- Speaker #0
Bonjour et bienvenue sur L'Arrière Boutique, le podcast qui vous invite dans les coulisses de l'expérience retail. Je suis Audrey Gallier, consultante dans les domaines du retail, de l'entrepreneuriat et du développement de marques. Après dix années passionnantes à créer et développer mes boutiques, j'ai envie aujourd'hui de transmettre mon expérience, mais aussi celle de mes invités. Pour cela, je reçois dans ce podcast des personnes inspirantes qui vous ouvrent les portes de leurs boutiques pour vous raconter leurs aventures. Je vous livre aussi, dans des épisodes boîte à outils, des pensées et astuces pour vous motiver et vous aider dans vos projets retail. Très bonne écoute ! Aujourd'hui, on part à Lyon, rue Auguste Comte, dans le deuxième arrondissement. Mon invitée, c'est Célia Robrecht. Célia a un double profil. Elle est architecte d'intérieur, fondatrice du studio Crécré. Et depuis 3 ans maintenant, elle est aussi commerçante avec la Maison Crécré, son concept store déco et cadeaux. Les deux activités partagent le même lieu. La boutique est au rez-de-chaussée et le studio d'architecture juste au-dessus à l'étage. L'idée de la boutique est née pendant qu'elle cherchait de nouveaux bureaux. Elle voulait un endroit où exprimer son univers, où elle serait fière de recevoir ses clients. Et au fil des recherches, une envie s'est ajoutée. Avoir aussi un lieu, ouvert sur la rue, pour rendre cet univers accessible au plus grand nombre. Sauf que Célia n'avait jamais travaillé dans le commerce. Alors tout ce qu'il faut savoir pour ouvrir et tenir une boutique, elle l'a appris en chemin. Et c'est ce chemin qu'elle va nous raconter pendant cet épisode. Un chemin long d'abord, il lui a fallu presque un an de visite et de négociation avant de signer son bail. Elle nous explique aussi comment elle a monté son financement. Et puis, il y a ce jour où elle récupère enfin les clés. Ce jour-là, seule devant sa boutique où tout devient très réel d'un coup. Et c'est un peu la crise d'angoisse. Elle nous parle aussi du palier des deux ans qu'elle a trouvé très dur. Et de celui des trois ans. où elle a senti que tous les efforts fournis jusque-là commençaient enfin à payer. Les choses se mettent en place et la boutique se met à tourner, même sans elle. On parle aussi de sujets qu'on n'aborde pas assez, se rémunérer, se protéger, accepter que sa to-do liste ne soit jamais finie. Et parce qu'elle a l'œil d'une archi, Célia partage aussi des conseils très concrets pour aménager une boutique. La hauteur, les lumières, les présentoirs. C'est un échange super transparent où Célia partage aussi bien ses réussites que ses doutes. Allez, installez-vous, on y va. Bonne écoute ! Salut Célia !
- Speaker #1
Salut !
- Speaker #0
Ça va ?
- Speaker #1
Oui, ça va, et toi ?
- Speaker #0
Très bien. Je vais te laisser la parole tout de suite pour me présenter qui tu es et Cré-Cré.
- Speaker #1
Je m'appelle Célia Robrecht, je travaille à Lyon et je suis la fondatrice de Cré-Cré, qui est un studio créatif regroupant un cabinet d'architecture d'intérieur et depuis trois ans un concept store déco-cadeau associé. Et nos bureaux, boutiques et bureaux, sont situés à Lyon 2. Dans le même local, il y a plein de gens qui ne savent pas que les bureaux sont à l'étage. C'est un peu le secret. Là, moi, je suis au-dessus de la boutique pendant qu'on se parle. Voilà, pour résumer très rapidement.
- Speaker #0
Ok, donc tu as cette double casquette à la fois archi d'intérieur.
- Speaker #1
Oui, moi, c'est ça. J'ai un master architecton d'intérieur. En fait, je suis sortie du bac, j'ai fait directement ce master. Et après, quand j'ai été diplômée, j'ai commencé à faire du freelance plus pour des archis. Donc, plus des dossiers admin, un peu de permis de construire, plus de la maison, un peu de réno aussi. Mais c'est vrai que du coup, c'était du free pour d'autres personnes. Et je ne travaillais pas à mon compte encore, soit si parce que j'étais indépendante, mais par exemple, je n'ai jamais été salariée. Donc, ça, c'est un sujet, par exemple, où je ne connais pas le rapport de travailler vraiment pour quelqu'un sous contrat, etc. Donc, j'ai fait ça et je faisais ça pendant quelques années. En coupant, en allant beaucoup voyager aussi. Je voyageais deux, trois mois, je revenais, je revoyageais. Donc, c'est vrai qu'il y a une période qui est hyper dure à dater pour moi où je me dis mais qu'est-ce que j'ai fait pendant cinq ans ? Mais en fait, ça passe vite le temps. Donc, après, à partir de 2020, il y a le Covid. Et c'est là où du coup, j'avais déjà un peu commencé à travailler pour moi à côté, à avoir mes premiers clients. Mais en fait, je n'avais pas de communication particulière. Donc, les gens ne savaient pas que j'existais. et du coup je me suis dit bah en fait il faut y aller à 100% avec ma DA et mes clients quitte à pas en avoir au début parce que si je continue de travailler pour d'autres gens j'aurai pas le temps, je ferai pas dans une logique de ok voici ce que je fais quand je me présente donc c'est vraiment Covid mais comme beaucoup de gens qui se sont mis à leur compte après le Covid ouais j'ai eu un peu l'occasion de faire le point de te dire ok maintenant je crois
- Speaker #0
Qui je suis, comment je me présente, comment je me positionne dans ce paysage-là de l'archi d'intérieur ? En fait,
- Speaker #1
j'avais un espace de coworking. C'est là où je travaillais pour les archis. C'était un espace de coworking avec d'autres archis. Et donc là, vu que je travaillais de chez moi, je ne les voyais plus. Et donc, ça a fait une coupure de me dire, non, mais en fait, je peux travailler toute seule et ne pas y retourner. Donc, du coup, j'ai résilié mon poste et en fait, je me suis lancée. J'ai trouvé un petit bureau en sous-location à Lyon qui n'était vraiment pas cher, mais en fait, ça ne me permettait qu'à voir. quand même une pièce à moi et c'était sur rue aussi, donc c'était marrant. Et après, c'était quand même assez... Bas de gamme, on va dire, le lieu avait grave de potentiel, mais les gens qui l'exploitaient, ils n'en faisaient rien. Donc moi, je ne pouvais pas faire plus. Et du coup, c'est là où je me suis dit, il faut des vrais bureaux. Là, j'avais honte de recevoir mes clients, alors que c'est mon cœur de métier. Et c'est là qu'est venue l'idée d'avoir la boutique. D'accord, c'est dans ce sens-là que ça est arrivé. Je voulais ouvrir des bureaux avec mon conjoint. On voulait partager parce qu'il a aussi son activité. Donc, on voulait faire un espace de coworking à deux entreprises. Et au final, ce n'était pas un bon moment pour eux. Donc moi, je me suis dit, tant qu'à ouvrir, ce serait cool d'avoir Opinion sur rue, d'avoir Madea qui est plutôt sur du sur-mesure, de l'avoir aussi sur des petits produits en fait. Quelque chose de plus accessible, de plus grand public. Et du coup, ça s'est fait comme ça. Et vraiment, la source première d'ailleurs, c'est que j'aime beaucoup chiner, sourcer de seconde main et des éléments un peu marrants, un peu atypiques. Et je stockais ça dans mon ancien bureau et j'ai essayé de les vendre sur Internet. Il me dit, mais c'est nul, moi, je veux que ce soit une vitrine, qu'on puisse le voir, mais avec d'autres produits. Et en fait, ça a été un peu ça le déclencheur, de me dire, il me faut un lieu physique, en plus de mon activité, pour que les clients y voient et ok, je veux ça dans le projet en plus. Bon, au final, ça a dévié sur... C'est un vrai projet à part entière, indépendant sur une autre société et c'est pas du tout les mêmes façons de travailler, les mêmes contraintes, etc. Donc voilà, c'est vraiment deux jobs parallèles. mais la direction artistique est la même à grande échelle et à plus petite échelle, justement, plus sur mesure.
- Speaker #0
Oui, en fait, c'est un peu comme une sorte d'antichambre ou un échantillon de ce que tu peux aussi proposer, toi, en tant qu'archi.
- Speaker #1
En plus, c'était ça l'idée, c'était d'avoir plus, toi, des luminaires, du mobilier, etc. Mais la boutique n'est quand même pas très grande. Et du coup, j'ai un peu transité, mais ça s'est fait naturellement aussi avec les flux d'achats et le petit pouvoir d'achat aussi qui a baissé, d'être plus sur des petits objets, de la petite déco et du cadeau aussi. On est très cadeau. on est très identifié qui a dos en fait il y a l'archive vraiment on va dire c'est haut de gamme et la boutique c'est grand public donc il n'y a plus l'entre-deux qui avant était la boutique l'entre-deux là en fait limite il me faudrait un deuxième showroom qui est plus mobilier là ce serait l'entre-deux parce qu'on serait plus sur ok cette sélection de designers vous pouvez les mettre chez vous là c'est du petit objet pour rendre plus joyeux chez soi voilà pour offrir avec il y a quand même la Merci. position haut de gamme dans la boutique sur tout ce qui est direction artistique, on a des beaux sacs, on a une vraie expérience client, etc. En fait, là où ça se rejoint avec l'archi, c'est le côté expérientiel. C'est qu'on fait une expérience dans la boutique, et du coup, effectivement, on est quand même baigné dans l'univers, même si tout n'est pas sur mesure. Donc, des fois, moi, j'ai un peu peur que ça me desserve pour dire « Ok, je peux vous faire beaucoup mieux pour vos projets » , mais en même temps, ça donne une identité. Une idée un peu d'identité crècrée, effectivement.
- Speaker #0
Et du coup, si jamais tu devais la décrire aux gens qui ne te connaissent pas encore et qui ne sont pas dans la boutique parce qu'effectivement, tu as une identité forte, comment tu la définirais ?
- Speaker #1
La boutique ou l'identité crècrée ?
- Speaker #0
Crècrée, mais du coup, après son expression dans la boutique aussi, comme tu dis que ça fait un lien.
- Speaker #1
Du coup, c'est créer des lieux d'expérience et c'est d'avoir un lieu identitaire et expérientiel. Quand tu rentres dedans, tu vis quelque chose, tu vis des émotions. Et du coup, la boutique, elle est colorée, mais tu vois, la boutique en elle-même n'est pas colorée, saturée. Par exemple, nous, quand on parle de notre travail, les gens, ils imaginent toujours des couleurs vives, etc. Mais pour moi, la couleur, c'est quand ce n'est pas blanc, en fait. C'est même le meilleur, tu vois, je le compte dans la couleur. Et typiquement, la boutique, elle est Bordeaux. Donc, toute l'enveloppe est Bordeaux. Et en fait, il y avait déjà un habillage menuisé quand j'ai récupéré le local, que j'ai repas en Bordeaux. Et en fait, au-dessus, c'est voûté. c'est un local voûté à l'étage et en bas et en fait il y avait une sorte de tapisserie collée qu'on a déposée et dessous du coup on a tout l'enduit en fait piqué donc il y a un contraste de ce que moi j'ai amené qui est neuf toutes mes étagères mes rayonnages typiquement c'est de Ikea que j'ai transformé les gens à chaque fois ils sont trop étonnés quand je leur dis que c'est Ikea parce que c'est les IVAR tu vois carrément complètement standard Merci. vernis en bois foncé, où j'ai remis des façades de portes sur mesure. Donc en fait, tu as l'impression que tout est sur mesure, mais en soi, c'est des tasseaux, donc ça aurait pu être sur mesure. Et donc, tu as ce contraste des objets qui sont tous contemporains, assez, pour le coup, très colorés et joyeux, et le lieu qui est assez ancien, parce qu'on a le parquet d'origine, on a cette voûte comme ça, un peu enduite, adémée, des étagères qui font un peu étagères vintage. et moi c'est ce que j'adore et justement ce qui se retrouve beaucoup dans mes projets et dans ma vision aussi de la construction et de la consommation d'avoir ce mélange ancien et récent parce qu'il faut aussi que on vive avec notre temps dans le sens où Je ne sais pas si on fait une cuisine, on n'a pas envie de vivre dans une cuisine qui n'est pas agréable. On veut que tout soit bien travaillé. Mais c'est toujours sympa de twister avec un petit élément qui va avoir une âme, une histoire. Et donc, on retrouve ce mélange à la boutique. Et d'ailleurs, j'ai quelques pièces de seconde main aussi, qui sont toutes sur une étagère maintenant derrière. C'est un peu l'étagère à pépites. Et il y a une petite étiquette dessus, iridescente, où c'est marqué pièce unique. Et du coup, c'est vraiment la sélection où tu vas avoir soit des beaux verres, soit le petit produit en céramique qui est hyper kitsch, atypique, mais sorti du contexte, dans un beau projet de rénovation contemporain, ça fonctionne complètement. Donc on trouve cette ambivalence un peu dans nos projets et dans la boutique.
- Speaker #0
Donc la boutique est vraiment née de... un peu à contresens, du contresens de l'habituel. C'est-à-dire que normalement, tu te dis, je vais ouvrir une boutique parce que je vais proposer des objets, etc. Toi, elle est venue dans l'autre sens. Et donc, en t'entendant parler, j'ai l'impression qu'elle a évolué. Donc dans le sens, au début, c'était un peu... pas un showroom, mais c'est avec quand même cette vocation-là potentielle. Et là, plus... boutique d'objets de déco et cadeaux.
