- Alex
Donc voilà, un monde où tout est possible pour les femmes, c'est peut-être un monde plus doux. C'est même franchement misogyne. J'ai des belles amitiés individuelles extrêmement nourrissantes, et à la fin, souvent, ils sortent en disant « les femmes étaient au-dessus » . Donc bienveillant envers les unes des autres, se voir comme de potentiels alliés et se tirer vers le haut.
- Elodie
Bienvenue dans le podcast Gang de Copines. Ici, la sororité n'est pas un slogan. C'est une expérience vécue, riche, complexe, parfois bouleversante. Tu vas entendre mes discussions, profondes ou légères, avec des femmes qui partagent leur histoire, leur expertise et leur combat. Tu vas entendre des histoires vraies, sans filtre, de femmes qui tissent des liens, traversent des tempêtes et s'élèvent. On célèbre à la fois la force et la fragilité des amitiés féminines. On ose parler de ce qui gêne, de ce qui répare. Gangue de copines, c'est l'espace où la sororité s'assume, se questionne et se vit pleinement. Bonjour Alex !
- Alex
Bonjour Elodie !
- Elodie
Déjà pour commencer, bonne année 2026 !
- Alex
Oui, bonne année !
- Elodie
Alors Alex, tu vis à Rennes et t'es humoriste avec ton propre spectacle et tu organises aussi des plateaux d'humour. Déjà j'ai envie de savoir ce qui t'a amenée dans cette voie.
- Alex
Alors, un parcours somme toute classique j'ai envie de dire pour devenir saletain banque. J'ai fait un burn-out, j'ai fait une reconversion, j'ai fait une crise existante. Évidemment ! Sinon ce ne serait pas drôle. Moi, la base... J'ai eu cette bonne idée d'être bonne à l'école. Donc, j'ai fait des bonnes études. J'ai un master 2 de droit des affaires. Et après, après six ans d'études, j'ai fait quatre ans dans des services RH de grandes entreprises ou de startups disruptives et désirables sur le marché. Et ça ne me convenait pas du tout. Même quand j'étais bien dans l'entreprise, objectivement, j'étais extrêmement malheureuse. Et comme je l'ai disait un peu avant, j'ai vraiment fait une crise existentielle. Je ne peux pas le dire autrement. Je voyais toute ma vie dans ce bureau d'Open Space à essayer de gravir les échelons. Et ça m'a tuée à petit feu. J'ai fait donc dépression, burn-out. Et avec au bout de quelques mois, cette certitude que je ne pouvais pas retourner à la vie salariée et en tout cas pas à une vie non créative. Et donc par hasard, vraiment. j'ai commencé à faire du stand-up via ce qu'on appelle une scène ouverte. Donc, c'est des événements où on ne s'inscrit pas, il n'y a pas d'audition et on passe sur scène. Et je me suis dit, si ça me plaît, que ça se passe bien, j'y retourne. Et ça s'est bien passé aujourd'hui. Ça fait bientôt quatre ans que j'en fais, donc trois ans en tant que professionnelle.
- Elodie
Tu t'es pointée comme ça un jour sur une scène ouverte, toute seule, où est-ce qu'il y allait ?
- Alex
Alors, pas exactement. C'était un copain de copain qui y avait déjà participé. Et j'étais allée le voir, j'avais trouvé ça super, j'allais discuter avec les orgas et ils m'avaient dit bah ouais carrément on peut te programmer pour telle date. Et j'y suis allée avec des amis, ma colocataire de l'époque qui est une très bonne amie aussi. Et pour la petite histoire, humoriste, c'était le métier que je voulais faire quand j'avais 6 ans, c'est le premier métier que j'ai voulu faire. Donc il y a eu un peu ça aussi, un peu ce truc de bon allez il faut que je le fasse au moins une fois dans ma vie quoi.
- Elodie
Ça fait combien de temps là du coup ?
- Alex
Et bah en juin ça fera 4 ans. après cette première scène, en fait, cette toute première scène qui date de juin 2022.
- Elodie
Qu'est-ce que ça veut dire d'avoir ton propre spectacle ?
- Alex
Ça veut dire que j'ai un seul en scène humoristique d'une heure et quart que je vends à des salles, à des lieux qui peuvent me recevoir. Et voilà, j'ai mon propre spectacle dans le sens où c'est moi qui l'ai, pour l'instant, seule, quasi seule, écrite, mise en scène, qui le tourne, qui le vend et qui le joue, bien évidemment.
- Elodie
Et c'est où ? Où est-ce qu'on peut te voir ?
- Alex
En 2026, la date que je connais pour l'instant, c'est à Angers, le vendredi 30 au Petite Folie. Et après, je suis en cours de restructuration de plein de choses. Donc, je revois mes prix, ma façon de prospecter, je refais la mise en scène. Donc, 2026, il n'y aura peut-être pas forcément beaucoup de dates premier semestre, mais c'est pour revenir plus en force au deuxième.
- Elodie
Comment il s'appelle ton spectacle ?
- Alex
Il s'appelle Décalé.
- Elodie
Et on parle de spectacle d'ailleurs ? On utilise ce mot-là ?
- Alex
Oui, oui, oui.
- Elodie
D'accord, ok. Après,
- Alex
si on veut un peu faire genre, on s'y connaît dans le milieu artistique, on dit un seul en scène, on peut dire un one woman show, mais voilà, suivant la culture de chacun, chacune, ça peut changer l'idée qu'on se fait d'un spectacle suivant le terme, mais c'est un spectacle.
