- Elodie
Honnêtement, moi, j'ai aucune amitié qui a résisté. On s'est toutes parlé un peu de comment les gens ont reçu l'idée qu'on a pu avoir cette gratification-là. Et t'en as plein qui nous ont dit « Ah ouais, mais t'as payé » . Pour moi, c'est la rencontre. Parce que c'est une femme qui a vu ce que je n'avais jamais vu. La sororité, c'est la capacité de célébrer le succès de l'autre. Bienvenue dans le podcast Gang de Copines. Ici, la sororité n'est pas un slogan. C'est une expérience vécue, riche, complexe, parfois bouleversante. Tu vas entendre mes discussions, profondes ou légères, avec des femmes qui partagent leur histoire, leur expertise et leur combat. Tu vas entendre des histoires vraies, sans filtre, de femmes qui tissent des liens, traversent des tempêtes et s'élèvent. On célèbre à la fois la force et la fragilité des amitiés féminines. On ose parler de ce qui gêne, de ce qui répare. Gangue de copines,
- Virginie
c'est l'espace où la sororité s'assume se questionne et se vit pleinement.
- Elodie
Bonjour Virginie !
- Virginie
Bonjour Elodie !
- Elodie
Virginie, tu vis à Paris et tu es chef à domicile, entre autres, parce que tu as plusieurs autres activités. Mais ce que je vais faire, c'est que je vais te laisser continuer cette rapide présentation.
- Virginie
Je suis Virginie Legrand, j'ai bientôt 45 ans. Et effectivement, depuis 12 ans, j'ai mon entreprise spécialisée dans l'événementiel culinaire. Je suis chef à domicile et oui, j'organise des événements. chez les particuliers qui veulent recevoir. Et je suis passionnée par l'art culinaire depuis très longtemps.
- Elodie
Quelle différence tu fais entre la cuisine, pour le commun des mortels, et l'art culinaire ?
- Virginie
C'est qu'en fait, j'accorde beaucoup d'importance à l'esthétique et la combinaison entre les goûts, les textures, les odeurs, les couleurs. Ma cuisine, elle est multisensorielle. Je pense que l'art culinaire, c'est quelque chose qui est multisensoriel. Tandis que nous, la cuisine, quand on fait ça chez nous, c'est pour se nourrir. Après, on kiffe un peu, mais en général, on n'en fait pas notre métier.
- Elodie
Tu as parlé d'événements. Quel genre d'événements tu fais ?
- Virginie
C'est beaucoup des événements calendaires, familiaux, donc des mariages, des anniversaires. Ça peut être aussi des séminaires d'entreprise où les directeurs veulent recevoir chez eux. Ça peut être des réceptions d'amis qui veulent se voir, mais qui sont un petit peu blasés par les restaurants et qui veulent une autre... un autre pan de la gastronomie, autrement, chez eux, surtout dans leur cocon.
- Elodie
Je crois que tu ne fais pas que ça. On est d'accord.
- Virginie
Alors, je ne fais pas que ça. Je donne aussi des cours de cuisine pour des particuliers et aussi pour des entreprises en format team building incentive. Et c'est vrai que depuis trois ans et demi, je suis un petit peu comme toi. J'aime interviller les gens parce que j'ai un podcast autour. évidemment de la gastronomie et de l'hospitalité.
- Elodie
Tu peux nous en dire un peu plus sur ce podcast et quel genre de format ?
- Virginie
Je reçois 4 personnes, donc c'est une table ronde. Je l'ai voulu vraiment comme une tablée de restaurant où on discute et je le sors tous les premiers, tous les 15. Et demain, j'enregistre mon 82e.
- Elodie
Trop bien !
- Virginie
Alors,
- Elodie
donc, chef à domicile, cours de cuisine, podcast, je crois qu'il y a aussi quelques livres, non ?
- Virginie
Oui, j'ai sorti deux livres, 2021 et 2023.
- Elodie
C'est des livres à quel sujet ?
- Virginie
C'est des livres de recettes, c'est évolutif, j'ai fait mon premier pour sceller quelque chose, le deuxième c'était pour mes dix ans, là je suis déjà sur le troisième, et le troisième ce sera autre chose. un petit peu plus autobiographique que culinaire.
- Elodie
Sorti 2026 ou plus tard ? Ouais,
- Virginie
2027. En 2027, j'ai la vidéo avec ma binôme le 22 janvier.
- Elodie
Ok, c'est un livre à quatre mains alors. Je ne sais pas si on peut dire ça.
- Virginie
Même six, je pense.
- Elodie
Ah, trop chouette. Ok, trop chouette. On a oublié autre chose, quelque chose dans toutes tes activités ?
- Virginie
Qu'est-ce qu'on... Je ne l'ai pas, je ne l'ai pas. le networking le networking évidemment bien sûr alors j'organise aussi alors là du coup c'est pas trop sur le culinaire mais c'est un support j'organise aussi effectivement des événements de réseau parce que je trouve que le réseau c'est hyper important pour rayonner pour prospecter pour rencontrer les gens qui nous ressemblent et qui vont nous faire évoluer et inversement et du coup ça fait ça fait quelques années que je Je... J'orchestre mes propres soirées networking avec mon réseau, que je cultive avec engagement.
- Elodie
Qui est-ce qu'on retrouve dans ce genre de soirée ?
- Virginie
On retrouve des gens, des entrepreneurs évidemment, pour le coup qui ne sont pas que dans la gastronomie. C'est ça ma question. C'est beaucoup des gens que j'ai rencontrés sur LinkedIn et j'ai voulu trouver le prétexte aussi de les rencontrer en vrai parce que je trouve que c'est beaucoup plus intéressant. Et du coup, je suis passée par la case, c'est moi qui organise. Donc c'est très varié, c'est très très varié à chaque fois, mais c'est un petit format. ce sont des gens Entre 25 et 30 personnes. Et évidemment, c'est moi qui fais le cocktail. Bien sûr.
- Elodie
Ah oui, quand même. Très bien. OK. Du coup, toutes ces activités, ça me fait penser à une question un peu bonus. Ça a quand même l'air d'avoir un petit profil multipotentiel qu'on appelle zèbre.