- Speaker #1
Puisqu'au début, comme tu dis, j'ai fait dans l'autre sens.
- Speaker #0
Je ne sais pas s'il y a vraiment un sens. Je dis ça comme ça parce que ce n'est pas habituellement les trajectoires. Et c'est justement ça que je trouve hyper intéressant. Je ne pense pas qu'il y ait un sens pour une boutique. Il y a mille façons d'ouvrir des boutiques. Mais c'est ça qui est effectivement dans ton parcours-là et hyper intéressant.
- Speaker #1
Oui, mais c'est pour ça que ça a changé parce qu'effectivement, au début, c'était cette envie de prolonger l'expérience architecture dans la boutique et dans un lieu physique. Sauf qu'en fait, pour plein de raisons, je me suis rendue compte que ce n'était pas possible et que ce n'était pas viable sur le long terme. En tout cas, moi, avec les gammes de prix que je voulais proposer, le type de produit, les gens à qui j'ai envie de m'adresser. Je n'ai pas envie de garder trop de gain d'air, chaud rouille de designer avec des canapés à 15 000 euros. En fait, ce n'est pas moi. Moi, je ne consomme pas comme ça. Si mes clients veulent mettre ça dans un projet, c'est super. J'adore. Mais c'est vrai que du coup, j'essaye de ne pas trop dissocier. Pendant un moment, tu vois, par exemple, c'était un complexe un peu de moi ne pas avoir le rythme de vie que je pouvais avoir par rapport au client que je voulais toucher. Mais en fait, je me suis rendue compte que c'était plus que j'avais une façon raisonnée de consommer et que du coup, je veux promouvoir ça aussi dans la consommation de la boutique, mais aussi dans mes projets. où je n'ai aucun problème sur réutiliser. Dès qu'on peut, on réutilise des portes qui étaient sur place. Là, à Lyon, il y a une ressourcerie de matériaux qui s'appelle Mineka. Tu peux récupérer des parois de douche. En fait, moi, depuis de plus en plus, d'avoir une conscience écologique, de se dire, on le voit, nous, quand on fait de la démol, on démolit tellement de choses, on jette tellement de choses. Et puis, des matériaux qui ont une histoire, ça me fend le cœur. Tout ça pour dire que effectivement, le côté showroom, j'adore, mais c'est vrai que je trouve que ce n'est pas en cohérence en tout cas avec le discours que je voudrais porter.
- Speaker #0
Tu as un truc joyeux, comme tu disais, les cadeaux, les objets qui mettent quelque chose en plus dans la situation. Oui, et puis mine de rien,
- Speaker #1
un showroom où je choisis des canapés, des éléments en tout cas plus gros dans ma DA à Lyon, je ne suis pas sûre que j'ai vraiment la clientèle non plus, donc il y a une problématique économique. où ce n'est pas les mêmes risques d'investir dans un showroom où tu achètes du mobilier quand même assez onéreux, il faut acheter tout le stock. Et du coup, je préfère le faire sur des petits objets. Et puis surtout, ça m'a toujours attirée, ça a toujours fait partie de moi de vouloir aussi ouvrir une boutique, mais sans le savoir, c'est que tu sais, toutes les boutiques de musées, par exemple, où tu as plein de petites bricoles et tout, moi, j'adorais passer par, et encore maintenant, mais J'ai adoré passer par l'espace musée, enfin le shop du musée, pour découvrir tous ces produits. Et c'est vraiment ce que j'essaye de... On n'a pas que ça, mais tu vois, certaines pièces, c'est ça. C'est des petites pièces marrantes, mais toujours de bonne qualité, avec un beau packaging, une belle histoire de marque derrière. Ça aussi, c'est hyper important.
- Speaker #0
Donc,
- Speaker #1
on reste quand même dans des produits de qualité qui ont un certain prix. C'est sûr qu'on n'est pas dans les prix de Tiger, Emma, etc. à équivalence. Mais derrière, comme je disais, on vend une expérience et aussi l'histoire du pouvoir. produits.
- Speaker #0
Oui, dans ton sourcing, cette curation-là, ça te prend du temps et ça...
- Speaker #1
C'est du plaisir. C'est plus l'inverse. J'ai un énorme stock de curation qui est prêt, mais que je ne peux pas rentrer pour cause de trésorerie et de place.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Donc au contraire, je sais que si je veux rentrer des produits, j'en ai plein qui attendent. J'ai mon tableau qui est prêt. Mais toi, là, j'étais à Maison Web déjà il y a deux semaines. J'ai redécouvert quand même certaines marques. On a rentré de nouveaux produits, etc. Mais pour moi, cette phase-là, c'est vraiment un plaisir.
- Speaker #0
En général, les achats constituent son offre. C'est le meilleur moment. C'est un plaisir, mais pas à payer.
- Speaker #1
Oui, c'est un autre problème.
- Speaker #0
C'est un autre problème. Malheureusement, il faut les payer. Mais là, aujourd'hui, tu as combien de marques à peu près ? Dans la boutique, tu saurais dire ?
- Speaker #1
Franchement, plus d'une centaine.
- Speaker #0
Ok, parce que la boutique n'est pas grande. Tu me disais tout à l'heure, elle fait combien de mètres carrés ? Non,
- Speaker #1
ça fait 60 mètres carrés au rez-de-chaussée.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Mais en fait, donc là, la première boutique que je t'ai décrite, c'est devant. Et en fait, derrière, on a une suite.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Où du coup, c'est autour d'un escalier en collimation qui était existant et donc qui mène au bureau. Et du coup, là, j'ai fait des meubles sur mesure en plexi miroir et plexi bleu. Et du coup, ça suit la rondille de l'escalier. Ok. Et après, ça vient se coller contre les murs. En fait, c'est plus présentation derrière parce que c'est moins rayonnage. Donc, tu as plus des lampes, un peu de textile, des serviettes, etc. Là, on est plus sur l'entre-deux. On est un peu plus sur le côté showroom. Et puis, c'est beaucoup plus identitaire derrière. Donc, il y a ce bleu, les murs sont bleu clair avec des nuages. Il y a une vraie, vraie expérience. Et ce n'est pas du tout la même teinte. Tu vois, c'est plus froid aussi. Il y a des néons un peu... de partout. De toute façon, les gens, ils ne sont pas insensibles quand ils arrivent dans cette pièce. Il y a vraiment l'effet waouh. Et c'est là où tu as un peu la marque du studio de se dire, ah oui, ok, ils sont capables de faire ça. C'est cool.
- Speaker #0
Ok. Et donc, si on revient un peu sur le début, ça fait un peu plus de trois ans que tu as ouvert la boutique. Comment ça s'est passé ? Parce que tu n'étais pas du tout... Tu as découvert ce que c'est qu'ouvrir une boutique, etc. Est-ce que tu peux nous raconter un peu le passage entre le... Ouais, j'aimerais bien avoir ce lieu-là. Ce serait cohérent avec ce que je fais et j'ai cette envie depuis longtemps. Ah, ok, ça y est, c'est mon premier jour d'ouverture.
- Speaker #1
Ouais, du coup, vu que je cherchais des bureaux initialement, après, je sais pas. En fait, moi, c'est juste aussi, j'ai une personnalité, dès que j'ai une idée en tête aussi, je fonce. Donc, c'est fou parce que quand je repense, je me dis, c'est incroyable quand même d'être allée jusqu'au bout. Mais tu vois, je cherchais des bureaux, un peu du jour au lendemain, je me suis réveillée, j'ai dit... « Tiens, pourquoi il n'y aurait pas une boutique en plus ? » Mais en étant naïve, de vraiment avoir aucune idée de ce que ça voulait dire d'ouvrir une boutique. Mais du coup, j'ai commencé à chercher en me disant « Ok, qu'est-ce qu'il y a dans Lyon ? » Déjà, je ne savais pas trop dans quel quartier être, parce qu'il n'y a pas non plus un million de quartiers pour ouvrir, et puis encore moins avec une identité. Il y en a plusieurs, mais il y en a deux identifiables qui pourraient être assez similaires. En plus, ils sont dans un autre quartier. Donc voilà, il y a aussi ce choix. Mais tu vois, en termes de visite, j'ai visité 3-4 bureaux et après, j'ai visité 3 boutiques dans la rue. Je n'ai visité que dans cette rue, il me semble. C'est la rue Auguste Comte. C'est une rue très design, art de vivre justement à Lyon. Il y a beaucoup de showrooms de déco, de parquet, de peinture, papier peint.
- Speaker #0
Tu l'avais identifié dans tes recherches. C'était cette rue-là.
- Speaker #1
En tout cas, ce n'était pas une envie particulière. Mais quand j'ai commencé à chercher, l'agent qui m'accompagnait m'a parlé de cette rue en me disant « Là, il y a trois boutiques qui vont être exposées. » Et c'est vrai que dès que je disais aux gens « Rue Auguste Comte » , ils disaient « Ah bah oui, pour toi, c'est parfait. » Pour l'adresse aussi du bureau, de dire « Je suis à Rue Auguste Comte » , c'est hyper cohérent. Et ouais, j'ai visité trois locaux dans cette rue et j'ai fait une offre sur un des trois. J'ai rien visité d'autre. Et ça, c'est pareil. Avec le recul, je me dis, j'aurais tellement dû visiter peut-être ailleurs et tout, parce que je me pose quand même beaucoup des questions sur le quartier. Mais on est bien placé sur Lyon. Mais c'est que moi, je suis plus une meuf du premier. Je connais pas du tout Lyon.
- Speaker #0
Là, t'es dans le deuxième, c'est ça ?
- Speaker #1
Deuxième, ouais, c'est un peu plus résidentiel, un peu plus bourgeois. mais on est quand même sur une en termes de gamme on est hyper bien positionnés dans la rue c'est le niveau de gamme de la rue c'est hyper cohérent et puis ça réveille un peu la rue aussi mais c'est vrai que personnellement j'aurais été peut-être plus dans le premier après on est une adresse de destination et touristique et les touristes passent dans la rue et de destination tu as quand même du flux quand tu dis que tu te posais des questions c'est parce que peut-être
- Speaker #0
que ça aurait été mieux
- Speaker #1
Je me demande si je n'aurais pas plus de flux. Je vois des axes beaucoup plus passants, sans être dans des grands axes, tu vois, rue de la République, qui sont les axes de chêne. Mais on se pose toujours la question de se dire est-ce que notre rue, ce serait plus passant ? Est-ce que j'aurais plus de ventes, etc. ? On ne sait jamais.
- Speaker #0
On dirait peut-être d'avoir été un peu rapide sur les visites de boutiques. à refaire peut-être ton registre ?
- Speaker #1
Je ne voyais pas où est-ce que j'aurais pu être d'autre. Donc, j'ai senti que c'était le bon endroit. En plus, je cherchais un lieu avec une partie de bureau indépendante, entre guillemets. Donc, soit une arrière-boutique, mais où il y ait quand même de la lumière naturelle, parce qu'on ne voulait pas être en mode cave. Soit, du coup, un étage. Et tu voulais pouvoir recevoir tes clients.
- Speaker #0
C'était ça, à la base. C'est-à-dire, avant, dans le local d'Aran, tu ne te sentais pas forcément bien.
- Speaker #1
C'est ça. Moi aussi, je bosse là toute la journée. C'est mes bureaux, donc il va être bien. Il faut être confortable. Il y avait ça qui était top sur celui-ci. L'étage où tu rentres par la boutique, mais en même temps, c'est quand même séparé. J'ai visité des locaux où tu avais des grandes médianines, par exemple, dont tu pouvais fermer. Mais tu as ce truc de... Là, par exemple, typiquement, sur ma fenêtre, j'ai mis un miroir centain. Ils ne savent pas si je suis là. Parce qu'en fait, j'ai des gens qui te passent devant et puis des fois, ils voient que je suis au bureau, ils me disent « Ah, je viens » . Ben non, moi, c'est sur rendez-vous. si je suis au bureau je suis occupée c'est vrai que c'est compliqué il y a plein de choses à penser comme ça que tu n'envisages pas quand tu choisis c'est juste que maintenant quand on se pose la question est-ce que je serais mieux ailleurs etc des fois je me dis je n'ai peut-être pas assez visité dans le sens où il n'y aurait pas eu de regrets parce que peut-être que les prix ça ne l'aurait pas fait les superficies etc mais en même temps j'ai suivi mon intuition et ça m'a dit de prendre ce local ici et il correspond quand même enfin il coche beaucoup de casse sur ce que je cherchais. Mais ce qui a été long, c'est que j'ai mis un an à signer le bail. Pourquoi ? Entre la première visite, puis la contrevisite, puis la négociation. Parce que tu sais, du coup, tu achètes ton droit. Moi, j'ai un droit au bail. Donc, tu l'achètes aux personnes qui quittent. Mais en même temps, tu as le loyer qui est au propriétaire. Donc, c'est deux personnes différentes. Le loyer, ça faisait 20 ans qu'il n'avait pas changé parce que c'était le même Donc lui, il augmentait. En fait, il y avait plein de négociations. qui faisait que ça a pris presque un an, étonnamment. Et puis moi, pendant ce temps-là, je vivais ma vie à faire de l'archive. Je bossais, quoi. Mais c'est pour ça que c'est fou. Je me dis, je ne sais pas comment j'avais le temps et l'énergie de me dire « Bon, ok, je vais signer ce truc-là. » Et typiquement, c'était un peu hypothétique jusqu'au jour où j'ai eu les clés, où je me suis vraiment rendue compte de ce que j'étais en train de faire, où j'ai eu une énorme crise d'angoisse. toute seule devant la boutique le jour où j'ai commencé les travaux. Ouais, où j'ai pleuré. Vraiment, j'étais trop mal et j'étais là. Mais là, ça y est, je suis endettée du coup sur 200 000 euros. Donc,
- Speaker #0
c'était ton droit d'entrée ?
