- Speaker #0
Bonjour et bienvenue sur L'Arrière Boutique, le podcast qui vous invite dans les coulisses de l'expérience retail. Je suis Audrey Gallier, consultante dans les domaines du retail, de l'entrepreneuriat et du développement de marques. Après dix années passionnantes à créer et développer mes boutiques, j'ai envie aujourd'hui de transmettre mon expérience mais aussi celle de mes invités. Pour cela, je reçois dans ce podcast des personnes inspirantes qui vous ouvrent les portes de leurs boutiques pour vous raconter leurs aventures. Je vous livre aussi dans des épisodes boîte à outils, des pensées et astuces pour vous motiver et vous aider dans vos projets retail. Très bonne écoute ! Aujourd'hui, je vous emmène à Limoges à la rencontre d'Agnès, fondatrice de la marque Les Obépines. Agnès a exercé pendant près de 20 ans comme infirmière, avant d'entamer, il y a 5 ans, une reconversion vers la bijouterie. Un chemin long et intérieur, fait de doutes, de déclics et de rencontres décisives. Un parcours marqué par un rapport très fort au geste et à l'humain, déjà présent dans son métier d'infirmière, et par ce long chemin pour s'autoriser à faire de la création un véritable projet professionnel. Vous allez l'entendre, avec Agnès on se connaît bien. On s'est rencontré avant l'ouverture de la boutique, à un moment où elle était en train de structurer son projet et elle ressentait le besoin d'être accompagnée. Depuis, on travaille ensemble et je suis très honorée d'avoir été invitée dans cette aventure, que j'aime beaucoup, aux côtés d'une artisane aussi talentueuse. Après avoir commencé seule dans un atelier à domicile, elle a ouvert sa boutique en novembre 2024. Une boutique-atelier pensée comme un lieu de rencontre, d'écoute, de transmission, où le bijou devient un prétexte pour raconter des histoires, accompagner des moments de vie et créer du lien. Dans cet épisode, on va parler de ce que ça implique vraiment de devenir à la fois artisane et commerçante, le rythme intense, les multiples casquettes, les arbitrages permanents, la difficulté de tout mener de front sans s'épuiser, mais aussi cette sensation précieuse de se sentir à sa place. On parlera du temps long de l'artisanat, de la réalité des premières années d'activité, de la charge mentale, du regard des autres, de la nécessité d'aller chercher de l'aide. On parlera aussi de l'ouverture d'une boutique, de la force d'une implantation locale et de ce que peut encore apporter un lieu physique dans un monde de plus en plus dématérialisé. Un échange sincère et profondément humain autour de l'entrepreneuriat, de l'artisanat, du commerce et de tout ce que ça implique quand on est passionné, qu'on porte une vision, avec ses joies comme ses difficultés. Bonne écoute ! Salut Agnès !
- Speaker #1
Salut Audrey !
- Speaker #0
Comment vas-tu ?
- Speaker #1
Bah écoute, ça va, je suis hyper touchée, un peu émue aussi d'être là avec toi, parce que ça fait un petit moment qu'on partage des choses ensemble maintenant, donc... Ouais,
- Speaker #0
ouais, ouais, on travaille ensemble, j'ai la chance de pouvoir t'accompagner dans ton aventure des obépines, donc je connais déjà plein de choses, mais je pense que je vais découvrir plein de trucs aussi pendant cet échange.
- Speaker #1
Je vais t'apporter tous mes secrets encore.
- Speaker #0
Je vais tout savoir ! Alors peut-être que pour commencer tu peux te présenter, qui es-tu Agnès et me parler aussi des eubépines.
- Speaker #1
Ok, avec plaisir, je m'appelle Agnès Nico, je suis effectivement créatrice de bijoux, alors pas que des bijoux, je crée aussi des objets dans un univers que je qualifierais de poétique. Et cette activité, je suis installée à Limoges, j'ai ouvert une boutique il y a un peu plus d'un an. Et cette activité, elle fait suite à une reconversion parce que pendant presque 20 ans, j'ai été infirmière. J'ai été spécialisée en bloc opératoire. Et voilà, j'ai eu la volonté de changer de trajectoire il y a 5 ans maintenant. Oui, c'est ça, 5 ans, la reconversion, elle a pris effet pendant le Covid en fait.
- Speaker #0
D'accord, ok. Et donc les ovépines, si tu nous en dis un peu plus aujourd'hui, qu'est-ce que c'est ?
