- Speaker #0
Bonjour et bienvenue sur L'Arrière Boutique, le podcast qui vous invite dans les coulisses de l'expérience retail. Je suis Audrey Gallier, consultante dans les domaines du retail, de l'entrepreneuriat et du développement de marques. Après dix années passionnantes à créer et développer mes boutiques, j'ai envie aujourd'hui de transmettre mon expérience mais aussi celle de mes invités. Pour cela, je reçois dans ce podcast des personnes inspirantes qui vous ouvrent les portes de leurs boutiques pour vous raconter leurs aventures. Je vous livre aussi dans des épisodes boîte à outils, des pensées et astuces pour vous motiver et vous aider dans vos projets retail. Très bonne écoute ! Aujourd'hui, j'ai le plaisir de tendre mon micro à Émilie et Virginie, fondatrices de Clindeuil. Clindeuil, c'est bien plus qu'une boutique-galerie, c'est un état d'esprit, un lieu de vie pluriel dédié à l'artisanat, au fait main et en petite série. Clindeuil, c'est un lieu de vie pluriel dédié à l'artisanat, au fait main et en petite série. C'est tout un écosystème créatif. Avec leurs trois façades super colorées, rudes et guéries dans le 11ème à Paris, elles sont la dose de couleur et de bonne humeur du quartier. Tout commence en 2010. Émilie la grande sœur et Virginie la petite sœur se lancent dans l'événementiel avec la création du super market, un marché de créateurs. L'expérience est un succès et elles ont envie de prolonger de façon permanente. La boutique clin d'œil voit le jour en 2015. Elles y présentent une curation originale de créateurs. Tout y est artisanal, coloré et joyeux. Dans la boutique se côtoient de la céramique, des bijoux, des affiches, de la papeterie et des objets de décoration. Quelques années plus tard, la boutique devient un petit peu trop petite pour tous leurs projets et, au miracle, le local d'à côté se libère. L'atelier clin d'œil voit le jour. On peut désormais rencontrer les créateurs et créer de ses propres mains à leur côté. Et comme jamais 203, un autre local se libère juste à côté et cette fois-ci c'est le café clin qui voit le jour. Dernièrement, elles ont repris l'organisation de marchés de créateurs avec une édition en décembre 2023 qui aura réuni des milliers de visiteurs. Vous l'aurez compris, l'aventure clin d'œil est pleine de rebondissements. On va donc revenir sur cette histoire et ce parcours avec ces deux sœurs si complémentaires qui ont décidé de faire un pied de nez au retail de masse et sans âme. Alors, avec ces punks du capitalisme comme elles le disent, on va réfléchir à comment on ouvre et comment on fait tourner pendant plus de 7 ans une boutique qui n'a pas vocation à être une machine à cash, mais plus un tremplin pour la jeune création. Comment on gère ce fragile équilibre économique et financier quand on commercialise des pièces de créateurs avec des marges faibles ? Émilie et Virginie vont nous raconter leur parcours, avec ses moments forts et ses difficultés. On évoquera leurs choix stratégiques pour rester fidèles à leurs philosophies et valeurs, notamment le développement de la partie atelier, mais aussi de leur agence créative pour diversifier leurs activités et leurs revenus. Les deux sœurs ont pour le moment fait le choix de très peu vendre en ligne. Elles évoqueront pourquoi et leurs options de développement. Dans cet épisode, on réfléchit à l'avenir du retail et elles vous partageront leurs conseils quand on évolue dans ce domaine. On y parle aussi du modèle de dépôt-vente, de recrutement, de marge, de relations avec les fournisseurs et de trésorerie. Bref, je ne vous en dis pas plus, place à l'épisode. Bonne écoute !
- Speaker #1
Salut les filles, comment ça va ? Ça va, ça va. Ça va bien. Merci de me recevoir un lundi. Normalement la boutique est fermée mais vous avez ouvert la... L'arrière boutique pour moi et on se trouve dans la partie atelier de Klein d'œil. Je suis ravie qu'on puisse échanger sur votre parcours qui est très intéressant. On va commencer par la première question, la question classique. Est-ce que vous pourriez vous présenter chacune ?
- Speaker #2
Ok, tu commences. Moi,
- Speaker #3
je suis Virginie. Il y a Émilie à côté de moi, donc on est sœurs. Je vais avoir 40 ans cette année. Qui je suis chez Klein d'œil ? On va dire que je suis plus la personne qui s'occupe de la prod, de la... compta, de la boutique, de la gestion des créateurs. Je suis un peu la régisseuse aussi.
- Speaker #2
Et tu fais aussi tout ce qui est alors ça te disait comment on dit ? Merch ? Oui,
- Speaker #3
l'installation à produits en boutique.
- Speaker #2
Elle s'est vraiment agencée. Souvent moi j'arrive, je pose trois trucs et elle refait. Ah ouais ? Elle remet bien. Elle a l'œil. Du coup, moi je suis donc la grande sœur. Je vais avoir 43 ans. Enfin, j'ai eu. Non. J'ai eu 43 ans, ça y est, j'ai du mal. Et moi, du coup, je suis plutôt la partie, on va dire DA, même si c'est un très grand mot, mais je m'occupe de l'image, de clin d'œil sur les réseaux sociaux, notamment Instagram, tout ça, c'est moi. Le site Internet, tout ce qui est images. Mais c'est vrai qu'il y a la boutique, et tu vas voir, on va te raconter un peu, mais il y a la partie agence aussi, où on a des clients extérieurs qui n'ont rien à voir avec l'industrie. mais qu'on conseille, ou on fait des maquettes de livres, des illustrations, enfin voilà. Donc du coup je m'occupe plutôt de cette partie-là. Et après on fait la curation ensemble avec Virginie, et du coup il y a aussi deux autres filles, Hélène et Laure qui travaillent avec nous, mais ça voilà, on te battra.
- Speaker #1
Vous allez me raconter les dessous. Pour moi, Clinday c'est vraiment plus qu'une boutique, j'ai l'impression que c'est vraiment tout un univers. Vous avez un espace de vente, la boutique, un espace atelier, un espace café, mais vous faites aussi des marchés de créateurs, vous allez me raconter un peu tout ça. J'ai l'impression aussi que c'est une grande famille avec votre team et avec tous les créateurs qui sont autour de vous, qui évoluent autour de vous. Ils ont tous beaucoup de talent. On sent qu'il y a vraiment une émulation, c'est vraiment familial. Au-delà de vous deux en tant que sœurs qui tenez cette entreprise, il y a tout un tas de projets hyper créatifs. Donc finalement, c'est une expérience qui est vraiment plurielle. Et c'est ça qui est aussi hyper intéressant, comment vous jonglez, comment tout s'articule. En sachant que j'ai l'impression que le fil rouge entre tout ça, c'est le craft et le fait main.
- Speaker #0
Tout à fait.
- Speaker #1
Donc voilà, je voulais juste savoir si vous pouviez me parler de Clin d'œil, me décrire pour vous ce que c'est que cette entreprise, ce projet, comment ça s'articule.
- Speaker #3
Moi, je voulais juste rappeler le départ, parce qu'en fait, quand on a monté Clin d'œil il y a presque maintenant 10 ans, on va fêter nos 10 ans au mois de juin.
- Speaker #2
Ouais, c'est ça.
- Speaker #3
On avait monté l'événementiel, c'était pour mettre en avant les créateurs. Donc c'était craft, food, parce qu'on avait réussi à avoir le trabendo qu'ils pouvaient mettre en avant.
- Speaker #2
Une salle de concert, mais avec une partie extérieure, juste pour les gens qui connaissent pas. Oui, voilà.
- Speaker #3
Et en fait, à la base, clin d'œil, on voulait pas que ça soit Émilie et Virginie. On voulait que ça soit comme un collectif. Donc au début, on se cachait. On ne disait pas que c'était nous. C'était vraiment le love daft punk, mais en tout cas, l'idée,
- Speaker #2
c'était de mettre en avant justement tout ce savoir-faire et nous, on voulait rester un peu en arrière-plan.
- Speaker #3
Donc c'était vraiment la mise en avant de... de l'artisanat, mais aussi de la musique, des jeunes musiciens, de la food. C'était la mode des food trucks à l'époque. Et après, c'est quand on a ouvert la boutique qu'on a parlé d'Emilie et Virginie, des deux sœurs, du fait qu'on soit des femmes, etc.
- Speaker #2
Le fameux storytelling que les journalistes adorent.
- Speaker #3
Mais on a monté clin d'œil aussi avec des gens qui nous ont aidés, comme tu disais, donc on l'appelle le clin, comme le clin. Et donc là, on a fêté nos sept ans vendredi soir. Sept ans de la boutique. Voilà, sept ans de la boutique. et on était à peu près une trentaine, sachant qu'il y a beaucoup de créateurs. personnes du clin qui n'étaient pas là. Et les narrateurs n'étaient pas là aussi.
- Speaker #2
Je pense qu'il y a une cinquantaine de personnes depuis le début, qui ont gravité, je pense, vraiment très très proches. Je parle de qui était là pour nous soutenir entre la famille, les amis. En fait,
- Speaker #3
chacun a porté son savoir-faire aussi, il nous a soutenus.
- Speaker #0
dans le développement. Oui,
- Speaker #1
c'était formé au début vraiment plus comme une asso, complètement. Ok,
- Speaker #2
c'est un peu pourquoi je n'avais pas cette idée en tête.
- Speaker #1
Et on était un peu lideuses parce qu'on était à l'origine de ce rassemblement, mais en fait, chaque personne du clin apportait ses contacts ou le créateur qu'il connaissait, ou sur place, il nous aidait à installer. C'était vraiment organique. Et depuis le début, c'est ça en fait. Autour de nous, il y a une espèce de toile qui s'est tissée. Et voilà.
- Speaker #2
Et du coup, comment ça vous est venu ?
- Speaker #0
En fait, avant le clin d'œil, on avait organisé une autre vente aussi, qui s'appelait le Supermarket, avec qui on était au début six filles, puis quatre filles.
- Speaker #1
Il y avait Fifi Mandirac, qui était une illustratrice graphiste.
- Speaker #0
Et il y avait Véronique, qui s'occupait d'organiser des mariages. Donc on a organisé des événements éphémères comme le clin d'œil, mais qui étaient un peu plus rétro, girly. Oui, on était les Supergirls. Les Supergirls, le Supermarket. Donc on avait fait trois ou quatre éditions. Mais en fait, chacune d'entre nous avait des... C'était en plus qu'on faisait ça de notre travail.
- Speaker #1
C'était il y a presque 15 ans.
- Speaker #0
C'était pour remettre au goût du jour un peu la création, pas qu'elle soit trop... Tu vas mieux m'expliquer que moi.
- Speaker #1
En fait, j'ai fait des études de design textile, graphiste. Et à un moment, j'étais petite créatrice aussi. Donc j'ai mis mes créations dans certaines boutiques. Et c'est tout un parcours, c'est très compliqué le dépôt, comprendre la TVA, tout ça. Bref, j'ai fait des salons. Et à l'époque, il y avait le salon... tes modes. C'était super, mais il n'y avait pas de sélection. C'était vraiment qui veut, viens, tu payes ton stand. Et du coup, ce n'était pas beau, pas agréable. Et c'était un peu de ce constat qu'avec Fifi Mandirac et ses autres copines, qu'on s'est dit, il faut organiser un événement joli. Et du coup, je m'étais occupée de l'identité. Virginie nous a rejoints à travailler dans une boutique pour enfants qui s'appelle Not So Big, qui existe encore. Enfin bref, chacun a ramené. Et c'est vrai que ça nous a un peu construite sur ce... sur cette façon organique de créer des événements. Et comme le disait Virginie, après chacune, on avait d'autres activités à développer. On était plus jeunes aussi et on a arrêté. Mais avec Virginie, il y avait ce sentiment qu'on avait envie de continuer. Donc c'est de là qu'est né Clindeuil.