- Elodie
Ça, c'est ton activité, ton propre spectacle à toi, et tu organises aussi des plateaux d'humour. Qu'est-ce que c'est que des plateaux d'humour ?
- Alex
Eh ben je réunis ! des artistes dont j'apprécie le travail. et on fait une soirée d'une heure et quart environ où chacun fait un passage d'un certain nombre de minutes, on va dire, ça peut être 10, ça peut être 15 minutes, 20 minutes. Et chacun présente un peu son univers comme ça au public. Ça permet de toucher un plus grand nombre de personnes puisque c'est moins clivant que de voir une seule personne pendant une heure et quart. Et ça permet aux artistes de travailler des petits bouts de sketch. petit bout éventuel de leur futur spectacle. Donc voilà, ça s'appelle le Ducky, comme un canard en anglais, le Ducky Comedy Club. Et c'est principalement à Rennes et un peu, après je ne suis pas fermée, je fais des fois des dates un peu partout en Bretagne.
- Elodie
Ça c'était pour ton tes activités, on va dire, en tout cas tes activités professionnelles.
- Alex
Oui.
- Elodie
Et avant de rentrer dans le vif du sujet, et comme c'est le premier épisode de l'année, j'ai envie de commencer par te poser ton trois questions en rapport avec ce début d'année.
- Alex
Oui.
- Elodie
Est-ce que tu as un grand rêve pour cette année 2026 ?
- Alex
Je dois en avoir plusieurs parce que je suis une grande rêveuse mais là, pour 2026, j'aimerais beaucoup professionnaliser davantage les artistes sur mes plateaux. Pour l'instant, on travaille beaucoup au chapeau, donc au don libre, et j'aimerais créer un festival. Je crois que voilà. Mon petit rêve pour cette année 2026, ce serait de faire un petit festival où je fais jouer plein de gens dont j'adore le travail et qui sont très émergents, qui ne sont pas connus.
- Elodie
Ma deuxième question, c'est sur tes amitiés féminines. Comment tu aimerais les voir évoluer ou se passer cette nouvelle année ?
- Alex
Avec le regain d'énergie dont je te parlais un peu en off, puisque je suis en changement de traitement et que j'étais très fatiguée jusqu'à présent, j'aimerais pouvoir réenvisager de bouger plus. en France pour aller voir mes amis. Je trouve que les femmes ont une faculté à bouger, à être dans le mouvement, qui est plus importante que celle des hommes, de mes amitiés hommes en tout cas. Et donc j'ai beaucoup d'amis qui n'habitent plus du tout proche de chez moi et que du coup je vois moins. Donc l'idée, ce serait de me mettre un bon coup de pied aux fesses pour aller voir les copines de Paris, de Lille, de Lyon, de Brest, et d'ailleurs encore.
- Elodie
Ma troisième et dernière question, démarrage de 2026. Imaginons que nous vivions dans un monde où tout soit possible pour nous les femmes. Qu'est-ce qui se passerait ?
- Alex
Je pense que... Moi, j'ai pensé tout de suite pratique aux pratiques. J'irais me promener la nuit, c'est débile, mais c'est vraiment... J'adore la nuit, j'adore marcher de nuit. Mais à plus grande échelle, je pense qu'il y aurait peut-être plus d'empathie dans le monde. En fait, je trouve qu'on en manque beaucoup. Et moi, des fois, je suis un petit peu misandre, la misandrie est militante. Mais quand je vois à échelle quotidienne le handicap des hommes dans leur empathie, dans leur empathie relationnelle, dans des prises de décisions domestiques, quotidiennes, que ça repose énormément sur les femmes. Mais par contre, ils vont diriger toutes les entreprises du CAC 40, et les pays partout à travers le monde sont dirigés par des hommes. Je me dis que si on avait plus de femmes, franchement. ce serait très différent, ce serait sans doute plus humain, plus lent aussi, et peut-être un peu moins centré sur l'argent. Donc voilà, un monde où tout est possible pour les femmes, c'est peut-être un monde plus doux.
- Elodie
Alors je vais enchaîner avec ma traditionnelle question, c'est quoi pour toi la sororité ?
- Alex
Pour moi la sororité, c'est de voir maintenant, ça n'a pas toujours été forcément le cas, dans les autres femmes, des personnes qui sont de mon côté entre guillemets, des potentiels alliés. ne le sera pas forcément, toutes les femmes ne le sont pas forcément, mais de partir maintenant avec cet a priori positif sur une femme en face de moi. Et pas forcément, comment dire, je suis en train de déconstruire ma misogynie intérieure. Donc voilà, c'est de voir les femmes avec un prisme positif au quotidien, et dans les médias, et se mettre un peu à leur place aussi.