- Speaker #1
C'était 100 000, le droit d'entrée. Et après, j'ai le stock et les travaux. J'ai 200 000. De toute façon, c'était le maximum que je peux emprunter avec l'aide, tu sais, de la BPI. En fait, t'as une assurance emprunteur. qui fait qu'ils te donnent un accord du moment que tu payes l'assurance, un peu cher d'ailleurs. Mais après, sinon, ça passe en commission et tout. Donc, faites-moi… Non, mais déjà, typiquement, moi, je me dis, bon, ok, c'est-à-dire que c'est 200. Qu'est-ce que je rentre là-dedans ? Une fois que je peux laisser mon droit au bail, etc. Et typiquement, il y a plein de trucs en termes de travaux où, tu vois, je me suis acheté des toilettes super chères parce que c'est mon rêve, c'est les toilettes trônes, tu vois. Et avec le recul, je me dis, bon, peut-être qu'en fait, de cette réseau de quand même une... 3 000 euros, en fait, c'est ce que je fais maintenant, tu vois. Donc voilà, c'est pour ça qu'il n'y a rien de truc que tu ferais différemment.
- Speaker #0
Mais du coup, ce financement, tu l'as fait dans le laps de temps aussi où tu étais dans tes recherches ?
- Speaker #1
En fait, avant de faire l'offre, du coup, j'étais accompagnée par la CCI, donc la Chambre du Commerce, qui faisait un... Je ne sais même plus comment ça s'appelait, mais c'était un accompagnement d'entreprenariat où du coup, tu avais un mentor qui était chef d'entreprise à Lyon. et qui était bénévole et du coup qui t'accompagnait une fois par mois on avait un rendez-vous et donc moi c'était le créateur des boulangeries Jules à Lyon et donc c'était top parce que il avait aucune compétence sur mon métier je reprends ses mots mais c'était hyper intéressant d'avoir une vision extérieure il posait des questions il se pose plus toi Oui. c'est pour ça que pareil la rue Auguste Comte il disait bah ouais c'est top et puis tu vois j'ai fait tout mon BP mes provisionnels etc il les a tous relus il les a vérifiés et il m'a dit ouais c'est hyper cohérent pour aller voir la banque j'avais un dossier hyper complet et d'ailleurs quand je suis allée voir la banque la bancaire a été hyper impressionnée parce que j'avais fait une analyse de concurrence vraiment j'avais un truc très très complet en parlant que j'avais l'archive déjà que c'était la suite etc et après en termes de financement c'est que du coup Du coup, j'ai utilisé la trésorerie que j'avais en architecture pour l'apport sur le prêt. Parce que du coup, j'ai fait une holding. qui du coup est propriétaire de la boutique, de l'archi qui est notre société. Et donc, ça me permet de faire transiter les fonds. Et c'est pour ça que la boutique est quand même en backup un peu avec l'archi.
- Speaker #0
Oui, c'est ce qu'on disait tout à l'heure avant de commencer à enregistrer, que sur le sujet de la trésor et de cette double activité, l'une peut alimenter l'autre en fonction du contexte et des galères.
- Speaker #1
Même si là, le but... Tu vois, par exemple, on a passé les trois ans, j'ai vraiment vécu le palier des trois ans dont on parle. Le fameux palier des trois ans dans le commerce. En tout cas, pour moi, ça a été un vrai truc. Je ne sais pas si c'est lié au fait que tu aies plus d'expérience ou aussi il y a le palier des deux ans qui est horrible. Pour moi, ça a été le pire. Et finalement, après, ça remonte la pente. Donc, il y a un peu ce truc aussi.
- Speaker #0
Parce que quoi ? Parce que là, tu parles de chiffre d'affaires, d'activité ou de toi, de motivation ?
- Speaker #1
Le chiffre d'affaires, en plus, il est croissant depuis le début. Donc, tu vois, on ne peut pas se dire que ça ne marche pas parce que c'est en croissance. Mais c'est vraiment ce truc des achats aussi où j'ai quand même du mal à anticiper, tu vois, à me dire, OK, il ne faut pas acheter tant, autant en tout cas. Et parce que je suis encore trop sur l'émotion et l'intuition. Et je ne fais pas assez mes calculs de « Ok, il reste le temps. Maintenant, je peux acheter le temps le mois prochain. » Et ça, j'ai transité justement sur la troisième année à être beaucoup plus carrée sur « J'achète toutes les fins de mois. Du coup, j'ai le droit à tant de budget, etc. » Et du coup, il y a plein de choses que j'ai organisées parce que j'ai un peu perdu pied sur les deux ans et aussi parce que les deux sociétés sont liées consciemment. tu as des expériences qui se passent mal en archi, ça joue sur mon mental. Donc après, toi, tout est lié. Donc du coup, si tu ne fais pas en plus tes chiffres, tu as un peu tout qui se casse sur la flamme maintenant. Mais du coup, ça a été, comme toujours, dans le négatif, dans la période vraiment dure, j'ai été obligée de revoir mes process et de me dire « Ok, non, je ne veux pas revivre cet état dans lequel j'étais. » Ils ont beaucoup plu à être... cartésienne. Tu as identifié d'où ça venait.
- Speaker #0
C'était la gestion de tes achats. Du coup, la trésorerie. Oui,
- Speaker #1
c'est ça. Moi, le gros stress de la boutique, c'est la trésorerie. Mais je pense comme tout le monde.
- Speaker #0
Oui, parce que sans ça, il se passe rien.
- Speaker #1
Tout le reste, tenir la boutique, les livraisons, même les vols, on peut en parler aussi. C'est des trucs.
- Speaker #0
J'ai pas mal de publications là-dessus. Ça m'a rappelé des souvenirs.
- Speaker #1
C'est des trucs, pareil, une fois que tu as compris, tu te dis, bon, ça fait chier, mais on ne va pas le garder en boucle. Mais c'est vrai qu'il y a le trésor, en fait, quand tu n'as pas d'argent, tu n'as pas d'argent. Et tu dois de l'argent à tout le monde. Moi, j'ai une salariée sur la boutique qui est en 39 heures.
- Speaker #0
Depuis le début ou pas ?
- Speaker #1
Depuis le début, ce n'est pas elle, mais il y a toujours quelqu'un.
- Speaker #0
Tu te dis, de toute façon, j'ouvre une boutique, mais ce n'est pas moi qui vais la tenir. Moi, j'ai mon activité à la société.
- Speaker #1
Ça fait partie de l'orgas. Et c'est pour ça, tu vois, naïvement aussi, dans mon orga, j'étais en mode, moi, je ne l'y serai pas parce que j'aurai une 35 ou 39 heures, etc. Sauf qu'au début, il faut connaître le poste. Moi, je n'ai jamais entré dans le commerce. Donc, tu dois former quelqu'un. C'était une pure découverte. Tu n'avais jamais... Ah oui. Ok. Franchement, je n'ai même pas fait de taf étudiant dans le commerce. J'ai fait beaucoup de loté-sarrière, des trucs comme ça. Donc, plutôt quand même dans le rapport humain. Mais je n'ai jamais, tu vois, bossé. dans une boutique l'été ou des trucs comme ça. Donc vraiment, je partais de zéro. C'est là où je pensais à fou, tu vois, de me dire... Ouais,
- Speaker #0
en même temps, c'est ça. Parfois, t'as un truc qui t'est piqué par un truc et en fait, je sais pas, tu vas au bout comme ça, malgré les épreuves. C'est pas tellement ça.
- Speaker #1
Moi, j'ai pas que je suis en train de... Mais c'est pour ça qu'avec le recul, avec tous les moments un peu durs, forcément, je me disais, mais quelle idée ? Et en même temps, maintenant que ça va mieux, je me dis, mais je suis trop contente d'avoir un lieu qui accueille les gens, où les gens y rentrent et disent amistos. trop beau et tout. Tu vois, ça a vraiment de la joie aux gens. Et puis, ça fait parler aussi de Cré-Cré plus largement, tu vois. Il y a plein de gens qui ne savent pas qu'on a le calendrier d'archi ou l'inversement. Oui,
- Speaker #0
ils se nourrissent,
- Speaker #1
en fait,
- Speaker #0
à la fin.
- Speaker #1
C'est ça. C'est hyper satisfaisant aussi. Mais du coup, tu vois, pour dire que, sur le papier, j'avais imaginé que j'aurais une vendeuse, que ce ne serait pas moi, etc. Mais en fait, dans les faits, il y a plein de choses qu'il faut que je gère moi. Normal. Et même au début, quand j'avais... C'était plutôt des freelances, tu vois. Pareil, quand elles partent ou qu'elles vont faire autre chose, ou qu'en fait, probablement, t'as plus personne, là, t'es en lieu physique. Sur l'archer, ça n'a rien à voir. T'es pas là, bon, ça peut attendre. Tu vois, il y a une boutique, elle doit être ouverte. Ouais, ça,
- Speaker #0
du coup, tu l'as découvert...
- Speaker #1
Moi, le vrai contrainte, c'est ça. C'est vraiment, tu vois, le physique, ce qui est trop cool, parce que tu vois les gens et t'as un lieu physique. Oui,
- Speaker #0
je sais qu'il est complètement contradictoire.
- Speaker #1
La contrainte des horaires. Et c'est pour ça que je savais que je voulais quelqu'un, parce que c'est impossible. Au début, je m'étais dit, oui, il y a un jour, le lundi, je voulais ouvrir, par exemple. Et je me disais, ce sera moi, et puis je ferai l'archi en même temps. Impossible. Impossible, tu fais ni l'un ni l'autre. Et du coup, non, non, c'est pas possible.
- Speaker #0
Donc, il y a plein de choses sur le papier où je me disais trop bien, trop bien. J'avais tout prévu, tu vois. Mais ensuite, il y a les faits et la pratique qui n'ont rien à voir. C'est vraiment à qui tu travailles. En plus, ça change tout.
- Speaker #1
Oui, c'est clair. Donc, ce palier de deux ans où tu t'es identifié des choses qui coinçaient, des process, là, tu as retravaillé ça. Et là, les trois ans, tu as ressenti encore un truc.
- Speaker #0
Les trois ans, j'ai senti que ce que j'avais mis en place portait ses fruits.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
et que ça roulait, tu vois. Puis on se l'est dit, du coup, avec Alicia qui travaille avec moi, que vraiment, il y a eu un palier de, OK, maintenant, ça roule, elle, elle est autonome, moi aussi de mon côté, on continue de se parler, etc. Mais vraiment, de me dire, la boutique, elle roule un peu aussi sans moi. Et ça a été un peu au bout des trois ans. Et par exemple, moi, j'aimerais bien ouvrir, tu vois, à Paris, par exemple, dans le futur, je pense qu'on a beaucoup de ventes sur le site à Paris, j'aimerais bien...
- Speaker #1
C'est pour être un projet. T'as déjà fait au moins... pop-up ou corner.
- Speaker #0
Il faut que j'aille faire un pop-up. Non, voilà. Mais pareil, c'est dans le futur. Là, pareil, ça roule et tu te dis, bon, c'est quoi la suite ? Alors qu'en fait, il n'y a pas besoin d'avoir une suite. Je peux avoir juste une boutique et c'est très bien.
- Speaker #1
Oui, en fait, c'est ça. On a toujours ce truc-là. Alors qu'on a du mal à rester en place, à se dire, déjà, j'ai construit ça, j'en profite un peu, je le consolide.
- Speaker #0
Exactement. Donc là, j'essaie d'être sur ce palier-là. Mais c'est vrai que dans l'idée, j'ai toujours cette idée en tête, je ne sais pas si je le ferai. Mais je sais que je pourrais le faire parce que maintenant, j'ai un peu un dossier client en main, tu vois. Oui. D'avoir recruté une responsable de boutique. Je sais comment la DA de la boutique, celle-ci sera. Là, j'ai passé tout le week-end à changer une partie entière de mon rayonnage. Donc là, je suis trop contente. C'est hyper cohérent. C'est des trucs que j'avais pas eu le temps de faire. J'avais pas l'argent, etc. Et c'est trop satisfaisant. Les gens, je pense que ça les dérangeait pas comme c'était avant. Et moi, Beach Pass m'a dit ici. c'est important je le fais aussi à moitié pour moi et en tout cas pareil ça a identifié que maintenant ce format de meuble c'est bon, il nous faut plutôt tel type de présentoir, parce que tu sais quand t'es un concept store et une ultimarque, tu sais pas ce que tu vas vendre et tout c'est hyper compliqué j'ai mis 3 ans à me dire ok ces marques on les aura tout le temps ces produits on les aura tout le temps parce que ça marche c'est là où Maintenant, je sais quel type de présentoir il faut, à quelle hauteur, même si c'est des dimensions que je connais. Tu vois, dans mon métier, j'ai déjà fait des boutiques. Mais quand c'est tes produits, ça n'a rien à voir quand tu ne réfléchis pas là.
- Speaker #1
Du coup, c'est hyper intéressant parce que ça veut dire que toute cette expérience terrain hyper concrète, tu peux la mettre à profit pour des projets d'archi. Oui, c'est ça. Une vraie connaissance, quoi. Complètement, ouais. En faisant des typologies de produits et de tout un tas de trucs.
