- Speaker #0
Bienvenue dans le podcast Gang de Copines, je suis Élodie et dans ce podcast, je discute avec des femmes qui me parlent d'une de leurs histoires d'amitié. Parce qu'aujourd'hui, mes amies ont toutes et chacune une place tout à fait particulière dans ma vie et je sais que je ne suis pas la seule, qu'on est nombreuses à s'appuyer sur la sororité. Alors voilà, j'ai juste envie d'exposer la beauté et la puissance des amitiés féminines, parce qu'on a toutes de belles histoires à partager. Bonjour Hélène.
- Speaker #1
Bonjour Élodie.
- Speaker #0
Hélène, tu as tout juste 43 ans, tu es mariée, tu as deux enfants et tu vis à Attiche dans le Nord. Ton activité professionnelle, c'est assistante administrative. Est-ce que tu peux nous expliquer déjà en quoi ça consiste ?
- Speaker #1
Oui, bien sûr. Je suis assistante administrative externalisée, c'est-à-dire que j'accompagne les entrepreneurs, les dirigeants de TPE, PME. phobiques de l'administrative ou débordées et qui n'ont pas le budget pour recruter une assistante administrative à temps plein ou même à mi-temps. Donc quelques heures par semaine, je les aide dans leur activité de gestion d'entreprise, donc gestion courante.
- Speaker #0
Tu fais ça, j'imagine, principalement dans le nord, dans la métropole lilloise autour de chez toi ?
- Speaker #1
Voilà, effectivement, j'habite à Tiche, mais je me déplace sur toute la métropole lilloise. Ça peut être des missions directement dans les locaux du client. Ou ça peut être aussi des missions en distanciel. Et là, je travaille de chez moi dans ces cas-là.
- Speaker #0
C'est déjà le moment de ma question préférée. Comment tu définirais, toi, la sororité ?
- Speaker #1
Ouh là là, vaste sujet, la sororité. Moi, j'imagine ça un petit peu comme un fil invisible qui nous relie les unes aux autres. Un peu de magie qui fait ce qu'on soutient les unes les autres, qu'on se comprend immédiatement, un peu comme un sixième sens. C'est-à-dire qu'effectivement, quand on croise... des consoeurs, il y a tout de suite une tolérance et une certaine sensibilité qui s'installent. Quelque chose qu'on connaît, on se comprend immédiatement, et tout ça sans jugement et toujours dans la bienveillance.
- Speaker #0
On la retrouve souvent cette notion de lien un peu magique, de lien invisible entre les femmes. Et j'aimerais bien un jour percer le mystère de ce truc magique là, parce que je suis sûre qu'en fait il n'y a rien de magique.
- Speaker #1
Non, mais c'est juste que je pense que quand on est femme, on sait tout ce que ça implique au quotidien. Et encore plus quand on est entrepreneur, on sait juste, on sait de quoi on parle. Et du coup, ça ouvre plus de portes et ça facilite les échanges et l'acceptation de l'autre.
- Speaker #0
Tu as parlé de consoeur et tu as parlé du côté professionnel. C'est vrai qu'en effet, ça peut parfois être une... peine ou difficulté supplémentaire d'être une femme entrepreneur ?
- Speaker #1
Oui, effectivement, puisqu'on ne joue pas forcément sur un pied d'égalité dans les relations commerciales. Moi, j'ai choisi par exemple de m'entourer de femmes pour mon développement commercial et ma création d'entreprise parce que je voulais justement m'éviter cette peine du jugement masculin. Et puis, on ne fonctionne certainement pas de la même façon qu'un homme. dans la façon d'aborder les choses. Je n'avais pas envie de devoir me battre à ce niveau-là et expliquer auprès d'un cercle plus masculin de pourquoi je voulais faire telle chose et pourquoi je voulais les faire de telle ou telle manière. Je retrouve plus souvent dans les cercles de femmes cette bienveillance qui fait du bien au quotidien parce qu'on se bat déjà sur suffisamment de sujets. Donc si en plus on peut éviter de devoir s'expliquer sur tout tout le temps, c'est mieux.
