- Speaker #0
Bonjour et bienvenue sur L'arrière boutique, le podcast qui vous invite dans les coulisses de l'expérience retail. Je suis Audrey Gallier, consultante dans les domaines du retail, de l'entrepreneuriat et du développement de marques. Après dix années passionnantes à créer et développer mes boutiques, j'ai envie aujourd'hui de transmettre mon expérience mais aussi celle de mes invités. Pour cela, je reçois dans ce podcast des personnes inspirantes qui vous ouvrent les portes de leurs boutiques pour vous raconter leurs aventures. Je vous livre aussi dans des épisodes boîte à outils, des pensées et astuces pour vous motiver et vous aider dans vos projets retail. Très bonne écoute ! Je reçois Chloé Roques, la fondatrice de Digger Club à Marseille. Digger Club, c'est une boutique vintage avec des pièces sélectionnées à la main une par une, chouchoutées, lavées, repassées, remises en état. Un mélange de tendance et d'intemporel avec une conviction forte qui traverse tout ce que Chloé fait, redonner ses lettres de noblesse à la seconde main. L'aventure existe depuis 8 ans, dont 4 ans en boutique physique. Et son point de départ, beaucoup d'entre vous le reconnaîtront. Chloé s'est lancée sans rien connaître à l'entrepreneuriat ni à la mode. Ce qu'elle avait, c'était une passion très profonde. Et cette passion l'a menée en quelques mois à peine dans le grand bain du commerce. Elle a tout appris en accéléré. Ouvrir sa première boutique, devenir chef d'entreprise presque du jour au lendemain. Trois ans plus tard, elle a ressenti quelque chose au fond d'elle. Une sorte de plafond de verre. Son rêve était coché, elle en était très fière, sa boutique était magnifique, mais ça ne lui permettait pas... d'aller là où elle avait envie d'aller aujourd'hui. Parce qu'elle aussi, elle a évolué, et ses envies avec. Alors elle a tout remis en mouvement. Elle a ouvert une nouvelle boutique, trois fois plus grande, mieux placée, il y a tout juste un mois. Dans cet épisode, on revient donc sur tout ce chemin sans filtre. Elle va raconter ses erreurs du début, comme ne pas avoir gardé assez de fonds de roulement, s'être trompée de comptable et avoir tout misé sur une déco qu'elle ne pouvait plus faire évoluer. Elle va raconter aussi son métier, le vrai, comment elle chine, sélectionne chaque pièce et tout le travail que personne ne voit derrière. On va parler d'emplacement et de pourquoi ça change tout, de sa manière d'aller chercher ses clients, de sa communication qu'elle gère vraiment d'une main de maître. On parle d'apprendre à s'entourer, à déléguer, à ne plus tout porter toute seule. Et au fond, d'une seule et même question, comment est-ce qu'on construit une entreprise qui nous fait vivre la vie qu'on a envie et pas l'inverse ? Quitte à fermer la boutique qu'on adore pour en ouvrir une autre plus grande par exemple. Et puis, on termine sur ces conseils très concrets. Chloé, c'est une franchise et une transparence qui font du bien. Elle ne va pas nous dire que tout est simple. elle va nous dire la vérité, ce qui a été dur, ce qu'elle a appris en chemin. Et malgré tout ça, quand on l'écoute parler, il y a une énergie incroyable qui se dégage de ce qu'elle dit. Le genre d'énergie qui donne envie de se poser tout de suite, de s'écouter et de se poser à nouveau les bonnes questions. Je vous laisse avec elle, bonne écoute ! Salut Chloé !
- Speaker #1
Salut !
- Speaker #0
Ça va ?
- Speaker #1
Ça va et toi ?
- Speaker #0
Ouais. Comment tu te sens après ce mélange, je pense, de sprint et de marathon qu'a été l'ouverture de la nouvelle boutique ?
- Speaker #1
Ben écoute, je suis très fatiguée, mais très heureuse de voir les clients arriver et d'ouvrir les portes de cette boutique tous les jours. C'était un challenge pour l'ouvrir et c'est un challenge au quotidien de garder la porte ouverte et d'être au rendez-vous avec les gens.
- Speaker #0
Ouais, ça va faire un mois ?
- Speaker #1
Exactement, ouais, ça a fait un peu plus d'un mois, ça a fait un mois le 11 juin. Non, le 11 juillet, pardon. Je suis fatiguée. Je ne sais même plus quel jour.
- Speaker #0
Pour toi, les mois d'été, c'est des mois intenses en termes de vente ? Tu as du monde ?
- Speaker #1
Oui, à Marseille, on a quand même une ville qui est très touristique. Et c'est vrai que le gros de l'activité est centré sur l'été. Parce qu'on a des touristes français, internationaux, même beaucoup hors Europe depuis un an ou deux. qui viennent à Marseille, c'est vraiment le moment de l'année où la boutique est ouverte 7 jours sur 7. On est ouvert du soir au matin sans interruption. C'est le moment où il faut tout donner parce qu'on fait quasiment la moitié du chiffre d'affaires de l'année en 3 mois. Donc, c'est intense.
- Speaker #0
Toi, c'est vraiment ton méga temps fort. Tu ne peux pas rater.
- Speaker #1
Exactement. Moi, je n'ai pas trop les fêtes de fin d'année, par exemple. Ce n'est pas un méga temps fort pour moi dans le vintage. Oui. Et du coup... Du coup, c'est vrai que l'été, j'en profite tant que les gens sont là. Et le reste de l'année, j'aménage aussi mon emploi du temps en fonction.
- Speaker #0
Pour ceux qui te découvrent, est-ce que tu peux peut-être nous raconter qui tu es et nous expliquer ce que c'est Digger ?
- Speaker #1
Ouais, grave. Moi, c'est Chloé. J'ai 31 ans. Ça va faire 4 ans que j'ai ma boutique vintage en physique. Et avant ça, je faisais beaucoup de l'événementiel. Je faisais showroom à domicile, je vendais en ligne, etc. Donc, ça fait peut-être 7 ans ou 8 ans que Digger existe au global, donc 4 ans boutique physique. Et Digger Club, du coup, c'est une boutique vintage où tout est sélectionné à la main. Je n'aime pas trop dire friperie parce que je trouve que dans l'esprit des gens, quand on dit friperie, on imagine tout de suite un foutoir pas possible, plein de trucs, ça ne sent pas bon, c'est un peu poussiéreux, etc. Alors que vraiment, boutique vintage, Merci. que c'est beaucoup plus adapté, même si les deux existent et que les deux doivent exister et que c'est top parce que ce n'est pas la même clientèle, etc. Et du coup, dans ma boutique, je sélectionne toutes les pièces à la main, une à une, beaucoup en vide-grenier auprès d'associations avec lesquelles je travaille autour de Marseille et aussi en Italie avec quelques professionnels triés sur le volet. J'achète aussi un peu en ligne. Voilà, je n'ai pas de... Voilà, ce n'est pas comme une friperie, justement, où je vais recevoir des balles. Avec, voilà, j'ai besoin de jeans, je commande 100 kilos de jeans, advienne que pourra. Si j'ai besoin de jeans, je vais sélectionner chaque jean un à un, je vais les regarder, je vais les laver, je vais les repasser, je vais les mettre en état s'il y a besoin. Il y a vraiment beaucoup plus de travail sur chaque pièce. Et du coup, un coût d'achat qui est supérieur aussi, parce que je fais beaucoup moins l'économie d'échelle que les fric-fric font quand tu achètes au kilo de ta pièce de plus de quelques centimes. Moi, par exemple, je suis capable de mettre dans une pièce le prix qu'un... Une friperie classique va acheter un kilo, donc les économies des choses sont différentes. Et dans le style, j'aime bien tout ce qui est très coloré, très fun. Il n'y a pas beaucoup de basiques chez Diga. Quand on pense au vintage, souvent on va se dire qu'il va y avoir des jeans, des chemises à carreaux, du linge blanc ancien, des choses un peu classiques qu'on trouve dans les boutiques vintage ou les friperies habituellement. Moi, c'est vraiment différent. J'essaie d'avoir une approche assez basée sur à la fois les tendances et à la fois les intemporelles. C'est difficile à expliquer, mais à la fois, je vais regarder vachement ce qui se fait dans la mode de première main, dans les défilés, etc., pour capter qu'est-ce que les clients ont envie d'acheter à la saison qui arrive. Parce qu'on est tous des humains, on a tous envie d'être à la mode. On a tous envie de faire notre petite story Instagram avec notre nouvelle tenue hyper dans la tendance. Et en même temps, j'essaie de proposer des vêtements qui sont de qualité. qui vont durer dans le temps, qui ont des compositions qui sont relativement clean ou alors qui comportent des marques de confiance française-italienne en priorité. Et qu'est-ce que j'allais dire d'autre ? Je travaille aussi beaucoup sur l'accessoire. Je trouve que c'est important aussi pour venir habiller une tenue. Et là, dans ma nouvelle boutique, je propose aussi une sélection de créateurs upcycling, de mode responsable, bijoux et vêtements pour nourrir les clients avec Merci. à la fois du vintage bien sélectionné et à la fois des pièces un peu plus designer pour montrer qu'en fait la seconde main, l'upcycling c'est en fait aussi fashion que la première main quoi, vraiment redonner un peu ses lettres de noblesse au vintage et montrer que c'est pas parce que ton top t'a coûté 20 euros et que c'est pas un truc je sais pas, Cézanne à 180 qu'il est pas tout aussi stylé, qu'il mérite pas autant d'amour et de respect dans son dressing et en plus il est unique donc pour moi il a même une valeur
- Speaker #0
supérieure quoi. C'est marrant de voir effectivement que la mode c'est aussi un éternel recommencement et qu'en fait avec des pièces qui sont anciennes, qui ont une histoire, tu peux, comme tu dis, être à la pointe de la mode et avoir des pièces hyper fortes qui restent dans la tendance et je trouve ça fait du bien aussi à entendre. Tu sais, dans un monde où t'as l'impression qu'il faut toujours consommer, consommer, que de dire en fait de reconsommer c'est déjà très bien et puis encore une fois, ça c'est un truc que je trouve chouette. Ça a encore plus de valeur parce que c'est une pièce qui a une histoire. Et ce n'est pas juste une nouveauté que tu achètes sans âme presque.
- Speaker #1
Vraiment, quand je regarde les collections des marques qui explosent en ce moment, franchement, 95% des pièces, c'est pompé sur des modèles vintage que moi, je trouve hyper facilement en grande quantité. Donc, c'est vrai que c'est... C'est des coupes qui reviennent, c'est des matières qui reviennent, c'est des motifs qui reviennent. Enfin là, je ne sais pas, on a vu le poids partout. Je suis désolée, mais le poids, depuis les années 20, en fait, on en porte, quoi. Enfin, c'est vraiment, ce n'est pas nouveau, quoi.
- Speaker #0
Ouais, c'est chouette. Ce projet-là, tu l'as directement monté grâce à une boutique ? Enfin, en boutique, en physique, ou est-ce que, déjà, avant ça, tu as eu une étape intermédiaire, soit du pop-up, parce que là, c'est des boutiques permanentes que tu as, enfin, une boutique permanente. Du pop-up ou en ligne ?