- Virginie
Oui, j'aime bien les rayures. Oui, oui. J'aime bien les rayures. C'est un motif que je porte. Non, effectivement, je suis multipotentielle HPI. Je l'ai su il y a trois ans et tu vois, j'ai 44 ans. Mais oui, c'est un profil d'une immense curieuse, d'une immense bosseuse, d'une grosse hypersensible aussi. Et finalement, je trouve que ça apporte plus de bonus que de malus, même si l'adaptation parfois est complexe. Pourquoi ? Parce qu'il y a quand même une question d'être toujours trop. Ça, c'est compliqué. On me voit comme quelqu'un de trop. Et l'adaptation est, par moments, douloureuse. Ou la justification, l'argumentation est douloureuse. Et c'est pour ça que, maintenant, je l'assume pleinement, que j'en parle, de cette neurodivergence, neuro-atypie. Parce que c'est un cadeau, je pense aussi.
- Elodie
J'imagine ce qui te permet aussi de... Comme tu l'as dit, cette grande curiosité et le fait d'être une touche à tout.
- Virginie
Oui, et puis je pense que cette capacité intellectuelle ou psycho-intellectuelle te permet de faire plein de choses sans être trop fatiguée. Je suis bien sûr fatiguée physiquement, aussi mentalement, mais pas à la hauteur de mes multi-activités. Oui,
- Elodie
je comprends. Je comprends ça très fort. Ok. Alors, toutes tes activités, tu les fais toutes seules ou tu as une équipe avec toi ?
- Virginie
Alors, moi, je travaille avec mon mari qui est un peu en back-up, back-office. J'ai une assistante avec moi qui gère toute l'interface client. Et après, j'ai ma social media manager qui m'aide à faire ma communication essentiellement sur Instagram. Tout ce qui concerne LinkedIn, c'est moi, mais elle m'aide pour la strat et puis pour… pour le calendrier édito sur lequel on travaille très régulièrement. Et de temps en temps, je prends des extras avec moi. J'ai des maîtres d'hôtel sur des prestats, j'ai des secondes cuisines, j'ai des commis que je prends quand il me faut des bras, tout simplement.
- Elodie
D'accord. Et dans ce quotidien professionnel, toute activité confondue, on va dire, est-ce que tu ressens que tu es plutôt entourée d'hommes ou de femmes ?
- Virginie
C'est pas grave. C'est assez mixte parce que ce milieu-là, déjà, j'ai beaucoup de pères qui sont hommes parce que c'est un milieu masculin. Après, pour mes invités du podcast, je crois que c'est assez paritaire, autant d'invités hommes que d'invités femmes. Dans mon équipe, ma binôme, qui s'appelle Eleonore, c'est une femme. Ensuite, là, pour le coup, j'ai Laura et Cécile. Donc, mon équipe garde rapprochée sont des femmes.
- Elodie
OK. Quand tu parles de binôme ?
- Virginie
Oui, c'est celle qui m'accompagne en cuisine, il est au nord.
- Elodie
D'accord, ok.
- Virginie
Sur les prestas, mon second.
- Elodie
D'accord, ok. Et dans tes clients, c'est plutôt des clients ou des clientes ?
- Virginie
Alors, quand j'ai vu ta question, c'est une vraie question, je ne me suis jamais posée.
- Elodie
Ça, c'est marrant.
- Virginie
Je pense que c'est plus des clientes. Ouais, c'est plus des clientes parce que je crois que c'est elles qui ont la charge mentale d'organiser les événements, souvent, vu que c'est du particulier. Voilà, j'organise l'anniversaire de ma fille, j'organise l'anniversaire de ma mère, etc. Donc, ni le frère ni le père s'en occupent. Mais c'est vrai que souvent, Cécile a des femmes, beaucoup. Donc, je dirais plus femmes. Donc, grosso modo, si on résume, parce que même dans le networking, alors par contre, dans le networking, par contre, dans l'entrepreneur, là, on est plus sur des hommes à 80%. Les femmes se montrent moins, en fait. Oui, ça, c'est tout le problème de prendre sa place, s'assumer. affirmer justement sa position de dirigeante. Ça, c'est tout un sujet aussi.
- Elodie
Tu as dit tout à l'heure que la cuisine, c'était un milieu plutôt masculin ?
- Virginie
Oui, madame.
- Elodie
Ouais, comment on s'en sort du coup quand on est une femme avec de l'ambition dans ce milieu masculin ?
- Virginie
Eh bien, parce qu'on a déjà échangé, je vais être assez triviale et les auditeurs ne m'en voudront pas. Je me suis fait pousser des coronesses. Je les mets très souvent sur la table. On est obligé. Alors moi, en plus, je cumule pas mal de choses, c'est-à-dire que je suis une femme. Je suis autodidacte, donc je n'ai pas ni fait d'école, ni fait de maison, ni fait de restaurant qui témoigne d'une certaine preuve professionnelle. Et en plus, je suis à domicile, donc je n'ai pas de restaurant, je n'ai pas d'établissement fixe où je pourrais rayonner auprès de tout le monde. Donc je suis un peu un extraterrestre. Et ça a été un petit peu compliqué quand même, même très compliqué de faire ma place et qu'on me regarde comme une chef ou en tout cas comme quelqu'un qui a fait de sa passion son métier et qui le fait avec le cœur et qui le fait bien et qui au bout de 12 ans, ça marche avec des clients qui sont contents. Donc à partir de là, un petit fuck.
- Elodie
Oui, quand tu dis tu tortes et coronets, ça veut dire s'imposer un peu avec force, j'imagine.
- Virginie
Oui, ça veut dire avoir du caractère, ça veut dire… assumer d'être ambitieuse et puis surtout être capable de prouver en fait ce que tu fais et ce ce qu'on te confie aussi parce que ça doit être toi avec toi même ou effectivement tu as une estime de toi confiance en toi etc mais après comment te regardent les autres et donc si les autres te confie des jolis événements si les clients reviennent si on parle de toi si ta communication est bonne ça veut dire que tu fais le taf en fait donc à partir de là je n'ai plus besoin là en tout cas ça fait au moins trois ans que quand je mets mes coronets sur la table, je m'amuse et je ne souffre pas.
- Elodie
Oui, parce qu'en fait, tu as les preuves qui vont avec ta réussite.
- Virginie
Évidemment.
- Elodie
Tu as un peu l'idée.
- Virginie
C'est exactement ça. Donc après, qu'on me regarde de manière horizontale et pas verticale.
- Elodie
Oui.
- Virginie
Et j'ai des amis qui sont meilleurs ouvriers de France, qui sont chefs étoilés, qui ont des très jolis restaurants. J'ai même un ami qui est Bocuse d'or, qui a préfacé mon deuxième bouquin. Bocuse d'or, c'est le top du top. Et qui, lui, m'admire, ou en tout cas reconnaît Voilà. que j'incarne bien ce métier. Donc, à partir de là, tous les autres... Au revoir !
