- Speaker #0
Bonjour et bienvenue sur L'Arrière Boutique, le podcast qui vous invite dans les coulisses de l'expérience retail. Je suis Audrey Gallier, consultante dans les domaines du retail, de l'entrepreneuriat et du développement de marques. Après dix années passionnantes à créer et développer mes boutiques, j'ai envie aujourd'hui de transmettre mon expérience mais aussi celle de mes invités. Pour cela, je reçois dans ce podcast des personnes inspirantes qui vous ouvrent les portes de leurs boutiques pour vous raconter leurs aventures. Je vous livre aussi dans des épisodes boîte à outils, des pensées et astuces pour vous motiver et vous aider dans vos projets retail. Très bonne écoute ! Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans l'arrière boutique. Aujourd'hui je vous emmène à Paris dans le Haut Marais, rue du Pont-aux-Choux. Je suis chez Sabrina Pipernot. Sabrina, c'est 20 ans de retail. Yves Rocher, Etam, Petit Bateau, Quicksilver. Son métier ? Développer des réseaux de magasins, chercher les emplacements, recruter les franchisés, suivre les travaux. En France, en Europe, à l'international. Au total, plus de 100 boutiques ouvertes. Mais pour les autres. Et un jour, elle décide d'ouvrir la sienne. C'était en 2018. A l'époque, tout le monde disait que le retail était mort. Elle, elle était convaincue du contraire. Qu'on aurait toujours besoin de se rencontrer, de toucher, de découvrir. Elle créait Heureux les Curieux, un lieu pensé comme un incubateur retail pour accueillir des marques, souvent digitales, qui ont besoin d'un rendez-vous physique avec leurs clients. Un lieu qui change de peau au fil des marques, mais qui accompagne aussi chacune d'elles. Dans cet épisode, on va parler de beaucoup de choses. On commence par un ingrédient clé pour réussir l'ouverture d'une boutique, l'emplacement. Et j'ai adoré sa méthode. Des heures dans la rue, à compter les passants, trottoir par trottoir, à différents moments de la journée. C'est simple, c'est concret, et on ne le fait pas assez. On parle aussi des galères. Elle a mis deux ans pour trouver son local. Des emplacements ratés, des banques frileuses. Et finalement, tout ce que ces deux années lui ont permis de construire. On parle aussi de la mission de Relais Curieux et de sa vision du retail aujourd'hui. Pourquoi ouvrir une boutique ? Qu'est-ce qu'on vient y chercher ? Et puis, on aborde aussi le recrutement, la prospection pour aller chercher des marques, créer du flux, la communication. Parce que comme elle le dit si bien, sans communication, tout ce qu'on a fait n'existe pas. On a beau avoir déplacé des montagnes, créé des offres, des services incroyables, si on ne le dit pas, les gens ne peuvent pas le savoir. Allez, on pousse la porte de Relais Curieux. Bonne écoute ! Salut Sabrina !
- Speaker #1
Salut Audrey !
- Speaker #0
Ça va ?
- Speaker #1
Très bien et toi ? Oui très bien.
- Speaker #0
On est entouré de très beaux objets. Tu m'expliqueras peut-être un petit peu après qui tu accueilles en ce moment. Avant toute chose, est-ce que tu peux te présenter et nous parler de Heureux les Curieux ?
- Speaker #1
Avec plaisir. J'ai fondé Heureux les Curieux il y a 8 ans, après 20 ans d'expérience dans le retail. J'ai fait ma carrière chez Yves Rocher, Petit Bateau, Quicksilver et TAM. et en développement de réseaux de magasins.
- Speaker #0
Ok, donc ouverture.
- Speaker #1
Donc recrutement de franchisés, recherche d'emplacement, gestion des travaux.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
En France, en Europe, à l'international. Et puis il y a un moment, je me suis mariée, j'ai des enfants, je n'ai pas pu continuer à parcourir le monde. Donc j'ai fait un petit passage chez un promoteur de centres commerciaux. Voilà, qui n'a pas été heureux, on va dire. Et du coup, je me suis dit comment je peux continuer à faire mon travail, ma passion qui est d'accompagner le développement des marques. Et du coup, retourner auprès des marques. Et du coup, je me suis dit, à l'époque, on disait « Retail is dead » . On disait « E-tail » . C'était il y a dix ans. Et je me suis dit, non, on ne peut pas se passer du commerce physique. On ne peut pas se passer de l'humain, de la relation, de la rencontre, de la découverte. Moi, quand je voyageais, mes copines, elles adoraient que je leur amène des trucs de marques qu'elles ne connaissaient pas, en fait. C'était beaucoup plus excitant, même si ce n'était peut-être pas mieux, en fait. Mais la découverte, c'est sympa. Et du coup, je me suis dit, je vais créer mon lieu. Et ça va être un lieu un peu comme un incubateur retail pour toutes ces marques digitales qui auront besoin à un moment ou à un autre de créer des points d'accroche avec des rendez-vous. avec leurs clients, d'une part, pour voir, toucher les produits, les essayer, créer de la relation. Mais aussi, peut-être, si elles veulent ouvrir un jour une boutique, ça servira aussi d'incubateur parce que ce n'est pas juste un lieu, c'est aussi un accompagnement. Donc c'est né comme ça, en me disant qu'on va être des passeurs et un incubateur pour toutes ces marques digitales. Et puis, de fil en aiguille, j'ai ouvert il y a huit ans. Et de fil en aiguille, avant le Covid, les gilets jaunes, tout, Et en fait... En 2018. En 2018, oui. C'est beaucoup plus difficile d'acheter son pas de porte pour soi que pour des grosses enseignes. Ah oui,
- Speaker #0
là,
- Speaker #1
j'imagine que ça t'a changé un petit peu. Voilà, ça a été beaucoup de déconvenus, mais bon, il ne faut rien lâcher, en fait. Et puis, ça finit par se passer. Et quand ça se passe, on se dit... Mais c'est trop cool que j'ai raté tous les emplacements d'avant parce que c'est celui-là qu'il me fallait en fait. Mais bon, j'ai beaucoup pleuré. J'ai beaucoup pleuré avant. Mon fils à l'époque, il y avait 6-7 ans, il ne comprenait pas. Il y a des fois, il rentrait et il me voyait en larmes. Je lui disais, non, non, mais ce n'est pas grave, ce n'est pas grave.
- Speaker #0
C'est vrai qu'on s'engage tellement sur une adresse,
- Speaker #1
le dossier,
- Speaker #0
on se projette. Et on ne voit pas le bout tant que tu n'as pas signé. Tu n'as l'impression que ça n'a pas fini.
- Speaker #1
Et en plus, il y a des fois, c'est vraiment trop bête parce que tu prévois tout. Une fois, j'avais négocié avec ma banque son accord avant d'avoir mon emplacement. Parce qu'on avait monté tous les dossiers. Mais quand même, le jour où tu dois signer ta promesse, ton offre, et que tu n'arrives pas à joindre ton banquier, tu ne signes pas ton offre. Tu dis attendez-moi 24 heures. Et quand t'as Bobis derrière toi qui fait de la surenchère, les 24 heures, tu perds ton emplacement.
- Speaker #0
Parce que donc tu cherchais... Je cherchais, il y a du temps,
- Speaker #1
franc-bourgeois. Je voulais être dans le Marais. Parce que pour moi, t'as beaucoup de galeries. Et je voulais être dans un quartier d'ambassadeurs, de prescripteurs, des gens qui créent la tendance, d'une part. Et je voulais un quartier où il y ait beaucoup de touristes. Je voulais avoir l'autorisation d'ouvrir le dimanche. Donc c'était forcément le Marais. Et après, comme moi j'avais fait 20 ans où je voulais être du numéro 1, j'ai ciblé que du numéro 1. Et finalement, là on est plutôt sur du 1 bis, parce qu'on n'est pas sur Vieille-du-Temple, on est rue du Pont-aux-Choux, donc on n'est pas sur Vieille-du-Temple ou Frambourgeois. Mais finalement pour le même budget, parce que finalement je n'ai pas réduit mon budget, parce que j'ai acheté beaucoup plus grand.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Donc, j'ai 4 mètres de hauteur sous plafond, j'ai 1 mètre de façade.
- Speaker #0
Tu as combien de mètres carrés en tout ?
- Speaker #1
J'ai 80 au rez-de-chaussée et 60 en bas.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Qui est en bas, c'est le niveau bas, mais j'ai 3 mètres de hauteur sous plafond et j'ai un point de lumière. Donc, c'est quand même hyper agréable. Et du coup, je suis très heureuse d'être là aujourd'hui. Mais effectivement, il a fallu être agile, penser un peu hors cadre. Et un jour, j'ai eu le coup de cœur pour cette rue. Parce qu'on est sur un vrai circuit, donc c'est pas une rue d'entrée de circuit, on est dans le circuit. Pourquoi ? Parce qu'au bout de la rue à droite c'est Merci, qu'il y a tout ce petit pôle qui s'est développé là-bas, que du coup la rue en tant que telle a une très belle commercialité, on a de la mode, on a de la déco, on a de la food, on a des prestats de service, on a un super coloriste hyper connu. Donc finalement ça crée, il y a des artistes qui passent, il y a des architectes pour aller chez Tartet, voilà il y a le pont au chou. On a une belle attractivité dans la rue qui fait qu'on a des gens hyper cool. On a beaucoup de touristes. Et donc, en contrepartie, j'ai très grand. C'est cool. Ça nous permet de faire autre chose que juste du retail. On fait aussi de l'expérience. Je t'en parlerai après. Et donc, on a ouvert il y a huit ans.
- Speaker #0
D'accord. Je reviens sur cette idée de l'emplacement. C'est une question que je voulais te poser après. Je pense que ça aurait été une des réponses à la question des ingrédients pour réussir aussi une ouverture de boutique. Est-ce que pour toi, l'emplacement, ça fait vraiment partie de ces ingrédients-là ? C'est un indispensable ?
- Speaker #1
C'est totalement indispensable. Moi, les deux qui m'ont appris, c'est Jacques Lévy, qui était directeur de la marque Etam, quand je suis intégrée à Etam, et Pierre Melchior, le fondateur d'Etam. C'est l'emplacement, On le disait toujours. Oui, en fait, on le dit, mais est-ce que ça se vérifie ? Je l'avais appris chez Yves Rocher, bien sûr. Mais lui, sa métaphore, c'était on jette un filet devant le magasin, mais s'il n'y a pas de poisson, on ne va pas pêcher. Donc, cette métaphore, elle est toujours restée. Et après, en fonction des marques pour lesquelles j'ai travaillé, tu as le volume de flux. Effectivement, quand tu es Yves Rocher ou Etam, c'est que le volume qui va t'intéresser. Quand tu es petit bateau, c'est aussi un volume qualifié.
- Speaker #0
Oui, c'est ça.
