ça va être agir. Vous êtes une plante qui a une voix et qui a des membres. Votre voix vous permet de dire non. Vos membres vous permettent de vous déplacer. Vous avez la capacité et le pouvoir d'agir, de poser vos limites. Vous pouvez sortir de la résignation, de l'immobilité. Il y a toujours une tempête là où vous êtes ? Changez d'endroit. Il n'y a pas assez de lumière ? Ouvrez les rideaux. Ou déplacez-vous pour en avoir plus. Il n'y a pas assez d'eau ? Il y en a trop ? Là aussi, agissez. Sortons de la résignation et agissons sur notre environnement. Mais un pas après l'autre. et surtout à la hauteur de nos moyens et de nos capacités, sans être trop dur ou trop exigeant avec nous-mêmes. Doucement, un pas après l'autre. Pour résumer ces trois points, 1. Cessons d'avoir peur de l'autre, de la situation, de la mauvaise météo externe, des relations, et voyons en nous finalement quelle peur plus profonde ça touche et ce qui nous fait peur dans l'idée de changer la situation. 2. Occupons-nous à nous rendre heureux. à faire des choses qui nous font du bien, à cultiver ce qui nous fortifie et qui nous apporte de la lumière. Et en trois, posons nos limites, agissons, un pas après l'autre, avec beaucoup de patience avec nous-mêmes, avec de l'autocompassion, sans nous juger. Est-ce qu'on a d'ailleurs déjà vu une mandragore courir à 100 mètres aux Jeux Olympiques ? Non. A mon avis, quand elle se déplace, c'est quand même fastidieux, malgré ses jambettes et ses petits bras. Alors, pour sortir de nos peurs et poser nos choix, dire nos limites et arrêter de se faire bouffer. Nous aimer nous-mêmes et comprendre notre propre valeur, c'est la porte d'entrée dans ce triangle vertueux qui va être se respecter soi-même, comprendre nos peurs, poser nos limites et agir. Et la personne qui abuse, qui profite, ou le narcissique à la grande gueule qui semble obtenir tout ce qu'il veut, et bien tous ceux-là, vous savez, non seulement ils ont aussi des grandes peurs, mais leur comportement envers les autres, c'est souvent... On l'a déjà dit, c'est souvent pour masquer un vide qui est abyssal. Et eux aussi, ils ont leur chemin à faire. Mais c'est leur chemin et c'est leur histoire. Alors voilà la conclusion qui cette fois-ci sera longue, sous forme de mémo. Et avant ça, attention à deux écueils possibles quand on prend conscience que quelque chose ou quelqu'un nous bouffe ou qu'il y a une situation abusive. Le premier écueil, c'est de croire que les personnes vont changer. Ou pire, de croire qu'on peut les changer. Non, scoop, spoiler, non, on ne peut pas. Le second écueil, ça serait d'entrer en paranoïa. de penser que finalement tout le monde est pourri et tout le monde nous veut du mal. Pour se prévenir de ces deux écueils, ce que je vous recommanderais, c'est être doux et bienveillant avec vous-même. Vous avez le droit d'être heureux. Vous n'êtes pas responsable de l'attitude abusive de l'autre. L'autre fait ses choix et ce n'est pas à vous de le changer. Et pour se prévenir du deuxième écueil, pour éviter de tomber dans une forme de paranoïa, rappelez-vous que la confiance existe. Il y a des belles relations, il y a des gens super. Mais la confiance, elle se gagne, un pas après l'autre. Et voici le résumé des 7 attitudes pour se protéger des abus et cultiver des relations qui font du bien. Alors, ça peut être une petite astuce qui y aide certains d'entre nous, moi la première. Vous pouvez les noter, ces astuces, et les garder dans votre poche, votre agenda, ou votre application de notes sur votre smartphone, pour y avoir accès rapidement quand vous en avez besoin. Vous avez le temps d'aller chercher un crayon, je vais vous résumer les 7 points tout à la fin. En 1, organisez les choses. La personne vous contacte sur WhatsApp ? Archivez la conversation, si ce n'est pas une relation que vous pouvez bloquer, sinon bloquez-la. En l'archivant, vous pouvez aller consulter les messages lorsque vous l'avez décidé et lorsque vous y êtes préparé. Donc, pas avant de dormir, ni quand vos enfants sont à côté de vous et vous parlent, ni juste avant un entretien d'embauche, etc. Vous les consultez lorsque vous êtes au calme et que vous êtes préparé à affronter ces provocations et son drama. en ayant fait des exercices de respiration juste avant et en étant prêt à les faire juste après. Si c'est sur Messenger, c'est pareil, vous pouvez archiver. Par SMS, on ne peut pas, mais on peut bloquer le contact. Par mail, il y a aussi moyen d'archiver. Chez vous, vous pouvez mettre un interphone avec une caméra ou une séparation suffisamment haute si c'est votre voisin. L'idée, c'est d'empêcher que la personne entre dans votre vie ou dans votre esprit et requiert votre énergie ou votre attention