- Speaker #0
Flamme des années 80,
- Speaker #1
le podcast qui allume la femme.
- Speaker #0
Bonjour, alors on est très heureuse aujourd'hui de recevoir Gaïa, qui va nous parler de plein de choses parce que c'est une personne multiple, qui a des multiples facettes et on va parler beaucoup d'écriture. Est-ce que tu veux te présenter Gaïa, s'il te plaît ?
- Speaker #1
Oui, avec plaisir, c'est jamais le... La partie la plus facile, mais oui. Je m'appelle Gaïa Nataf. Je l'accompagne des artistes en particulier, mais à peu près toute personne qui cherche à asseoir une expression authentique d'elle-même dans sa vie aussi, ou dans son œuvre. Ce n'est pas forcément son œuvre écrite ou son œuvre artistique, ça peut être aussi juste sa vie. D'avoir envie de créer et de faire quelque chose qui nous ressemble. qui n'est pas forcément un copier-coller de ce qu'on nous demanderait de vivre. Et donc effectivement, dans mon accompagnement, ça a commencé effectivement, moi-même, j'ai commencé un travail thérapeutique pour moi, parce que c'était un sujet. J'avais très envie d'écrire, j'avais très envie de créer, très jeune. J'ai vécu dans un environnement où il y avait beaucoup de dissonance entre ce que je voyais, ce que je ne voyais pas, ce qu'on me disait, ce que je voyais, ce que je vivais, et la vérité de ce que je ressentais. Et dans le théâtre et dans le cinéma, dans certains endroits, j'ai découvert qu'il y avait des personnes qui jouaient des rôles, et pourtant ça ne sonnait plus vrai que dans mon propre environnement, donc ça m'a tout de suite vraiment intéressée et attirée. Donc j'ai commencé vraiment à être très intéressée par l'espace de scène, d'expression, d'avoir envie d'écrire des spectacles, d'écrire des films, des livres. Mais des très petites, je savais que voilà, il y avait dans le fait de raconter bien une histoire, il y avait une manière de toucher les gens et de, voilà, élever le niveau de conscience, de trouver des solutions. Il y avait quelque chose comme ça, même presque d'un peu arrogant, en fait, dans mon petit âge d'ado. Et en fait, très vite, je me suis retrouvée très emmerdée parce que j'en étais incapable. Donc, en fait, j'avais des idées qui... qui, moi, me semblait génial. Je l'ai trouvé super. Tu sais, quand dans ta tête, tout à coup, tu vois des connexions, tu as des idées, tu as des infos, tu te dis, « Mais ouais, je vais faire ça comme ça. » C'était vraiment attirant, stimulant. C'était un monde intérieur qui était vraiment... qui exigeait, en fait, que je m'y colle et que je le fasse. Et en pratique, je m'asseyais. Et j'étais incapable d'écrire. J'étais incapable de faire. Je n'arrivais pas à m'organiser. Je m'endormais sur ma feuille. J'avais tout un tas de symptômes, parfois presque. Tu sais, j'avais vraiment l'impression que j'allais m'approcher de mon bureau et qu'il allait y avoir une tempête et des trucs qui allaient me jeter dessus pour pas que j'y aille. C'était un truc de dingue.
- Speaker #0
Et comment tu expliques ça, ce fait qu'à un moment donné, tu as envie d'écrire ?
- Speaker #1
Ça, c'est 30 années d'expertise. C'est tout mon travail, c'est d'essayer de comprendre. Qu'est-ce qui s'est passé ? Qu'est-ce qui s'est mis entre moi et mon pouvoir créatif ? Qu'est-ce qui s'est mis entre moi et mon pouvoir créatif ? Et ça a été toute une quête qui m'a amenée vers un grand nombre de thérapies. J'ai vraiment essayé très tôt, très jeune, j'ai commencé une psychanalyse à 19 ans. toute seule, j'y suis allée directe, j'ai dit bon ben voilà c'est ça, assise deux fois par semaine pendant 19 ans, je me suis formée ensuite en psychanalyse mais j'ai pas été plus loin parce que c'était pas non plus là que j'avais vraiment envie d'aller développer et puis j'ai vraiment été très curieuse de comprendre mais comment c'est possible en fait que tout dépend que de moi j'ai tout ça là-haut, dans ma tête qui est si riche et par contre ça ne descend pas, il y a un problème pour matérialiser matérialiser ce que j'ai, qui je suis, ce que j'ai envie d'exprimer. Donc évidemment, ça m'a amenée vers beaucoup de formations, un grand nombre de thérapies. J'ai fait mon ménage, évidemment. Il y a eu des choses qui étaient très utiles à un moment donné, d'autres à un autre. Donc c'était vraiment... C'est même beau aujourd'hui de voir ça avec le retour, comment est-ce qu'en fait mon désir de créer et d'être dans cette démarche artistique a été mon drive. Je pense que je n'aurais même pas... On a tous une raison pour laquelle on va en analyse, en fait, ou on va en thérapie. Ça dépend de ce qu'on cherche à guérir dans sa vie. Mais moi, c'était ça. J'ai dit, mais ça me rend dingue, en fait, je ne peux pas. Et puis, en fait, ça devenait vraiment douloureux parce que je me dis, mais c'est un truc de dingue. Je veux dire, pourquoi je n'y arrive pas ? Donc, après, il y a tout un problème de confiance, d'estime. Et puis, pendant ce temps, les gens avancent, font des enfants, créent des familles. Et puis, toi, tu n'as toujours pas réussi le truc que tu veux faire depuis toujours. Ça n'a pas de sens. Donc, c'était complètement dingue. Ça a été une grande quête, un grand travail. Et puis, comme dans tous les problèmes qu'on cherche à résoudre, on résout non seulement le problème qu'on avait en besoin de résoudre, mais en plus, on récolte des cadeaux encore plus grands. Du coup, j'avais envie de le partager. Et c'est comme ça que j'en suis venue à accompagner de la manière dont j'accompagne, qui évidemment utilise tous les outils pour lesquels je me suis formée au cours du chemin. Donc, j'ai été formée dans des techniques, dans des thérapies, de coaching, j'ai fait beaucoup de coaching, j'ai fait beaucoup de systémie, évidemment. Donc, je facilite des constellations systémiques et familiales. Par mon histoire et par ce qui m'intéressait, par là où je vivais aussi, je me suis beaucoup intéressée et je me suis formée pour tout ce qui est trauma, en somatique experiencing. Et puis, il y a l'énéagramme. qui est venu sur mon chemin après je ne sais pas combien de psychanalyses, où j'ai découvert en deux jours en fait ce que j'avais mis dix ans à récolter en thérapie allongée. Et j'ai dit « Ah d'accord ! » Après, évidemment, c'est aussi parce que j'avais fait tout ce travail en amont que c'était si facile de récolter les perles. Mais malgré tout, c'est vrai que c'est un outil magique qui est arrivé, je pense, sur Terre il y a des milliers d'années, comme un cadeau pour nous. Et c'est à nous de savoir aller le cueillir, voir ce qu'il peut nous apporter dans cette quête de connaissance de soi. qui n'est pas uniquement une quête pour soi. C'est un peu ce que j'avais envie de partager aujourd'hui. C'est marrant parce qu'à l'époque, quand j'ai commencé mes thérapies, tout le monde se foutait de ma gueule. Elle me disait, ça va, elle passe sa journée à bouffer des graines, à faire du yoga, à méditer. J'ai fait mes premières vipassanas il y a 15 ans. C'est des trucs, j'ai commencé à un petit moment. Je n'allais pas bien, il fallait, j'avais besoin. Moi, je n'ai pas pu voir comme tout le monde. Je n'ai pas pu grandir et découvrir à 40 ans que je n'allais pas bien. Ce n'était pas OK. Il y avait du travail très tôt. Donc, quelque part, j'ai gagné du temps. C'était une chance. Et aujourd'hui, c'est vrai qu'il y a ça, cette espèce de... Le monde ne va pas très bien. On se rend de plus en plus compte qu'en fait, objectivement, on a à peu près tout pour aller bien. Mais il y a quand même des trucs qui clochent. Et finalement, ça nous oblige à aller regarder ce qui se passe. Et il y a... Il y a une démarche très utilitariste parfois par rapport à la thérapie. C'est-à-dire, je vais aller voir telle personne et puis je vais résoudre ça, je vais pouvoir obtenir ça. Je vais faire ça, je vais pouvoir obtenir ça. Il y a quelque chose un peu de consommation. On reproduit notre façon d'être et d'avoir grandi, même dans le côté thérapeutique. Alors qu'il y a aussi une démarche plus spirituelle presque par rapport au fait d'aller chercher. Qui je suis au fond vraiment ? Quel est mon chemin à moi ? Qu'est-ce que j'ai vraiment à faire ? Qu'est-ce que je peux partager ? Et puis voilà, ma place à moi et ce que j'ai à faire, ce n'est pas celle de l'autre et c'est très bien comme ça.
