- Speaker #0
Bonjour et bienvenue sur L'Arrière Boutique, le podcast qui vous invite dans les coulisses de l'expérience retail. Je suis Audrey Gallier, consultante dans les domaines du retail, de l'entrepreneuriat et du développement de marques. Après dix années passionnantes à créer et développer mes boutiques, j'ai envie aujourd'hui de transmettre mon expérience, mais aussi celle de mes invités. Pour cela, je reçois dans ce podcast des personnes inspirantes qui vous ouvrent les portes de leurs boutiques pour vous raconter leurs aventures. Je vous livre aussi dans des épisodes boîte à outils, des pensées et astuces pour vous motiver et vous aider dans vos projets retail. Très bonne écoute ! Il y a des coïncidences qui ressemblent à des symboles. Le 4 novembre dernier, l'appartement français... ouvrait les portes de son plus grand espace, 200 mètres carrés, rue de la Verrerie dans le 4e arrondissement de Paris. Et ce même jour, Shein inaugurait son pop-up au BHV, juste en face. D'un côté, l'ultra fast fashion, de l'autre, 60 marques françaises fabriquées ici avec des gens derrière chaque produit. Deux modèles, deux visions du commerce installées à quelques mètres l'un de l'autre. Mon invité aujourd'hui, c'est Émilie Ouvray, fondatrice de l'appartement français. Ça fait presque 9 ans qu'elle construit ce projet. Elle est passée par des pop-up, la crise des gilets jaunes, le Covid, elle s'est aussi séparée de son associé, et pourtant elle est là, avec 3 boutiques dans le marais, et cette conviction intacte, on peut faire du commerce autrement, et le faire durer. Dans cet épisode, on parle de ce que ça coûte vraiment d'avoir un parti pris fort, en marge, en choix, en sacrifice personnel. On parle de comment on construit un modèle agile et résilient quand les marges sont serrées et que la réalité ne ressemble jamais au plan. On parle de ce que Paris Commerce a rendu possible, et de pourquoi se rendre visible et sortir de ces quatre murs peut tout changer. Et à la fin, on aborde un sujet qui vous intéresse toutes et toutes et que je trouve très intéressant, c'est celui de la rémunération. De ce moment où on se demande si on a le droit de se payer, comment, et pourquoi en fait c'est un enjeu central quand on est commerçant et commerçante. Bonne écoute ! Avant de plonger dans l'épisode, un petit mot sur mon partenaire, Paris Commerce. C'est l'opérateur créé par la ville de Paris pour soutenir les commerçants et artisans de la capitale. Sa mission ? Protéger le commerce de proximité, encourager le fabriqué à Paris et aider les entrepreneurs à tester, développer et pérenniser leur activité, notamment en facilitant leur installation dans des boutiques physiques. C'est une démarche qui me touche beaucoup évidemment et qui fait écho à ce que je cherche à faire ici avec l'arrière-boutique. Mettre en lumière les parcours, les réalités de celles et ceux qui entreprennent dans le commerce indépendant, malgré les difficultés et toujours avec beaucoup de passion. Et maintenant, place à l'épisode, bonne écoute ! Bonjour Émilie.
- Speaker #1
Bonjour Audrey.
- Speaker #0
Comment vas-tu ?
- Speaker #1
Très bien, merci. Et toi ? Très bien. Bienvenue, merci d'être là à l'appartement français.
- Speaker #0
Je suis ravie, la sélection est incroyable. J'ai déjà eu le temps de faire un tour et de trouver 50 000 pépites. Et quel plaisir de savoir qu'en plus c'est des choses qui sont faites ici. C'est un bonheur d'avoir un lieu comme ça, un peu de résistance, qui nous permet de mettre dans la lumière les gens passionnés qui font des choses avec beaucoup de cœur, beaucoup d'énergie parce que c'est compliqué aujourd'hui de se battre aussi par rapport à la fast fashion. Donc je suis ravie qu'on ait cette discussion aujourd'hui. Peut-être que tu peux nous expliquer en quelques mots qui tu es et l'appartement français.
- Speaker #1
Bien sûr. Alors qui je suis, vaste et petit sujet. Moi, je suis dans le commerce depuis que je suis toute jeune, en fait. J'ai vraiment mis les pieds dedans quand j'étais étudiante. Tu vois, j'ai fait mes études en Écosse à l'époque. Oh, génial. Et voilà, je travaillais le soir et le week-end dans des magasins et j'ai toujours adoré ça. Donc il y a quelque chose qui est né en moi. Oui. Et j'ai vraiment fait toute ma carrière dans le retail, j'ai très longtemps travaillé pour une marque de cosmétiques que tu connais peut-être, qui s'appelle Lush. Oui, je crois que je connais. Partout dans le monde, que j'avais eu la chance d'introduire en France et de développer sur pas mal de pays. Donc j'ai toujours eu cette fibre d'ouvrir des lieux de rencontre autour d'un produit exceptionnel. Et quand je suis partie d'une super carrière chez Lush, j'ai vraiment eu envie de recréer un lieu de rencontre, donc une boutique. Et pour moi, les produits les plus exceptionnels, c'est ceux qui sont faits autour de nous, qui ont une histoire, qui véhiculent un savoir-faire. On connaît la personne qui est derrière. On a accès à son âme et on a la capacité de transmettre tout cela au client. Donc, ce n'était pas une idée du siècle. Une boutique, c'est une boutique. Et puis, je n'étais pas la première à ouvrir une boutique made in France, loin de là. À cette époque-là, il y en avait 11. D'accord. Mais par contre, mon expérience retail faisait que j'avais un regard. sur comment faire perdurer, comment avoir un business model qui soit durable et rentable, bien sûr, sur un produit Made in France, sur lequel les marges sont très petites.