- Elodie
Ce que j'entends, c'est que du coup, tu n'as pas toujours été très sourde. Non,
- Alex
je ne suis pas fière de ça. Et en même temps, je trouve que c'est important aussi d'en parler. Pendant longtemps, j'étais même franchement misogyne, je pense. Et j'étais un peu ce qu'on appelle une pygmy, donc une femme qui va mettre en avant sa différence supposée par rapport aux autres femmes, à tout ce qui a une valeur féminine. pour se valoriser auprès des hommes. Donc moi, j'étais toujours la fille de la bande, j'étais toujours entourée de garçons, je disais que je m'entendais mieux avec les garçons, les filles, ça fait plein d'histoires, et j'aime pas le maquillage, et moi, j'aime bien les jeux vidéo, donc je suis trop, trop différente. Et j'en suis revenue, je pense que ça date... Peut-être du confinement, post-confinement, j'ai rencontré des femmes qui m'ont beaucoup aidée à me déconstruire, à avoir une vision beaucoup plus féministe des relations, toutes relations avec tous les genres et dans toutes les couches sociales, on va dire. Et ça m'a fait du bien, ça m'a vraiment libérée d'avoir cette bienveillance envers les autres femmes et de me dire, si moi je suis bienveillante envers les autres femmes, les autres femmes vont être bienveillantes envers moi. En fait, ça change toute la vision qu'on a de nos rapports entre nous.
- Elodie
Comment tu décrirais ton cercle amical actuel ?
- Alex
J'ai beaucoup de femmes, quand même. Comme je disais, qui sont assez éloignées géographiquement. J'ai beaucoup d'amitié individuelle. J'ai énormément de mal à garder des amitiés en groupe. Ça m'a encore joué des tours il y a à peine quelques mois parce que je suis très rigide sur beaucoup de notions. comment dire, de justice, on va dire. Enfin voilà, j'ai une forme de rigidité sur mes valeurs qui fait que dans les groupes parfois je suis un peu mouton noir et au bout d'un moment ce manque de souplesse fait que je me sens plus alignée en fait. Parce que dans un groupe il y a beaucoup de il y a beaucoup de choses qui circulent, il y a beaucoup de différences et au bout d'un moment ça me met toujours en porte à faux. Ça s'est vérifié dans toute ma vie jusqu'à présent. Mais voilà, à côté, j'ai des belles amitiés individuelles extrêmement nourrissantes avec des femmes, avec des hommes aussi. Et ces femmes me tirent vers le haut. C'était ça que je voulais dire. Je savais que j'avais loupé une idée sur qu'est-ce que c'est la sororité. C'est aussi bienveillante envers les unes les autres, se voir comme de potentiels alliés et se tirer vers le haut. Je trouve que la sororité aide les femmes à se tirer vers le haut les unes les autres.
- Elodie
Tu viens de dire quelque chose d'intéressant par rapport au... Aux amitiés en groupe, tu as un exemple à donner sur ce qui ne matche pas pour toi dans une amitié de groupe ?
- Alex
C'est un peu délicat, mais je peux. J'essaie juste de trouver mes mots parce que je ne veux pas me victimiser, me dire que les autres ne me comprennent pas, que je suis trop différente, que c'est tout leur faute. Mais généralement, c'est quand il y a des conflits, c'est toujours quand il y a des problèmes de toute façon qu'on voit. Comment on s'entend vraiment avec les gens. Et je sais que... Moi, je vais au conflit. S'il y a un problème, il faut l'adresser, il faut en parler. Même limite, il faut s'engueuler. Peut-être qu'il faut que ça sorte sous des formes qui ne sont pas forcément très douces sur le moment. Mais il ne faut pas que ça pourrisse. Et j'ai été beaucoup dans des groupes de personnes. J'ai l'impression que plus le groupe est grand et plus c'est vrai, qui vont beaucoup arrondir les angles, qui vont beaucoup attendre que ça passe. Ou il va y avoir... une ou deux personnes un peu leader qui vont s'en saisir, donner leur opinion, tout le monde va être d'accord et pas mouffeté. Et moi, c'est des choses qui ne me conviennent pas. Dans un groupe récemment qui mêlait amitié et travail et stand-up, il y a quand même eu, et j'étais la lanceuse d'alerte, une agression sexuelle. Donc quand on parle de ne pas être alignée, c'est que quelqu'un a décidé de protéger l'agresseur, que cette personne avait une influence. Donc tout le monde a suivi. Et à un moment, j'ai dit, non, les gars, moi, je ne peux pas. Les gars et les filles, moi, je ne peux pas vous suivre là-dessus. Même si à la base, on est amis, là, c'est non. C'est un non pour moi. Mais bon, il n'y a pas toujours eu des cas aussi graves. Mais c'est vrai que là, c'est quelque chose que j'ai vécu il n'y a pas si longtemps que ça. Et ça m'a fait me dire, bon, tant pis. Maintenant, on va juste parler de relations de travail quand ça touche à l'humour et au milieu artistique. et sinon on va éviter de trop s'investir émotionnellement peut-être.
- Elodie
Mais comme tu l'as dit, je crois, tout à l'heure, c'est du coup faire respecter tes limites et tes valeurs.
- Alex
C'est ça, surtout face à des personnes qui disent avoir les mêmes valeurs que moi. C'est là où, pour moi, il y a un désalignement. C'est de se dire, dans le milieu artistique, on est quand même très à gauche, très d'aucun dirait woke. Et je dis d'aucun dirait parce que c'est un terme qui peut être un peu ambivalent suivant sa propre culture. mais quand c'est des... groupe qui se revendique allié et qui a une dissonance totale en interne, moi je ne peux pas continuer, ce n'est pas possible.
- Elodie
Pour continuer du coup avec ce sujet professionnel, quelle est la place des femmes dans le stand-up ?