- Elodie
Avec le sourire ! On va rentrer un petit peu dans le vif du sujet. C'est mieux quand je fais la transition. C'est très, très bien. Merci beaucoup. En effet, ton activité, elle fonctionne bien. Tu as un beau succès, tu es reconnue. Tu as même été citée dans le top 40 des femmes Forbes. C'est dur à dire. 2025 ? Oui. Moi, je trouve ça incroyable, hyper inspirant. Et je suis vraiment ravie que tu sois dans ce podcast et que tu aies accepté d'y participer. Mais du coup, il y a un mais avec tout ce beau succès. C'est que dans tes relations amicales, ça n'a pas toujours été que positif. On va donc en parler là maintenant, de dire un peu ce qui a changé dans tes relations amicales, alors en positif et en négatif. avec ton activité entrepreneuriale et avec ce succès du coup. Ce que je te propose de faire, c'est qu'on commence par les déceptions, comme ça on avancera après sur une note plus positive. Qu'est-ce que ce succès, quand je te pose cette question de le succès et la négativité, qu'est-ce que ça t'a amené comme chose un peu négative dans tes relations ?
- Virginie
Alors déjà, Tu as parlé de deux choses. Il y a le succès et il y a aussi l'entrepreneuriat parce que j'aurais très bien pu réussir avec un boulot où je grimpe les échelons et les gens se disent « Ok, elle grimpe les échelons, elle gagne bien sa vie, etc. » Là, en plus, il y a le côté entrepreneur. Donc, en fait, la fracture, elle va être double. Elle va être entre le salarié et l'entrepreneur et après, la fracture entre les femmes qui sont peut-être en insécurité, de ne pas avoir été jusqu'au bout de leur… projets, à qui je renvoie cette idée-là et du coup me font payer mon succès. Alors, payer, tout est relatif évidemment, mais dans les discussions, dans les regards, dans les jugements, oui, ça a été des femmes qui n'ont pas forcément soutenu mes choix, mes décisions, qui ne m'ont pas porté et du coup, avec lesquelles je me suis distanciée en fait.
- Elodie
D'anciennes amies, avec qui le fait que tu deviennes entrepreneur, ça a marqué un arrêt dans votre relation ?
- Virginie
Oui, bien sûr, parce que déjà, on travaille beaucoup, on a énormément de pression, donc tout change. Et puis après, moi, mes horaires, en plus, je suis entrepreneur, mais dans l'événementiel, dans la restauration. Donc, ça veut dire que je travaille des week-ends, les soirs, quand les gens se réunissent. C'est normal, vu que c'est moi qui orchestre leur réunion. donc c'est vrai que il y a plein de gens là encore qui me mettent sur des fils WhatsApp en disant bah oui on voudrait aller au resto le samedi soir bah non je suis pas là je travaille en fait et puis en fait je me dis bah c'est aussi des signes de l'univers de dire bah en fait t'iras avec des gens qui ont les mêmes plannings que toi et c'est intéressant parce que tu vois ce rythme entrepreneurial cristallise aussi beaucoup les relations humaines et comment les gens se... agissent les uns envers les autres. Parce qu'en fait, les horaires changent, les priorités changent, les sujets de conversation et les angoisses changent, le rapport au temps change, le rapport au client change. Et du coup, il y a des amitiés. Honnêtement, moi, je n'ai aucune amitié qui a résisté.
- Elodie
Aucune amitié salariée ?
- Virginie
De mon métier d'avant, oui.
- Elodie
Ça fait un peu peur, mais je comprends ça.
- Virginie
Après, c'est vrai que c'est peut-être aussi mon caractère, c'est peut-être aussi mon hyperactivité, mon obsession du travail, parce qu'en fait, là encore, je suis entrepreneur, j'ai ma propre boîte, mais en fait, c'est ma passion. Donc, comme toutes les passions, c'est quelque chose qui te nourrit de l'intérieur et en fait, parfois, je n'ai pas besoin des autres. Oui,
- Elodie
tu ne limites pas le temps que tu consacres à ta passion. Pour privilégier des moments avec d'autres personnes ?
- Virginie
Non.
- Elodie
Oui, ok.
- Virginie
C'est vrai que ça peut être terrible et peut-être que je vais être jugée pour ça, mais je fais ce… Oui, on n'est pas là pour juger, mais je fais ça. En fait, ce qui est hyper intéressant, c'est que quand tu deviens entrepreneur, moi, je ne l'étais pas évidemment il y a 12 ans, je ne connaissais personne qui l'était. Vraiment, je n'avais personne autour de moi qui l'était. Et je me suis rendue compte que je me suis révélée en fait avec ce statut d'entrepreneur. Je me suis découverte comme peut-être effectivement une femme ambitieuse, audacieuse, qui a envie de reconnaissance, qui a envie qu'on la regarde, qui a envie de faire plaisir aux autres. Et donc du coup, les gens qui étaient autour et qui gravitaient de manière assez banale, tu vois, autour de moi, finalement, on ne s'apportait rien. C'est terrible. Non,
- Elodie
mais je comprends ça très fort. L'avant après ? Je pense qu'il arrive à tout le monde, quel que soit le niveau et l'endroit où on en est dans l'entrepreneuriat. En fait, déjà, la décision de se lancer à son compte, elle est comprise, pas comprise. Les gens reflètent leur peur, légitime ou pas légitime, sur cette décision. Et puis après, en effet, quand il y a une trop grande différence dans le quotidien, donc, dans les sujets de conversation potentiels, évidemment, ça crée de la distance. Tu vois, moi, je ne trouve pas ça... Je comprends le avant-après. En plus, Euh... je ne crois pas qu'on en ait parlé, mais c'est une reconversion. C'est-à-dire qu'avant, tu faisais quelque chose qui n'avait rien à voir avec l'entrepreneuriat et la culinaire.
- Virginie
Oui, j'étais prof.
- Elodie
Oui, voilà.