- Speaker #0
C'est hyper intéressant. Tout ce parcours est vraiment riche. Et surtout, si on revient à la base de ta problématique qui était j'ai tout dans ma tête et tout est là et je vois les images et je n'arrive pas entre guillemets à les... accoucher tout ça et à mettre au monde et à justement être connecté il ya aussi un rapport parce qu'on en a un petit peu parlé aussi en amont en préparant l'émission ce sera qui est très important pour toi c'est ce rapport à l'ouverture du coeur en fait et que l'écriture passe aussi par justement cette ouverture du coeur et le fait parce que là vous ne voyez pas me fait des gestes entre la tête qui garde tout et qui est sûr et qui est sûr d'elle et puis un moment donné quand on veut le mettre et le sortir donc en passant par voilà le le Le bras qui est connecté au cœur, cette écriture où se fait de le sortir comme ça, c'est là où ce blocage est. Et ce qui est joli, c'est tout ce que tu racontes, c'est tout ce parcours qui est long, mais qui permet cette reconnexion et qui permet aussi de s'aligner avec qui on est, de pouvoir justement écrire plus facilement. Et écrire, c'est plus que ça, c'est devenir qui on est. Est-ce que je me trompe ?
- Speaker #1
Oui, c'est exactement ça. C'est-à-dire que dans l'écriture... Disons qu'il y a deux choses que je voulais donner par rapport au processus de l'écriture. Il y a des personnes qui ne sont pas obligées d'utiliser leur cœur pour écrire. Ça, c'est clair, on le sait. Si vous regardez certains livres, c'est écrit juste sur un plan très mental, très intellectuel, très conceptuel. C'est dans le monde des idées, c'est dans le monde informationnel. Et ça, il y a des gens qui nagent là-dedans avec grand plaisir, qui font de l'ordre, qui mettent des trucs dans des cases et qui peuvent... Pondre des livres là-dedans, dans cet espace-là, qui vont avoir un certain succès d'ailleurs, parce qu'on est dans une société qui valorise énormément le monde mental et intellectuel. Après, moi, de par mon expérience enfant...
- Speaker #0
Ce n'était pas celle-là,
- Speaker #1
t'inquiète. Ça ne veut pas dire que je ne voulais pas faire quelque chose d'intelligent, de drôle et tout ça. Mon rêve, évidemment. Mais je savais qu'il y avait autre chose. Et voire même, j'étais... Tu sais, les artistes, on a ça souvent, c'est que quand on voit quelque chose chez les autres acteurs, artistes, etc., qui nous sonne faux, ça nous agace. Ça peut même parfois nous dire « Ah, c'est nul, ça sonne faux, c'est pas authentique » . Il y a ce rapport très direct entre l'authenticité et l'art. Pourquoi ? Parce que... Il y a quelque chose qui peut être très artificiel, finalement, dans ce qui peut être produit dans certaines œuvres, qui peuvent être très intelligents, mais pas forcément authentiques, dans le sens, c'est quelqu'un qui a vraiment ressenti ce qu'il est en train de raconter, quelle que soit la manière dont il raconte, que ce soit par une musique, un film, des chansons, un livre, une série, peu importe. Mais en tout cas, c'est passé par son corps, ça a été ressenti, ça a été vécu. profondément de manière à ce qu'on sente qu'il y a une vérité qui vient de plus loin. Et moi, comme je le disais au départ, c'est ça en fait qui m'a attirée toujours, toujours, toujours, toujours, toujours. J'avais besoin de goûter à cette vérité, mais c'était une quête qui était plus grande que moi. C'est vraiment un besoin presque profond qui me rassure en fait, parce que il y a quelque chose dans l'incarnation quand quelqu'un est vraiment présent dans son corps. disponible, pleinement lui, pleinement là, qui est merveilleux, qui brille, qui est lumineux, qui est expressif. Ce sont des personnes qui guérissent par leur présence même, sans même qu'ils aient besoin de créer. Et ça, en fait, il y a plein de choses dans la vie qui peuvent t'empêcher d'avoir cette qualité de présence à toi-même. Et ça, c'est ce qu'on retrouve notamment dans un des podcasts que j'ai écouté, qui est super sur toutes les problématiques de trauma. qui est pour moi la maladie de notre société, c'est-à-dire la dissociation et notre incapacité à être pleinement présente dans notre corps et à ressentir ce qu'on a à ressentir, c'est ce qui fait qu'on vit dans une société où on est déconnecté du sol, on est déconnecté de la réalité de ce qu'on vit et on est déconnecté les uns des autres parce qu'on ne ressent pas vraiment ce qu'on a à ressentir. Et quand on est dissocié, quand on n'est pas pleinement dans son corps, du coup, on est très fragile. par rapport aux propositions de l'extérieur. On va du coup penser que c'est ça qui est bien, on va du coup penser que c'est comme ça qu'on voudrait faire. On va faire les choses de manière déconnectée de notre corps. Alors qu'il y a plein d'infos qui sont essentielles dans nos sens, dans notre corps, dans notre cœur, qu'il faut apprendre à écouter.
- Speaker #0
Le trauma, par exemple, parce que souvent, c'est un mot qui fait peut-être faire un peu peur, en disant « non, mais moi, je ne suis pas traumatisée » , mais on est beaucoup à être traumatisés.
