Speaker #0Bienvenue dans le podcast Kilo émotionnel, le podcast qui t'aide à décoder les vraies raisons qui te poussent à trop manger. Je suis Johanna Verdi, coach de vie, auteure du guide Mon Cahier Kilo émotionnel, créatrice du programme Déjeuner en Paix et moi-même ancienne mangeuse compulsive. Si la nourriture te rend dingue, si tu te jettes sur la bouffe à la moindre contrariété, si tu rêves de perdre du poids mais que tu es incapable de tenir un régime plus de deux jours ou deux heures consécutives, Tu es au bon endroit. Avec ce podcast, je vais te montrer comment sortir de l'obsession alimentaire et faire la paix avec ton assiette et ta balance pour que tu puisses enfin consacrer ton énergie à ce qui compte vraiment. On rêve toutes de belles amitiés. Des personnes avec qui on sort, on rit, on voyage, on refait le monde. Des personnes qui nous font nous sentir entendues, comprises, appréciées. Des personnes à qui on peut se confier et sur qui on peut compter. Mais pour notre tribu de mangeuses émotionnelles compulsives, c'est pas toujours aussi simple. Alors oui, il y a bien des gens avec qui on se sent bien, mais même eux, parfois, ils peuvent nous faire douter. Et puis, il y a plein d'autres personnes où c'est carrément compliqué. Tu vas par exemple à une soirée ou un dîner, convaincu que tu vas passer un bon moment, et de retour chez toi, tu commences à ruminer. Pourquoi il ou elle m'a dit ça ? Comment j'ai pu le laisser me parler ainsi sans répondre ? J'ai l'impression que personne ne s'intéresse à moi. J'ai passé ma soirée à écouter les problèmes des autres. On ne m'a pas du tout demandé comment ça allait. Et il faut l'avouer, on est les championnes pour ruminer et se refaire la scène des centaines de fois dans la tête. On repense à la scène, on trouve enfin ce qu'on aurait voulu dire et surtout, on s'en veut de ne pas avoir réagi. Et du coup, ben on mange. On mange, on mange pendant qu'on rumine. On engloutit pendant qu'on se refait la scène dans sa tête. Alors aujourd'hui, je veux te parler d'amitié, t'aider à comprendre pourquoi ce besoin de relation est immense et pourquoi parfois on se perd dans la relation. Alors pour commencer, effectivement, notre besoin de connexion à nous, il est immense. On a profondément besoin des autres. On a besoin d'être aimé, de sentir comprise, soutenue. de sentir qu'on appartient à un groupe. Ce n'est pas un besoin secondaire ou juste un bonus de la vie. La connexion aux autres, elle compte énormément pour nous et ça vient généralement de plusieurs blessures qui peuvent se cumuler. Ça peut être l'immaturité émotionnelle ou on va dire l'absence émotionnelle de nos parents. On peut avoir vécu du harcèlement, des abus, de la violence. Parfois, on a grandi avec une forme de décalage social. On a fait face à des accidents de la vie ou juste. On est doté, on va dire, d'une très grande sensibilité. Alors dans ces cas-là, l'amitié, elle répond à une partie essentielle de ce besoin de connexion. C'est pour ça qu'une relation amicale peut nous faire énormément de bien, mais aussi nous toucher très profondément quand quelque chose se passe mal. Et le résultat, c'est que plus une personne compte pour nous, plus son regard, son comportement ou sa distance, ça va potentiellement avoir un impact sur nous. Un message qui reste sans réponse, une remarque qui nous blesse, une soirée où on ne s'est pas senti vraiment écouté, ça peut prendre une place disproportionnée dans notre tête. Et parfois, ce qui s'est passé objectivement, c'est assez petit, mais ce que ça réveille en nous, c'est vraiment immense. Et c'est là qu'on a besoin de décortiquer les choses. Parce que quand on comprend que notre besoin de connexion, il est aussi fort, eh bien, on peut mieux