- Virginie
J'étais prof. Voilà. Vraiment la grosse folle quand même. Non, non, non. En plus, prof, tu as des horaires très light, même si après, on bosse sur les copies, ce n'est pas le sujet, mais tu as des horaires très light. Tu termines le vendredi à 17h. Voilà, tu vois, tu peux terminer à 15h. Tu as le temps d'aller faire du shopping avec des copines. Tu as ton mercredi après-midi parfois. Puis après, tes copies, tu les corriges. Tu choisis ton temps, en fait, tu vois. Mais c'est vrai que… En fait, je me suis aussi rendue compte avec l'entrepreneuriat que tu as besoin des autres pour t'élever. Moi, j'ai besoin des autres pour m'élever, tu vois. Et ça, on en parlera du coup dans la deuxième partie. Qu'est-ce que m'apportent les autres femmes ? Mais ce n'est pas que je les utilise en fait. Ce n'est pas que je me dis tu m'ennuies dans ta conversation. Mais c'est qu'il y a des gens qui ne le voient pas ça. Il y a des gens pour qui ce n'est pas important. Ils passent du temps ensemble, ils mangent ensemble. Ils racontent leurs histoires de gamins. Ils racontent leurs histoires de parents. Ils racontent ce qu'ils ont acheté. Moi, je sais que ça ne m'apporte plus ça. J'ai besoin d'apprendre. J'ai besoin de me challenger. J'ai besoin d'écouter des histoires inspirantes qui me disent « Ok, on y va, et oui, et on monte en permanence les échelons, on sort de sa zone de confort. » Et en fait, cet entrepreneuriat m'a vraiment permis de comprendre qui j'étais. Donc, c'est beau en soi.
- Elodie
Trop beau, oui, carrément. C'est hyper intéressant. Et ça, c'est pour la phase entrepreneuriat et les gens qui sont restés un peu sur le côté, on va dire. Voilà. Et le succès, du coup, ça t'a aussi éloigné des personnes ?
- Virginie
Alors, le succès, non, ça a fait se rapprocher des personnes malveillantes.
- Elodie
D'accord. Ah, oui, pardon.
- Virginie
Oui, mais oui.
- Elodie
Ok, ça a fait se rapprocher des personnes malveillantes. Comment tu as détenu ces... Ah oui, ok.
- Virginie
Voilà, là, qui s'accrochent à toi en disant, elle a du réseau, elle travaille beaucoup. C'est vrai que je renvoie aussi, les gens savent, ceux qui travaillent avec moi, qui collaborent avec moi, que je suis un très bon élément professionnel. Je suis hyper réactive. On l'a vu, toutes les deux. Ah oui,
- Elodie
on s'est parlé il y a deux jours. Et nous sommes un dimanche, il est 16h40.
- Virginie
Voilà. Et en fait, moi, je travaille comme ça. Je suis hyper rigoureuse. Je travaille tout ce qu'il faut travailler. Je rends les copies quand il faut rendre les copies. Les projets, je les bosse, etc. Je suis très organisée. Donc, du coup, les gens se disent, OK, si on se greffe sur Virginie, le truc, ça va marcher. Sauf que moi, je n'ai pas envie d'être greffée à des boulets. Et que c'est vrai que j'ai des gens qui sont venus pour approcher d'autres gens que je connaissais, qui après m'ont essayé de me mettre des trucs à l'envers, et ça, je n'aime pas. Et après, aussi, dans le côté négatif, tu parles du succès. Le succès m'a après montré, aux yeux de ces autres personnes qui me voyaient avant, quand j'étais prof, comme quelqu'un d'arrogante. Elles associent beaucoup le... « Virginie, du coup, elle fait ci, elle fait ça, elle est sur les réseaux, elle est interviewée, elle travaille beaucoup. Maintenant, elle est prétentieuse, on ne la reconnaît pas. » Et en fait, il y a des choses que je vois sur Insta qui disent « Mais en fait, ce n'est pas que tu as changé, c'est que tu as ouvert les yeux ou que tu as compris qui tu étais. » Moi, je n'ai pas changé, en fait. Je suis la même. D'ailleurs, il y a plein de gens qui me connaissent ou qui m'ont vu grandir depuis 12 ans et qui m'ont dit « Mais tu as gardé une humilité qui est dingo, tu es toujours la même en termes de… » comportement, d'attitude, de gentillesse, de modestie. Je suis très fière de mon parcours, mais je n'ai pas de raison de me surqualifier. Oui, je travaille beaucoup, donc je le mérite aussi ce succès-là. Mais après, dans mon tempérament et dans mon rapport aux autres, tout le monde me voit comme quelqu'un de très altruiste et de très généreux.
- Elodie
Il faudrait revenir sur les opportunistes parce que ce que tu racontais, j'avais l'impression qu'on était un peu dans un film. des gens qui te tirent dans les pattes et qui essayent de s'accrocher mais vraiment qu'espèrent ces personnes ?
- Virginie
faire des projets avec toi et du coup récolter un peu de ton succès c'est ce que tu as senti oui de prendre un peu ma lumière et quand je le dis là encore vraiment je veux pas que les auditeurs se disent elle se la raconte c'est pas ça c'est pas l'objectif et je pense qu'ils vont sentir et toi tu l'as senti aussi que c'est pas du tout ça mais tu vois par exemple j'ai L'exemple d'une attachée de presse, par exemple, qui a voulu bosser avec moi. Et finalement, ça ne s'est pas fait parce que j'ai très vite senti qu'elle n'allait pas bosser comme je le voulais. Et puis, voilà, elle a essayé de me faire des trucs pas cool.
- Elodie
D'accord.
- Virginie
Parce que vexée. Et donc, on revient en fait toujours, on revient à ce « je suis vexée, je le prends pour moi, elle n'est pas gentille » . Tu vois, c'est gna gna gna, elle n'est pas gentille. Et quand je dis non après au projet parce que je ne les sens pas, tu en as certains qui comprennent et tant mieux, et tu en as certains qui ne comprennent pas et tant pis. Et maintenant, ça ne me regarde plus, ça. Moi, j'avance et en fait, j'ai toujours dit, ce n'est pas parce que moi, je réussis que j'empêche les autres de réussir. Je bloque le chemin de personne. D'ailleurs, je ne parle jamais de concurrence. Je déteste parler de concurrence parce que pour moi, ce n'est pas des concurrents. C'est des consœurs, c'est des confrères. quand j'ai sorti mon premier bouquin, j'ai fait une campagne nulule pendant le Covid, et j'ai quelqu'un quand même qui m'a dit « Oui, on parle beaucoup de toi en ce moment. » Ça, c'était il y a six ans. Et une nana lui aurait dit « Je ne comprends pas pourquoi elle attend ce succès parce qu'elle n'est rien. » C'est violent.
- Elodie
C'est d'une violence.
- Virginie
Voilà. Et ça, c'était il y a six ans. Et encore, il y a six ans, tu vois, je n'avais pas fait tout ce que j'ai fait aujourd'hui. Et ce qui est très drôle, pour revenir sur l'histoire de Forbes aussi, parce qu'on est dans un fil WhatsApp avec les 40 femmes, qui sont des femmes extraordinaires.
- Elodie
Génial.