- Speaker #0
Oui, je voulais justement revenir là-dessus, sur toi et moi, comment on se connaît. Donc Hélène et moi, on a été en lien grâce au réseau d'entrepreneurs Little Big Women, dont j'ai déjà parlé dans d'autres épisodes de ce podcast, puisque j'ai déjà reçu d'autres femmes entrepreneurs aussi. Et j'en profite d'ailleurs pour remercier une nouvelle fois pour tout ce qui est mis en place dans cet assaut. Hélène et moi, on ne s'est jamais vues dans la vraie vie. parce qu'en fait, c'est une asso lilloise. Je l'ai intégrée quand j'habitais encore à Lille. Et puis, entre-temps, j'ai déménagé. Mais on s'est quand même créé à un petit moment. Donc, on se voit en visio toutes les semaines. Comme le sujet dont on va parler aujourd'hui, c'est les relations à distance, on peut peut-être expliquer un peu ce que nous, on fait ensemble chaque semaine. Et peut-être que ça donnera des idées à d'autres entrepreneurs. En fait... l'idée de ce binôme, c'est vraiment de s'entraider, de partager des difficultés et toutes les semaines, on échange juste. juste 30 minutes sur la problématique du moment, ce qu'on a fait la semaine dernière et ce qu'on projette de faire la semaine suivante. Ce que moi, je trouve vraiment génial, c'est de pouvoir, un, sortir de l'isolement et deux, de pouvoir échanger sur des problématiques communes. Et des fois, je le sais, ça m'est arrivé plusieurs fois, il suffit que tu me dises une petite phrase, un petit truc ou... que tu balayes de la main une problématique en disant Non, mais ça, c'est pas grave. Si tu ne fais pas comme ça, tu peux faire comme ça, et puis ça ira mieux. Et ça, c'est hyper précieux.
- Speaker #1
C'est tout pareil pour moi. En fait, j'ai plaisir à faire nos points du vendredi depuis plusieurs mois. C'est un moment que j'attends et que j'apprécie. coller un petit peu au sujet du podcast du jour, c'est un peu comme parler avec une copine à distance. C'est vrai qu'on ne s'est jamais rencontré, mais pour autant, on a appris à se connaître et on a quand même pas mal de points communs, pas que dans le professionnel.
- Speaker #0
C'est vrai, ouais.
- Speaker #1
Et puis, effectivement, le format 30 minutes, c'est bien parce qu'on a forcément besoin d'aller à l'essentiel, on ne veut pas déborder. Et puis, ce qu'il y a de bien, c'est qu'on est sur des secteurs d'activité très différents. Et pour autant, il y a beaucoup de similitudes dans la gestion de notre entreprise et leur développement respectif. Même si tu es loin de moi, c'est quand même facile. Et puis, je conseillerais à d'autres personnes, qu'on soit dans la même ville ou pas, en tout cas, de mettre en place ces points réguliers parce que ça apporte... que du plus dans les semaines compliquées d'entrepreneurs et de femmes.
- Speaker #0
Oui, c'est vrai. Et je te rejoins à 100% sur ce que tu viens de dire. Est-ce que tu as d'autres business friends comme ça avec qui tu discutes à distance ?
- Speaker #1
Non, tu es la seule élue.
- Speaker #0
Ah là là, je suis désolée de te dire que tu n'es pas la seule élue. Ah là là. Non, mais c'est une connaissance qu'on a en commun qui veut que… J'ai rencontré aussi Alile, qui s'appelle Joanne, et avec qui, alors moins régulièrement que toi, mais c'est vrai qu'on s'appelle, la dernière fois, on a fait une visio pendant deux heures pour parler des sujets du moment, des choses qui coinçaient, de son actualité à elle, à moi. Et c'est vrai qu'une fois qu'on a fait le tour professionnel pendant une bonne heure, après... évidemment, on dévie sur le côté un peu plus perso. Et c'est ce que tu disais tout à l'heure. Il y a le côté pro où on s'épaule, on se comprend, on discute et tout. Et il y a aussi le côté la vie de femme en étant juste une femme et aussi une entrepreneur.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Pour passer vraiment sur le cœur du sujet, toi Hélène, tu as deux amies qui sont très importantes dans ta vie et qui vivent loin de chez toi.