- Speaker #0
Encore plus challengeant.
- Speaker #1
Exactement. Et c'est comme ça, du coup, que j'ai commencé à aborder le sujet d'ouvrir une boutique plus agile, déjà faire des pop-up pour commencer et puis après se développer. Mais c'est avec toutes ces idées que l'appartement français émergeait.
- Speaker #0
Et ça, si jamais on met un peu de contexte, c'était quand ?
- Speaker #1
Écoute, ça remonte, c'était en 2017. Et on avait lancé bientôt 9 ans, 9 ans au mois d'août. Et on avait lancé un financement participatif alors que c'était le tout début, qui avait cartonné. Et on avait ouvert une première boutique éphémère, Noël 2017, qui a cartonné.
- Speaker #0
Mais c'est chouette parce que c'est vrai que les financements participatifs, on est aussi passé par là pour financer l'ouverture de notre première boutique. Je trouve qu'au-delà de l'aspect financier, ça permet déjà de valider, de voir qu'il y a quelque chose qui se passe, que les gens sont prêts, ils ont envie de lieux comme ça, et de constituer une petite communauté qui est déjà en attente de l'ouverture et qui permet une ouverture où, premier jour, il y a une attente, un désir de venir, d'acheter, de consommer, de soutenir. C'est un super tremplin. Au-delà de cet aspect financier de base, c'est d'avoir cette communauté qui est déjà construite. de gens engagés.
- Speaker #1
Oui, cette communauté, et je dirais les bons ingrédients pour faire prendre la brioche, parce que ne pas tomber non plus dans l'utopie de se dire j'ai une formidable idée, oui, super, une idée, mais est-elle réaliste ? Va-t-elle devenir concrète ? Une communauté s'est créée autour de cela bien sûr, mais aussi parce qu'on avait un très bon emplacement. Oui, évidemment, pour une boutique, c'est nécessaire. Donc ça,
- Speaker #0
pour toi, dans ces ingrédients, pour que la brioche prenne, c'est un des ingrédients principaux.
- Speaker #1
Pour moi, c'est primordial.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Un bon emplacement. Et c'est justement là où nous, on s'est dit, mais un bon emplacement, évidemment, ça coûte cher. Le retail, c'est aussi la gestion de risque. On ne peut pas prendre le risque à la fois d'ouvrir une boutique bien placée pour faire du chiffre d'affaires et en même temps acheter beaucoup de stocks, surtout pour trois semaines d'activité, puisque c'était un pop-up.
- Speaker #0
D'accord, oui, donc court en plus.
- Speaker #1
Donc on a tout. tout fait en partenariat avec les marques avec lesquelles on travaillait à cette époque-là. Il y avait peut-être au moins 50 marques qui avaient rejoint l'aventure. Et surtout, ça a été des rencontres.
- Speaker #0
D'ailleurs, comme tu dis, c'est un lieu de rencontre avec tes clients, mais aussi avec tes fournisseurs. Surtout quand tu as une offre, un positionnement comme ça où tu sélectionnes vraiment parce qu'ils ont un ADN fort qui est compatible avec le tien, il se passe quelque chose. Tu choisis avec ton cœur. Et après, d'ailleurs, quand tu parles aux clients de tes produits, tu racontes des histoires plus qu'autre chose.
- Speaker #1
Exactement. Et pour ceux qui connaissent Gilles Attaf, qui est maintenant président d'Origine France Garantie et qui avait une marque de costumes à l'époque, qui s'appelait Smugler. Un costume fabriqué en France, tu vois, qui te reçoit dans son arrière boutique et qui te dit mais bien sûr, bien sûr, je vais être là, je vais t'aider. Et puis appel, appel Intel, appel Thomas de 1083, appel Intel, Intel. Et bien du coup, tout de suite, un réseau de fournisseurs se crée autour d'un projet commun et de valeur commune. Et forcément, du coup, ça se transmet, ça se ressent, le client le ressent. Et là, il se passe un petit tour de magie.
- Speaker #0
Donc vraiment Si je reprends un peu de son Ta métaphore de la brioche, que j'aime bien, avec ses ingrédients un peu indispensables pour réussir à avoir un commerce qui tient la route au-delà de la communauté. Donc c'est aussi de préparer en amont un sourcing qui soit solide avec des fournisseurs. Donc là, ce que vous aviez fait, c'était où leur louer un espace ? Comment ça se passait pour éviter l'achat ?
- Speaker #1
On prenait une commission. Une commission à la vente qui n'était pas assez élevée à l'époque,
- Speaker #0
mais on ne le savait pas.