- Virginie
Très contente de les avoir rencontrées. J'avais très peur qu'elles soient justement un petit peu arrogantes, prétentieuses de par tout ça et en fait, c'est des nanas vraiment comme moi, très simples et on soutient beaucoup donc on pourra revenir là-dessus. Et en fait, on s'est toutes parlé un peu de comment les gens ont reçu l'idée qu'on a pu avoir cette gratification-là et tu en as plein qui nous ont dit « Ah ouais, mais tu as payé pour avoir ça ? » Alors que… je tiens à le repréciser, nous avons juste passé, nous avons envoyé un dossier qui a été sélectionné parce qu'on est sur les réseaux, parce qu'on a eu de la presse, parce qu'on pose des jalons dans notre sphère métier, parce qu'on incarne un peu le leadership et on n'a pas payé. Il y a des gens qui payent pour avoir une interview Forbes en mode public reportage, pas nous. Mais en fait, on est toutes.
- Elodie
avoir eu des nanas qui nous ont dit ah mais vous avez payé parce que elles dans leur vision board elles veulent être Forbes oui c'est pas mon problème du coup peut-être qu'on peut on peut poursuivre sur le point positif avec Forbes justement comme tu viens d'en parler 40 nanas de milieux totalement différents du tien j'imagine complètement et euh... Avec beaucoup de sororité dans ce groupe ?
- Virginie
Complètement. Il y a une nana qui fait du branding, il y a une championne du monde de saut en parachute, il y a une nana qui est dans la cybercriminalité, il y a une nana qui est dans l'IA, tu as une nana qui bosse au quai Branly. C'est hyper varié. Et en fait, dans notre fil, on s'en voit plein de cœur. Moi, j'ai toujours le petit vent en gratitude en vocal parce qu'elles me disent... t'adores ta voix donc tu nous apaises donc je leur fais une fois par semaine un petit moment gratitude on essaye de faire des événements ensemble et là tu vois au mois de mars on va organiser un dîner je vais organiser un dîner avec elle fait par mes soins chez une des nanas tu vois ça va être canon et en fait on se soutient on se soutient beaucoup en fait on s'envoie beaucoup de messages dès qu'il y en a une qui a une petite réussite on l'envoie dans le groupe et on commente si c'est sur LinkedIn ou on félicite et voilà et là en fait c'est très intéressant tu vois je ne pensais pas en parler dans ce ce podcast, mais par rapport à la sororité, c'est très intéressant parce qu'on pourrait très bien se dire qu'on est en concurrence parce qu'on voudrait tirer un peu, tu vois, la couverture Forbes sur nous. Et finalement, il y en a une d'ailleurs qui est dans la gastronomie, elle est directrice d'une chaîne d'hôtels, donc elle est plus spécialisée hospitalité et il y a un de ses hôtels qui a un étoilé. Donc elle est venue dans mon podcast, Charline Bresse et un bonbon, quoi. Un bonbon, on s'est vus en vrai, on s'admire mutuellement, on s'encourage. Et là, pour le coup, c'est du concret quasiment quotidiennement.
- Elodie
Ok, trop chouette. Super belle expérience du coup. Déjà une reconnaissance et en plus l'opportunité de rencontrer des nanas incroyables.
- Virginie
Bien sûr.
- Elodie
Oh bien.
- Virginie
Ouais.
- Elodie
Ok. Alors, dans les éléments positifs de... de tes cercles, on va dire. Tu m'as partagé qu'il y avait des femmes dans ta vie qui te soutenaient de manière inconditionnelle et réciproquement. Tu peux nous en parler un peu de ces femmes ? C'est des amies ? C'est des...
- Virginie
C'est des nanas que j'ai rencontrées au sein de Communique Passion. La première qui est arrivée dans ma vie, c'est Laura, qui est ma social media manager depuis 4 ans. Ensuite, j'ai Cécile, mon assistante. Après, j'ai Laetitia qui travaille dans le vin. J'ai Marion qui a une faïencerie. Elle, c'est une nana extraordinaire. En fait, elle a quitté son job chez Vinci, un très joli job, pour reprendre une faïencerie dans les Hauts-de-France qui périclitaient pour redonner des lettres de noblesse au savoir-faire artisanal de la faïencerie. Et donc, elle a tout appris. Et aujourd'hui, c'est elle qui fait ses assiettes, sa vaisselle. Ils sont deux. Elle galère, mais elle adore ce qu'elle fait et je l'encourage de fou. Et là aussi, je suis avec elle et mutuellement, on s'envoie des messages très, très souvent. Et j'ai aussi une coach qui m'a révélée à moi-même il y a six mois, qui s'appelle Julie. Et elle, pour le coup, elle m'a fait comprendre le potentiel que j'avais, le côté artiste que j'avais, tout le talent. depuis que je la connais ça fait 6 mois qu'elle m'a coachée et je comprends qui je suis et tu vois j'ai réfléchi à un truc pour moi c'est la rencontre c'est une femme qui a vu ce que je n'avais jamais vu en
- Elodie
moi ça parle de multipotentialité donc de choses comme ça ou pas du tout ?
- Virginie
pas du tout elle elle coach des femmes dirigeantes mais des femmes dirigeantes Plus, plus, plus.
- Elodie
Oui.
- Virginie
Un quotidien, une pression surdimensionnée et qui les aide en fait à prendre leur place en fait, à prendre leur vraie place et à ne pas s'excuser surtout d'être là. Et on a toujours tendance, ne serait-ce que par rapport aux autres femmes aussi dont je te parlais, ou même de manière générale, à culpabiliser aussi tu vois, d'exister, à culpabiliser de parler de soi, à culpabiliser de réussir, à culpabiliser d'être fière en fait. Et je trouve que d'être fière de soi, c'est canon. Et quand tu es fière d'autres personnes qui sont aussi fières de toi et qui le manifestent, qui le montrent, qui le disent sans tricher, sans condition, ce n'est pas parce que tu vas me faire rencontrer telle personne que je vais dire que tu es sublime. Non, je te dis que tu es sublime parce que je pense que tu es sublime. Et moi, je dis très souvent, je t'aime en fait. Voilà, moi, à toutes ces nanas-là…
- Elodie
Trop, c'est beau !