- Speaker #1
Oui, donc c'est des amitiés qui sont nées à différents moments de ma vie. Il y a d'abord Élodie que je connais depuis 40 ans. Donc j'en ai 43, le calcul est bien. Ah oui ? Voilà, on a usé les bancs de l'école maternelle ensemble. Donc Élodie qui vit à Paris depuis un peu plus d'une dizaine d'années. qui est mon amie d'enfance. Et puis, c'est vrai que la vie a fait qu'on a toujours eu une relation amicale entrecoupée, puisqu'on a été ensemble à l'école, pas forcément dans la même classe. Après, on n'a pas fréquenté les mêmes écoles. Donc, ça a toujours été entrecoupé. Pour autant, on a toujours su garder ce lien un peu précieux de notre amitié. On a su l'entretenir et puis évoluer avec elle, la faire évoluer avec nous aussi. Donc, voilà. Et puis, la deuxième personne, c'est Fanny. Fanny, je l'ai rencontrée dans le milieu professionnel il y a un peu plus de dix ans, puisqu'elle m'a recrutée pour un poste d'assistante. C'était ma manager. Et puis, très vite, le côté personnel l'a emportée sur le côté professionnel. On lui est très amies. Et aujourd'hui, elle vit en Alsace. Donc, ça a été très dur quand elle est partie. parce que c'est quelqu'un que je voyais quand même assez régulièrement, presque au quotidien sur certaines périodes. Ça n'a pas été simple de la voir partir. Mais comme je connaissais déjà ce schéma d'amitié avec Elodie, ça ne m'a pas forcément inquiétée. Je me suis dit qu'on allait trouver des solutions et que ça allait perdurer.
- Speaker #0
Alors déjà, je voudrais revenir sur ta relation avec Élodie, qui n'est pas moi, qui est une autre Élodie. Une autre Élodie. Ce que je trouve déjà incroyable, c'est qu'il y a 40 ans, ou même il y a 30 ans, il n'y avait pas autant les réseaux sociaux, WhatsApp, se donner des nouvelles hyper facilement par téléphone, etc. Comment vous avez réussi à garder ce lien ?
- Speaker #1
Alors déjà, effectivement, il n'y avait pas les réseaux sociaux, mais c'est peut-être grâce à ça qu'on a su garder une amitié forte, parce que quand on se voit, c'était vrai, c'était que nous deux avec des échanges en face à face. Et quand on sait que les rencontres sont courtes et peu fréquentes, forcément, on va certainement beaucoup plus à l'essentiel que quand on envoie des messages dix fois par jour à une personne. Après, on habitait la même ville quand on était adolescente. Et puis après, on a un peu bougé en étant étudiante et puis pour nos activités professionnelles. Mais en tout cas, quand il y avait une occasion de se retrouver, on a toujours sauté sur l'occasion et on a toujours essayé de déclencher des rencontres et puis de faire que ça fonctionne à des fréquences très... Très aléatoire, mais en tout cas, on s'est toujours dit, ce qu'il y a à prendre, on le prend. Et puis, on ne se met pas de pression par rapport à ça. Et puis, la vie, elle est comme elle est, mais en tout cas... Et puis, ça s'est fait un peu naturellement par rapport à des échéances telles que des anniversaires, les fêtes de fin d'année, ce genre de choses.
- Speaker #0
D'accord. Quelle place elles ont aujourd'hui dans ta vie, Élodie et Fanny ?