- Speaker #1
Là on découvre avec. Mais c'était une commission qui nous mettait à disposition les produits. On prenait un pourcentage du chiffre d'affaires et ça fonctionnait. Mais après comme ça a quand même très bien fonctionné, on a fait deux autres boutiques dans une formidable opération qui s'appelait la rue du Médine-France où c'était une douzaine justement de commerçants dédiés au Médine-France qui s'installaient pour deux mois, 2018. Super bien marché. Et puis après, fin 2018, on a ouvert trois boutiques tout feu, tout flamme sur les Champs-Elysées. Il y en avait vraiment une qui donnait sur les Champs et puis deux autres qui étaient à côté, dans une galerie commerçante. Et là, ça a été catastrophe parce qu'on a ouvert deux jours avant les Gilets jaunes et on a été fermé tous les week-ends pendant six mois. Comment vous avez géré ça ? C'était très dur. C'est inanticipable. C'est la catastrophe. La catastrophe naturelle mais la catastrophe économique qu'on se prend en pleine figure. On avait le choix de partir puisque c'était un bail précaire. On pouvait négocier pour partir. On a fait le pari de rester.
- Speaker #0
Oui parce que tu n'as pas la visibilité sur le temps que ça va prendre.
- Speaker #1
Non, évidemment personne ne savait que ça durerait si longtemps, que ce serait parfois violent et qu'il fallait vraiment fermer le volet et ne pas pouvoir ouvrir. On ne pouvait pas anticiper ça. Mais par contre ce qu'on pouvait quand même anticiper, c'est qu'en étant présents sur un lieu physique, on gagnait en visibilité, on gagnait en clientèle, en expérience, en relation avec nos fournisseurs, en résilience, en agilité. Et même si on perdait du cash, on gagnait le reste et on gagnait du temps aussi. Et ça a été le temps nécessaire pour nous permettre de trouver notre première petite boutique pérenne dans le marais et nous permettre de ne pas faire la plus grosse erreur. qu'on aurait pu faire s'il n'y avait pas eu cet événement des Gilets jaunes, parce que nous cherchions à l'époque à nous implanter sur une boutique, sur un bail classique 369, une boutique qui fasse 150 m² au moins pour y exprimer vraiment tout ce que vous voulez exprimer à l'appartement français, donc toutes les pièces de la maison en Made in France. Et puis un de nos actionnaires nous avait dit attention, vous avez une chance là, une chance de réussir mais vous avez aussi une grosse chance que ça ne fonctionne pas. pas du tout, mais pourquoi pas, puisque bien sûr, une grosse superficie bien placée, loyer très élevé, etc.
- Speaker #0
Oui, les charges fixes, c'est énorme.
- Speaker #1
Voilà.
- Speaker #0
Du coup, du personnel.
- Speaker #1
C'est ça. Du coup, on s'est dit, bon, c'est quand même pas top top, là, sur les champs, on perd du cash faisant plutôt une petite boutique bien placée, résiliente. Et donc, on a ouvert notre petite boutique Redubourg-Thibourg en 2019. Mais quelle bonne idée ! Parce qu'on ne savait pas qu'il y avait le Covid, qu'elle arrivait derrière et qu'on allait être fermés. Et en fait, si on avait fait une grosse boutique, on n'aurait pas pu résister. Tandis que là, on a pu tenir le coup. On a pu ouvrir même une seconde boutique dans la même rue en 2020. Je ne sais plus, il y a deux ans, en 2024. Et puis, la boutique dans laquelle nous sommes, qui est une boutique éphémère, mais c'est un long pop-up.
- Speaker #0
puisqu'il dure 18 mois sur la rue de la Verrée dans le quatrième aussi donc vraiment d'avoir parfois de se dire que on a de l'ambition et c'est très chouette mais peut-être déjà de valider un modèle pour après le laisser grandir c'est aussi bien de se dire j'essaie déjà de confirmer que j'arrive à tenir plus petit, il faut ensuite développer et devenir un acteur parce que mine de rien quand on reste longtemps, par la force des choses Cette historique, il porte aussi.
- Speaker #1
Tout à fait. Je crois vraiment qu'au karma, ce qui doit arriver, arrive. C'est forcément une bonne nouvelle, même si c'est inconfortable ou difficile.
- Speaker #0
Je pense que c'est la meilleure façon de voir les choses. C'est un super pouvoir un peu obligatoire quand tu es entrepreneur. Parce que sinon, il y a tellement de choses qui te tombent dessus. Je sais que ça peut faire un peu de mal. Un petit peu, c'est se dire chaque échec, c'est des opportunités, mais en même temps, c'est un peu comme ça qu'il faut le voir. Et quand il y a un truc qui se casse un peu la figure, qu'est-ce que je peux en faire ? Comment je peux rebondir ? Et justement, cette agilité, cette résilience, il faut un peu l'avoir en soi quand on entreprend, parce que sinon, c'est dur de supporter tous les coups sur le chemin.
- Speaker #1
Tout à fait, tout à fait. Et je pense aussi que c'est très important, parce que tu peux avoir ton plan en tête, tu peux avoir fait plein de tests, etc. Ok, tu l'as en tête. t'as testé, mais la réalité va forcément être différente de ton plan, ça c'est sûr et certain. Et c'est là où l'agilité et puis aussi être en capacité d'observer ce qui se passe et d'accueillir ce qui se passe. Pas forcément partir bille en tête, ça doit se passer comme ça. Regarde autour de toi ce qui se passe, t'as forcément des éléments qui vont venir embellir ton aventure, mais si tu fermes les yeux tu les verras pas, si tu ouvres les yeux tu les verras et tu pourras les saisir.