comprendre aussi. que parfois on est prête à tout pour préserver le lien. Et on est prête vraiment à sortir de soi, on est prête à faire plus que des compromis en fait, à faire vraiment un pas de côté pour préserver le lien. La première chose qu'on peut observer, c'est notre tendance à devenir hyper vigilante. Parce qu'on a appris depuis le plus jeune âge à l'être. On va observer les réactions de l'autre, on va analyser les respirations, les silences. les changements de ton, les comportements. Alors ça, voilà, si t'as grandi avec des parents dépressifs, émotionnellement absent, s'il y a eu de l'alcoolisme dans ta famille, typiquement c'est quelque chose chez toi qui est exacerbé. Tu vas avoir tendance à anticiper la moindre réaction de la personne, à te demander qu'est-ce qu'elle pense de moi, est-ce que j'ai fait quelque chose, qu'est-ce que je dois répondre. Et on cherche constamment les signes que le lien est en sécurité ou alors qu'il est menacé. Et sans s'en rendre compte, on s'épuise. à décoder l'autre. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle tu te sens aujourd'hui beaucoup plus à l'aise dans les relations one-to-one, juste en individuel, parce qu'il y a moins de stimuli, il y a moins besoin de décoder plusieurs personnes en même temps. Mais donc la conséquence potentielle, c'est un épuisement, un épuisement social vraiment en mode plus, plus, plus, plus, plus. Et comme je te disais, plus le lien compte, plus on peut avoir du mal à être simplement présente dans la relation. Et on peut interpréter Même parfois une différence de fonctionnement comme un manque d'intérêt. Par exemple, moi je prends des nouvelles, pourquoi elle ne le fait pas ? Et tu vois, on cherche de la sécurité ou la preuve d'insécurité dans des signes qui ne veulent pas forcément dire ce qu'on leur fait dire. Et on passe beaucoup de temps à espérer aussi que l'autre soit comme nous et à être déçu. Donc voilà, on est vraiment dans le décodage, dans l'hypervigilance permanente. Et la deuxième chose, c'est que pour préserver le lien, On finit par se suradapter. Pour ne pas dire, on finit par s'oublier. Bah oui, on peut savoir parfaitement qu'on mérite le respect. Et pourtant, dans le moment réel, on n'arrive pas à se respecter. On protège la relation et du coup on se met de côté. On nous demande quelque chose qu'on ne veut pas faire, on accepte. Quelqu'un nous parle avec mépris ou de façon désagréable, on sourit, on ne dit rien. On minimise, on essaye de comprendre, d'excuser l'autre, plutôt que de reconnaître ce qu'on ressent vraiment. on a beaucoup de mal à exprimer ses besoins ou ses limites parce qu'on fait systématiquement passer l'autre avant nous-mêmes. Alors, ce n'est pas forcément qu'on manque de respect envers soi ou qu'on ne sait pas ce qu'on mérite. Ça peut être un mécanisme d'adaptation appris très tôt. Si, dans ton histoire, tu as intégré que préserver le lien avec une personne importante, ça dépendait du fait de s'adapter à ses réactions, à ses besoins ou à ses émotions, tu peux avoir appris à te mettre de côté. pour rester en sécurité dans la relation. C'est vraiment pour résumer, si je veux rester en lien avec l'autre, j'ai compris que je devais faire passer l'autre avant moi. Et tu vois, dans les situations, par exemple, moi je l'ai vécu, où tu grandis avec un parent dépressif, tu peux avoir tendance à te faire toute petite, à développer le syndrome de la bonne élève, de la gentille fille. Tu ne veux pas être une charge supplémentaire pour ton parent parce que tu sens qu'il est déjà tellement acculé. que tu ne veux pas être un poids supplémentaire. Si tu as vécu du harcèlement, de la violence, tu peux avoir envie, besoin de disparaître. Une partie de toi veut littéralement