- Alex
C'est une place ambivalente aujourd'hui, je dirais, parce qu'il y a encore peu de femmes, trop peu de femmes, et de minorités de genre et de représentation en général. Un stand-uper, le starter pack. Justin Dupers est un citadin homme entre 20 et 35 ans, blanc, valide, de classe moyenne, on va dire. Donc on manque de personnes âgées, entre gros guillemets, plus âgées. On manque de représentation de personnes handicapées. Enfin, voilà, le stand-up là-dessus n'est pas forcément un très bon élève encore. Mais d'un autre côté, comme je dis, c'est des milieux où beaucoup, en tout cas, vont se revendiquer un peu à gauche, etc. Donc, il y a un sursaut de... Ah ! Bon, si on n'a pas une femme, on va se faire épingler vite, vite, vite des femmes. Mais je pense que derrière, ça fait un peu quota, en fait. Ça fait un peu discrimination positive. Et c'est surtout... Ces organisateurs et organisatrices qui cherchent à tout prix des femmes pour être un peu dans l'air du temps, on va dire, c'est un peu l'arbre qui cache la forêt de la professionnalisation. Parce que pour être sur des scènes au chapeau, donc à prix libre, ça passe encore. Et en fait, dès que tu montes dans les échelons, tu tombes sur des boys clubs qui vont se faire jouer entre copains. Et pour des personnes qui sont intermittentes, comme moi, ou artistes autrices. ou auto-entrepreneuses, enfin voilà, il y a plein de formes juridiques derrière, mais accéder à des scènes rémunérées légalement, avec les minimums qui vont avec, les congés, la retraite, c'est encore extrêmement difficile. Donc aujourd'hui, les femmes dans le stand-up, on est six fois moins que les hommes, et je pense que ce chiffre, il concerne encore un global qui prend en compte les scènes non professionnelles, les scènes bénévoles, entre guillemets. Et tout ce qui va être scène professionnelle, ça doit être pire encore.
- Elodie
Est-ce que toi, à ton échelle, tu as la possibilité d'agir ?
- Alex
J'espère bien. Il faut être le changement qu'on veut voir dans le monde. J'aime bien cette phrase. Moi, j'essaye de faire travailler un maximum des femmes sur des scènes professionnalisantes, notamment, parce que c'est quand même le nerf de la guerre, on ne va pas se mentir, c'est de pouvoir en vivre pour celles qui veulent en vivre. Donc, voilà. je fais en sorte d'avoir la parité sur mes scènes professionnelles et j'hésite pas à avoir plus de femmes que d'hommes, c'est déjà arrivé, ça se passe très bien. Il y a un retour qui est très amusant à voir sur tout type de scène, là pour le coup je vais le distinguer au chapeau ou caché mais là c'est un peu partout. Souvent à la sortie des scènes, il y a des gens qui viennent nous voir et qui nous disent, ah les femmes ce soir elles étaient un peu au-dessus quand même et c'est vraiment, en 4 ans je ne l'ai pas entendu qu'une fois cette phrase. Donc je trouve ça incroyable déjà. et puis ça renforce l'idée que les femmes ont complètement leur place sur scène. Donc voilà, avoir la parité sur un maximum de scènes, les scènes ouvertes aussi, parce que c'est un entonnoir. Si je veux avoir des femmes qui sont capables d'aller sur des scènes pro, il faut qu'en bas de mon entonnoir, j'en fasse rentrer, je permette à un maximum de personnes de jouer. Donc en bas de l'entonnoir, je mets des scènes ouvertes. pour permettre à plein de gens de monter sur scène, d'avoir l'opportunité que moi j'ai eue finalement, redistribuer un peu la chance. Et puis, dès que j'entends parler d'opportunités, qu'on me demande des conseils, ça arrive souvent ça, que des organisateurs ou organisatrices me demandent « t'as pas une personne à me recommander ? » J'essaye de recommander un maximum des femmes, pas que bien sûr, parce que j'essaye aussi de recommander juste des gens dont j'aime les univers et qui ont besoin de visibilité parce que ce qu'ils font c'est super. Mais voilà, il y a toujours un petit woman first, quand je peux.
- Elodie
Tu viens d'évoquer les retours des spectateurs qui disaient « Ah, ce soir, les femmes, elles ont été au-dessus » . Ça veut dire quoi ?
- Alex
Je pense que si on regarde les deux faces de la pièce, on a d'un côté des femmes qui, dans tout leur domaine, mais là, on parle du stand-up, font toujours plus que les hommes pour se sentir légitimes et vont quand même avoir un syndrome de l'imposteur. Donc, j'ai très rarement vu des femmes venir sur scène pas préparées, avoir des trous de mémoire, avoir des... textes pas très intéressants et quand il y a trou de mémoire, etc., se rattraper avec un brio et une connexion avec le public qui est très différente de celle que les hommes peuvent mettre en place. Par contre, j'ai vu beaucoup d'hommes arriver, des fois, dire « j'ai rien écrit, je vais juste faire de l'impro, avoir des trous monstrueux sur scène plusieurs fois par passage, etc. » Et je pense que ce besoin de légitimité fait qu'elles arrivent mieux armées, mieux préparées, un peu plus scolaires même. même peut-être dans l'approche, mais toujours est-il que ça fait plus propre, même quand on parle de personnes qui ne sont quasiment jamais passées sur scène. Et d'un autre côté, on a l'autre face de la pièce, le public, qui reçoit tout ce travail, qui voit aussi des profils différents. Je pense que c'est très rafraîchissant quand on est habitué à avoir des line-up, des listes d'humoristes qui passent sur scène. de six hommes qui vont tous parler de leurs dernières relations hétéro, de leur dernier date Tinder, faire des interactions publiques un peu agressives, d'avoir des femmes qui arrivent et qui parlent d'autres sujets, qui sont souvent plus engagées aussi je trouve, et donc faire de l'humour avec des propos derrière c'est plus difficile. Donc tout ce travail, il est accueilli par le public, il est ressenti. Il est digéré et à la fin, souvent, il sort en disant « Les femmes étaient au-dessus. Les hommes étaient bons, c'était drôle, mais les femmes nous ont plus marquées. » Et vraiment, je l'entends très régulièrement. Encore hier soir, pour être complètement honnête. Je sors de… Je sors. C'était hier, du coup. Mais il y a moins de 24 heures, j'organisais un comédie club. On était cinq, on avait deux femmes. Il y a une personne, une femme du public, qui est venue dire « Vous avez été mes deux préférées quand même. Il faut que je le fasse. »
- Elodie
C'est ça qu'on veut.