- Speaker #1
Alors au tout début, j'ai commencé en faisant des événements, des marchés vintage, des marchés créateurs. auquel j'ai participé, que j'organisais aussi de A à Z, parce que de base, moi je viens de la publicité, de l'événementiel, du marketing, donc c'est vrai que c'était des compétences que j'avais d'organiser des événements et d'essayer de faire quelque chose de différent aussi, parce qu'à l'époque, quand je me suis lancée, donc il y a 8 ans, le vintage, en gros vintage deep dressing, c'était pareil. Les gens n'avaient pas forcément la notion, en tout cas dans l'événementiel, tu avais les boutiques vintage, hyper à l'ancienne, avec des trucs un peu antiques, etc., en boutique fixe. Tu avais les guérisols, les boutiques un peu bordel, les friperies, etc. Tu n'avais pas encore cette notion de vintage curéité et tout, c'était très, très rare. Et après, dans les événements, tu avais vide-dressing, vintage, c'était vraiment mélangé. Et du coup, moi, j'avais lancé un peu les événements qui mélangeaient plutôt vintage et mode responsable, upcycling, artisanat, etc. à Paris quand je me suis lancée. Après, je faisais aussi un peu de vente en ligne plutôt sur Vinted. Et après, je suis arrivée à Marseille, j'ai fait showroom dans mon appart. Donc, j'avais un hyper grand appart où j'avais aménagé tout mon salon avec plein de portants, plein de fringes, avec des dressings qui s'ouvraient, etc. Et du coup, c'était vraiment expérience shopping à domicile, on va dire, où les gens prenaient rendez-vous, ils venaient, ils shoppaient. C'était genre des créneaux d'une heure ou deux le samedi après, mais c'était pas mal aussi. Et ensuite, j'ai lancé la boutique. J'ai vraiment fait étape par étape.
- Speaker #0
La boutique, tu l'avais déjà en tête et tu voulais faire tout ce parcours-là un peu pour tester ou c'est une opportunité qui t'est tombée dessus ?
- Speaker #1
Alors, j'avais toujours un peu dans le courant de ma tête que je voulais ouvrir une boutique vintage un jour.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Mais je ne me sentais pas forcément... Enfin, moi, je n'ai pas du tout un parcours... Je n'ai pas fait d'école de commerce. Je n'ai jamais travaillé dans la mode avant. Moi de base, faire un tableau Excel, c'est genre un enfer. Moi je viens plutôt des milieux créatifs et tout. Et c'est vrai que le côté gestion, le côté tout ça, je ne me sentais pas du tout capable au début. Et puis après, ça m'est un peu tombée dessus parce que la première boutique que j'ai ouverte, c'était une boutique atelier partagée avec une créatrice. Parce qu'en fait, on avait des bureaux partagés dans un grand lieu à Marseille qui s'appelait Bureau Police, qui a fermé. Nous, on voulait continuer notre activité ensemble et ouvrir un lieu où elles pouvaient à la fois créer ces pièces et moi, je pouvais avoir un petit espace boutique et on pouvait collaborer comme ça. Chose qu'on a faite pendant quelques mois avant qu'on se rende compte que ça ne marchait pas trop, cette séparation, on va dire, ce partage de l'espace. Et du coup, elle est partie vaquer à d'autres activités. Moi, j'ai récupéré le local et c'est à ce moment-là que ça m'est un peu tombé dessus, de me dire, bon, là, en fait, j'avais plus testé que... En boutique, déjà, ça me plaisait. Et aussi, ça a fonctionné vachement mieux parce qu'en fait, un lieu où tu as la porte ouverte tous les jours, forcément, au courant, tu fais plus de ventes qu'un pop-up. Il faut que les gens prennent rendez-vous. C'est ouvert une journée par semaine. Et ça, forcément, en termes de chiffre d'affaires, tu exploses parce que de toute façon, tu multiplies les opportunités. En plus, le côté boutique me plaisait dans le sens où j'avais déjà travaillé en boutique quand j'étais étudiante, quand j'étais jeune. Je travaillais dans des boutiques dans le Marais, à côté de la fac, en mode des boutiques un peu semi-luxe, haut de gamme. Et j'avais quand même une petite formation de base de comment tenir une boutique, etc. Et puis après, moi, j'adore recevoir, ça fait partie de ma personnalité, accueillir les gens, créer un espace où tout le monde se sent bien, décorer. Voilà, moi, j'adore. Je suis très ouverte, j'aime beaucoup recevoir, etc. Donc c'est vrai qu'avoir un lieu où je pouvais driver les gens et qu'ils achètent, ça faisait beaucoup de sens.
- Speaker #0
Oui, en fait, ça te permettait d'exprimer vraiment tout l'univers de Digger. Comme tu disais, ce n'est pas seulement... C'est vraiment une boutique vintage avec une sélection, de pouvoir raconter ta sélection, raconter l'histoire de chaque pièce. Au moins, quand tu as un endroit comme ça, tu peux... Tu peux aller au bout de la démarche, tu peux valoriser la pièce dans un espace et vraiment créer un univers. Et d'ailleurs, ta première boutique et la seconde aussi, elles ont des personnalités très fortes. Et c'est des lieux d'expérience en fait, aussi, où tu prends le temps et tu découvres des pièces que tu n'aurais jamais trouvées avant. Et je trouve qu'effectivement, ça a tout son sens.
- Speaker #1
Oui, exactement. Quand j'ai ouvert la boutique, du coup, je me suis un peu retrouvée avec... J'avais genre 3 ou 4 mois devant moi pour réaliser un peu tout le parcours entrepreneurial que les gens font sur plusieurs années en général. De monter une société, de faire des crédits, préparer les travaux, être architecte, faire tout prendre, toutes les décisions, etc. Donc c'est vrai que ça allait hyper vite, ça me tombait dessus un peu comme ça et je me suis dit bon bah je saisis cette opportunité, je vais à fond les ballons. Si ça marche c'est trop cool, si ça marche pas au pire j'aurais perdu du temps, de l'argent mais bon ça se retrouve. c'est la vie qu'on t'entreprend, malheureusement ça marche pas toujours j'étais préparée à ce que ça faille clairement préparée mentalement et au final ça n'a pas failli et je serai pas là aujourd'hui sinon pour t'en parler mais c'est vrai que du coup j'ai vu cet espace comme une vraie opportunité de dire ok, c'est quoi Digger c'est quoi l'univers, c'est quoi une boutique vintage aujourd'hui, c'est quoi ce que j'ai envie que les gens y ressentent quand ils rentrent dans un magasin vintage Ok, on est là. Et là, j'ai vraiment créé une boutique qui était, franchement, un rêve de petite fille. Boutique un peu polypocket. C'était vraiment une ambiance totale du sol au plafond où il se passe des choses partout. Et en même temps, il y a un beau merch, il y a du beau mobilier, etc. pour présenter les produits. Et c'est vrai que j'ai fait pas mal de petites erreurs de gestion, de merchandising, des trucs comme ça, mais qu'on apprend sur le temps. et au final c'était une super expérience parce que ça m'a vraiment permis de me dire ok bon bah j'ai pas d'autre choix que de balayer toutes mes peurs ma peur de faire un fichier Excel ma peur d'aller voir une banque pour demander des sous ma peur de manager des gens ma peur de pas être capable de gérer un projet aussi gros au final parce que quand t'es seule moi j'étais solo quoi j'avais quand même participé à un petit incubateur qui m'avait donné des petites bases quand même de Merci. de gestion et tout, mais moi vraiment j'ai découvert l'eau chaude, on m'a montré Excel une fois en plus, j'étais là genre ah ouais, je suis tombée des nues, j'ai pas du tout ça dans ma famille autour de moi, j'ai pas du tout d'amis qui sont dans ça et c'est vrai que c'était un apprentissage.
- Speaker #0
Ouais et qu'est-ce que tu en retiens du coup déjà de cette première vague un peu de ces quatre mois de préparation et du coup la première boutique ça a duré trois ans c'est ça ?
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Et de ces trois années, c'est méga accéléré. J'imagine qu'entre le J1 et le dernier jour où tu as fermé cette première boutique, Chloé a beaucoup changé sur le parcours. Ça doit être un méga avant-après. Mais qu'est-ce que tu retiens déjà de ce premier bloc, toi ? Qu'est-ce que tu as appris ? Quelles sont peut-être les erreurs de gestion ou autres ? que tu retiens et qui t'ont permis aussi, sur cette seconde boutique, de faire les choses peut-être différemment ?
- Speaker #1
Ouais, bah déjà moi, le premier retour que j'ai, c'est... Moi, je suis pas du tout quelqu'un de radin dans la vie. Genre, si on me dit que ça coûte un certain prix, c'est que je considère que derrière, je vais avoir ça, et que du coup, voilà, parce que c'est ce que je m'impose aussi à moi dans mon travail. Donc c'est vrai que je suis pas du tout quelqu'un de radine. Et en gros, j'ai fait mes demandes de crédit, on m'a donné 50 000 euros, j'ai dit ok, mon budget c'est 50 000, j'y vais, je dépense tout. Et je me donne à fond. Donc déjà, première erreur, garder un peu de fond de roulement, quoi. C'est une chose que moi, je n'avais pas du tout. Enfin, je n'ai pas pensé à ça, quoi. Alors que bon, c'est la base, vraiment. Quelqu'un qui a un tout petit peu des notions d'entrepreneuriat, de gestion d'entreprise, va te dire, ma belle, garde 20 % pour les imprévus. Donc ça, déjà. Ensuite, bien s'entourer. C'est vrai que moi, quand je me suis lancée, du coup, comme c'était très, très rapide, je n'ai pas trop eu le temps de faire un audit. de mes prestats, de ma comptable, de ma banque, de tout ça. Vraiment, je suis allée dans la banque, j'avais mon compte, j'ai dit bonjour, j'ai 26 à ça. On m'a dit OK, super. Je n'ai pas comparé, je n'ai pas fait jouer un peu les taux, etc. Ce qui fait que du coup, mes crédits étaient super chers. Vraiment, j'avais des taux d'emprunt à 4,5. Enfin, pour du pro, c'est beaucoup. Que je rembourse encore à l'heure actuelle, d'ailleurs. Je suis allée voir une comptable. Je me suis dit, elle a l'air cool. Vas-y, go, je vais avec elle. Elle avait l'air gentille. mais en fait C'était quelqu'un qui n'avait aucun client dans la seconde main ou dans le vintage. Du coup, la notion de TVA sur marge, de franchise en base de TVA, en fait, elle ne connaissait pas mon activité et elle m'a traitée comme n'importe quelle cliente. Ce qui fait que du coup, moi, sur les deux premières années où j'étais avec elle, j'ai payé énormément d'argent parce que j'étais en TVA classique, chose qui n'est pas du tout adaptée à mon activité parce qu'en fait, en seconde main, tu ne vas pas payer de la TVA totale sur un truc qui a déjà eu de la TVA quand il a été acheté la première fois. Donc, tu as un régime spécial qui s'appelle la TVA sur marge.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
C'est un peu plus cher en gestion parce que tu dois, du coup, enregistrer ton prix d'achat, etc. pour chaque truc. Mais en fait, au final, c'est ça qui permet de faire rentabilité, clairement. Donc ça, déjà, erreur monumentale. Puis en plus, quand je suis allée franco, je lui ai fait faire toutes mes démarches administratives, tous mes trucs, donc ça m'a coûté énormément d'argent de juste faire ma société, enfin tous les trucs, parce que je n'avais pas le temps, je ne connaissais rien. Je me suis dit, c'est son métier, j'ai confiance. Et en fait, c'est un peu, moi je suis paradigme et je fais confiance facilement aux gens. Si tu me dis, je suis comptable, voici mon truc, je dis, ok, super, tu vas donner le meilleur de toi-même, parce que moi, je donne le meilleur de moi-même dans la vie. Mais il y a plein de gens qui ne donnent pas de meilleure de même dans leur travail. Donc voilà. Et aussi après, je sais que je me suis lancée tout de suite dans une déco très intense. Et ça, c'était vraiment ce que je voulais, le côté maximaliste et tout. Mais j'ai tout fait faire sur mesure. Je ne me suis pas du tout donné l'opportunité d'avoir quelque chose d'évolutif. Et c'est vrai que c'est un peu ça qui m'a aussi poussée à déménager aussi rapidement. C'est parce qu'en fait, je ne pouvais pas faire évoluer ma boutique. Tout était un peu fixe. Et du coup, c'était difficile de se rendre compte que finalement, tel point ne vendait pas très bien parce que le mobilier aurait pu être un peu plus comme ci, comme ça. Ou j'avais besoin de mettre en avant telle typologie de produit que je vendais bien, mais en fait, je n'avais pas d'espace que je pouvais allouer à ça, etc. Donc, c'est vrai que du coup, j'avais quelque chose de très fixe. Alors, c'était magnifique, mais ce n'était pas du tout malléable. Oui.