- Speaker #1
Voilà. Donc du coup, moi là, c'est vraiment un mix. D'abord, il y a du flux parce que moi, j'ai fait, je ne sais pas, j'ai dû passer au moins… Je ne sais pas, 100 heures à compter, en fait. Donc moi, ça ne m'empêche pas de faire des comptages piétons. Donc c'est tout bête, tu te mets devant un magasin, tu comptes sur ton trottoir, combien sur le trottoir d'en face, parce que ce n'est pas seulement la rue, c'est le trottoir. Je ne me serais jamais mise sur le trottoir d'en face. Ce qui n'empêche pas Gaijin, Iconic, de marcher super bien. Mais moi, je voulais vraiment être sur le trottoir où les gens y passent. donc vraiment compter sur son trottoir à différents horaires les deux trottoirs en même temps c'est un peu compliqué mais c'est une gymnastique pendant 5 minutes à différents moments de la journée et surtout tu comptes,
- Speaker #0
tu fais ton circuit et ce circuit là tu le reproduis quand tu dis tu fais ton circuit c'est à dire que tu vas compter ailleurs pour voir différents espaces je vais compter là où il y a le plus de monde,
- Speaker #1
je vais compter là où il n'y a personne pour voir le delta un peu pour voir est-ce que c'est un vrai abyss ou est-ce que c'est un 2 comment tu fais la distinction entre un 1,
- Speaker #0
un abyss et un 2 Merci.
- Speaker #1
Le 2, il n'y a personne. Il y a très peu de monde qui passe dans la rue. C'est vraiment du commerce de destination. Je ne dis pas que ce n'est pas bien. Par exemple, une marque hyper connue, un influenceur,
- Speaker #0
il faut aller en emplacement numéro 2. C'est ce qu'elle a fait. Qui peut faire déplacer les gens.
- Speaker #1
Cézanne, c'est ce qu'elle a fait. Elle n'a rien payé ses emplacements, j'imagine. Je ne suis pas dans son business. Ses premiers magasins, c'était vraiment du drive to store. Parce que c'était l'événement. Donc là, oui, ça serait idiot. payer de l'argent pour une commercialité que tu vas toi-même créer. C'est ce qui fait le pas de porte finalement. C'est ce qui fait la valeur des beaux commerciaux en France. Donc effectivement un influenceur qui lance sa marque. Moi chez Petit Bateau un jour j'ai fait un pas de côté. J'ai installé la marque Rue Sévigné parce qu'on ne pouvait pas se payer la rue des Francs-Bourgeois. Entre temps ils ont déménagé rue des Francs-Bourgeois. J'ai étudié l'emplacement rue de Sévigné. qui avait multiplié sa valeur par 10, donc je ne l'ai pas acheté. Mais voilà, donc c'était un bon investissement immobilier. Mais là, c'était vraiment du 2, parce qu'il n'y avait pas de flux dans la rue de Sévigné, devant l'entrée du musée. Mais par contre, dans un sens de circulation, c'était super visible de la rue principale.
- Speaker #0
D'accord. Donc ça, c'est important aussi. Donc là,
- Speaker #1
il n'y a pas de recettes. Il y a quand même des recettes, parce que les emplacements, ce n'est quand même pas... Fall. mais il faut passer beaucoup de temps qui j'écoutais l'autre jour je me souviens plus son nom mais c'était sur un podcast que j'adore et c'était le fondateur de Passage du désir et lui il disait qu'il passait des heures dans la rue et il n'habite pas sur Paris mais à ses emplacements à chaque fois il se déplace ou même en Provence donc moi c'est pareil tu y passes des heures et des heures tu viens en semaine Tu viens le week-end, tu viens le samedi, tu viens le dimanche, tu parles aux voisins.
- Speaker #0
Donc ça, indispensable à faire quand tu commences à faire une recherche de local ?
- Speaker #1
Indispensable.
- Speaker #0
Pour préciser aussi les rues, les coins, même les bouts de rue.
- Speaker #1
Oui, parce que tu peux avoir des bouts de rue, tu vois, de la rue de Turène. Perso, je ne l'aime pas. Mais parce que je trouve qu'elle n'a pas d'unité. Mais tu as des portions. Donc tu as des portions qui sont bonnes, des portions qui sont moins bonnes.
- Speaker #0
Il faut faire attention parfois à... À se dire, ça va se développer, à attendre que les voisins arrivent, parce que parfois on se projette en disant, peut-être que je vais lancer un truc et que les gens vont arriver, que ça va s'agglomérer et créer une sorte de spot.
- Speaker #1
Mais ça, c'est tout le drame de la rue Nazareth. Tout ce quartier-là. Pardon, mais là, ils ont vendu, parce que c'était des promoteurs. Donc ils ont fait des aménagements locatifs, ils ont donné un an gratuit, des progressions. Après, des beaux 12 ans. Et donc moi... Quelques marques qui étaient passées chez moi ont été approchées, m'ont demandé mon avis, ce qui ne les empêchait pas d'y aller parce que c'était un tel pont d'or. Mais à chaque fois, je leur disais, il vous faut votre clause de sortie. Parce que ce n'est pas parce qu'on vous fait un cadeau, quand c'est gratuit, c'est toi le produit. Donc, ce n'est pas parce qu'on vous fait le cadeau, il faut que vous puissiez sortir. Ne prenez pas d'engagement, ou après, ça va vous planter, mais tout le reste de votre business. C'est ça qu'il faut réfléchir, c'est qu'une boutique, on se fait plaisir. Mais il y a des intentions business derrière, et il faut pouvoir bien mettre ses KPI et être en capacité de sortir si ça ne va pas. Donc nous, on a de la chance en France, on a des beaux 3, 6, 9, on peut sortir. On est franchement très très protégé, le commerçant est très protégé en France.
- Speaker #0
Mais ça ne l'empêche pas effectivement d'être vigilant.
- Speaker #1
Et après, il m'est venue une autre idée pendant que tu parlais, c'était effectivement, tu as aussi la commercialité, donc tu as le flux. sur le choix de l'emplacement, mais tu as aussi la commercialité. Donc effectivement, ne pas se projeter, moi en tout cas, sauf si je suis riche et que j'ai déjà un réseau ou que je suis très pauvre, mais que je peux faire du drive to store, je n'irai pas sur un emplacement de venir jamais.
- Speaker #0
Trop risqué.
- Speaker #1
Mais à nouveau, tout dépend du contexte, tout dépend de ton budget de communication, de ton budget de lancement, tout dépend. Et ensuite, tu as la commercialité, c'est qui est à côté de toi. Donc effectivement, tu vas toujours te coller à des gens qui font un peu ce que tu fais, où tu vas apporter une valeur ajoutée, donc ça, l'environnement commercial est très très important. Et moi, ici dans la rue, ce qui m'a plu, c'est comme c'est un lieu hybride. Pour vulgariser, on l'appelle pop-up, mais il se passe tellement de choses qu'un jour ça va être de la mode, un jour ça va être de la déco, un jour ça va être de la techno, un jour ça va être de la food, du service. Donc moi c'était important d'avoir une rue qui soit sur un circuit et qui soit aussi, donc on est entre Merci et soit tu vas vers la rue de Bretagne et t'as la food, soit tu descends Vieille du Temple, Franck Bourgeois, t'es en Coeur Marais, soit tu restes dans le quartier ou tu remontes vers Beaumarchais. Mais c'est aussi d'avoir un environnement. Donc, tu as le passage, tu as le circuit et tu as l'environnement commerçant. Et là, moi, ce qui m'a plu, c'est que j'ai de tout. J'ai de la mode dans la rue, j'ai de la restauration, j'ai de la déco avec Tartet et les équipements de salle de bain que j'adore, qui sont surface, qui sont top. Donc, en fait, c'est une rue qui va capter des populations très différentes. Et ça, c'est super parce qu'une fois, on va être... dans une activité, une autre fois dans une autre. Et là, c'est pour ça que je n'aime pas du tout la rue Turane, c'est qu'il y a plein de locaux qui sont vides parce qu'il y a beaucoup de lieux qui sont à destination de pop-up. Et là, c'est terrible parce qu'il y a des moments où c'est vide, d'abord parce que forcément, tu n'as pas un taux de remplissage à 100%, parce que c'est pas un commerce classique, je l'ai vu après le Covid. Mais en plus de ça, tu ne sais pas si c'est pas... Bon, je ne vais pas te dire d'exemple. Mais tu ne sais pas qui va arriver demain à côté de toi, donc c'est catastrophique.
- Speaker #0
Il y a une instabilité, quoi.
- Speaker #1
Je trouve,
- Speaker #0
voilà.
- Speaker #1
Donc voilà.
- Speaker #0
Ouais, et si juste tu en finis ce sujet très intéressant sur le flux. Donc toi, tu parlais à la fois quantitatif, c'est-à-dire tu comptes, tu regardes, tu analyses, et qualitatif, qualifié. Comment tu fais ça aussi pour... C'est-à-dire qu'il faut déjà bien connaître sa clientèle, bien l'identifier en amont, dire qui sont les gens qui vont venir. En plus, toi, c'est un peu spécifique parce que tu as plein de personnes qui viennent s'installer ici. et qui font plein de choses très différentes. Donc, c'est encore un niveau d'analyse. Mais comment tu faisais toi avant dans ta carrière de 20 ans en retail ?
- Speaker #1
Tu regardes les gens. C'est pour ça que c'est important d'y être. Tu regardes les gens, tu regardes s'ils ont des sacs. Shopping ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Est-ce que c'est des gens qui sont là pour faire du shopping ou est-ce qu'ils sont juste là pour se balader ? Donc, non seulement tu les comptes, mais tu les regardes. et puis il y a des fois tu t'assoies juste en terrasse et puis tu regardes juste est-ce qu'ils sont en famille est-ce que c'est des jeunes urbains est-ce que oui en fait les réponses sont dans la rue il faut juste ouvrir ses yeux et prendre le temps et
- Speaker #0
savoir ce qu'on cherche définir en amont qu'est-ce qu'on cherche parce que si tu ne sais pas ce que tu cherches tu vas tout trouver finalement tu trouveras toujours des réponses en disant ah bah c'est bon en fait j'ai vu cette Merci. type objet de personne, donc c'est bon, je peux m'installer. Alors qu'en fait,
- Speaker #1
c'est pas trop quoi. Dès que tu as quelque chose en tête, tu te rends compte que tout vient à toi dans le sens que tu as en tête. Donc il faut faire attention aussi, garder un esprit critique parce que sinon, tu vas tout trouver, que tout est génial parce que tu le veux tellement cet emplacement et tu as envie que tous les arguments aillent dans le sens qu'on l'a devant.
- Speaker #0
Ça, c'est le risque.
- Speaker #1
Et après, c'est aussi essentiel, je sors de ta question, c'est que moi, j'ai toujours fait passer mes architectes avant de me positionner dans un lieu. Oui,
- Speaker #0
intéressant.
- Speaker #1
parce que... Il y a des fois, toi, tu te projettes sur un truc et puis en fait, ça ne va pas forcément être possible.
- Speaker #0
Oui, donc travailler en binôme aussi avec des personnes qui ont un autre regard, plus technique.
- Speaker #1
Et aussi, à partir du moment où tu as créé ton pool, on est une équipe. Donc moi, effectivement, la vision de ma DA était hyper importante dans le choix de l'emplacement.
- Speaker #0
Donc il y a... 8 ans, tu ouvres après des péripéties pour trouver le local, ça t'a pris combien de temps ? 2 ans. Ah ouais, 2 ans. Sacré attente effectivement, il a été désiré.
- Speaker #1
Mais effectivement, en 2 ans, c'est pas comme si c'était rien passé à côté.
- Speaker #0
Non, comment t'as utilisé ces 2 années ?