- Alex
Mais oui.
- Elodie
Tout à l'heure, tu as parlé de la difficulté à accéder à la professionnalisation. Donc ça, déjà, c'est un premier frein que rencontrent les femmes. Et j'imagine que sur scène aussi, il doit y avoir peut-être pas mal de sexisme qui est ressenti aussi. Ça arrive, ça ?
- Alex
Oui. Il y a, pareil, encore une fois, c'est deux faces. Il y a le côté backstage, on va dire, entre artistes. Ou quand tu es la seule nana, parfois, d'un line-up de six personnes, Et puis, il y a un ou deux copains qui sont là en coulisses aussi. Tu te retrouves avec 5, 6, 7 mecs qui parfois te paternalisent ou juste ne te calculent pas. Et parfois même en étant un peu plus. Je me suis retrouvée avec 10 personnes en coulisses. On était deux ou trois femmes. C'était un boys club. Et puis, tu sens juste que tu n'es pas concernée, qu'on ne va pas te parler. En plus, j'ai remarqué que ceux qui parlent le plus en coulisses ne sont généralement pas ceux qui réussissent le mieux sur scène. Donc ça, c'est aussi. extrêmement amusant de voir ça. Puis tu passes sur scène, tu fais un carton, parce que c'est souvent ce qui m'est arrivé. Voilà, je me lance des fleurs un peu. Tu as bien raison. Quand je pense à ces exemples-là, en plus, c'est toujours dans la même ville, mais bref. Je fais un carton. Vraiment, tu perds. J'ai du mal à faire mes blagues parce que le public m'applaudit trop. Voilà, je dis les termes. Et tu reviens en coulisses et personne ne te félicite. Alors qu'entre eux, ils se sont tous félicités avant. et vraiment j'ai peut-être un petit signe de tête pour dire ouais c'est cool t'as été joué j'ai juste plus cartonné que vous les gars en fait c'est dur c'est dur d'accepter ça donc voilà ça c'est le côté backstage ça arrive tous les mois dès que je pars un peu en dehors de ma ville de mon fief et de mon propre comédie club ça arrive quasi immanquablement et du coup maintenant côté public ça donne parfois des ambiances qui euh qui descendent d'un coup, qui a une énergie basse d'un coup quand j'arrive sur scène alors qu'il y a eu des hommes avant. C'est-à-dire que je pense que dans l'imaginaire collectif, il y a encore beaucoup une idée que je trouve abominable, c'est qu'une femme ne peut pas être drôle, déjà. Et si elle est drôle, c'est qu'elle est moche, elle est... Il y a de la grossophobie, il y a plein de choses qui peuvent intervenir pour qu'on accepte qu'une femme... C'est vraiment des trucs... Je repense à par exemple la youtubeuse Natoo, c'était il y a des années que je regardais cette vidéo, où elle disait qu'elle a des commentaires régulièrement où on lui dit « t'es drôle pour une fille » . Et moi je l'ai vu, même une fois je démarchais un lieu où je venais de jouer pour la journée du droit des femmes, je commençais un peu à roder mon spectacle, à chercher des lieux pour... pour jouer. Et je leur dis ça, je leur dis, je discute avec le patron, j'aime beaucoup ta salle, elle est très chouette, vous avez la lumière, le son, machin. J'ai mon spectacle, ça vous dit qu'on voit ensemble pour le programmer et vraiment les yeux dans les yeux. Le jour d'un comédie club 100% féminin, il me dit, ah bah tu m'aurais dit ça il y a deux mois, j'aurais dit non parce que je trouvais que les femmes n'étaient pas drôles. What ? Donc voilà, je pense que pour beaucoup de gens, il y a encore cette idée que l'humour est un domaine pour les hommes, et c'est très inconscient. C'est très glissant, en dessous de la ligne de flottaison des pensées. Et donc, quand j'arrive sur scène parfois, pour me décrire très succinctement aux auditrices et aux auditeurs, je suis une femme blanche valide, j'ai la trentaine, je suis normale en termes de morphologie, je suis mince normale, entre gros guillemets. Qu'est-ce que la normalité ? Vous avez trois heures. Et dans l'idée, je ne dis pas que je suis une beauté, mais je corresponds aux normes de beauté occidentales sans dire que je suis une mannequin. Et en fait, comme pour beaucoup inconsciemment, le rire, le fait d'être drôle, c'est pas pour les femmes... Enfin, c'est pour des femmes moches, grosses, nanana, enfin, ce qu'on s'est dit, qui est affreux, je n'aime pas reformuler, mais voilà, il faut mettre le décorum. Je sens que quand j'arrive, et ça se joue vraiment à la seconde où j'arrive sur scène, et je sens vraiment que d'un coup, le public n'est pas avec moi, qu'il était avec l'homme juste avant. qui sera avec l'homme juste après. Mais moi, il va me juger. C'est très différent de recevoir juste les blagues. C'est que là, c'est comme si... on était au même niveau et qu'ils avaient le droit de se dire c'est pas terrible là les blagues alors que pour les autres ils étaient juste dans la réception de ce qu'ils disaient en se disant cette personne a une expertise dans ce qu'elle fait sur scène,
- Elodie
je sais pas si c'est clair ce que je raconte et ça arrive heureusement assez peu souvent en fait du coup ça me fait me questionner sur le rapport que j'ai à l'humour et à ce qui me fait rire dans la vie mais en fait autour de moi je ris 2000 fois plus avec des femmes qu'avec des hommes. Peut-être parce que j'ai un entourage qui est très largement féminin, mais de manière générale, les mecs et leurs blagues ne me font pas trop rire. Quand on déconne entre nous, je débarque parce que jamais de ma vie je me serais dit que dans l'inconscient collectif, on trouve que les femmes ne sont pas marrantes.