- Speaker #1
Alors moi, je suis fille unique. Du coup, je ne sais pas ce que c'est d'avoir des frères et sœurs. Et pour moi, Fanny et Élodie, c'est mes sœurs de cœur. Je dis toujours qu'il y a la famille biologique et la famille logique. Pour moi, ce sont deux personnes qui font partie de ma famille, tout simplement. Ce qu'elles m'apportent, c'est un soutien infaillible. Je sais que quand ça ne va pas, je peux leur parler à cœur ouvert, il n'y aura aucun jugement et puis il y aura de l'écoute. Mais ce sont aussi des personnes qui savent me remettre en question, ils me remettent à ma place si jamais... je vais un peu trop loin ou si je déconne ou si elles sont pas d'accord avec ce que je leur dis, elles vont savoir me le dire gentiment, en toute bienveillance, mais en tout cas je sais que c'est des personnes qui vont être très honnêtes avec moi. Voilà, il n'y a pas de faux semblants en tout cas.
- Speaker #0
Ça c'est ce qu'elles t'apportent. Qu'est-ce que toi tu leur apportes ?
- Speaker #1
Moi je dirais que j'ai des copines qui sont assez exigeantes avec elles-mêmes et moi je suis un peu la mère imparfaite assumée. c'est à dire que il y a peut-être des sujets sur lesquels je me mets moins de pression et puis quand elles sont avec moi et que je sens qu'elles s'oublient un petit peu j'essaye en tout cas de leur rappeler que avant d'être des mamans ou des épouses ce sont aussi des femmes accomplies donc il ne faut pas s'oublier et puis j'espère en tout cas je considère que je leur apporte aussi beaucoup d'écoute sans jugement et que je suis peut-être un petit peu une bulle d'air dans leur quotidien parfois chargée et puis que... qu'il faut déculpabiliser de tous ces petits nœuds qu'on peut se mettre au cerveau. Moi, je suis fille unique, mais c'est vrai que mes deux amis sont grandis avec des frères et sœurs. C'est vrai que naturellement, si elles ont un problème, elles vont forcément se tourner plutôt vers leur sœur que vers moi. Et encore quoi, en fonction des sujets, c'est peut-être pas systématique, mais en tout cas, c'est naturel. Donc, on va dire que je ne suis peut-être pas la personne humaine. qu'elles vont appeler en première intention pour vider leur sac. Mais en tout cas, j'espère pouvoir leur apporter cette bulle d'air quand elles peuvent... Il y a certains sujets qu'elles ne peuvent pas aborder avec leur famille ou avec leur conjoint. Et dans ces cas-là, je pense que j'ai cette place un peu privilégiée.
- Speaker #0
Est-ce qu'on peut dire de quel genre de sujet, du coup, vous parlez ?
- Speaker #1
Ça peut être la vie de couple, la vie de famille. Et puis aussi la relation. Il y a un sujet qu'on a quand même en commun, c'est qu'on... Le sujet de la relation avec les parents, qui n'est pas toujours simple.
- Speaker #0
Avec les parents à toi, c'est ça ?
- Speaker #1
Avec mes parents à moi, avec leurs parents à elles. Quand on vieillit et qu'on devient parent, forcément, on a une certaine lecture de la vie. Et puis, les sujets de confrontation avec nos propres parents, il y en a aussi. Alors, moi, je suis toute seule à me débattre avec ça. Voilà, je fais avec. Maintenant, c'est vrai qu'en plus, quand on a des frères et sœurs qui viennent mettre leur grain de sel, ce n'est pas toujours facile. Les histoires de famille. Et j'ai peut-être ce recul-là, justement, de fille unique, de me dire, mais quelquefois, il y a des petits sujets qui ne sont peut-être pas très graves à mes yeux, mais qui prennent beaucoup d'importance chez elles. Mais je leur rappelle que je me dis qu'elles ont la chance d'avoir des frères et sœurs, ce que je n'ai pas eu. Et parfois, ça permet de faire une petite prise de recul sur des situations qui, pour elles, paraissent très importantes, très graves et qui, finalement, sont peut-être un petit peu anodines à mes yeux.