- Speaker #0
C'est intéressant, mais c'est un truc qui n'est pas toujours évident à faire. et qu'il faut réussir à se prendre le temps parce que parfois, t'es tellement dans l'opérationnel que tu prends pas le temps de dézoomer un peu la situation et de te poser des questions. T'es tellement dans la gestion de il y a cette livraison qui arrive, il y a cette personne de mon équipe qui est malade, il y a la contact qui a besoin d'un truc, il faut que je fasse un inventaire et en fait, parfois, ça t'arrives plus à le voir. T'as plus cette clairvoyance et cette clarté qui pourtant est nécessaire pour piloter. Sinon, c'est dangereux.
- Speaker #1
c'est un travail tellement difficile d'accorder au liste d'être, bah oui gestion de stock, il y a un problème de caisse mon site web a planté j'ai un problème de personnel tout le temps coller des étiquettes le code barbe marche pas il faut sacraliser des moments aussi où on prend le temps de regarder sa boîte et de se dire ok,
- Speaker #0
au delà de tout ça si je mets tout ce bruit en pause Où est-ce que je vais par rapport à mes objectifs ? Comment je me situe ? Qu'est-ce que je peux faire de cette situation ? Enfin, ce que tu disais tout à l'heure. Il faut s'autoriser des moments de respiration. Sinon, en fait, tu pilotes à l'aveugle. Oui,
- Speaker #1
tout à fait. Alors moi, je fais du coaching aussi. Je suis coach de dirigeants en parallèle. Du coup, j'ai eu envie de me former en parallèle. Et en fait, on parle du paradoxe du contrôle. pour reprendre le contrôle, vous lâchez le contrôle en fait, étant en capacité de vraiment tout lâcher même si bien sûr ça va être complètement parfait mais c'est nécessaire pour faire ce pas ce recul, ce pas en arrière et pouvoir reprendre le contrôle de la situation et de soi-même et oui c'est hyper difficile tous les jours tous les jours je ne lâche pas prise, pas du tout mais tous les jours j'essaie de faire ce pas en arrière et très souvent j'y arrive et il fait du bien et c'est très levateur complètement
- Speaker #0
Et donc ce troisième local qui arrive suite aux deux autres, comment il arrive ?
- Speaker #1
Écoute, il arrive telle une surprise justement. Tu vois, c'était il y a un an, un tout petit peu plus d'un an, c'était en avril. Et ça n'allait pas fort. On s'était séparés avec mon ancien associé. J'avais une nouvelle équipe en place qui était super, mais ça m'avait demandé beaucoup, beaucoup d'efforts. un Noël challengeant nouvelle équipe, nouvelle saison qui arrive trésorerie hyper serrée même beaucoup trop tendue je me disais on va dans le mur et moi je vais dans le mur parce que j'étais en burn out c'était trop dur et je me disais je vais tout arrêter mais j'avais cette petite voix derrière qui s'appelle Julie qui est la directrice des boutiques et qui est juste tellement formidable et qui me... qui était la personne qui me donnait encore envie de réussir quelque chose. Et je reçois un coup de fil de Paris Commerce avec cette jeune femme qui me dit qu'il y a un local à louer. Moi je dis oui, merci beaucoup, mais non, je ne suis pas du tout en développement, ce n'est pas le moment. Elle me dit c'est dommage parce que quand même il est bien placé. Ah bon, bon, oui, où ça ? Rue de la Verrée. Et là je fais... Quoi ? Comment ça, rue de la Verrie ? Mais à quel numéro, rue de la Verrie ? 42 rue de la Verrie ? Mais c'est une adresse exceptionnelle. Je suis à 300 mètres, je connais très bien cette adresse. Et là, je demande le prix, ayant notion de la valeur locative de ce type de lieu. Et je me rends compte qu'on est sur des tarifs par e-commerce, qui restent un investissement très important, bien sûr, mais qui, tout à coup, sont quand même beaucoup plus envisageables qu'avec un bailleur privé. Et du coup, je me dis, en effet, je ne peux pas ne pas regarder. Et du coup, je suis allée visiter et je me souviens envoyer des SMS à des amis du Made in France en disant, bon, attends, un 200 m² rue de la Verrie qui ne ressemble à rien actuellement, mais qu'on pourrait reprendre, on en fait quoi ? Et les autres me dirent, franchement, là, comme ça, je ne sais pas. Et moi, je ne sais pas non plus encore, mais je ne peux pas passer à côté. On sent qu'il y a vraiment quelque chose à y faire. Alors qu'il ne ressemble à rien, attention, ce que je veux dire, c'est que le rideau était fermé. Il y avait des affiches partout dessus. Enfin, il n'y avait même pas de rideau, pardon. Tout était fermé, des affiches partout dessus. Tout était noir dedans puisqu'il n'y avait plus d'électricité, il n'y avait pas d'éclairage. Il y avait toute la peinture à refaire, il fallait quand même se projeter. Mais une superficie extraordinaire pour y faire quelque chose d'extraordinaire. Donc là, je dis non, je ne peux pas passer à côté. Étudions le projet. Et là, justement, comme on disait, c'est la tête qui parle, on réfléchit, on réfléchit. Quel business model on peut faire ? Parce que c'était quand même trop risqué d'y aller tout seul. Et là, on se dit, on va faire un loyer partagé. Donc, toutes les marques qui sont ici présentes participent grâce à un loyer, un petit loyer. Oui, mais c'est ça,
- Speaker #0
tu divises, ça devient accessible pour tout le monde et ça permet justement d'avoir un espace comme celui-ci. Exactement.
