- Elodie
Bienvenue dans le podcast Gang de Copines, je suis Elodie et dans ce podcast je discute avec des femmes qui me parlent d'une de leurs histoires d'amitié. Parce qu'aujourd'hui mes amis ont toutes et chacune une place tout à fait particulière dans ma vie et je sais que je ne suis pas la seule, qu'on est nombreuses à s'appuyer sur la sororité. Alors voilà, j'ai juste envie d'exposer la beauté et la puissance des amitiés féminines, parce qu'on a toutes de belles histoires à partager. Bonjour Amandine !
- Amandine
Bonjour Élodie !
- Elodie
Alors Amandine, pour te présenter en quelques mots, t'as 40 ans, t'es maman de jumeau, et ton job c'est chargée de communication pour un bailleur social. C'est dans le cadre de ce travail que tu as rencontré Sandrine, l'amie dont tu vas nous parler aujourd'hui. Sandrine était assistante administrative, donc c'était une collègue qui est devenue une amie et qui a eu une grande place dans ta vie pendant de nombreuses années. Elle est décédée en 2018 des suites d'un cancer du sein. Et cet épisode est donc là pour lui rendre hommage. Avant de rentrer dans les questions pour parler de ton amitié avec Sandrine, j'aimerais que tu commences par me dire ce que c'est pour toi l'amitié.
- Amandine
Pour moi, c'est une relation entière, sans jugement, avec beaucoup de bienveillance. Et pour moi, c'est comme une version de l'amour.
- Elodie
C'est beau. Et alors là, on a parlé de l'amitié. Qu'est-ce que c'est pour toi la sororité ?
- Amandine
Alors pour moi, la sororité, c'est... D'avantage l'entraide entre femmes, la solidarité, parce que nous sommes des femmes et que nous vivons toutes plus ou moins les mêmes choses dans nos vies. Alors moi, je suis un peu féministe, mais pas tellement activiste. Mais je considère qu'on en chie toutes quand même un peu et que si on peut s'entraider entre nous, c'est un peu la base.
- Elodie
Pour discuter aujourd'hui de ta belle amitié avec Sandrine, est-ce que tu peux m'expliquer un petit peu plus, m'en dire un peu plus ? Sur la façon dont vous êtes connue ?
- Amandine
Alors moi j'ai été embauchée dans l'entreprise dans laquelle je travaille toujours en 2009 et elle était la personne qui était dans le bureau à côté du mien. Tout simplement, donc on a assez vite sympathisé on va dire. C'était quelqu'un de très drôle, de très, pour le coup très bienveillant et elle est tombée enceinte assez rapidement après notre rencontre et je pense que ça, ça nous a rapprochés d'office.
- Elodie
C'est ça qui a fait que vous êtes devenus amies ou c'est autre chose ?
- Amandine
Non, ça a vraiment été très crescendo. Notre amitié, en fait, c'est peut-être un peu basique, mais bon, c'est ce qui s'est passé. En fait, on mange ensemble le midi. Tout s'est fait assez naturellement. On a vite créé un petit groupe d'amis, collègues au sein de l'endroit où on travaillait tous. Je pense qu'on était très complémentaires aussi. C'était quelqu'un qui était assez calme, réservé, douce. qui n'avait pas tellement confiance en elle, qui était à la fois hyper drôle. Enfin voilà, on a passé vraiment des très bons moments. Et moi, je pense que j'étais un peu plus expansive peut-être, plus expressive, peut-être un peu plus brute de décoffrage, on va dire ça comme ça. Finalement, on a un peu puisé toutes les deux dans nos atouts mutuels pour faire grandir cette amitié-là.
- Elodie
Ok, c'est beau. Il y a un moment... Pendant votre amitié, où vous vous êtes vues le plus souvent ?
- Amandine
Alors je dirais que c'était juste après mon mariage, je pense. On s'est pas mal rapprochées, on est beaucoup sorties entre amis, entre collègues, entre couples. Moi avec mon groupe d'amis aussi, et elle, elle s'est assez vite, très vite intégrée. On mangeait ensemble le midi au bureau. D'ailleurs, même dans mon travail, en fait, elle m'aidait beaucoup. Quand j'organisais des événements, par exemple, elle était à mes côtés. Elle aimait bien avoir la possibilité justement d'être avec moi, même dans des projets professionnels. En fait, je dirais qu'il y avait comme une sorte d'alchimie peut-être entre nous.