s'effacer pour ne pas être une cible. Ou simplement, si tu as une grande sensibilité, une grande empathie, même si tu te sens blessé, tu vas d'abord prendre en compte les circonstances et la situation de l'autre. Tu vas lui trouver toujours des bonnes raisons, toujours des bonnes excuses. tu vas te dire que vraiment, tu serais une mauvaise personne de ne pas aider ou pas comprendre. Et tu te dis même peut-être que tu es trop sensible. Quelque chose que tu as peut-être déjà entendu par le passé. Moi, je l'ai tellement entendu. Mes amis me disaient toujours, ah non, tu ne vas pas faire ta jojo. Tu ne vas pas faire ta jojo, ça voulait dire, tu ne vas pas encore être trop, trop sensible. Donc effectivement, tu intègres que cette grande sensibilité, ça peut être problématique. Donc toi-même, tu te réfrènes, tu te retiens, tu t'adaptes. Et ce réflexe, il ne disparaît pas automatiquement parce qu'on devient adulte. Et on peut donc aujourd'hui avoir une très bonne compréhension intellectuelle de nos limites. Et pourtant, au moment où le lien semble menacé, c'est notre ancien réflexe qui prend le dessus. Et le résultat, c'est qu'on peut avoir tendance à se figer. Littéralement, on ne sait plus quoi répondre, on perd nos moyens. Ou alors, on prend sur nous, on fait bonne figure. on fait preuve d'encore plus d'empathie pour l'autre. Et parfois, on ne réalise même pas sur le moment qu'on vient de franchir nos propres limites. Parce que la réalité de ce qui se passe, c'est que dans le moment, on protège la relation quoi qu'il en coûte. Et c'est après qu'on doit gérer ce qu'on n'a pas pu ou pas su exprimer. Et à force de faire passer la relation avant soi, on finit par se déconnecter de ce qu'on ressent et de ce dont on a besoin. Et on peut aussi accumuler énormément de choses qui n'ont pas été dites. C'est souvent après ça que revient la colère, la frustration, la scène qu'on rejoue. J'aurais dû lui répondre ça et pourquoi je me suis laissé parler comme ça ? Et c'est là que ce qu'on n'a pas réussi à exprimer dans la relation, il faut bien le gérer quelque part. Et parfois, quelques heures plus tard, quand tu rentres à la maison, que tu es seul chez toi, c'est la nourriture qui devient l'endroit où toute cette... tension et toute cette suradaptation va pouvoir venir se déposer. Et tu vois, notre point commun quand on fonctionne comme ça, c'est qu'on n'est plus dans la relation, on est dans notre tête. Parfois la situation concrète, elle est objectivement banale, mais elle déclenche une réaction émotionnelle beaucoup plus forte à cause de l'histoire qu'on vient se raconter dans notre tête. Par exemple, Une amie ne répond pas à ton message. Pour elle, il ne se passe peut-être rien de particulier. Elle travaille, elle est fatiguée, elle s'occupe de ses enfants, elle répondra demain. Mais à l'intérieur de nous, il y a quelque chose qui commence à s'agiter. Est-ce qu'elle est fâchée ? Elle a vu mon message, mais pourquoi elle ne me répond pas ? Est-ce que j'ai dit quelque chose qu'il ne fallait pas ? Mais pourquoi elle m'ignore ? Et ce qui est fou, c'est qu'à force de chercher à comprendre et à être dans la tête de l'autre, on n'est plus dans la relation, on est dans la construction mentale pure. Et ça, cette tendance à ne pas habiter notre corps et à rester dans notre tête, je t'en ai parlé plus en détail dans l'épisode 139 que j'ai consacré au sujet. Et tu sais ce qui est fou ? C'est qu'en fait, et j'en ai parlé encore cette semaine avec les anciennes du programme Déjeuner en Paix, On peut passer. une soirée entière avec quelqu'un. On peut prendre l'apéro avec des amis et passer notre soirée à manger, sans vraiment être là avec les gens. On est dans notre tête, on essaye d'être dans leur tête. Qu'est-ce