- Alex
Oui, mais on vit... Dans des bulles, un peu, nous, je pense, enfin, je t'inclus,
- Elodie
je me permets.
- Alex
Non, mais voilà, moi aussi, je suis très entourée de personnes qui n'ont aucun problème avec le fait que les femmes soient drôles. Mais le stand-up me fait aller vers des gens qui sont très différents de moi. Et il y a un principe que j'aime beaucoup, c'est que c'est jamais de la faute du public. Il y a toujours moyen de les amener à soi. Mais c'est vrai que ce moment-là, où je sens que le public n'est pas avec moi, du simple fait que j'existe, en fait. dans ce corps de femme normalement attirante. J'aime pas, encore une fois, qu'est-ce que la normalité, mais là, j'ai pas le vocabulaire pour dire autrement. Ouais,
- Elodie
je comprends.
- Alex
Mais du coup, moi, j'ai beaucoup lu sur le sujet aussi parce que j'aime beaucoup tout ce qui touche à la neuroatypie, etc. Et donc, j'ai un peu lu sur l'intelligence, les femmes intelligentes, etc. Et en fait, l'humour est un vecteur d'intelligence et l'intelligence est une valeur qui est prêtée au masculin. Encore une fois, dans un système patriarcal, etc. Je ne dis pas que votre boulangère ou votre voisine est forcément comme ça, mais c'est des choses qui sont infusées dans la société depuis très longtemps. Et donc, il y a ce sous-texte de « les femmes ne sont pas drôles » . Ou si on peut accepter qu'elles soient drôles, c'est parce qu'elles ne correspondent pas aux normes physiques d'attractivité occidentale, on va dire. Beaucoup de mots de trois syllabes pour dire… arrêter de nous faire chier. Il suffit d'avoir un cerveau et une capacité de parler. Et encore même pas, il suffit juste de pouvoir aligner des mots d'une façon ou d'une autre pour être drôle. Voilà, ça n'a rien à voir avec ce qu'on a dans notre slip.
- Elodie
Et alors, je vais rebondir sur un truc que tu as dit il n'y a pas très longtemps. Tu as lu à ce sujet ? Tu as un livre à nous conseiller ?
- Alex
Alors, pas au sujet de l'humour particulièrement, mais moi, j'ai lu... alors comment s'appelle cette autrice déjà j'ai lu la femme surdouée de monique de kermadec moi je suis diag alors j'aime pas le terme diagnostic et parce que ce n'est pas une maladie mais je suis diag hpi encore une fois selon les cultures les valeurs le hpi c'est une fable du capitalisme pour flatter les élites un instinct système blablabla ou c'est un truc qui existe et quand on est diagnostiqué ça peut faire du bien. Moi je suis dans la deuxième catégorie. et j'ai lu ce livre déjà j'ai eu l'impression que c'était un manuel un mode d'emploi de moi et c'est vrai que c'est très intéressant de voir comment c'est une double peine pour les femmes d'être un tant soit peu intelligente sans même parler d'être surdouée là vous ne le voyez pas mais je fais des guillemets avec mes doigts mais juste d'avoir une sensibilité un peu plus importante une intelligence un peu développée un peu de curiosité Merci. Tout de suite, ça peut beaucoup plomber dans beaucoup d'aspects de la vie. Et notamment, l'humour, comme je disais, c'est une forme d'intelligence.
- Elodie
Pour reboucler, est-ce qu'il y a une rencontre qui t'a montré à quel point la sororité, elle était importante dans ce milieu ?
- Alex
Une seule, ce serait trop réducteur. Il y a plein de femmes qui sont absolument incroyables dans ce milieu, qui font des choses géniales, qui vraiment se donnent du mal. Et on sent que c'est vraiment... c'est des démarches pures. Je parlais un petit peu d'une forme d'opportunisme, précédemment, de se dire, bon allez, on va mettre une ou deux nanas pour qu'on nous lâche la grappe et faire genre on est déconstruit. Mais non, il y a vraiment des gens, des femmes notamment, qui sont à l'avant-garde de ça. Je pense notamment à Julie Gabriel sur Rennes et alentours, qui a créé un comédie club 100% féminin, professionnalisant, qui met une énergie de dingo dans ce projet. projet qui est un très beau projet par lequel j'ai rencontré d'autres femmes qui ont d'autres très beaux projets. Après, encore une fois, on est sur un super beau entonnoir. Je rencontre Julie et derrière, à chaque soirée que je fais avec elle, je rencontre des femmes incroyables qui sont excellentes sur scène et qui se bougent pour mettre en avant l'humour féminin. Donc, c'est top.