- Speaker #0
Oui, c'est pour ça. Et je peux dupliquer le projet aussi maintenant. Oui, tu as fait un peu la preuve du concept.
- Speaker #1
Là, aujourd'hui, comme ça, sur 120, ça marche. Après, tu ne sais jamais trop, dans le sens où, en fonction de l'implantation, il y a tout un tas de choses que tu peux analyser. Oui,
- Speaker #0
mais après Lyon, c'est un style compliqué. Donc, si tu marches à Lyon, tu peux marcher un peu par... C'est un peu ce qui se dit dans le retail, tu vois. Donc, à voir. Et puis après... Comme on disait, il y a ce truc de « Ok, ça marche, pourquoi j'irais développer ailleurs alors qu'en fait ça roule ? » Et qu'on a plein de choses à développer ici, tu vois. On voudrait faire plus d'événements. À un moment, on faisait des workshops aussi. Justement, l'étage, le week-end, il n'est pas utilisé, vu que c'est les bureaux. Parce que l'étage, du coup,
- Speaker #1
tu as la même surface qu'au rez-de-chaussée à peu près ?
- Speaker #0
Ouais, c'est pareil. Il y a la cuisine, puis un petit salon. Mais du coup, c'est ça, on a des beaux espaces de travail, tu vois, un peu îlots, où on faisait des créatrices qui venaient. On a fleuri la façade, par exemple, avec Nebia. Tu vois, elle a fait un workshop sur un jour. C'était génial, quoi. Avec des étudiantes, des clientes qui venaient apprendre à fleurir justement les commerces. Et c'était magnifique. Moi, j'ai toute ma façade fleurie. Donc ça, c'est trop cool. En fait, j'ai envie de retrouver aussi, de sortir du côté juste business et de se dire, OK, il faut être rentable, etc. Bien sûr, sinon, la boutique a plu, elle meurt. Mais une fois que c'est le cas, de se dire, OK, maintenant, je profite. Et tu vois, le lieu, il s'appelle la Maison Crécré. Il y a un truc quand même d'invitation, de faire vide, que les gens y sentent bien.
- Speaker #1
Tu as un événement bientôt ?
- Speaker #0
Ce jeudi, il y a le tapis rouge. C'est dans toute la rue. Historiquement, c'est qu'il y avait un grand tapis rouge. Et vu qu'avant, c'était beaucoup d'antiquaires.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Ils se faisaient un peu nocturne, tu vois. Et ils invitaient tous leurs clients, petits fours, etc. C'était il y a des années. Et là, les dernières années, ça... ça a perdu son intérêt. Et là, on est en train de le relancer un peu plus moderne. Et donc là, la rue, elle va être éclairée de rouge. On a tous des petites animations un peu dans nos commerces. Tu vois, nous, on fait un tirage au sort 100% gagnant. Donc voilà, c'est pour faire vivre en nocturne surtout. Tu vois, c'est ouvert jusqu'à 21h. Comme ça, les gens, ils se promènent. Ça fait vivre le quartier, ouais.
- Speaker #1
Là, en tout cas, tu sens que maintenant que tu as un peu cranté le truc de « Ok, j'ai amélioré mes process, ok, en termes de gestion, je suis mieux, j'ai envie d'autre chose. »
- Speaker #0
Il y a les deux trucs. Le salarié.
- Speaker #1
Ok. Donc vraiment tout le chiffre d'affaires que tu réunis sur la boutique est réintégré dans la boutique. Tes charges fixes, quoi.
- Speaker #0
Oui, c'est tout réinjecté. C'est ça, en salaire ou en charge. faire des améliorations. Jusqu'à présent, ça fait trois ans quand même que j'achète des trucs, j'achète des nouveaux présents à bijoux. En fait, j'ai toujours racheté des petits trucs et là, je trouve que j'arrive un peu au bout de me dire, ok, là, j'ai encore des idées, des choses que je veux modifier, mais voilà, après, ce sera un peu fini pour les trois prochaines années. Peut-être qu'après, je vais encore changer, mais bon, tu as une boutique quand elle commence à avoir 6-7 ans, tu peux la porter un nouveau souffle aussi. Je pense que de toute façon, il n'y a rien
- Speaker #1
D'autant plus que tu as les capacités, toi en plus, pour le faire.
- Speaker #0
C'est ça qui est plus frustrant à la fois. C'est pour ça que je dis que ce n'est pas signature à 100% de ce qu'on pourrait faire pour des clients autres. C'est beaucoup des bonnes idées, des trucs que j'ai faits moi. J'ai eu des artisans qui m'ont refait toute l'électricité, plomberie, les fenêtres et tout. Mais tout ce qui est menuiserie, à part vraiment ce qui est sur mesure, il y a beaucoup de choses que tu vois, peinture, menuiserie, que j'ai fait moi, où j'ai un peu transformé. des éléments Ikea, etc. Tu peux le faire dans un projet d'archi, mais c'est juste que c'est au client de le faire. Donc, ça dépend de son niveau de capacité. Donc, c'est juste ça. Mais oui, tu vois, ma cuisine, j'ai des questions Ikea, mais après, j'ai un super beau plan de travail en crayon qui est quand même un plan haut de gamme. C'est rose, on dirait un peu comme un gros bonbon, tu vois. Ça, c'était pareil, mon rêve d'avoir ça. Mais après, c'est des questions Ikea avec un beau rideau devant. Enfin, tu vois, elle est petite, c'est une petite cuisine. Donc, pas la peine. de faire un truc trop haut de gamme. Même si c'est vrai que quand je vois d'autres showrooms d'archi, je me dis « Ah, c'est trop beau, j'aimerais monter en gamme. » Mais toi, à quoi bon ? Parce qu'il n'y a que moi qui la vois, cette cuisine. Il faut aussi être raisonnable sur là où tu dois investir.
- Speaker #1
Oui, mais ce n'est pas toujours évident, effectivement. Surtout quand tu passes ton temps dans un endroit, tu peux avoir envie de…
- Speaker #0
Quand tu passes ton temps et que ton métier, c'est l'archi, enfin, archi décoration… tu te dis mais je ne peux pas me permettre de mal représenter ce que je sais faire. Mais bon, c'est parce que moi aussi je suis très perfectionniste et que j'ai aussi plein d'idées à la minute, donc je vois tout, puis j'y passe ma vie, donc je vois tous les détails problématiques, mais tous les gens qui viennent me disent « ah c'est trop beau » et moi à chaque fois je suis là « ah c'est à toi » .
- Speaker #1
Toi tu vois ce qui manque alors qu'eux ils ne le voient pas du tout.
- Speaker #0
Mais là j'ai fait des modifications dans le bureau aussi et je suis contente, là ça ressemble enfin à un endroit où je suis fière de le présenter.
- Speaker #1
ça fait du bien aussi quand tout s'aligne en même temps c'est là où je trouve que ça s'est pérennisé tout ce que t'attends tout ce truc de se dire c'était presque de la folie de se lancer quand tu refais un peu l'histoire comme ça et que tu vois tous les moments durs à la fin quand t'arrives à cette stabilisation c'est un peu pérenne etc Tu te dis, finalement, ça a valé le coup. Et c'est OK. Parfois, quand tu es dans le dur et que tu n'as pas encore réussi à stabiliser, il faut s'accrocher. Et puis,
- Speaker #0
je te dis, c'est pérenne. Mais ce ne sont pas les chiffres. Tu ne sais jamais ce qui va passer. C'est hyper fragile. Moi, je ne me rémunère pas comme je voudrais, etc. Donc, il y a encore plein de choses qui sont à faire évoluer. Mais il est aussi bien de mettre le doigt sur ce qui est positif et justement ce qui marche. Et tu peux réaliser sur le reste après. Mais c'est vrai que oui, dans les moments très durs, c'était aussi de se dire, tu te donnes corps et âme. Par exemple, tu ne te payes pas bien. Ça, c'est dur. Pendant longtemps, ce n'était pas grave pour moi parce que c'était de toute façon ma passion et je ne me voyais pas faire autre chose. C'est juste qu'à un moment, j'ai eu une réalisation de me dire, d'accord, ça peut être ta passion et c'est super que ton métier soit ta passion. Mais ce n'est pas une raison pour être exploitée. Et donc, en fait, je n'avais pas de valeur, je n'apportais pas de valeur à ce que je faisais. parce que je n'avais pas la rémunération associée. Donc ça, c'est hyper important de bien se rémunérer. Le bien, il est nuançable pour tout le monde. Mais en tout cas, si on peut, tu vois, de se dire, OK, il faut déjà le prévoir dans ses charges, etc. Dans les prévisionnels. Parce que moi, je vois beaucoup de boutiques qui ferment parce que, tu sais, ou des sociétés d'ailleurs, ils ont eu le chômage pendant longtemps, donc ils n'ont pas eu besoin de se rémunérer. Et en fait, au moment où ils doivent se rémunérer, Bye ! C'était prévu, mais pas correctement apparemment, parce que c'est complètement charge d'un coup. Et il vaut mieux continuer, même dès le début, se rémunérer, entre guillemets, mettre une enveloppe équivalente à la rémunération. et la mettre de côté. Et de se dire, OK, comme ça, je ne vois pas la différence.
- Speaker #1
On va pas se dire que le projet de base, c'est ça en fait. Ça ne fonctionnera que si à la fin, tu peux te sortir ce salaire. Si tu sais que pendant trois ans, tu peux ne pas le faire, ça va bien mieux. Mais en fait, si jamais tu ne le mets pas dans l'équation, tu fais l'autruche. Il y a un moment, ça revient.
- Speaker #0
Et puis même mentalement, parce que je pense que c'est dur pour tout le temps. toutes personnes, à part les groupes qui ouvrent des boutiques. Je pense à Sarah Lavoine, par exemple. Pour moi, c'est des chaînes, donc ça n'a rien à voir en termes d'investissement et de risque. Mais tous les indépendants qui ouvrent une boutique, pour tout le monde, ce sera difficile. C'est toujours dur. Et en fait, si tu n'as pas projeté cette enveloppe rémunération, il y a forcément un moment où le fait que ce soit dur, plus mal payé, tu... Tu pètes un câble. Bah ouais, tu lâches. Et donc, si la santé, elle ne suit pas, du coup, la boîte, elle ne suit pas. Et en fait, tout s'effondre parce que tu n'as plus les épaules de dire « Ok, je dois payer mes fournisseurs, je dois payer mes collaborateurs, je dois payer tout le monde et puis moi, je passe en dernier, etc. » En fait, tu n'as plus l'énergie pour justement te mettre dans... Donc moi, ça a été ça, un peu le déclic. C'est de me dire « Ok, pendant 5 ans, j'ai fait passer tout le monde avant moi et après, j'ai eu la vie faite. » des hauts et des bas dans mes sociétés. Et en fait, il y a eu des déclics de me dire, non, mais moi, je me donne pour mes sociétés, mais c'est normal, c'est les miennes. Mais aussi pour les gens qui y travaillent et je n'ai pas le même retour. Mais c'est normal, tu vois, tu ne peux pas attendre le même retour de gens qui sont juste dans une société qui n'est pas la leur.
- Speaker #1
Parfois, c'est compliqué aussi à processer, à accepter, mais c'est naturel.
- Speaker #0
Il faut se le dire soi-même. Il faut se dire, OK, c'est à moi d'apporter cette valeur à mon travail, à ce que j'ai apporté, au fait que j'ai créé tout ça, etc. Et je pense que ça, on passe à côté. Et c'est hyper important de se le dire. Donc, franchement, sinon, il y a un moment où burn-out complet. Oui,
- Speaker #1
complètement. Tu te dis, à quoi bon faire tout ça ? Je suis en train de m'épuiser. Oui, c'est ça. Et pour rien, quoi. Et tu vois plus, du coup. Oui, clairement, pour rien. tu vois plus du tout l'intérêt. Et c'est pour ça que je trouve ça intéressant aussi parfois quand tu ouvres une boutique, de vraiment savoir pourquoi tu le fais. Parce que dans les moments où c'est très dur, ça permet aussi de te reposer et de rationaliser, de te dire, attends, ça, je l'ai fait, ce projet, pour ces raisons-là. Est-ce que c'est toujours de la actualité ou pas ? Est-ce que je suis prête encore à sacrifier pour cet objectif-là ou pas ? Mais ouais, enfin...
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
Je suis tellement d'accord avec toi sur le fait de... Il faut prévoir sa rémunération, et je le vois. tellement trop souvent en accompagnement. Les gens ne le prévoient pas parce que c'est le truc qui gêne. C'est le truc facile. Je verrai ça plus tard. C'est que moi.
- Speaker #0
C'est l'erreur de se dire, vu que c'est mon projet, ce n'est pas grave. Je ne me paye pas ou je me paye mal parce que c'est mon projet, passion et tout. Non, parce qu'il y a tout le temps... Déjà, ça ne permet pas de dissocier le pro et le perso parce qu'il faut quand même vivre dans le perso. On a un loyer, on a des objectifs, etc. Il ne faut pas avoir que des objectifs. professionnelle. Et puis surtout, vraiment, ça ronge le... En tout cas, moi, ça me l'a fait. Peut-être que ça fera écho à d'autres personnes, mais moi, ça m'a rongée vraiment de l'intérieur et sans savoir que ça venait de là au moment où j'ai craqué, tu vois. Où j'étais vraiment... Ça a été une accumulation de plein de choses, mais le vrai sujet, c'était ça. C'est de se dire, mais en fait, pourquoi je fais ça alors que je peux même pas derrière me payer pour... aller boire un café, partir en vacances si j'ai envie. Parce que de base, c'est quand même aussi le principe, entre guillemets, tu sais, on dit, t'es à ton compte et tout, tu peux faire ce que tu veux. On sait maintenant que c'est pas vrai, que c'est tout l'inverse. Sauf que moi, typiquement, je veux retrouver ça, tu vois. Je veux me dire, OK, je suis à mon compte. Si je veux ne pas travailler un jour, si j'ai pas de contraintes professionnelles, je n'irai pas travailler un jour. Et pour moi, c'est la moindre des choses, tu vois. Et en fait, j'ai aucun problème à l'expliquer aux gens avec qui je travaille. parce que je sais que derrière, je me tue à plein d'autres sujets. Et que des fois, je me bosse le week-end. En archi, non, mais sur la boutique, je vais monter des meubles, des trucs et tout. Je ne peux pas le faire quand c'est ouvert. Donc, je vais le faire sur un week-end. Donc, il y a plein de trucs. En fait, c'est ça. C'est de, comme tu disais, de se poser la question de pourquoi on le fait et d'être alignée, en fait, avec ce pourquoi.
