- Speaker #0
Bienvenue dans Je dis tout aux usagers, le rendez-vous dédié à celles et ceux qui œuvrent chaque jour pour les usagers. Patients, résidents, accompagnants, aidants, ce podcast est pour vous. Plonger au cœur du maison des usagers, où la santé se raccourte et se partage au grand nombre. Installer confortablement vos produits et préparer vos électrons avec l'unité d'inscription et des perspectives nouvelles. Je dis tout aux usagers, le podcast pour la marmotte des usagers prend toute sa valeur.
- Speaker #1
Bonjour, derrière chaque collecte de sang réussi se cachent des centaines de bénévoles mobilisés. Aujourd'hui nous recevons Pierre Bayard de l'UD62, donc plus précisément l'union départementale des associations fédérées pour le don de sang bénévole pour décrypter son rôle essentiel dans l'organisation des dons et l'accueil des donneurs sur le territoire du Pas-de-Calais. Merci Pierre d'être avec nous.
- Speaker #2
Bonjour Pierre, tout d'abord parlez-nous un peu de vous.
- Speaker #3
Je suis donneur de sang depuis, je ne vais pas dire tout petit, mais depuis mes 18 ans. J'ai toujours baigné là-dedans. J'ai arrêté pour des problèmes, des petits problèmes de santé avec 120 dons au compteur. Je suis actuellement président des donneurs de sang de l'Amicale de Divion et je suis président des donneurs de sang... de l'union départementale des associations fédérales.
- Speaker #2
D'accord. Alors, quel est votre rôle au sein de cette association ?
- Speaker #3
Au niveau de l'UD62, je suis à la tête, à la présidence du conseil d'administration. L'UD a un rôle principal de faire le lien entre la fédération et les associations de terrain, mais aussi avec l'établissement français du sang.
- Speaker #2
Et justement, comment l'Union départementale fédère-t-elle les amicales locales du Pas-de-Calais ?
- Speaker #3
Eh bien, on prend son bâton de pèlerin et on va les voir. Donc, dans le Pas-de-Calais, il existe actuellement 82 associations de donneurs de sang qui couvrent tout le territoire. Et nous avons, sur les 82, 80 associations qui sont fédérées. Je vais voir, je relance de temps en temps ces associations non fédérées pour qu'ils viennent dans votre association,
- Speaker #2
qui vous rejoignent. Et justement, on dit que les bénévoles, c'est le cœur de la collecte. Et concrètement, quel est votre rôle avant, pendant et après que les gens viennent chez vous ?
- Speaker #3
Les associations d'honneur de sang ont deux rôles principaux. C'est la promotion du don. de tous les dons, je dirais, dons de sang, dons de plasma, dons de plaquettes, mais aussi le recrutement de nouveaux donneurs. Après, vous avez bien sûr la partie, le jour de la collecte, pour préparer la collecte, l'accueil des donneurs.
- Speaker #2
Et ensuite, une fois que c'est terminé, vous les relancez ? Il y a des relances qui sont faites pour une prochaine collecte ? Ou ils le voient par des affichages ? Vous travaillez comment ?
- Speaker #3
Alors, nous, au niveau de la... Chaque collecte fait la promotion par affichage, comme ici, comme aujourd'hui. Tous les moyens sont bons pour communiquer. Sensibilisation dans nos communes, dans les établissements scolaires, voire dans les entreprises. Dernièrement, nous avons fait une grosse sensibilisation pour le personnel de la cabalaire.
- Speaker #2
Donc c'est vous qui faites les démarches et les membres de votre association ?
- Speaker #3
Oui.
- Speaker #2
Comme vous dites tout à l'heure, vous prenez votre bâton de pèlerin ?
- Speaker #3
Tout à fait.
- Speaker #2
D'accord, merci.
- Speaker #1
Alors parlons à présent des défis de la collecte. Comment vous choisissez justement les lieux de collecte et les dates ?
- Speaker #3
Ce ne sont pas les donneurs de sang qui choisissent bien sûr les dates et les lieux de collecte. L'établissement français du sang a l'obligation... de collecter un certain nombre de poches de sang tout le long de l'année. Et ce nombre est le même que ce soit la première semaine ou la semaine de Noël. Donc l'établissement français du sang connaît les lieux de collecte, connaît où ça marche bien, les grosses collectes, les collectes moyennes et les petites collectes, et donc ils font un planning prévisionnel. Ces propositions sont envoyées dans chaque commune, dans chaque établissement scolaire, dans chaque entreprise qui fait des collectes. Et là, on voit si c'est possible.
- Speaker #1
Est-ce qu'il y a des zones du département où la mobilisation est plus difficile et où justement il faut concentrer un peu plus d'efforts ?