- Elodie
Quel message t'aimerais transmettre aux femmes qui rêvent de monter sur scène ?
- Alex
Pour les femmes qui voudraient monter sur scène, je leur dirais de se rapprocher. Alors, le stand-up, c'est encore très... citadins. Après, il y a des choses qui se développent aussi dans des villes de taille plus moyenne. Je parle en Bretagne, par exemple, de Quimper ou Lagnon. Je leur conseillerais de prendre contact avec des personnes qui organisent et de discuter avec ces personnes pour voir déjà si le courant passe bien. Ce n'est pas forcément évident, mais juste de dire, voilà, je débute, j'aimerais débuter. Déjà, de voir comment la personne va répondre, ça vous donne un peu le tempo. L'esprit, n'y allez pas si vous ne vous sentez pas bien. Et puis, il y a beaucoup de choses qui se font. Essayez peut-être de se rapprocher, si c'est possible, de personnes où vous voyez en allant, par exemple, au Comedy Club. Là, je mets les idées dans le désordre, mais déjà, y aller en tant que spectatrice va vous donner une idée de l'ambiance, comment les artistes vous semblent être traités, est-ce qu'il y a des femmes sur scène, quels sont les propos sur scène, etc. Donc, allez voir du Comedy Club et allez discuter avec les artistes. et les organisateurs et organisatrices, je pense que c'est le meilleur moyen de se lancer en se sentant bien ou d'éviter des plans bourbiers qui vont vous dégoûter à vie. Et moi, je pense qu'il y a de la place pour tout le monde s'il a l'envie de travailler. En fait, tout le monde n'arrive pas avec un texte qui va fonctionner tout de suite. Le stand-up, ça peut être très ingrat parce que on a un retour immédiat. Ce n'est pas comme des vidéos sur TikTok ou autre. Moi, je sais que j'ai beaucoup de mal parce que justement, je manque de ce retour immédiat pour savoir si ce que je fais est drôle ou intéressant. Mais pour des personnes qui auraient envie de progresser, il y a toujours de la place, je pense. Mais ce n'est pas toujours facile de trouver le bon interlocuteur ou la bonne interlocutrice. Ça, je suis d'accord aussi. C'est bien, je suis d'accord avec moi-même. C'est plutôt pratique.
- Elodie
Il y a un sujet dont on n'a pas parlé, qui n'a rien à voir avec le stand-up et tout ça. C'est ton podcast. Oui, moi,
- Alex
j'ai un podcast. Podcast aussi, oh là là, c'est fou ça, la trentaine, on fait des podcasts. C'est un copain à moi qui dit ça. En fait, je suis très geek et je fais depuis dix ans du jeu de rôle sur table, c'est-à-dire un jeu de société pour les gens qui ne connaissent pas du tout vraiment. Vous imaginez que vous êtes avec trois, quatre copains, copines, autour d'une table avec des feuilles, des papiers, il y a des dés aussi, et puis des chips, des bières et tout ça, voilà, petite soirée jeu de société. Et en fait, c'est de l'improvisation d'histoire. On co-écrit une histoire en l'improvisant. Voilà, je prends un énorme raccourci, mais ça vous donne une idée de ce que c'est. Et donc, j'ai réuni des artistes que j'apprécie et un copain avec qui je fais beaucoup de jeux de rôle, qui a des idées complètement what the fuck tout le temps en plein jeu. Et on a enregistré une partie. On a enregistré pendant deux jours, non-stop, une partie. Et voilà, la saison 1 est en cours. en cours de publication. Elle va se terminer la semaine prochaine. C'est en 16 épisodes. Donc l'idée, c'était de proposer des épisodes relativement courts de 30 minutes parce que dans le milieu du jeu de rôle audio, comme ça, en podcast, ou filmé d'ailleurs, c'est souvent des épisodes hyper longs de plus d'une heure sur des saisons qui durent sur des années. Moi, ce n'est pas ma cam. Bravo à celles et ceux qui le font et à celles et ceux qui les écoutent. J'avais envie d'un truc un peu plus clé en main où tu te dis, je commence mi-septembre, ça termine mi-décembre. hop, j'ai un scénario. Et j'écoute ça sur le chemin pour aller au boulot, etc. Donc, podcast de jeux de rôle qui s'appelle Atelier
- Elodie
Persona. Trop cool ! Et quand on a préparé cet épisode, tu m'as dit que tu étais très geek, voire même très nerd, et que tu amenais ta vision féminine, voire féministe dans ce milieu, c'est-à-dire ?
