Speaker #0Bonjour et bienvenue sur l'arrière boutique, le podcast qui vous invite dans les coulisses de l'expérience retail. Je suis Audrey Gallier, consultante dans les domaines du retail, de l'entrepreneuriat et du développement de marques. Après dix années passionnantes à créer et développer mes boutiques, j'ai envie aujourd'hui de transmettre mon expérience mais aussi celle de mes invités. Pour cela, je reçois dans ce podcast des personnes inspirantes qui vous ouvrent les portes de leurs boutiques pour vous raconter leurs aventures. Je vous livre aussi dans des épisodes boîte à outils, des pensées et astuces pour vous motiver et vous aider dans vos projets retail. Très bonne écoute ! Bonjour tout le monde et bienvenue dans cet épisode boîte à outils, épisode au format court dans lequel je partage mon expérience, mes tips, mes pensées pour vous motiver et vous aider dans vos projets. Ici, pas de recette magique, car chaque projet, chaque entrepreneur et entrepreneuse Être différent et unique. Mon objectif ? Vous inspirer, vous faire réfléchir et surtout vous aider à passer à l'action. Ouvrir une boutique, c'est un rêve pour beaucoup. Avoir un lieu à soi, y créer une ambiance, choisir une sélection avec soin, construire un endroit qui nous ressemble et y recevoir les gens pour leur présenter son univers, sa marque, son regard. Et je suis vraiment la dernière personne pour vous dire que c'est une mauvaise idée. Je comprends ce rêve, je l'ai vécu pendant 10 ans. Je sais à quel point c'est fort de se dire, ça y est, j'ai mon lieu. Mais mon rôle ici, c'est aussi de vous parler de ce qu'on voit moins. C'est un peu tout l'esprit derrière boutique après tout, c'est pour ça que j'ai eu envie de faire ce podcast. C'était de raconter ce qu'il se passe derrière la vitrine. Et ce que je vois souvent, c'est qu'un rêve peut devenir compliqué quand on s'y lance sans vraie préparation. On romantise beaucoup le commerce, on imagine les clients qui rentrent, les échanges chaleureux, la créativité, la liberté, l'indépendance. Et oui, heureusement, tout ça existe. Mais il y a aussi le loyer qui tombe chaque mois, les charges fixes, le stock qui... immobilise votre trésorerie, les journées très calmes, très très calmes parfois, la fatigue et aussi la gestion humaine qui demande beaucoup beaucoup d'énergie. Ce rêve, en réalité, il a une vraie utilité. Ça va vous mettre en mouvement, ça va vous donner de l'élan pour faire des choses que vous ne feriez peut-être pas autrement. Parfois même, je trouve que le fait de ne pas tout mesurer, d'être un peu naïf au départ, ça va aider à se lancer. Parce qu'on ne se pose pas trop de questions et on avance parce qu'on est vraiment porté par cet élan, par ce rêve. Mais à lui seul, ce rêve ne fera pas tourner un commerce. Aimer un univers, ça ne garantit pas qu'il y aura un marché suffisant. Aimer un produit ne garantit pas qu'il va se vendre. Et aimer l'idée d'un lieu ne garantit pas qu'il va être rentable. Et il y a un autre point qu'on oublie souvent, c'est qu'aujourd'hui, ouvrir une boutique, ce n'est plus une obligation pour vendre. Donc c'est vraiment un choix. On peut vendre en ligne, on peut vendre via les réseaux sociaux, travailler avec des partenaires, on peut aussi tester des formats plus légers comme les pop-up. Donc si vous choisissez d'ouvrir un lieu permanent, il faut vraiment que ce soit réfléchi. Se poser des questions comme pourquoi ce canal là ? Quel rôle va jouer cette boutique dans mon entreprise ? Est-ce que c'est mon canal principal d'ailleurs ? Est-ce que c'est un outil d'image ? Un levier pour créer du lien avec ma communauté ? Est-ce que c'est l'extension logique d'une activité qui fonctionne déjà ou une création pure ? Vraiment une boutique c'est pas une fin en soi. Il ne faut pas hésiter à le voir comme un outil au service d'un projet large. Et je crois sincèrement que le piège arrive quand on confond le désir d'avoir son espace avec la stratégie globale de son entreprise. Le premier piège, ça va être de se dire « si j'aime, d'autres aimeront » . Alors parfois oui, ça peut marcher, surtout qu'on va être tellement engagé, tellement passionné que ça peut embarquer les gens. Mais attention, le marché ça fonctionne à la rencontre entre une