- Speaker #2
Ok, donc là vous avez dit on a envie de continuer. Mais de là à se dire ça et ouvrir un lieu.
- Speaker #0
On a fait d'abord les événements.
- Speaker #1
Pendant trois ans en gros. Oui,
- Speaker #0
on a fait plus de trois ans d'événements. On a commencé par le Trabendo, après on a fait le Pitchfork Festival, c'est un festival qui avait la grande allure à Villette. Et là on avait une mézanine de 500 m², donc on mettait en avant les créateurs. Et au bout d'un moment, on s'est dit que ça serait bien de retrouver tous ces créateurs-là dans une seule boutique. Parce que tous les créateurs, on les retrouvait sur Etsy, ou peut-être dans d'autres boutiques, mais pas réunis tous ensemble.
- Speaker #1
Nous aussi, on avait prolongé l'expérience d'avoir... Oui, que ça devienne un vrai projet et pas juste un événement d'une fois par an. Et chacune, toi Virginie, tu étais chez Merci.
- Speaker #0
Moi, je travaillais chez Merci. J'ai toujours travaillé dans la vente. Donc moi, ouvrir une boutique, on en parlait déjà depuis longtemps avec Émilie. Et en fait, je suis partie de chez Merci. Donc moi, j'étais salariée, je ne pouvais pas ouvrir une boutique. Et quand je suis partie de chez Merci, on s'est dit, allez go, on y va.
- Speaker #2
D'accord, c'est tellement vrai.
- Speaker #1
Moi, j'étais freelance. En fait, je venais d'avoir Raoul, mon petit garçon. Et du coup, pareil, je sentais bien que je n'allais plus aller à l'atelier de la même façon.
- Speaker #2
Il y avait un moment,
- Speaker #1
et puis je savais les savoir-faire de Virginie sur la boutique. Moi, je ne suis pas capable de tenir une boutique, les chiffres, tout ça. J'avais des notions, mais pas... Et voilà, ce duo, on avait envie de le vivre à fond. Ça s'est fait vite. Très vite. Je crois que tu as eu ta rupture en juillet,
- Speaker #2
donc.
- Speaker #1
C'était en août, et on a signé le bail le 15 novembre.
- Speaker #2
Ah ouais, ça a été très rapide. Et la recherche de local, comment ça s'est passé ?
- Speaker #1
Alors là, c'est pour le coup,
- Speaker #0
c'est pour se loger.
- Speaker #1
Mais après, moi, je suis très... Je vois des signes et tout. J'ai une copine, pas loin, en Brecler, qui est une des créatrices qu'on a ici. Et bref, qui est dans le quartier. Et du coup, on était par là. Et je suis tombée sur la boutique, en fait, qui n'était pas jaune, mais grise. Et je me suis dit, ah, c'est pas mal et tout. Et en fait, j'ai vu l'annonce sur se loger.
- Speaker #2
D'accord.
- Speaker #1
Et de là, alors c'est une amie. Alors c'est très drôle parce que c'est... Je peux le dire, Zoé Kovac, qui est une super photographe, mais qui à un moment avait ouvert l'épicerie végétale, qui était vraiment précurseur sur... J'en ai rien entendu parler. Un peu comme tout... C'était des fleurs et des fruits et un circuit court. Et c'était un super projet. Et juste de l'autre côté de la Fontaine au Roi. Et en fait, on bossait ensemble. Je l'ai dit un peu sur le graphisme de son lieu. Et elle m'a dit, go, vas-y, tu vas le visiter. Elle a été un peu... Très impulsive et du coup, elle m'a... J'ai allé tout de suite, j'ai visité. Moi, j'ai eu le coup de cœur direct, je me suis projetée et là, j'ai dit, allez, on y va. Elle a vu et je crois que toi...
- Speaker #0
Moi, j'ai fait des études. Un peu de quoi ? Je me suis dit, mais attends, il faut qu'on reste un peu devant la boutique, on voit s'il y a du chalon et tout ça. Bon, il n'y avait pas du tout de chalon.
- Speaker #1
C'est pas une rue où il y a des boutiques, vraiment pas du tout. On n'est pas loin d'une rue passante, mais on est un peu sur le côté. Mais moi, je n'ai pas vu ça. Moi, j'ai vu le potentiel double vitrine, double espace.
- Speaker #2
Et toi, tu te dis, oh là là, on va y réfléchir.
- Speaker #0
Même pas, je dis, allez, go. Si on avait visité un autre local...
- Speaker #1
Ah oui ?
- Speaker #0
C'était un local de la mairie de Paris, donc il fallait faire un dossier, etc.
- Speaker #1
Donc déjà qu'on a fait un dossier très rapide pour la banque. Tout s'est fait à l'envers, en fait. On a trouvé le local et de là, bref. Mais en fait, on n'aurait pas pu le faire autrement parce qu'on n'avait pas beaucoup d'argent qu'on pouvait investir. Donc vraiment, ça s'est fait sur un coup de « ok, go, je fais un mood board » . Ça a été très, très rapide. Et puis on a été au culot à la banque en disant « voilà, c'est vrai qu'on a eu quelque part son presse » . donc ça a aidé mais c'est vraiment sur nos beaux yeux qu'ils ont craqué et du coup il a fallu trouver un comptable faire un business plan genre de choses qui ne nous parlent pas du tout et voilà et du coup ça s'est fait assez rapidement et magiquement enfin je ne sais pas si on peut le dire autrement c'est une période joyeuse vous vous êtes lancée dedans il n'y avait pas trop d'angoisse pas trop de
- Speaker #0
stress alors c'est juste tu ne les apprends pas ah oui on peut en parler parce que c'est quand même à côté on s'est allé comme des petites flippes Oui.
- Speaker #1
C'est surtout que c'était très morose. Moi, je n'étais pas forcément... Pour commencer, c'était rude. C'était rude, mais...
- Speaker #2
Je pense que les gens avaient aussi besoin d'une boutique jaune, pleine de pétillants solaires, de jolies choses.
- Speaker #1
Oui, non, je pense qu'on était quand même... Je pense que justement, on n'avait pas de business plan. On en avait un, mais qu'on ne comprenait pas. C'était go, il fallait y aller. Et puis, il y avait un truc de survie aussi.
- Speaker #0
On connaissait pas mal de créateurs. Dès le début, on s'est dit qu'on n'avait pas d'argent, mais qu'on aurait de la marchandise dans la boutique.
- Speaker #1
Oui, en fait, tout le monde nous a confié super vite. En fait, vu qu'on les connaissait déjà, les créateurs, on a dit, OK, on ne peut pas vous acheter. Mais par contre, est-ce que vous nous confiez en dépôt ? Donc, on a appris à organiser la boutique de cette façon-là, en tout cas le fonctionnement. Et du coup, ils ont dit, évidemment, on vous donne des produits pour l'ouverture.
- Speaker #2
Oui, donc finalement, vous avez dû financer ce local, les travaux.
- Speaker #1
Non, on peut te dire.
- Speaker #0
On a fait pas mal de choses nous-mêmes. Oui, mais on a fait un prêt de 25 000 euros. Mais dans les 25 000 euros, il y a aussi du mobilier.
- Speaker #1
Oui, mais la totale, c'est pas beaucoup. Pour les travaux.
- Speaker #2
Oui. Et après, il n'y avait pas assez de coûts à financer de marchandises. Non,
- Speaker #1
rien. Mais pas.
- Speaker #0
On n'avait pas de réseau.
- Speaker #1
On a même des amis qui nous ont aidés. Parce que oui, tu te découvres, tu trouves le lieu, après tu as la caution, tu as les trois mois de loyer. Et en fait, tu te dis, oui, c'est bon, c'est bon, on a assez. Et puis là, d'un coup, il manque 5, 7 000 euros. Et là, heureusement qu'on a des amis, Katia et Edouard, je cite leur nom, parce que franchement, sans eux, on leur dit tout le temps, on n'aurait pas pu aller au bout. Tout tenait et puis à un moment, OK, il manque ça. qu'est-ce qu'on fait ? Et voilà, ils ont joué le jeu, merci à eux et après, c'était parti.
- Speaker #2
Ça roulait. Et alors, vous avez ouvert quand ? C'était à quelle date ?
- Speaker #1
C'était le 15 octobre.
- Speaker #2
15 novembre.
- Speaker #1
On a ouvert ?
- Speaker #0
Non, on n'a pas ouvert. On a fait janvier.
- Speaker #1
15 janvier 2017.
- Speaker #0
Tout à fait, on a fait deux mois de travaux.
- Speaker #2
Et alors, ça vous a fait quoi d'ouvrir le rideau pour la première fois avec les premiers clients full ?
- Speaker #1
On était kiaos dans un état. Moi, perso, je me souviens être dans un état...
- Speaker #0
Moi, je me souviens des deux premières clientes qui sont arrivées. Elles ont dit, on peut boire un café ? Ah oui, c'est vrai. On avait proposé qu'on faisait café et en fait, on n'avait pas préparé de café. On ne savait pas faire de café. Oui,
- Speaker #2
on ne savait pas faire marcher la machine. Oui, c'est vrai. On a eu un potage au début.
- Speaker #1
Non, c'était super. Mais en fait, c'est vrai qu'il y a un truc... Tu as fini les travaux, tu te dis ok, tu as tout donné, et là en fait ça y est, tout, et là il faut être au taquet tous les jours. J'ai un peu ce souvenir-là où d'un coup tu fais ok, c'est bon, tu vas pouvoir relâcher, et en fait pas du tout, c'est le début.
- Speaker #2
Je me demandais comment c'était de travailler en famille, comment vous vous organisez, on a un peu saisi la spécificité de chacune dans l'entreprise, mais vous êtes un duo super fort et très complémentaire, mais voilà, comment c'est de bosser entre soeurs ?
- Speaker #0
Déjà, comme tu dis, on est complémentaires, donc on ne se marche pas dessus. C'est-à-dire que chacun fait sa part, on va dire.
- Speaker #1
En tout cas, moi, je n'envue pas la part de Virginie, en perso.
- Speaker #0
Moi, je ne supporterai pas Facebook et Instagram.
- Speaker #1
Pour l'instant, il n'y a pas de compétition. Non, je vais changer d'autre.
- Speaker #0
Il y a la confiance aussi au niveau financier. On ne se tire pas dans les pattes. On n'a jamais eu beaucoup d'argent. On s'est toujours aidé, etc. Donc non, il y a des embrouilles. Il y en a eu une, pas longtemps. Il n'y a pas longtemps. Ce n'est pas la même engueulade que des associés. Parce que nous, quand on gueule, on pleure. Au moins, ça sort. Oui, c'est ça. Au moins, ça sort. On dit les choses au bout d'un moment.
- Speaker #1
Mais tout est éternel. Très lié à l'affectif en fait, on est dans une structure très familiale. Donc c'est vrai, tout de suite ça va sur des trucs très forts. Mais bon, on y arrive toujours à surmonter. En tout cas, je n'ai jamais eu envie qu'elle s'en aille.
- Speaker #0
On n'a pas toujours été proches comme ça. On s'est rapprochés quand on était plus âgés.