- Speaker #1
Donc en 2 ans, mais d'abord j'ai bordé mon dossier avec la banque, parce que sans argent tu fais rien. Après, c'est vrai que je me suis... Je me suis lancée à la quarantaine, un petit peu dépassée, donc du coup j'avais un apport personnel, c'est vrai que ça change quand même beaucoup la donne aussi. Et puis d'avoir monté, j'ai monté, j'ai ouvert plus de 100 boutiques dans ma vie.
- Speaker #0
Oui, donc tu avais une vraie expérience. Donc le PNL,
- Speaker #1
le compte d'exploitation, l'apport personnel, le montage pour défranchiser, tout ça, voilà, c'était mon quotidien, donc du coup oui. Et moi, j'ai monté mon dossier avec 50% d'apport personnel. Donc, effectivement, il a fallu trouver la banque qui me suivait. Ça n'a pas été facile malgré les 50%, malgré l'hypothèque sur mon appartement. Enfin bon, de quoi t'écœurer du métier de banquier jusqu'au Covid. Parce que là, je me suis rendu compte qu'effectivement, s'ils avaient fait une hypothèque sur ma boutique et que j'avais dû partir, ils n'auraient rien eu parce qu'à ce moment-là, ça ne valait plus rien. puisque c'est la loi de l'offre et de la demande. Et en plein Covid, personne n'achète une boutique. Donc ça m'a fait être un peu plus compréhensive avec mon banquier. Et donc je l'ai utilisé à ça. J'ai utilisé à construire mon concept, parce qu'effectivement, on part d'une intention. J'ai commencé avec... Les premiers que j'ai recrutés, c'était mes archives. Donc on a beaucoup travaillé, mais on avait travaillé sur des surfaces plus petites, puisque je ciblais Vieilles du Temple ou Franc-Bourgeois. Et puis, plein de super idées, mais un truc qui n'allait pas. Tu vois, quand il y a un truc, tu te dis, ça ne va pas,
- Speaker #0
Il faut écouter ces petites voix-là quand on a...
- Speaker #1
Oui, je ne l'ai pas écouté assez tôt, mais ça va quand même suffisamment tôt. Mais ça nous a tous mis dans un état de dingue. Donc, un jour, je leur ai dit, il y a un truc qui ne va pas. Puis, ils m'ont dit, mais c'est parce que... Donc, on est fini par devenir amis, on se tutoie. Mais ils me disent, mais c'est parce que... C'est parce que tu le vois pas en 3D, c'est parce que t'as pas la culture, t'arrives pas à te projeter, c'est pour ça que ça va pas, mais ça va très bien. Bon bah je t'écoute, ça coûte combien une 3D quoi ? Bon bref, on négocie, on fait une 3D. Je regarde la 3D, en fait je voyais tout pareil, en fait ça n'a rien changé. Non mais je suis désolée, c'est tout pareil, je vois pas de différence. Bon, je vous aime Jean-Pierre si t'écoutes. Et en fait je me suis dit ok, il faut que je rajoute un supplément d'âme, il faut que je les nourrisse, je les ai pas assez nourries. c'est pour ça que ça va pas, c'est pas eux, c'est moi eux ils avaient trouvé une super caisse à outils eux ils avaient trouvé le mur comme ça ils avaient trouvé la structure en fer à béton oui parce que toi en fait c'est quand même un lieu qui va changer de peau toutes les trois semaines parce qu'il faut qu'il soit modulable donc le brief il a été respecté avec vraiment ton coeur à toi c'est quand même heureux et curieux donc il y a un truc fort qui va accueillir mais à la base il y a quelque chose et c'est ce qui fait depuis le début que c'est hyper dur parce que va expliquer aux banquiers Merci. Oui, c'est heureux et curieux, mais à chaque fois, ça sera des marques différentes. Donc, ça se joue dans l'emplacement, ça se joue dans l'architecture, ça se joue dans mon enseigne. C'est-à-dire que j'ai heureux et curieux sur la façade, ça, personne ne l'a démonté. Donc, j'ai quand même réussi à convaincre des Bang & Olufsen et autres très grosses marques de ne pas le descendre. De toute façon, ce n'est pas possible. Et mon enseigne drapeau, où ce ne sont que des jumelles, et là, il n'y a pas heureux et curieux, il y a le logo de la marque. Mais l'arché qui me dit, mais non, il faut que ça soit heureux et curieux dans l'enseigne drapeau. Je dis non, Heureux et curieux, c'est les jumelles. C'est le logo, mais c'est aussi les jumelles. Parce que les jumelles, c'est la découverte. Et après, tu fais la mise au point. Et là, tu sublimes. Mais de loin, on le voit des deux côtés. Et c'est ça qu'on regarde. Et je me suis dit, là, je veux les marques. Et tout ça pour dire... Je me suis dit, OK, la caisse à l'outil, elle est là. Parce que le brief, c'était, je veux pouvoir accueillir tout type de produit. mais du bijou au vélo.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
OK. Et je veux pouvoir accueillir tous les ADN de marque. Donc, la rose, la violette, tous les ADN de marque. Donc, ça, c'était le brief. Donc, eux, ils ont respecté le brief. Mais il manquait un petit truc. Donc, je me dis, OK. Donc, je recrute une directrice artistique qui travaille hyper talentueuse. Tu me dis si je peux... Bien sûr, évidemment. Donc, Stéphanie Perret. qui fait aussi du scouting de lieu pour Emeline Paris. Donc elle, son métier de départ, c'est scouting de lieu. Elle est brillante, je l'adore. Mon équipe d'architectes, c'est le studio Compa, que je les adore aussi. Mais c'est parfait, il faut partager les bons plans. Il faut qu'on partage. Donc Stéphanie qui amène avec elle Inès Renaudin qui travaille en amont pour les cabinets de tendance, qui donne des cours en amont, qui est brillante. Sa boîte s'appelle Madame Ilma. Et donc voilà, elles me travaillent, elles me font, donc je leur parle pendant une journée. Et en fait, elles ont tout compris et elles m'ont amené dix étages plus haut. C'était génial.
- Speaker #0
Comme quoi, s'entourer.
- Speaker #1
C'est essentiel. Mais effectivement, moi, je ne suis pas entourée de collaborateurs, on en parlera, parce que je suis quand même une structure très, très légère. Quoique, mes premiers recrutements, c'était vraiment un gros kiff. Mais effectivement, tous les freelances, toutes les équipes, je suis fidèle. Même le gars qui me pose des stickers depuis huit ans, c'est le même. donc voilà une fois que tu as les bons tu ne changes pas et c'est le bonheur parce qu'on se connait donc voilà et elles m'ont fait mon brand book, ma plateforme de marques mais qui est toujours d'actu aujourd'hui.
- Speaker #0
Tu les mets à jour de temps en temps ? C'est génial,
- Speaker #1
on n'a rien mis à jour là on est en train de faire une petite mise à jour pour les réseaux sociaux parce qu'effectivement moi j'ai pensé à recruter une agence d'ERP mais alors j'ai pensé à faire un site internet, il n'y avait même pas de SEO catastrophe et puis ça ne nous a pas empêché de vivre mais il est très beau tu me diras ce que tu en penses il est très beau et il est très bien rempli c'est à dire que les mots qui sont utilisés sont en peu de phrases donc on comprend très bien l'intention merci ce qui fait que ce n'est pas facile de le mettre à jour parce qu'on ne veut rien lâcher de ce qu'on a mais effectivement je n'étais pas très réseau sociaux et tout ça donc Donc, on a fait avec les moyens du bord. Et puis, on a amélioré petit à petit en allant sur plusieurs pistes. Et aujourd'hui, j'ai une agence que j'adore, qui s'appelle Piatchéré. Voilà, ça raconte chez ti puisqu'on y est, on partage. Voilà, allez, on y va. Donc, si vous aimez, vous pouvez l'appeler de ma part. Et donc, voilà comment, du coup, j'ai pu renourrir mes archives. Ce qui ne nous a pas empêchés de faire la démolition. Donc voilà, tout ça, ça a été un long travail. Tout ça, ça occupe l'air de rien. Oui,
- Speaker #0
mais en fait, mine de rien, ça prend du temps. Justement, ce travail sur la plateforme de marque, qui je suis, qu'est-ce que je vais proposer ? Parce qu'il est essentiel pour que tu sois hyper claire avec les marques avec qui tu vas travailler après. C'est ça qui fait la différence.
- Speaker #1
Je bénis tous les jours qu'on ait eu ces deux ans de pause. Parce qu'une fois que tu es lancé, alors pour le coup, tu n'as plus de pause.
- Speaker #0
Le train, il est parti, tu cours après.
- Speaker #1
Oui, donc tout ce que tu peux faire en amont.
- Speaker #0
Ce n'est pas du temps perdu, au contraire.
- Speaker #1
Oui, exactement. Et ça m'a permis aussi de commencer à prospecter mes premiers clients.
- Speaker #0
Oui, donc comment tu fais toi aujourd'hui pour te protéger ?
- Speaker #1
Même si tant que tu n'as pas ouvert...
- Speaker #0
Oui, compliqué pour se projeter.
- Speaker #1
Et juste pour aller jusqu'au bout de tout ce qu'on a fait, c'est que quand même, au moment de la démol, on n'y était toujours pas. Et voilà, l'aventure de la vie fait que c'était Noël, je rencontre par la bande de mes prestats un designer basé à Hong Kong. aussi brillant et qui vient et en fait il a l'idée géniale de twister le truc donc on change rien mais on twist l'organisation de l'espace.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Et là on avait quand même déjà lancé le projet puisqu'on était en démol. La veille de Noël j'appelle mon archi et je me dis est-ce qu'il va me planter ou est-ce qu'il va être d'accord de tout refaire ?
- Speaker #0
Est-ce qu'il va tout refaire ?
- Speaker #1
Il a tout refait. Et voilà, ça a été génial. Donc voilà, jusqu'au bout, on a eu des sueurs. Et après, voilà, tout s'est enchaîné, ça roule. Et tu m'avais posé une question. Non, tu disais, je voulais boucler ça. Non, mais tu avais raison.
- Speaker #0
Les premiers clients, comment tu as fait ?
- Speaker #1
Ma première cliente, c'est vrai, les premiers clients, ils ont eu des super conditions.
- Speaker #0
Oui, évidemment, il faut bien que ce soit attractif.
- Speaker #1
Voilà. Après, je les adore parce que c'est des gens avec qui je garde toujours le contact aujourd'hui qui ont été hyper curieux. Alors effectivement, il a fallu que je fasse la danse du ventre. Mais voilà, et ça s'est fait. Mais ça s'est fait où on changeait de client toutes les trois semaines. C'était un marathon avec mes scénographes, Oli et Olyse.
- Speaker #0
Est-ce que tu proposes aussi ? C'est un peu un package complet. Ça a changé.
- Speaker #1
Alors ça a évolué. C'est le side, moi je pense que dans tout et dans les pop-up, c'est ce que j'explique à mes clients, il y a des side benefits. Il faut construire tous ces projets en essayant d'aller chercher le maximum de side benefits. Et donc moi, mon side benefits du Covid, c'est que ça m'a appris à être beaucoup plus agile. Et j'étais partie avec mon business plan, une marque toutes les trois semaines et on gère tout. De la direction artistique, le fil rouge, l'intention. On fait notre réunion de kick-off avec Madea, mes scénographes. On propose, on fait la scéno, on fait nos allers-retours. Et derrière, on fait la vente.