- Elodie
Vous avez été du coup amies pendant combien d'années ?
- Amandine
Presque dix ans.
- Elodie
Et cette période où vous vous êtes vues le plus souvent, c'était au début de votre amitié,
- Amandine
c'est ça ? C'était en 2012. 2012,
- Elodie
ok. Est-ce qu'il y a eu des sujets de discorde entre vous et des choses que tu as dû lui pardonner ?
- Amandine
Alors, pas du tout. Donc là, il n'y a pas de croustillant. Non. On n'a jamais eu de sujet de discorde. Donc, c'est vrai que pour le coup, là, c'est là-dessus qu'on se rejoint beaucoup. C'est que ni elle ni moi, on aimait les sujets de discorde, justement, les conflits. Alors, ça ne veut pas dire non plus qu'on ne se disait pas les choses ou que...... On se cachait, il n'y avait jamais eu de rancœur. Ça veut juste dire qu'on a toujours trouvé un équilibre ensemble, mais je ne sais pas comment l'expliquer, c'était comme ça.
- Elodie
Ça veut dire que tu n'as vécu que des beaux moments avec Sandrine. Est-ce qu'il y avait des meilleurs moments ? Est-ce que tu peux me raconter un peu les meilleurs moments que tu as vécu avec Sandrine ?
- Amandine
Il y en a eu beaucoup. J'avoue que quand j'ai préparé cet entretien, j'ai pensé à plein de choses. Mais j'en ai sélectionné quand même. Il y a eu l'échographie de son deuxième fils, la dernière écho de son deuxième fils. qu'elle a voulu que je l'accompagne en fait parce qu'en fait son petit garçon était un gros bébé et donc elle avait besoin d'être rassurée, c'est quelqu'un qui avait besoin d'être beaucoup rassurée et pourtant moi à l'époque j'étais pas maman mais bon voilà elle a voulu que je l'accompagne et évidemment ça a été avec un grand plaisir ensuite il y a eu aussi un événement qu'on avait organisé ensemble, un événement qui était de mon ressort professionnel total mais elle a encore une fois voulu être à mes côtés donc donc C'était un moment où on a beaucoup ri. En pensant à ces souvenirs, je ne savais plus dire pourquoi on a ri. Je me souviens juste qu'on a ri tout le temps. C'était vraiment un très bon souvenir. C'était un tournoi de foot pour les enfants des quartiers. En plus, on était entourés d'enfants. Je ne me souviens plus, mais je me souviens juste qu'on a beaucoup ri. Après, bien sûr, quand je lui ai annoncé ma grossesse. Donc là, c'était un moment où physiquement, elle n'était plus avec moi dans les mêmes locaux. Elle avait déménagé dans un autre bureau un peu plus loin, à quelques kilomètres. Donc je lui ai annoncé par téléphone, parce que je ne savais pas, on se voyait un peu moins à ce moment-là. Mais par contre, on se donnait toujours autant de nouvelles et on se téléphonait beaucoup. Et donc, comme ça faisait quand même quelques années qu'on essayait d'avoir un enfant avec mon mari, ça a quand même été... Ouais, un gros, gros souvenir aussi, un très, très bon souvenir. Donc, bien sûr, on a pleuré toutes les deux au téléphone quand je suis annoncée que j'étais... Donc, un, que j'étais enceinte et deux, que c'était des jumeaux.
- Elodie
Sacré annonce !
- Amandine
Double annonce. Donc, voilà, ça, c'était un merveilleux souvenir. Je vais finir là-dessus. Donc, c'était quand j'ai accouché. Donc, elle a été la première personne qu'on a appelée. Donc, j'étais encore en salle de travail. Ah oui ! Donc, on n'était même pas sortis. Donc, les enfants étaient nés, et c'est la première personne qu'on a appelée. Parce qu'elle a été très présente pendant tout le temps où j'étais à la maternité. Elle prenait des nouvelles, elle voulait savoir comment ça allait, parce que ça a été assez long. Et donc, c'est la première qu'on a appelée, avec mon mari. Et c'est vrai que Sandrine, c'était quelqu'un de très maternel, qui aimait beaucoup ses enfants, et elle était très dévouée. Du coup... Voilà, ça m'a fait plaisir de l'appeler elle en premier, en tout cas quand j'ai accouché. Et je pense que ça, ça nous a beaucoup rapprochés aussi.