- Speaker #0
OK. Et donc, du coup, tous ces apprentissages-là ? Ce qui est intéressant, c'est de se dire que tu as capitalisé sur tout ça, tu as pris tous ces enseignements. Et là, aujourd'hui, tu as ouvert il y a un mois une nouvelle boutique. Je trouve que c'est chouette de se voir grandir, de se voir apprendre et de se dire, je vais pouvoir l'appliquer à mon projet. Mais un peu comme si tu montais un escalier, c'est la prochaine marche pour Digger. J'ouvre une boutique plus grande. Tu vas nous expliquer aussi ce qui a motivé ce choix de nouvelle boutique. mais en ressentant aussi que... En fait, tu as grandi et tu as tout ça que tu vas pouvoir appliquer un peu à ton bébé, à ton entreprise et se dire que ce sera une version encore plus chouette et encore plus construite. Et ça permet aussi de se voir évoluer toi-même en tant que chef d'entreprise, en tant que gestionnaire de cette activité. J'ai vu tout le chemin parcouru. En fait, des fois, quand t'es dans ton truc et que tu gardes ta boutique et que tu continues à évoluer, tu vas appliquer cet apprentissage concrètement, mais tu vas pas te rendre compte de la même manière que quand il y a un stop dans le projet, que tu rouvres quelque chose d'autre. ou que tu développes et que tu l'appliques concrètement. Je trouve ça intéressant. Je ne sais pas si toi, tu as ressenti ce truc de te voir un peu grandir et de te dire « Ok, maintenant, tout ça, je le sais et je peux, sur cette V2, on va dire, le mettre en œuvre. »
- Speaker #1
Il y avait vraiment un truc où j'avais l'impression à cette première boutique d'être arrivée un peu à un plafond de verre. La boutique était très jolie, ma marchandise était super. Je pense que j'avais un peu appris toutes les leçons que je pouvais apprendre sur le terrain. C'était un peu mon école cette année, j'ai fait mes trois ans d'alternance dans la vraie vie on va dire. Et j'avais la sensation que je ne pouvais pas faire... plus de chiffre d'affaires dans cet espace-là de par la localisation et de par aussi l'achalandage de la boutique qui, comme je le disais, était un peu trop fixe, qui n'était pas du tout modulable. Et du coup, je ne pouvais pas faire plus de chiffre d'affaires et le chiffre d'affaires que je faisais était plutôt pas mal pour une année 3 dans une rue peu passante, etc. Mais je me disais, ce n'est pas ça qui va me permettre d'avoir la vie que j'ai envie d'avoir moi en perso. Et c'était un peu le déclic aussi de me dire, Ça fait trois ans que je donne tout pour ma boîte, vraiment. Les gens qui me connaissent le savent, je suis quelqu'un d'extrêmement travailleur et le travail, c'est ma priorité absolue dans la vie. Je ne fais pas partie de ces gens qui s'imposent de fermer leur ordi à 18h et de se dire que le reste, c'est pour demain. Non, moi, si je dois être là jusqu'à 4h du matin, parce que c'est les seuls demain que je dois étiqueter tout, il n'y a pas de problème, je serai là. Si je dois arriver à 5h parce que pareil, il y a des trucs à faire, je le fais. Donc je suis quelqu'un d'extrêmement travailleur et jusque-là, je n'avais pas du tout valorisé ma vie perso aussi de chef d'entreprise et de femme et juste de personne en fait dans la vie. Chose que je fais vachement pour les gens qui travaillent avec moi. Les apprentis, les stagiaires, les personnes qui travaillent avec moi en freelance ou en CDD, je ne leur impose pas du tout ce que je m'impose à moi-même. Je suis très respectueuse de leur travail et tout et de leur temps et de leur personne. Et c'est vrai qu'il y a un moment donné que je me suis dit, ah en fait, là, moi aussi, j'aimerais bien pouvoir me dire que j'ai deux jours de repos consécutifs. J'ai trois semaines de vacances l'été consécutives. Si j'ai besoin de couper parce que j'en peux plus à 17h30, je pars. J'ai le droit d'être malade. Et ça commençait à me peser un peu de me dire que, en fait, financièrement, avec cette première boutique, je ne pouvais pas... avoir le luxe de faire ça, parce que je pouvais pas embaucher plus, parce que ça suivait pas derrière en termes de vente, alors même que la boutique était remplie au maximum, que les horaires étaient le plus large possible, et que la com' était quand même au top. Enfin, voilà, on peut toujours faire mieux, mais je veux dire...
- Speaker #0
Non, mais ça, c'est vrai que la com', pour le coup, t'as vraiment une... Enfin, t'es hyper douée là-dedans. Enfin, ça, c'est un sujet que j'aimerais bien aborder avec toi, parce que c'est un enjeu qui est important, de visibilité, etc., mais c'est extrêmement dur. Et tu le fais très bien. Je te poserai plein de petites questions là-dessus après. Mais oui, du coup, tu te sentais que tu étais bloquée au bout d'un moment.
- Speaker #1
C'est ça. En fait, je ne pouvais pas aller chercher plus et en n'allant pas chercher plus, j'allais rester moi bloquée dans ce rythme de vie qui ne me convenait plus, en fait. Tout simplement.
- Speaker #0
C'est fort de réussir à s'en rendre compte parce que des fois, tu es un peu dans un tunnel, justement. Tu es dans la gestion de l'opérationnel et ce n'est pas toujours évident de faire un pas de côté et de se dire, attends, est-ce que ça me convient encore ? Est-ce que cette formule d'aujourd'hui me convient de la même manière que ça me convenait il y a deux ans ou il y a un an ? Et de, tu vois, de prendre... d'avoir cette... de réaliser ça, quoi. Et après, carrément, de mettre la chose en œuvre et de chercher autre chose. Mais c'est pas si évident que ça, je trouve, de faire ce...
- Speaker #1
Bah, je pense qu'il y a un peu un truc, et c'est un peu ce que je disais dans la petite série de vidéos que j'ai lancée, justement, pour les travaux et tout. C'est qu'en fait, moi, mon rêve, c'était d'ouvrir une boutique vintage. C'était mon rêve. Je l'ai fait.
- Speaker #0
Ouais, le rêve de petite fille.
- Speaker #1
Ouais et en fait après y'a quoi ? Après j'ai une vie de merde où je travaille 80 heures semaine et genre je gagne pas hyper bien ma vie ? Bah non en fait le rêve du coup c'est d'avoir une vie qui me convient, c'est de pouvoir embaucher des gens, de créer de l'emploi, de gagner bien ma vie aussi. Moi je suis pas quelqu'un de très... Je suis assez ambitieuse mais je suis pas... Je cours pas après l'argent on va dire sinon j'aurais clairement choisi un autre métier mais je veux dire enfin voilà je suis pas... J'aspire pas à avoir des montres de luxe ou des Porsche enfin voilà je m'en fous un peu de tout ça. j'aspire à avoir une vie qui me plaît, à pouvoir voyager à ce que tout le monde travaille confortablement dans ma boîte et que mes clients soient contents franchement si je check toutes ces cases là je serais hyper heureuse et il faudrait que je me trouve un nouveau rêve du coup mais c'est vrai qu'en fait je me suis aussi rendue compte de ça c'est que bon bah j'ai checké mon rêve mais derrière en fait la vie que j'ai n'est pas du tout en phase avec ce que j'ai envie de développer je pense que le fait d'avoir eu 30 ans aussi J'ai pas mal de copines autour de moi qui, même si c'est pas forcément dans mes plans, commencent à avoir des enfants, se marier, se poser un peu dans la vie, faire attention à elle, etc.
- Speaker #0
Ce moment-là a été l'occasion de faire un petit point, de se dire « Est-ce que c'est vraiment ce dont j'ai envie ? »
- Speaker #1
Ouais, c'est ça. Et même si j'ai pas forcément envie, les enfants et tout, c'est pas un projet pour moi. Mais bosser jusqu'à 19h, 30h, 20h tous les jours, c'est pas non plus un projet pour moi. Au bout d'un moment, c'est fatiguant, j'aimerais bien. partir à 17h, aller au café, aller au pilates, faire ma t-d-d,
- Speaker #0
avoir du temps pour ça, complètement.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Ouais, donc du coup, tu t'es dit...
- Speaker #1
Et du coup, je me suis dit, pour débloquer, entre guillemets, cette vie-là, il faut forcément que j'aille chercher plus de chiffre d'affaires pour pouvoir embaucher et déléguer plus et faire grandir mon entreprise. Parce que là, absolument tout reposait sur moi. Donc, du sourcing à la com, en passant par détacher, recoudre un bouton. gérer les clients, ça faisait vraiment beaucoup de charge mentale Oui avec les horaires d'ouverture,
- Speaker #0
tout à l'heure tu disais que t'es ouverte tous les jours avec une amplitude d'horaire énorme quoi
- Speaker #1
Donc je me suis dit en fait il faut que ça agrandisse et moi aussi j'ai envie que ça agrandisse j'ai pas envie de stagner, je déteste ça et du coup je me suis dit bah il me faut une boutique qui est plus grande donc là tu vois j'ai triplé ma surface et il me faut aussi un emplacement beaucoup plus stratégique parce qu'en gros quand j'ai ouvert la première boutique J'ai pris, enfin on avait pris à l'époque, le loyer qui nous semblait le moins cher pour le plus de surface, dans un endroit qui avait du potentiel. Et c'est vrai que ma rue sur trois ans s'est beaucoup développée. Mais je ne me suis pas dit, je n'avais pas du tout ciblé un quartier en particulier, je ne me suis pas dit que c'est absolument là qu'il faut que je sois parce que c'est là que sont mes clients. Je me suis juste dit bon bah là c'est sympa, il y a ça, ça, ça, pas très très loin, ça devrait le faire.