- Speaker #0
C'était all inclusive.
- Speaker #1
Quand tu dis on fait la vente, c'est on a les équipes de vente sur place ?
- Speaker #0
Là, tu ne la vois pas parce que c'est plus en mode expo. Mais normalement, j'ai une caisse, j'ai mon système de caisse. On est opérateur retail et on intègre les produits dans notre caisse. Donc, c'est tellement plus simple que les petits sommes. Enfin bon, on pourra en reparler. Et du coup, post-Covid, donc d'abord, ça a été un marathon pendant un an et demi. Parce qu'il y a des fois, je commençais trois semaines et je n'avais même pas la marque d'après,
- Speaker #1
quand tu démarres.
- Speaker #0
Et comme tu commences, et qu'en plus tu ne commercialises pas au bon prix, mais j'étais toute seule à la vente. Et donc, six jours sur sept à la vente, et le lundi fermé, tout le reste. Un fils qui avait huit ans à l'époque, qui n'a pas vu sa mère pendant un an, et voilà. mais il faut le faire et je n'imagine pas l'énergie je crois qu'aujourd'hui je n'aurais pas cette énergie de refaire un an comme mon an d'ouverture mais tu es portée par,
- Speaker #1
tu as tellement d'adrénaline tu vois enfin ton projet se réaliser et tu sais que c'est maintenant qu'il faut mettre le coup d'accélérateur que c'est les premières années parfois c'est un an, deux, ça dépend des projets mais il faut tout donner mais en fait tu sais quoi tu te poses même pas la question c'est après que tu te rends compte il faut juste éviter le point de bascule où t'es trop épuisée il faut quand même réussir à se connaître il faut aller de temps en temps voir son médecin et qu'il te dise tu te rappelles t'as déjà fait un burn out essaye
- Speaker #0
de pas en refaire un deuxième c'est censé être un projet qui tient tu peux pas avoir 3 journées en une journée ça n'existe pas parfois on manque de lucidité on veut tout faire Bah oui, et puis tu te lèves à 6h, tu te couches à 1h, il y a un moment ton corps il ne peut pas suivre, donc il faut s'écouter aussi, on est des êtres humains et voilà. Et la boîte elle repose sur nous, et puis mon père il disait toujours il faut mieux faire envie que pitié, donc si t'as pas assez dormi tu fais plutôt pitié.
- Speaker #1
C'est bad, Et puis en fait il y a un moment c'est un métier qui nécessite de tellement donner et d'être dans l'énergie, si t'en as pas tu fais mal ton métier et puis tu dois tenir une boîte donc c'est aussi ton job. en tant que dirigeante, d'être lucide, d'être les pieds sur terre et être en forme. Exactement.
- Speaker #0
Et après, la relation client, honnêtement, c'est galvanisant. Tu as tellement de retours, tu as tellement de bienveillance, ça te renvoie tellement de bonnes ondes que c'est top. Mais même, je vois encore aujourd'hui, normalement, je ne suis plus sur le floor, quasiment plus. Mais en fait, si je suis sur le floor, je sais que je ne vais rien faire. Mais ça ne va pas être rien.
- Speaker #1
Non, mais tu seras là. Je suis là.
- Speaker #0
Et du coup, c'est dingue. Parce que je me dis, mais qu'est-ce que je rate quand je n'y suis pas ? Il y a toujours des gens que je connais qui passent. Ou sinon, je fais des rencontres de dingue, on fait des ventes de dingue. Bon, voilà. Et ça te renvoie du bon, parce que les gens sont très curieux, les étrangers aussi. Et puis, ils vont sur Instagram, ils s'abonnent. Oui,
- Speaker #1
mais c'est vrai que ça te nourrit le commerce. Il se passe plein de choses,
- Speaker #0
des journalistes, des acheteurs. Il se passe toujours plein de choses.
- Speaker #1
Oui, avec des humains, une vraie rencontre.
- Speaker #0
Parce que finalement, quand tu montes ton projet, la grosse frustration, c'est que tu es chez toi entre tes quatre murs. Et même, tu es mauvais en commercial. Alors qu'après, ça devient fastoche. Mais quand tu es... Moi, mon mari, il est directeur commercial. On se mettait dos à dos dans le couloir pour qu'il m'aide à pitcher au téléphone. C'était horrible. Je veux dire, c'est la... pire des expériences, c'était le pire moment, tu te trouves tellement nulle. Mais après, quand tu as ton lieu, tu as ta preuve de concept, et puis tu es en face des gens, juste tu les écoutes et tu essayes de répondre à leurs besoins.
- Speaker #1
Au bout de combien de temps tu as eu l'impression d'avoir passé cette première phase où tu dois faire un peu tes preuves, où tu es en rodage ?
- Speaker #0
Ça m'a pris 2-3 ans. Ça a été long parce qu'en plus on a eu le Covid.
- Speaker #1
Mais le Covid,
- Speaker #0
ça a été aussi une expérience dingue parce qu'on s'est retrouvés du jour au lendemain, la boutique fermée. Et alors, quand elle rouvre, Le boulanger, maintenant le boulanger il s'est pas fermé, mais la boutique de fringues, elle rouvre, elle rouvre. Toi, tu rouvres, tu rouvres pas parce que tous tes clients t'as passé trois mois à découdre ce que t'avais mis beaucoup de temps à construire. Donc quand ton client, à l'autre bout du monde, il te dit « I want my money back » , et tu lui dis « Ok, alors là ça fait un an que j'ai ouvert ou un an et demi, en vrai, si je devais lui rendre son argent, je dépose le bilan » . Donc je ne peux pas. Donc je lui dis, ben non, mais par contre, vous n'allez pas perdre votre argent parce qu'on va reporter. Vous avez payé votre compte, vous récupérez votre compte en temps de présence chez Relais Curieux. Si vous ne souhaitez plus faire toute l'opération, parce qu'ils avaient 400 000 euros de marchandises à Dunkerque. Bon bref. Ah mais la force majeure, ok, la force majeure, c'est au tribunal. Si vous voulez, on se revoit au tribunal, mais moi, je ne vous rembourse pas. Il faut être solide. Tu détricotes tout. Et quand ça rouvre, tu n'as rien. Ton agenda, il est vide. Et donc là, c'est ce que tu disais tout à l'heure. Tu ne sais pas quand ça va rouvrir.
- Speaker #1
Que tu avais un peu un business plan avec cette rotation de trois semaines et que le Covid est arrivé et que là...
- Speaker #0
Donc du coup, je me suis retrouvée le premier jour. Je suis venue. J'étais là au milieu, normalement il y avait une table centrale au milieu, j'étais là, j'étais toute seule, je me disais chronique d'une mort annoncée, qu'est-ce qui va se passer là ? Et puis voilà, les bonnes rencontres, une voisine qui passe, un autre contact business qui passe, on prend le café et tout. Et puis je me dis, attends, je vais faire des portes ouvertes, ça va être gratos. Heureusement il y avait les aides.
- Speaker #1
T'as réussi à avoir un PGE ?
- Speaker #0
Oui, j'ai eu le PGE. Donc j'ai eu PGE et puis j'ai eu aussi les aides. Voilà, donc effectivement j'avais ma vendeuse qui du coup heureusement pouvait toucher son chômage partiel. Et puis, parce que j'avais recruté en ce temps. C'est ça,
- Speaker #1
il y avait quand même eu cette grande marche.
- Speaker #0
Ouais, ouais, donc voilà. Heureusement, ensuite j'ai négocié avec ma banque aussi des reports, d'échéances. Donc ensuite j'ai dû les payer. Enfin toi ton PGE, il faut quand même le rembourser. Oui, bien sûr. Tes échéances de banque, il faut quand même les rembourser. Ma propriétaire m'avait offert un mois de loyer, m'avait décollé ensuite d'autres loyers. Donc tout le monde, j'ai eu la chance aussi d'avoir affaire à des bons humains et qu'on ait pu négocier. Mais n'empêche que quand tu rouvres, c'est vite. Donc je m'étais dit, comme finalement je n'ai pas une deux chevaux, j'ai une Rolls, donc ça a coûté quand même cher, je me suis quand même endettée fortement et c'est magnifique. Mais ce qui n'empêche pas qu'on peut tout accueillir. Je te parlerais de mon premier client, c'était dingue. Et du coup, si tu veux. Oui, ça fait partie de ma question. Ça dépend du temps qu'on a, mais sinon tu es là jusqu'à ce soir. Et du coup, je me suis dit, on va accueillir les très très jeunes marques. Et on va les accueillir gratuitement pour une semaine. Elles vont juste payer. Voilà, le fait de mettre l'électricité et de faire venir ma vendeuse le week-end. Et du coup, pendant trois mois, j'ai eu toutes les semaines une marque différente. Et là, hors de question de payer MADEA, de payer des scénographes, de payer rien du tout. Et je me suis rendu compte que des jeunes marques, d'abord que le lieu était tellement équipé et tellement modulable,
- Speaker #1
que pour...
- Speaker #0
zéro budget, quand t'es agile et que t'as de la ressource et des bons copains tu peux faire un truc waouh sans investissement et je me suis dit ben voilà en fait on va faire light donc on est passé d'un système 3 semaines ou rien à une journée à 3 mois et on est passé d'un all inclusive à la carte ok et comme ça ça m'a permis de commencer à être payée pour ma presta plutôt que de payer tous mes prestataires que j'adore mais que si j'ai besoin de rembourser et de payer mes charges et du coup je dirais que la Presta Minimum bien sûr c'est le lieu mais c'est un lieu qui est entièrement équipé et modulable où on accompagne l'installation des clients avec tous nos outils à la première step qui est 80% des cas c'est intégration dans mon système des caisses et ventes et après à la carte c'est effectivement ma DA mécénographes. Et là on se comporte pas comme une agence en fait, parce que moi je suis contente de faire travailler les gens. Je suis pas en train de me prendre des honneuraires sur chaque ligne et de piloter tout ça. Et du coup c'est devenu très léger, très agile et plus accessible. Enfin plus accessible, j'ai pas pour autant, en fait c'est plutôt que je me rémunère.
- Speaker #1
Oui, c'est un peu l'objectif aussi quand même.
- Speaker #0
Et c'est comme ça, parce que l'idée, c'est de rester une entreprise et que si tu n'es pas rentable, tu fermes. Oui,
- Speaker #1
ok. Et donc aujourd'hui, combien de marques tu as accueillies ici ?
- Speaker #0
Alors, il y a plusieurs réponses à la question. Nous, à chaque marque qui vient chez nous, on lui ouvre un chapitre sur notre site internet.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Donc, c'est aussi, ce qu'on n'a pas parlé, mais le concept, c'est aussi un concept qu'on a voulu durable. C'est-à-dire que même si c'est un pop-up... Je dis ça parce que c'est le mot que tout le monde comprend. Donc c'est éphémère. Je le déteste, c'est plutôt un lieu hybride. Mais il y a une forme d'éphémère. Donc l'éphémère, normalement, ça a vocation à consommer beaucoup de matière. Donc là, comme le lieu est très équipé... C'est très modulable. L'idée, c'est que ça consomme le moins possible de matière. Donc, on est durable dans ce sens-là. Et on est aussi durable parce qu'on a un site internet. Et à chaque fois qu'une marque vient chez nous, on lui ouvre un chapitre.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Ça s'appelle les temps. Donc là, on est à notre 87e temps chez Aurélie Curieux avec Fragments. Donc ça, c'est la première réponse. 87 temps. Mais j'ai eu beaucoup plus de marques qui sont venues parce que parfois, j'ai des événements collectifs.