- Speaker #1
La société nous dissocie en permanence. La société, sans parler de ceux qui ont vécu des incestes, des viols, ou même des violences ordinaires, ça a un impact monstrueux. Si tu grandis dans une famille qui a l'habitude de t'humilier, de faire des vannes, qui sont méchantes, qui ont un regard, en fait... C'est un regard, avant tout. Quand t'arrives au monde, t'arrives dans une famille, toi t'as des gens qui portent un regard sur toi, ils vont projeter sur toi plein de choses. Et toi tu vas prendre des choses là-dedans, sans t'en rendre compte, plus ou moins consciemment et inconsciemment, tu vas absorber ça, puis il n'y a pas que tes familles qui projettent sur toi, il y a la société qui projette sur toi, il y a l'environnement sur lequel tu es, enfin tu es vraiment... en train d'absorber des tonnes d'histoires, en fait. D'histoires auxquelles t'appartiens, d'où tu viens. Puis alors, on voit bien comme les histoires peuvent aller loin, puisqu'il y a des gens qui tuent à partir d'une histoire. Parce qu'on y croit tellement que c'est comme ça qu'on doit faire. Donc, l'histoire, c'est hyper important. Donc, t'arrives dans une famille, t'es pas vierge et neuf. C'est comme si t'arrivais dans une série, dans une saison où il s'est passé déjà des trucs avec les personnages. Tu n'étais pas neutre. Tu arrives dans un environnement, un décor, etc. Et ça va avoir beaucoup d'influence sur toi. Et dans cette problématique par rapport à l'histoire, c'est que quand on est dans un environnement qui va nous créer des tonnes de problématiques, où en fait, ce qu'on ressent authentiquement à l'intérieur de nous, et ce qu'on nous demande de vivre dans notre environnement, ça va créer des coupures. On ne va pas pouvoir... continuer de dévoiler authentiquement qui on est, parce qu'on se rend bien compte que si on continue de pousser comme on aimerait pousser authentiquement, on perd le lien. C'est toutes les théories de l'attachement qui sont super bien expliquées par Peter Levy, notamment, ou par Gabor Maté. Mais ça, ça a été à la base, c'est la base, je pense, de beaucoup, beaucoup, beaucoup de problématiques. C'est-à-dire que quand on pense que ce qu'on est ou ce qu'on veut dire... ou ce qu'on veut faire pourrait créer un problème, un conflit, un rejet de l'autre côté, on va souvent annuler. toute cette expression-là au profit d'un narratif qui va plaire et satisfaire le collectif dans lequel on est, pour pouvoir continuer à être entouré, parce qu'on ne veut pas être sale, c'est hyper dur. Et en tant qu'artiste, c'est pour ça que je reviens sur la partie de l'écriture, et en tant qu'artiste, tout ça, toutes les histoires qu'on s'est racontées, ou toutes les histoires qu'on nous a racontées, tout ce monde-là dans lequel on a évolué, ça va vraiment impacter notre capacité à être libre dans notre expression. Il y a plein de gens qui ont des histoires merveilleuses à écrire, et j'en connais beaucoup, mais même si c'est très loin, même si ce n'est pas conscient, si à un moment donné, dans leur tête, ils imaginaient que ce livre pourrait sortir et pourrait déplaire à bidule, à machin, etc., paf, ça s'arrête net, il n'y a plus d'espace. Donc il y a vraiment un travail à faire dans le fait d'accepter et de revivre de la sécurité dans le fait d'exprimer qui je suis. Même si ça ne plaît pas à Tati, à papa, à maman, ou à vos copains d'école, il y a des gens qui gardent comme ça des peurs d'exprimer qui ils sont avec des gens dont ils se foutent complètement. Alors, ça ne veut pas dire qu'on doit dire ce qu'on veut, faire ce qu'on veut, et j'en ai rien à foutre, je vous emmerde si je ne vous plaît pas. Mais il y a un endroit à trouver comme ça. Quelle est ma juste expression ? Je peux rester en lien tout en ayant... ce rapport authentique.
- Speaker #0
Et puis des fois, le lien, on n'en a pas forcément besoin. Ça peut être aussi des liens qui sont toxiques et de les couper, ça peut être aussi une bonne idée de temps en temps.
- Speaker #1
Il y a des grandes chances, effectivement. De toute façon, quand on reprend, si on revient sur les personnes qui ont évolué dans une famille difficile, enfin, je veux dire, c'est quand même pas rien. On peut arriver dans une famille où finalement, l'environnement qu'on nous propose, le monde dans lequel on évolue, ne nous correspond pas. Et donc du coup, on va continuer à rester dans ce bain-là, c'est comme des plantes, il y a des personnes qui ne sont pas forcément au bon endroit et ils vont avoir besoin de trouler qui ils sont pour pouvoir pousser et grandir sereinement. Et effectivement, dans le cas de trauma, c'est particulièrement délicat, cette histoire de dissociation, le fait de ne pas avoir la possibilité d'être pleinement à l'intérieur de soi, parce que quand on n'est pas pleinement à l'intérieur de soi, on ne peut pas sentir. C'est... là maintenant, on est complètement pleinement dans notre corps, en pleine conscience de ce qu'on ressent, de ce qui se passe, de ce qui se passe dedans, mais de tout petit, de subtil, que je ne suis pas en train de courir parce que je suis en mode survie, ou que je ne suis pas entourée de triggers qui me font me déconnecter. J'ai plein de richesses, j'ai plein d'infos, j'ai une respiration qui est pleine, il se passe des choses qui sont... tellement intense et tellement riche et tellement de conscience. Il y a tellement de cadeaux dans cet espace de conscience. C'est pour ça que d'ailleurs, on invite à faire du silence, à méditer. Ce n'est pas plus compliqué que ça pour gagner en qualité de conscience et en qualité de présence. Et là, quand on est dans cet espace-là, si j'avais trouvé cette qualité de présence à l'époque où j'avais ces idées-là dans la tête, mais ça descend tout seul, en fait. Ça descend tout seul. Donc, ce qui bloquait en fait, pour revenir sur ma petite histoire à moi et qui est celle que j'amène aujourd'hui. C'est qu'en réalité, ma tête et mon corps étaient complètement déconnectés, totalement déconnectés, à tous les niveaux. Ma tête, mon cœur et mon corps ne fonctionnaient pas ensemble. Il y avait des courts-circuits à tous les endroits pour des raisons traumatiques, pour plein de choses qui sont en histoire. Mais ça, c'est des choses qu'on peut retrouver chez énormément de monde. Et aujourd'hui, on vit dans une société qui nous pousse à ça. On voit les films qu'on voit aujourd'hui, la vie qu'on a aujourd'hui, tout est fait pour nous stimuler, pour nous amener encore plus de choses qui nous choquent, pour attirer notre attention, pour nous plaire, pour capter notre regard, pour capter notre attention. Tout est fait pour attirer notre attention en permanence. Et ce qui est fait, les techniques qui sont faites pour attirer notre attention, sont des techniques qui nous empêchent cette connexion. Parce que ça va trop vite, c'est trop fort, c'est trop intense. Quand on cherche cet espace, cet contact, souvent on va quand même avoir besoin d'avoir des temps où on est capable de s'isoler, un rythme qui est beaucoup plus lent. Ça ne marche pas en fait. Imagine-toi, tu es en train de courir, tu as un avion à prendre, tu dois faire des milliards de trucs avant de choper ton avion, ce qui est un état dans lequel la plupart des gens vivent en fait, avec toujours un avion à prendre. Mais tu n'en as rien à foutre, tu bouffes comme ça, tu attrapes un truc sur la route, le truc il est tombé, ce n'est pas grave, je le nettoierai plus tard. Ça nous fait vivre dans des conditions qui sont un bordel pas possible et qui n'est pas du tout propice à la créativité, qui n'est pas propice à la création de manière générale. Je pense qu'il y a, je le sais, il y a un espace créatif qui est beaucoup plus beau, beaucoup plus riche et qui a une dimension sacrée et spirituelle que... qui mérite d'aller faire un petit tour. C'est-à-dire que c'est tellement beau de voir quelqu'un qui commence à écrire, à créer, à découvrir ce qu'il a à dire, à oser dévoiler, se montrer comme il est, sans porter de responsabilité extérieure, sans avoir de message, juste se laisser voir, c'est d'une richesse incroyable.