quand elle l'a décidé. C'est vous qui contrôlez si et quand vous êtes OK pour ça. Si vous êtes à votre compte, vous pouvez faire pareil avec vos clients. Vous pouvez avoir un autre téléphone ou un WhatsApp professionnel avec des horaires de réponse. Il n'y a aucune raison pour que le client qui crise parce qu'il n'a pas reçu sa commande en 7 heures ne vous insulte le week-end quand vous êtes en famille ou dans vos intérêts restreints ou en train de promener votre chien au calme. Vous pouvez archiver la conversation ou retirer de votre téléphone aussi ce qui vous fait penser à la personne comme des rappels, envoyer un message à un tel ou un compte Instagram qui apparaît toujours en premier pour avoir des espaces de paix dans lesquels cette personne ne peut pas venir volontairement ou via les algorithmes chercher votre attention vous obnubiler, vous provoquer voire aussi parfois vous lancer son love bombing dans une campagne de reséduction votre temps il est à vous reprenez le contrôle de quand vous pensez à cette personne ou à cette situation. Deuxième point, l'indifférence. Restez calme devant eux, ne pas leur montrer votre émotion. Ne pas être disponible pour leur drama quand ils veulent eux. Parce qu'ils se nourrissent d'attention, positive ou négative d'ailleurs. Si on ne réagit pas, on leur retire le carburant. On ne leur permet plus d'affirmer leur puissance, le fait d'être au centre de l'attention. Et ça, ça peut se faire sous forme de... temporisation, en disant par exemple « Ah ok, merci pour les infos » . Ne pas accorder d'importance, ça va être dur pour une personne autiste, mais répondre de façon neutre, ça cadre la personne. Ne pas entrer, si vous pouvez, dans la rémunération, les jeux mentaux, mettre une barrière, une protection. Comme ça, vous vous respectez, vous respectez votre temps et votre esprit. En trois, les limites claires. Par exemple, non, pas comme ça. Ok, mais selon ses conditions. Là aussi, c'est une question de vous respecter, respecter votre valeur. C'est important pour votre estime de vous. Eux, ils vont vous culpabiliser, vous traiter d'égoïste. Mais une personne qui vous respecte vraiment accepte vos limites. Une fois votre nom ou vos conditions, vos limites ou votre contre-proposition faite, vous restez silencieux. Ne vous justifiez pas, n'essayez pas d'argumenter. Et si besoin, vous pouvez répéter très calmement, par exemple, « Non, je ne peux pas faire ce dossier pour ce soir. » En revanche, je peux traiter tel élément du dossier pour jeudi midi. Pas si tu veux, pas en expliquant pourquoi vous ne pouvez pas le faire ce soir, juste comme ça. En quatre, faire des choses qui vous donnent confiance en vous. Cultiver ce qui vous fait du bien et valorisez-vous. Y compris, ça va être cultiver des relations avec des personnes qui vous font du bien, qui vous respectent, qui sont chouettes avec vous. Vous serez moins sensible au regard de l'autre et moins sujet à vous laisser culpabiliser ou violenter. Travaillez sur l'autocompassion. Vous avez vos points forts, vos points faibles. Vous vous connaissez et vous vous respectez. En 5, ne pas rentrer dans ces provocations, dans ces tentatives de dialogue par l'émotionnel. Tout ce que vous direz pourra et sera retenu contre vous. C'est épuisant et vous gagnerez très rarement. Mais restez sur le factuel, les faits, la loi, le contrat. Poussez la personne à vous dire clairement ses attentes. Ramenez-le sur le sujet. Ne le laissez pas s'en écarter ou utiliser des sous-entendus. Prenez des notes de ce que vous lui avez dit ou alors vous pouvez faire ça devant témoin pour que la personne ne puisse pas ou ne puisse plus déformer la réalité et la retourner contre vous. La sixième piste, c'est de rester fixé sur vos priorités. Vos impératifs n'ont pas moins de valeur que ceux de l'autre. Vous avez besoin d'une demi-journée de repos et vous l'avez planifié. C'est ok, vous vous respectez, vous montrez à la personne qui a tendance à abuser, à profiter, en vous faisant culpabiliser d'ailleurs et en vous reprochant votre supposé égoïsme, que vous n'êtes pas à son service. Vous la cadrez sans vous justifier, tout en vous respectant. En 7, l'autodérision. Est-ce que vous avez vu le film 8 Miles, inspiré de la vie d'Eminem, qui en est le protagoniste ? À propos d'autodérision, je rime. je suis très consciente de mon accent en anglais qui est absolument terrible. Vous avez le droit d'en rire aussi. Alors, à propos de ce film, je vais essayer de ne pas vous le spoiler si vous ne l'avez pas vu, mais il y a une scène qui est très puissante dans laquelle ce jeune qui vit une situation socio-économique désastreuse, qui est harcelée, il va utiliser en fait comme arme la franchise, l'autodérision. Il