- Speaker #3
Je ne... Je ne pense pas réellement, vu qu'on a l'établissement Français du Sens sur le territoire du Pas-de-Calais. C'est deux maisons du don qui s'occupent des prélèvements, Arras et Dunkerque, qui fait tout le littoral. Donc avec les 80 associations, on couvre un bon territoire. Après, ça peut être des fois plus difficile dans des... dans des villages, dans la ruralité, où des fois c'est un peu plus difficile sur certaines communes, mais ça fluctue, ça fluctue toujours.
- Speaker #1
Alors l'établissement français du sang dans ses campagnes de communication insiste beaucoup sur la régularité du don. Pourquoi justement le Pas-de-Calais doit-il se mobiliser constamment ? Est-ce qu'il y a une problématique justement en matière de stockage du sang ?
- Speaker #3
Oui, l'établissement français du sang dépend aussi des besoins des hôpitaux. Donc on peut avoir des périodes un peu plus critiques. En ce moment, c'est le début des infections respiratoires, la grippe et tout ça. Donc on sait qu'on va avoir moins de donneurs. Donc là, il va falloir mettre le paquet pour mobiliser ceux qui sont... en capacité de donner en ce moment.
- Speaker #2
Et justement, aujourd'hui, je veux devenir bénévole. Donc comment devient-on bénévole au sein du DS62 ? Faut-il avoir des compétences ou la bonne volonté simplement ?
- Speaker #3
On va déjà être bénévole dans son association locale. On va voir les bénévoles de l'association. Le bénévolat change, on sait très bien, et toutes les associations, tous les maires de ville le disent, on a des problèmes maintenant avec le bénévolat. On ne peut plus prendre quelqu'un et lui dire, tu vas venir pendant 10 ans, 20 ans, faire ceci, faire ce que je te dis. Non, maintenant, je crois qu'on doit avoir une autre approche et demander aux futurs bénévoles, qu'est-ce que tu peux m'apporter, quelles sont tes compétences ? Combien de temps tu veux travailler ? Est-ce que tu veux juste faire une mission ? Voilà, 6 mois, 1 an, je pense qu'il faut plutôt voir comme ça.
- Speaker #2
Travailler à l'envers quoi.
- Speaker #3
Voilà, travailler à l'envers.
- Speaker #2
Et justement par rapport aux gens qui viennent donner leur sang, quel est le profil des nouveaux donneurs de sang que vous voyez arriver ?
- Speaker #3
Alors je dirais que le nouveau donneur est une donneuse. Voilà. A la fin des années 90, on avait donc... avant la fin du service militaire. C'est peut-être une coïncidence, je ne sais pas. On avait 65% de donneurs qui étaient des hommes. Et maintenant on a plus de femmes que d'hommes. Donc le nouveau donneur, c'est une donneuse de 18-20 ans qui a été sensibilisée par ses parents, par les amis, et qui vient donner son sang.
- Speaker #2
Justement, vous parlez de sensibiliser. Comment vous sensibilisez les jeunes de 18-25 ans pour qu'ils viennent donner leur sang, puisque c'est une nouvelle génération qui doit prendre le relais ? Est-ce que vous avez une façon de les sensibiliser, ces jeunes ?
- Speaker #3
On va déjà faire de la sensibilisation dans les écoles. On a l'agrément de l'éducation nationale pour aller dans les écoles. On commence en primaire, qui est très intéressant. Moi, j'aime bien aller en primaire parce qu'ils ont des questions. mignonne, voilà. Le collège, c'est un petit peu plus compliqué, les adolescents et les préadolescents. Et puis après, au lycée, c'est parti. C'est parti. Il y a, on dit toujours, on ne va pas dire du mal des jeunes, mais il y a plein de bons jeunes qui sont prêts à venir donner. Après, on leur dit, vous êtes venus une première fois, venez la prochaine fois, ramenez un copain, ramenez une copine, venez à plusieurs.
- Speaker #2
Et justement, cette sensibilisation dans l'école, vous le faites comment ? Vous diffusez un film, c'est des power posts ?
- Speaker #3
Voilà, c'est ça. Tout à fait, on a des supports, des supports qui ont été faits par le FS, mais des supports qui ont été faits par la Fédération. Donc on présente un peu, on explique déjà qu'est-ce qu'un don, parce que ce n'est pas non plus évident, un don. Qu'est-ce qu'un don ? Et puis après on en braye, suivant l'âge, sur le sens, sur les besoins.
- Speaker #2
Je pense que la question en primaire c'est est-ce que ça fait mal ? Ça doit revenir ça non ?
- Speaker #3
Oui, je dirais plus un peu plus tard. Est-ce qu'on peut mourir si on donne son sang ? Combien on en prend ?
- Speaker #2
C'est une question naturelle qui se pose. Merci.
- Speaker #1
Alors justement, sur l'acte de don en lui-même, le don de sang, il est anonyme et bénévole. J'aurais voulu avoir votre avis sur la question. Pourquoi est-ce essentiel de maintenir justement ces principes éthiques ?