- Speaker #0
D'accord. Comment vous entretenez cette relation ? On a parlé des réseaux. Est-ce que vous voyez à quelle fréquence ? Comment ça se passe ?
- Speaker #1
Alors, les réseaux... J'ai deux copines qui ne sont pas du tout téléphones. Ah,
- Speaker #0
OK.
- Speaker #1
Depuis toujours, c'est vrai qu'on ne s'est jamais appelées. On n'est pas du tout du genre à prendre le téléphone ou à se dire, tiens, le vendredi, à telle heure, on s'appelle. Dimanche, on s'appelle. On s'appelle très, très, très rarement. On utilise plutôt Messenger ou WhatsApp pour... pour échanger. Maintenant, il n'y a jamais rien de bien programmé. Ça va être des semaines où on peut s'écrire 10 messages et puis après, pendant deux mois, plus de données de nouvelles. Et puis, c'est parce qu'on va voir un truc à la télé ou on va entendre une musique ou voir un truc dans un magasin qui nous fait penser à elle. Hop, ça va déclencher l'envoi d'un message mais c'est toujours dans la spontanéité. Fanny, par exemple, m'a dit quand elle est partie, elle m'a dit Je te préviens, je ne suis pas une bonne copine à distance. Moi, je ne sais pas faire. Je me suis dit, ok, ce n'est pas grave. Moi, je ferai en sorte de gérer pour deux. On ne s'impose rien et on donne des nouvelles quand on peut. Et puis les rencontres, c'est pareil. Il y a des choses qu'on arrive à anticiper, à programmer à l'avance. Souvent, c'est des personnes... Elles ont toutes les deux leur famille dans le Nord. Donc, c'est vrai que je sais que, par exemple, sur les fêtes de fin d'année, elles reviennent dans le Nord, forcément. On essaie de se voir à ces moments-là. Maintenant, c'est toujours priorité à la famille aussi. Après, moi, je me suis toujours dit que ce n'est pas parce qu'elles étaient parties vivre loin que ça m'empêchait d'aller les voir. Donc, dès que je peux sauter dans un train ou prendre ma voiture pour aller les voir, je le fais avec grand plaisir. Voilà, s'il faut faire l'effort pour deux, ce n'est pas grave pour moi. Le principal, c'est de se voir et d'avoir des moments de qualité. parce qu'on a peut-être tendance parfois à dire je passe un coup de vent pour se faire coucou et puis au final on se voit un quart d'heure, vingt minutes et puis on est frustré parce qu'on n'a pas pu être à fond dans l'échange et puis dire tout ce qu'on aurait voulu se dire alors que c'est peut-être des moments plus rares mais en tout cas c'est des moments qui sont choisis et je sais que quand je les vois dans ces moments-là elles sont disponibles 100% pour moi et moi je suis disponible 100% pour elles et euh... Du coup, c'est des moments plus qualitatifs et on passe de meilleurs moments comme ça. En tout cas, c'est comme ça que ça s'est instauré au fil des années.
- Speaker #0
Il y a une expression que tu as employée où tu as dit que tu faisais l'effort pour deux. Ça veut dire que tu portes la relation ? Est-ce que ça a toujours été comme ça ?
- Speaker #1
C'est peut-être un peu dur de dire que je fais l'effort pour deux. En tout cas, c'est vrai qu'au début, quand elles sont parties et que ça me manquait d'avoir ce contact avec elles, j'envoyais des messages, je n'avais pas forcément de réponse tout de suite. Et puis, on se rend compte qu'au bout d'un moment, c'est tout le temps la même qui envoie le message vers l'autre. Et ça avait tendance peut-être à m'irriter et puis à avoir un impact négatif sur moi et la façon dont je percevais notre relation. Et puis, un jour, je me suis dit, mais après tout, chacun fait ce qu'il peut. Elles sont toutes les deux mamans, elles ont des vies professionnelles. intense et qui je suis moi pour pouvoir les juger de me dire qu'elle n'a pas répondu à mon message ou que voilà qu'elle a qu'elle enclenche pas le message la première et une fois que je me suis dit ça je me suis dit que je vais prendre ce qu'il y a à prendre dans la relation si c'est moi qui devais envoyer des messages et ben c'est moi qui enverrai les messages c'est pas grave et une fois que j'ai pris cette décision c'est vrai que je me suis senti beaucoup plus légère et puis je vois que le positif dans nos relations, c'est-à-dire que, comme je disais tout à l'heure, on peut avoir des messages, dix messages en une semaine, et puis pendant deux mois, pas se donner de nouvelles, c'est pas grave. Tant que je sais qu'elles vont bien et qu'elles sont heureuses et que notre relation, notre amitié en tout cas est intacte, moi ça me bat.