- Speaker #0
Et du coup, on peut venir te voir justement si on est un artiste, si on a un projet d'écriture, de livre, ou alors même si on a eu envie d'écrire ou pas forcément, c'est pas quelque chose qui nous stimule comme toi, ça pouvait te stimuler, mais c'est aussi un outil. Il y a deux catégories, on peut venir te voir à la fois si on est un artiste et qu'on a envie d'écrire un livre, un film, et qu'on est dans ce processus d'écriture où on ressent quelques blocages, ou même pour nous stimuler et nous motiver. Et aussi si on est une personne... On veut se reconnecter juste à nous-mêmes. C'est aussi un outil un peu thérapeutique, on peut dire ça comme ça ?
- Speaker #1
Complètement. La création, c'est thérapeutique en soi. C'est-à-dire que, d'ailleurs, on le voit bien, quand on ne va pas bien, c'est difficile de créer. Il y a des émotions qui bloquent complètement la création. La honte, la culpabilité, c'est des énergies qui vibrent dans des fréquences qui ne permettent pas la création. Qu'elles soient présentes dans le moment présent ou qu'elles soient du passé, il n'y a pas grand monde qui peut créer avec ça, qui tape à la porte. Donc, évidemment, et puis quand on arrive devant une page blanche, la page, elle n'est pas blanche. Tout ce qu'on n'a pas réussi à exprimer, tout ce qu'on n'a pas réussi à traiter, à conscientiser, ça va vouloir sauter sur le papier. Donc, ça va nous gêner, ça va nous déranger. On va vivre des sensations qui vont nous empêcher finalement d'aller au bout. J'ai trouvé en fait dans le processus créatif et dans la démarche d'aller écrire, c'est un parcours initiatique finalement en soi. Et effectivement, c'est ouvert à tout. Il y a quelques jours, j'ai fait une constellation pour une femme aux États-Unis qui écrit un livre. Je fais des constellations aussi pour les artistes en constellant les livres et les personnages pour voir où on en est. C'était génial, cette histoire-là. Pour te donner une idée de ça, elle n'est pas du tout artiste, elle n'est pas du tout autrice, elle n'a jamais écrit de sa vie, mais elle a eu une idée quand elle était petite. Et cette idée, elle ne l'a pas lâchée. Elle a suivi, elle a grandi avec elle, elle a évolué avec elle, mais régulièrement. Ça a traversé son esprit qu'elle aimerait bien écrire cette histoire, mais en se disant « ce n'est pas mon métier, je n'ai aucune compétence, je ne sais pas, je ne sais pas, je ne sais pas, je ne sais pas » . Aujourd'hui, elle a 75 ans, elle a la retraite, elle dit « le monde va très mal, je vais au moins détourner mon attention, je vais finir par… je vais essayer, voyons voir » . Elle en a écrit près de 80 % de son histoire, ça fait 5 ans qu'elle est dessus. Ça l'occupe et elle récupère des cadeaux pour elle. mais pour les autres, de toute sa vie, à travers cette histoire qu'elle raconte. Donc moi, les artistes, c'est très français aussi, ça c'est l'espèce de cadeau, ils souhaitent être intermittents du spectacle ou pas ? Mais non, en fait, c'est à raconter des histoires et chaque expérience de vie est riche. Chaque expérience de vie, on vient là, sur cette terre, on vient vivre cette expérience-là parce qu'on a des choses à vivre et des expériences à vivre et on a un regard. Un artiste, c'est un regard. Et chacun a un regard particulier, de préférence qui est capable de capter la beauté, l'amour, la vie. Et s'il est capable de capter la beauté, l'amour, la vie, et que chacun me dit « Tiens, moi, tu vois, je vois la beauté là. Elle est comme ça, moi, je la vois là. Elle ressemble à ça dans ce petit truc que je vois dans le ci ou ça. » Chacun va capter l'amour, la beauté et la vie à sa manière. Et on a tous intérêt à partager ça. Si moi demain je te lis et que tu me dis mais regarde la beauté, l'amour, la vie c'est comme ça, mais ça va m'enrichir la prochaine fois que je vais le voir, je vais le voir aussi. Si moi je te dis moi je le vois là et on va pouvoir s'inonder d'oeuvres qui vont nous permettre de voir les uns les autres ce qu'on n'arrive pas à voir quand on ne va pas bien, c'est-à-dire elle est où la beauté, l'amour et la vie. Et aujourd'hui on a beaucoup d'oeuvres qui existent, qui sont parfois très drôles, très intelligentes, très marrantes, très stimulantes, très divertissantes, mais il n'y en a pas beaucoup qui nous montrent comment c'est l'amour, la beauté, la vie. une belle relation il y a beaucoup plus de films qui nous montrent comment ça déconne et parfois c'est bien quand on a la conscience de voir comment ça déconne ça nous permet de voir on est des aides de représentation mais il y a quelque chose on a chacun notre part à jouer et il y a plein de choses qui vont nous empêcher de le faire avec notre égo de si je veux le faire c'est au moins il faut que ça vaille le coup parce que ça va me demander des efforts je m'aime pas je suis incapable d'aimer ce que je produis quelqu'un qui ne s'aime pas, il va écrire un texte magnifique et j'en vois tous les jours dans les cercles d'écriture avec les gens avec qui je travaille. Ils ne sont pas capables, ils vont créer des trucs merveilleux, mais ils ne vont pas être capables dans leur regard de voir ce qui est beau en eux. Donc le travail d'écriture au quotidien, comme je le propose dans les cercles créatifs d'écriture, c'est un travail de guérison multi. multidirectionnel, il est pour soi d'abord, mais aussi pour l'autre, parce que si toi t'arrives à trouver ce chemin là pour toi, tu vas aussi pouvoir montrer à l'autre une piste qui toi en tout cas a fonctionné.