- Virginie
Mais non, mais je dis très sûr que je t'aime, il y a du cœur partout, et je trouve que c'est ça, la vraie sincérité, la vraie sincérité du cœur. Et je trouve que ce qui est joli aussi, c'est l'idée du miroir, en fait, que tu vois en une autre ton miroir. Donc, ça peut être l'insécurité, comme ça peut être la brillance, tu vois. Mais après, ça dépend de ton parcours, ça dépend… Tu sais, ça dépend aussi de ta maturité introspective. C'est-à-dire, qu'est-ce que tu as fait sur toi ? Qu'est-ce que tu as affronté ? Parce qu'il est clair que pour avoir de la lumière, tu as dû traverser des zones d'ombre, c'est sûr. Et j'en ai traversé beaucoup. Et tu vois, il y a deux, trois personnes d'ailleurs qui m'ont dit, il y a quelques années, on a été là pour toi et c'est comme ça que tu nous remercies. Un truc comme ça. Cool.
- Elodie
Horrible.
- Virginie
Voilà. Mais d'avoir confiance. Et en fait, tu te rends compte que c'est... Moi, je n'ai jamais dit que tous ces gens-là, ce ne sont pas des gens malveillants, c'est juste des gens vers lesquels j'ai touché la zone de fragilité. Et ce n'est pas grave en soi. Mais moi, j'ai besoin aujourd'hui d'avoir des femmes, et j'en ai beaucoup, dont on valorise le succès l'une et l'autre, et qu'on comprend qu'il y a cette obsession du boulot. qui a cette ambition, qui a ces pleurs, qui a cette vulnérabilité. Et tu vois, Julie, quand on a commencé, c'était un mastermind, on était cinq. Et elle a commencé, on a fait quelques petites séances un peu douloureuses où on a parlé sur nos blessures de l'âme. Et j'étais avec quatre autres personnes. Il y en avait une que je connaissais parce que je l'avais fait rentrer dans le groupe. Il y en a trois autres que je ne connaissais pas. Et en fait, très vite, quand on faisait des visios, on a parlé de nos trucs les plus terribles. Et ça nous a fait du bien. Donc, je... pense qu'en fait, les femmes qui sont capables d'être en elles, c'est des femmes qui ont bossé sur elles, à fond, et qui ont ce recul-là, cette maîtrise-là, cette énergie, en fait, qui est loin du chaos. Je fais expérience de psychothérapie.
- Elodie
C'est hyper intéressant, merci, merci beaucoup, carrément. Et du coup, ce que j'ai entendu, entre les lignes ou pas d'ailleurs, c'est qu'aujourd'hui, tes amis, c'est plutôt lié à ta sphère professionnelle.
- Virginie
Oui, complètement. Complètement, parce que déjà, j'ai beaucoup de gens. Il y a deux autres personnes que je voudrais citer qui sont dans le milieu. C'est Mélissa Djabourian, qui est la présidente de la Confédération des charcutiers du Grand Paris. qui est une femme extraordinaire, qui elle aussi quand même se prend beaucoup de beignes parce qu'elle fréquente des charcutiers. Donc, excuse-moi, on adore la charcuterie, mais les charcutiers, c'est quand même pas masculin, c'est viril.
- Elodie
D'accord.
- Virginie
Et elle a fait son petit peu de chemin. Elle commence à remoderniser un peu, à resexiser le métier de charcutier. Et après, il y a une vraie paire, vraiment, qui est aussi mon mentor. Et on est l'une et l'autre mentor. C'est Muriel qui a un restaurant franco-italien dans ma ville, à Andrésy. Et pour le coup, elle, c'est la seule femme de mon entourage qui me comprend à 1000% parce qu'elle est dans la restauration, qu'elle est à son compte, qu'elle a des enfants, que ça peut être très compliqué aussi avec son mari, avec sa famille, qu'elle est passionnée, que c'est elle qui porte son restaurant, que les gens vont la voir pour elle, pour sa chaleur. Donc voilà, elle, c'est vraiment mon alter ego.
- Elodie
Ok. Alors, on a parlé des personnes que tu avais, soit que tu avais laissées sur le bord de la route, soit qui s'étaient écartées toutes seules de la voiture.
- Virginie
Elles se détendaient du train, elles. Voilà.
- Elodie
On a parlé des gens qui font aujourd'hui tes cercles, tes amis, etc. Et comment tu fais rentrer des gens ? Qui est-ce qui rentre ? Qui est-ce qui reste à la porte ?
- Virginie
Déjà, en général, c'est des gens que je connais, mais que j'apprivoise au fur et à mesure. Ça peut être des gens que j'ai rencontrés par l'intermédiaire d'une interview. Mes clients, par exemple, j'ai des clients qui rentrent dans mon cercle d'amis, qui deviennent des amis. J'ai homme et femme. Là, je pense plutôt à un homme, Robert. Mais j'ai un lien en fait. En fait, je ne suis pas une entrepreneur comme les autres et je ne suis pas une chef comme les autres parce que je suis tellement imbibée par le cœur et tout ce que je fais avec mon âme que l'humain pour moi et le lien est hyper important. Ce métier-là, je le fais pour le lien. Donc du coup, tous ceux qui gravitent dans cette sphère-là, c'est ce que les gens me disent dans le podcast quand on sort du studio, ils me disent « mais il y a un truc qui se passe avec toi, c'est assez dingue » . Et dans les prestats aussi. Donc du coup, après, mes collaborateurs, mes partenaires, les gens que je fréquente en communication sur LinkedIn, sur les réseaux, en virtuel, mais qu'après je rencontre en physique, tout ça c'est un peu entremêlé et c'est rare aujourd'hui qu'à quelqu'un qui est qui vient, qui n'est ni entrepreneur, ni dans la sphère culinaire, ni au potentiel, ni obsédé par le boulot, ni passionné. Tu vois ? C'est fini, ça. Il n'y a plus de connexion, en fait. Je pense que j'ai mis un filtre.
- Elodie
Je comprends ça.
- Virginie
C'est fort. Je le sens.
- Elodie
Ça résonne. Forcément, ça résonne, parce qu'en fait, quand nos vies, elles évoluent. Quand on a des envies, qu'on devient une personne un peu différente, je ne sais pas, de celle qu'on était avant. Forcément, des gens, on n'attire plus les mêmes personnes. Et les discussions banales nous ennuient un peu.
- Virginie
Un peu ? Moi, maintenant, j'ai envie de profondeur, en fait. Oui, je comprends. Profondeur. Et ça peut être... Beaucoup d'intériorité, beaucoup de spiritualité. Ça peut être aussi par rapport à la maternité. Moi, j'ai des mamans où on s'interroge beaucoup sur comment on va faire grandir nos enfants. Ça peut être aussi des réflexions sociétales, sur ce qui se passe aujourd'hui, ce qu'on veut pour la planète ou pas, sur l'entrepreneuriat, sur la liberté. C'est très philosophique. C'est très philosophique sur le rapport à l'alimentation, sur le rapport à l'autre, sur l'autorité. Et en fait... Ce que je fais aujourd'hui, je pense que c'était en germe depuis très longtemps. Et c'est pour ça que je dis très souvent que je suis née il y a 12 ans. La vraie Virginie, elle est née au moment où j'ai fondé Communique Passion.