- Speaker #0
J'ai déjà eu ce sentiment aussi dans une amitié de se dire c'est toujours moi qui vais vers elle, si ça se trouve elle n'a pas envie de me parler, et à chaque fois je la force et en fait tu réfléchis deux minutes, enfin, J'ai mis du temps, moi, à me dire qu'est-ce qui est le plus important ? Est-ce que c'est la quantité, le 50-50 dans les messages ou juste de garder cette amitié ? Non, j'ai envie de garder cette amitié. Et du coup, tu n'es pas là en train d'analyser toutes les cinq minutes qui a envoyé le premier message, le dernier message. Et puis, la relation, elle réussit à... à perdurer, peu importe le nombre de messages qu'on s'envoie et la fréquence à laquelle on s'envoie des messages. Moi, je me dis qu'on doit... Pardon, vas-y.
- Speaker #1
On n'est pas là pour compter les points, effectivement.
- Speaker #0
Ni pour compter les points. Et puis, si la relation doit perdurer, elle perdura. Et si ça s'étiole, ça s'étiolera. Je veux dire, on peut ne pas se voir pendant six mois et finalement... se revoir six mois plus tard et c'est comme si on s'était vu la veille. Je crois que c'est quelque chose que tu as déjà vécu, ça aussi.
- Speaker #1
Oui, exactement. C'est vrai qu'on est capable parfois de ne pas se voir pendant plusieurs mois et de reprendre une conversation qu'on avait entamée six mois plus tôt comme si on s'en était parlé la veille. Effectivement, c'est peut-être ça le secret. C'est que des choses se font naturellement. Il n'y a pas de calcul. Et puis, on accueille et on prend ce qu'il y a à prendre.
- Speaker #0
On a parlé de tes deux amis exactement de la même manière. La relation que tu as avec chacune d'elles, pour toi, elle est vraiment similaire ? Ou il y a des petites choses qui diffèrent ?
- Speaker #1
Il y a des petites choses qui diffèrent quand même, parce que Élodie, je la connais depuis très longtemps, et puis c'est mes souvenirs d'adolescente et d'étudiante. Les premières sorties, les premiers amours, les garçons, les choses un peu légères de midi net, je dirais. Puis, elle m'a fait l'honneur de me choisir en tant que marraine pour son fils. Donc, voilà, il y a un lien aussi un peu particulier avec elle et avec ses enfants, forcément. Elle s'est mariée avant moi, elle a eu ses enfants avant moi, mais voilà, c'est une super maman. Moi, vraiment, si je dois la résumer, elle est une vraie... C'est pas ça, mais en tout cas, c'est super maman parce que c'est sa famille avant tout le reste. Fanny, c'est ma copine femme forte qui est sûre d'elle et qui inculque un peu cette énergie de si tu as décidé de le faire, fais-le. Et puis, tu as beaucoup de valeur et tu es capable de faire plein de choses dans la vie. Donc, vas-y, fonce. Voilà, c'est un peu mon...
- Speaker #0
OK.