- Speaker #1
Oui, c'est ça.
- Speaker #0
Donc là, ça démultiplie parce que quand on a eu, par exemple, d'abord là, ils sont 40. Ce ne sont pas des marques, c'est des créateurs. 40 créateurs et 9 fabricants de matériaux. Retenir les prénoms de tout le monde, c'est un cauchemar, mais c'est hyper excitant. Pour de bon, c'est une plateforme, c'est de la food tech. C'est de la livraison de produits frais à domicile. Canon, je vous invite à aller découvrir. 40 producteurs.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
le guide ultime plus de 100 créateurs à Noël l'année dernière la carte française il devait y avoir 20 ou 25 marques donc là tu démultiplies le truc notre événement sur la précommande on a 14 marques à chaque édition donc là j'ai pas compté le nombre de marques en tout Oui,
- Speaker #1
alors là, je pense que... J'ai juste compté l'année dernière pour le fun, 2025,
- Speaker #0
2000 cafés offerts en fonction du nombre de kilos de cafés que j'avais acheté.
- Speaker #1
Et comment tu sélectionnes aussi les gens avec qui tu travailles ?
- Speaker #0
Mes partenaires freelance ou les marques avec qui tu vas travailler,
- Speaker #1
avec qui tu vas ouvrir des chapitres ?
- Speaker #0
Alors moi je fais beaucoup de prospection, je suis sur des plateformes aussi, de mise en relation, il y a le bouche à oreille, il y a... Voilà, t'as un article, une interview, donc ça, ça fonctionne bien. Enfin, ça commence à bien fonctionner, les plateformes. Et moi, je fais beaucoup de prospection parce que j'adore ça. Donc, je vais à la rencontre des gens. Je m'intéresse aussi à la tech. Je ne suis pas bonne, mais il y a des sujets qui me plaisent. Donc, je te disais tout à l'heure, Glowy. Là, c'était perso. J'avais investi. Je trouvais que c'était génial. La bioluminescence par les algues. Ce que je vois qui me plaît, je prends mon téléphone, j'appelle, j'envoie un mail, j'envoie un message Insta.
- Speaker #1
Tu crées l'étincelle qui fait que...
- Speaker #0
On essaye de créer un contact. C'est super dur parce que tout le monde est hyper sollicité. Ça, c'est le plus compliqué d'essayer d'établir un contact. Mais bon, tout est bon. Les réseaux aident énormément. Et les réseaux sociaux. Aujourd'hui,
- Speaker #1
Eurélie Curieux, vous êtes sur
- Speaker #0
Instagram. Donc on est sur Insta. On est sur LinkedIn, c'est tout.
- Speaker #1
Ok. C'est déjà pas mal.
- Speaker #0
Oui, parce que... Oui, c'est tout. Pour l'instant, c'est tout. J'ai plein de trucs que j'adorerais faire, mais on fait déjà ça, c'est bien.
- Speaker #1
Et tu sens que c'est des outils qui sont indispensables aujourd'hui pour être visibles pour toi et transmettre aussi ton message ?
- Speaker #0
Instagram, c'est indispensable. LinkedIn... On s'en occupe seulement vraiment depuis 3-4 mois, j'espère que mon réseau n'est pas saturé et va finir par me détester. Non c'est bien, c'est hyper intéressant. J'ai quelqu'un qui s'en occupe avec moi, c'est ça.
- Speaker #1
C'est ce qu'il faut aussi.
- Speaker #0
Mais je me dis c'est plus... Il y a des fois, je me dis, on discute, on prend un café avec Sarah, puis elle me dit, ça c'est génial, c'est génial. Je dis, non mais c'est pas intéressant. C'est génial. Si tu veux, de toute façon, une fois que tu as des partenaires, je lui fais confiance en fait. Donc je lâche. Ça apprend à lâcher l'entreprenariat. Ça apprend l'audace et le lâcher prise. Parce que, waouh, je ne suis plus la même. Mais du coup, je lâche parce que sinon, ce n'est pas la peine. Et du coup, je me dis, oh là là, je ne me dis pas possible, ils vont se lasser. Donc je me dis, LinkedIn, c'est plutôt de revenir top of mind. Et ça marche pas mal sur la recommandation. Parce que quelqu'un qui te voit toutes les deux semaines, il dit, c'est sympa ce qu'elle fait, machin. Ou le jour où on va lui dire, cherche un pop-up, plus facilement, il va se dire, c'est vrai, il y avait Sabrina, mais je n'y pensais pas. Et je commence à avoir des... Donc après, tu ne sais jamais vraiment. Oui, c'est compliqué de tracer vraiment. Et puis pour moi, LinkedIn, c'est mon réseau pro. Je l'ai construit depuis 20 ans. Je ne sais pas si 20 ans ça existait, mais oui, je pense. Donc voilà, les réseaux. Et moi, mon kiff, c'est de faire les salons pro. Donc on me dit, je vais sur Maison Objet. Dimanche, j'étais au Who's Next. Je vais au salon du Made in France. Je vais à tous les salons où je peux aller. J'attends d'avoir suffisamment... Je serais heureuse d'aller faire des salons à l'étranger, mais c'est un autre budget de prospection. Donc pour l'instant, non. Mais j'espère que dans les années à venir, ça sera un sujet. Mais voilà, moi, j'adore aller sur les salons professionnels. établir des contacts. C'est comme ça que j'ai eu Pierrot Gourmand. c'est comme ça que j'ai eu Dantec voilà c'est les premiers qui me viennent à l'esprit mais ça crée du lien la carte française, la carte du Made in France, incroyable voilà et parce que tu rencontres les gens Annie Blatt, trop drôle voilà et il se passe des trucs parce que tu crées une relation, il faut pas être j'ai pas la prétention de vouloir donner trop de conseils parce que les conseilleurs sont jamais les payeurs mais je dirais que c'est le partage d'expérience moi je trouve que ce qui fait que ça marche c'est d'y aller sans attente et plus ton business marche plus tu y vas sans attente et plus ça marche donc c'est un cercle vertueux c'est ce que j'essaye de faire ici entre les petites et les grandes marques que j'accueille c'est dans mon brand boot depuis 9 ans C'est le principe du cerveau actueux. C'est les petits nourrissent les grands et qu'il y a une énergie qui circule. Et effectivement, quand tu rencontres des gens, moi maintenant, bien sûr, et puis je peux leur dire tranquille, mon rêve, c'est de vous accueillir chez Heureux les Curieux. Et je veux que vous veniez faire un pop-up chez moi. Mais en attendant, quand je leur parle, je suis d'abord concentrée sur eux. et sur créer la relation et sur les accompagner tu vois hier j'ai fait un rendez-vous avec une marque qui réfléchit à son lancement, d'abord je kiffe j'adore, mais on a passé une heure j'espère qu'ils viendront chez moi faire le pop-up mais peut-être pas mais je suis heureuse de leur donner des conseils je suis heureuse de partager des tips de partager mes contacts ce qui doit revenir ça reviendra ça circule voilà et ça circule
- Speaker #1
Tout à l'heure, tu parlais, quand tu t'es lancée, qu'on disait que le retail était mort. Et c'est vrai que ces dernières années, il a quand même beaucoup évolué, c'est très challengé. Et tu disais qu'il était quand même indispensable. Ça sera toujours dans nos existences. Moi, j'en suis persuadée. On a besoin de lieux physiques, on a besoin de se parler, on a besoin de se rencontrer. Comme on disait un jour, le livre est mort.
- Speaker #0
On sort tout sur les tablettes. Non,
- Speaker #1
on a besoin de toucher.
- Speaker #0
Regarde pourquoi t'as la queue à l'hypermarché. Quand tu vas au supermarché le week-end et que tu vois tout plein de vieux à la queue. Mais pourquoi ? Ils pourraient y aller en semaine. Ben non, ils y vont quand il y a du monde.
- Speaker #1
Oui, parce qu'on a besoin de ça. Et toi, quel est ton regard aujourd'hui justement sur les enjeux pour les commerçants, pour les gens qui veulent monter, ouvrir des boutiques, développer des réseaux ? Comment tu vois les choses ? Ton petit diagnostic et un peu la suite.
- Speaker #0
Oui. Alors, la porte ouverte, c'est que le retail aujourd'hui, d'abord, ça va très, très vite.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et ce n'est déjà pas ce que c'était il y a cinq ans, déjà plus que c'était il y a cinq ans. Et alors, autant te dire de ce que c'était il y a quinze ans quand je faisais du développement de réseaux magasins, mais on est passé dans un monde complètement différent. Je pense que déjà, en amont... D'abord... De toute façon, je ne vais rien dire de très nouveau, mais je pense que quand tu ouvres une boutique, il faut que ça soit une expérience pour ton client. Il faut que l'humain soit au top, sinon tu n'ouvres pas. Derrière, effectivement, il faut le produit, il faut le prix, il faut tout ça.
- Speaker #1
Oui, mais ça,
- Speaker #0
tu peux l'avoir en ligne en fait. Quand tu as tout ça, quand tu as ton bon mix, mais ça, c'est un autre sujet. Quand tu ouvres, il faut que tu saches pourquoi tu ouvres. Pourquoi tu ouvres ?
- Speaker #1
Qu'est-ce que tu as proposé ? C'est quoi ta proposition ?
- Speaker #0
Est-ce que tu veux atteindre des niveaux de chiffre d'affaires pour aller scaler ta prod ? Est-ce que tu veux développer ta notoriété ? Est-ce que tu veux organiser des rendez-vous clients ? Tu peux avoir différents objectifs. Il faut vraiment savoir pourquoi tu ouvres une boutique.
- Speaker #1
Oui, c'est pas à vendre, mais aussi rencontrer sa clientèle, mieux la comprendre. Je ne sais pas, il y a plein de possibilités.
- Speaker #0
Tu as plein d'objectifs. Et les marques digitales, je les trouve impressionnantes parce qu'effectivement, quand elles ouvrent une boutique, c'est qu'elles ont une vraie intention de relation. Il y a des très beaux concepts de marques digitales qui n'ont qu'une boutique et souvent, derrière leur boutique, il y a leur bureau.
- Speaker #1
Donc,
- Speaker #0
elles ont déménagé leur bureau et elles ont mis leur boutique devant. Ce qui fait que c'est un peu moins galère, les frais de personnel, qu'il faut être toujours là parce que c'est une tannée d'ouvrir une boutique.
- Speaker #1
Tout d'un coup,
- Speaker #0
il faut que tu sois ouvert.