qu'ils pensent de nous ? Qu'est-ce qu'on devrait dire ? Qu'est-ce qu'on aurait pu faire ou dû faire ? Et en fait, ça revient juste à prendre conscience que oui, parmi les autres, On a parfois, voire souvent, du mal à trouver notre place. Et, sans surprise, tu te retrouves à l'apéro, à boulotter les cacahuètes, le saucisson, et à écouter les conversations des autres, mais toi tu participes pas forcément, parce que t'as du mal à trouver ta place, parce que t'es juste dans l'observation, le questionnement permanent et la rumination. Et si ce genre de situation te parle, je t'invite à écouter l'épisode 68 « Je me sens seule parmi les autres, pourquoi ce sentiment persiste ? » parce que c'est vraiment ça, on peut être très entouré, avoir plein d'amis, de la famille autour de nous. Physiquement, et j'ai envie de te dire, même par la présence, ils existent, il y a des gens qui malheureusement n'ont pas beaucoup de personnes autour d'eux. Toi, tu as peut-être beaucoup de personnes autour de toi, mais paradoxalement, tu te sens seul parmi les autres. Alors, ces relations, elles sont importantes, mais elles peuvent devenir toxiques parce qu'on est complice en fait du fonctionnement. Donc, comment on fait pour assainir nos relations d'amitié ? pour avoir des amitiés plus saines. Mais moi, ce que je te propose, c'est trois questions très simples, très concrètes que tu vas pouvoir te poser et tu vas voir que les réponses vont te guider très simplement. La première question, c'est comment cette personne me fait me sentir. Après l'avoir vue, est-ce que je ressens de l'énergie, de la légèreté, de la joie ou est-ce que je suis en mode tension, épuisement, doute ? Et est-ce que je me sens libre d'être moi-même ? Parce qu'on ne va pas se mentir, si tu te sens mal tout le temps, après avoir vu cette personne, il y a peu de chances que ça change à la prochaine rencontre, à moins d'une vraie conversation à cœur ouvert pour un peu clarifier les choses. Donc si tu sens que cette personne te fait te sentir systématiquement mal mais que tu continues à entretenir la relation, demande-toi pourquoi tu le fais. Est-ce que c'est par loyauté, par culpabilité, par habitude, par peur de décevoir ? Parce que si c'est le cas, tu dois envisager d'accepter qu'une amitié puisse ne plus te convenir. Sans que quelqu'un soit le méchant de l'histoire. Parce que oui, les circonstances changent, les besoins changent, les gens changent aussi. Et certaines amitiés peuvent appartenir à une période de notre vie. Moi, c'est typiquement ce que j'ai vécu quand je me suis retrouvée célibataire sans enfant à 35 ans. Honnêtement, voir mes amis en couple avec enfants, ça ne me faisait pas me sentir bien. Puis la plupart du temps, ils n'étaient juste pas disponibles pour me voir. Donc, à un moment, il faut être lucide. Ce n'est pas de leur faute. On était juste en décalage par rapport à la saison de la vie dans laquelle on était. Donc j'ai scrollé mon carnet d'adresses, j'ai identifié deux amis potentiels qui étaient exactement dans le même cas que moi. Alors honnêtement à la base c'était pas des personnes très très proches mais j'ai vraiment identifié le potentiel. Et ces deux jeunes femmes sont vraiment devenues mes buddies de sortie, de soirée. elles avaient les mêmes besoins, les mêmes envies que moi, et honnêtement aujourd'hui... nos soirées et nos moments ensemble, c'est vraiment parmi les meilleurs souvenirs de ma vie. Et pourtant, à peine 18 mois plus tard, tout a basculé de nouveau parce que j'étais en couple, je venais de faire un enfant et on avait décidé de s'installer au vert, de quitter Paris pour s'installer en Seine-et-Marne. Résultat en fait, en plus on était en plein Covid, mon amie habitait dans son petit appart