- Speaker #1
Oui, il y a eu une petite proche et puis adolescence, trois ans d'écart.
- Speaker #2
on faisait pas les mêmes choses et puis en fait on s'est retrouvés mais pour l'instant ça se passe bien et on fera en sorte que ça se passe bien et si un jour ça s'arrête ou si un jour il y a des difficultés on saura en parler c'est votre fortes part de toute façon en communiquer c'est quand même la base ça
- Speaker #0
aide ça c'est dur mais oui j'ai un truc aussi que je conseille c'est de savoir avec qui on s'associe c'est compliqué je pense voilà c'est compliqué De travailler seule, c'est compliqué, mais de travailler en binôme, c'est compliqué aussi, oui.
- Speaker #1
C'est vrai que nous, on est dans quelque chose d'assez unique, on s'en rend compte, mais en fait, comme tu dis, il y a cette confiance. Mais c'est vrai qu'on a plein d'exemples autour de nous où c'est plus compliqué de trouver le bon associé, la bonne personne, où il faut avoir les mêmes envies communes. Parce que souvent, on a les mêmes envies, puis par moments, ça bifurque, c'est normal. Il y a des aléas dans la vie, des naissances, enfin voilà, bref.
- Speaker #2
Et c'est quoi vos moteurs à chacune dans cette aventure ? Qu'est-ce qui vous fait vous lever tous les matins avec vraiment l'envie de continuer clin d'œil et de donner vie à vos projets ?
- Speaker #1
Très bonne question. En fait, on vit clin d'œil. C'est vraiment... Alors après, ça peut être compliqué, justement. Même nos conjoints, nos amis, ils viennent à nous. Il y a un truc, ils viennent à la boutique. C'est difficile de dissocier vie privée et travail. Ça, c'est le... mais non, du coup, moi, c'est la couleur, les créateurs, les créations, de voir toutes ces couleurs s'entrechoquer, les relations aussi à l'humain, tous les créateurs qui viennent, c'est valorisant. Je pense qu'il y a un truc comme ça aussi, de se dire qu'on participe à l'essor de plein de créateurs. Et puis, ils font des trucs tellement beaux, c'est plaisant. Et puis, aussi, ce truc de se dire, ok, ça fait 7 ans, moi, par moments, je me dis, un jour, on va être blasé. On fait le tour de la création, tu vois. Et en fait, il y a toujours une surprise. Je ne sais pas si...
- Speaker #2
Tu vois,
- Speaker #1
quand on fait la sélection, des fois, on se dit, ça, on a trop vu, on en a marre. Mais en fait, il arrive toujours qu'il y ait un truc qui vienne nous titiller et réveiller notre curiosité. Voilà.
- Speaker #2
Et alors, du coup, on était à ce mois de janvier 2016 avec l'ouverture de la boutique. Et qu'est-ce qui s'est passé après ? Quelles ont été les étapes une fois que la boutique a été ouverte ?
- Speaker #0
En fait, dès le début, on savait que la boutique, elle n'allait pas...
- Speaker #1
Nous rémunérer.
- Speaker #0
Nous rémunérer. Dans l'artisanat, je pense que tu le sais, on ne marge pas beaucoup. On a un problème de TVA, on a un problème de taux de charge, etc. Donc, dès le début, on a eu beaucoup de conseils de Jean-Luc qui a travaillé pour Merci et qui nous a conseillé de continuer l'événementiel, etc.
- Speaker #1
Oui, de garder nos activités à côté. Ça allait être dur,
- Speaker #0
mais qu'il fallait s'accrocher parce qu'on avait quelque chose. Donc on a commencé à se dire que moi avec mon expérience de chez Merci, j'ai aussi compris que de faire venir des gens dans une boutique, c'était aussi d'avoir des thèmes différents, de bouger les produits dans une boutique, etc. Donc ça, on a commencé à créer des expos avec des créateurs qu'on connaissait. Après, on est vite arrivé à trouver des créateurs pour animer des ateliers à la boutique.
- Speaker #1
On voulait que ce lieu soit vivant, mais du coup, on avait ce truc en tête. on avait bien compris que... Ça ne serait pas de tout repos et qu'il fallait que ça bouge tout le temps. Après, on est un peu toutes les deux hyperactives. Donc, ça nous allait bien aussi. On ne tient pas en place. Le côté être toutes les deux dans la boutique, ce n'était pas possible. Et puis, vraiment, pour rémunérer deux personnes sur une boutique, la première année, ce n'est vraiment pas possible. Ni la deuxième, ni la troisième. Et du coup, j'étais graphiste freelance à côté. Donc, j'ai gardé mes clients. Je faisais des maquettes de livres. Donc, au début, c'était dissocié.
- Speaker #0
Et moi, j'avais le chômage.
- Speaker #1
Oui. Et ça, c'est quand même bien quand on compte un truc. C'est quand même bien d'avoir ce petit truc, ce petit coussin. Et voilà, petit à petit, en fait, tous les projets... Au début, j'avais gardé mon nom de graphiste et il y avait Klein d'œil. Je séparais les deux. Et petit à petit, on l'a fait rentrer dans l'agence. Les maquettes, du coup, je les fais via Klein d'œil. Enfin, voilà, on a un peu réassocié les deux parties. Et puis, c'est surtout qu'en fait... Ça s'est vite développé avec le deuxième local.
- Speaker #0
En fait, le problème des ateliers le week-end, que nous, on travaille en semaine dans la boutique, les clients n'osaient pas forcément rentrer. Donc, notre chiffre d'affaires n'était pas assez grand. On ne pouvait pas mettre assez de produits. Mais en même temps,
- Speaker #1
on avait de plus en plus de boulot.
- Speaker #2
Parce qu'au début, vous faisiez des ateliers dans le... Oui,
- Speaker #1
et on travaillait dans la boutique. Et on travaillait et on continuait les événements. Enfin, il y avait un truc... Et du coup, on a vite eu besoin quand même d'avoir... D'un bureau. D'un bureau. et j'ai eu besoin d'avoir une stagiaire en fait pour... Pour être aidée là-dessus, ça devenait lourd. Et du coup, là-dedans, la voisine qui était médecin nous dit « Je m'en vais, je ne trouve pas de repreneur de docteur. Est-ce que vous voulez le local ? » Ça fait le titre, mais en deux temps et pas de la même façon sur moi et Virginie. Mais en tout cas, on l'a fait. Et c'est vrai que c'était une opportunité d'avoir un local à côté qui se libère. On n'était pas prêtes. En fait, je pense qu'on n'est jamais vraiment prêts. On n'avait pas l'argent.
- Speaker #0
Il y avait le studio ADC. Le truc, c'est que quand on a eu ce deuxième local, moi, je n'étais pas chaude parce que on ne gagnait pas d'argent. Ça me faisait peur. Il y avait plein de choses. Au final, on a réussi à prendre le local parce qu'il y a aussi le studio ADC, donc Déborah, Alex et Axel qui nous ont suivis, qui nous ont soutenus. Avec qui on...
- Speaker #1
Ils nous ont dit, mais non, mais prenez-le.
- Speaker #0
On va prendre les bureaux derrière. Vous savez, au moins, vous avez fait les charges. etc. Et donc, on a fait OK, mais le problème, c'est qu'il fallait le financer. Et donc, on a fait un crowdfunding chez Ulule.
- Speaker #2
Trop bien.
- Speaker #0
On a récolté 20 000 euros, avec souffrance aussi, parce que c'est très dur de faire un crowdfunding. Oui,
- Speaker #2
c'est dépassé par là aussi.
- Speaker #1
Oui, c'est violent.
- Speaker #2
Ce n'est pas facile, tu donnes de l'argent. Voilà.
- Speaker #0
Et tu parles de ça, que de ça, que de ça, et tu dois préparer quand même le final.
- Speaker #2
Mais finalement, ça crée vraiment une communauté. Oui, on avait ressenti, il y a des gens qu'on ne connaissait pas, qui allaient nous faire des films. Et donc, c'est vrai que quand c'est toi qui es demandeur, tu as ce truc de dire, mais attends, je...
- Speaker #1
Oui, je pense que c'est pour ça qu'il y a un rapport. C'est clair.
- Speaker #2
Et alors qu'en fait, les gens, ils adorent. Ce ne sont pas les projets qui les font, ils les animent.
- Speaker #1
Complètement. Et du coup, on a réussi à aboutir à ce projet, grâce, c'est vrai, aux studios ADC qui ont vraiment...
- Speaker #0
Oui, grâce à eux aussi, on a eu le partenariat avec le Roi Merlin et la Redoute.
- Speaker #1
Oui, et puis ils ont fait tout l'aménagement. Il y a Ejou, nos architectes du début, nos amis, en fait, ont fait les plans. Et Axel et Déborah d'ADC ont tout construit, tout le mobilier là. Donc c'était assez fou. Même au moment où on a dit, finalement on ne le fait pas, tout le monde a dit, mais non, vous ne pouvez pas le faire.
- Speaker #2
On s'en sert les coudes tous ensemble.
- Speaker #1
Mais du coup, c'est arrivé, on n'était pas encore prêtes, vraiment, on n'assumait pas ce... Ok, il y a une agence, vraiment.
- Speaker #2
C'était à quel moment ? Deux ans après. Deux ans après. Donc,
- Speaker #1
2018. Ouais, 2018. Donc, c'est rapide quand même.
- Speaker #0
C'était aussi pour mettre plus en avant les ateliers. Oui, d'accord. Voilà, on avait plus ces idées-là que de... Oui, mais du coup,
- Speaker #1
on savait qu'au fond, c'était les bureaux. Et c'est pour ça que je parle de la partie agence, c'est qu'en fait, du coup, c'est... Ça a concrétisé que là, il fallait vraiment qu'il y ait une programmation d'atelier. C'était plus juste on le fait à la boutique. Il fallait que financièrement aussi, on puisse payer ce lieu. Donc, on avait des idées de privatisation. Mais il y avait au fond ce bureau, notre bureau. Et ça qu'on a mis du temps, je crois qu'on a mis franchement six mois à vraiment arriver à venir bosser là. Vous avez embarqué sur le lieu. Et puis, c'est deux espaces. Ce n'est pas la même entrée. Mais en fait, au final, maintenant, on pourrait. Pas faire sans.
- Speaker #2
Donc la première boutique, elle fait combien de mètres carrés ?
- Speaker #0
40. 40, c'est dans l'autre sens en fait.
- Speaker #1
Donc on a 80, mais il n'y a pas de passage entre les deux. Ce n'est pas le même proprio. Mais du coup, ça a aussi permis à ce que ça se développe. Et aussi, c'est à ce moment-là où ces deux lieux ont fait que physiquement, on ne pouvait pas être toutes les deux à la boutique. Il fallait être chacune. Et en fait, ça, plus le travail, plus les ateliers, On avait de plus en plus de boulot et du coup là on a Hélène qui nous a rejoint d'abord en stage. Enfin Laure était déjà là. J'avais fait un stage pour
- Speaker #0
Laure. Laure et
- Speaker #1
Hélène ont fait des stages et en fait ça a fité et ça arrivait à un moment où il fallait qu'on s'agrandisse. Donc voilà, ils ont rejoint l'aventure et en gros il y a deux teams qui se sont dessinés petit à petit. Il y a plutôt Virginie et Laure. sur la boutique et moi et Hélène sur la partie entre guillemets agence créative quoi. D'accord. Et ouais du coup ce lieu voilà maintenant il est entre les ateliers et cette partie agence, on l'habite tout le temps quoi.