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #0
et puis les jours, je veux dire, du matin au soir, t'es malade, Pourquoi tu l'as fait ? Et que derrière, quand tu ouvres ta boutique, tu as l'expérience, tu apportes une expérience et tu apportes un humain. Donc je dirais que ça, c'est essentiel. Et qu'ensuite, effectivement, une boutique, tu fais aussi du chiffre. Et je pense que tu peux, quand tu fais du retail, tu as plein de... Enfin, quand tu distribues... Il ne faut pas penser mono-distribution de toutes les façons. Il faut aller chercher différents circuits pour tes ventes. Ça me fait faire un tout petit aparté sur la précommande, sur notre événement sur la précommande, où finalement on accueille des marques qui vendent sur le modèle de la fabrication à la commande. Mais pas que, parce qu'au début, c'était le seul modèle que j'accueillais quand je faisais cet événement. C'est une façon pour moi d'accueillir des jeunes marques en fait. Et de leur proposer une prestat plus plus, avec des RP, avec une soirée, un petit déjeuner presse. Plein d'à côté pour les nourrir et pour leur donner de la visibilité. Et en fait, c'est très compliqué d'avoir qu'un seul circuit de distribution. Et même les grandes marques qui font de la précommande, je pense à Patine notamment, que j'adore, qui est venue témoigner ici. Tu ne peux pas faire qu'un circuit de distribution. Donc, il faut réfléchir en amont. à ton prix wholesale, si un jour tu fais du wholesale. Donc, tu as tout ça qu'il faut construire, si possible, en amont. Et donc, je pense que la distribution, finalement, tu peux faire une boutique. Ça peut être une boutique qui soit une boutique d'expérience, en fait. Une boutique où Cézanne avait fait ça très bien. Tu ramènes tes vieux vêtements, tu les échanges. Il faut qu'il se passe des trucs dans ta boutique. Donc ça, je dirais, il faut de l'événement et il faut de la relation. Les gens, ils sont accueillis. Il faut qu'ils passent un bon moment.
- Speaker #1
Du coup, le recrutement est essentiel.
- Speaker #0
C'est essentiel. Qu'est-ce que c'est dur ?
- Speaker #1
Oui, c'est ça. J'allais te dire, est-ce que tu as des retours d'expérience, des conseils, des choses à partager sur ce point-là ? Parce que je sais que c'est un...
- Speaker #0
Ah, c'est tellement essentiel. Et moi, effectivement, mon premier recrutement, ça a été ma vendeuse. Et mon fils l'a remercié en me disant « je vais pouvoir revoir ma maman » . Et voilà. Et après, c'est vrai que moi, j'ai fait des super recrutements. Je suis tellement contente parce que finalement, tu attires aussi les gens, finalement.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Voilà, donc moi j'ai... C'est souvent... Tu mets de l'énergie. J'ai recruté par des annonces, soit par LinkedIn, soit par le bouche à oreille. Et franchement, ça a toujours été un bonheur. Mais effectivement, dans la vente, et puis quand tu ne peux pas non plus payer des salaires de fou, ça circule. Et moi, j'ai beaucoup recruté de profils atypiques, c'est-à-dire, ça a été essentiellement des femmes, même si maintenant c'est un homme. et qui finalement, leur passion c'était autre chose. C'était l'illustration, c'était la direction artistique, et c'était la production d'événements. J'ai eu ces trois profils des femmes que j'adore. Mais un jour ou l'autre, elles arrivent à... Et c'est le but. Elles ont apporté chacune leur pierre au-delà bien de la vente chez Aurore et Curieux. Donc c'était des couteaux suisses pour moi, c'était génial. Mais du coup, en contrepartie, tu sais qu'un jour elles partent parce qu'elles vont s'épanouir dans leur passion. Mais voilà, c'est du donnant-donnant, c'est génial. Donc ce qui fait que tu remets le pain sur la planche régulièrement. Et là, j'ai un gars aussi que j'adore, donc venez, vous pourrez le rencontrer à partir du 29 septembre, chez Aurélie Curieux, à la vente. Et voilà, c'est toujours des belles personnes parce que moi, effectivement, je vais plutôt aller challenger la relation humaine. que la vente pour pousser la vente. Parce que les marques viennent chez moi en fonction de la taille du client. En fait, les gros clients, ils ne viennent pas pour vendre, ils viennent pour l'image. Même si l'objectif, et c'est ce que je dis tout le temps à tout le monde, les petits comme les grands, réfléchissez en amont à vos KPIs. Primo, pourquoi vous faites le pop-up ? Deuxièmement, réfléchissez à tous vos side benefits. Troisièmement, vous aurez des retombées en images et en recrutement. Par contre, je ne sais pas si vous aurez des retombées de chiffre d'affaires à la hauteur de ce que vous attendez. Parce que ça, on n'en sait rien. Tout d'un coup, il fait une météo de merde. Tout d'un coup, tu as un événement de je ne sais pas quoi. Tu ne sais pas, il y a des produits qui cartonnent, d'autres qui marchent moins bien. Ça, moi, je n'y suis pour rien. Et puis, il faut aussi communiquer. C'est tout ce que tu fais à côté, ton drive to store. Il n'y a pas que l'emplacement. Aujourd'hui, il faut créer du trafic. Il faut créer du trafic, donc il faut faire venir ta communauté. Et il faut créer... Mais voilà, hopefully... Tu vas rentabiliser ton investissement par les ventes que tu vas faire.
- Speaker #1
Oui. Oui, tu sais qu'il peut aussi y avoir des ricochets, parce qu'il y a telle personne qui va passer et qui va vouloir faire une collab avec toi plus tard. Il y a plein d'autres choses.
- Speaker #0
Je te raconte une anecdote ?
- Speaker #1
Vas-y.
- Speaker #0
Allez. En plus, c'était post-cause vide. Porte ouverte avec une marque de bijoux qui va revenir bientôt, que j'adore. Et là, du coup, je ne la cite pas parce que... Comme je disais, exemple, c'est qui c'est, et puis venez, mi-novembre, la rencontrer. Donc elle fait ses ventes normalement, tu vois, pendant le pop-up. Le dimanche, genre à 4 heures, une femme rentre, elle la reconnaît. C'était la papesse des journalistes dans le bijou. Ça faisait 5 ans qu'elle lui courait, ou 10 ans qu'elle lui courait après. Non mais, elle n'avait jamais réussi à la rencontrer.
- Speaker #1
Et là ?
- Speaker #0
et la femme rentre pour ses bijoux donc là même pas t'as besoin de faire la vente, elle rentre pour tes bijoux et là elle me dit non mais ça ça m'a fait mon année en fait donc tu sais jamais ce qui se passe et qui rentre et comment là il se passe des trucs de dingue avec Fragment c'est formidable donc tu sais jamais qui rentre ok
- Speaker #1
c'est toute la magie du commerce aussi tout est possible en fait le matin tout est possible Ce qui peut être parfois fatigant, mais en même temps hyper excitant. Pour le commerce, l'humain, l'humain, l'humain, l'expérience.
- Speaker #0
Et les ventes sont difficiles pour tout le monde. Il faut vraiment savoir pourquoi on y va et savoir ce qu'on met en place pour optimiser ses ventes.
- Speaker #1
Et donc oui, pourquoi Euroles et Curieux ?
- Speaker #0
J'ai beaucoup longtemps cherché un nom.
- Speaker #1
Ça, ce n'est pas facile aussi de trouver le nom.
- Speaker #0
Ah ouais, c'est l'enfer.
- Speaker #1
Alors, soit c'est une évidence et ça tombe comme ça et tant mieux. Mais alors, quand on cherche...
- Speaker #0
Quand c'est tombé, c'est tombé. Mais ça a mis longtemps à venir. Alors, comme je suis une besogneuse, j'ai fait des groupes de travail.
- Speaker #1
Ah ouais.
- Speaker #0
Avec mes potes, des groupes de créativité. Donc, je me suis formée à la créativité. Ensuite, j'ai fait des brainstorms. L'enfer, faire venir les gens, dans des bureaux, à la maison. Enfin, bref. Il est sorti plein de trucs, n'est-ce pas ? Ensuite, j'ai cherché une agence de naming. Ça m'a coûté des ronds parce qu'au début, je croyais que j'étais Rothschild. Je dépensais beaucoup quand j'étais salariée. Tu dépenses pour ta boîte. Oui, ce n'était pas les mêmes. Donc là, à tout refaire, je ferais beaucoup d'économies. Pareil, ça ne marchait pas. Il y avait un truc qui me plaisait, mais ce n'était pas top. Et puis, je pars en vacances et j'emmène un bouquin de Servan-Schreiber sur la... sur la psychologie positive. Et je ne sais pas si c'était Power Patate ou un truc dans le genre. Et là, j'avais aussi suivi un MOOC sur le bonheur, parce que tu dis qu'est-ce que tu fais pendant les deux ans, machin. Et donc j'avais vu passer un MOOC à Berkeley sur le bonheur, je me suis dit que c'était génial, je m'étais inscrite au MOOC, j'ai mon diplôme, machin, trop drôle. Et du coup, j'ai lu le bouquin, et à un moment, c'est « La curiosité rend heureux » . et fait vivre plus longtemps, et s'éprouver. Et ça recoupe avec ma formation Berkeley sur le bonheur. Ça t'a nourri tout ça,
- Speaker #1
tu t'es dit tiens...
- Speaker #0
Et du coup je me suis dit, heureux les curieux ! Et voilà, c'est né comme ça au bord de la piscine en vacances.
- Speaker #1
Quand tu penses qu'on disait aux enfants que la curiosité était un vilain défaut.
- Speaker #0
En faire.
- Speaker #1
Quelle affreuse phrase !
- Speaker #0
C'est horrible. J'aime les curieux. Quand t'as quelqu'un devant la porte, c'est vrai que moi je vais ouvrir la porte, je vais lui parler. Souvent, je fais rentrer les gens. Je les vois devant, je vais les chercher. Il y en a, ils s'en vont en courant parce qu'ils ont trop peur. Ça arrive, ça arrive. N'ayez pas peur, je ne vais pas vous mordre. Mais voilà, la curiosité rend heureux. Et oui, elle fait vivre plus longtemps. Donc, soyons curieux.
- Speaker #1
Et au final, elle nourrit le projet parce que c'est ce que tu disais, tu aimes bien aller au contact des gens, les rencontrer, toutes ces marques qui viennent là.
- Speaker #0
En fait, en creusant, en parlant aux gens, en sortant un peu parfois de sa tanière, il se passe des choses magnifiques. Et les petits pas de côté, tu vois,
- Speaker #1
les petits pas de côté. Moi, j'ai aussi, voilà, des moments où le lieu était vide, voulu aller inviter un artiste que je trouvais intéressant parce qu'il zoomait sur le détail, il faisait des... dans la nature.
- Speaker #0
C'est un bon prétexte aussi pour faire des rencontres et tester des choses. Voilà, pour faire autre chose.