- Speaker #1
Donc on parle pas forcément des mêmes sujets Quand on se voit Dans les sujets profonds Mais c'est deux personnes Complémentaires en amitié en fait pour moi
- Speaker #0
Mais en tout cas c'est deux Amis hyper importants dans ta vie Comme tu le disais tout à l'heure J'aime bien t'as employé cette expression La famille biologique et la famille logique Ce que j'entends dans la relation Avec Elodie C'est que tu fais partie de sa famille Enfin Moi, je trouve que quand on devient marraine de l'enfant d'une de nos copines, et c'est mon cas aussi, c'est un petit pas de plus pour s'intégrer dans la famille.
- Speaker #1
Exactement. Oui, c'est une belle... Effectivement, pour moi, ça veut dire que je t'accueille dans ma famille. Tu es importante.
- Speaker #0
Ça fait quand même plusieurs années que tu entretiens ces relations, ces amitiés à distance. Qu'est-ce que tu trouves cool dans le fait que ces amitiés soient à distance ?
- Speaker #1
Ben justement, la distance, c'est cool parce que ça m'oblige et ça m'incite à me déplacer et à voyager. C'est-à-dire que si je prends l'exemple d'Élodie, à un moment donné, elle habitait sur Valenciennes. Donc en habitant, moi, sur une île, c'était franchement pas le bout du monde. Et bizarrement, on s'est vus plus souvent depuis qu'elle est à Paris que quand elle était à Valenciennes. D'accord. Donc voilà.
- Speaker #0
Comment tu l'expliques, ça ?
- Speaker #1
Ben... Je ne sais pas. Je pense que j'ai toujours... Comme je suis quelqu'un qui m'accroche et qui me bat pour les choses que j'aime, je pense qu'en fait, pour moi, je me suis toujours dit que ce n'est pas parce que tu pars à l'autre bout de la France... Alors, Paris, ce n'est pas l'autre bout de la France, mais c'est une façon de parler. Ce n'est pas parce que tu pars à l'autre bout de la France que ça va m'empêcher de te voir. Voilà. Des questions, il y en a plein. Et moi, mon credo, c'est de dire quand on veut, on peut. Voilà. Pour moi, ce n'était pas un obstacle ou en tout cas, c'était un faux problème de se dire que c'est parce que tu étais à Paris... qu'on allait plus voir. Et donc Fanny, c'était pareil, quand elle m'a dit je pars en Alsace, eh ben cool, il y a des super marchés de Noël en Alsace, c'est génial, je peux faire des marchés de Noël. Non bon, trêve de plaisanterie, c'était un peu ça quoi, quand même, c'est de se dire, enfin moi c'est ce que je lui avais dit, elle m'avait dit je suis pas... Je te préviens, je ne suis pas une bonne copine à distance. J'avais dit, ce n'est pas grave, moi je le suis. Et en plus, ce n'est pas parce que tu habites en Alsace qu'on arrêtera de se voir. Je pense que je lui ai prouvé à maintes reprises depuis qu'elle est partie. Alors j'espère qu'elle m'accueille toujours avec autant de plaisir chez elle quand je vais la voir. Je pense que je suis une des personnes qui continue à faire le déplacement sans souci, parce que ça fait partie du contrat d'amitié. Et puis quand elles remontent dans le Nord l'une comme l'autre... elles passent me voir et puis on essaie de se programmer des moments aussi dans le nord et puis le fait que ce soit qu'on fasse le déplacement qu'il faille enclencher un déplacement et le programmer à l'avance et bien comme je le disais tout à l'heure quand on se voit on est 100% les unes pour les autres on n'est pas parasité par d'autres choses à côté parce qu'on se dit bah voilà ce week-end là on est à Paris ou ce week-end là on est en Alsace c'est 100% pour eux et du coup c'est entier comme relation.
- Speaker #0
Et t'en fais des moments réjouissants en fait, ce que j'entends aussi c'est que bah voilà, même pour toi c'est un super plaisir d'aller en Alsace c'est un plaisir d'aller à Paris j'entends ça et je me dis aussi j'imagine que si t'as eu un petit moment pas cool au boulot par exemple aller voir quelqu'un et passer trois jours avec elle, déjà il y a le temps du trajet où tu peux éloigner de toi des choses un peu négatives... et puis te concentrer sur le positif que tu vas vivre avec la personne. Alors que si tu étais là dans ton quotidien et que juste tu finissais de bosser à 17h30, à 17h45, tu étais autour de ce café, là, vous vous raconteriez tout ce qui ne va pas dans le travail. Exactement,
- Speaker #1
certainement.