- Speaker #1
Et ce n'est pas un secret, les marques payent 320 euros par mètre linéaire. Par mètre linéaire de haut en bas, elles peuvent mettre tous les produits qu'elles souhaitent. Donc ça reste un investissement mais c'est quand même accessible. Et on prend 15% du chiffre d'affaires hors taxes. Et elles s'y retrouvent vraiment. Elles sont pour la plupart très très contentes. Et par contre si ça ne fonctionne pas, on arrête bien sûr. Oui, votre objectif pour vous,
- Speaker #0
ce n'est pas de mettre les gens en difficulté. Au contraire, c'est de pousser. C'est l'inverse. On est commerçants,
- Speaker #1
il faut qu'on gagne nos 15%. Donc il faut que ça fonctionne.
- Speaker #0
Oui, et puis ce truc d'avoir envie d'aider ces marques-là à trouver leur public.
- Speaker #1
C'est ça. Et de faire l'expérience du physique, parce qu'il y en a, elles sont des marques digitales et du coup, elles ont cette opportunité. Donc du coup, on s'est dit, mais il faut qu'on réussisse à rassembler suffisamment de marques. On a travaillé cela et ça tenait la route. Elles étaient au rendez-vous. Donc à un moment, il y a un point de bascule où on se dit, c'est bon, j'ai suffisamment de marques. Enfin, ce n'est pas encore le nombre suffisant, mais j'ai ce point de bascule qui me dit que les 10 ou 15 dernières autres, elles vont forcément arriver. ça a été le cas et donc on s'est dit on prend les clés on prend les clés le 23 octobre en se disant on va ouvrir le 1er novembre en 7 jours on met un coup de baguette magique, c'est vraiment le cas pour le coup il est nickel il est nickel mais on avait aussi tout prévu en amont ça a été très vite et le 1er novembre on commence à ouvrir un peu dans le jus
- Speaker #0
Est-ce qu'on n'est pas toujours dans le jus quand on ouvre ? Sur l'anticip, c'est normal. Celui-là,
- Speaker #1
je ne l'avais pas vu venir quand même.
- Speaker #0
Il t'a paru plus...
- Speaker #1
Il m'a paru un tout petit peu plus challengeant, parce qu'ouvrir la porte à 80 livraisons, je grossis un peu le trait, mais c'est ça. 80 livraisons, une nouvelle équipe, tu as 200 mètres carrés à agencer, tu as ton mobilier que tu as fait venir, que tu as chiné, etc. Tes travaux, quand même, tu es en train de finir le mur de peinture en même temps. Et là, tu as Shein qui ouvre en face de toi. Oui,
- Speaker #0
parce que là, vous êtes en face du BHV. en face visage donc Shein si on visualise le truc c'est le grand écart avec vos valeurs ce que vous prenez,
- Speaker #1
ce que vous proposez c'est le pire de la fast fashion donc voilà et qui ouvrait en même temps que nous c'est à dire c'est ça nous on a réussi à tout ouvrir pour le 4 novembre on avait quand même un tout petit peu de retard mais toute la superficie était ouverte pour le 4 novembre et Shein ouvrait le 4 novembre et il y avait les journalistes partout et en fait j'ai passé une semaine Audrey à ne pas faire mon travail opérationnel de commerçante mais à répondre à des interviews. C'est à dire que j'ai fait 70 interviews en une semaine, t'imagines une heure de travail à chaque fois 70 heures de travail et je voyais les colis qui arrivaient, c'était vraiment ça. Tu vois lâcher le contrôle
- Speaker #0
Oui ça arrive, il faut que je gère cette situation comme ça
- Speaker #1
Et en même temps, tu te dis que c'est mon rôle parce que personne ne devait le faire. Et si je ne le fais pas, quel dommage de ne pas pouvoir s'exprimer.
- Speaker #0
C'est aussi l'occasion de montrer qu'il y a une autre proposition juste à côté. Un autre modèle. Et en parler, mettre ça dans la lumière.
- Speaker #1
Et nos clients qui arrivaient, parce qu'ils avaient entendu parler de notre ouverture, ils en ont encore plus entendu parler par les médias, évidemment. Ça fait un petit tremplin tout de même. C'est ça, on est le 5-6 novembre. et nos clients très exigeants et à juste titre. Nos clients ont le droit d'être exigeants, mais à nous dire vous n'avez pas encore tout mis ? Et nous, à nous dire, on ne dort pas depuis une semaine. Mais en même temps, tellement compréhensif et tellement dans l'accompagnement de comprendre que nous sommes un petit commerçant et qu'en face il y a une machine d'un grand magasin avec un immense acteur de l'ultra fast fashion. Donc bien sûr, la compréhension tout de suite, mais nous, à nous dire mais quel challenge ! L'un en face de l'autre, c'était top ! On s'éclatait.
- Speaker #0
Et du coup, tu as senti qu'il y avait d'autant plus une petite résistance et les gens venaient ici en disant, en ayant l'impression de faire ce pas supplémentaire. Totalement.
- Speaker #1
Totalement. C'était la révolution du consomme acteur, en fait. C'était tous les jours, on avait au moins, au moins... 50 personnes qui nous racontaient leur frustration, leur colère des consommateurs, des clients qui se promènent dans la rue, des locaux qui ne disaient plus jamais je ne mettrai les prix au BHV, c'est insupportable ce qui se passe, maintenant je vais venir chez vous.
- Speaker #0
Vous êtes l'alternative juste en face.
- Speaker #1
C'était énorme. Et on accueillait tout ça bien sûr, il y avait une colère générale et puis du coup la boutique ça veut dire aussi du monde, elle fonctionnait et puis hop Noël arrive. Parce que comme ça, on se prend une deuxième petite...