parisien, elle était confinée dans cet appart, elle n'avait pas de chérie, elle n'avait pas d'enfant. Et elle me reprochait presque ma vie à la campagne avec conjoint, enfant et jardin. Le paradoxe, c'est qu'en fait, pour moi, c'était pas facile d'avoir mon fils à la maison. Que mon conjoint et moi, on était tous les deux à notre compte, on venait de se lancer, il y avait beaucoup d'incertitudes et j'avais l'impression qu'elle me reprochait ma vie comme une chance. Tout était une chance et j'avais pas le droit de me plaindre. Et du coup, je sentais qu'il y avait de moins en moins d'espace pour moi, je me sentais pas à l'aise de... parler de mes nuits sans sommeil, de mes questionnements de jeune mère ou de mes tensions dans mon couple, parce que c'était toujours « oui, mais toi, tu as de la chance, tu as un mec, un enfant, un jardin » . Donc, j'ai pris mes distances, même si ce n'était pas facile, même si, évidemment, on reste dans la nostalgie des bons moments. C'est comme les histoires d'amour, on aimerait que ça dure toujours, mais la réalité, c'est que les circonstances avaient changé, la saison de notre vie avait changé, et à un moment, il faut juste l'accepter. La deuxième question à se poser, c'est qu'est-ce que j'attends de cette amitié ? Qu'est-ce que j'attends de cette expérience quand je vois la personne ? Et il faut poser des intentions claires. Parce qu'on doit arrêter d'attendre, ça c'est notre côté idéaliste, on doit arrêter d'attendre qu'une seule personne réponde à tous nos besoins. Toutes les amitiés n'ont pas vocation à être profondes et intimes. Certaines personnes vont juste nous permettre de rire, de sortir, de faire la fête, de raconter des conneries. Et d'autres, effectivement, peuvent nous permettre de réfléchir, de refaire le monde, de partager une passion ou d'avoir de la profondeur et de la vulnérabilité. Donc, poser une intention, ça permet de moins attendre des autres, de moins attendre des choses qu'ils ne sont pas capables de nous donner et qu'ils ne nous ont jamais promis. Donc, moi, je sais que j'ai un ami, je l'adore, c'est un érudit. Il m'apporte beaucoup de stimulation intellectuelle. Avec lui, on a des débats, des conversations profondes sur notre société, sur la politique, sur le monde. Je l'adore. Mais je sais que ce n'est pas avec lui que je vais me taper des barres de rire. C'est différent. J'ai d'autres potes, c'est vraiment des potes de soirée, des potes pour rigoler. J'ai eu des potes aussi pour draguer, comme je te l'ai dit. Donc, tu vois, c'est des enjeux différents. Et aujourd'hui, il y a des amis que je vois. Ce sont des amis de toujours, ils font partie du paysage j'ai envie de dire. On a fait nos études ensemble, on a voyagé ensemble, on a fait les cons ensemble. On continue de faire des blagues pourries, mais je sais qu'avec certains d'entre eux, il n'y aura pas forcément de profondeur. Et aujourd'hui, j'ai peu d'amis actifs, on va dire, des gens vraiment que je vois régulièrement, parce que je suis devenue exigeante. J'ai vraiment pris conscience que ma ressource la plus précieuse, c'est mon temps. Et je cherche de la profondeur, même si ça me fait plaisir de passer du temps léger avec des personnes qui représentent quelque chose pour moi. Mais si je le fais, ça va être selon mes règles. Je vais par exemple dire, je viens à cet anniversaire sur cette grande pelouse de telle heure à telle heure. Je ne me force plus à rester pour faire plaisir et ça m'arrive de partir la première sans me sentir gênée. Donc tu vois, ce genre de posture, cette intention claire me permet de m'en attendre de l'autre, ce qu'il ne m'a jamais promis. Et je me rappelle aussi que même si c'est important pour moi la profondeur et l'écoute, l'amitié a aussi besoin