- Speaker #1
Mais après, il peut changer,
- Speaker #0
d'ailleurs, en cours de route. Il peut changer et puis ce ne sera peut-être pas le même pour tout le monde. Mais c'est hyper important de se poser la question et de se dire pourquoi je fais ça. Parce que même fermer une boutique, moi j'ai forcément pensé. Et je me disais, est-ce que ça me ferait... À part l'argent, par exemple, parce que du moment que ça ne me met pas dans la merde et que c'est juste que j'ai perdu beaucoup d'argent, c'est pareil. Il vaut mieux être en bonne santé qu'avoir de l'argent. Donc, je me demandais qu'est-ce qui se passe au pire du pire, etc. Sauf qu'en fait, je me suis rendue compte que ce n'était même pas le fait d'avoir la boutique qui me gênait. C'était juste ce problème de rémunération et de me dire... Je bosse de fou, mais derrière, je suis contrainte. Et le lieu, au contraire, j'en suis trop fière, trop contente. Les gens sont trop contents aussi. On a des très bons retours. Je me disais que c'est trop dommage. Ce n'est pas le but d'arrêter ça. Mais il a fallu faire une pause et se dire pourquoi je le fais, qu'est-ce que j'aime faire et qu'est-ce que je n'aime pas faire, qu'est-ce qui peut être changé, etc. C'est vrai que ça intervient quand on est un peu au plus bas et qu'on a plus le champ.
- Speaker #1
C'est ça le problème, c'est qu'en fait, il faudrait presque faire ce truc-là une fois limite par semestre, par an. Tu vois, se reposer quand tu vas bien déjà, quand tu as l'esprit un peu clair. Quand tu ne vas pas bien, c'est déjà trop tard presque. C'est toujours mieux.
- Speaker #0
Si tu vas vraiment mal, moi j'ai des vrais burn-out et des pressions. Et en fait, tu ne peux pas. Ton cerveau, juste un moment, il arrête de fonctionner. Et du coup, tu sais, et moi, c'est là où je me suis rendu compte que justement, quand je dis si je ne veux pas bosser une journée, c'est quand je ne le sens pas, par exemple. Parce que je me suis rendu compte que le moment où tu ne peux vraiment plus, tu ne peux plus. Et dans ces cas-là, tu dis stop à tout le monde. Et en fait, le monde, il continue de tourner. Les projets, ils ne s'effondrent pas. La boutique non plus, etc. Donc, en fait, ne pas attendre que tu n'aies plus le choix de dire non par obligation. plutôt justement d'être capable de le dire avant, de dire là mes limites elles sont là, là je peux pas, là je suis trop fatiguée, etc. Savoir se protéger. C'est ça, vraiment.
- Speaker #1
Parfois on est notre pire ennemi dans ces cas-là.
- Speaker #0
Ah non mais c'est sûr, c'est pour ça que vraiment c'est un conseil que je donne dès que je peux maintenant, et parce qu'on parle de plus en plus aussi de santé mentale, mais peut-être encore pas assez, factuellement on n'en parle pas en mode il faut en avoir conscience, mais c'est trop global, c'est que dans les faits, Je vous... comprendre les signaux, il faut comprendre ce que ça représente quand tu tiens une société, que si toi tu vas pas bien, ta société elle ira pas bien et que si t'es tout seul même si t'es salarié et tout, ça reste ton ton boulot, enfin ta boîte t'as un pot délégué sur d'autres personnes, à la fin c'est que toi quand il faut déposer le bilan, c'est que toi donc eux ils ont un chômage technique, enfin voilà donc ça il faut en avoir grave conscience et il faut se remettre en priorité aussi je pense, ça veut pas dire Se mettre en prétexte, ça ne veut pas dire écraser les gens qui sont autour de nous, mais ça veut dire qu'on a une valeur qui est hyper importante. Je pense qu'on s'oublie trop, entrepreneurs en général, entrepreneuses aussi, parce qu'on est habitués à faire de bagues en tant que femmes, à vouloir que tout soit bien, etc. Et puis surtout, à beaucoup travailler. Je pense qu'on a le cerveau qui ne s'arrête pas.
- Speaker #1
On est des bonnes élèves.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. donc non non en vrai de dire bah non mais là c'est moi d'abord tu sais ça fait un peu ah ouais d'accord sauf qu'en fait il y a plein de mecs qui font ça d'autant plus que moi ce que je trouve important c'est tu l'as dit et je le pense 100%
- Speaker #1
c'est que la boîte en fait si toi tu vas pas bien la boîte peut pas bien tourner donc de toute façon c'est aussi juste 100% de la survie économique de ton entreprise c'est pour pas que tous les sacrifices que t'as fait avant soient pour rien c'est vrai que c'est pas
- Speaker #0
c'est facile de le dire et de... Mais oui, après quand tu ne vas pas bien,
- Speaker #1
c'est sûr que...
- Speaker #0
C'est pour ça. C'est que moi je donne cet exemple de se dire, quand en fait tu n'as pas d'emploi, où tout s'arrête, tu n'as plus le choix. Donc autant le faire avant. Et puis surtout de se refocaliser, de se dire que ce n'est pas problématique de se dire qu'on a de la valeur au même titre que les employés qu'on a choisis ont de la valeur. L'un n'empêche... En fait la valeur de l'un n'empêche pas la valeur de l'autre.
- Speaker #1
Ce n'est pas des vases communicants, si tu en enlèves un pour l'un, ça remonte pour l'autre.
- Speaker #0
C'est ça. Et je pense que c'est ça qu'on a tendance à oublier. En tout cas, moi, je l'ai fait pendant des années, de vraiment être là. Je disais non, mais moi, je paye des gens, surtout sur l'archi, je paye en CDI. C'est le plus important parce que je veux créer des équipes, je veux créer des gens qui restent, qui grossissent avec le projet et tout. Puis en fait, tu te rends compte que quand ça ne va pas, en un claquement de doigts, il n'y a plus rien. Donc, tu as déjà eu des équipes en CDI ?
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #0
depuis le début, j'en avais en archi. Et là, pour le coup, je suis revenue toute seule et je suis trop bien, tu vois. C'est aussi ça, le fait d'être revenue seule, ça m'a remis la tête sur tout. Je n'avais plus le foie. Et en fait, j'ai fait le tri de plein de sujets, de plein de trucs que je faisais qui ne servaient à rien, qu'on faisait pour faire. Et pareil en boutique. Et en fait, je pense que c'est aussi ma force sur l'archi et la boutique, c'est que moi, je n'ai pas de modèle. Donc en fait, ça a été dur parce que j'ai fait en me tapant les dents. Mais je suis aussi à ma sauce et en communiquant énormément aussi. Tu vois, je communique beaucoup avec mes équipes. Alors, dire, ouais, là, honnêtement, ça, moi, je ne sais pas faire. Est-ce qu'on fait comme ci ? Est-ce qu'on fait comme ça ? Qu'est-ce qu'on met en place ? Mais ça ne marche pas avec tout le monde parce qu'il y en a qui ont besoin de limites, qui ont besoin de cadres. Et en fait, c'était trop, entre guillemets, permissif, tu vois, à trop vouloir impliquer les gens dans un projet collaborateur. ça ne marche pas avec tout le monde. Encore une fois, tu restes aussi la décisionnaire et la patronne à la fin. S'il y a des... Si ça se casse la gueule, c'est pour toi. C'est vrai,
- Speaker #1
c'est pas toujours évident aussi, le management d'équipe, réussir à...
- Speaker #0
C'est trop dur, le management.
- Speaker #1
Et puis des fois, tu trouves les bonnes personnes, mais ils peuvent pas rester parce qu'ils ont d'autres projets.
- Speaker #0
Et même avec des bonnes personnes, c'est super dur. Parce que moi, j'ai eu tellement de gens, parce que j'ai eu beaucoup de stagiaires aussi. Donc j'ai eu beaucoup de profils différents, donc je suis capable de voir... un peu ce qui se représente tout le temps, de dire, bon, peut-être que là, ça vient de moi, ou de l'entreprise, ou du cadre. Et après, il y a d'autres choses qui sont nouvelles à chaque fois. Je me dis, mais c'est ouf, quoi. Ça, j'aurais jamais pu l'identifier ou l'imaginer, parce que vraiment, ça ne m'est jamais arrivé avant. Et à chaque fois, attention, quelque chose de nouveau arrive, c'est là où tu apprends. Mais c'est vrai que c'est dur.
- Speaker #1
Oui, d'autant plus quand tu as une boutique et que tes salariés, c'est aussi la représentation de... C'est eux qui m'ont créé l'expérience dont tu parlais. Et il faudrait s'insuffler ça aux personnes. Là,
- Speaker #0
c'est vrai que quand je dis que ça va bien maintenant, la boutique, et que ça roule et tout, c'est quand même énormément grâce à Alicia, toi qui travailles avec moi, où elle tient la boutique, les gens la connaissent maintenant, elle est identifiée comme la responsable de la boutique. Et en fait, maintenant, moi, j'ai 100% confiance en elle. Je sais que ce qu'elle fait, elle le fait à fond. que pour autant, c'est son taf, tu vois, qu'on a une vraie limite professionnelle, personnelle. Et en fait, ça, on en parle. Donc, tu vois, ça change tout. Parce qu'il n'y a pas de non-dit sur... Oui, mais en fait, on est patronne. Enfin, patronne, ça a l'air bien, mais en même temps, on s'entend bien. En fait, non, c'est hyper clair, notre relation et nos rapports. Et en fait, ça change tout. Et du coup, c'est vrai que moi, on en a parlé il n'y a pas longtemps, parce qu'on a eu notre point. Ça m'a apporté tellement de calme, justement, de savoir qu'en fait, la boutique, elle tournait. Et qu'elle, elle était aussi contente d'être là, tu vois, et de me dire, OK, moi, je peux me focaliser sur deux choses. Parce que moi, en tant que gérante et créatrice, je suis là justement pour le développement de boîtes, le développement d'images, etc. Ça devrait être ça, tu vois. Les priorités, c'est pas...
- Speaker #1
Oui, le personnel doit mettre en rayon ça. Oui, enfin, ce genre de choses.
- Speaker #0
Voilà. Ou s'il y a un mail ou quelqu'un râle et tout, en fait, maintenant, ça passe pas par moi, quoi. Donc ça, c'est des vrais soutiens. Et pour le coup, quand ça se passe bien, c'est trop cool.
- Speaker #1
c'est ça c'est précieux ça détermine tellement de choses mais je voulais revenir aussi sur le fait que t'es cette double casquette où à la fois comme tu dis t'as la partie archi et donc t'as la partie aussi gestion, développement management de la boutique avec aussi la communication t'as plusieurs comptes, t'as la maison Cré-Cré la partie studio archi et en plus t'en as trois parce que t'as aussi ton perso Oui,
- Speaker #0
j'ai de l'an aussi.