va cracher à la face de l'autre toutes ses faiblesses, cracher dans le sens littéral du terme, Euh... pour lui dire ensuite, une fois qu'il lui a dit « ouais, je suis comme ça, comme ça » et maintenant, qu'est-ce que tu as comme levier pour essayer de me détruire ? Et de fait, l'autre n'a plus d'arme. Sans aller jusque-là, l'autocompassion, c'est bien se connaître, connaître ses valeurs et connaître aussi ses faiblesses et être ok avec ça. Et quand on se connaît et qu'on est apaisé avec soi, entre parenthèses, de l'intérêt d'un diagnostic et d'identifier nos propres schémas, Nos propres fonctionnements pour mieux se connaître et mieux s'accepter. Donc, quand on se connaît et qu'on est ok avec ce qu'on est, nos points forts, nos points faibles, nos failles, on peut pratiquer l'autorité d'érision. L'autre nous balance une vacherie qui est destinée à nous faire réagir. Ouais, t'as raison en fait, c'est vrai. Il essaye de nous faire culpabiliser, ouais. Mais tu sais, moi le premier, je sais bien que je ne suis pas parfait, donc bon, bah voilà. C'est vrai, j'ai ce défaut-là aussi. C'est pas de la victimisation. C'est vraiment désamorcer les tentatives d'emprise, de rapport de force, les efforts que fait l'autre pour nous faire réagir, et donc contester son impact et sa puissance sur nous. Alors, en résumé, c'est maintenant qu'il faut, si vous voulez noter, sortir le crayon, les huit points. 1. Organisez vos réseaux, organisez les rencontres de façon à n'être confronté à lui. que lorsque vous y êtes préparé et décidé, si possible. 2. Se montrer calme. Imposer à la personne un autre moment pour cet échange, un autre moment que celui qu'il veut provoquer là, maintenant. 3. Informer de vos limites et de vos conditions. 4. Faire des choses qui vous donnent confiance en vous et être patient avec vous-même. Cultiver l'autocompassion. En 5... restez sur le factuel, ramenez la personne au sujet, avoir des témoins si possible, notez tout ce que vous lui avez dit. En 6, restez fixés sur vos priorités, considérez vos priorités comme ayant autant d'importance que celles de l'autre. En 7, l'autodérision qui peut désamorcer et désarçonner, qui peut faire perdre son pouvoir à la personne qui abuse. Et en 8, j'ajoute certaines techniques de respiration ou pour se reconnecter au présent, au sensoriel, qui peuvent réellement apaiser une crise de panique, un rythme cardiaque qui s'emballe. lorsque l'autre vous a envoyé un message ou vous a fait des remarques qui vous font réagir fort, c'est un moyen très concret, non négligeable à avoir sous le coude. Voilà, c'est la fin. Merci d'être resté jusqu'au bout. J'espère que ces réflexions vous apportent des pistes et vous font du bien. Mes excuses à ceux d'entre vous, et vous êtes nombreux, ceux qui me l'ont dit, qui sont très sensibles au niveau auditif. J'ai dû m'y reprendre à plusieurs fois sur cet épisode. Je vous avoue qu'il fait très chaud. Et qu'un podcast par semaine pendant ce mois d'août, en plus de la fatigue de l'organisme liée à la chaleur ambiante, à la travail, parce que sur mon travail actuel, j'ai beaucoup beaucoup travaillé ce mois d'août. Et le travail que représente toute la préparation, le travail de recherche, l'écriture de ce podcast, ça fourche encore. Ça a été chaud dans tous les sens du terme. Ma voix a souvent flanché ou fourché. J'ai essayé de couper, parfois je suis un peu maladroite, je ne le fais pas bien. Donc je suis désolée. Je me rends compte que c'est quand même sacrément physique quand ce n'est pas notre métier d'enregistrer pendant une heure. J'ai pratiqué les exercices de respiration pendant les pauses pour essayer de me recentrer. Donc merci vraiment pour votre indulgence. Et je finis en vous disant ces trois choses. Si vous êtes dans une situation difficile, n'hésitez pas à prendre contact avec un professionnel de la santé mentale au fait du TSA. Au fait du TSA et qui connaît les spécificités de l'accompagnement. Par exemple, dans le cas du TSA ou féminin, si vous êtes une femme, des doubles spécificités TSA et HPI ou TSA et... TDAH si vous êtes concerné. À titre personnel, je suis en pleine transition professionnelle et je suis en train de me former. Je ne suis pas encore en capacité, parfois on me l'a demandé, mais je ne suis pas encore en capacité d'accompagner. Si cette chronique, la deuxième chose que je voulais vous dire, si cette chronique vous a aidé et que vous pensez qu'elle peut faire du bien, surtout partagez-la en la citant et merci, ça me fera très plaisir en plus. Et je pense que c'est un sujet important. Je pense qu'on est tous concernés en fait. Et la dernière chose, la plus importante, souvenez-vous, et je termine là-dessus, souvenez-vous, vous avez le droit au bonheur.