- Speaker #1
Et c'est pour ça qu'on l'appelle Papopup, ça devient un lieu hybride. Parce que moi, j'adore tester des choses. On a accueilli une époque formidable, Anne Éveilleur. Anne Éveillard, géniale, va voir son blog. C'est canon, c'est une journaliste et elle a fait un magazine papier qui s'appelle, à une époque formidable, c'est 100 pages, 100 pubs, qu'elle a fait en auto-édition. Et elle a surtout son blog. Et ici, on l'a accueilli pendant trois semaines. Elle avait fait son chemin de fer sur le Murmoud et elle avait installé au centre sa salle de rédaction. C'est génial. Et on avait installé toutes les marques, tous les gens qu'elle avait interviewés pour son magazine. Je vais peut-être l'offrir. Le silence. Et donc, on avait une bulle de sieste avec iTunes et Bang & Olufsen. Des trucs de dingue. Du coup, ça t'amène à des choses folles. De voir des choses folles. Et puis là, la semaine dernière, la magie des réseaux. Oui, c'était la semaine dernière. La rentrée est trop... Sur LinkedIn, j'étais sur le chemin du retour de vacances et je vois quelqu'un qui me tag sur le poste d'un gars en disant, tiens Sabrina, regarde, c'est pour toi. Mais la femme, je la connais depuis six mois parce qu'on s'est croisées un petit déjeuner de l'ADN. Et puis on se parle, machin, puis on se suit. Et elle a ricoché parce que c'est une femme qui est aussi dans les tendances, qui est super intéressante. Et donc, je vais regarder ce qu'il fait. Et le gars, il fait des dessins, il fait de la réalité augmentée, il avait besoin d'un lieu pour prendre des photos de son dessin et ensuite le faire vivre dans un lieu. Donc il cherchait un lieu. Donc gratuitement, machin. Et puis je vois, et je dis, c'est trop drôle, la réalité augmentée, moi je voudrais bien voir comment ça va se passer chez Aurélie Curieux. Et Stéphane, je suis très mauvaise avec les noms, je pense qu'il s'appelle Maquet, vous pouvez le voir. Et en fait, Stéphane, il est venu jeudi ou vendredi dernier, jeudi dernier, il a installé son dessin là, sur le mur. T'as peut-être vu.
- Speaker #0
J'ai vu sur LinkedIn, ouais.
- Speaker #1
Et maintenant, j'attends avec impatience de voir comment elle va se balader chez Relais Curieux.
- Speaker #0
C'est incroyable ça.
- Speaker #1
Et ça, je l'ai fait parce que c'est expérimental. J'ai trouvé que c'était génial. Donc, je suis curieuse de voir ce que ça va donner.
- Speaker #0
Ouais, mais du coup, en fait, tous ces pas de côté nourrissent aussi le lieu et l'image que les gens en ont. Et en fait, ça fait la boucle est bouclée avec le fait que tu veux en faire un lieu. d'expérience où il se passe plein de choses. Ça montre que tu es aussi dans cette dynamique. La promesse est respectée.
- Speaker #1
Oui, c'est beaucoup plus qu'un lieu où on organise des pop-ups. C'est un lieu où on vient à la rencontre, où on vient à la découverte. C'est vraiment pour moi le cœur de mon concept, c'est la rencontre et la découverte. C'est de se dire qu'on va venir quand on est consommateur, on va venir quand on est client, en passant, on va rentrer et on va découvrir une marque. Pas comme si on allait dans la boutique de la marque. On va découvrir la marque, on va découvrir son histoire, on va découvrir son ADN, parce que c'est l'idée de cette première partie du magasin, c'est la communication, c'est partager les valeurs. La deuxième, c'est vendre, et la troisième en bas, c'est l'expérience. Donc ça a vraiment été pensé dans un parcours client. Et tu vois, quand on avait Banganelusen, les revendeurs, ceux qui avaient des boutiques à Lille, à Bordeaux, ils disaient « Ah mais nous, on voudrait que nos boutiques Banganelusen soient comme ici. » Et je disais « Non, vous ne voudriez pas. » Parce que... oui, il y a plein de femmes qui rentrent, qui ne rentrent pas dans vos boutiques. Mais parce que la première partie, on raconte votre histoire. Et puis, dans la cabine d'essayage, on a fait un salon marocain. Les gens, ils s'asseillent, ils appèrent les devices. Et puis en bas, il y a le salon avec la tête. Mais chez vous, vous ne pouvez pas parce que quand vous payez 80 mètres carrés, vous voulez qu'il y ait des produits et vendre sur 80 mètres carrés. Moi, ici, vous vendez sur 40 mètres carrés et vous communiquez sur 40 dans 80% des cas. Et sur 60 mètres en bas, ça peut être de l'avance ou de l'expérience donc tu as tout ça qui rentre en ligne de compte donc effectivement le fait que ce soit un lieu hybride et là je ne sais pas quand ça va arrêter,
- Speaker #0
on sera encore temps peut-être pas le 23 septembre mais du coup là,
- Speaker #1
Fragments qu'on accueille en ce moment c'est une association où j'ai été voir le travail du hackathon qu'a organisé Meryl Benita, qui a créé Fragments dans le but d'accompagner les jeunes designers. Donc à la Villa Makers, elle a organisé un hackathon au mois de juin. Mais j'ai été tellement impressionnée par son intention de... de faire du neuf avec des matériaux issus de déchets, et de faire du beau avec des gens de talent. Et par son aventure humaine, elle a réuni 26 designers avec 9 fabricants de matériaux, justement, dans cette logique. Et ils avaient deux jours pour s'entendre, faire des groupes de trois et faire une pièce de design. Donc c'est ces pièces qui sont exposées ici. Bon voilà, la démarche elle est hallucinante et voilà, on est à deux pas de la factory. Franchement, on est très fiers. Il y a un monde de dingue et effectivement c'est une première pour tous ces designers qui sont hyper reconnaissants. C'est une énergie de dingue et voilà, ça sera leur première fois chez Eurel & Kale. Et hier j'ai été chez Lennamac. qui est rue de Turène, mais ils ont fait leurs deux premières Design Week chez Aurélie Curieux, après on était trop petits, mais quand je vois où ils sont arrivés aujourd'hui, je disais à Géraldine qui pilote tout ce projet chez eux, mais on avait la larme à l'œil toutes les deux, on avait des frissons, je disais mais je suis tellement fière vous avez parcouru un tel chemin, mais elle me dit c'est chez vous qu'on a beaucoup appris. Elle est trop gentille, elle a dû dire tout hier, mais c'est pas grave. mais voilà et aujourd'hui je t'invite à aller voir c'est une galerie contemporaine alors qu'à l'époque on avait beaucoup d'artistes artisans, artistes et voilà il fallait monter le projet donc moi c'est mon kiff c'est trop bien de voir les gens grandir,
- Speaker #0
évoluer, être un tremplin aussi et pouvoir partager ta connaissance moi je reviens à mon why de départ
- Speaker #1
mon métier,
- Speaker #0
mon why c'est d'accompagner le développement des marques donc j'y suis et là on va peut-être bientôt s'arrêter si jamais tu devais donner des conseils à des gens qui vont ouvrir les pop-up ou qui aimeraient qui nous écoutent là, qui se diraient j'aimerais bien pouvoir rencontrer mon public j'aimerais bien pouvoir vendre autrement est-ce qu'il y en a 2-3 conseils qui ressortiraient pour réussir au mieux ? Cet exercice-là qui n'est pas toujours évident quand on ne connaît pas ?
- Speaker #1
D'abord, de réfléchir à leur why. De se poser, de réfléchir à leur why, de réfléchir à leur budget global. Parce qu'après, ils verront comment ils vont l'articuler.
- Speaker #0
Pas avoir peur de poser des chiffres.
- Speaker #1
Il faut poser des chiffres parce que ça a un coût. Et ça n'a pas qu'un coût financier, ça a un coût humain. Donc, il faut aussi chiffrer ton coût humain.
- Speaker #0
Et le savoir. Voilà, toutes ces heures de préparation et de temps sur place. Parce que moi,
- Speaker #1
de temps en temps, ici, je dis, moi, dans le prix, il faut intégrer votre coût humain. Parce qu'on fait beaucoup de choses pour vous. Vous faites beaucoup d'économies humaines. Donc, réfléchir au why à leur budget global, qui intègre l'humain et le financier. Ensuite, de bien réfléchir à tous leurs à-côtés, tout ce qui... Ce pourquoi ils peuvent utiliser leur pop-up, c'est-à-dire que, est-ce que tu feras de la presse ? Est-ce que tu feras du wholesale ? Est-ce que tu as des gens que tu n'arrives pas à rencontrer, que tu veux rencontrer ? Et c'est l'occasion. Liste toutes tes intentions. Je pourrais encore te donner des exemples, on est reparti pour un tour, donc tu verras après si tu veux me poser la question. Liste le maximum pour optimiser ton investissement. Ensuite... réfléchis au maximum à qu'est-ce que tu vas pouvoir faire pour ton drive to store et ta communication.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Et ça, très en amont ? Le plus en amont possible. Parce que pourquoi ? Soit tu fais ton pop-up en last minute, tu vas pouvoir négocier un tarif et tu fais avec les moyens du bord et tu y vas.
- Speaker #0
Oui. C'est l'entrepreneuriat aussi parfois.
- Speaker #1
On en a fait plein comme ça. C'est très bien. Tu as plusieurs façons de faire. Tu as sept façons de faire. Et ça peut très bien marcher. Parce que bam, t'es connue, boom, tu fais ton post Instagram et t'as rien besoin de faire.
- Speaker #0
C'est pas grave.
- Speaker #1
Donc ça, c'est une façon. Si tu le réfléchis en amont, dis-toi que peut-être il faut prendre un petit budget d'une agence de presse. Peut-être qu'il faut faire de la com en amont, tu vois, et réfléchir à tout ce que tu peux faire en amont. Et quand tu réfléchis à tout ça, c'est qu'est-ce que tu fais en drive-to-store ? Est-ce que tu fais une collab avec... une influenceuse qui fait des pâtisseries ou du café qui va venir investir ? Est-ce que tu fais une collab avec une illustratrice ? Est-ce que tu t'associes avec d'autres marques ? Parce que de temps en temps, j'ai des marques qui viennent, des toutes jeunes marques, et je leur dis bon... Tu vois, je peux adapter mon budget. Ça dépend de plein de critères, mais j'ai bien conscience qu'une grande marque et une petite marque, elles n'ont pas le même budget. Donc moi, l'idée, c'est que ça circule et que le grand nourrisse le petit qui nourrit le grand. Mais je leur dis, peut-être que vous avez intérêt à venir à plusieurs, mais si vous venez à plusieurs, en tout cas chez moi, ça ne sera pas un marché de créateurs. Quand je dis ça, en fait, c'est très rare qu'ils reviennent avec un projet. Je crois, la seule, c'était Super Kids.
- Speaker #0
Oui, que j'ai enregistré. Normalement, vous avez entendu l'épisode il y a un petit moment.
- Speaker #1
Quand on s'est rencontrés ici. Ça a eu lieu ici. J'espère que l'histoire va se poursuivre avec elle. Parce qu'elle a entendu, brillante, et c'était déjà aussi son projet. Tout ça, ça s'est fait super bien. Avec Ama, bien-être aussi. Margot, voilà. Mais chez moi, il faut une ligne d'éditorial. Il faut quelque chose qui fasse un sens. Il faut qu'on raconte une histoire. Sinon... C'est un marché de créateurs.
- Speaker #0
Il y en a déjà plein.
- Speaker #1
Il y en a déjà plein. Et en plus, quand je suis cliente et que je rentre dans un marché de créateurs et que je vois derrière chaque univers la fondatrice avec son sum up, c'est l'angoisse. Mais finalement, même quand on est un collectif, tout passe par notre système de caisse. C'est simple. Ça veut dire qu'en fait,
- Speaker #0
ils t'envoient tous en amont toutes les informations, leurs catalogues, etc.
- Speaker #1
Ils te vendent et ils me facturent ce que j'ai vendu. C'est simple. Donc voilà. Donc effectivement, il faut créer. Ce drive to store, c'est hyper important.