- Speaker #2
Et il y a un café aussi.
- Speaker #1
Oui alors le café c'était il y a deux ans. Deux ans après. Ouais bah là pareil,
- Speaker #0
Covid.
- Speaker #1
Juste avant le Covid en fait on l'a visité. En fait, c'est deux amis, Clément qui est le mari de ma copine Aude, qui est le lien de tout ça. C'est drôle, Aude, ombre de lèvre, qui était en cours avec moi, Olivier de Serres. On a fait textile ensemble et elle s'est installée il y a 12 ans ou 13 ans dans la rue de la Fontaine-Roi. Et bref, son amoureux me dit « si un jour ça se libère à côté, ce serait super qu'on fasse un café » . J'étais là, oui, oui, enfin, genre, j'étais là, déjà le deuxième local, le troisième ne va jamais se libérer. Et en fait, bah, si. Un jour, elle vient nous voir, la coiffeuse à côté, elle me dit, bon, je vais arrêter, je ne sais pas si vous voulez. Et waouh, donc là, je l'ai appelée, je l'avais mis en contact avec une chef qui s'appelle Julie Bavant, voilà, qui commençait à collaborer. Et en fait, tous les trois, on s'est dit, donc là, ouais, c'est pas avec l'un d'eux. Là, c'est moi, Émilie, en tant que personne qui me suis associée au café. Parce que là, pour le coup, par contre, on... On était toutes les deux d'accord sur le fait qu'on ne pouvait pas prendre le risque.
- Speaker #0
C'est un autre métier, en fait.
- Speaker #1
C'est un autre métier. Oui, c'était trop compliqué. Puis, on n'avait pas pareil, toujours pas les reins assez solides pour investir vraiment. Donc, moi, j'ai dit, évidemment, on s'occupe de l'image. C'est super qu'il y ait une extension comme ça. Et eux, ils étaient ravis que je m'occupe de la partie DA et l'intérieur. Et d'ailleurs, c'est encore le studio ADC qui nous a réalisé les plans.
- Speaker #2
On ne change pas d'équipe,
- Speaker #1
c'est bien. En plus, pareil, eux, c'était chapeau parce qu'ils déménageaient en même temps à Nantes. Bref. Mais en tout cas, c'était super et du coup, c'est vraiment Julie et Clément qui gèrent le café. Moi, je suis plus sur l'image.
- Speaker #2
Ok. Quatrième local qui va faillir.
- Speaker #0
Alors, ne rigole pas, on a failli. Là,
- Speaker #1
on s'est arrêté. Je te jure, il y a encore un local à côté. Mais tout le monde nous le fait. On dit, pas trop parce qu'on a même été jusqu'à la lab. Oui. Ah ouais.
- Speaker #2
Et oui, vous avez dit finalement...
- Speaker #1
La banque a dit, oui, pourquoi pas. Après, ils sont de plus en plus durs, les banques. Pour un tout petit crédit, ils nous mettaient des conditions un peu rudes. Et puis surtout, là, on s'est dit, il faut vraiment faire grossir... Qu'on soit plus en équipe pour gérer.
- Speaker #2
Ça a changé la donne.
- Speaker #1
Et après, on s'est dit, peut-être mon compagnon qui aimerait ouvrir une boutique de disques. On a réfléchi à plein de trucs. Là, pour le coup, le local était propre. Enfin, était prêt à être... Il était propre.
- Speaker #2
Non, mais tu vois, il fallait...
- Speaker #0
On pouvait l'investir un peu plus cher avec un sous-sol. Et puis, dans l'idée, on voulait faire des pop-ups. Et en fait, on est dans l'humain. Et quand quelque chose ne fonctionne pas, on le prend pour nous. Donc, c'était aussi toute une réflexion là-dessus.
- Speaker #1
Le stress que ça allait nous se dire, est-ce que ça va marcher ?
- Speaker #0
On va revenir parce qu'il y a un clin d'œil, etc.
- Speaker #1
Donc, finalement, on a dit non. Et c'est des archives qui sont installées, qui sont très sympas. on sait jamais ce qu'il y a à venir mais c'est important de s'écouter je pense et pas de se dire il y a une opportunité il faut que je saute dessus absolument non mais par contre ce qui est cool c'est que pas de regrets parce qu'on était jusqu'à aller à la banque ça nous a fait réfléchir et par contre on s'est dit unanimement pour le coup parce que des fois on est un peu en décalé moi je suis un peu rêveuse fonceuse et Virginie elle est fonceuse mais elle a quand même les pieds sur terre donc à un moment elle va dire oh elle te rattrape Oui, c'est vrai. Oui, c'est un peu les caricatures. C'est Émilie Tête-en-L'air et Nini Taquet, hyper organisées et tout.
- Speaker #2
Je voulais faire ce petit tour de propriétaire pour qu'on comprenne un peu comment se structure l'espace. Est-ce que vous pouvez aussi m'expliquer de quoi est constituée la sélection ? Quel type d'objet est-ce que vous proposez ?
- Speaker #0
Au plus possible, on essaye de rester dans l'artisanat.
- Speaker #2
D'accord.
- Speaker #0
Une petite série. Petit créateur. On essaye de ne pas prendre de grosses marques qu'on aime aussi, qu'on pourrait acheter personnellement. Mais on est vraiment dans la petite série, le fait main.
- Speaker #1
En fait, on fonctionne beaucoup au coup de cœur avec Virginie et même Hélène et Laure. On a des envies, après on en discute. C'est d'abord une envie et en fait, généralement, on va vers des choses un peu uniques. On aime bien des choses un peu qui se déferment aussi.
- Speaker #0
Et en fonction des thèmes, en fait, les thèmes nous aident beaucoup aussi à trouver des produits. Donc, en fonction des thèmes, on va faire des recherches. Après, on ne s'arrête pas sur le made in France, parce qu'on cherche un peu partout en Europe, à l'étranger, partout en fait. Mais on essaye d'avoir un regard sur le pays d'origine. Comment c'est fabriqué, etc.
- Speaker #1
Et puis souvent, c'est la rencontre avec le créateur aussi. Franchement, si ça ne fit pas...
- Speaker #0
En 7 ans, ça n'a pas fité avec deux créatrices. Donc ça va.
- Speaker #2
Vous avez déjà bien présélectionné et bien senti le truc avant de décontacter ? Oui.
- Speaker #1
On le voit sur les échanges. On sait que de toute façon, on a un positionnement assez particulier. On n'est pas une boutique où on va faire de l'achat, où il y a du stock, où on va faire des soldes. On est plutôt un kickstarter où on va prendre quelques pièces de chaque créateur, les mettre en avant beaucoup sur Instagram. Moi, c'est ce que j'aime aussi, c'est de me dire qu'ils vont réussir à se développer grâce à nous et pas juste se dire qu'ils vont être chez nous et que chez nous. parce que ça n'a pas de sens. Oui, c'est un plan. En fait, c'est un plan. Et justement, plus il sera dans d'autres lieux, plus il va pouvoir se développer, proposer des nouveaux produits. En fait, c'est ça qui est chouette.
- Speaker #2
L'exclusivité, ça étouffe.
- Speaker #1
Non, voilà. Et puis, notre boutique, c'est une belle visibilité, mais on reste dans une rue qui n'est pas... On a développé ce passage, mais ce n'était pas une rue commerçante. Donc, on vient pour trouver le petit créateur. Et bon, a priori, on a rencontré notre public quand même, parce que ça fait sept ans. Mais ça reste, voilà, on est sur des petits volumes. Mais c'est ça qui est chouette, c'est les rencontres, le coup de cœur. Et puis oui, on fait quand même attention. Pas que ça soit fait en Chine, que ça revienne en France. Mais ce n'est pas notre mot d'ordre, en fait. Mais en fait, ça découle.
- Speaker #2
Oui, assez naturellement. Vous êtes sûre de l'artisanal, des choses qui sont faites de façon raisonnée, en petite quantité, obligatoirement.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #2
Ça élimine pas mal de choses par nature,
- Speaker #1
complètement.
- Speaker #2
Mais du coup, c'est hyper intéressant parce que pour moi, ce qui fait votre force et votre richesse, c'est cette singularité de votre offre qui prend le contre-pied total de la standardisation, d'avoir des boutiques qui sont pleines de produits qu'on voit déjà un peu partout, qu'on a en grosse quantité. Et c'est un parti-prix... C'est un pied de nez qui est quand même assez fort, parce que ça implique aussi des choses pour vous en termes de gestion, en termes d'organisation. Bien sûr. Et notamment, le site Internet, j'ai l'impression que c'est quelque chose pour l'instant que vous n'avez pas du tout envie de développer. Et peut-être qu'aussi, cette offre-là, en toutes petites éditions, c'est pas...
- Speaker #0
En fait, dès qu'on a ouvert la boutique, si on a ouvert, justement, c'était pour que les clients puissent toucher, essayer, voir les produits des créateurs, parce qu'ils les voyaient que sur Internet. Après, avec le... Covid, tous les problèmes qu'on a eu, parce qu'en fait, il faut rappeler qu'on a eu les attentats, les grèves, les gilets jaunes, le Covid, re les grèves, re les manifestations. On a essayé quand même un peu de développer Internet, mais on se rend compte que c'est un autre boulot.
- Speaker #1
C'est un autre métier.
- Speaker #0
Et il faudrait d'autres personnes avec nous. Après, on a plein d'idées. On est en train de penser à plein de choses. Mais c'est vrai que, parce que pour répondre aussi aux attentes des clients qui sont pas à Paris, qui sont dans le sud, d'ailleurs, désolé,
- Speaker #1
on reçoit des messages, il faut... Allez, bonjour ! C'est la suite.
- Speaker #0
c'est vraiment c'est c'est une autre problématique je pense qu'il y a deux ou trois personnes pour nous aider en plus et on a envie de faire ça de se retrouver avec des cartons, des problèmes de logistique de retour de SAV on veut bien le faire de temps en temps on le fait vous nous faites une capture d'écran, il y a un mail on peut le faire, sauf avec la céramique on essaye pas trop mais on peut le faire
- Speaker #1
Ce n'est pas du tout quelque chose. Alors que tout le monde nous dit, dans le business model, vous pourriez gagner tellement d'argent. Mais en fait, oui,
- Speaker #0
peut-être. Mais on aurait d'autres soucis. Voilà, oui. Ça dépend des attentes.
- Speaker #2
C'est vrai que c'est intéressant. Parce que c'est vrai que moi, j'ai tendance à me dire que l'omnicanalité, ça permet de... Quoi ? L'omnicanalité. Je ne sais pas si c'est plus beau. Alors, c'est le fait d'avoir à la fois un site Internet et une boutique et de pouvoir proposer une expérience qui soit à la fois digitale et physique. Ça peut te permettre dans des situations comme les grèves, etc. ou en Covid, de garder le lien avec tes clients et de continuer à faire du chiffre d'affaires. Mais c'est un impact. Il se passe plein de choses derrière ça. Ça nécessite effectivement du cash, des équipes, de la surface. Et du coup, c'est un vrai sujet. Et moi, j'ai tendance à me dire qu'effectivement, c'est un outil qui... hyper intéressant parce que ça te permet d'être gagnée en flexibilité et peut-être en chiffres, mais c'est toujours intéressant de se dire à un moment, est-ce que ce que je gagne, je ne vais pas le perdre ailleurs ?