- Elodie
Oui, ça me fait penser à une phrase que j'ai en fond d'écran, que je ne vais peut-être pas retrouver là, mais c'est « un jour tu regarderas en arrière et tu verras que pendant tout ce chemin, tu fleurissais » .
- Virginie
Mais oui.
- Elodie
C'est un peu l'idée.
- Virginie
Mais oui. Et c'est pour ça que maintenant, je ne veux plus me laisser rattraper par toutes ces ondes négatives, culpabilisantes, où tu te dis, ça me fait de la peine pour eux. Tu vois le fil WhatsApp où il y a cinq personnes qui essayent d'organiser un resto. Moi, je n'ai pas répondu. Je me suis dit, ça me fait de la peine. Et puis après, ce n'est pas grave.
- Elodie
Oui.
- Virginie
Là, pour la nouvelle année, Il y a des gens, je ne me suis même pas dit que je vais leur souhaiter bonne année parce que quand j'ai été sur le fil, la dernière fois que je leur ai... Le dernier message, c'était la bonne année dernière.
- Elodie
Ah oui.
- Virginie
Donc, à partir de... C'est un peu loin, oui. Surtout, ça ne sert à rien. Même maintenant, les anniversaires, si j'ai laissé passer huit mois, neuf mois, ça ne sert à rien d'être hypocrite, tu vois. Parce que je vais souhaiter bon anniversaire, je vais souhaiter bonne année. Ils vont me dire comment ça va, ça va. Mais du coup, je ne vais pas pouvoir dire que c'est compliqué, tu sais. Oui, mais tu as du succès. Tu n'as pas le droit d'avoir une vie compliquée parce que tu as du succès. Si, justement, c'est parce que tu as du succès que ça peut être très compliqué. Je n'ai plus envie de me justifier. Je n'ai plus le temps, en fait. Je n'ai plus l'énergie pour ça. L'énergie, je veux la mettre ailleurs pour que, justement, comme tu disais, ça fleurisse.
- Elodie
Et dans les moments que tu vis, du coup, j'ai bien compris et je pense que c'est assez clair du fait de ton métier que tu n'as pas des horaires classiques. Donc, le resto du samedi soir, en effet, c'est mort. Par contre, il y a du temps pour avoir des grandes discussions dans la vraie vie. Comment tu vis ? En fait, ma question, c'est quels sont les moments que tu vis avec ces personnes ? Si ce n'est pas le resto du samedi soir, c'est quoi ?
- Virginie
Déjà, c'est beaucoup de notes vocales.
- Elodie
D'accord.
- Virginie
J'ai la chance d'avoir des amis qui adorent les notes vocales et j'adore les notes vocales. Donc du coup, ça, on est bien, on est raccord. Donc en fait, on refait le monde en général avec notre vocale. Et puis après, c'est… Là, tu vois, j'ai une copine que j'adore. On s'est vus il y a trois jours. On a été prendre une petite coupette pendant deux heures, entre deux rendez-vous. En fait, je suis obligée de tout agencer. Après, le dimanche, c'est rare que je sorte. Pour le coup, dimanche dernier, j'étais très touchée parce qu'il y a une femme Forbes, Lucie, qui m'a envoyé un message. On se parle beaucoup, on se voit souvent dans les soirées que les filles organisent. Et il y a deux semaines, elle me dit « J'aimerais que tu mettes les pieds sous la table, je t'invite à la maison pour manger. » Et donc, elle m'a invitée dimanche dernier chez elle. et j'étais très touchée parce que ça faisait longtemps qu'on ne m'avait pas invitée chez quelqu'un. Et donc voilà, j'arrive à les prendre ces temps-là. Donc, ce n'est pas que parce que je travaille, parce que justement, j'ai la liberté d'agencer comme je veux. Ça peut être des déj le midi, ça peut être un after work parce que je n'ai pas de prestat le soir et que je rentre à 8h30 à la maison et ce n'est pas grave et j'ai pu faire tout ce que je voulais faire la journée. En fait, tout est question d'organisation. Donc oui, j'ai pu le sacro-saint vendredi soir où tu vas en boîte et dimanche, tu as la gueule de bois. Non, je ne l'ai plus. Mais ça peut m'arriver d'avoir la gueule de bois le mardi soir parce que je suis invitée à une soirée de vignerons. Mais ces moments-là, j'arrive quand même à les avoir. Ça peut m'amèter, tu vois, Eleonore, celle qui bosse souvent avec moi en prestation, qui est quelqu'un de très, très spirituel. et on peut... peut même se parler de ça pendant qu'on épluche les carottes. Oui,
- Elodie
je vois. Vous êtes en train de bosser, mais vous avez quand même une conversation personnelle sur le côté. J'ai une question. J'ai envie de te poser cette question. J'y vais. Je vais la manger, mais je ne vais pas la manger. Qu'est-ce que ça fait pour une chef de se mettre les pieds sous la table chez quelqu'un ? Et la question après, c'est est-ce que les gens arrivent à t'inviter ?
- Virginie
Alors, c'est une vraie question. Parce que j'en ai justement parlé à Lucie. Et elle, elle m'a dit, mais il y a trois personnes qui lui ont dit, mais comment tu peux inviter une chef ? Je ne sais pas.
- Elodie
Voilà, j'ai bien fait de te poser cette question.
- Virginie
Et aussi, moi, là, je reçois beaucoup moins. Mais c'est vrai qu'avant d'en faire mon métier, je recevais beaucoup. C'est aussi pour ça que j'ai découvert ma passion et j'ai voulu basculer de l'autre côté en faire mon métier. Mais je recevais beaucoup. Et en fait, après, on n'était plus invité. On n'était plus invité. Et moi, ça me faisait de la peine pour le coup parce que je me disais, c'est bon, je n'ai pas envie non plus de raquer en permanence. Et les gens me disaient, on n'ose pas t'inviter. Mais je leur dis, moi, je m'en fous, on peut bouffer des curly en fait. Il n'y a zéro problème là-dessus. Tu me prends un saucisson curly, pas très diète, mais je n'ai pas envie que tu fasses... Et donc là, Lucie, elle avait fait un truc tout simple. Elle avait fait une petite truite. Elle avait fait un dalle de lentilles hyper savoureux. vraiment une petite, elle avait fait une brunoise de mangue et d'ananas. Ce n'était pas du tout casser la tête. Non, mais tu vois, elle n'avait pas…
- Elodie
C'est quand même pas mal, mais oui, oui.