- Speaker #0
Mais maintenant tu sais où sont tes clients ? Le truc, c'est que ces trois années, elles t'ont permis aussi de confirmer qui sont tes clientes, de créer une communauté. Et du coup, de mieux savoir comment ils consomment, où est-ce qu'ils vont. C'est pas évident de le savoir dès le début aussi.
- Speaker #1
Exactement. Et c'est vrai que là, du coup, j'avais vraiment cette question d'emplacement qui était hyper importante pour moi. Et donc, en gros, là, je suis vraiment placée. En gros, t'as la rue commerçante de Marseille où t'as le Zara, le H&M, le Sephora. Enfin, vraiment les grandes enseignes qui sont là. Et moi, je suis juste dans une petite perpendiculaire. Donc c'est vraiment le centre-ville. Et en même temps, moi je ne fréquente pas ces magasins-là, forcément, tu t'en doutes. Mais je me suis rendu compte que dans ma vie perso, la rue dans laquelle je me suis installée, c'est une rue que j'emprunte parce qu'il y a le petit Arroba Zone qui est juste à côté, il y a le bureau de poste, il y a une petite salle de sport un peu sympa, un peu fashion, il y a un petit coffee shop juste à côté de mon local. Donc en fait, c'est des endroits où j'allais tout simplement dans ma vie, moi aussi perso. où mes clientes allaient aussi. C'est vrai que j'ai du coup... D'avoir une boutique, tu peux aussi vraiment prendre le temps d'échanger avec les gens et de dire « Ah, est-ce que si je déménageais, vous iriez à tel quartier ? » Ouais,
- Speaker #0
de confirmer le truc.
- Speaker #1
Exactement. Et c'est vrai qu'entre le moment où j'ai visité le local et le moment où je me suis installée, j'en ai profité pour vraiment poser la question à mes clientes en boutique. Et en fait, 100% ont dit « Mais bien sûr, moi si tu déménages... » En plus, c'est vraiment à 10 minutes à pied. Donc c'est pas comme si c'était à l'autre bout de la ville. Oui,
- Speaker #0
oui. J'avais pas la notion que c'était si proche.
- Speaker #1
Ouais,
- Speaker #0
Et c'est marrant de voir comment ça peut être si proche, et en même temps, complètement... Ouais, c'est ça, un changement d'approche sur le chiffre d'affaires. Clairement. C'est-à-dire que là, les personnes, elles peuvent ne même pas avoir prévu de venir te voir, et se dire, attends, je suis là, je vais juste passer un oeil, voir si jamais Cloua leur suit un nouveau truc.
- Speaker #1
Exactement. Et surtout, j'arrive à capter des gens qui ne seraient pas passés par hasard devant ma boutique. Ou qui n'auraient pas fait le déplacement parce que j'étais à la lisière d'un quartier qui s'appelle le Cour Julien, qui est très connu à Marseille parce qu'il y a plein de graffiti, il y a plein de bars, etc. C'est très festif, etc. Il y a plein d'autres boutiques vintage aussi dans ce quartier-là. Et moi, j'étais à genre deux rues de ce quartier-là. Et en fait, c'est pas un quartier qui séduit aussi tous les touristes. Par exemple, je sais pas, les clientes américaines qui sont en croisière à Marseille et qui font... qui arrivent pour 4h en ville, elles vont pas au Cour Julien en fait. Elles vont pas boire des pastis en terrasse avec les jongleurs de feu. Enfin désolée, je fais des clichés sur Marseille, mais c'est vrai que le Cour Julien, j'adore, moi-même j'y vais, je vais boire des coups avec mes copines et tout. Mais quand t'as du budget et que t'es touriste, t'as pas forcément l'apport. Moi je préfère capter les gens qui iraient plutôt au Galerie Lafayette que capter les gens qui vont aller chez Guérisol, tu vois. Même si j'arrive à séduire les deux dans ma marchandise, tu as toujours envie d'aller séduire le client qui a quand même le plus de budget, c'est normal.
- Speaker #0
Oui, complètement. Ok, donc du coup, cette nouvelle localisation, elle était totalement logique par rapport à ces problématiques que tu rencontrais. Donc, Rue Laudis, c'était ta première boutique.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Donc, cette boutique-là, tu l'as cherchée ? Vraiment, tu t'es mis activement en recherche d'un lieu avec un secteur que tu avais identifié ?
- Speaker #1
Bah pas tellement, ça m'est un peu tombée dessus aussi. Enfin, pas tombée dessus parce que je suis allée chercher, mais ça faisait donc un bout de temps que je...
- Speaker #0
T'étais ouverte à cette idée de te dire, en fait, là j'ai coché mon rêve, mais aujourd'hui il m'apporte pas ce dont j'ai besoin.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Donc il faut que je fasse évoluer le projet en gardant cette base-là, mais je le fasse évoluer. Donc t'avais peut-être aussi un truc, des fois quand tu te mets dans un état d'esprit de... Tu vois, ou quand tu réfléchis à un sujet, que tu commences à acter des trucs, il y a des opportunités qui tombent et que tu vas voir différemment.
- Speaker #1
si ça se trouve t'aurais eu cette option il y a un an tu l'aurais peut-être pas perçue oui c'est sûr j'avais commencé à faire quelques visites de local en me disant bon je vois ce qui se fait je regardais, je regardais pas non plus activement, je regardais peut-être une fois par mois, une fois tous les deux mois voir un peu s'il y avait des choses qui me plaisaient etc j'avais visité un premier local qui était magnifique mais qui était très mal placé et je me suis dit je me renvoie pas dans un truc pas assez bien placé pour moi et après en fait le hasard a fait qu'un soir j'ai regardé plein d'annonces et dans le même en fait dans la même rue que la mienne j'ai visité genre trois locaux différents d'accord sachant que c'est une rue donc qui est très bien placée mais qui était un peu laissée à l'abandon depuis quelques années donc il y avait un petit coffee shop donc du coup qui est juste à côté de chez moi qui avait ouvert il y a un an et qui a pas mal de succès je pense qu'il a un peu redynamisé la ville une boutique un peu une niche de basket un peu très pointu pour les mecs qui s'habillent tout en survête mais avec des trucs qui coûtent hyper cher et tout qu'il y a au vert et après t'as des petites boutiques un peu de fringues mais des trucs un peu random Et donc en gros, l'autre parallèle, c'est la rue de Rome, qui est la rue où t'as un peu tous les trucs pas chers de chinois, de fringues polyester, machin, trucs à 10 balles, etc. Donc c'est vraiment l'entre-deux-monde, cette rue. Et je trouvais ça pas mal, parce que dans la rue de l'autre côté, t'as Hermès, Louis Vuitton, dans la même rue, t'as tout ça.
- Speaker #0
Ah oui, d'accord.
- Speaker #1
Donc c'est quand même assez fou. Et c'est aussi une rue qui relie le vieux port de Marseille et le fameux quartier du Cours Julien. où du coup il y a toutes les autres boutiques vintage et un peu d'animation etc.
- Speaker #0
Ouais donc pour le coup ça réunissait quand même pas mal de critères.
- Speaker #1
C'est vrai et c'est vrai que du coup quand je suis arrivée dans cette rue que j'empruntais régulièrement mais que sur laquelle je m'étais jamais posé de questions je me suis dit c'est vrai qu'il y a un vrai truc dans cette rue là il y a plein de locaux dispo je pense que voilà il y a un peu d'énergie qui est remise l'univers m'envoie des signes let's go et donc j'ai visité trois locaux dans cette rue et en fait en premier j'ai visité celui que j'ai pris et quand je suis rentrée direct je me suis dit ah ouais en fait c'est ça C'est ça, j'ai visité les deux autres après, je suis là genre non mais pas du tout, c'est pas du tout ça que je veux, moi je voulais vraiment un truc un peu waouh, tu vois un truc où quand tu rentres tu te dis ah ouais ok, genre comme j'avais ce truc dans l'ancienne boutique où voilà l'univers était total, c'était vraiment travailler dans le détail et tout, là je voulais un truc avec des beaux volumes, avec voilà de la lumière. Je voulais que les gens aient de l'espace, que ce ne soit pas très étriqué. Tu sais, les boutiques vintage où tout est tassé, tu ne vois rien. Tu as trois clients dans la boutique, tu es débordée, etc. Là, je voulais vraiment un truc qui fasse vraiment à la hauteur de toute l'énergie que je mets et à la hauteur de là où j'ai envie d'aller aussi. Et c'est vrai que direct, je me suis dit, mais oui, en fait... let's go. Et d'ailleurs, le petit signe du destin que j'ai vu bien après quand j'ai commencé les travaux, c'est que quand on a enlevé la façade, on s'est rendu compte que c'était une ancienne boutique Guess, ce qui est quand même assez drôle parce que Guess, c'est un peu emblématique des années 2000, c'est quand même une marque assez affirmée et tout. Et du coup, c'était fun de se dire que j'étais sous ces étoiles-là. Ouais,
- Speaker #0
c'est ça. C'est le genre de signes qui sont trop importants, je trouve, quand tu te lances avec tes amants. C'est un peu vulnérable parce qu'il y a plein de trucs qui vont changer. Et là, tu te dis, bon, les go, c'était la bonne.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Et donc ça, tu l'as... Cette boutique-là, tu l'as signée à peu près quand ?
- Speaker #1
Alors, je l'ai visitée en janvier. D'accord. Il faut savoir que j'ai vachement de mal à l'obtenir de la part des... de l'agence qui la gérait. Parce qu'en fait, en gros, le propriétaire, c'est un multi-propriétaire qui a des milliers et des milliers d'euros de propriétés un peu partout en France. Et en fait, le local était vide depuis près de deux ans. Et je crois qu'ils s'en foutaient un peu de le louer ou pas, quoi. Sauf que moi, j'étais en mode je vais ouvrir pour la saison parce que je voulais surtout pas rater ma saison d'été. Je me suis dit, on est en janvier. Là, je fais mes travaux, tchic-tchac, il faut que j'ouvre en mai, juin, let's go.
- Speaker #0
Parce que sur l'autre boutique, tu avais un bail 369 ?
- Speaker #1
J'avais un bail 369 et du coup, il fallait que je revende mon droit au bail. Donc, j'avais quand même toute une petite logistique aussi de quitter, de réinjecter, de tout ça financièrement, comment ça fonctionne. Il fallait que je me projette. Oui,
- Speaker #0
complètement. C'est un gros morceau quand même.