- Speaker #3
Voilà, bien sûr. L'éthique du don date d'une loi de 1952, donc ce n'est pas hier, et ça a été redit dernièrement cette année par des lois européennes. En France, en Europe, mais aussi en France, on est très très attaché à ce don éthique, bénévolat, non-profit, anonymat. Très important parce que... Chez nous, la santé c'est pour tout le monde, quel que soit le niveau social, quel que soit le niveau pécunier, tout le monde doit être guéri avec les mêmes produits. Et on tient aussi à cette éthique parce qu'on ne veut pas une dérive comme ça se passe dans d'autres pays. On pourrait vous parler longtemps, si vous voulez, des prélèvements de dons de sang et de plasma aux États-Unis, qui sont catastrophiques. En France, on peut donner son plasma tous les 15 jours. Aux États-Unis, c'est tous les 3 jours. Donc on n'est pas certain que ça soit bon pour la santé. Et aux États-Unis, on paye donc les gens pour venir. On en arrive à penser que c'est presque de l'esclavage, parce que... Qui va venir donner son sang, son plasma tous les trois jours pour 50 ou 80 dollars ? C'est bien sûr les gens qui sont en nécessité ou les Mexicains, la frontière mexicaine.
- Speaker #1
C'est important vraiment que cet acte de don reste vraiment une action désintéressée et des...
- Speaker #3
Tous les dons chez nous, dons de sang, dons d'organes, dons de gamètes, tout est gratuit.
- Speaker #1
Alors si quelqu'un veut donner son sang concrètement, quelle est l'action qu'il doit réaliser ?
- Speaker #3
Venir sur nos collectes. Bon, alors, l'établissement français depuis la crise du Covid demande de privilégier le rendez-vous. Donc le rendez-vous qui se fait sur le site de l'EFS. Mais bon, sur votre moteur de recherche, vous tapez rendez-vous dans du sang, vous allez tomber automatiquement sur le... Et vous choisissez votre lieu de collecte, votre créneau horaire.
- Speaker #1
Pour quelqu'un qui découvre le don du sang, il faut prévoir quel laps de temps dans son emploi du temps.
- Speaker #3
On va déruire une demi-heure, trois quarts d'heure entre l'accueil du secrétariat, répondre au dossier médical pour voir s'il n'y a pas des contre-indications, l'entretien avec le médecin ou l'infirmière responsable du prélèvement, le prélèvement lui-même qui dure moins de dix minutes, et puis après... le moment agréable, la collation, qui nous permet de contrôler, de surveiller les gens, les donneurs qui vont se réhydrater, et puis voir s'il n'y a pas de malaise tardif.
- Speaker #1
On voit bien, c'est quelque chose qui est rapide, mais qui peut être très rapide, finalement. Alors, si vous aviez un message à faire passer au grand public, justement, sur l'impact du geste et de ce don du sang, quel serait-il ?
- Speaker #3
Oui, on a besoin de 10 000 dons par jour en France. Dans le Pas-de-Calais, on en... On en a collecté 60 000 en légère baisse tous les ans. Maintenant, vous pouvez donner aussi et surtout votre plasma. Le don du sang, les sessions au niveau des hôpitaux diminuent un petit peu parce que la médecine a fait des progrès, mais on a de plus en plus besoin de plasma pour faire des médicaments. Souvent, ces médicaments... servent pour les maladies orphelines, les maladies auto-immunes. Et sachez que pour le traitement d'une seule personne, il faut que l'on trouve au moins 500 donneurs de plasma par an.
- Speaker #1
Est-ce qu'il y a un site internet de référence ? Alors comme vous l'avez dit, simplement en tapant Don du sang ?
- Speaker #3
En tapant EFS, l'établissement français du sang, Don du sang, et nous on a une page Facebook. ud62.net où on met tous les... tous les news et toutes les collectes de la semaine.
- Speaker #1
Avec tous les prochains rendez-vous,
- Speaker #3
voilà, et toutes les actions de promotion de nos associations.
- Speaker #1
Merci Pierre pour ces écartements essentiels qui nous ont permis vraiment de bien comprendre le rôle essentiel de l'UD62. Donner son sang, c'est un acte gratuit qui a du sens, c'est un engagement citoyen inclusif et vous l'avez vraiment... Très bien mise en valeur aujourd'hui. Merci de nous avoir écoutés et à très vite pour un prochain épisode.
- Speaker #0
Et voilà, notre exploration touche à sa fin. Nous espérons que cet épisode vous a inspiré. Vous avez envie d'en apprendre davantage sur l'engagement aussi des usagers. Au-delà de la maladie, il est possible de devenir un acteur clé, fusionnant avec la solidarité. Retirez le chien, mais n'abandonnez pas les usagers. Merci.