- Speaker #1
En tout cas, moi, c'est un truc qui ne m'intéresse pas forcément.
- Speaker #0
Moi non plus. J'ai toujours travaillé dans le commerce. La rencontre avec les gens, que ce soit avec les créateurs ou les clients, c'est ça le plus important.
- Speaker #1
Mais c'est un sujet quand même qu'on étudie et on essaye de voir comment on pourrait le développer d'une façon que ça ne soit pas aussi lourd pour nous. Enfin voilà, on est sur des réflexions quand même qui reviennent chaque année et là on s'est entouré aussi de chouettes personnes qui nous aident et que peut-être on... Mais bon,
- Speaker #2
c'est pas une porte fermée, vous réfléchissez. Non,
- Speaker #0
bien sûr.
- Speaker #2
Mais que ça soit à vos conditions et que ça puisse...
- Speaker #1
C'est pas moi qui le gérais, très clairement. Voilà, il faut quelqu'un qu'on forme quelqu'un là-dessus.
- Speaker #2
Ouais, mais du coup pendant le Covid, comment vous avez fait avec les fermetures des boutiques ? Ça n'a pas été trop compliqué ?
- Speaker #0
Eh ben, c'est ce qu'on se disait. J'ai écouté dire ça à les filles la dernière fois. En fait, ça nous a fait du bien déjà d'avoir le Covid. Je pense qu'on était tous en burn-out, la société elle-même. Donc moi franchement, ça m'a vraiment fait du bien de m'arrêter et de me dire qu'on n'est pas obligé de répondre à la seconde à un mail. après on a réfléchi à plein de choses moi je pense qu'on s'est reposé,
- Speaker #1
on a réfléchi à plein de choses après on a été ultra créative en tout cas nous on a fait des vidéos mais vraiment au bout du cinquième jour quand je regarde, je revois les images je me dis au bout de cinq jours on faisait des clips, des trucs improbables, on avait plein d'idées,
- Speaker #0
alors on n'a pas tout fait mais quand même il y a eu les ventes sur étagère on a de la chance c'est qu'on n'est pas salariés on est nos propres patrons donc on a pu se déplacer donc on était en vélo, on ne prenait pas les transports déjà et on a pu Merci.
- Speaker #1
venir travailler ici en équipe et développer le click and collect et les ventes sur étagère via Instagram.
- Speaker #2
D'accord.
- Speaker #1
Et alors c'est marrant, je ne sais pas le chiffre, il faudrait l'étudier un jour, mais je ne pense pas que ça arrive. Non,
- Speaker #0
après on a eu les aides de l'État aussi.
- Speaker #1
On a parlé en fait de ce truc-là. Tout le monde me parle encore sur les ventes sur étagère, c'était fou. Il y avait une espèce d'engouement.
- Speaker #0
Après on avait aussi fait les bons cadeaux, rêves, pochettes sur piscine. Les bons cadeaux.
- Speaker #1
On a été ultra créatives. Alors après, est-ce que ça a généré des sous ? Je ne suis pas sûre. Mais c'est l'état qui nous a continué à dire qu'on était là et qu'on ne lâchait pas l'affaire.
- Speaker #2
Ça a gardé le lien. C'est ça. Ça a permis aux gens aussi de rêver à des objets, de pouvoir se les acheter.
- Speaker #0
C'était live aussi, avec des calvateurs.
- Speaker #2
Oui, vous avez proposé des expériences. Je pense que c'est ça que les gens aiment aussi quand ils viennent à la boutique, c'est vivre une expérience.
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #2
donc c'était Au-delà du cash, je trouve que c'est hyper important de garder ce...
- Speaker #1
Oui, puis ça nous a ressourcés, je pense, le bilan. Enfin, sur le moment où il y a des moments durs, on se dit quand est-ce que ça s'arrête, mais je trouve que c'était une petite parenthèse, finalement.
- Speaker #0
Pas si mal, oui.
- Speaker #1
Et juste pour revenir à l'offre, on comprend que c'est vraiment plus du l'artisanal, c'est au coup de cœur, etc. Comment ça se compose en termes de produits ? Vous avez de la céramique, vous avez quoi d'autre ?
- Speaker #2
En fait, oui, céramique, papier d'esprit,
- Speaker #0
des bijoux,
- Speaker #2
des accessoires, des coups d'illustration,
- Speaker #0
brisographie,
- Speaker #2
un peu de vêtements,
- Speaker #0
un peu de choses pour enfants, mais pas tant que ça.
- Speaker #2
On va dire qu'on est plus une boutique cadeau. Donc les gens viennent chez Klein d'œil pour une idée cadeau, pour s'offrir à soi-même ou pour un cadeau d'anniversaire.
- Speaker #0
Oui, en fait, on aime bien les objets de Wack-Virginie. Je pense qu'on a un attachement.
- Speaker #2
Les objets qui ne servent à rien. C'est ça que j'aime bien. Ça fait beau.
- Speaker #1
Moi, j'aime bien ça. Juste acheter un objet parce qu'il est beau, parce que ça nous fait du bien de le voir et qu'on a envie de l'avoir chez nous.
- Speaker #0
C'est ça. Après, est-ce que c'est parce que notre mère est anglaise et que du coup... Dans les beaux windows en Angleterre, tu as souvent des céramiques, pas forcément très jolies, plein de petits objets. On a quand même baigné là-dedans, la chambre, le rachelet avec le coussin qui se coordonne. Il y avait une attention sur la déco, qui était d'un autre goût, d'un autre style. Mais du coup, je pense que les objets... Après, moi, c'est ma partie mystique, mais on a toutes les deux du cancer dans notre signe. Toi aussi ? Voilà, les objets...
- Speaker #2
De base, on n'est pas... très moque, quand Emilie plus que moi, mais on n'est pas très moque, Emilie elle est très bobo, etc. Oh ! Les choses. Depuis longtemps, on est plus dans l'accessoire de la maison.
- Speaker #0
Oui, et puis même, il y a un truc aussi, on aime les objets qui racontent des choses. Donc qui ne servent pas forcément à quelque chose, mais qui racontent des choses. Et je dis, sa passion c'est chiner, moi j'aime bien, mais elle, c'est vraiment... D'ailleurs, elle va bientôt se créer son Instagram.
- Speaker #1
Trop bien.
- Speaker #0
Elle va bientôt dévoiler. Mais voilà, elle chine tout le temps. Et je pense qu'on a un truc sur les objets, sur ce que ça peut raconter.
- Speaker #1
Oui. Et les créateurs et les créatrices avec qui vous travaillez, j'ai compris que c'était au coup de cœur.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Et comment vous travaillez avec eux ? Vous faites toujours du dépôt-vente ?
- Speaker #2
Oui. Alors, on fait du dépôt. On a un tout petit peu d'achat ferme. Je ne pourrais même pas dire combien c'est de pourcent, mais c'est un petit pourcentage. Mais en fait, on préfère aussi continuer sur le dépôt parce qu'on peut rentrer des créateurs au fur et à mesure. Alors après, le dépôt, ça nous permet aussi de ne pas prendre de risques en termes de surstockage, etc.
- Speaker #1
Oui, pour votre trésorerie.
- Speaker #2
Voilà, exactement. Et puis oui, ça nous permet d'avoir une offre un peu plus grande.
- Speaker #0
En fait, oui, il n'y a pas de saisonnalité. On ne se dit pas, on fait un achat de collection, il n'y a pas les soldes. On n'est pas contrainte par ça. Parce que du coup, on fait rentrer des nouveautés à chaque fois qu'il y a une thématique. Ou un créateur qu'on rencontre sur Instagram ou qui vient à la boutique,
- Speaker #1
à coup de cœur,
- Speaker #0
on se dit, ok, on te prend, mais c'est de l'ordre de, entre 3, 6 pièces, 10 pièces max. Et si ça marche, on recommence, on recommence. Et c'est vrai que l'achat, ça va être sur des gens qui nous suivent depuis le début, depuis 7 ans.
- Speaker #2
De tout camp et un cachet, c'est aussi sur des choses qu'on sait qu'on va vendre. Bien sûr. Parce que des fois, on nous impose d'acheter et on dit non.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #2
Et c'est comme ça.
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #2
oui. On prend des risques quand même. Oui,
- Speaker #0
on tente des choses, mais c'est vrai qu'on ne s'est pas construite comme ça.
- Speaker #1
C'est intéressant, c'est vraiment un outil pour vous que vous pouvez utiliser pour même proposer des choses aux clients. Et ça marche, aller plus loin. Ça ne marche pas, peut-être changer avec le créateur, aller sur d'autres pièces. Exactement. Pour le créateur, ça apporte aussi. Parfois, ça peut faire peur, mais ça peut leur apporter aussi de la visibilité et de la flexibilité.
- Speaker #0
C'est un peu l'échange qu'on leur propose. Exactement, on leur dit, on teste. Généralement, ils voient bien que sur Instagram, on est très proactifs.
- Speaker #1
Ils sont vraiment les créateurs.
- Speaker #0
C'est ça, on essaye. pour profiter d'avoir un stock complètement et du coup un beau partenariat c'est ça et ça nous plaît que ça fonctionne après c'est aussi un contrat de confiance parce que le tempo je pense que tous les créateurs pourront le dire ils ont confiance en nous alors Virginie a bien au point avec un kick on a un système de caisse et on a tout réglé en temps et en heure les créateurs le problème que les créateurs ont
- Speaker #2
grosses boîtes ne font pas aussi, quitte à payer d'abord le créateur que nous, nous-mêmes. Mais c'est un contrat de confiance qu'on a fait depuis 7 ans et maintenant...
- Speaker #0
Oui, parce que tu as mis au point des outils vraiment très adaptés. Le logiciel de caisse a été développé pour Klein d'œil.
- Speaker #1
Vous avez votre logiciel de caisse ?
- Speaker #2
Klein d'œil, c'est ça aussi, c'est d'aider les autres à développer leurs produits. Et donc là, c'est nos barmans des événements Klein d'œil. Dans l'équipe, il y a un geek qui a développé le système de caisse de... leur bar, parce qu'ils ont un bar à Paris qui s'appelle Le Matin.
- Speaker #0
Ils ont un bar, mais en fait, ils font surtout tous les bars des festivals. C'est plus qu'un bar. Ils ont une société qui couvre vraiment... Donc, ils ont mis au point leur logiciel.
- Speaker #2
Et voilà, il y a une personne dans l'équipe et donc un jour, il m'en a parlé et je lui ai dit « Mais moi, j'ai besoin du système de caisse. » C'était pendant le changement où on était obligés d'avoir...
- Speaker #1
La caisse, ouais.
- Speaker #2
T'en souviens, c'était... Bon, voilà. Et donc, il m'a développée et donc maintenant, à chaque fois que je trouve une idée, je fais « Ah, est-ce que tu peux faire ça ? » C'est génial ! Oui. Après, il n'est pas forcément adapté-adapté parce que je pense qu'il y a des choses qui quackent,
- Speaker #0
mais au fur et à mesure, on le développe et on l'adapte au fur et à mesure et il est quand même... Il tire la route. Il est pas mal. C'est trop bien de voir ce concept.
- Speaker #2
Il y a un système de caisse pour le dépôt. Ça existe.
- Speaker #1
Vous avez le vôtre, c'est pas mal ça. C'est toujours cool d'avoir un geek sous la main.
- Speaker #2
On en a plusieurs. C'est toujours un geek.
- Speaker #1
Vous parliez des thématiques, elles sont récurrentes ? Il y a un cycle récurrent ou c'est un peu en fonction de vos inspirations ?