- Speaker #1
Oui. Et en fait, ils n'étaient pas hyper réactifs. Après, ils m'ont dit que mon dossier ne leur faisait pas trop envie, qu'en gros, eux, ils voulaient une chaîne, voilà petite entreprise comme ça indépendante c'était un peu galère, genre mes parents ont dû se porter garant alors que genre ma société gagne plus que eux deux réunis en un an j'étais un peu en mode genre bon je suis toute seule j'avais que des bureaux d'hommes en costume un peu donc il a fallu quand même que je défende mon bout de gras la chance que j'ai c'est que en fait derrière en trois ans j'ai réussi à m'entourer quand même d'une super comptable ma nouvelle comptable est exceptionnelle t'as trouvé quelqu'un qui correspondait j'ai une nouvelle banquière aussi qui est fantastique et j'ai quand même un réseau aussi qui fait que si j'appelle mon BGE je leur dis j'ai besoin qu'on m'accompagne pour un truc, ils vont être au taquet je suis aussi avec Initiative Marseille Métropole qui est du coup un autre asso qui s'occupe de gérer, c'est dans le réseau Entreprendre qui s'occupe de gérer des entrepreneurs donc c'est vrai qu'assez rapidement j'ai réussi à mettre un peu euh tout ce dont j'avais besoin en randonnion pour pouvoir suivre ce projet-là.
- Speaker #0
L'important, c'est d'avoir un peu un squad avec toi, de gens qui viennent aussi renforcer l'impact et la confiance que peuvent avoir les gens parce qu'ils se disent, ok, elle est entourée, et puis même toi, tu vas te dire, j'ai des bonnes personnes autour de moi.
- Speaker #1
Et puis aussi, staffer la boutique parce que je savais que du coup, j'allais plus être dispo 100% du temps pour faire mes heures, etc. L'autre boutique est restée ouverte jusqu'au dernier moment. Merci beaucoup. Donc voilà, assez rapidement j'ai réussi à mettre en place mon petit plan et tout. Parce que ça traînait les signatures, les machins, les trucs. Et puis il fallait quand même un peu de cash flow que je n'avais pas forcément. Parce que pour moi c'était en pleine période creuse. Enfin c'était en plein pendant la disette. C'est-à-dire janvier, février, mars, vraiment c'est pas les meilleurs mois. Donc je n'avais pas non plus énormément de cash flow à dispo pour tout de suite me lancer. Donc il fallait un petit prêt de la banque, les prêts d'entrepreneurs, etc. Faire des prêts, des prêts visionnels. J'avais quand même un peu de taf aussi à ce niveau-là. C'est pas genre du claque-de-doigts, on t'envoie 30 000 euros et c'est parti. Oui,
- Speaker #0
mais d'autant plus que tu ne savais pas nécessairement comment et si tu allais revendre correctement la première. Comment ça allait se passer. Il y a beaucoup d'inconnus dans l'équation.
- Speaker #1
Exactement. Parait mettre en vente le droit au bas et trouver de l'argent immobilier, faire les visites. Tout ça, c'était un peu... Mais ça s'est vraiment passé. Enfin, tout s'est réglé comme sur des roulettes. Trop bien. Le timing que j'avais visionné, c'est complètement déroulé comme ça. Donc franchement, trop de chance. Trop de chance d'être bien entourée aussi, d'avoir des personnes de confiance à qui déléguer la gestion de la boutique, déléguer la vente du droit au bail, déléguer le prévisionnel, déléguer... Ouais,
- Speaker #0
de toute façon, il y a un moment où tu ne peux pas tout faire tout seul. Il faut l'accepter.
- Speaker #1
C'est ça. C'est ça, c'est ça. Et tout s'est vraiment bien passé. Donc, j'ai eu les clés de la nouvelle boutique le 26 avril.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Ouais. Non, 26 mars, pardon. Désolée, je ne sais plus. 26 mars. Et donc, j'ai fait mes travaux avril-mai. OK. Et j'ai ouvert début juin et j'ai fait une grande partie moi-même. Il y avait beaucoup de travaux. Il y avait beaucoup de travaux, mais franchement, il y a eu moins de travaux que dans mon ancienne boutique.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #1
Parce qu'en fait, l'ancienne boutique, quand je suis arrivée, quand on est arrivée au tout début, que j'étais encore avec mon ancien associé, il n'y avait pas de toilette, il n'y avait pas d'interrupteur, il n'y avait rien. C'était 4 minutes dans le garage, il n'y avait rien. Donc là, je partais quand même d'une base. C'était une ancienne boutique qui avait été fonctionnelle à un moment. Alors, ce n'était pas mon bout visuellement, mais c'était fonctionnel. J'aurais pu ouvrir directement, juste faire un coup de ménage et mettre trois portants et c'était parti. Sur le rez-de-chaussée, sur le sous-sol, il y avait plus de boulot parce que ce n'était pas utilisé depuis 15-20 ans. Donc, c'était un peu crasseux. Il fallait remettre pas mal de trucs aux normes, etc. Mais ça s'est fait en deux mois. Alors c'était intense aussi et moi j'ai fait beaucoup de choses moi-même aussi parce que j'ai ce savoir-faire là et j'aime m'investir aussi à ce niveau-là. J'ai du mal à me sentir chez moi si j'ai pas repeint les murs, mis des tringles dans mes appart et si c'est pareil j'ai besoin de mettre ma patte on va dire. et là j'ai fait pas mal de trucs toute seule j'ai aussi vu quelques artisans bien évidemment qui m'ont aidée mais du coup c'est là où je suis devenue radine il y a un shift là c'est à dire que quand j'ai ouvert ma première boutique on m'a dit bon bah vas-y faire ci ça ça ça coûte tant j'étais là genre ok mais j'avais pas d'éléments de comparaison j'avais pas de le temps de deviser contre deviser etc là je savais que je voulais un sol en PVC comme ci comme ça nan nan nan parce que c'était plus facile d'entretenir que la moquette ah oui ne mettez pas de moquette dans vos boutiques Voilà. à ne pas faire et en fait le premier devis qu'on m'a fait c'était genre 12 000 euros j'étais là genre bah non c'est que toi t'avais un budget de 30 000 euros ? j'avais du coup le budget qui était en gros le prix de la vente de mon droit au bail et que j'avais estimé à peu près à ça donc qui était pas encore non plus sur sûr donc c'était la fourchette que je m'étais fixée en incluant les frais d'agence qui étaient de 10 000 euros donc ça laisse quand même 20 000 euros de travaux c'était à la fois beaucoup Oui, elle a fait...
- Speaker #0
pas beaucoup parce qu'en fait on sait que ça va vite quand tu vois un devis à 12 000 euros c'est ça,
- Speaker #1
donc bien évidemment le devis à 12 000 euros je leur ai dit les gars non désolé, je suis allée à l'aura malin, j'ai acheté tout le matos ça m'a coûté 3 000 euros, je l'ai fait moi-même voilà, ça m'a pris deux semaines mais je l'ai fait moi-même et ça m'a coûté que 3 000 euros, voilà et c'est pas peut-être aussi bien fait que si c'était une entreprise, mais pour l'instant ça fait le taf, le jour où j'ai 12 000 euros que je sais pas trop quoi en faire on en reparle tu lui feras un petit coup de neuf si besoin quoi Mais voilà, c'est à peu près là où je me suis dit en fait, il faut que je sois smart dans mes dépenses parce que je peux pas m'envoyer trop de trucs. Je préfère dans un an me dire que je refais ci, que je refais ça, vivre dans l'espace, voir, etc. Pas refaire l'erreur aussi de me dire, je fais un truc hyper concept et en fait ça bouge plus et c'est pas du tout malléable. Là je me suis dit, je fais un truc clean, je fais un truc fonctionnel. Et si je me rends compte à l'usage qu'en fait là où j'ai mis important finalement ce serait bien d'avoir une étagère pour présenter les chaussures ou je sais pas quoi. On verra. Et au final, c'est très bien. C'est beaucoup mieux. J'ai aussi essayé de réemployer au maximum tout ce sur quoi j'avais investi pour la première boutique. J'ai récupéré mes portants que j'avais fait sur mesure. J'ai récupéré pas mal de choses. Tous les portants événementiels, par exemple, que j'avais, qui étaient des beaux portants chrome. Je me suis dit, je vais mettre ça. Je vais pas réacheter des portants pour ça. T'as chiné aussi. Comment ?
- Speaker #0
T'as chiné aussi.
- Speaker #1
Voilà, j'ai chiné pas mal de décos aussi pour essayer d'avoir vraiment la vibe que je voulais. J'ai pris le temps, entre guillemets, j'avais que deux mois, mais comme ça faisait longtemps que je pensais à déménager, j'avais déjà toutes mes idées qui étaient au clair. Je savais ce que je voulais comme DA, je savais ce que je voulais à peu près comme mobilier, etc. Versus la première boutique où du jour au lendemain, je me suis dit, ok, là, il faut que j'ouvre un truc. J'ai trois mois devant moi, trois, quatre mois devant moi. Je ne savais pas ce que je voulais. Et donc, du coup, j'ai fait un truc trendy, un truc qui me plaisait, un truc... Mais je n'ai pas pris le temps d'affiner vraiment ce vers quoi j'avais envie d'aller. Alors que là, ça faisait quand même un an que le mood board du test était créé.
- Speaker #0
T'étais plus que prête.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Il y a aussi tout ce qui est achat. Et ça, c'est un gros bloc aussi que je trouve intéressant. C'est que, comme tu disais, tout est sélectionné par tes soins, pièce par pièce. Là, la boutique est trois fois plus grande. Donc, comment t'as géré ça ? Parce que si l'autre boutique était encore ouverte, t'as fait un transfert du stock de la boutique, mais t'as dû quand même compléter.
- Speaker #1
j'imagine que c'était un gros gros boulot en parallèle des travaux alors ça j'ai été assez smart dans le sens où dès que j'ai visité en janvier je me suis dit de toute façon je vais déménager si c'est pas cet été ce sera pour l'été prochain la marchandise en fait ça sert toujours je sais que l'été c'est une grosse saison aussi donc j'ai commencé mes achats le plus tôt possible et surtout pour pas avoir à dépenser une grosse partie de mon budget à ce moment là Je me suis dit, je fais un peu au fil de l'eau. Et j'ai commencé à stocker à fond à partir de janvier, en me disant, de toute façon, encore une fois, si ce n'est pas cet été, ce sera pour l'été prochain. J'aurais besoin de marchandises dans tous les cas, à un moment donné. Quand c'est une belle pièce, je dirais, les belles cet été, elles seraient belles l'été prochain aussi. Oui, il y a des choses qui restent. Ce n'est pas comme si je vendais des collections spéciales d'autres marques, etc. Je me suis dit, bon ben... J'ai commencé à vraiment stocker à ce moment-là, le déménagement a été horrible parce que vraiment j'avais l'équivalent je pense d'une tonne de vêtements à déplacer, mais ça l'a fait. Et donc en fait quand j'ai fait les travaux je me suis vraiment concentrée que sur ça.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Je me suis levée, j'ai mangé, j'ai travaillé pendant deux mois et tout le reste était plus ou moins géré quoi en fait.
- Speaker #0
Ouais du coup t'as délégué la gestion de la boutique, t'avais des équipes.
- Speaker #1
Exactement, ouais.
- Speaker #0
Ça, tu l'avais déjà fait sur les 3 ans d'avoir de l'aide en boutique ?