- Speaker #0
Et c'est intéressant parce que du coup tu accompagnes aussi des femmes qui ont subi des violences ou des traumas, c'est des choses qui permettent de se reconnecter aussi, parce qu'on a fait pas mal d'émissions sur les violences au mois de juillet, je vous invite à aller voir qui sont un peu des kits de survie entre guillemets pour nous et aussi pour les autres, et à partager à des femmes justement qui ne... qui ne savent pas forcément ce que c'est la violence psychologique, parce qu'on apprend, quand on est dedans, on n'en a pas forcément conscience. Et du coup, ce genre de femmes ou d'hommes, parce que là on est sur les femmes, mais d'hommes qui ont ressenti des violences, pour la guérison justement, comme tu l'as très bien expliqué, entre la tête et le corps, refaire ce lien qui a été en général détruit quand on a vécu des violences, ou en tout cas qui est assez abîmé, pouvoir le reconnecter, le relier. le réparer, en prendre soin, entre guillemets. On peut utiliser tous les superlatifs qu'on veut. On peut venir aussi te voir dans ces groupes d'écriture-là. Comment ça fonctionne, en fait, si on veut venir te voir dans un groupe d'écriture ?
- Speaker #1
Vous pouvez me contacter et s'inscrire. Les cercles d'écriture que je propose, c'est des cadres qui durent 30 jours. C'est des cadres d'engagement qui durent 30 jours. Effectivement, quand on a... Beaucoup d'artistes, d'ailleurs. Quand on a vécu un drame, quelque chose d'absolument tragique, terrible qui nous éclate en mille morceaux. On va vraiment avoir besoin d'aller chercher les petites parts de nous, de remettre du sens dans ce qui nous est arrivé, souvent effectivement ce qui explique très bien dans un des podcasts que j'ai écouté sur les traumas, etc.
- Speaker #0
C'est EMDR et Gestalt thérapie pour les gens qui veulent l'écouter. Elle s'est très bien expliquée par un psychiatre, justement. Parenthèse refermée.
- Speaker #1
Donc, il y a effectivement, quand on a vécu un... Il y a besoin de retrouver du sens, et puis surtout quand il y a eu des violences dans l'enfance, il y a tout le processus de mémoire traumatique, il y a un problème sur la réalité, la vérité, qu'est-ce qui se passe quand tu vis un abus sexuel, un viol, etc. Il y a deux mondes qui ne collent pas, il y a ce que tu as vécu, et puis l'agresseur souvent et le monde autour qui fait comme si ça n'était rien passé. Donc il y a vraiment un gouffre dans lequel la personne peut se retrouver très seule. et ne pas avoir confiance. D'abord, l'estime de soi, souvent, est très attaquée et la capacité à être dans son corps et ressentir ce qu'il y a à ressentir, elle est très difficile. Donc, trouver une activité... qui va te permettre d'avoir des petits temps par jour, tous les jours, un petit peu de connexion, c'est incroyable. Les résultats que je vois chez les personnes que j'accompagne, ils sont juste incroyables. Et en plus de ça, ça se voit, les personnes qui ont vécu des drames comme ça, qui arrivent à guérir, souvent écrivent un livre, mais ce n'est pas parce qu'elles ont besoin absolument de se raconter, c'est parce que c'est une nécessité. C'est-à-dire quand tu as fait face à quelque chose d'absolument abominable, que tu as pris le temps d'aller travailler à l'intérieur, de voir comment tu peux te réparer, Il y a une urgence à vouloir partager cette conscience parce que tu sais que toi-même, ta guérison, elle n'est pas complète si ça ne s'arrête pas, en fait. Et on a envie d'aider l'autre à mieux comprendre qu'est-ce qui est touche, qu'est-ce qui fait mal, qu'est-ce qui fait que ça arrive. Et chacun avec son regard à lui, son prisme à lui, c'est très individuel, en fait. Donc, effectivement... C'est aussi très ambitieux de se dire, pour les personnes qui ont vécu des abus, c'est très flippant de se mettre devant une page et de se dire, allez, je vais écrire mon histoire. C'est impossible comme ça, sans un cadre d'accompagnement. Souvent, en plus, les post-traumas, il y a tout un grand nombre de conduites derrière qui empêchent l'écriture, notamment la dissociation, les addictions, la fatigue intense, le mode survie. C'est pas assez stimulant, le papier et le stylo. Ils vont fuir les endroits qui vont les canaliser, les calmer, etc. Alors que c'est ce dont ils ont le plus besoin. Donc effectivement, si on a envie de jouer avec ça, puis moi c'est ce que je fais au quotidien, c'est-à-dire on joue avec les ressources. On va parfois écrire sur des choses qui sont des ressources. Et ensuite, tout doucement, on va aller vers l'histoire. Mais chacun le fait à son rythme, de la manière... Ça va apparaître dans sa vie, tout pour... Si tu veux... Tout ce qu'on a vécu, tout ce qu'on a à l'intérieur de nous, qu'on le veuille ou non,
- Speaker #0
Ça va s'exprimer à l'extérieur par notre quotidien, notre vie qu'on est en train de créer, dans les relations qu'on va créer, dans le boulot, dans ce qu'on fait. Donc plus on arrive à prendre du temps pour aller mettre de la conscience sur ce qui nous anime, sur ce qui se passe à l'intérieur, et faire le tri, il y a des trucs qui nous pourrissent la vie, des pensées, des émotions qui restent là, qui ont besoin d'attention et d'être traitées et transformées. Et ensuite, on est libre de créer quelque chose de nouveau. Donc, les cercles que j'ai créés, ils durent... C'est des modules de 30 jours. Les personnes, en fait, s'engagent sur un certain nombre de cercles. Parce que c'est... Enfin, il faut arrêter. On ne peut pas créer quelque chose en 30 jours. Évidemment, c'est un temps qui est beaucoup plus long. C'est un processus qui est plus long. Mais disons que tous les 30 jours, on fait une petite pause et on reprend. On change un peu de groupe pour remélanger l'énergie un petit peu parfois. Et puis, il y a un accompagnement, il y a un certain nombre d'ateliers. Chacun vient quand il veut, quand il peut. Ça se fait à distance, donc c'est très libre et très autonome. Et en même temps, on joue le jeu de cette discipline, de cette contrainte d'écrire tous les jours, c'est-à-dire même quand on ne veut pas, même quand on ne peut pas, même quand on n'a pas le temps. Et cette espèce d'ancrage qu'on va trouver chaque jour à écrire un petit texte, ça va nous obliger, dans les jours où on est le plus dissocié ou dans les jours où on est le plus agité, à quand même... se raccrocher à un fil et quelque part on va arriver petit à petit à l'intérieur de soi, à trouver cet endroit safe, qu'on peut écrire et dans les groupes évidemment que j'ai, il n'y a pas de commentaires il n'y a pas de jugement, donc on réapprend aussi à s'exprimer sans que les autres tout le temps nous donnent leur retour, on apprend aussi à faire avec, ok j'ai dit tout ça, bon ben il n'y a pas mort d'homme déjà c'est cool
- Speaker #1