- Speaker #0
On n'a pas de calendrier éditorial, tout ça. Là, cette année, on en a une. Ça change.
- Speaker #2
Parce qu'on...
- Speaker #0
On essaie de se structurer. On a besoin, ça se développe. On s'est rendu compte,
- Speaker #2
pour demander aux créateurs, ou même si on leur demande des choses particulières pour un thème, il faut quand même qu'on les contacte minimum deux mois en avance. Et encore deux mois.
- Speaker #0
Avant, oui.
- Speaker #2
Pas beaucoup. Mais on va dire que tous les deux, trois mois, on fait des expos. Mais après, on ne s'oblige rien à en faire une. Là, par exemple, la rentrée après Noël, on s'est dit, on va laisser comme ça.
- Speaker #0
C'est très baisse au clin d'œil. On va faire l'approche fémérique. Après le confinement, on avait besoin, on avait envie. Mais c'est vrai que ça prend du temps, en fait. Et c'était super, ça a super bien fonctionné. Mais là, on avait besoin aussi.
- Speaker #2
En décembre dernier, on a fait l'événement clin d'œil. Et ça faisait deux ans et demi qu'on ne l'avait pas fait. On s'est rendu compte qu'on avait pris quand même un petit coup du vieux.
- Speaker #0
Et bien, on en regarde. Tout a évolué, notre structure, les projets qu'on a. Il y a plus de choses.
- Speaker #1
Donc, transition parfaite. Je voulais vous parler de l'événement que vous avez fait au Carreau du Temple pour Noël. Puisque vous avez un peu renoué avec cette partie événementielle et marché de créateurs, qui avait été un peu en pause par la force des choses à cause du contexte. Comment ça s'est passé ? Parce que c'était magnifique, le lieu. Oui, tu es venue, c'est ça ? Oui, je suis venue en famille. C'était super chouette, oui. Comment vous avez renoué avec ça, le temps d'organisation que ça représente ? En fait,
- Speaker #2
comme on a commencé par l'événementiel, on a renoué. Quand tu dis renouer, c'est parce que pendant deux ans et demi,
- Speaker #1
on s'est arrêté. Vous disiez que vous aviez l'impression que les choses avaient beaucoup évolué entre temps.
- Speaker #0
Sur la boutique, oui, sur nous,
- Speaker #2
on avait plus de travail.
- Speaker #0
Mais en même temps, on était plus structurés. C'est-à-dire qu'il y a Laure et Hélène maintenant tout le temps avec nous. Donc, quelque part, on se disait, bon, il y a plus de boulot. Mais en fait, en même temps, on est quatre. On arrivait à deux, on bossait chacune de notre côté. Parce qu'avant, quand on a monté les événements, on était chacune indépendante. Virginie bossait chez Merci, c'était en plus de notre boulot, l'événement celle. Donc, du coup, là, on s'est dit, bon, on est quatre. Je pense qu'il y a eu un truc, allez, on se remet dedans, il n'y a pas de souci. Non, c'était super. Je pense que oui, ceux qui sont venus ont apprécié. Nous, ça a été chouette, mais c'est vrai qu'on s'est pris un scud de... On a pris deux ans et demi, trois ans. Et Raoul, c'était surtout pas le moment de parler. On enregistre.
- Speaker #1
On a un petit invité.
- Speaker #0
C'est ça. Le petit garçon qui est là. Qui a gagné avec la boutique.
- Speaker #1
Ouais, et puis il y a des carambars sur la table. Alors, c'est marrant de le faire. Si vous venez voir, ça n'avait pas tout mangé.
- Speaker #0
C'est compliqué, oui.
- Speaker #2
Mais pour revenir à ça, en fait... On pensait qu'on allait y arriver, donc on a l'habitude parce qu'on a une trame, on a un budget prévisionnel, on a tout ça, on a la grille des créateurs, etc. Mais en fait, on a oublié des choses et on s'est rendu compte d'avoir oublié les choses, c'est parce qu'on n'était pas assez, qu'on avait d'autres boulots à côté. Et aussi, là, on s'est confronté à la réalité des choses, c'est que tout a augmenté. Oui. Tout. Sauf que nous, on n'avait pas augmenté le prix des stands parce que c'est déjà un prix assez élevé pour les créateurs, donc on ne veut pas. Mais vraiment tout a augmenté donc il a fallu se battre pour négocier pour baisser les prix.
- Speaker #0
Oui on s'était dit ça va être facile, on a tellement l'habitude, c'est la 20ème édition. La 20ème édition, on en a fait vraiment beaucoup. Pourtant on est plutôt à être flippé, angoissé et tout mais là je sais pas, il y avait une espèce de confiance genre c'est bon, ça va le faire.
- Speaker #2
Oui, ça ne s'est pas senti, c'était plus dans l'équipe. On l'a senti, on était fatigués, on a eu beaucoup plus de travail, il y a eu des problèmes de l'organisation.
- Speaker #0
Ce qui a changé aussi, c'est que d'habitude, on se faisait au mois de mai. Donc c'était l'été, la boutique à bon monde. Et là,
- Speaker #2
on avait le mois de décembre et donc un planning différent.
- Speaker #0
C'est-à-dire que Laure, qui travaillait avec nous, était à la fois à la boutique, mais sur l'événement.
- Speaker #2
Il y avait un stand sur l'événement,
- Speaker #0
oui. Oui, c'est fou.
- Speaker #2
Et pareil, on travaillait avec... Le plein, donc bon c'est une gestion de bénévoles, mais en fait tout le monde a vieilli, tout le monde veut faire d'autres choses, tout le monde, c'est compliqué de gérer tout ça, mais au final ça s'est pas vu, ça s'est très bien passé.
- Speaker #0
Oui, oui, c'était quand même super.
- Speaker #2
Il y avait la coupe du monde de foot, donc à chaque fois on a un truc pendant l'événementiel, donc on avait eu les gilets jaunes, là on a eu la coupe du monde, je crois que celui qui s'est mieux passé c'est quand on avait les élections du président.
- Speaker #0
Ouais, là tout le monde nous disait mais vous êtes fous, faites pas ça, vous aurez personne, en fait les gens sortaient pour aller voter et les vidéos qui ont rendu top. Mais là,
- Speaker #2
quand il y a eu la Coupe du Monde, je ne sais pas à quelle heure, à 16h.
- Speaker #0
Mais bon, il y avait le compte. Au final,
- Speaker #2
il y avait ceux qui n'aimaient pas le foot qui étaient là.
- Speaker #0
C'est ça. Mais comme quoi, c'est une bonne leçon. Ça va nous demander de nous organiser différemment et c'est chouette aussi. Du coup, on sait qu'on va s'organiser pour le vivre. En tout cas, nous, personnellement. Je pense que pour le public, les retours qu'on a eu, tout le monde était super content. Même les créateurs, malgré le match de foot. Oui,
- Speaker #1
il y avait la queue à descendre. Oui, oui.
- Speaker #0
Les chiffres d'affaires de chaque créateur, franchement, c'était quand même une super belle édition. On a eu 8000 personnes. Mais c'est vrai que pour nous, il faut qu'on s'organise un peu mieux. On a grandi. Il faut qu'on délègue.
- Speaker #2
Vous avez du mal à déléguer ?
- Speaker #0
Ouh là là !
- Speaker #2
du mal à déléguer et puis du mal à calculer combien coûte une autre personne, combien on peut mettre pour prendre une autre personne.
- Speaker #0
On est toujours frileuse dans les investissements, on reste sur une structure, je n'aime pas le mot fragile, mais les bénéfices, c'est des petits petits. Il faut trouver l'équilibre. On n'est pas des folles de genre « Allez, on va tout claquer » . Là, on l'a fait vraiment en se disant « On fait attention » . On va faire attention, mais on va investir un peu plus dans l'humain, dans l'équipe pour que ça soit plus agréable aussi. Mais c'est une super aventure. Malgré tout, là, ça y est, on n'est plus... En janvier, je crois que tout le monde disait « Plus jamais, on est trop fatigué » . Mais en fait, finalement, Nini, chaque année, Merci. À chaque fois, après, on se dit « Oh là là, mais tout ce boulot, on est claqué, quoi ! » À chaque fois, c'est quand même ça.
- Speaker #2
Parce qu'on est vraiment autodidactes sur l'organisation environnementale. Mais comme on est autodidactes, il faut qu'on fasse les choses bien, donc on les fait même peut-être, je vais voir, trop bien.
- Speaker #1
C'est une grosse pression.
- Speaker #0
Ouais, voilà ça. La pression, c'est le mot. Et du coup, on veut vraiment que ça soit réussi. Et à chaque fois, ça l'est, a priori. Les retours qu'on a, ils sont vraiment chouettes. Mais du coup, nous, on se met une pression de dingue pour que ça soit...
- Speaker #2
Ça, on ne se changera pas, je crois.
- Speaker #1
C'est dur. C'est bien, ça permet quand même de faire des jolies choses.
- Speaker #0
Oui, bien sûr.
- Speaker #1
L'important, c'est après de réussir à tomber cette pression. C'est ça, exactement. Et apprendre un peu à chaque fois.
- Speaker #2
On va faire ça pour le lundi soir.
- Speaker #1
Du coup, je voulais faire un petit point. Cette dernière partie va être un peu plus sur le bilan de votre aventure et la suite pour vous. Et moi, j'ai le sentiment que là, vous vivez l'aventure que vous aviez envie de vivre. Vous n'êtes pas allé trop vite, pas allé trop lentement. Les choses se font de façon super organique et super naturelle. Que vous vous amusez, que vous faites ce que vous avez envie de faire, de façon libre. Et je me demandais, du coup, je n'ai pas l'impression que vous êtes dans une dynamique de toujours courir vers plus. C'est ce qu'on disait là, vous êtes plutôt à faire les choses à tâton, rester cohérente et rester tranquille. dans ce développement. Mais du coup, au regard de tout ça, quelles sont les prochaines étapes ? J'ai l'impression qu'il y avait un sujet peut-être un peu digital à réfléchir à deux, trois choses. Est-ce que vous avez des projets à venir en ce moment, des envies pour la suite de l'aventure clin d'œil ?
- Speaker #0
On a quand même souvent la tête dans le guidon. Je pense que quand tu as une boutique, tu avances. Après,
- Speaker #2
là, on vient de rencontrer une personne qui s'appelle Laurence qui va... plutôt nous aider à, on va dire, c'est un peu notre... Pérenniser. Nous aider à savoir où on doit se poser pour...
- Speaker #0
Pour aller chercher plus de sous aussi. Voilà,
- Speaker #2
pour chercher plus de sous, mais assez intelligemment. C'est-à-dire, on veut rester dans quelque chose que l'on veut faire. On ne va pas prendre des sous parce qu'il faut prendre des sous. Oui, on ne va pas aller chercher un investisseur parce qu'on a besoin de sous. Donc, c'est plus pour nous aider à nous poser, à réfléchir sur qu'est-ce qu'on a envie de faire, comment on peut gagner de l'argent avec ce qu'on a envie de faire. Et développer, et justement, elle nous pose les bonnes questions pour qu'on puisse se poser, réfléchir. Là, c'est structuré, en fait. Là,
- Speaker #0
on est vraiment ça y est.