- Speaker #1
comment tu fais pour gérer je sais pas comment tu fais pour gérer ta vie et comment tu fais pour fragmenter les différentes choses et en fait je suis,
- Speaker #0
c'est ça en fait les gens à chaque fois ils me posent tout le temps cette question là mais parce que déjà je suis très organisée donc j'ai vraiment le process de tout, donc ça permet de de découper déjà ce qui se passe en archi en boutique et moi, ma vie, et j'ai enlevé pas mal de choses qui servent à rien entre guillemets tu vois, par exemple en archi je sais que j'ai beaucoup, quand tu vois un peu comment on travaille les confrères, les consœurs, il y a plein de documents, de rendez-vous qui ne sont pas nécessaires en fait et qui parasitent le projet, qui prennent du temps, qui prennent de l'énergie. Et en fait, moi, j'ai fait pas mal de choses mais parce que aussi, je suis très analyste et tu vois, j'ai une réflexion en arborescence ce qui fait qu'aussi, j'ai une idée qui m'en amène 100 et donc en fait, j'ai des logiques qui m'apparaissent très facilement.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Donc, j'arrive à... à organiser tout ça un peu intuitivement et après sur la com typiquement c'est ça aussi qui est cool c'est que maintenant ça roule on a un peu des sujets types dès qu'on a des nouveaux produits qu'on commande en fait j'ai des automatisations où ça crée du coup une page enfin une page de communication à faire du coup moi je travaille tout sur Notion toutes mes ma vie perso aussi et donc tout est lit donc voilà ce que je te disais c'est que Quand on commande une marque, je le tag, et j'ai une automatisation qui va dans le tableau de contenu en disant faire le contenu de ce truc. Donc en fait, il y a plein de trucs comme ça qui ont été mis en place. Et puis là, en plus, récemment, tu vois, avec l'IA qui est sur tous les logiciels et tout, c'est pour ça que je te dis, à chaque fois, je redéveloppe un nouveau truc et tout, tu crois que c'est fini, puis ça va encore plus loin. Mais donc la com, elle s'est un peu automatisée. L'archi, c'est pareil, c'est dès que j'ai un nouveau projet, je drop tout. Et puis après, c'est en autopublish. Donc c'est une demi-journée de travail, mais après, c'est... ça vit ça vit, tu vois, juste je vais voir pour répondre aux comms, etc. Et après moi mon compte c'est un peu le behind the scene derrière Crécret, tu vois, c'est qu'est-ce qui se passe justement dans ma tête pour que derrière ça se matérialise en archi, en boutique, en création de contenu, en communication, etc. mais en vrai je poste pas tant que ça et quand je poste je me prends zéro la tête c'est vraiment j'ai envie de filmer je fais le montage limite tout de suite parce que sinon j'oublie ou que je suis perdue dans mes rushs et tout et puis je le poste et puis ciao quoi j'ai pas de stratégie de contenu si je fais des collabs parce qu'on m'a proposé ou tu vois on m'offre des trucs et tout et j'ai envie d'en parler mais j'ai pas à un moment je m'étais dit justement de développer un peu la partie influence, création de contenu et tout mais c'est encore un autre pan Et en plus, pareil, je ne suis pas très alignée avec la surconsommation de toujours montrer ce truc à acheter. Je ne montre que des trucs qui me plaisent. De toute façon, je n'ai aucune obligation, c'est que du gift. Je suis ressortie un peu de ce truc aussi. Peut-être un sandwich publicitaire. En plus, j'ai la boutique, donc c'est un peu bizarre. Pour le coup, maintenant, les contenus que je fais, c'est en lien. Souvent, on m'offre des produits qu'on vend à la boutique. on m'en offre un en plus pour que je puisse communiquer dessus et on est encore une fois dans ce cercle vertueux tu vois trois comptes où le produit je peux l'avoir chez moi je vais en reparler plus en off puis après en boutique c'est plus officiel donc c'est
- Speaker #1
plus cette logique là ouais mais ce qui en fait effectivement ce qui est bien c'est que t'as réussi à créer comme un outil qui permet de vider aussi ce qui se passe dans ta tête pour après réorganiser parce que Il y a des points entre chaque truc. Franchement, sinon, je ne sais pas comment c'est étonnant.
- Speaker #0
Ah non, mais moi, par contre, conseil numéro 2, je note tout, Et il faut que ce soit noté tout au même endroit.
- Speaker #1
C'est ça qui est plus enthousiaste quand tu as une feuille libre d'un côté, un Excel de l'autre, un mail.
- Speaker #0
Non, non, moi, j'ai tout sur Notion. Il faut trouver son outil aussi.
- Speaker #1
Ce n'est pas toujours évident. C'est ça. C'est Notion, moi, je trouve ça vraiment fascinant. Mais je suis paumée, quoi.
- Speaker #0
En fait, ça fait 5 ans que je suis dessus. Là, ça fait 5 ans que j'ai... Après, il y a eu la boutique, donc ça a ramené d'autres process et tout. S'il n'y avait pas eu la boutique, il était un peu clair sur l'archive. Puis maintenant, il y a des logiciels qui existent qui font un peu la même chose que pour l'archive. Il y a tout, donc c'est top. Mais c'est en mouvement tout le temps. Dès que j'ai une nouvelle stagiaire, des fois, elle me posait des questions, je suis là, ah oui, mais ça, en fait, ça devrait être dans le Notion. Bon, là, on est un peu pareil. C'est aussi ça, tu vois, quand je te dis palier, c'est que là, même sur la gestion, je sens que je suis arrivée à un palier de tout est au même endroit, je peux déverser mes idées et ça n'empêche pas que toi qui es à côté de mon bureau j'ai des notes papier parce que sur la journée dès que je pense à un truc je vais le noter et que des fois ouvrir notion mettre le tout doux et tout c'est chiant et en fait ça sert à rien si c'est un truc rapide à faire je le note et je le fais dans la journée non non par contre je note tout et même dès que je pense que c'est aussi sur mon tel dès que je pense à un truc tu vois et que c'est hors horaire de travail je le note Merci. et après en fait c'est fou parce que dès que c'est noté je le sors de ma tête et c'est aussi comme ça que je n'oublie rien je le note avec une date donc en plus après j'ai une vision calendrier ce qui fait que je sais pas j'arrive lundi je vois un peu ce que j'ai à faire dans la semaine et je me dis pour la boutique c'est plus logique de le faire à telle date et en fait du coup j'ai cette vision vraiment globale qui fait que tout arrive à s'imbriquer quand même tu vois alors que pour le coup maintenant en plus je suis de nouveau toute seule en archi et juste j'ai moins de projets ça me permet de prendre vraiment que ce que je veux et c'est top quoi Merci.
- Speaker #1
Oui, parce que du coup, tu as aussi ce taf d'aller chercher des projets slash des clients pour la boutique. Parce qu'il y a aussi ça, rendre la boutique visible, créer du flux, du trafic. Ça, tu fais quoi ? Vous avez un newsletter ?
- Speaker #0
C'est pour ça que la boutique, je pense qu'on pourrait aller encore plus loin. Parce que nous, on est très réseau. On est Instagram, on publie presque tous les jours. On a une newsletter.
- Speaker #1
C'est toi qui le fais du coup ?
- Speaker #0
Moi, je fais le tableau de contenu. Je revois entre ce qu'on a commandé. Donc, il va déjà être dans le tableau. quand même remettre parce que tu vois quand je fais des commandes de 7 trucs en même temps c'est sur la même date donc il faut être un peu tu sais à quelle date et tout et après les idées qu'on peut avoir donc là je fais mon planning et après c'est Anissière du coup qui fait le contenu sur les périodes creuses en fait tu vois il y a plein de moments dans la boutique où il n'y a rien à faire elle elle fait ça donc ça c'est top parce que maintenant elle sait exactement en fait c'est tout maintenant on a des templates tu vois c'est tout le temps pareil les gens on se prend pas trop la tête de toute façon c'est pas le but de faire simple les gens ils visent pas forcément Donc ça, ça roule. Et du coup, c'est top. Et sur l'archive, maintenant, j'ai une assistante commerciale aussi qui fait la prospection. Dès que j'ai un prospect entrant, parce que moi, je ne prospecte pas à froid, j'ai que des prospects entrants. Et donc, j'ai des process qui font que je fais forcément une mission de diagnostic qui est rémunérée. Donc, elle, elle explique toute cette phase-là avant que ça arrive jusqu'à moi. Donc, en fait, je fais des tampons un peu comme ça pour que... En fait, les infos qui m'arrivent sont un peu des infos importantes, les vrais échanges clients qui sont nécessaires. Et c'est là où ça marche en tout cas plutôt bien. Je suis contente de l'organisation qui se met en place. C'est assez satisfaisant.
- Speaker #1
Oui, en fait, c'est hyper agréable aussi de se voir évoluer, de voir les choses prendre forme.
- Speaker #0
Surtout quand on a trouvé un peu le secret, entre guillemets. On se dit... Mais trop bien. Là, typiquement, sur Notion, des fois, je fusionne. J'avais deux tableaux. Puis je me dis, mais en fait, ça devrait être dans le même. Donc, j'y passe une après-midi entière ou des soirées, des fois, où je ne devais pas taffer. Je suis sur mon ordi, dans le canapé, mais je me mets un tunnel parce que j'ai un dé.
- Speaker #1
T'as senti le truc et c'est maintenant.
- Speaker #0
Quand ça se finit, je suis là, ouah, mais la satisfaction. Parce qu'en fait, ça fait trop du bien parce que déjà, tu finis un truc. Tu vois, en archi, nous, on finit jamais parce qu'on a plein de projets imbriqués. Et quand il y en a un qui est fini, il y en a un autre. et puis Quand c'est fini, ça a duré un an. Tu es un peu en mode, cool, c'est fini. Mais du coup, il y a ce truc de tu cours toujours après un tout doux. Ton tout doux n'est jamais fini. C'est le petit truc du quotidien où tu t'es mis dans une tâche, tu l'as fini et ça va vraiment t'aider pour la suite. Moi, en tout cas, c'est ma plus grosse satisfaction.
- Speaker #1
C'est vrai, tu as raison. Je pense que ça s'applique à l'entrepreneuriat en général. Tu n'as jamais l'impression D'avoir fini, on en revient à ce qu'on disait tout à l'heure, ce truc de, ok, bon, là, c'est cool, on est là, c'est bien, c'est quoi la next step ? Bon, c'est facile de faire ça.
- Speaker #0
Ça,
- Speaker #1
c'est dangereux et fatigant parfois.
- Speaker #0
En fait, en vision large, oui. En mode, est-ce qu'à un moment, tu te poses et tu te dis, bon, ok, je me tourne les pouces, entre guillemets, parce que tout roule sans moi. Mais il y a même en vision journalière, c'est que moi, je l'ai vécu, et je sais qu'il y en a beaucoup qui le vivent. t'as vraiment cette tout doux au quotidien t'as toujours les trucs à faire et en fait ton tout doux il s'arrête jamais mais parce que c'est le principe s'il s'arrête c'est que t'as pas de projet donc c'est problématique mais moi pendant longtemps j'étais en fait tu sais j'avais des trucs à faire et j'étais là tu allaites en fait t'es en mode à bout de souffle j'ai ce truc j'ai ce truc j'ai ce truc et en fait tu n'arrives jamais à la fin de ce truc mais parce que c'est normal et à un moment pareil ça m'a tiltée en mode mais c'est normal d'avoir des trucs à faire tous les jours et ce sera si ça ne s'arrête jamais c'est tant mieux donc en fait s'il y a des trucs à faire c'est aujourd'hui et demain c'est un autre jour et qu'est-ce que je dois vraiment faire aujourd'hui et ok effectivement si j'avais fini tout ce que je dois faire potentiellement j'ai plein d'autres choses que je pourrais faire mais savoir aussi ça bah oui voilà mais en fait faut se satisfaire de ok j'ai fait ça aujourd'hui trop cool j'ai avancé sur ça et puis bah demain la semaine prochaine ce sont d'autres jours quoi donc Et ça, pareil, c'est game changer. Parce que sinon, c'est pour ça qu'il y a beaucoup d'entrepreneurs qui sont essoufflés, qui font des burn-out. Parce qu'en fait, tu ne valorises pas ce que tu fais au quotidien. Des fois, en plus, tu fais plein de micro-tâches hyper hand-on. Comme tu dis, on va dire que j'ai trois pôles principaux. Donc, je passe dans la même journée, des fois, sur les trois pôles. Et je passe sur le bureau, j'ai l'impression d'avoir rien fait. Mais en fait, quand tu revois ton tout doux... C'est pour ça que j'écris aussi. Parce que tu barres et tout, et tu avances sur ton satisfaction. de dire ah ok j'ai fait ça des fois c'est un truc tout con je dois mettre des prix sur des produits le second de main que j'ai amené je le note parce que déjà je ne vais pas oublier et puis quand je l'aurais fait ça m'aurait pris 5 minutes mais je l'aurais fait un truc de mon affaire pour ma journée il y a des trucs comme ça où tu peux avoir l'impression d'avoir rien fait de ta journée et ça
- Speaker #1
va te trigger un peu de te dire j'ai rien fait aujourd'hui alors que finalement tu vas te dire faut que je fasse ce que j'ai
- Speaker #0
Tu vas te mettre aussi à te dire qu'il faut que je fasse ce que j'ai à faire pour les prochains jours, vu que je n'ai rien fait. Alors qu'en fait, pas du tout. Ta journée, tu as bossé 8 heures.
- Speaker #1
Et tu es un peu en apnée de ta to-do list.
- Speaker #0
Vraiment, j'ai briqué sur ce truc-là, de me dire que c'est tout bon. Je le dis beaucoup, on ne s'en fout pas des vies. Même l'archi, c'est hyper... C'est énergivore. C'est un métier, l'archi matériel, qui est quand même difficile. on ne se rend pas compte, mais parce que tu es beaucoup sollicité de partout et qu'il y a un peu un sentiment d'urgence tout le temps. Il faut que les travaux aient duré le long temps possible, puis ça commence le plus tôt possible, etc. Alors qu'en fait, ça reste du luxe, des gens qui font appel à un archi d'intérieur. En tout cas, moi, parce que je ne fais pas des projets pour mettre en location, le moins cher le plus vite possible. Moi, ce que je propose, c'est du luxe. C'est des belles références, c'est des choix qui sont plus haut de gamme qu'un truc hyper standard. Donc, c'est un choix de luxe. Il n'y a pas tout le monde qui peut se le permettre et puis c'est un choix de la part du client de se dire je ré-en-offre. C'est trop bien. Il faut être bien chez soi et dans ses bureaux, etc. Mais n'empêche, il faut sortir de ce truc parce que vraiment, on a l'impression que les acheteurs vont sauver des vies et que c'est grave et que ça va vite et qu'il faut répondre le samedi. Non, en fait, tu vois, même les médecins ne répondent pas. hors de leur travail, tu vois. Donc ça, c'est pareil, il faut redescendre un peu. Et en fait, moi, quand j'ai fait ça, justement, j'ai tellement mieux travaillé parce que c'est du cadre où tu es là pour les clients. tu ne te disperses pas, tu ne te perds pas en énergie. Donc, quand tu es là pour eux, tu es vraiment là pour eux. Tu n'es pas la tête en train de faire autre chose, à moitié, etc. Tu ne voudrais pas que, quand tu es sur le chantier, tu sois en train de parler à un autre client. Donc, en fait, c'est des trucs qui paraissent un peu pareils en haut teint, entre guillemets, au début. Alors qu'en fait, c'est bénéfique pour tout le monde. Et moi, je l'ai vu, je l'ai mis en pratique et ça change absolument tout. Et en fait, si tu veux rester après... sur le long terme, t'es obligée en plus. Ouais,
- Speaker #1
tu t'épuises.