Puis c'est une façon de se reconnecter. Moi, c'est marrant parce qu'on a eu cette conversation hier en préparant l'émission. Et c'est vrai que j'étais ultra contente de pouvoir t'inviter pour parler de l'écriture. Parce que moi, dans mon processus, justement, ça a été quelque chose de très important. Et j'ai senti à un moment donné... Moi, j'avais fait... À l'époque, j'ai vécu un moment de dépression assez forte quand j'étais jeune, quand j'avais à peu près 25 ans. Et du coup, j'avais fait Libérez votre créativité de Julia Cameron. Et donc ça passe par le travail d'écriture. Et il fallait tous les jours, pendant ce programme qui dure je crois que c'est 12 semaines, il faut écrire trois pages tous les jours. Et je m'étais mis ça et c'était la seule chose que j'arrivais à faire à l'époque. Et je m'étais connectée et c'était assez magique. Et c'est pour ça que j'illustre ton propos avec mon expérience, en écrivant ces trois pages au bout d'un moment. Il y avait quelque chose de magique qui se passait et je me reconnectais justement à moi. Et moi, ce qui était assez mignon pour la petite histoire que je vous partage, je l'avais appelée ma petite flamme. Et je sentais vraiment à l'intérieur de moi qu'il y avait encore quelque chose. Et il y avait une petite flamme qui était toute petite. Et le fait de l'écrire, ça me permettait justement de savoir qu'elle était là. Alors, je ne la faisais pas grandir à l'époque. Ce n'est pas une qu'il faut y aller tranquillement. Mais au moins, je savais qu'à un moment donné, dans la journée, il y avait un moment où je me reconnectais à ça. Et à force de s'y reconnecter... Au bout d'un moment, ça a grandi. Et puis maintenant, c'est la flamme des années 80. Et maintenant, mon but est de rallumer les flammes des femmes qui écoutent. Donc, je pense que je suis arrivée un petit peu, pas au bout, mais que je suis dans mon processus. Et voilà, c'est une petite histoire que je voulais vous partager parce que c'était un peu le pourquoi j'avais envie de t'inviter et que tu nous partages justement pour les auditeurs et les auditrices. Voilà, ce moment. Et cette petite flamme, elle peut être, comme on dit, dans un trauma ou quelque chose qui est un épisode dépressif. à un moment donné où ça ne va pas du tout pour vraiment se reconnecter, mais aussi dans des moments où les artistes peuvent être aussi en grande détresse de ne pas réussir à exprimer ce qu'ils veulent. Et c'est génial de pouvoir justement être accompagnée par toi ou savoir ou comprendre un peu comment ça fonctionne et qu'on a tous à l'intérieur de nous une petite flamme. Si on ne l'avait pas, on serait mort en fait. Et ça, c'est vraiment ce que moi, c'est ma croyance en tout cas, que je vous partage. Je ne vous invite pas, enfin, je vous invite à la croire, mais vous n'êtes pas obligés. Mais en tout cas, je pense que pour moi, c'est exactement ça. Et réussir à aller la voir, voir comment elle se porte, si elle est petite, si elle est grande, en prendre soin, avoir des bûches pour allumer le feu, puis avoir peut-être d'autres personnes qui peuvent donner encore des flambeaux pour que ça soit un peu plus grand. Voilà, ça c'est cette métaphore que je trouve super jolie. En tout cas, moi qui m'a fait beaucoup de bien à l'époque, et l'écriture, je trouve que c'est un moyen extraordinaire justement. Et donc, je suis trop contente de pouvoir avoir cette conversation avec toi aujourd'hui.
- Speaker #0
Mais ce que tu dis, je peux aller même encore plus loin. Le processus créatif, il est là-dedans. C'est-à-dire que c'est une intelligence bien plus grande que nous qui est là pour nous aider. Ce n'est pas pour rien si les personnes bloquent. C'est qu'il y a des choses qui ont besoin d'être exprimées avant de pouvoir exprimer d'autres choses. Et si toi, tu as déjà... Quand je relis mes cahiers, par exemple, moi aussi, j'écris depuis toujours, du coup, j'avais des cahiers, moi, je m'y accrochais parce que c'était la vérité, c'était la réalité. Ce que j'écrivais, ce que j'exprimais, c'était tangible, en fait. C'était aussi une manière de se raccrocher à sa mémoire, à ce que j'ai vécu, à l'expérience réelle. Et c'est là, dans mon papier, et même aujourd'hui, je reprends un cahier d'il y a dix ans. C'est comme si, en un instant, en le touchant, le papier, j'avais la mémoire de tous les cafés où je m'étais assise avec. et qui remontent à l'instant. Mais il y a des perles dans ce qu'on écrit dont on n'a absolument pas conscience quand on les écrit et plus tard font sens. Et c'est ça le processus créatif. Il faut accepter de perdre un peu le contrôle. On a aussi dans notre société une approche de la création et de la créativité qui est très claquée sur le patriarcat et sur le... les principes de pouvoir et de domination. On veut décider ce qu'on veut créer, on veut avoir un plan, on sait où on veut, on sait ce qu'on dit, on sait quoi, on veut tout. Il y a un espèce de contrôle qui ne devient, qui pour moi, n'est pas une attitude qui te permettra de... qui va fatiguer, qui va demander beaucoup d'énergie. Donc il y a des gens qui y arrivent parce qu'ils ont beaucoup de ressources et qui, je ne sais pas quoi. Tant mieux, mais on passe à côté de la magie de « attends, attends, attends » . Est-ce que si j'essaie de voir ce qui essaye d'être vivant en moi et qui a besoin d'être exprimé, qu'est-ce que je vais récolter ? Il y a une attitude un peu plus humble comme ça, d'écoute, de disponibilité, et juste tout simplement de faire avec humilité, tous les jours un petit peu, un petit texte. Et ce que je fais dans les cercles, c'est qu'on utilise toutes les problématiques qu'on rencontre à la création, que ce soit purement pratico-pratique de « mais non, mais je n'ai pas le temps, je suis trop… » Si t'as pas le temps pendant 30 jours, c'est qu'il y a un problème dans ta journée. Tu vois, je veux dire, tout le monde est là à scroller, à perdre le temps, nous échappe complètement. Si t'es pas capable de t'asseoir 5 minutes, parce que c'est vraiment 5 minutes, c'est qu'il y a d'autres choses à régler. Donc il y a toutes les problématiques qui soient purement dans la discipline. Il y a aussi toutes les problématiques qui veulent être par rapport à l'image, par rapport à l'estime de soi, etc. Et puis il y a aussi par rapport au contrôle. Je veux écrire là-dessus, alors qu'il y a autre chose qui est en train de taper. Donc, on est en train de travailler de la relation à soi, de la relation à plus grand que soi, juste en étant disponible tous les jours, en écrivant, au quotidien, en partageant. Je vis aussi dans les groupes des relations merveilleuses, parce que quand on se lit mutuellement, même si c'est des tout petits groupes, c'est très intime, très privé, c'est des relations qui sont... qui sont profondes. On s'est rencontrés parfois entre nous après, parce qu'on n'est pas tous dans les mêmes pays, dans les mêmes villes. On se retrouve parfois, on n'a rien à voir. Je mélange des personnes qui ne sont pas censées se rencontrer dans la vie, je peux te dire. On se retrouve après dans un café, on se connaît à un endroit qui est bien au-delà de ce qu'on a l'habitude de se raconter dans la vraie vie, même avec nos amis et nos familles. On se connaît à un endroit qui est... qui nous relie dans notre cœur, dans la poésie. On ne se raconte plus des conneries. On est vraiment sortis d'un espace qui est très superficiel, qui n'est pas juste « c'est pas bien, c'est superficiel » . Vivre dans cet endroit-là, c'est fatigant. Ça ne ressource pas le cœur, en fait. Vivre dans cet espace superficiel, ce n'est pas juste « c'est pas bien » parce que c'est un concept. C'est parce que ça ne nourrit pas l'âme. Ça ne nourrit pas le cœur et ça fait souffrir. Ce n'est pas plus compliqué, en fait. On a besoin de liens. On a besoin de connexions. Et on a besoin de se réapproprier son histoire en y donnant du sens, en y mettant de la vérité, quelles que soient les difficultés que ça implique. Et parfois, ce n'est pas facile. Il y en a beaucoup qui doivent faire face à des choses pas simples, et pourtant, avec l'écriture, parce que c'est à leur rythme, parce qu'ils sont responsables de ce qu'ils écrivent, parce qu'ils sont dans un processus créatif, ils trouvent des solutions qu'aucun thérapeute n'aurait pu leur donner. Toutes les perles dont tu as besoin, elles sont... à l'intérieur de toi, à l'intérieur de ton expérience, à l'intérieur de ton corps, de ton cœur, de tes sensations. Et si tu les récoltes à ton rythme, elles sont utiles parce qu'elles arrivent au bon moment, de la meilleure manière qui soit. Et là, on a de la créativité, c'est-à-dire la vie qui repart.