- Speaker #1
Vous aviez dit tout à l'heure, on sent que depuis 23 ans, on structure, on se pose les bases et on réfléchit. En fait, là,
- Speaker #0
on sait que, voilà, c'est en tout cas, j'ai l'impression, sans se l'être trop dit, parce qu'avec Virginie, on ne parle pas forcément beaucoup, mais je pense qu'on ressent ce truc. A priori, ça ressemble. Comme tu disais, à ce qu'on avait envie, on est assez libre et tout. Maintenant, financièrement, il faut qu'on arrive à structurer pour que ça tienne dans le temps. Mais je trouve que oui, moi, en tout cas, perso, je ne voudrais pas plus. Enfin, je ne sais pas si toi, tu... Quand je dis plus, tu vois, ouvrir une autre boutique, tout ça, moi, je n'ai pas cette ambition-là. En tout cas, pas à ce jour, mais...
- Speaker #2
Non, moi, j'aimerais pérenniser, oui, et gagner un peu plus d'argent.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. C'est vraiment plus se dire, OK, là, c'est chouette, entre guillemets, la façon dont ça fonctionne. maintenant trouver plus de temps pour soi, plus de temps pour faire d'autres choses aussi à côté, commencer à kiffer, être plus sereine en fait, maintenant qu'il y a un peu un équilibre financier entre guillemets, même si on sait que ça reste une petite structure avec un petit chiffre d'affaires, mais on sent quand même que nous on est un tout petit peu plus sereine, qu'on est en train d'arriver à un truc qui peut être chouette à l'équilibre. Mais pour ça, on est prête à s'entourer des bonnes personnes.
- Speaker #1
Ok, donc c'est comme une mentor ?
- Speaker #0
Ouais, je sais pas, coach,
- Speaker #2
business developer,
- Speaker #0
coach,
- Speaker #2
amie.
- Speaker #0
En fait, elle arrive là maintenant dans l'aventure, mais en fait, on la connaît depuis l'ouverture.
- Speaker #1
D'accord, elle fait partie du clin ?
- Speaker #0
Bah en fait, elle fait partie du clin, ouais. Elle nous a même connues avant qu'on monte, quand on avait les miniatures. C'est des gens qu'on avait rencontrés, avec qui on avait bien sympathisé, puis chacun eu ses... ses aventures personnelles, ses chemins. Et là on s'est retrouvés sur un gros projet et finalement c'est comme une agente.
- Speaker #2
Mais elle est bien dans l'humain donc nous ce qui est très important parce qu'on a beaucoup de... Quand on parle avec nos comptables, je pense que tu as déjà parlé à un comptable, dont tu ne comprends rien. Et il ne comprend pas aussi tes problématiques. Donc là elle a ce côté aussi où elle comprend nos problématiques.
- Speaker #0
Et d'humain, parce que c'est vrai que c'est beaucoup... C'est ça, vu qu'on est des éponges sur pâte avec Virginie, on veut que tout se passe bien pour tout le monde, mais après, il y a des réalités financières, et...
- Speaker #1
Ok, donc là, vous êtes plutôt dans une optique, on a créé des petites pépites, et on va les développer, les structurer, de faire ce qu'il y a, de faire d'autres choses supplémentaires.
- Speaker #2
On réfléchit à faire des choses supplémentaires, mais d'abord, reprendre les bonnes bases, et se dire aussi euh... Avec les filles, on discute de plus en plus de ce qu'on aime faire, ce qu'on n'aime pas faire, ce qu'on a envie de faire. Les rôles de chacune. C'est ça aussi. Et c'est vrai que depuis le Covid, je ne sais pas, je pense que toi tu le sais et beaucoup de gens le savent, c'est qu'on a des envies différentes.
- Speaker #1
Oui, je pense que personnellement, tout le monde a cogité et que ça a un impact obligatoire.
- Speaker #2
Mais on le voit aussi par rapport aux clients. Tout à l'heure, on parlait de ce qu'on offrait. Depuis le Covid, moi je ressens que les clients aiment bien décorer leur intérieur. Pendant le Covid, ils mettaient moins d'argent dans les vêtements, parce qu'ils étaient tous en pyjama, mais ils mettaient plus d'argent dans la déco.
- Speaker #0
C'est vrai qu'on n'a pas forcément perdu de clientèle,
- Speaker #1
on en a gagné aussi par rapport au fait qu'ils essayent de consommer différemment.
- Speaker #2
Est-ce que dans votre parcours, il y a eu des gros moments de doute, des difficultés particulières, quand c'était un peu plus compliqué à enjamber que d'autres difficultés ?
- Speaker #0
Le deuxième local, je pense que c'était compliqué.
- Speaker #1
Moi je dirais encore autre chose, mais c'est plus personnel, mais on a perdu notre père pas longtemps après l'ouverture de la boutique, donc ça, ça a été compliqué. Et c'est là aussi qu'on a dû un peu déléguer. On a appris à déléguer, même si c'était compliqué. Et après, oui, le deuxième local, oui.
- Speaker #0
C'était une étape, en fait.
- Speaker #2
C'est arrivé un peu vite, en plus, comme vous disiez tout à l'heure. Sur le moment, c'était difficile.
- Speaker #0
Tu ne te souviens pas, Virginie, c'est bien. C'est le moment où, justement, si on était deux associés passeurs, peut-être que ça aurait pu... Parce qu'il y avait vraiment des appréhensions. On n'était pas du tout prêtes financièrement à accueillir ce lieu. c'est vrai que c'est un... C'était pas un coup de poker parce qu'on avait besoin, de toute façon, on pouvait plus bosser dans la boutique. Il y avait un truc, il fallait un local. Oui, de toute façon, on l'a dit tout à l'heure. Mais quand même, financièrement, on se payait pas. Enfin, il y avait un truc, ça a été un challenge, vraiment dans le sens challenge. Et au final, maintenant, ça fait partie de l'écosystème et on pourrait pas faire sans. Mais ouais, c'était vraiment... Enfin, moi, en tout cas, j'ai un souvenir que ça avait été compliqué, ouais.
- Speaker #2
un peu mais finalement voilà avec une équipe soudée autour avec la bienveillance et quand tu sais ce que tu fais quand c'est un métier passion c'est ça on est quand même super bien entouré parce que on est on va le rappeler donc on est une structure on a pas de salariés on
- Speaker #0
est 4 indépendantes donc voilà on est 2 lideuses qui portons on a les contreparties on voit les sorties d'argent tout ça mais on a quand même 2 personnes qui sont très investies Hélène et Laure qui s'investissent dans le projet à fond.
- Speaker #2
Totalement partie de l'aventure. Et à contrario, est-ce qu'il y a eu des moments très forts qui ont été des moments hyper fondateurs avec beaucoup de joie et d'intensité qui vous ont marqué chacune ?
- Speaker #0
Gros blanc. En fait, tous les jours, c'est un peu fête. Chaque jour est une aventure.
- Speaker #1
Il y a des trucs aussi où des grosses marques nous ont fait confiance. c'est un côté on a fait du consulting pour Instagram pour un événement qu'ils avaient fait qui s'appelait les Instapreneurs déjà ça a fait ah ouais même si on n'a pas beaucoup gagné d'argent les Galeries Lafayette aussi ça apporte un petit truc aussi en se disant ah bah ça y est avec plein d'oeil il devient quelqu'un en fait
- Speaker #0
c'est devenu une marque on fait de la curation mais on vient nous voir pour un univers un savoir-faire, que ce soit en scéno ou dans du design textile ou dans des maquettes de livres on vient chercher notre patte et quand on voit les autres boutiques qui prennent nos créateurs c'est génial, on est content on se dit c'est chouette, ils se développent on sait que on est un peu, pas suivi mais on est un peu précurseur en tout cas pour l'instant, parce qu'on sait que ça peut tourner au-delà. On a totalement confiance que ça évolue très très vite, mais il y a quand même cette force avec tous les créateurs. Je ne sais pas, on en a combien, Virginie, qu'on connaît depuis le début ?
- Speaker #1
Je ne sais plus, j'ai fait l'inventaire en 2000, donc de l'année dernière, combien on était,
- Speaker #0
je lui ai dit ? En boutique,
- Speaker #1
il y avait plus de 250 créateurs. Je pense que depuis qu'on a ouvert la boutique, il faut rentrer plus de 600 créateurs.
- Speaker #2
Oui, c'est incroyable. C'est vraiment ce truc de famille de crew hyper passionnante. Après il y en a qui ont arrêté,
- Speaker #1
il y en a qui continuent, il y en a qui ont changé de nom, il y en a mais...
- Speaker #0
Et tous, on peut dire qu'on les connaît quasiment tous quoi. C'est un peu dur de se souvenir de tous les premiers. On les appelle par leur nom de marque. Helmuth, coucou. Chaudbière-oiseau aussi. Mais voilà, en gros, c'est une aventure. Là, tu nous permets de faire un arrêt sur image. Je me dis que c'est assez fou.
- Speaker #2
On le fait assez peu souvent. C'est vrai que... J'ai toujours suivi votre aventure avec des grands yeux hyper admiratifs. Vous avez réussi à créer quelque chose de fort autour de l'humain et de l'artisanat et de mettre en avant de façon totalement... pas désintéressée, mais c'est le sentiment. C'est presque jusque-là.
- Speaker #0
On s'appelle les bisounours un peu. On est sur un business modèle économique de bisounours. On n'est pas dans une croissance. Au bout de 7 ans, c'est une petite structure pour employer. Mais c'est voulu aussi. C'est très riche, par ailleurs. Oui, complètement, exactement.
- Speaker #2
En interaction, en création, il y a énormément de choses qui sont. Créer ici.
- Speaker #0
Complètement.
- Speaker #2
Et c'est aussi ça, je trouve, la force du commerce. Enfin, le commerce, il est pluriel. Il y a des boutiques très standardisées qui vont vendre à la pelle des choses. Et ça peut répondre à un besoin. Mais c'est hyper important d'avoir des îlots un peu comme ça de résistance où tu proposes autre chose et une expérience de l'humain, du vivant. Et quelque chose qui... Donc après, toute la clé, c'est de réussir à faire en sorte de pérenniser ces lieux. Parce que c'est des lieux qui sont importants, je pense, pour tout le monde, pour les créateurs, pour les clients.
- Speaker #0
On pourrait avoir des subventions. Il faudrait. Oui, il faudrait. Non mais voilà, je suis d'accord avec vous. L'enjeu,
- Speaker #2
c'est comment pérenniser des espaces comme ça qui permettent...
- Speaker #0
On est un peu des punks du capitalisme. Même si on est bisbouche-punks.
- Speaker #2
Ça sera le titre de l'épisode.
- Speaker #0
Non mais tu vois, c'est vrai qu'on est un peu en résistance face au capitalisme. On ne voulait pas entendre les codes de la TVA, ce qui est à rendre, les marges, on nous parlait toujours de marges et tout. Bon, là, on comprend, mais on reste à se dire, non, mais il y a moyen de... On va réussir quand même. Du coup, le chemin est très, très long. Je pense que les gens qui viennent de l'école de commerce se disent, non, mais attends, ça ne tient pas. Pourquoi ? Pourquoi tu t'en fiches ça ? Alors que nous, oui, il y a une part de masochisme. Mais en même temps, on prend du plaisir tout le temps.
- Speaker #2
Et puis la boutique, il y a du passage permanence, les gens vous connaissent. Oui, et puis ça porte ses fruits. C'est juste que c'est plus long.
- Speaker #1
On sève des petites graines.
- Speaker #2
C'est totalement une philosophie différente, mais qui a totalement sa place. Je trouve ça intéressant de savoir que là, vous êtes en train de travailler là-dessus pour structurer, pérenniser et pouvoir continuer comme ça.
