Speaker #0Coucou, on se retrouve aujourd'hui pour la leçon numéro 3 que mon bébé m'a transmise. Et celle-là, je t'avoue qu'elle m'a prise un peu par surprise parce que, comme tu le sais peut-être si tu me suis depuis un petit moment, je suis quelqu'un qui a tendance à être plutôt dans le contrôle. Alors c'est vrai que ces dernières années j'ai beaucoup évolué à ce niveau-là, mais alors avec un bébé, je crois vraiment que j'ai passé un nouveau level. Alors juste un petit récap dans les deux premiers épisodes de cette série de leçons que m'a transmise mon bébé, je t'ai parlé de l'importance d'être vraiment là dans l'instant présent. et du fait que tout passe, que rien n'est permanent. Et la leçon que je vais te partager aujourd'hui est la suite logique, parce qu'on ne peut pas être dans l'instant présent, on ne peut pas accepter l'éphémère si on passe son temps à vouloir maîtriser ce qui ne nous appartient pas et ce qui n'est pas maîtrisable. Je vais te donner des exemples concrets, parce que la théorie du lâcher prise, tout le monde la connaît, mais vivre avec un bébé, je te jure, c'est une masterclass pratique. Le sommeil d'abord. Il y a des soirs où, c'est vrai, je suis... épuisée de la journée, j'ai qu'une envie, c'est de me poser. Et pile à ce moment-là, mon bébé a décidé que c'était l'heure de regarder le plafond, de gazouiller, d'explorer de nouveaux trucs. Et j'ai beau tout essayer, il n'y a rien à faire à part patienter. Et crois-moi, parfois c'est très dur. Un bébé, il faut savoir qu'il dort quand il a décidé de dormir, pas quand on en a besoin, pas quand nous, on en a envie. Ensuite, il y a les pleurs. Quand tu as tout essayé, tu l'as changé, nourri, bercé, porté. repris, reposés et qui pleurent quand même, crois-moi que face à ce petit être qui exprime peut-être quelque chose que tu ne comprends pas encore, tu réalises que tu es impuissante et que tu n'as zéro contrôle. Vraiment, aucun. Et à ce moment-là, la seule chose qui reste, encore une fois, c'est juste d'être présente. Accepter que parfois il n'y a pas de solution au miracle et que justement, on ne contrôle pas tout. Après, bien sûr, il y a les tétés, les biberons. Pareil, c'est lui qui décide quand il a faim. Pas toi, pas l'horloge, pas le planning que tu avais prévu. Et là, je crois où j'ai le plus appris finalement, c'est les horaires de sortie. Je vais te faire une petite confidence. Avant d'être maman, je ne comprenais pas trop les parents qui laissaient le bébé mener la cadence. Ça me semblait parfois un peu excessif de se dire, ben, je sors quand mon bébé sera réveillé et pas avant. Et puis j'ai compris. D'ailleurs, il y a beaucoup de choses que j'ai compris en devenant maman. Quand on ne respecte pas... Le rythme du bébé, son sommeil, ses besoins, finalement c'est nous qui finissons par payer les conséquences. Un bébé, il faut accepter que ça n'a pas du tout le même rythme qu'un adulte. Alors évidemment que j'organise mes journées autour de lui et je m'adapte à son propre rythme. Sauf cas exceptionnel bien évidemment. Ce qui m'a permis de lâcher prise sur les horaires. J'étais quelqu'un de très pointilleux. Alors ça ne veut pas dire que j'arrivais forcément à l'heure à mes rendez-vous. Mais dans ma tête, si je me disais qu'à 10h je sortais, si j'avais le malheur de sortir à 10h15, j'étais frustrée. Même si je n'avais aucun rendez-vous, c'est juste que dans ma tête, je me fixais mes propres créneaux et voilà. Et aujourd'hui, tout ça, autant te dire que ça n'existe plus. Et c'est complètement ok. D'ailleurs, le stoïcisme dont je parle dans l'épisode 148 a une très belle façon de représenter tout ça. Il y a deux catégories de choses dans la vie. Ceux qui dépendent de nous et ceux qui n'en dépendent pas. Nos pensées, nos intentions, nos réactions. Ça, c'est ce qui dépend de nous. Tout le reste, le comportement des autres, les événements extérieurs, le moment où un bébé décide de dormir ou de pleurer, tout ça, ça ne dépend pas de nous. Mais je veux ajouter une petite nuance parce que ça ne veut pas dire qu'on doit rester passif. Il y a une troisième zone entre les deux, ce qu'on ne contrôle pas, mais sur lequel on a quand même de l'influence. Le sommeil de mon bébé, par exemple, certes, je ne peux pas le décider, je ne peux pas le contrôler, mais si je respecte son rythme, ses signaux de fatigue, ses besoins, je vais créer les conditions pour qu'il dorme. J'ai pas le contrôle, j'ai mieux que ça, j'ai une relation, une écoute, une adaptation. Et c'est peut-être ça le vrai lâcher prise finalement. C'est pas l'abandon total, c'est pas l'indifférence non plus, mais c'est arrêter de vouloir forcer les choses pour commencer à écouter. Arrêter de vouloir que tout aille absolument comme moi ça m'arrange et accepter que les choses aient leur propre rythme, même quand ça colle pas avec ce que j'avais imaginé, avec ce que j'avais prévu. Finalement, on se fait souffrir soi-même en dépensant une énergie folle à vouloir contrôler ce qui ne nous appartient pas, ce qui ne se contrôle pas. Et du coup, on néglige ce qui est vraiment entre nos mains et ce sur quoi on a un vrai pouvoir. Résister à ce qu'on ne peut pas changer, c'est se battre contre le vent. Ça fatigue et ça ne change absolument rien au vent. Au final, ce que mon bébé m'a vraiment appris, c'est que le contrôle est souvent une illusion qu'on entretient pour se sentir en sécurité. Tant qu'on contrôle, on croit qu'on peut éviter la douleur, l'imprévu, la perte, etc. Il y a quelque chose de complètement paradoxal là-dedans. et que je vois maintenant et que je vis pleinement, c'est que moins je cherche à contrôler, plus je me sens libre et plus les choses... se passe de manière fluide, parce que l'énergie que je mettais à résister, à anticiper, à forcer, elle est tout simplement disponible pour autre chose, pour être là, pour être présente, pour profiter, pour respirer. On croit que contrôler nous protège et en réalité c'est lâcher prise qui nous libère. Je fais le lien avec les deux premières leçons parce qu'elles forment vraiment à toutes. Vivre dans l'instant présent, c'est difficile quand on est occupé à vouloir que le moment soit différent de ce qu'il est. Accepter que tout passe, c'est difficile quand on essaie de retenir ou d'éviter les choses à tout prix. Le lâcher prise, c'est le pont entre les deux. C'est ce qui permet d'être vraiment là, dans un moment qu'on n'a pas choisi, qu'on n'aurait peut-être pas forcément voulu vivre de cette manière, et pourtant le traverser sans se battre contre lui. Alors la prochaine fois que tu sens cette résistance, cette tension de vouloir que les choses soient différentes, prends juste du recul quelques secondes et pose-toi la question, est-ce que... C'est quelque chose qui dépend de toi, oui ou non. Si oui, agis. Et sinon, laisse couler les choses. C'est aussi simple que ça et aussi difficile que ça. Sur ce, je te dis à la semaine prochaine pour la leçon numéro 4 que mon bébé m'a transmise, l'avant-dernière leçon avant de terminer sur cette série.