- Speaker #1
C'est génial ce que tu dis. C'est surtout, ça fait écho avec pas mal d'émissions, pas mal de choses dans différents domaines, en fait. Mais c'est aussi surtout la régularité. C'est-à-dire qu'à un moment donné, d'arriver justement à cet endroit, où... qui est le cœur, la flamme, on l'appelle comme on en a envie, mais se reconnecter à soi. Mais ça prend du temps, mais c'est surtout un effort. Et c'est la régularité, c'est le fait de tous les jours aller, je donne toujours cet exemple du sport, mais c'est une séance de sport,
- Speaker #0
c'est un effort, c'est pareil.
- Speaker #1
Pour aller reconnecter avec ça, c'est exactement la même chose. Et l'écriture, c'est super parce que c'est un moyen très simple. Ça ne coûte rien en fait, c'est un papier, un ordinateur, c'est gratuit en fait. Et même si on t'accompagne, c'est pas non plus une fortune si on vient te voir. C'est quand même des choses qui sont assez accessibles. Et du coup, on peut justement... C'est dur aussi d'avoir une discipline quand on est seul. Mais c'est pour ça que c'est génial de pouvoir être accompagné dans les cercles. Et tous les jours, de se reconnecter. Et tous les jours... Moi, j'invite aussi les gens tous les jours à... C'est bête, mais moi, je me le fais. Le matin, genre, comment je me sens ? Mais comment je me sens vraiment, en fait ? C'est juste un petit truc idiot. Ça dure une seconde, mais on ne se pose pas la question. Enfin, on se pose rarement la question « comment je me sens ? » Ah d'accord. Et alors, si je me sens comme ça, comment est-ce que je peux le transformer pour essayer que ça soit plus chouette ? De voir toujours le côté positif. Parce qu'il y a toujours un côté positif et un côté négatif dans tout ce qu'on peut faire, tout ce qu'on peut entreprendre. C'est toujours d'aller « ah ok, d'accord. Alors, si j'ai la possibilité de me sentir comme ça, qu'est-ce que je choisis aujourd'hui ? » On décide en fait. On est maître de décider. Est-ce que... Aujourd'hui, je veux écrire. Est-ce qu'aujourd'hui, je veux me sentir bien ? Est-ce qu'aujourd'hui, je veux faire quelque chose pour aller me reconnecter à moi ?
- Speaker #0
Il y a ça. Et en fait, moi, j'aime bien le principe de réalité. Enfin, j'aime bien. Ce n'est pas que j'aime bien, c'est que c'est une base. La base. La base. Souvent, quand on ne s'en rend pas compte, ça se fait tout seul. Et on le voit toute la journée, ça, avec tout le monde. Mais finalement, on va être parfois, sans raison apparente, on va être traversé par une vieille émotion, quelque chose à l'intérieur de nous, dans nos sensations, qui n'est pas agréable. Et au lieu de rester en présence, sans chercher à comprendre, sans chercher à analyser, sans chercher à se raconter des conneries, si on reste juste en présence avec cette sensation, cette émotion, et qu'on fait un petit temps de présence, ça passe. Souvent, ce qu'on fait, c'est l'inverse. On se dit « je ne me sens pas bien, mais c'est parce que lui, il a fait ça, parce qu'elle, elle a dit ça » . Et du coup, on crée un problème à partir d'une sensation qui n'appartient pas à ton quotidien du jour. Et quand on écrit tous les jours, ça, ça dégage très vite. En fait, ce qui est beau avec l'écriture au quotidien, c'est que ça te ramène dans ta vérité, dans la réalité. Quelle est la vérité ? On ne peut pas mentir à l'écrit sans s'étendre. Ça nous fatigue trop. C'est impossible, on a besoin d'avouer, on a besoin de dire des choses qui nous tiennent à cœur, sinon ça va bloquer. Et c'est ça que je trouve génial dans le processus d'écriture au quotidien. Alors il y a une grande différence avec le fait d'écrire pour soi, qui est déjà magnifique, et qui est déjà super important, et le fait de le partager, et de l'écrire, et que ce soit lu par d'autres. Là pour le coup, la dimension thérapeutique elle est immense, parce que quand on écrit pour soi, avec soi-même, et j'ai fait aussi les pages du matin du Léa Cameron, évidemment. mais c'est quand même avec toi et toi-même et quelque part ça peut repartir dans la sphère inconsciente et ça peut tourner en rond c'est-à-dire que l'histoire que je me raconte je me la raconte je me la raconte à moi, que ce soit écrit sur le papier ou à l'intérieur, finalement ça va devenir une prolongation alors que là, quand tu dois le partager un tout petit morceau il y a quelque chose qui t'engage autrement par rapport à l'autre et qui va pas te permettre De réoublier un truc que tu avais déjà écrit. Et là, c'est comme dans une thérapie. Effectivement, la parole va avoir son sens. Elle a été réceptionnée par quelqu'un, même s'il n'y a pas eu de commentaire et pas de jugement. Et là, ça va t'obliger, quelque part, à en faire quelque chose. Et là, je trouve ça incroyable de voir, d'ailleurs, je le vois avec toutes les personnes qui participent, ça remet du mouvement, en fait, dans leur vie. Ils tiennent, ils adressent leurs problématiques. On les résout. La créativité, c'est résoudre les problématiques. Ce n'est pas juste « je suis là à m'analyser, à comprendre ce qui ne va pas » . Non, je suis dans une recherche de solutions. Quand on bloque, c'est que nos pensées, nos croyances, notre environnement, le mode de vie qu'on a… On ne peut plus bouger. On sent bien que si on va par là, on va quitter machin. Si on va par là, on va déplaire à bidule. Si on va par là, on va risquer de mourir. Si on va par là, on va être en faillite. La sécurité, les peurs. Et en fait, c'est ça la créativité. C'est dire, OK, il y a tout ça. Il y a toutes ces peurs, il y a tous ces enjeux, il y a tous ces potentiels risques. Mais où est-ce que ça peut quand même se faufiler ? C'est vraiment la créativité, c'est attraper le flot de la vie. Et accepter de le suivre. Faire confiance. Donc c'est vraiment de la foi aussi. Et l'écriture, quand on commence à prendre ça comme une pratique, comme je le propose, il y a des personnes qui écrivent avec moi depuis deux ans. Les transformations, elles sont incroyables. Parce que tu apparaîs en fait. Tu apparaîs dans tes textes. Tes textes, c'est toi. Même si tu as raconté