- Speaker #1
Ouais, alors depuis le début, j'avais toujours pris une personne en alternance avec moi, qui avait plutôt des profils com et qui avait de l'expérience en vente, parce qu'en vrai, c'était plutôt 70% de vente et 30% de com. Donc j'avais une personne en plus qui était déjà en place depuis quelques temps, donc qui était assez autonome. Plus, j'ai pris quelqu'un que je voulais prendre le temps de former avant l'ouverture de la nouvelle boutique, Parce que bah... Même si ça allait être un espace différent, nos outils, c'est les mêmes, notre façon de travailler, c'est la même, nos façons d'échanger avec nos clients, c'est la même, etc. Donc, je me suis dit, si cette personne arrive un peu en amont, qu'elle peut prendre le relais quand moi, je ne suis pas là, qu'elle peut nous aider à faire aussi un peu la grande braderie, machin, etc. de fin de boutique qui était quand même intense, c'est cool, ça. Ça fait un bon pied à l'étrier. Et puis, quand on ouvrira, la personne sera formée. Il ne faudra pas lui apprendre comment mettre l'étiquette. Enfin, ce sera fait. Et du coup, ça s'est hyper bien passé. J'ai eu la chance aussi de tomber sur des personnes qui sont vraiment top. Je sais que ce n'est pas le cas de tout le monde quand on ouvre une boutique, mais moi, les recrutements, j'ai toujours eu des personnes exceptionnelles. Franchement, qui continuent d'être... Si un jour, j'ai besoin de quelqu'un en extra, si j'ai une absence, une galère, un quoi, je sais que je peux appeler la petite dizaine de personnes qui ont déjà travaillé avec moi. Ils sont toujours dispo et là pour aider. Donc, c'est trop cool. Et voilà, du coup, ça s'est fait comme ça. À partir du moment où j'ai eu les clés, j'étais au local de 8h du matin à 8h du soir, tous les jours pendant deux mois. Et voilà, parce que je voulais que ça affite mon délai aussi, parce que moi je m'étais engagée sur un événement d'ouverture dans le cadre d'un festival que je co-organise avec mon collectif qui s'appelle BAGA, et donc la Slow Fashion Week. Et en fait, moi j'avais déjà calé ma date d'événement au 11 juin depuis plusieurs mois en disant, bon bah ce sera tel jour. c'est pas plus mal comme ça, ça te met une sorte de exactement, et je me suis dit en fait il n'y a aucun monde où je ne suis pas à l'heure et si je dois me mettre la pile pendant deux mois je me la mets et voilà ouais donc c'était j'imagine
- Speaker #0
extrêmement intense et qu'est-ce que ça t'a fait ? parce que là je pense que c'est un moment qui est un peu bizarre parce que tu sais que t'avances c'est un projet que du coup t'as réfléchi et t'es méga excitée d'avoir cette boutique à laquelle tu redonnes vie tu sais que tu vas dans le bon sens mais en même temps tu as genre de fermer ta première boutique est-ce que ça t'a fait quelque chose ? ou finalement c'était assez neutre parce que t'étais tellement dans l'élan de la deuxième ?
- Speaker #1
Franchement, ça fait toujours un petit truc. Après là, je suis encore... Enfin, j'ai pas encore vendu le droit au bail et tout. Là, je suis sur des sous-logs jusqu'à septembre, le compromis est signé. Bref, je suis encore... J'ai pas encore dit au revoir pour de vrai. J'ai pas encore dit au revoir pour de vrai, même si j'y suis plus depuis deux mois maintenant, quasiment. Et c'est vrai que le jour où on a déménagé, on a enlevé toutes les affaires et tout, qu'on a laissé vraiment l'espace vide, ça m'a fait un petit truc parce que... Parce que ça fait toujours quelque chose. Mais en fait... Je savais que ce n'était plus ma place. Je ne suis pas quelqu'un d'extrêmement nostalgique. Je suis beaucoup plus portée sur l'avenir que sur le passé. Et c'est vrai que du coup, pour moi, le chapitre était déjà fermé. Il fallait gérer les derniers petits trucs. Mais en fait, pour moi, ça s'est terminé le jour où j'ai eu les clés du nouveau local. C'était bon. C'était plus chez moi. Même si forcément, il y a encore des trucs à gérer et tout. je vais toujours passer en plus j'habite juste à côté donc je vais toujours continuer de passer devant cette boutique et me dire ça a été ma boutique c'est trop cool mais ça ne me pêche pas dormir la nuit et donc du coup les ambitions pour cette deuxième boutique comment tu vois un peu le futur et c'est quoi ce que tu as envie de construire pour Digger avec cette nouvelle adresse l'idée c'est de pouvoir continuer de développer ma sélection vintage pouvoir... légèrement monter en gamme même si j'ai quand même toujours envie de m'adresser à mes clientes de toujours qui n'ont pas toutes des portes monnaies parce que c'est quoi ton prix moyen à peu près aujourd'hui ? c'est je dirais 30 euros donc ce qui est relativement bas quand on voit tout le travail derrière mais je peux avoir un truc à 5 euros, un truc à 200 euros ça dépend J'ai pas envie de devenir une boutique hyper luxe, hyper niche, parce que ça existe déjà. Et même si je pourrais le faire, c'est pas ce que je consomme moi dans la vie. En fait, le projet grandit avec moi aussi. Et c'est vrai que, bah oui, moi quand j'ai commencé, je m'achetais des petits trucs Y2K à 5 ou 10 euros. Là aujourd'hui, je suis prête à mettre 70, 80 euros dans une belle pièce qui me plaît et qui va rester longtemps dans mon dressing. Voilà, c'est un peu plus ça que j'ai envie de faire. et puis j'ai aussi toujours moi un truc qui m'habite depuis le début qui est l'ambition de faire changer d'avis les gens qui consomment de la première main c'est à dire que tu vois je me disais toujours les gens qui vont chez Zara je peux pas les blâmer parce qu'en fait à côté de Zara t'as H&M, à côté d'H&M t'as Bershka à côté de Bershka t'as tel truc eux ils vont faire du shopping, ils passent devant tout il y a des trucs qui leur plaisent, ils les achètent bah là en fait je suis à 20 mètres donc en fait ces personnes là Merci. potentiellement ils auront beaucoup plus l'occasion enfin je l'espère en tout cas de changer d'avis puisqu'ils auront sur leur chemin une boutique vintage cool dans le même budget que ce qu'ils dépenseraient chez Zara, voilà moi j'essaie de me caler à peu près là dessus, un jean chez Zara je crois c'est 50 euros, 60 euros bah en vrai un jean vintage de belle qualité c'est le même prix après il faut avoir l'explication derrière, il faut expliquer aux gens que bah oui il a déjà été porté mais il est quand même d'une qualité nettement superbe parce que tu te trouves chez Zara donc l'un dans l'autre tu t'y retrouves euh... Mais oui, l'idée, c'est d'avoir aussi cet espace un peu plus élégant et un peu moins enfantin pour aussi aller chercher une clientèle un peu plus âgée. Parce que parfois, c'est vrai qu'il y a des gens, ils vont voir à la boquette contre les bouddhiscos, ils vont se dire, « Ouh là là, c'est un truc de gamine, ce n'est pas pour moi. »
- Speaker #0
Parce que ça, c'était la déco de la première boutique.
- Speaker #1
Oui. Et donc, c'est vrai que là, du coup, l'idée, c'est de séduire aussi la cliente qui va aller dans les rues autour, dans les boutiques, à 100 minutes à pied je vais avoir la boutique Cézanne, la boutique IC, la boutique Bache, la boutique Vanessa Bruno. Que ces clientes-là aussi, elles puissent trouver leur bonheur chez moi. Parce que je pense que tu peux faire les deux. Tu peux t'acheter une belle pièce d'une marque que t'aimes et aller en vintage et te trouver des trucs à côté pour mixer un look qui va être 100% toi.
- Speaker #0
Et comment tu fais pour être visible au pré-ajustement de ces clientes ? Tu as cette ambition de rendre le réachat, la seconde main... Que ça fasse partie de leur quotidien et de leur parcours dans leur shopping. Comment tu fais pour être visible auprès de cette clientèle qui ne te connaît pas nécessairement ? C'est quoi un peu tes armes ?
- Speaker #1
Déjà, je suis sur leur route. J'ai une boutique que quand tu passes devant, tu peux pas la louper, c'est violet, c'est hyper vivant, il y a une belle vitrine, etc. Après j'ai aussi la force de frappe des réseaux sociaux, qui est quand même pas négligeable, qui me permet de... C'est vrai que là, faut que je reprenne un peu, mais je faisais pas mal à un moment des petits contenus comme ça, genre si t'as kiffé ça, ça, ça sur le e-shop de rouge, bah en fait dans ma boutique j'ai ça et qui sont des trucs en fait same same vraiment c'est le même style c'est limite des fois bluffant de se dire que J'ai exactement la même chose dans mon magasin. Donc c'est vrai qu'il y a ça. Et puis après, je pense qu'il y a un peu de bouche à oreille, mine de rien, dans le commerce. C'est vrai que c'est important. Nous, on traite vraiment tous les clients de la même manière. C'est-à-dire que ce soit une petite mamie qui ne connaît pas grand-chose au vintage et qui ne comprend pas trop ce qui se passe, comme une petite nana de 15 ans qui d'habitude va chez Bershka et qui l'a rencontrée parce que ça a piqué sa curiosité. On prend vraiment le temps d'expliquer aux gens la démarche, ce qu'on peut trouver. Si tu cherches un truc particulier, on va t'aider à le trouver dans les rayons. Voilà, on laisse pas les gens...
- Speaker #0
Pourquoi il y a un vrai accompagnement ?
- Speaker #1
Bah on essaye en tout cas de... C'est pas toujours possible parce que si la boutique est remplie, on est sur deux tâches, mais quand c'est calme et qu'on a le temps, on essaie vraiment de créer des échanges avec les gens pour qu'ils comprennent aussi qui on est. Et souvent, on a aussi beaucoup de gens qui envoient leurs amis, leurs connaissances, etc. nous voir parce qu'ils savent que le rapport prix-accueil-qualité, voilà... En vrai, c'est dur de trouver ça dans l'hélicoptère d'aujourd'hui. Après,
- Speaker #0
passer chez Zara aussi, quand tu rentres dans une boutique comme ça, l'expérience est totalement différente.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Et du coup, tu fais, par la force des choses, dans tout ça, tu marques des points aussi et tu donnes envie aux gens de revenir et de revoir cette expérience.