- Virginie
Et surtout, ce que j'ai trouvé très beau, c'est qu'elle m'a dit, mais je n'ai pas voulu prendre la tête. J'ai voulu te recevoir comme je l'aurais fait pour n'importe qui. En fait, je suis n'importe qui, tu vois. Et après, est-ce que c'est facile de mettre les pieds sous la table ? Oui, beaucoup. Par contre, au restaurant, je suis chiante. Voilà, au restaurant. Et c'est pour ça qu'au restaurant, je fais quand même un vrai choix. Parce que maintenant, je ne peux plus aller dans les brasseries où c'est peut-être moins cher. Mais finalement, tu t'en tires facile pour 50 balles et tu n'as pas mangé bon. Donc, je préfère peut-être mettre un tout petit peu plus cher d'aller dans du bistrot, du beau bistrot, parce que je commence à connaître aussi du monde, pour vraiment me faire plaisir. Mais par contre, de l'autre côté aussi, j'adore y aller au restaurant. J'y vais très souvent et j'y vais très souvent toute seule. j'aime beaucoup aller au restaurant toute seule parce que je m'évade et puis je regarde aussi ça nourrit ma créativité de voir aussi ce que font les chefs j'aime bien être dans l'univers des chefs parfois j'ai la chance d'être dans les cuisines aussi d'aller dans les cuisines donc voilà oui on m'a souvent vue comme quelqu'un qui fait très bien la cuisine et donc du coup on sera pas à la hauteur mais ça tu vois, faut arrêter parce que moi c'est le moment qui m'intéresse c'est pas la performance Merci.
- Elodie
J'allais le dire, ce que j'entends avec le saucisson curly, c'est que ce qui t'intéresse, c'est de, encore une fois, tu l'as dit tout à l'heure, de le lire. La connexion humaine, les conversations, et pas qu'on te reçoive pour faire une démonstration de à quel point on s'est bien cuisiné.
- Virginie
Exactement.
- Elodie
Alors maintenant qu'on a abordé toutes les facettes positives et négatives de ce que tu as pu vivre dans tes relations avec des femmes, Quelle définition tu pourrais nous donner, toi, de la sororité ?
- Virginie
Alors, j'ai un petit peu bossé dessus. J'ai réussi à avoir une définition qui m'anime bien et qui va sûrement résonner. La sororité comme co-rayonnement, ça j'aime bien, comme co-rayonnement. comme co-fierté, donc comme collaboration, évidemment le co, le avec, donc l'autre. Et je trouve que c'est ce qui s'oppose en fait à la logique de compétition, tu vois, de compétition, de comparaison. Voilà, je n'ai pas envie d'être comparée. Donc pour moi, ce serait la sororité, c'est la capacité de célébrer le succès de l'autre comme une victoire commune parce que justement, il n'enlève rien à la tienne. Et quand je l'ai écrite, j'ai dit « Waouh ! » C'est exactement ça. Et puis, c'est ce que j'ai développé après, tu vois, tout à l'heure. Mais c'est exactement ça. C'est être capable de célébrer l'autre, pas selon ton paradigme à toi, parce que moi, je suis peut-être très exigeante et j'ai envie d'aller loin. Si quelqu'un à côté a envie d'aller moins loin, ce n'est pas grave, mais je vais la féliciter parce qu'elle aura fait son petit pas, tu vois. C'est la félicité pour le mouvement. On l'élan.
- Elodie
Trop chouette. Alors, avant qu'on termine...
- Virginie
Non, je ne vais pas quitter, Elodie.
- Elodie
Si, on va bientôt se quitter. Mais avant de terminer, il y a une petite surprise. Parce qu'en discutant de la date de sortie de cet épisode, donc on est le 2 février et c'est l'anniversaire de ta fille qui fête ses 17 ans. Qu'est-ce qu'on peut lui souhaiter ? Alors, plutôt en lien avec... L'amitié, la sororité ?
- Virginie
Je voudrais lui souhaiter de rencontrer des femmes qui ne la jugeront pas. Parce que ma fille, elle est comme moi, elle est HPI. Et je sais que c'est parfois très compliqué pour elle. Parce qu'elle a du mal à trouver sa place. Parce qu'elle se trouve pas assez ou trop. Qu'elle a parfois un manque de confiance en elle que j'essaye de vraiment travailler aussi pour elle. Donc je voudrais qu'elle... Je lui souhaite de rayonner, je lui souhaite de s'aimer. en fait. Ma Rose, je te souhaite de t'aimer toute la vie comme je t'aime toi.
- Elodie
C'est trop mignon. Merci. Merci pour ce joli cadeau. Où est-ce qu'on peut découvrir tes activités ?
- Virginie
S'il faut en choisir un, allez me retrouver sur LinkedIn.
- Elodie
Et pour suivre tes actus, du coup, plutôt ?
- Virginie
Pardon, actus LinkedIn et activités dans ces cas-là, mon site internet.
- Elodie
Ok, on mettra tout ça dans les notes de cet épisode. Merci beaucoup Virginie.
- Virginie
Merci à toi Elodie, c'était très riche.
- Elodie
Merci. C'était l'épisode 65 du podcast Gang de Copines. Merci de ton écoute. Alors comme d'habitude, j'enregistre la conclusion de cet épisode juste après avoir terminé son montage. Et franchement, je suis ravie d'avoir réécouté la conversation avec Virginie. Parce que j'ai un grand sourire sur les lèvres. Vraiment, j'ai adoré cette discussion. J'ai adoré la profondeur de l'échange. J'aime trop l'énergie que Virginie dégage, la sincérité, l'humilité qu'elle a mis dans tous ses propos et dans la façon dont elle est, en fait. Et voilà, ces mots, ils sont vraiment, je trouve, super simples, justes. Et il y a des beaux messages, quoi. Parler avec le cœur, l'humain, sa passion, le lien. Évidemment, ça résonne fort avec tout cet esprit de sororité que j'ai envie de mettre dans ce podcast. Et ça me fait trop plaisir d'avoir échangé avec elle et que tous ces beaux messages se dégagent de notre échange. Voilà. Si cet épisode t'a plu, évidemment, tu peux le partager avec une amie. autour de toi et si tu veux en discuter, on se retrouve sur Instagram, le compte c'est toujours gangdecopinespodcast et potes ça s'écrit comme une pote, à bientôt !