- Alex
J'essaye en tout cas le milieu geek. Alors geek, c'est un terme qui est utilisé un peu à tort et à travers aujourd'hui. Pour moi, être geek... c'est aimer les univers de fiction en général avec une bonne appétence à l'informatique et à la technologie à côté mais moi je me concentre surtout sur tout ce qui va être jeux de rôle, livres, séries, BD, science-fiction, enfin tout ce qui concerne des mondes fictionnels. C'est une communauté qui est très polarisée. D'un côté, je vois des contenus geeks extrêmement queer, extrêmement féminins slash féministes, féminins et féministes n'étant pas forcément des... Synonyme, merci ! Et d'un autre côté... je vois des communautés, enfin, je peux voir des contenus extrêmement masculinistes, de rejet total des personnes queer, des personnes racisées. Je voyais par exemple récemment, je crois que c'est un compte Instagram qui s'appelle Adèle Fitté, qui postait l'horreur que c'était dans la communauté cosplay, donc les gens qui se déguisent et incarnent des personnages de fiction pour les personnes noires, par exemple, afrodescendantes, qui veulent incarner un personnage qui est blanc. qui en plus souvent sont des cosplays absolument magnifiques, super bien faits, et ils s'en prennent plein la poire, et je trouve ça affreux. Donc c'est très polarisé. D'un côté, un monde hyper inclusif, et de l'autre, un endroit très chasse-gardé d'une certaine masculinité toxique, on dira. Et donc moi, j'ai plusieurs contenus geeks. J'ai le podcast Atelier Persona, où j'essaie d'avoir la parité dans mes joueurs et joueuses. où je suis maîtresse du jeu, c'est moi qui mène la partie, qui donne les éléments du scénario et qui guide les joueurs et les joueuses. Moi, j'ai rarement vu des contenus jeux de rôle où c'était une femme maîtresse du jeu, déjà. Donc pour moi, c'est déjà un bon point. Et là, on va enregistrer la saison 2. Je crois que je vais avoir du mal à avoir une autre femme pour jouer avec nous, mais je projette de faire une session 100% féminine. Bon, voilà, on peut les vasse communiquant. À côté, je fais des vidéos sur TikTok, il faut que je les reprenne, où je décortique que... la façon dont les personnages féminins sont traités dans la fiction. Parce que j'ai déconstruit et décortiqué énormément d'œuvres que j'adorais quand j'étais plus jeune, notamment des animés. Et quand je les re-regarde aujourd'hui, je suis atterrée. Je me dis, mais c'est pas possible. Ça, c'est clairement... Ça n'est pas possible, quoi. Donc j'aime bien un peu remettre les vis au milieu du village. C'est avec mon pseudo sur TikTok, c'est Alex Kamo. A-L-E-X-K-A-M-O avec un tiré du bas, un underscore.
- Elodie
Et le podcast sur toutes les plateformes, j'imagine ?
- Alex
Oui, c'est ça. Peut-être pas tous les podcasts du monde, mais les plus connus, on va dire. Les petits podcasters, YouTube. Voilà, tous mes réseaux, de toute façon, se retrouveront sur mon Instagram. Enfin bref, tout est partout. Suivez-moi. Jusque chez moi, même. Live Twitch aussi. Et Live Twitch, oui, exactement. Où, là, c'est un peu... balbutiant encore, j'ai pas énormément d'audience, il n'y a pas de concept très défini, mais c'est vrai que ça transpire chez moi de toute façon, il y a des sujets qui reviennent quand même énormément par eux-mêmes, peu importe ce que je vais streamer, c'est la santé mentale et la place des femmes soit dans notre vie réelle, soit dans les oeuvres de fiction que je peux montrer dans les jeux vidéo, etc. Et là, je voudrais lancer un autre concept, c'est faire du réac, donc tu lances une émission, Et tu réagis à ce qui est dit dedans en direct avec les gens qui sont dans le chat. Et moi, je veux faire du réact de vidéos de créatrices que j'adore. Donc là, j'ai contacté par exemple la Sabz, Sabine sur YouTube, qui fait des super vidéos pour décrypter le contenu réseau sociaux et les dérives que ça engendre. J'adore ce qu'elle fait. Et elle m'a donné l'autorisation, donc avec plaisir, pour parler des sujets qu'elle adresse, parce que c'est super ce qu'elle fait.
- Elodie
Où est-ce qu'on peut retrouver du coup tous tes liens ?
- Alex
Sur alexcamo-dubas sur Insta, normalement, il y a un peu tout. En fouillant dans la bio, il y a mon lien Linktree avec tous mes projets, le Deux Qui Comédie Club, le podcast, la VOD de Twitch. Donc voilà, s'il y a un seul endroit où aller, c'est sur Instagram, alexcamo-dubas.
- Elodie
Dans la bio, il y a toutes les infos. Eh bien, merci beaucoup, Alex. Merci à toi. C'était super. C'était l'épisode 64 du podcast Gang de Copines. Merci de ton écoute. On a abordé tellement de sujets avec Alec. C'était vraiment un échange hyper riche et je suis vraiment contente d'avoir décortiqué avec elle l'univers du stand-up que je ne connaissais pas du tout. Et j'ai beaucoup aimé aussi la légèreté qu'elle met pour parler de sujets sérieux. J'en profite pour vous souhaiter une très belle année puisque cet épisode est le tout premier de 2026. Je l'ai annoncé sur Instagram il y a quelques jours. Je vais réduire le rythme de publication de ce podcast, au moins jusqu'à mars, pour passer à un épisode par mois, le premier lundi de chaque mois. J'ai besoin de ralentir un peu pour garder le niveau de qualité sur le montage, sur les posts Insta, pour laisser de la place à d'autres projets aussi, sachant que je me suis quand même pas mal cramée l'année dernière. On se retrouve début février pour le prochain épisode. et d'ici là On discute sur Instagram. Le compte, c'est gangdecopinespodcast. Et potes, ça s'écrit toujours comme une pote. À bientôt !