- Speaker #0
Alors que là, j'imagine que vous ne parlez pas que des trucs youpi, positifs qui arrivent dans la vie et aussi… des choses un peu plus sombres. Mais je vois vraiment ça comme des moments privilégiés, un voyage à chaque fois.
- Speaker #1
Voilà, exactement. Et puis, c'est des retrouvailles, finalement. Ce n'est pas comme si on était vus la semaine d'avant. C'est des vraies retrouvailles à chaque fois. Et on met tout en place pour que tout se passe bien, tout soit confort. Et puis, ça crée des beaux souvenirs aussi. Quand on se voit toutes les semaines, c'est vrai que ça crée des souvenirs, mais on oublie, on passe à autre chose. Alors que quand c'est des moments plus intenses, comme là, comme des week-ends, c'est des souvenirs plus impactants. En tout cas, pour moi, c'est comme ça que je le vis.
- Speaker #0
Il y a des trucs qui sont un peu moins cools dans ces amitiés à distance ?
- Speaker #1
Forcément, la fréquence. Comme je l'ai dit, il faut planifier. En moyenne, c'est des amis que je vois peut-être deux, trois, quatre fois dans l'année si j'ai de la chance. Quelquefois, comme tu le disais, si on a des coups durs et puis une semaine un peu moins bien, on se dit que ça serait bien de pouvoir prendre la voiture et juste faire quelques kilomètres et aller sonner ou juste se faire un resto un soir pour décharger la pression un petit peu. Il y a moins de spontanéité forcément. Il faut pouvoir organiser à l'avance quand est-ce qu'on y va, comment. Donc, c'est planifié, moins spontané. Quoiqu'on arrive de temps en temps à se surprendre quand même, on s'envoie des petits colis, des petits cadeaux.
- Speaker #0
Excellent !
- Speaker #1
Des petites cartes.
- Speaker #0
Ça fait aussi partie de la façon dont on entretient ses amitiés du coup.
- Speaker #1
Oui, exactement.
- Speaker #0
En partageant des cadeaux. Oui,
- Speaker #1
exactement.
- Speaker #0
Hélène, on arrive quasiment déjà à la fin de cet épisode. Est-ce qu'il y a un petit mot que tu aimerais passer à Élodie et à Fanny ?
- Speaker #1
Oui, je leur dirais qu'elles sont toutes les deux précieuses dans ma vie et que j'espère les avoir encore auprès de moi pour de nombreuses années.
- Speaker #0
Je vous le souhaite très très très fort aussi.
- Speaker #1
Merci.
- Speaker #0
Où est-ce qu'on peut te retrouver sur Internet ?
- Speaker #1
Le plus simple, c'est sur ma page LinkedIn, donc Hélène Landuit. avec le lien vers mon site internet.
- Speaker #0
Ok. Merci beaucoup Hélène.
- Speaker #1
Merci Elodie.
- Speaker #0
C'était l'épisode 31 du podcast Gang de Copines, le premier de la saison 2. Je ne sais pas encore ce que vous allez en penser, mais moi il m'a donné de sacrés frissons cet épisode. Un témoignage tout en pudeur, bouleversant de sincérité et cet optimisme débordant, vraiment j'adore. Je remercie encore Hélène d'avoir répondu à toutes mes questions, même les plus déstabilisantes. Si vous aussi vous avez aimé, il faut le faire savoir. C'est le moment de mettre des commentaires et des likes sur les plateformes d'écoute comme Spotify, de suivre le podcast sur Instagram et sur Youtube. Le compte c'est gangdecopinespodcast et pot ça s'écrit comme une pote. A bientôt !