- Elodie
D'accord. Vous étiez au mariage l'une de l'autre, vos enfants, ils se connaissaient ? Ils se connaissent ?
- Amandine
Bah, Sandrine n'est pas mariée, donc voilà, on n'a pas eu ce moment à partager, on va dire. Elle était à notre mariage, Olivier, elle était présente, au côté de tous mes amis proches, en fait. Donc... Donc oui, elle était là. Nos enfants avaient trop d'écarts, en fait. Moi, quand les enfants sont nés, Clément, il devait avoir 3 ou 4 ans, je ne sais plus. Mais il y avait trop d'écarts, donc ils ne se sont pas tellement amusés ensemble. Ils ne se sont pas beaucoup vus, en fait, malheureusement. D'accord. Elle est partie quand les garçons étaient petits. Donc,
- Elodie
d'accord. Par rapport aux enfants, dans les grands événements de la vie que vous avez partagé, il y a eu le fait de la choisir comme marraine d'un de tes fils. Comment ça s'est passé ? Pourquoi elle ? Et comment tu lui as demandé ?
- Amandine
Alors, c'était chez elle. J'étais allée chez elle avec les enfants. Les enfants étaient petits. Ils avaient dix mois, je pense, à peu près, mes enfants à moi. Donc je me souviens, Gauthier était dans la piscine, son premier garçon. Clément, son deuxième petit garçon, mangeait sa compote. C'était l'heure du goûter. Et moi, mes enfants, ils étaient assis, ils étaient plutôt pas assis d'ailleurs, ils étaient plutôt en train de ramper sur un tapis de jeu. Et j'avais bien sûr préparé mon coup. J'avais imprimé une photo de Valentin, sur laquelle j'avais incrusté une petite bulle, et il y avait indiqué... Comme si c'était lui qui parlait en lui disant veux-tu être ma marraine ? Et donc, je crois qu'elle n'y croyait pas trop,
- Elodie
en fait.
- Amandine
Je pense qu'elle était surprise. Et donc, bien sûr, elle a dit oui. Et puis, on s'est pris dans les bras l'une l'autre. Elle était chez elle. En plus, elle était un peu fatiguée parce qu'elle était en chimio. Enfin, elle venait de faire une chimio, je pense. Donc, du coup, ça a rendu le moment encore un peu plus... émouvant, on va dire. Pourquoi j'ai choisi Sandrine, après ? Je ne sais pas, en fait. Moi, je ne suis pas quelqu'un qui calcule les choses. C'est vraiment comme ça, à un moment donné, où je me dis oui, c'était elle, en fait.
- Elodie
C'était une évidence.
- Amandine
C'était une évidence.
- Elodie
J'imagine qu'elle t'a donné peut-être quelques conseils. Est-ce qu'il y a un meilleur conseil ? Quel est le meilleur conseil qu'elle t'ait donné ?
- Amandine
Alors, je pense que... Je suis désolée, je n'ai pas de réponse non plus à cette question. En fait, ces dix ans d'amitié, on va dire, ont été semés de petits conseils, en fait, tout au long de nos échanges, par nos différences de caractère. Ça a toujours été... Nos échanges m'ont toujours permis, en tout cas moi, d'avoir une autre approche des choses, de comprendre autrement. Et elle m'a toujours apporté beaucoup, même si elle n'avait pas un conseil à me donner forcément. Mais même son caractère aussi, elle était peut-être plus réservée. Mais par contre, elle arrivait beaucoup à lâcher prise, par exemple. Et je pense que ça, ça m'a aidée aussi, moi, à lâcher prise.
- Elodie
On arrive bientôt à la fin de cet épisode avec une question un peu plus délicate, on va dire. Qu'est-ce que toi, tu as fait pour elle ?