- Speaker #0
Tu es à peu de siffle, quoi.
- Speaker #1
Et est-ce qu'il y a d'autres apprentissages que t'as faits sur le chemin ?
- Speaker #0
Tu vois, typiquement, je parlais du jour de commerce, du droit au bail. Je me dis, bon, je l'ai acheté beaucoup moins cher, je l'ai beaucoup négocié, mais je pense que j'aurais pu me négocier encore. Et ça, j'ai été un peu mal conseillée par l'agence, qui forcément prend sa marge dans l'intérêt de s'abandonner le plus cher, tu vois. Et c'est là où je dis que j'ai pas fait plus de visites, tu vois. J'avais l'impression que c'était un prix, même encore maintenant, c'est un prix qui est correct quand tu vois la rue. Je sais combien d'autres boutiques se sont vendues maintenant, sachant que c'est trois ans plus tard et que c'est un peu la crise. Mais je me dis que j'aurais pu gagner peut-être 10 000 euros. Et en fait, c'est les 10 000 euros qui me manquent maintenant. À l'époque, je t'en disais que c'était dans mon crédit. Et en fait, tout ce que tu peux gratter, il faut le gratter. Donc ça, c'est des trucs où, avec le recul, j'aurais fait un peu différemment. c'était ma première boutique et mon premier achat de ce type-là, donc tu peux pas vraiment savoir. Et après, ouais, moi, il y a vraiment le truc, mais parce que ça faisait partie de mon... Enfin, parce que j'ai l'activité d'archi à côté, mais tu vois, d'avoir quelqu'un qui travaille avec toi quand même, quand t'es dans le commerce, je trouve que c'est un peu nécessaire. Donc même si c'est un mi-temps, parce que même si toi, c'est ton activité principale, tu peux pas être là à 100%. Moi, je le vois, ceux de la rue qui sont à 100%, bah... ils sont hyper frustrés, ils sont bloqués sur les horaires et tout. Et puis, tu as plein de choses à gérer autour des endroits où tu dois aller. En fait, en tant que gérant, tu dois aussi être disponible pour aller manger avec quelqu'un, pour faire du réseau, te rendre à une conférence, plein de trucs. Tu ne peux pas faire vivre en dehors de ta boutique l'identité de ce que tu as construit. Je suis totalement d'accord. Et pour moi, ça ne se restreint pas juste au milieu physique avec l'enseigne. C'est comment tu en parles autour de toi, les gens que tu rencontres, les salons où tu vas, etc. Et en fait, pour ça, il faut avoir une certaine liberté. Tu vois, quelques jours dans la semaine, avoir quelqu'un qui travaille avec toi, t'es un peu obligée.
- Speaker #1
Oui, carrément. Pour tout cet aspect aussi, rayonnement, réseau, etc. Mais aussi pour tout ce qui est vraiment gestion pure. C'est trop dur de faire ça comme ça en étant en boutique. T'es interrompue, même si tu commences à le faire en disant c'est bon, ça va être calme. Il y a mille trucs qui se passent en journée. C'est pas possible. Moi,
- Speaker #0
quand je suis en boutique, parce que ça m'arrive de remplacer Alizia quand elle est en congé, etc. Justement, je me bloque à l'inverse des choses que je dois faire en lien avec la boutique que je fais là-bas. Mais c'est vrai que souvent, je n'ai pas trop le temps parce que je me fais hâter par changer les produits, parler aux clients.
- Speaker #1
Donc t'as envie d'être là. Ouais, ouais, c'est ça. Bah pareil, comme tu disais tout à l'heure, ce truc de se concentrer, je suis là et je suis vraiment là, pleinement présente pour cette activité-là et je suis pas en train de me disperser en vouloir tout faire. Et à la fin, j'ai l'impression d'avoir rien fait.
- Speaker #0
C'est ça. Et au début, je pense qu'on se dit ah bah c'est cool parce qu'en boutique, c'est un peu, des fois c'est calme. Bon bah je vais pouvoir faire tout ce qu'il y a de mis en même temps. Et en fait, bah c'est un peu le piège parce que c'est ça, quand t'es sur place, bah c'est plus là où à ce moment-là tu fais de la com ou tu fais, enfin déjà tu fais des trucs de boutique quoi, en lien avec le fait que tu sois là. Et donc, effectivement, moi, je peux me le permettre parce que j'ai quelqu'un. Mais je trouve que quelqu'un, en tout cas, qui voudrait ouvrir une boutique, il faut quand même, comme on disait, envisager son salaire et celui de quelqu'un d'autre à mi-temps.
- Speaker #1
Un petit mi-temps qui permet de sortir la tête aussi du lieu pour le nourrir autrement, voir autre chose.
- Speaker #0
Oui, parce que j'entends de vouloir ouvrir une boutique. Il y en a pour qui c'est... Une passion de se dire, genre en commerce indépendant, c'est génial et tout, tu mets de toi quand tu t'aboutis tout seul. Mais comme tu dis, juste sortir la tête, de ne pas être là tous les jours aux mêmes horaires, à faire la même chose. Quand tu es salarié, c'est complètement différent. Il y a beaucoup de salariés qui vont tous les jours aux mêmes horaires, au travail et tout. Mais quand tu es gérant, tu ne devrais pas te nourrir de la récréation. Après, ce n'est pas forcément évident en termes de trésor.
- Speaker #1
Ou en tout cas, le projeter en se disant « Je sais que pendant deux ans, je ne pourrai pas. J'essaierai de faire autrement, quitte à moduler les horaires d'ouverture si je ressens un besoin. » Mais le projet dans mon prévisionnel, d'avoir ce budget-là sur de la masse salariale parce que je sais qu'il faudra un moment que je puisse sortir un peu.
- Speaker #0
En fait, soit il faudra être flexible soi-même sur les horaires et potentiellement fermer à des moments et donc perdre le chiffre d'affaires.
- Speaker #1
Ça, c'est toujours le cas.
- Speaker #0
Voilà. Soit le gagner en prenant quelqu'un d'autre. Je pense que ça revient un peu au même. Moi, par exemple, je déteste fermer la boutique. Pour moi,
- Speaker #1
il faut qu'elle soit ouverte tout le temps.
- Speaker #0
J'ai bien fait parce que le mois d'août, ça a bien marché. Et j'ai envie d'être ouverte tout le temps, tu vois. Déjà, il y avait beaucoup de touristes et tout. Là, justement, j'aimerais bien ouvrir le lundi parce que je me dis que c'est dans la volonté de développer encore le chiffre un demi-jour de plus. C'est toujours ça de plus sur l'année. C'est énorme. Mais là, je me pose la question parce qu'il me faudrait là une freelance. Donc, ça veut dire des nouveaux frais, nouveaux processus. Donc, je me pose pas mal de questions. Mais du coup, en tout cas, je pense qu'il faut le... Pour moi, c'est pas viable de se dire j'ouvre une boutique et il n'y aura que moi tout le temps. Je ne comprends pas comment c'est possible. Et je sais que c'est... En tout cas, moi, c'est ma vraie force quand je parle avec d'autres personnes. Moi, en plus, je suis tout le temps à droite à gauche. Et souvent, c'est « Ah non, mais moi, il faut que je rentre, j'ai la boutique et tout. » Et en fait, c'est des gens qui sont bloqués. Et puis moi, ça ne va pas avec ma personnalité aussi. Je ne peux pas être figée à un endroit sur les mêmes horaires. Ça me frustre trop.
- Speaker #1
Comment tu fais pour les fêtes de fin d'année ? Là, tu as des extras en plus, parce que j'imagine qu'il y a du flux.
- Speaker #0
Là, justement, ça va être au sujet, c'est que je dois avoir un extra. En fait, d'habitude, c'est moi qui t'ai l'extra. Donc, je fais le dimanche, lundi. Et les salles... On est deux comme ça avec Alicia. En vrai, à deux, ça suffit. C'est bien d'être trois pour un peu faire plus le garde du corps, pour les vols et tout.
- Speaker #1
Tu as beaucoup de vols. Du coup, c'est vrai qu'on t'en a parlé plusieurs fois et il y avait sur Insta des vidéos de fous. Ça,
- Speaker #0
c'est calme-lui. Franchement, je regarde aussi bien la boutique, mais Alicia avait vachement l'œil. On a des caméras partout. Et nous, en fait, on a les caméras en temps réel. Par exemple, derrière, dès que quelqu'un va derrière, on regarde. Et Alissa, elle a quand même arrêté plusieurs personnes en leur disant « je vous ai vu et tout » . Ou alors, vu qu'on connaît nos stocks par cœur, si il y a un truc à bouger, on regarde après la caméra en recul. Et c'est pour ça, quand je le vois, moi, je monte sur Insta, parce que je sais qu'il y a beaucoup de gens qui n'ont pas de caméra, en fait. Ils disent « ok, on va voler » . Des fois, franchement, c'est le mieux. C'est pour ça que moi, je regarde moins aussi. Franchement, ça me met héroïque. Surtout quand tu ne vas pas bien et qu'en plus, on vient de voler. mais vous n'avez aucune notion de qui vous voulez vous croyez que vous voulez un groupe tu sais que du moment que tu as un commerce tu es riche mais pas du tout et du coup ça te met hors de toi ça c'est vraiment dur c'est insupportable donc ça c'était un peu chiant mais sinon moi non là tu vois oui je pense qu'il y aura un extra sur décembre parce que je suis dans cette logique de me sortir de plus en plus de l'opérationnel tu vois physique en tout cas et si je suis là c'est parce que j'ai envie parce que là, il y a un événement dont je te parlais jeudi, je vais plus être là comme figure de représentation, pour parler avec les gens.
- Speaker #1
Est-ce que toi, tu as senti ça ? Que les gens avaient besoin aussi de te voir ? Non,
- Speaker #0
parce que moi, je suis jamais à la boutique. Par contre, je pense que, vu que j'ai remplacé Alessia des fois, je le mets en story et tout, il y a peut-être des gens qui viennent exprès en mode, ah trop cool, là ça va être marrant, on va voir celle-là. Mais non, la boutique, elle est plutôt identifiée.
- Speaker #1
Parce que dès le début, en fait, c'est pas toi qui as porté le projet pendant X années, et donc d'un coup, tu disparais. Et ça,
- Speaker #0
je sais que c'est problématique aussi, pour en parler avec... Ça, c'est un autre problème, effectivement. C'est pour ça que...
- Speaker #1
Quand c'est très incarné...
- Speaker #0
Ce truc d'avoir quelqu'un dès le début, c'est quand même top, parce que... Pour plein de raisons, hein.
- Speaker #1
Ça soulage, ouais, ouais, c'est clair.
- Speaker #0
Et tu peux incarner sur les réseaux, par exemple, mais...
- Speaker #1
Oui, de toute manière, effectivement.
- Speaker #0
Mais... Bah, à Lyon, là, je sais que, par exemple, il y a une autre boutique, c'est le... Je sais pas quel est son poste, mais... entre un vendeur et une vendeuse et c'est eux qui incarnent la com, c'est même pas la fondatrice et du coup je me suis dit c'est marrant parce que c'est vraiment eux que tu vois ils font les voix, ils font tout, je me suis dit c'est cool donc tu vois c'est possible aussi après je pense que c'est bien d'incarner mais du moment que c'est la même personne que tu vois si c'est pas tous les jours une nouvelle vendeuse c'est suffisant et puis après il y a tout la côté aussi,
- Speaker #1
déjà la sélection les messages que tu fais aux clients sur les réseaux sociaux en newsletter, c'est tout ça c'est la marque que...
- Speaker #0
nous on incarne l'identité des gens donc en fait, la personne qui est derrière ça importe au moins le lieu est déjà incarné en lui-même, c'est déjà je vais à la maison de crècret et après peu importe finalement qui y travaille c'est le lieu que tu viens voir oui,
- Speaker #1
l'expérience que tu vas y vivre Et d'ailleurs, sur l'expérience, toi, en tant qu'archi, sur toute la partie archi, vraiment retail, boutique, est-ce que tu as des recos, genre des bonnes pratiques ou des choses à ne pas faire, tu vois, sur ton merch, ta mise en avant ?