- Speaker #0
La deuxième vague ! T'as pas à soulever la tête que ça arrive ?
- Speaker #1
Noël arrive et là, les Noëls ici... Toute l'adrénaline... Noël ici, le samedi, c'est 1000 personnes qui rentrent dans la boutique.
- Speaker #0
Vous êtes combien dans l'équipe de vente ici, sur cette boutique par exemple ?
- Speaker #1
Alors ici, on est tout le temps 2 ou 3 en temps normal. Mais les samedis, là, on était 8.
- Speaker #0
Oui, même la gestion des stocks, des réassorts, c'était aussi nouveau par rapport aux autres boutiques, parce que la surface est plus grande, donc tout est à multiplier. C'est aussi un apprentissage, j'imagine, ce premier Noël ici.
- Speaker #1
Tout le temps. Et puis on est complètement imparfaits.
- Speaker #0
En même temps,
- Speaker #1
c'est tant mieux. Il n'y a jamais parfaitement toutes les tailles en boutique.
- Speaker #0
Mais bon, c'est la vraie vie.
- Speaker #1
C'est nos petits moyens, commerçants indépendants, on fait tout ce qu'on peut et on fait surtout toujours de notre mieux.
- Speaker #0
Oui, mais ça, les gens le sentent au final. Enfin, les clients, je pense que...
- Speaker #1
Et en fait, ils aiment ça.
- Speaker #0
Ouais,
- Speaker #1
Nos clients adorent ça. Et je crois que nous, on a une clientèle très fidèle.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Donc des locaux franciliens, français qui reviennent souvent, mais on a aussi une clientèle internationale qui revient.
- Speaker #0
C'est chouette. Et comment tu gardes le lien avec les gens ? Vous avez des newsletters ?
- Speaker #1
On n'a pas le temps d'en faire. On collecte des emails si jamais un jour on leur pose la question.
- Speaker #0
Vous créez votre petit trésor que vous exploiterez plus tard.
- Speaker #1
On leur dit quand on aura le temps d'en faire, c'est qu'on aura des bonnes nouvelles à annoncer. Mais non, on n'a pas le temps de le faire. C'est sûrement une erreur, mais c'est comme ça. Mais ils reviennent et nous complimentent à chaque fois. Ça a encore changé. Oh génial, vous avez fait rentrer telle et telle marque. « J'étais venue chercher des produits. J'avais un Américain. Il revenait chercher des t-shirts. Il dit « Oui, la dernière fois que j'étais venue, j'en ai acheté deux. Et là, je veux absolument les mêmes. Je les adore. » Il revenait de New York. Il voulait de nouveau ses t-shirts.
- Speaker #0
Ça devient l'adresse de référence où, quand je passe, je viens voir ce qui se passe.
- Speaker #1
C'est ça. Des Américains qui habitent à côté aussi, qui me disent qu'un ami à eux va venir chercher une paire de baskets chez nous parce qu'il en a vu. Dans le métro à New York, elles sont très spécifiques. Elles ont une Marie-Antoinette dessus. Donc, il les a vues. Il s'est dit, mais ça, ça vient de Paris, de l'appartement français. Justement, mes copains connaissent l'appartement français. Donc, ils vont y aller. C'est fou, en fait. Et on adore. On adore. Une dame, hier, c'était la première fois. Et elle vient en nous disant, mais il y a une bonne énergie ici. Il y a une bonne vibration. On dit, oui, nous, on est bien. On est heureux. L'équipe est heureuse. C'est sympa. On travaille dur sans se prendre la tête. Et du coup, je pense que le client le ressent. Oui,
- Speaker #0
oui. C'est sûr. Les boutiques sont incarnées, sont vivantes, elles sont remplies de l'énergie qu'on veut bien leur donner. C'est pour ça que c'est un enjeu aussi de réussir à rester stable et à garder aussi le sourire parfois quand c'est un peu plus compliqué.
- Speaker #1
Oui, c'est là où l'équipe est primordiale. Oui,
- Speaker #0
ça c'est tellement important.
- Speaker #1
Et la place de chacun et le rôle de chacun. Et on se disait ça hier soir, tu vois, avec Julie qui est directrice des trois boutiques. On se disait vraiment, chaque membre de l'équipe joue un rôle. Et c'est drôle comme les choses s'organisent parce que sur la semaine, évidemment, tout le monde ne travaille pas en même temps. Et c'est fou que ceux qui sont tellement bien, on pense notamment à Blandine qui est tellement exceptionnelle à tout restocker, tout remettre très minutieusement en place, vraiment donner un coup de baguette magique au lieu. Forcément, elle arrive après le week-end, elle te fait ça merveilleusement avant le prochain week-end. Et l'emploi du temps s'est créé comme ça, tout seul. Ou d'autres personnes qui vont avoir un leadership débordant, comme Paul, c'est vraiment la personne du samedi sur la rue du Bourg-Tibourg. Parce que c'est ce moment-là où il se passe des rencontres très spécifiques et le client vient pour le revoir le samedi d'après. Chaque personnalité trouve sa place au bon endroit, dans un rôle primordial et essentiel pour eux. pour la boutique.