- Amandine
Alors je pense que j'ai fait autant qu'elle a fait pour moi. Moi j'ai été son amie. Comme j'ai dit au début, j'ai toujours eu envie de tout faire pour elle. Et ça a été crescendo en fait, tout au long de notre amitié. Ça a toujours été plus fort. Et quand elle nous a annoncé sa maladie, à ce moment-là j'étais confiante. Quand elle nous a dit qu'elle avait un cancer du sein, je lui ai dit que ça se soignait bien. Donc moi j'y croyais vraiment. J'ai essayé d'être présente pour elle au maximum. de la soutenir, d'y apporter des solutions, même si parfois ça peut paraître insignifiant. Le moindre petit soutien, je pense que ça fait du bien. Voilà, même l'accompagner pour choisir une perruque, ça paraît bête, mais c'est intime, c'est quand même quelque chose qui touche à sa féminité. Donc moi, en tant que femme, je me disais que je pouvais l'accompagner pour ce genre de choses et qu'il n'y avait aucun problème. Et je lui ai dit, de toute façon, qu'elle pouvait toujours compter sur moi. de ce côté-là. C'est vrai qu'à l'époque, les jumeaux, mes enfants étaient petits, donc c'était assez compliqué pour moi, parce que à la fois j'avais envie d'être là pour elles, mais malgré tout, j'avais quand même mes deux enfants à gérer, donc petits, et c'était assez compliqué, même si mon mari était là, il a toujours été très présent, mais voilà, malgré tout, pour tous les deux, c'était prenant. Pourquoi j'ai fait de mon mieux ? C'est ce que je me dis aujourd'hui, j'ai pas du tout de regret de ce point de vue, mais en tout cas, j'ai fait de mon mieux. Donc j'ai été avec elle le jour où le médecin lui a annoncé que son cancer s'était généralisé et qu'il n'y avait plus de solution. Il lui restait plus que quelques jours ou quelques mois, personne ne savait le dire. Elle est partie une journée après cette annonce. Elle est décédée après cette annonce, le lendemain. Donc en fait je me suis dit aussi que j'avais été contente de la voir à ce moment-là. Je l'ai vue un jour avant qu'elle parte. Et franchement, heureusement. Parce que je pense que sinon, je l'aurais beaucoup plus mal vécu. Là au moins, je me dis que je l'ai vue et qu'elle m'a vue aussi. J'ai essayé de lui montrer à ce moment-là par des gestes, des caresses. Je l'ai embrassée, je lui ai dit que j'étais là. Elle m'a dit qu'elle voulait voir ses enfants. Donc là, je me suis dit, je vais aller les chercher alors que ce n'était pas possible. Donc j'ai... toujours essayé de faire le maximum pour elle dans le respect aussi de ce qu'elle voulait, de ce qu'elle avait besoin. Des fois, je pense que je lui ai proposé des choses et elle ne voulait pas forcément que je l'aide. Mais voilà, donc ça a toujours été un respect mutuel. En tout cas, moi, c'est ce que je disais au début. Pour moi, l'amitié, c'est vraiment être entière vis-à-vis de ses amis. C'est ce que j'ai fait pour elle. J'aurais tout fait. J'aurais fait plus aussi si j'avais pu. Mais bon, voilà. Tout s'est arrêté à un moment donné. Elle est toujours dans mon cœur aujourd'hui. Et c'est toujours mon amie, mais de loin.
- Elodie
Et c'est pour ça qu'on a voulu faire cet épisode comme un hommage à Sandrine. J'ai envie aussi de... Peut-être un mot sur... Les meufs, dépistez-vous. Faites-vous suivre tout le temps. Et... Voilà. Prenons soin les unes des autres. Merci Amandine de bien avoir voulu participer à ce podcast et surtout d'avoir partagé cette expérience d'amitié avec Sandrine parce que je sais que ce n'était pas forcément simple, facile. Voilà, merci.
- Amandine
Merci à toi Elodie, c'était aussi pour moi important de pouvoir lui rendre hommage et merci de m'avoir permis de faire ça.
- Elodie
C'était l'épisode 3 du podcast Gang de Copines. Merci encore à Amandine d'avoir partagé son histoire avec tant de douceur et de sourire. Ce n'était pas évident, mais cet épisode montre exactement la philosophie du podcast, l'amitié féminine. la sororité, c'est fort, c'est beau, surtout dans les situations intimes et de vulnérabilité extrême. Pour porter ce message, pour diffuser ces témoignages de femmes qui se soutiennent, s'entraident, partage autant que possible les épisodes de ce podcast autour de toi. Il est disponible sur Deezer, Spotify, Apple Podcasts et autres. Le gang de copines a aussi son compte Instagram, gangdecopines, avec un S, podcast, comme une pote. Dans le prochain épisode, je serai avec Mélanie, qui m'a parlé de sa meilleure amie. Et on a décortiqué ensemble ce concept. A bientôt !