- Speaker #0
En fait, tout ce qui est en dessous de 80 cm de visibilité, ça ne sert à rien. Tu vois, moi, j'avais mis pas mal d'étagères, j'avais mélangé entre c'est fermé, c'est ouvert et tout. Bon, au final, tout ce qui est en dessous d'une hauteur de plan de travail ou de hauteur de bureau, quoi. Ça sert à rien, c'est du stock. Et soit c'est du stock qu'il faut qu'il soit du beau stock, tu vois. soit fermé parce que ça peut encombrer le regard. Moi, avec mes produits, ils sont très colorés et que ça peut vite faire bazar. Justement, nous, on a fait le choix de fermer au maximum en partie basse et on voit plus que les produits en haut et ça change tout. Ça respire dans l'espace. Et après, ça dépend complètement de ce que tu vends parce que quand c'est ta propre marque et que tu sais que tu vas avoir du bijou, tu sais comment tu vas présenter tes produits. et ce qui est cool je trouve c'est de perdre un peu tout ce qui est présentoir de le fondre un peu dans l'espace pour que l'objet ressorte après quand tu es une multimarque comme je disais il faut imaginer que ce soit modulable parce que tu peux pas anticiper une nouvelle marque que tu vas rentrer et donc ça c'est le truc le plus chiant d'avoir un truc un peu figé tu peux le faire que quand c'est tes produits mais quand tu es une multimarque c'est un peu impossible et je pense qu'il faut anticiper J'ai des trucs Ikea qui sont modulables. Là, on ne les module plus. Mais pendant trois ans, on les a... On l'entait à l'étagère, on l'enlevait, on fermait. Et donc, c'est juste qu'on est arrivé un peu à ce qui nous plaît maintenant. Mais en plus, on n'est pas à l'abri que si on rentre des caches, on ne sait rien, il faut qu'on redécale. Donc ça, c'est top. Et la lumière, c'est le plus important. Comment t'éclaires tes produits, sachant que moi, je n'aime pas trop quand il y a trop de spots, où c'est vraiment... tout est éclairé. En fait, ça n'a aucun intérêt. Ce qu'il faut, c'est éclairer des endroits parce que si toute ta boutique est éclairée pareil, tous tes objets sont mignons. Oui,
- Speaker #1
du coup, ça neutralise.
- Speaker #0
Donc nous, la voûte, justement, elle est rétro-éclairée avec des LED un peu rosés. Donc c'est la couleur de la boutique. Tu vois, ça crée une lumière un peu chaleureuse, diffuse. Et après, les spots, eux, ils pointent sur les étagères. En fait, du coup, tu as vraiment une ambiance un peu chaleureuse, un peu canalisée dans la boutique qui participe aussi à l'ambiance.
- Speaker #1
Et un dernier aspect, on l'a survolé vite fait, mais juste avant qu'on se quitte, que tu m'en parles un peu, c'est la partie vente en ligne. Du coup, parce que la maison Crécré, elle existe en ligne.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Et ça représente à peu près combien de pourcentage de ton activité ?
- Speaker #0
C'est 10% de l'affaire de la boutique. Et sachant qu'on ne l'a pas ouvert dès le début, on l'a ouvert un an après. En fait, moi, j'étais sur SumUp au tout début.
- Speaker #1
OK.
- Speaker #0
Parce qu'il y a ça aussi, tu vois, je l'oublie parce que... Mon interface, elle était horrible. C'était horrible. J'avais complètement oublié. Et en fait, on est passés sur Shopify parce qu'en fait, il n'y avait pas en France avant. Donc, sur Shopify, je pense qu'il y avait un truc comme ça. Et dès que j'ai pu, je passais. Ah oui, il n'y avait pas le TPE. Oui,
- Speaker #1
il y avait peut-être un truc comme ça.
- Speaker #0
Mais en gros, moi, je passais quand j'ai eu le TPE Shopify avec. Donc, trop bien. Et je passais un an après. Et en fait, en passant sur Shopify, j'ai fait tout mon stock dessus. Et c'est le même stock que j'ai en ligne. Donc, du coup, tu peux choisir si c'est grand Dieu en point de vente, physique, en ligne, etc. Et donc, ça, c'est génial parce que tu ne fais qu'un stock. Entre-temps, tu vois, par exemple, j'ai fait des pop-up. J'ai sorti mon stock en mode, ça, ce ne sera que au pop-up, mais c'était les mêmes produits. Tu vois, je n'ai pas eu besoin de les faire ailleurs. Et donc, au bout d'un an, là, j'ai de la data sur deux ans, quoi. Tu vois, mais oui, c'est 10-15% et c'est en croissance. Et c'est ça aussi dans les objectifs quand je te dis... tu vas ouvrir ailleurs. Mon objectif, c'est quand même plus de développer le site d'abord. J'ai plutôt intérêt de développer les ventes en ligne que d'ouvrir un autre lieu. Parce que, mine de rien, tu vends bien en ligne, mais la poste, ça coûte trop cher. Donc ça, c'est hyper... Enfin, c'est assez résiduitoire quand tu vends des petits produits et que toi, c'est des paniers à 20, 30, 50. Quand tu as 10 euros de frais de port, les gens, ça les freine. Et moi, je ne peux pas offrir les frais de port. Là, j'ai redessé, tu vois. Mais je ne peux pas offrir les frais de port pour un panier trop bas parce que quand tu payes 10 euros sur 50 euros, ce n'est pas possible.
- Speaker #1
Oui, ta marge est complètement à part dans les frais de port.
- Speaker #0
Juste à la panne qui est derrière. Nous, on fait les colis, on va à la poste. C'est un truc de fou. Donc, oui, c'est à développer. Et ça, si ça se développait plus, l'étage deviendrait un peu aussi organisation de colis. Là, j'aurais besoin de quelqu'un d'autre que pour les colis parce que là, c'est Alicia qui le fait parce que c'est des colis par-ci, par-là.
- Speaker #1
C'est ça qui est intéressant, dans chaque projet identifié, c'est de se dire à quel moment ça devient intéressant. Et en dessous de ce palier-là, c'est plus la contrainte, un coût. Il faut pouvoir imaginer. En plus,
- Speaker #0
le cas du service après-vente, on a quand même beaucoup de cases et en fait, t'es responsable, c'est pas la poste. Franchement, c'est super rare qu'on n'arrive pas à te faire rembourser. Alors que tu vois que le colis, il est tout pété, que nous, on a emballé, on le sait maintenant, donc on emballe très, très, très soigneusement. Et des fois, ça pète quand même et tu te dis, ils ont fait zéro effort. Et en fait, c'est toi qui payes. Donc, OK, tu as passé du temps, tu as perdu un objet, tu l'as envoyé et tout. Et puis, tu dois rembourser le client. Bon, super. Donc, des fois, ce n'est pas rentable. Il faut faire attention. Mais en tout cas, vu que ce n'est pas de l'orga supplémentaire, vu que c'est le même stock, c'est un bonus. Il faut voir. Si je commence à vouloir le développer, il va falloir que je fasse. J'en ai fait un peu, mais plus de SEO, etc. Et en fait, ça veut dire pareil, faire des investissements, parce que moi, je ne les connais pas plus que ça. Donc après, il faut payer quelqu'un pour le faire. C'est quand même des charges aussi supplémentaires. Il faut avoir un vrai retour sur investissement. Tu ne connais pas trop.
- Speaker #1
Et est-ce que dans... Dans ces 10%, en tout cas dans ces ventes que tu fais en ligne, est-ce qu'il y a beaucoup de click and collect ? Ou genre les gens, ils achètent parce qu'ils savent qu'ils veulent chez toi ? Non,
- Speaker #0
il y a beaucoup de livraison. Autour de Noël, on a pas mal de click and collect. En fait, il y a plein de gens qui ne savent pas. Justement, on leur dit à chaque fois, faites votre commande en ligne et puis venez chercher, comme ça vous évitez la cul.
- Speaker #1
Parfait. Donc ça,
- Speaker #0
on essaye de renforcer la communication dessus. Mais il y a plein de gens qui ne connaissent pas encore. Mais si, on en a. On a des ramassages boutiques. Mais c'est pour ça que c'est beaucoup d'envois sur Paris. Oui,
- Speaker #1
c'est pour ça que je sentais qu'il y avait un truc à Paris parce que t'as de la commande.
- Speaker #0
Je sais que le pouvoir d'achat est plus élevé et que nous, on est quand même sur un niveau de gamme. On est quand même assez haut de gamme sur les produits. Et en fait, c'est complètement la cible. Même, il y a des produits que je n'achète pas parce que c'est trop audacieux. On a une sélection qui réveille un peu Lyon. Mais je sais qu'à Lyon, à Paris, les gens... Je pourrais acheter d'autres produits encore. à multiplier un peu la sélection. Donc, à voir, quoi. Mais ouais, j'ai décidé de ville où j'aimerais faire des pop-up pour tester. Je verrai. On ne parle pas pour le moment.
- Speaker #1
Tu la satisfais.
- Speaker #0
On verra ce qu'elle fait.
- Speaker #1
Ouais, c'est trop cool. Bah écoute, bonjour, merci beaucoup. Est-ce que tu as un dernier truc que tu aimerais dire avant qu'on se quitte ? Je ne sais pas.
- Speaker #0
Non, je crois que c'était assez complet. C'était déjà bien, ouais. J'ai la gorge sèche d'avoir trop parlé, comme d'hab.
- Speaker #1
C'est trop bien, tu nous as partagé plein de trucs, plein de prises de conscience.
- Speaker #0
C'est assez factuel. J'ai rien à cacher pour que les gens se rendent compte de ce que ça représente.
- Speaker #1
C'est un peu l'idée de l'arrière-boutique, c'est d'ouvrir les coulisses et que vous puissiez chacun et chacune raconter vos histoires de A à Z, les questionnements, les victoires. C'est ça, c'est que moi,
- Speaker #0
quand j'écoute, j'adore quand on a vraiment les... Les biennes aussi, nous on se dit « Ah ouais, d'accord, ok, je savais pas, il y avait ça et tout. » Et c'est ça qu'on a envie d'entendre. Et en fait, de ne pas glamouriser le fait d'être entrepreneur déjà. Et encore moins dans le retail. Il faut avoir l'air insolide, surtout dans cette économie, comme on dirait. Là, il y a beaucoup de boutiques qui ferment. C'est dur pour tout le monde. Et donc, raison de plus aussi de soutenir ces commerçants indépendants et d'aller en boutique ou en ligne en tout cas. des commerces indépendants. Mais tu vois, moi, les gens qui commandent, je ne sais même pas s'ils savent vraiment où ils commandent.
- Speaker #1
Oui, tu penses ?
- Speaker #0
Des fois, je les commande sur Lyon. Des gens qui sont livrés dans un autre arrondissement. Et quand on les appelle, ils ne savaient pas qu'on était à Lyon, tu vois. Donc, on leur dit, vous pouvez venir le chercher. Donc, oui, ça, je pense que... Mais je pense que les gens, ils retrouvent ce plaisir-là de revenir en centre-ville et de voir des commerçants, de se faire connaître. conseillé. Encore une fois, nous, c'est ça aussi la force, c'est qu'on a une belle sélection et on vient pour la sélection, pour le conseil, pour le moment qu'on va passer à la boutique et tu l'aurais pas en allant sur Amazon, forcément. Ça n'a rien à voir. On va pas révolutionner les prix. De toute façon, c'est pas nous qui faisons les prix de revente. C'est les prix des marques. C'est pareil, je pense qu'il y a plein de gens qui ne se rendent pas compte qu'un prix de vente conseillé, en fait, on le respecte tous parce que on va pas mettre plus cher. Et en fait, c'est pas nous qui faisons. Quand on dit que quelque chose est cher, On nous dit « Ah, c'est Giarretto » , mais nous, on est brouillard, entre guillemets. C'est le prix pour le faire, quoi. Donc, je pense remettre en perspective aussi. Il y a eu trop d'habitude de fast fashion et de fast déco qui est arrivé derrière aussi. Et de ne pas se rendre compte de ce que ça représente d'acheter de la matière, de la façonner, le marketing, la conne, etc. Ça coûte beaucoup d'argent et peut-être moins consommé et mieux. C'est pour ça, on fait ensemble une belle sélection. C'est un peu plus onéreux, mais au moins, tu es contente d'avoir acheté un beau produit, une belle histoire.
- Speaker #1
Tu peux le garder longtemps. Merci beaucoup. J'ai hâte de voir ce que tu nous réserves pour la suite. Où seront les prochains pop-ups ?
- Speaker #0
Pour le moment, je n'en sais rien non plus, mais il y aura forcément des nouveautés qui vont arriver, ça, c'est cher et certain.
- Speaker #1
À très bientôt. Bon courage pour la fin d'année et pour tous les projets à venir. Et puis bravo aussi pour le parcours. Et ouais, cette vie à mille à l'heure entre l'archi-lamboutique et tout, c'est trop...
- Speaker #0
Qui va ralentir le... Ouais.
- Speaker #1
Ouais,
- Speaker #0
ralentir de temps en temps pour regarder... savourer le chemin qui a été parcouru les changements qui ont été faits et préparer la suite valoriser le chemin parcouru c'est hyper important et après c'est toujours cool d'avoir des objectifs et des projets pour la suite forcément ça nous drive mais il faut trouver cet équilibre et pas être que dans le j'irai faire ça dans le futur et oublier ce qu'on a déjà fait c'est hyper important on n'ose vraiment l'oublier
- Speaker #1
Merci beaucoup Célia et à bientôt Merci d'avoir écouté cet épisode jusqu'au bout Si je devais retenir une chose de cet échange avec Célia, ce serait ce qu'elle dit sur la rémunération. C'est un sujet que je retrouve dans presque tous mes accompagnements. Quand on monte un projet de boutique, notre propre salaire est souvent la ligne qu'on repousse. On se dit qu'on verra plus tard, que c'est un projet passion, que c'est pas grave. Et Célia l'a dit avec des mots très justes, c'est super que votre métier soit une passion, mais ce n'est pas une raison pour s'oublier. Votre rémunération, prévoyez-la dès le prévisionnel, c'est super important. Même si vous savez que vous ne pourrez pas vous la verser tout de suite. Parce que ce n'est pas un luxe, c'est vraiment ce qui permettra à votre projet de durer et à vous de tenir. Je sais que ce n'est pas évident, mais c'est vraiment essentiel. Si cet épisode vous a plu, n'hésitez pas à vous abonner, laisser une note et le partager à des personnes qui auraient besoin de l'écouter. Je vous retrouve très vite pour un nouvel épisode. Ciao !