- Speaker #0
C'est vrai que c'est crucial, ces recrutements. Quand tu as une boutique et qu'au bout d'un moment, tu ne peux plus être seule dans cette boutique, il faut aussi se constituer un peu cette dream team. C'est un moment qui n'est pas toujours facile parce qu'on doit laisser de la place, il faut trouver les bonnes personnes, il faut réussir à engager aussi les gens. Ce n'est pas un métier qui est facile, le commerce. Quand les clients... Ils sont sympas, c'est très chouette, il se passe des beaux moments, mais parfois c'est aussi compliqué physiquement. Il y a toujours des clients qui peuvent être difficiles et qui n'est pas toujours très bien reconnus. Et je trouve que c'est aussi un enjeu de réussir à fidéliser ses équipes, à donner du sens à leur métier, à les garder engagés et heureux. Et ça, c'est un gros challenge aussi. Oui,
- Speaker #1
je dis souvent... aux nouveaux membres d'équipe notamment qu'on a la chance ici de pouvoir rendre des gens heureux et on le voit même un client qui va être parfois ça arrive très mal aimable oui voilà bien sûr qu'il y en a mais en ayant en nous cette intention de je vais pouvoir le rendre plus heureux aujourd'hui je le sais parce que j'ai un produit qui rend plus heureux et qui a un impact environnemental économique et social Donc, il y a quelque chose qui se passe et c'est fou. On arrive très facilement à transformer l'état d'esprit d'un client qui est arrivé pas très content en quelque chose de tout à fait porteur.
- Speaker #0
Je reviens sur ta rencontre avec Paris Commerce. Est-ce qu'ils t'ont permis de découvrir ce local incroyable ? Est-ce que le partenariat a d'autres aspects ? Est-ce qu'ils vous ont accompagné sur d'autres points ?
- Speaker #1
En fait, chaque personne qui est intervenue par Paris Commerce Rassemblée, parce qu'il y a plusieurs structures sous Paris Commerce, a vraiment mis une très grosse pierre à l'édifice. Il y a notamment Martin qui nous a suivis sur toute l'avancée de la création du dossier et qui a fait preuve d'énormément de... de compréhension, d'adaptation, notamment financière, pour nous accompagner aussi dans quand même les très gros travaux qu'on devait faire. Donc ça, ça a été vraiment extrêmement précieux. Et puis, hop, est arrivée la relève par M. Pélican, qui nous a accompagnés à partir de l'ouverture sur des problèmes techniques qu'il pouvait y avoir, et toujours avec une grande générosité et présence et disponibilité, parce qu'il va y avoir une micro-fuite, un petit quelque chose, etc. Et toujours là. Et vraiment, je pense que... Ça fluidifie à tout, en fait. Et ça m'a surprise, parce que moi, j'avais jamais travaillé avec Paris Commerce. Moi, j'ai toujours travaillé avec des bailleurs privés. Et en fait, il y a vraiment un accompagnement de A à Z et une vraie bienveillance.
- Speaker #0
Oui, une vraie volonté aussi, justement, de permettre à ce commerce-là d'avoir sa place aujourd'hui dans Paris.
- Speaker #1
Tout à fait. Des commerces qui ne peuvent pas forcément, notamment, accéder à ce type d'emplacement. Exactement.
- Speaker #0
C'est tout l'intérêt, effectivement. de pouvoir se rencontrer, discuter de ça quand on a des commerces avec des chouettes projets.
- Speaker #1
Et aujourd'hui, nous sommes la plus grande boutique dédiée au Made in France. Jamais cela n'aurait été possible sans l'intervention de Paris Commerce.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Clairement.
- Speaker #0
Un vrai tremplin quoi.
- Speaker #1
Un vrai tremplin.
- Speaker #0
Ils vous ont fait confiance, ils sont venus vous chercher.
- Speaker #1
Impossible d'avoir l'opportunité, impossible financièrement d'y faire face. Et là, ça a été possible.
- Speaker #0
Oui. Donc je vois comme quoi. C'est hyper important, c'est dans son parcours, ces rencontres-là, et d'aller aussi au contact des gens. Bon là, c'était génial qu'ils aient entendu parler de vous, parce que vous avez aussi beaucoup fait de bruit autour de votre concept, de vos boutiques, de votre mission. Donc déjà, c'est bien de se rendre visible, de raconter ce qu'on fait, pour que certaines personnes aussi découvrent nos boutiques et potentiellement que ce genre d'opportunité arrive. Mais c'est bien aussi parfois de... Et ça, ce n'est pas facile, de la même manière qu'on disait tout à l'heure, de faire ce pas de côté pour prendre le temps de regarder autrement sa boîte, mais aussi de faire ce pas de côté pour aller au contact des gens, associations de commerçants, des personnes extérieures, les mairies, etc. C'est important de le faire, parce que ça fait du bien aussi de sortir un peu de son commerce et d'échanger, et c'est là qu'il peut se passer des choses et qu'il y a des petites graines qui peuvent être plantées pour après. Donc vraiment, je pense que c'est un bon apprentissage aussi de se dire, montrer ce qu'on fait et ne pas hésiter à aller au contact. Oui,
- Speaker #1
je suis complètement d'accord. Sortir de nos quatre murs. Et quand ce n'est pas possible, parce que parfois ce n'est pas possible, demander à nos clients qui ils sont.
- Speaker #0
Et maintenant,
- Speaker #1
c'est extrêmement fréquent. Pas tous, mais énormément. Évidemment, on sympathise. Et vous alors ? Vous êtes dans quoi ?
- Speaker #0
Ah, vous êtes ceci,
- Speaker #1
cela.