- Speaker #0
Exactement. Et Laurence, qui nous coach là-dessus, qui nous aide. Il croit aussi, donc c'est chouette. On se dit qu'on n'est pas les seuls OVNI. Il y a peut-être moyen de... On est loin de là. Non,
- Speaker #2
en tout cas, il faut que ça tienne.
- Speaker #0
Je pense qu'il y a plein de gens qui aimeraient. Souvent, d'ailleurs, avec Virginie, c'est toujours très compliqué. Il y a des gens qui lui demandent des conseils pour ouvrir sa boutique et tout. Et c'est tellement...
- Speaker #2
Ça va être une de mes prochaines questions.
- Speaker #0
Ah bah, vas-y.
- Speaker #1
Non,
- Speaker #0
ça sera après. Non, mais c'est vrai que c'est très compliqué parce que c'est... tellement d'investissement personnel. Je pense que toi, tu as connu ça avec ta boutique. Tu ne peux pas décrire.
- Speaker #2
C'est ça qui fait la force de l'aventure.
- Speaker #0
Tu as beau avoir un beau tableau d'un business plan qui te dit que tu as ton loyer, il faut que tu fasses rentrer ça, il y a un truc au fond du ventre que si tu n'as pas ce truc-là, je pense que si ce n'était pas nous, il n'y aurait pas clin d'œil. Tu vois ce que je veux dire ? Voilà. Ça serait notre histoire.
- Speaker #2
Oui, c'est vous formalisé dans des boutiques.
- Speaker #1
C'est souvent la question qu'on nous pose d'ailleurs. Vous choisissez comment, donc ça on le dit au coup de cœur, mais pourquoi ça ressemble à ça à clin d'œil ? Et pour moi, quelqu'un qui ouvre une boutique doit être passionné. Tu ne vas pas ouvrir une boutique pour dire « Ah, j'ai envie d'ouvrir une boutique, j'adore ! » Moi,
- Speaker #0
c'est quelque chose de...
- Speaker #1
C'est une réflexion à avoir, de ne pas se dire « Ah, j'ai envie d'ouvrir une boutique, c'est génial, j'adore ! »
- Speaker #2
Oui, c'est pas si simple. C'est pas seulement ouvrir un rideau, faire des sourires, faire des ventes et fermer ton rideau. C'est beaucoup plus complexe que ça. Mais c'est passionnant parce que t'apprends, je sais pas vous votre ressenti, mais on apprend mille métiers. C'est clair. On ouvre des horizons qu'on n'aurait pas pensé ouvrir.
- Speaker #0
Pas du tout. C'est clair.
- Speaker #2
Est-ce qu'il faut que chacun me dise comment vous voyez l'avenir du commerce de proximité ? En sachant qu'effectivement, on est dans une phase où il y a plein de choses qui sont remises en question. Mais voilà, comment vous vous imaginez un peu l'avenir ?
- Speaker #1
Compliqué en ce moment avec toutes les fermetures de boutiques. Après, c'est des grosses, grosses marques. On a pas mal de jeunes aussi qui ont fermé. Moi, je pense qu'il faut que ça reste, ça c'est sûr. Mais alors franchement, je ne sais pas. J'ai l'impression que ça se développe de plus en plus en province. C'est qu'à Paris, c'est plus compliqué. Mais comme ça l'a toujours été. Mais en discutant avec d'autres personnes qui avaient des boutiques, qui ont arrêté, qui ont fait de la vente en ligne, qui ont envie de retourner dans la boutique parce que c'est ce qu'ils préfèrent.
- Speaker #0
Moi j'y crois vachement. Je suis d'une nature super optimiste, mais je me dis, oui, les gens vont avoir besoin de retrouver de l'humain. Même on voit sur les ateliers, ils ont besoin de faire avec les mains. C'est bien tout ce cours en ligne pour apprendre à faire des choses, mais en fait... de rencontrer, de discuter. Ça change tout.
- Speaker #1
Il y aura toujours des boutiques.
- Speaker #0
Il y a des gens qui vont cartonner en ligne, c'est sûr. Moi, j'achète plein de trucs en ligne parce que je vais pas... Non mais j'ai pu aller chez Laura Merlin ou Ikea pour acheter trois trucs parce que je sais que je vais me faire avoir et que je vais repartir avec un panier plein de conneries. Et du coup, je me dis... Tant pis, je mets les 10 euros de frais de livraison, mais au moins, je les fais de mon lit. Mais par contre, ce rapport humain avec les... d'aller dans une boutique, je ne sais pas, je trouve que c'est important, je pense, de garder. Et puis, comme tu dis, Virginie, je pense qu'en province, il y a tous les hypercentres comme ça, Leclerc, tout ça, qui ont été développés. J'ai bon espoir que ça revienne en centre-ville et que les gens aient envie de retrouver des commerces de proximité. Après, il y a la conjoncture, la guerre, tout ça.
- Speaker #2
Oui, il y a des moments de tension. Mais intrinsèquement, c'est vrai que c'est des lieux dont je pense que les gens ont besoin. On est des êtres sociaux, on a besoin de contacts, de toucher, de voir. D'autant plus pour ces produits-là. C'est vrai qu'on a envie d'aller à notre boulangerie, qu'on doit aller à la boulangerie. C'est vrai que l'épicier... Tout ça, c'est des choses qui, dans la journée, sont importantes.
- Speaker #0
Oui, et puis d'avoir le conseil aussi, le regard de quelqu'un. Pareil, un livre. Je ne lis pas beaucoup, mais c'est vrai que j'aime bien aller en librairie. Je trouve que c'est chouette. On peut commander tout. Oui, on peut tout commander en ligne. Mais en fait, ce n'est pas pareil, je trouve. Tu n'as pas le conseil, tu n'as pas l'atmosphère du lieu. Pareil, le souvenir, le moment où tu as acheté l'acte d'achat. Je trouve que c'est fort. Moi, perso... acheter un livre dans la galerie. Désolée Leclerc, j'arrête pas de les citer, mais c'est déprimant. Se dire, allez, je compile tout, je fais la pharmacie, la librairie, les courses à temps. C'est trois années 90 pour moi.
- Speaker #2
Et donc, la fameuse question que j'ai dit que j'allais vous poser, c'est après toutes ces années d'aventure, est-ce que vous avez des conseils à transmettre ou à partager ?
- Speaker #0
Moi d'abord ? non mais oui je pense que c'est bien de faire un business model de réfléchir à un projet mais je pense qu'il faut être animé en profondeur, il faut vraiment qu'il y ait une étincelle très très profonde et se dire que l'aventure va être longue aussi parce que souvent j'ai l'impression que c'est des gens qui sont en CDI qui ont envie de changer de vie et je l'entends, c'est super mais en vrai c'est une aventure aussi c'est pas que Que de la joie, il y a des concessions à faire, il y a des stress. Et puis ça devient une partie hyper... Ça fait partie de ta vie, ça prend vraiment de la place. Et ça peut être compliqué par moments de se détacher et de se dire « Moi je pars au week-end » , comme quand on est en CD. On sent pas trop, ça fait chier, mais bon, tu pars au week-end, tu pars au week-end. Là, c'est pas pareil. Tu pars au week-end et pas de la même façon. Et puis par contre, il faut... S'il y a la moindre petite étincelle, go quoi. Moi, je trouve que c'est une aventure folle. Mais voilà, après, il y a plein de... Moi, c'est vrai que c'est avec Virginie, c'est ma sœur, il y a un truc fort, mais je pense qu'il y a plein de choses auxquelles il faut réfléchir, s'entourer, poser des questions. C'est ça,
- Speaker #1
on va dire s'entourer et s'entourer des bonnes personnes, que ce soit familiales, mais aussi comptables. Bien faire des recherches sur la Chambre du Commerce, par exemple. Et si vous avez le temps de prendre le temps, parce que nous, on n'a pas pris le temps, donc il doit y avoir des aides, je ne sais même pas dire. Il y a plein, plein, plein de choses. Bien réfléchir à ce que vous voulez faire et pas faire parce que c'est à la mode.
- Speaker #0
Oui. Et savoir quand même, mais ça, c'est vraiment Virginie qui peut en parler, mais que la partie administrative est énorme. C'est-à-dire que là, les gens sur Instagram, ils voient la partie plaisir. Même achat. En fait,
- Speaker #1
on a une amie qui a ouvert une boutique. Elle passe ses soirées, ses matinées à faire des achats. et à réceptionner la marchandise, etc. En fait, même, je conseillerais de faire un peu de vente dans une boutique pour savoir ce que c'est l'encaissement, la relation avec les clients, la relation avec les... Nous, on dit créateurs, mais fournisseurs.
- Speaker #0
Ranger la boutique. Ranger la boutique,
- Speaker #1
nettoyer la boutique.
- Speaker #0
Le quotidien.
- Speaker #1
Et qu'en fait, on est obligé d'ouvrir, en quelque sorte, on est obligé d'ouvrir une boutique.
- Speaker #0
Oui, on ne peut plus, on se dit... Une fois que c'est ça, en fait, c'était un peu ce que je disais quand on a fait la fête et tout le monde était là, on a ouvert la boutique. Donc... Et le lendemain, c'était OK, on est là, on a dit qu'on ouvrait à 11h. On est là à 11h et on est là jusqu'à 19h. Et on est encore là de 11h à 19h jusqu'à... Et c'est un peu ce qu'on dit aux clients. À chaque fois, ils nous disent, vous êtes là et tout. On dit, si vous ne nous voyez plus le week-end, c'est que là, on gagne vraiment des sous et qu'on est passé vraiment à autre chose. Mais en vrai, quand on est passionné, c'est même compliqué pour nous, des fois, de ne pas venir le week-end.
- Speaker #2
Oui, c'est souvent les retours qui sont faits. C'est dur en fait. C'est nos bébés.
- Speaker #0
Oui, complètement. C'est un bébé.
- Speaker #2
Est-ce qu'il y a des choses que vous auriez aimé dire ? Ou que vous n'avez pas eu l'occasion ? Des sujets que vous auriez aimé aborder ?
- Speaker #0
Non, c'est chouette. Merci d'ailleurs. Pour ce petit flashback que tu nous as fait revoyager dans le temps.
- Speaker #2
C'était avec plaisir. Merci beaucoup pour ce témoignage. C'est vrai que j'avais hâte de vous rencontrer et de savoir qui se cachait derrière ce clin d'œil.
- Speaker #0
Je vous souhaite plein de bonnes choses pour la suite.
- Speaker #2
Merci. Des belles rencontres, de la couleur.
- Speaker #0
Toi aussi. Des beaux projets.
- Speaker #2
Merci. J'espère à bientôt.
- Speaker #0
Oui, à très bientôt. Merci beaucoup.
- Speaker #2
Merci.
- Speaker #1
Et voilà, j'espère que cette dernière interview de la saison vous a plu et inspiré. Merci pour votre écoute fidèle depuis le lancement de l'arrière-boutique en janvier dernier.
- Speaker #2
Merci pour vos précieux retours et vos encouragements. J'ai adoré rencontrer toutes ces personnes inspirantes et vous partager mes tips. Maintenant, classe au repos et à la préparation de la prochaine saison qui reprendra en septembre. Si vous souhaitez soutenir l'arrière-boutique, vous pouvez laisser 5 étoiles sur votre plateforme d'écoute préférée et les partager à celles et ceux que ça pourrait intéresser. Je vous souhaite à toutes et à tous un magnifique été. A bientôt !