- Speaker #1
Et puis là, il y a tout un axe aussi que je voudrais développer, que du coup, je n'avais pas le temps à date, mais qui va être, tu vois, la fidélité, les comptes clients, le dépôt-vente aussi. J'aimerais beaucoup, voilà... développer ça auprès de mes clientes voilà parce qu'en fait les pièces vintage elles ont toutes plusieurs vies donc c'est vrai que proposer le fait de vendre pour mes clientes leurs pièces bah c'est quand même cool c'est chouette ça permet moi aussi d'avoir accès à des pièces sympa sans avoir à sortir de chez moi ou dépenser des sous ce qui est pas mal et pour mes clients c'est aussi un vrai plus du coup elles ont un wallet qu'elles peuvent réemployer dans la boutique pouvoir aussi développer l'activité sur ce segment là je pense que c'est intéressant surtout pour avoir quelques pièces un peu plus haut de gamme sur lesquelles je n'investis pas forcément parce qu'il faut sortir la trésorerie c'est ça, exactement et puis aussi fidéliser et avoir une autre gamme de clientèle moi j'adore avoir des filles comme toi ou moi trentaines, qui s'intéressent à la mode etc mais quand j'ai des petites mamies qui viennent me voir et qui sont trop contentes de trouver un truc comme elles n'en trouvent plus dans les magasins bah franchement ça me fait trop plaisir aussi quand j'ai une petite jeune qui d'habitude va chez Primark ou chez Bershka et qui se dit c'est vrai que pour 20 euros je peux avoir mon petit top vrai des années 2000 j'ai pas besoin de m'acheter un truc à 14 ou 15 nul que j'ai passé la machine deux fois qui va être pourri ouais il faut bien pouvoir avoir une telle latitude dans les clients que tu vas embarquer dans l'aventure c'est ça en fait ceux qui sont déjà convaincus je sais qu'ils continueront de venir me voir tu vois les c'était déjà un peu le travail que j'ai fait dans la première boutique mais c'est vrai que le but c'est d'aller chercher les autres et que les autres ils reviennent et qu'ils envoient leurs potes et que voilà on fasse grossir ensemble les gens qui consomment de la seconde main et qui le font chez Bigger c'est quand même cool et
- Speaker #0
donc du coup je rebondis sur les réseaux sociaux parce que c'est un enjeu quand t'as une boutique De prendre la parole, de rendre vivante de façon digitale ce qui se passe en boutique, parce qu'il faut faire le lien, les gens sont beaucoup sur leur téléphone, donc il faut pouvoir aussi être présent dans leur quotidien, en leur montrant ce que tu proposes. Mais c'est dur, c'est pas facile, on réussit déjà à trouver le temps, de savoir comment le faire, et tu le fais très bien. Toi, c'est parce que, je ne sais pas, est-ce que c'est du fait qu'avant, tu étais dans la pub et l'événementiel, que... Tu avais des compétences et que du coup, tu les mets à profit pour ce projet ? Ou est-ce que tu regardes un peu ce qui se fait ? Comment toi, tu gères cette partie communication et quelle part ça prend aussi dans ton quotidien ? Clairement, je pense que je ne communiquerais pas comme je le fais si ce n'était pas mon taf avant. J'ai déjà fait ça dans ma vie d'être responsable pour des médias ou pour des choses comme ça. Donc c'est vrai que j'ai un peu les codes. Et surtout, je n'ai pas peur de prendre l'outil en main. Parce qu'en fait, je pense que la plupart des gens seraient complètement capables de le faire. Juste, ça fait flipper. Ça fait flipper parce que tu te mets en avant de toi, parce que c'est quand même quelque chose de créatif. Il y a plein de gens qui ne sont pas hyper à l'aise avec... Avec le fait de se dévoiler de cette manière-là aux yeux de tous. Même si tu as 10 000 abonnés, ce n'est pas tes 10 000 abonnés qui vont se dire « Putain, elle a une crotte de Niki de bassin ! » Ça n'arrive pas en fait. Et au pire, ça te fait de l'engagement. Enfin, j'ai envie de te dire...
- Speaker #1
Finalement,
- Speaker #0
ça peut être un truc d'être authentique. Il y a une part de maîtrise déjà de l'outil et de ne pas avoir peur d'y aller.
- Speaker #1
Ouais, d'oser.
- Speaker #0
Je pense que c'est le plus important, d'oser. et ensuite quand tu le fais tous les jours pendant 3 ans au final ça devient un peu ça fait partie du travail après moi c'est vrai que je le fais vachement et là c'est un enjeu pour moi cette année de me structurer vraiment et de mettre en place des vraies stratégies et de vraiment y aller mais moi je fais tout à l'instant je me dis pas il faut que je publie 3 réels j'ai pas de planning de contenu j'ai pas de...
- Speaker #1
et pourquoi tu veux structurer du coup ? parce que tu sens que ça prend du temps ? Quand même, le fait que ça ne le soit pas ?
- Speaker #0
Non, parce que dans le but de déléguer aussi un peu ce genre de choses, il faut que ce soit un peu structuré. Et puis voilà, là je n'ai pas investi tout le temps et toute l'énergie que j'ai mis pour ne pas exploser au global. Donc exploser aussi sur les réseaux, ce serait pas mal, puisque même si j'ai une bonne communauté et tout, je pense que je pourrais aller encore une fois chercher plus. Et du coup, l'idée ce serait de mettre... Je pense que si j'applique un peu plus de rigueur... un peu plus de stratégie et que je ne me dis pas juste je fais ça parce que j'ai envie d'en parler sans forcément me fermer la porte à la spontanéité, ce n'est pas non plus l'idée mais juste d'être un peu plus carré entre guillemets dans l'exécution je pense que ça pourra croître un peu plus et pourquoi pas développer aussi d'autres sources de revenus via les réseaux que ce soit avec les marques pourquoi pas Je sais pas, si je développe le e-shop, voilà, si t'as pas des réseaux très forts, le e-shop, je pense que ça peut pas prendre, voilà.
- Speaker #1
Aujourd'hui, tu vends pas en ligne ?
- Speaker #0
Alors, de temps en temps, je vends sur Vinted, mais encore une fois, parce que je sais que c'est une plateforme qui est... des gens qui ne me connaissent pas peuvent tomber sur mon article sur Vinted, versus quand t'as ton site à toi, et que... pour faire du SEO et que n'a rien, et que pour une pièce à 40 balles, franchement, ça vaut pas le coup. mais tu vois je le fais vachement hors saison Vinted quand c'est calme ça me permet de donner quelque chose à faire aux personnes qui sont en boutique quand il n'y a personne et aussi de dynamiser la clientèle que j'ai qui n'est pas forcément sur Marseille parce que j'ai aussi réussi à développer une clientèle régulière non marseillaise par exemple des meufs de Paris qui viennent à Marseille régulièrement à chaque fois qu'elles viennent à Marseille elles viennent me voir et ça ça fait trop plaisir mais je pense que si j'avais un petit compte Vinted avec des trucs un peu sympas et
- Speaker #1
voir ce qu'il y a
- Speaker #0
ça donne envie donc ça on l'a un peu fait l'hiver dernier ça a un peu pris mais c'est vrai que du coup avec tout le déménagement et tout ça a été un peu laissé à l'abandon donc voilà et puis je trouve que les réseaux c'est important je regarde pas tant je regarde un peu ce qui se fait évidemment parce que je consomme un peu mais beaucoup moins qu'avant les réseaux sociaux c'est plus j'essaye d'avoir le bon équilibre entre storytelling genre raconter ce qui se passe, qu'est-ce qu'on fait, machin, tous les dessous de la boutique et tout ça. Et en même temps, mettre en avant les produits parce que l'un ne va pas sans l'autre. Quand même que les gens, quand ils arrivent sur mon compte, ils voient que mes pépites sont là, que j'ai des fringues vintage, que ce n'est pas que moi qui raconte ma vie. Ce n'est pas le but, ça ne m'intéresse pas.
- Speaker #1
Après, le truc, c'est qu'en fonction des actualités, ça change aussi. Le fait, c'était chouette, tu as fait toute une communication en mode j'ai 30 jours pour ouvrir ma boutique et il y avait des petits épisodes. tu suis le feuilleton autant les gens qui te connaissent déjà que les gens qui te découvrent ils ont envie de savoir tu t'attaches vachement à la personne tu comprends aussi beaucoup plus tout ce qu'elle traverse et typiquement pour l'ouverture ça crée aussi quelque chose donc là ça a été totalement pertinent après maintenant que tu vas avoir ouvert tu vas aussi peut-être avoir un peu plus des moments des communications justement vous voulez chiner une pièce comme si voilà un peu ce que j'ai aujourd'hui oui exactement
- Speaker #0
Et puis surtout, me reprendre le temps de communiquer un peu. Parce que là, j'avoue, depuis l'ouverture, je ne me suis pas arrêtée de communiquer. Mais j'ai quand même pris beaucoup moins de temps pour ça. C'est vrai que même j'adore filmer des petites restaurations de pièces quand je prends le temps. Tu vois, restaurer une paire de chaussures ou un bijou. C'est vrai que c'est cool. Et surtout, moi, j'adore l'aspect didactique de pouvoir montrer aux gens. Comment ils peuvent entretenir leurs vêtements, les modifier, faire durer. Je pense que les gens ont besoin de reprendre le pouvoir sur leur fringue. Ils ne sont pas que des consommateurs. Ils sont aussi stylistes. Ils font aussi leur propre pressing. Si tu n'as pas les compétences pour associer tes pièces, les faire durer, les acheter, les vendre, c'est sûr que tu te retrouves à acheter sur Zara.com tous les deux mois les trucs à tendance. donner ou jeter tes freins une fois que t'en veux plus dans le monde dans lequel j'ai envie de vivre ça ne fonctionne pas comme ça et t'as l'impression que les gens aujourd'hui,
- Speaker #1
en trois ans tu sens que l'appétit des gens justement pour ce genre d'achat et de la seconde main est en train de changer clairement je pense que
- Speaker #0
Le vintage a clairement le vent en poupe. Il y a de plus en plus de boutiques qui ouvrent, de plus en plus de boutiques différentes. Et surtout, la seconde main se diversifie au même titre que la première main est diverse. C'est-à-dire que tu vas avoir des boutiques hyper luxe avec que des pièces de fou, hyper chères, etc. Très, très curéité et tout. Comme tu vas avoir des ressourceries où tout est à 1€. Et entre deux, tu as un monde.
- Speaker #1
Oui, complètement.
- Speaker #0
Tout comme dans la première main, t'as Dior et t'as Primark.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Du coup,
- Speaker #1
c'est un enjeu pour toi aussi. C'est ça de se dire, aujourd'hui, qu'est-ce que je veux que Digger soit dans ce paysage-là de la seconde main ? à Marseille et ailleurs d'ailleurs c'est des réflexions que t'as aujourd'hui le positionnement je pense que ça s'affine aussi avec le temps et en fonction de la clientèle que t'as tu vois la nouvelle boutique etc mais moi vraiment l'idée c'est de rester sur quelque chose de de
- Speaker #0
grand public tu vois le Zara, le grand public est un peu quand même c'est pas niche Zara mais tu vois ce que je veux dire genre qui est dans la tendance en même temps t'as des trucs plus classiques et tout le monde va chez Zara tout le monde va chez Zara tu cherches une tenue un peu habillée pour un mariage tu vas chez Zara, tu cherches un truc pour aller bosser tu vas chez Zara non pas que ce soit un modèle de réussite pour moi même si bon ce que je veux dire c'est que à la fois t'as des trucs pas chers et à la fois t'as des trucs plus haut de gamme donc t'as un peu de tout et surtout c'est connu c'est un peu un truc où Dans mon rêve les plus fous, il y a un digger dans chaque ville de France et tout le monde connaît. C'est la référence. Cali, abordable, sympa. Et en même temps un petit peu mode, sans être trop mode dans le sens excluant, tu vois ce que je veux dire.