de la fiction, même si tu as raconté ci et ça, au-delà de tes aléas, de tes journées, de tes machins, de ce que tu as vécu, de comment tu étais, il y en a qui ont vécu des milliards de trucs en deux ans. On va voir qui es-tu. Comment tu apparais au-delà de ce que tu écris au-delà des mots ? Et là, ça devient un port d'attache. Et tu peux prendre vraiment confiance et dire, OK, en fait, c'est ça, c'est ça ma matière à moi. C'est ça. Et petit à petit, ça se clarifie. Et si en plus, on a envie de le partager à d'autres, c'est vachement bien. Il y a beaucoup d'œuvres qui sont nées. Sans effort, en fait. Parce que c'est juste en écrivant tous les jours et c'est déjà là. On se dit, on se raconte un point, créer un livre, il faut que je m'enferme dans une cabane, que je parte vivre seule, que je quitte mon mari, mes enfants, que je quitte mon boulot. Il me faudrait trois mois, tous les jours, 15 heures. Ça ne se passe pas comme ça. Évidemment, ça ne se passe pas comme ça. Je connais des tonnes de gens qui ont les compétences, le temps, la disponibilité, l'argent, les conditions idéales pour créer et qui n'y arrivent pas. Et ça, j'en ai en permanence avec moi. Donc, c'est bien que ça se passe au-delà. Et ce que tu disais par rapport à l'effort, c'est quelque chose qui n'est pas assez valorisé aujourd'hui. Très souvent, dans l'inconscient collectif, on se fait du bien, on se ressource, et le développement personnel, et puis on reçoit plein de messages comme ça partout sur Insta toute la journée, on oublie qu'une des ressources qui est parfois vitale et essentielle, c'est l'effort et c'est de faire. C'est pas aller prendre un bain ni aller te faire une manucure. C'est pas aller te détendre et laisser ta journée et dire « Ah, je vais m'écouter, je vais rien faire aujourd'hui. » Non, non, non. Ce que t'as à faire aujourd'hui, c'est d'aller adresser une problématique. C'est de mettre un effort dans ta vie. Et ça, c'est une ressource. De se dire « Putain, je l'ai fait. » Moi, j'ai des filles qui n'avaient jamais réussi à être disciplinées parce que pour elles, c'était tout le temps le bordel. Elles se sont dit « Putain, j'ai écrit tous les jours. » Je l'ai fait. Je l'ai fait même quand j'avais un bébé d'un mois et que je n'avais pas dormi. Même si j'ai changé de pays. Même si j'étais dans des états émotionnels monstrueux parce que j'ai perdu un enfant. Et tu dis, ok, ouais, en fait, non. Et là, c'est une musculature de l'esprit, en fait. Tu crées un rapport avec ta conscience supérieure, avec ton esprit, qui est tellement solide que le fait d'écrire tous les jours n'est plus un effort. L'effort de la discipline, il passe vraiment très rapidement, en fait. Parce que c'est pour ça, d'ailleurs, que je demande à ce que ce soit tous les jours. Parce que pour des personnes qui ont des grandes difficultés ou quand on souffre ou quand on vit des choses difficiles, il faut que ce soit tellement inscrit dans ton corps que ce ne soit plus un effort. Et là, ça devient magnifique. Magique ? Ben ouais, c'est trop beau. Et j'en ai qui viennent, qui viennent trois mois, six mois, qui repartent, qui reviennent. Tiens, j'ai envie de réécrire. On retrouve des personnes. Là, je ne sais plus, il y a deux mois, il y a tout un groupe qui s'est reformé, qui avait écrit ensemble presque pendant un an. Puis qui s'était... Par hasard, ils se sont retrouvés. Puis on voit l'évolution. On retrouve les histoires, les personnages. Chacun a son style. Chacun a son regard sur la vie. C'est comme ça qu'on devrait se lier et se connaître les uns les autres. Et pas autrement, en fait. C'est tellement plus beau et tellement plus riche comme ça.
- Speaker #1
Ah là là, c'était trop bien.
- Speaker #0
En tout cas,
- Speaker #1
on arrive à la fin, là, déjà. Et j'espère qu'on aura vraiment... J'ai mon bain. Essayez d'allumer votre cœur ou de rallumer votre flamme ou de, entre guillemets, nourrir votre âme avec cette émission. En tout cas, on a mis tout notre cœur à pouvoir le faire. Et c'était super intéressant de t'entendre parler avec autant de passion et de lumière de l'écriture. On mettra les liens sur les cercles créatifs d'écriture, sur les constellations justement aussi par rapport à l'écriture. Et aussi l'énagrime, c'est génial. Ça, on n'en a pas trop parlé, mais on pourra mettre des postes par rapport à tout ça. C'est vraiment un outil qui est fabuleux. Et tu proposes aussi des stages pour justement comprendre les anagrammes. En tout cas, c'est des outils super riches aussi quand tu travailles, même quand tu travailles en tant que thérapeute, en tant que coach, en tant qu'auteur. Même en tant que même, personnellement, c'est super intéressant de comprendre justement les types de personnes qui évoluent dans ta vie, j'imagine. Donc, en tout cas, voilà, c'était un plaisir de te recevoir. Est-ce que tu veux dire un petit mot pour la fin ?
- Speaker #0
Non, merci. Merci à toi. Merci à tous ceux qui écoutent là. Et puis voilà, juste avoir en tête que si parfois tu as des petites idées de projets, d'envie, de création, ils ne sont pas là pour rien. S'ils sont dans ta tête, c'est qu'il y a peut-être un fil à tirer et les idées se cachent. Derrière, il y a des trésors. Il faut juste être curieux et aller tirer le fil. Et juste se dédier, d'aller voir ce qu'il y a derrière. Qu'est-ce qu'il y a derrière ? Et si ça se trouve, même si tu ne le sais pas, tu as une œuvre à créer, un livre à partager, ou peut-être sous une autre forme, ça peut être sous forme de n'importe quelle, il y a des formes qui n'existent pas, qu'on peut encore inventer. Mais en tout cas, il y a quelque chose à dire et à exprimer. Donc les petites idées qui sont là dans ta tête, et qui font toc-toc, et qui restent, il ne faut pas les regarder avec attention, il y a des trésors là-dedans.
- Speaker #1
Alors, écoute, on va finir là-dessus. Et puis, merci beaucoup. Et on vous souhaite de trouver tous vos trésors. Et on vous dit à la fin. En tout cas, moi, je vous dis à la semaine prochaine. Flamme des années 80.
- Speaker #0
Le podcast qui allume la femme.