- Speaker #0
Ça peut être des parfaits porte-parole en plus.
- Speaker #1
et on est extrêmement surpris de qui on rencontre en face de nous et en fait ça crée des liens et on a plein de clients après en fait ça devient des partenaires enfin ça peut être partenaires accompagnement que ce soit conseil avocat etc parce
- Speaker #0
que la rencontre s'est faite là mais complètement tu as raison c'est encore une fois on en revient à ce lieu de rencontre on se parle en fait on se découvre exactement En conclusivant de cette discussion, tout à l'heure en introduction, tu disais que tu avais appris aussi beaucoup la résilience, que tu avais aussi appris comment on ouvre aujourd'hui une boutique avec une telle offre et qu'elle soit viable et rentable. Est-ce que tu as quelques conseils là-dessus pour les gens qui nous écoutent sur ce point-là ? Comment faire ? Je ne sais pas si tu as deux ou trois conseils sur essayer de faire en sorte que sa boutique soit rentable et viable.
- Speaker #1
Énorme. Vaste sujet. On recommence pour une heure. Tellement de conseils qui peuvent ne servir à rien parce qu'on a aussi tous les mêmes réalités qui commencent par se payer. Quand est-ce que je fais le choix de recruter alors que moi je suis smicard occasionnel ? Mon 13ème mois est un smic mais les 12 autres j'en ai pas eu. C'est ça aussi nos réalités qui sont mes réalités. J'ai la chance de pouvoir me payer depuis quelques mois. Je pense que j'étais abonnée aux 500 euros par mois depuis plusieurs années.
- Speaker #0
On a tous connu.
- Speaker #1
Et mon mari n'est pas riche. Donc, c'était véritablement un énorme sacrifice. Donc, je pense que c'est peut-être mon conseil. Ne pas se sacrifier. Et j'ai failli faire l'erreur d'aller trop loin. Je pense que mon ancienne associée est allée trop loin. C'est très facile à dire. mais on n'a pas le droit de se sacrifier.
- Speaker #0
D'autant plus que tu es la ressource principale. On est la ressource principale. Tu portes tout sur tes épaules.
- Speaker #1
On est le courageux entrepreneur, commerçant qui lance cette activité. Et je pense que c'est cependant un mindset à prendre de je ne me sacrifierai pas ou je ne me sacrifierai plus. Je suis précieux ou précieuse. Et en fait, tout à coup, ça peut changer ta négociation. Oui,
- Speaker #0
plein de choses.
- Speaker #1
Oser aller voir ton propriétaire pour dire, dont Vous ne pourrez pas me baisser de 100 ou 200 euros, mais envoyez s'il vous plaît. Je pense que c'est abusé actuellement dans la configuration économique actuelle. Et du coup, ça peut donner une certaine assertivité et qui permet d'aller chercher les euros à droite et à gauche, qui permet que tu vas pouvoir te payer parce que tu le mérites. Donc, je pense que c'est prendre soin de soi avant tout, mon conseil.
- Speaker #0
Magnifique. J'adore qu'on se termine sur ce très, très bon conseil. Merci beaucoup.
- Speaker #1
C'était très chouette. Et puis, à bientôt,
- Speaker #0
j'espère.
- Speaker #1
À bientôt.
- Speaker #0
Salut. Ce que je retiens de cette conversation avec Émilie, c'est d'abord ça. Un commerce solide, c'est un commerce agile. Pas forcément grand, pas forcément parfait dès le départ, mais capable de valider, d'ajuster, de résister. Comme elle le dit, les gilets jaunes auraient pu les couler, et en fait, ça leur a permis d'éviter de faire la plus grosse erreur de leur parcours. Et ça, ça arrive que si on garde assez de recul pour voir ce qui se passe autour de soi, ce qui demande de sortir de l'opérationnel et de s'y autoriser régulièrement. Deuxième apprentissage, sortir de ces quatre murs. Émilie dit quelque chose de simple et de vrai, c'est que quand c'est pas possible de sortir, on peut aussi en profiter pour demander à nos clients qui ils sont. C'est d'ailleurs comme ça qu'elle a fait des rencontres clés et que certains clients sont devenus des partenaires. Comme elle le dit, la boutique est un lieu de rencontre. Et puis, il y a ce dernier conseil qu'elle donne et qui m'a vraiment arrêtée. On n'a pas le droit de se sacrifier. On est la ressource principale de notre commerce. Et se rappeler qu'on est précieux, précieuse, ça change aussi la négociation, ça change nos postures, ça change ce qu'on ose aller chercher. Merci d'avoir écouté cet épisode jusqu'au bout. Si cette conversation vous a plu, n'hésitez pas à la partager autour de vous ou à prendre quelques secondes pour vous abonner sur votre plateforme d'écoute préférée. Vous pouvez aussi laisser un petit commentaire ou quelques étoiles. Ça ne paraît rien, mais pour moi, c'est énorme. C'est ce qui va rendre le podcast plus visible et ça m'encourage vraiment à continuer cette démarche. Et si vous êtes commerçant, artisan, créateur d'entreprise et que vous avez un projet en tête, je vous invite à découvrir le site de Paris Commerce, pariscommerce.fr. C'est rempli de ressources utiles. d'outils pratiques et d'initiatives concrètes pour vous accompagner. Je vous mets le lien dans la description. A bientôt pour un nouvel épisode. Prenez soin de vous et de votre business. Ciao !