- Speaker #1
Extrêmement pointu ou des pièces que tu ne peux pas porter au quotidien. Et donc sur le business model un peu de la seconde main, parce que toi tu connais un peu les coulisses, est-ce que c'est, par exemple s'il y a des gens qui nous écoutent, qui veulent se lancer là-dedans ou qui sont lancés là-dedans, toi c'est quoi ton regard là-dessus sur la rentabilité, sur les enjeux financiers quand tu gères une boutique de seconde main ?
- Speaker #0
Bah je pense que, en fait, avant toute chose, il faut savoir vers quoi t'as envie d'aller. Enfin, si t'as envie d'aller vers un truc qui est tout à 5-10 euros, c'est super, y'a un peu de tout, c'est top, bah va acheter des balles et va... Tu te retrouves à être plutôt quelqu'un qui trie que quelqu'un qui curate, et c'est ok. Enfin, et du coup t'as d'autres questionnements à poser qui vont être, bah du coup... Peut-être que tu fais des soldes plus souvent parce qu'en fait, comme tu as beaucoup de stocks, tu as des trucs que tu vas vendre moins cher. Si tu as envie d'être une boutique hyper luxe avec que des marques hyper pointues, du coup, tu vas avoir une façon de t'approvisionner qui va être différente et une rentabilité qui est différente. Après, comment dire ? Je pense que le mieux, c'est d'essayer et de voir parce qu'en fait, selon l'image que tu vas avoir, l'endroit où tu vas être installée, etc., parfois, tu vas te dire je veux faire un truc... hyper abordables, hyper niches, etc. Enfin, hyper abordables, hyper pas chers, mais en fait, t'es dans un coin de rue où à côté de toi, t'as un horloger, un bijoutier et une pâtisserie hyper pointues. Les gens vont pas vouloir le truc à 5 euros, en fait. Ouais, ça va appuyer la clientèle à chaque fois, quoi. Faut poser la question globalement de ce que t'as envie de faire. Et c'est pas parce que tu fais un truc pas cher que ça va marcher. Et c'est pas parce que tu fais un truc cher que ça va marcher. et aussi c'est comment tu présentes les choses et aussi il faut être préparé je pense que outre l'approvisionnement parce que ça je pense que finalement c'est pas tant le truc le plus compliqué parce qu'en fait si tu veux te lancer dans un business de seconde mort c'est que toi même t'es chineur et toi même ça t'intéresse et en fait t'as déjà tes adresses et tes trucs et trouver de la marchandise c'est pas le plus compliqué le plus compliqué c'est qu'il faut savoir chiner, il faut savoir faire la lessive il faut savoir repasser il faut savoir coudre, il faut savoir communiquer en fait c'est tout ce qu'il y a autour est vachement complet il faut pouvoir se dire je suis capable de changer un zip ou pouvoir déléguer, mais que du coup, ça rentre dans mon présidentiel que j'ai des coûts de couture, de pressing, machin, qui sont hauts. Voilà, il faut juste se dire, il faut faire le bilan de tes compétences au global. C'est pas juste acheter-vendre, ce serait trop facile. C'est acheter, entretenir, mettre en avant, faire le merchandising, faire tes vitrines. C'est vachement global comme métier. En fait, je pense que... Tu peux pas faire ça si t'es pas prêt à travailler 10h par jour en fait. Si tu fais une petite vie tranquille de personne en CDI dans une boîte à 35h qui fait 9-17, franchement, je connais personne qui a un magasin vintage et qui se lève pas le dimanche à 5h du mat pour aller chiner et qui n'est pas en train de recoudre des boutons le soir devant la télé en même temps que de regarder sa série et qui n'est pas en train de se lever à 8h pour aller faire 4h de route pour aller Merci. acheter un truc ou peut-être ne rien acheter parce que parfois aussi on fait des sales donc voilà faut être prêt à y aller à fond en conclusion tu peux nous partager ton mot de la fin peut-être le mot de la fin c'est je pense qu'en vrai il y a encore plein de places pour des boutiques vintage en France et ailleurs que ce soit en ligne que ce soit en physique franchement les chiffres sont encourageants on voit que dans les les études qui sont menées, le vintage ne cesse de croître et je pense que malgré ce qu'on peut dire, il y a encore plein de vêtements qualitatifs à vendre, à acheter en France et ailleurs, donc je pense qu'il faut pas se... Enfin, s'il y a des gens qui nous écoutent qui ont envie de se lancer, franchement, allez-y. Enfin, moi, je suis pas du tout de la team qui va dire il y a trop de friperies, machin, non, je pense que... Enfin, notre but, c'est de manger la première main, en fait, c'est que ça recule, qu'il y ait plus d'arâques, qu'il y ait plus de... Merci. Moi, personnellement, en tout cas, mon but, si je fais ça, j'aime la mode, j'aime les vêtements, mais je pense aussi qu'il n'y a pas de meilleure solution aujourd'hui pour consommer que le vintage de la seconde main. Parce que l'impact, il est quasi zéro, en fait. À part un petit peu de transport, t'as rien. Et de la précarisation de soi-même, mais bon, ça, c'est un autre débat. Mais ce que je veux dire, c'est qu'il y a encore plein de places. Donc, allez-y. Juste essayez de faire un truc différent qui vous ressemble. Ça ne sert à rien de faire un énième. trucs hyper sportswear, hyper pointus machin, si c'est pas votre DA c'est pas votre DA, il faut faire un truc qui vous ressemble dans lequel vous vous achèteriez au prix auquel vous vous seriez prêt à mettre faut pas non plus essayer de rouler les gens parce que je vois aussi beaucoup de gens qui se lancent dans le vintage en se disant je vais acheter un truc à 2€ et je vais le vendre 200 et c'est super les consommateurs sont aussi de plus en plus éduqués sur le vintage, c'est pas pour rien que sur les brocantes par exemple les prix ont énormément augmenté parce que bon, il y a un contexte économique mais les gens aussi savent que leur articles anciens ont de la valeur donc les clients, les vendeurs, tout le monde se rend compte que le vintage c'est de l'or en fait, que t'achètes un truc aujourd'hui, bah en fait potentiellement si c'est de bonne qualité dans encore 10 ans ou 15 ans tu pourras rel'acheter et relevendre en fait c'est infini quoi c'est infini, donc vraiment n'hésitez pas à vous lancer mais faites quelque chose de différent quoi quelque chose qui ne tient qu'à vous et que si demain vous fermez il y aura des gens dégoûtés en fait c'est plus ça, c'est je sais que moi si demain je ferme Digger J'en vais trouver d'autres boutiques vintage, mais je veux dire, je vais avoir des vraies personnes qui vont me dire « Putain, je suis trop deg parce que je savais que je trouvais des trucs en 42 chez toi, parce que dans les autres boutiques, je n'en trouvais pas, parce que ta cove, elle était cool. Moi, avant, je ne consommais pas de vintage et tu m'as appris trop de trucs. » Voilà, c'est important, je pense, d'avoir un truc unique.
- Speaker #1
Oui. Ok, écoute, je te souhaite plein de bonnes choses pour cette nouvelle boutique.
- Speaker #0
Merci beaucoup.
- Speaker #1
Que la saison se fasse bien et aussi et surtout que Digger puisse t'apporter aussi ce dont tu as envie aujourd'hui et que ce rêve, il te permette aussi d'avoir la vie que tu as envie de mener. Parce qu'en fait, c'est tout ce dont on rêve quand on entreprend et se dire « Ok, en fait, je monte ma boîte, mais je ne veux pas en être prisonnier et finalement la subir. En fait, c'est moi qui ai les rênes et je veux qu'elle m'emmène à cet endroit-là et peut-être sur la bonne voie parce que déjà, tu es dans cette optique-là. » J'ai hâte de voir où ça va te mener. Et puis, merci beaucoup d'avoir pris ton temps. Je sais qu'il est précieux que tu aies occupé à plein, plein de choses, mais pour partager tout ça. Et à bientôt.
- Speaker #0
Eh bien, merci beaucoup à toi. Et à très vite, j'espère.
- Speaker #1
Ouais, salut.
- Speaker #0
Salut, bonne journée.
- Speaker #1
Voilà, c'est déjà la fin de cet épisode avec Chloé. Merci pour votre écoute. Moi, ce que je retiens de cette histoire, c'est cette petite voix. Cette petite voix intérieure qui, depuis le début, lui a indiqué la direction à prendre. À un moment, Chloé s'est dit, c'est bon, ça y est, j'ai coché mon rêve. Et maintenant, qu'est-ce qu'il y a ? Elle ressentait qu'elle avait envie et besoin d'autre chose. Son équilibre à elle, il avait changé par rapport au début. Et je trouve ça hyper précieux, cette capacité à ne pas rester bloquée dans le schéma de départ. À se donner le droit, de temps en temps, de faire une sorte de mise à jour. De se demander, ce projet, qu'est-ce que j'ai envie d'en faire, moi, aujourd'hui, avec la personne que je suis devenue. Le souci, c'est qu'on entend mal cette petite voix quand on a la tête dans le guidon du quotidien. Il lui faut de l'espace pour se faire entendre. Et je trouve qu'il n'y a rien de mieux qu'un vrai break pour créer cet espace-là. Ce qui tombe bien, parce que c'est l'été, et pour beaucoup d'entre vous, vous allez très probablement faire un break, fermer les boutiques. Bon, ça, ça n'a pas le cas de Chloé, par exemple. Il y a certains commerçants pour qui c'est le feu cet été, mais après, ils trouveront ce moment-là. Et donc, je trouve que c'est intéressant aussi de remettre en lumière l'importance de breaker. pouvoir s'écouter à nouveau. Mais avant de se quitter pour l'été, je voulais vous parler de quelque chose que je lance à la rentrée et qui me tient vraiment à cœur. Depuis que j'ai créé ce podcast et que j'accompagne des commerçants et de commerçantes, ce qui revient le plus souvent, c'est qu'être commerçant, entrepreneur dans le commerce, c'est souvent un métier qui est très solitaire. Alors oui, on est amené à avoir beaucoup de monde, mais on peut assez vite se sentir seul. On avance, on gère, on règle les problèmes, souvent seul. Donc à la rentrée, je vais lancer des coffee boosts, des genres de rendez-vous en visio. d'une heure en petits groupes, 4 personnes maximum, pour échanger sur les vrais sujets du quotidien. La trésorerie, l'organisation, vie perso, vie pro, la communication, des sessions thématiques ou des sessions ouvertes où vous pourrez arriver avec ce que vous avez sur le cœur. Ça va donc démarrer mi-septembre normalement, l'idée étant de ressortir moins seule avec un max d'énergie et d'idées. Je vous donnerai tous les détails très vite sur Instagram à la rentrée. Je vous souhaite à toutes et à tous un très très bel été. Profitez-en pour souffler, pour couper vraiment. Et si l'envie vous prend, c'est aussi le moment parfait pour rattraper les épisodes que vous n'avez pas encore écoutés. Prenez soin de vous, écoutez votre petite voix et à très vite dans la boutique. Ciao !