offre qui est claire et une demande qui est réelle. Donc il faut s'assurer qu'il y a un besoin à l'endroit où vous allez vouloir vous installer pour ce que vous allez proposer. Le deuxième piège, c'est de se dire « j'ouvre et je m'organise après » . Parce qu'une boutique ça va engager beaucoup beaucoup plus qu'un site internet. On ne va pas pouvoir ajuster tout aussi facilement. Un proviseur peut donc vous coûter assez cher, à la fois financièrement mais aussi mentalement. Et le troisième piège selon moi, c'est de croire que le lieu va régler des choses qui ne sont pas claires au départ. Parce qu'en fait, ce lieu, il va amplifier ce qui existe déjà. Il ne va pas créer une demande à partir de rien. Si votre clientèle n'est pas identifiée, le lieu ne la fera pas apparaître par magie non plus. On entend souvent que le commerce est risqué, que le contexte est difficile, que tout passe par le digital aujourd'hui. Alors oui... Je pense que c'est plus exigeant qu'avant, ça demande beaucoup de rigueur, mais je vois aussi des boutiques ouvrir aujourd'hui dans des contextes qu'on pourrait qualifier de compliqués, et pourtant qui fonctionnent très bien, vraiment très bien. Rassurez-vous, le commerce aujourd'hui, il y a de l'espoir. Ces personnes-là, ce n'est pas parce qu'elles ont des moyens démesurés, ce n'est pas parce qu'elles ont l'emplacement parfait, mais parce qu'elles ont travaillé leur offre, elles connaissent leur clientèle, elles ont réfléchi à la place précise que la boutique prenait dans leur modèle économique, elles ont aussi réfléchi à toute la structure financière de la boîte pour ne pas se mettre en fragilité. Parce qu'évidemment, au début, ça peut prendre un peu de temps à se lancer, donc ça, il faut l'anticiper. Donc la différence, ça va pas être uniquement le contexte, mais aussi beaucoup la préparation. Comme dans toutes les boîtes à outils, j'aime bien ramener un peu de concret à tout ça. Donc, avant d'ouvrir votre boutique, si jamais c'est un projet, et d'ailleurs même pour des boutiques éphémères, c'est toujours intéressant, posez-vous cinq questions très concrètes. La première, c'est est-ce que j'ai formalisé mon projet à noir sur blanc ? Mon offre, mon positionnement, ma proposition de valeur. Ensuite, est-ce que j'ai validé qu'il existe une demande réelle pour ce que je veux proposer ? à l'endroit où je vais m'installer. Autre question qu'il faut se poser, est-ce que j'ai fait des prévisions financières sur au moins 12 mois avec une vision claire de mes charges fixes et de ma trésorerie ? Et vraiment, ça, il ne faut pas passer à côté. Quatrième question, est-ce que je sais précisément tout ce que je dois préparer avant l'ouverture ? Tout ce qui est administratif, financement, je le disais avant, le local, les fournisseurs, les normes, la communication, l'équipe. Et enfin, est-ce que j'ai une vue d'ensemble du projet ou est-ce que j'avance vraiment par petits morceaux ? Parce que l'ouverture d'une boutique, ce n'est pas une seule grande décision, ça va être une succession de petites décisions stratégiques. C'est d'ailleurs pour ça que j'ai créé une checklist d'ouverture très détaillée, organisée par grandes thématiques. Le projet, le business plan, le financement, le cadre légal, le local commercial, l'assortiment, l'aménagement, les équipes, la communication et l'ouverture. Je l'ai construite à partir de mon expérience et des projets que j'accompagne pour éviter justement les oublis qui peuvent coûter cher. Si vous êtes en phase de réflexion sérieuse, ça peut vous aider à structurer. Si ça vous intéresse, vous pouvez la trouver sur le site dans la rubrique boutique. Mais au-delà de cet outil, ce que je veux vous dire aujourd'hui c'est simple, c'est que si vous rêvez d'ouvrir une boutique, ne vous censurez pas, mais attention à ne pas se précipiter non plus. Il faut vraiment prendre ce rêve au sérieux, et faire taire les petites voix qui vont vous dire que c'est impossible, mais travaillez, travaillez ce projet, posez-vous les bonnes questions. Et quand envie, rêve et stratégie sont alignés, là ça peut vraiment devenir une très très belle aventure. J'espère que cet épisode vous a plu et vous servira. Je vous dis à dans deux semaines pour un épisode interview. Ciao !