de légèreté. Et enfin, la troisième question que je t'invite à te poser, c'est est-ce que je suis dans le moment présent ? Est-ce que je réagis vraiment à ce qui se passe maintenant ? Ou à quelque chose que cette situation réveille en moi ? Est-ce que je suis réellement avec cette personne ? ou déjà dans ma tête, à me demander ce qu'elle pense, ce que je dois dire, ce que je dois faire, ce qu'elle va penser de moi, ce que j'aurais dû répondre. Et l'exercice, c'est vraiment de revenir à ce que je ressens réellement, ici et maintenant. Est-ce que tu peux, par exemple, arrêter de manger tes cacahuètes ou ton saucisson pour regarder la personne ? Lève la tête, lève les yeux, regarde la personne dans les yeux, écoute. Fais de ton mieux pour... participer à la conversation plutôt que de l'observer de l'extérieur. C'est la meilleure façon de recommencer à habiter ton corps, et pas juste à être dans ta tête ou, pire, à essayer d'être dans la tête des autres. Et n'hésite pas, si tu te rends compte que c'est compliqué pour toi, à vraiment privilégier des interactions plus intimes, peut-être juste à deux ou à trois idéalement. Ça peut t'aider à être dans le moment présent. Et vraiment, vraiment, vraiment, être dans le moment présent, c'est aussi s'autoriser à sentir quand c'est assez, quand c'est le moment de partir. Parce que nous, notre erreur trop souvent, c'est qu'on a tendance à attendre trop longtemps. Parce que, rappelle-toi qu'une amitié saine, ce n'est pas une fusion. Même si on a tendance à idéaliser un petit peu l'amitié, à se dire, c'est comme quand j'étais ado, ma meilleure amie, c'était une extension de moi. Non, une amitié saine, surtout à l'âge adulte, ce n'est pas une fusion. Donc voilà, pour boucler cet épisode, je pense que c'est vraiment important d'accepter que certaines amitiés évoluent. Oui, certaines amitiés appartiennent à une période de notre vie. Certaines amitiés reposaient sur une ancienne version de nous. Et certaines personnes nous appréciaient peut-être davantage lorsque nous nous adaptions à tout. Donc le fait qu'il y ait de l'éloignement, c'est parfois aussi un bon signe qu'on se respecte davantage. Moi en tout cas, à titre personnel, je veux plus seulement avoir des relations dans lesquelles je suis appréciée. Je veux des relations dans lesquelles je peux être moi. Parce que je considère qu'une amitié saine, c'est pas devenir une autre personne. C'est apprendre à ne plus se quitter, même en la présence de l'autre, même quand l'autre ne se comporte pas exactement comme on aimerait, comme on souhaiterait. Parce que crois-moi, plus tu apprends à être en sécurité dans tes relations, et moins tu as besoin de passer par la nourriture pour gérer tout ce que tu n'as pas réussi à vivre, à dire ou à exprimer. Voilà, j'espère que tu as aimé cet épisode. Si c'est le cas, viens me partager ton ressenti en commentaire, notamment sur Spotify. Il y a la possibilité de laisser des commentaires. Dis-moi si tu te reconnais, s'il y a des situations par lesquelles toi aussi t'es passé. Tu peux aussi venir me parler sur les réseaux. Et n'hésite pas à laisser des cœurs, des pouces, des étoiles, des commentaires sur ta plateforme d'écoute préférée. Ça permet de booster la visibilité du podcast et ça m'encourage dans mon travail. Et moi, je te retrouve la semaine prochaine avec un nouvel épisode pour toutes celles qui se cachent pour manger. Tu te caches dans la voiture, dans le garage ou dès que ta famille a quitté la maison. Oui, tu te caches pour manger. Alors la semaine prochaine, on ira explorer ce que ça dit de toi. Et comment sortir de ce réflexe qui, j'en suis sûre, te fait beaucoup culpabiliser ? Je te remercie pour ta présence et je te donne rendez-vous au prochain épisode.