- Speaker #0
Oui, et ça,
- Speaker #1
c'est vrai aussi pour le permanent. C'est vrai pour le permanent, mais quand tu es dans le temps, tu as le temps de recruter tes clients, mais quand tu es là une semaine, ou trois semaines, c'est là que ça se passe. Si c'est là que ça se passe, moi j'ai appris, j'ai mis un an à comprendre que tu peux en faire des caisses si tu ne communiques pas, c'est comme si tu n'avais rien fait. Par contre, il y a des fois...
- Speaker #0
tu fais rien et tu communiques et tout le monde croit que tu fais plein de trucs et ça c'est un truc de dingue donc en fait c'est la communication qui c'est quand même essentiel et parfois on a l'impression qu'on l'a assez dit et en fait les gens l'ont pas entendu parce qu'il y a tellement de bruit et il faut se répéter il faut multiplier les canaux exactement,
- Speaker #1
il y a tellement de bruit que c'est difficile de capter l'attention et que les gens entendent, il y a une grande différence entre entendre et écouter donc On t'entend beaucoup, mais on t'écoute pas beaucoup. Donc ça, c'est un vrai... C'est un vrai... Voilà, quelque chose d'important à avoir en tête, parce que, oui, il faut le dire.
- Speaker #0
Oui, complètement.
- Speaker #1
Shout, loud.
- Speaker #0
Faut oser, faut se répéter. Faut oser. L'audace,
- Speaker #1
c'est encore un autre sujet. On pourra encore y passer une heure.
- Speaker #0
C'est vrai que c'est magnifique quand on entreprend. Au début, on chuchote, on n'ose pas. Après, tout dépend de la personnalité, mais il y a beaucoup de personnes qui vont commencer comme ça et qui vont se rendre compte qu'il faut y aller.
- Speaker #1
Mais parce qu'on n'a pas confiance en soi. Je pense que l'entrepreneuriat nourrit la confiance en soi. Moi, tu me dis, si quelqu'un vient me voir en me disant j'ai un projet, mais je n'ai pas confiance en moi. Je dis, tu sais quoi, si tu veux améliorer ta confiance en toi, vas-y, lance ton projet. Oui, parce que c'est comme ça que tu vas accumuler. des petites expériences positives. Moi, quand j'ai monté mon projet, à un moment, j'avais été mentorée par une jeune entrepreneuse, mais géniale, et elle m'avait offert des post-it en forme de cœur. Et elle m'avait dit, à chaque fois que tu réussis un truc, mais même si c'est un tout petit truc, tu le mets dans ton cœur et tu te fais ton mur de cœur. Et c'est trop bien. Ça, c'est un super tips, tu vois. Donc, voilà.
- Speaker #0
OK. Il faut y aller.
- Speaker #1
Il faut y aller.
- Speaker #0
Osons. Et puis au pire quoi. Et au pire quoi.
- Speaker #1
Et en fait finalement, les gens, les autres ils sont comme toi quoi. Et arrête de regarder tous les gens qui font mieux que toi quoi.
- Speaker #0
Même ça c'est le problème des réseaux sociaux aussi, c'est qu'on est tellement en train de se comparer.
- Speaker #1
Parce que tu te dis mais je suis nulle.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Mais je suis trop nulle. Donc une fois que t'arrêtes de te comparer, et ben tu te dis pas je suis bien ou je suis pas bien, tu te dis juste je suis moi. Je fais. Et puis je le fais. Et puis ben on verra bien. On verra bien ce que ça donne.
- Speaker #0
J'en ferai d'autres, mais c'est en même temps. Oui, c'est ça. Non, mais t'as raison. Totalement. Et alors, pour finir, quel est le prochain chapitre pour Heureux les Curieux ? Est-ce que tu peux en parler ? Je ne sais pas si tu dois.
- Speaker #1
Dans l'absolu ou la prochaine marque ?
- Speaker #0
Alors, commençons peut-être dans l'absolu. Et puis après, on fera le petit zoom sur la prochaine marque. Comme ça, les gens qui vont écouter l'épisode qui sort en septembre pourront venir passer une tête s'ils sont à Paris.
- Speaker #1
Écoute, dans l'absolu... Moi, mon kip, d'abord, j'adore avoir une boutique. Au tout début, je voulais en créer plusieurs sur Paris ou en France. Oui,
- Speaker #0
parce que tu connaissais...
- Speaker #1
C'est mes vieux réflexes, mes développeurs, voilà. Aujourd'hui, sincèrement, moi ce qui m'intéresse, c'est pas de développer un réseau. Je trouve que je suis bien avec une boutique, elle fonctionne, c'est chouette et j'ai pas encore fini ce que j'avais à faire avec cette aventure-là. Mais j'adorais faire des passerelles avec l'international. Donc si je trouve d'autres fous investisseurs, entrepreneurs comme moi, à New York, à Londres, à Milan, à Hong Kong, à Singapour, ravie de faire des joint ventures et qu'on s'associe pour créer des passerelles entre les pays. Parce que pendant longtemps, j'ai fait quand même du développement à l'international. Moi, j'adore. Voilà. Donc ça, ça serait mon kiff de la prochaine étape. Pour heureux les curieux dans l'absolu. Et sinon, après Fragments, la prochaine marque qu'on accueille, c'est l'événement. Ça va s'appeler A Bunch of Designers.
- Speaker #2
OK.
- Speaker #1
C'est un contrat que j'ai signé avec Cartier International.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #1
Pour Richemont, pour AZ Factory, qui était la marque qu'ils ont créée avec Albert Elbaz. Et suite au décès d'Albert Elbaz, ils avaient déjà fait un pop-up chez moi avec Albert & Friends. Et depuis, ils ont lancé une école qui s'appelle l'AZ Academy, où ils forment des jeunes designers talentueux. au métier de la mode.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Et là, ils ont cranté encore plus loin en leur donnant un prix aux six meilleurs designers. Et ces six nouveaux designers, ils les accompagnent dans la création de leur première collection, la commercialisation de leur première collection. Ce qui est un prix, mais inouï. Je pense que c'est le plus beau prix. C'est plus qu'un prix à 15 000 euros, tu vois, qu'on peut avoir chez d'autres maisons de luxe. Et donc, ils leur ouvrent toutes leurs portes, leurs fabricants. Le travail qu'ils font est phénoménal. C'est une équipe que j'adore. Et donc, à partir, je crois qu'on ouvre le 29, on installe le 28, le 29, je crois qu'on ouvre le 30 septembre. Donc, ça sera pendant la Fashion Week. On sera du coup ouvert au public. Et ça dure jusqu'à mi-octobre. Donc, ça dure trois semaines. Et là, on pourra découvrir six jeunes designers textiles. Et maroquinerie et accessoires. Incroyable. Donc il y a une française, après sinon, c'est des marques étrangères. Je ne vais pas t'en citer un, je t'en cite un parce que c'est une énorme. Chinoise, sa famille, depuis des générations, fait de la céramique. Elle, passionnée par la mode, impossible de ne pas faire de céramique parce qu'elle a honte. Elle a déposé un brevet, elle fait des vêtements en céramique. Mais tu peux vivre avec, tu peux t'asseoir. Donc ça, j'ai tellement hâte de l'essayer. J'ai très envie de voir ça. C'est bluffant. Il y a d'autres choses que j'adore aussi. Je vous aime tous si vous écoutez. Et donc, il y aura cette histoire de racontée et ceci designer. Ça va être canon.
- Speaker #0
C'est chouette.
- Speaker #1
Et après aussi, je peux spoiler parce que c'est chez toi. On aura des sapins de Noël en plastique upcyclé. C'est une marque américaine tellement belle qui s'appelle Basalme Hill. Ils sont déjà nus l'année dernière. C'était un carton. j'adore Noël mais on m'a toujours interdit de mettre des sapins Madéa m'a toujours interdit de mettre des sapins de Noël à Noël parce qu'elle m'a dit c'est super qui te chouille donc on l'a déjà fait mais on va le refaire donc on va avoir l'univers de Noël mais genre mi-octobre tu vois parce que c'est là que on fait une activation presse et derrière l'année dernière ils ont juste une journée ouverte et je leur ai dit mais non vous faites tout ce travail mais il faut rester une semaine de plus parce que les gens ça les intéresse et donc ça a cartonné donc ça ça va être magique j'adore Trouvez-en. Et ensuite, on va refaire notre événement sur la précommande, cinquième édition, avec plein de jeunes créateurs, pareil, hyper talentueux. Donc, on fait un mix, tu vois. Et c'est des bons exemples. C'est vraiment l'exemple du Cercle Vertueux, c'est qu'on fait le mix entre des grosses maisons, des institutions, et la jeune garde et des jeunes talents. Et c'est le Cercle Vertueux.
- Speaker #0
C'est trop beau. Écoute, merci beaucoup. C'était trop intéressant.
- Speaker #1
Avec plaisir.
- Speaker #0
et puis je te souhaite plein de bonnes choses pour la suite j'ai hâte de venir voir cette tenue en céramique ça m'intrigue là déjà tu peux regarder les lampes en marre de café incroyable je vais te faire une petite visite ok
- Speaker #1
on va vous laisser je vais faire une visite et à bientôt à bientôt merci énormément pour ton écoute au revoir c'est la fin de cette visite chez Heureux les Curieux
- Speaker #2
Merci à Sabrina pour sa générosité, ses anecdotes et pour toutes les pistes très concrètes qu'elle nous partage. Moi, ce que je retiens, c'est sa façon d'aller vers les autres, sans attente. Elle rencontre une marque, elle l'écoute, elle partage ses conseils et ses contacts. Même si cette marque ne reviendra peut-être jamais chez elle. Et elle a raison dans le fond. Ce qui doit revenir, revient. Plus on donne sans calculer, plus ça circule. C'est un vrai état d'esprit d'entrepreneur et je trouve ça très inspirant. Si vous êtes à Paris dans les prochaines semaines, allez pousser la porte rue du Pont-aux-Choux. Comme elle le dit, à partir de fin septembre, pendant la Fashion Week, Heureux et Curieux accueille six jeunes designers, accompagnés par la Z Factory Academy, et il y aura même des vêtements en céramique. Je vous préviens, moi j'y vais, c'est sûr, je veux voir ça. Et puisqu'on parle de salon et de rencontre, je vous glisse un rendez-vous. Les 13 et 14 octobre prochains, au Palais des Congrès de Paris, Il y a le salon SME. C'est un salon qui est pensé pour celles et ceux qui dirigent une petite entreprise, commerçants, artisans, micro-entrepreneurs, et aussi celles et ceux qui ont un projet en tête. C'est gratuit sur inscription, il y a des conférences, des experts à qui poser vos questions, des rendez-vous d'affaires express pour rencontrer d'autres entrepreneurs. Alors si vous avez envie de sortir un peu de votre boutique, de prendre du recul et d'élargir votre réseau, c'est l'occasion. Moi j'y serai. Et comme le dit Sabrina, c'est souvent en face à face que se créent les plus belles rencontres. Si cet épisode vous a plu, abonnez-vous, laissez une note ou un avis sur votre plateforme d'écoute et partagez-le à une commerçante, à un porteur de projet qui en a besoin. Vous pouvez aussi me retrouver sur Instagram et LinkedIn ou m'écrire à larriereboutique.podcast.gmail.com A très vite !