- Speaker #1
Alors les ovépines, c'est une... Une petite entreprise, je suis seule aux commandes et depuis le mois de septembre j'accueille Hélène, qui est alternante et qui m'aide en production. Ça a été d'abord des événements éphémères, puis j'ai fait partie d'un collectif à Limoges. En même temps j'ai développé le site internet, j'ai essayé de développer la vente en ligne, avec toutes les difficultés que ça a. ça engendre et puis donc il y a eu l'ouverture de cette boutique novembre 2024 et du coup la volonté de proposer du bijou c'est si on parle un peu plus profondément c'est d'aller à la rencontre des gens en fait par le biais de mes objets et c'est vrai que le bijou il a cette particularité du coup de s'inscrire presque intimement dans l'histoire des gens Et voilà, c'est vraiment ce qui m'anime aujourd'hui. Alors avec la vente en plus, maintenant, il y a tout cet aspect relationnel qui est très présent et que je n'ai pas eu les deux premières années d'activité parce qu'au départ, mon atelier était à domicile. D'accord. C'était à la fois bien parce que je pense que quand il y a eu ce projet de reconversion, j'ai vraiment eu besoin de me mettre dans une espèce de bulle. presque à l'écart du monde, en fait, pour mûrir ce projet, pour aller chercher en moi aussi tout l'aspect créatif et très singulier que peut avoir une proposition dans la création. Enfin, je pense qu'il faut vraiment aller chercher quelque chose de très profond en soi, quand on se lance dans la création. Et le fait de me mettre à distance comme ça dans mon atelier à domicile, ça a été porteur et j'ai trouvé ça... super à plein de niveaux, mais effectivement, au bout de deux ans, j'ai rencontré aussi les limites d'avoir son activité professionnelle au cœur de sa maison, avec la famille qui gravite autour, des difficultés à mettre des barrières entre la vie pro et la vie perso. Et du coup, j'ai un peu l'impression de revivre depuis que j'ai la boutique et de me réouvrir au monde. De faire plein de rencontres, forcément, parce que c'est vrai que le commerce est propice à ça. Et j'adore ça. En fait, j'adore le relationnel. J'ai vraiment énormément de plaisir à accueillir les gens. Et ce n'est pas juste vendre des objets. C'est le plaisir d'accueillir, de faire en sorte que les gens se sentent super bien. Et en fait, c'est presque... accompagner des histoires de vie. C'est un peu... Dit comme ça, ça peut paraître un peu bizarre, mais il y a vraiment des gens qui... C'est vrai que le bijou, il a vraiment cette caractéristique d'accompagner une tranche de vie. Oui,
- Speaker #0
tu les portes à des moments importants, tu les offres pour des occasions.
- Speaker #1
Tu les offres, tu les transmets aussi. Ça peut même être plusieurs générations. Le fait d'être proche comme ça de l'autre, finalement, je trouve ça vraiment passionnant. C'est vraiment ce qui me fait vibrer. Du coup, j'ai vraiment l'impression d'être à ma place. Et je trouve qu'il y a presque un lien à faire avec mon ancien métier.
- Speaker #0
Oui, parce que là, tu nous as fait un petit raccourci de ces dernières années avec le changement d'activité, l'ouverture de la boutique il y a un peu plus d'un an. Mais comment est-ce qu'on passe d'infirmière à bijoutière ? Il y a tout un savoir-faire à apprendre. Et puis, qu'est-ce qui s'est passé dans ta tête ? À quel moment tu t'es dit, j'ai envie de faire ça ? Est-ce que tu étais déjà créative à côté ? Est-ce que c'était un passant ? Quelque chose, un loisir que tu faisais ? Ou pas ? Qu'est-ce qui s'est passé à ce moment-là ? Parce que là, dit comme ça, ça a l'air simple. Oh bon, je vais passer de... Mais j'imagine que ça a été tout un parcours compliqué. J'aimerais bien en savoir plus.
- Speaker #1
C'est loin d'être simple et c'est un vrai cheminement qui a débuté, qui a toujours été là en fait. Quand j'étais petite, le choix c'était, je voulais être soit ébéniste, soit infirmière. Je me suis dirigée vers l'infirmière au départ, mais j'ai toujours eu ce truc très manuel. Mon père est super bricoleur, il a un atelier incroyable, donc je passais pas mal de temps. à observer, enfin j'ai baigné là-dedans en fait, donc se servir de ses mains ça a toujours fait partie de ma vie, j'ai touché un peu à tout, j'ai fait de la couture, j'ai fait du dessin, j'ai exploré pas mal de choses, mais sans jamais conscientiser le fait que ça pouvait devenir quelque chose de sérieux, et en fait je pense que ça a vraiment, ça s'est accentué pendant mes grossesses, j'ai eu deux grossesses, et c'est un peu des bulles aussi ces grossesses où... En fait, on t'octroie un peu le temps, le droit de prendre du temps pour toi et de tout trouver un peu face à toi-même. Et alors, dans ces moments-là, c'est ressurgi puissance mille. Je passais des soirées entières. Je me rappelle, je me couchais à 3h du mat. Pour faire des bijoux, au départ, j'ai commencé par l'assemblage. J'achetais des apprêts que j'assemblais. Et puis, j'ai commencé à offrir. et puis de fil en aiguille à vendre aux copines qui était demandeuse d'organiser des petites ventes et puis je me suis fait repérer par une boutique qui m'a proposé de vendre des créations donc j'avais même pas de statut à l'époque donc ça se faisait vraiment comme ça Et puis, arrivé un moment, je n'arrivais plus du tout à conjuguer ma vie d'infirmière. J'avais des astreintes en plus, comme j'étais au post-opératoire. Je bossais la nuit, le jour, les enfants. Donc, j'ai tout laissé tomber. Mais c'était quand même là. Et à chaque fois que j'avais un coup de mou dans mon métier d'infirmière, où je me disais que je ne vais pas réussir à continuer comme ça toute une carrière, ce n'est pas possible. C'est un métier qui est hyper beau, mais hyper prenant. On le sait, on en parle beaucoup dans l'actualité, mais ce n'est pas une légende émotionnellement et physiquement aussi, c'est très dur. Donc à chaque fois que j'étais un peu en dinde comme ça, j'avais cette envie d'aller vers ce truc qui ressurgissait. Et au cours des journées européennes des métiers d'art, donc ça, ça devait être il y a une dizaine d'années, peut-être plus maintenant, j'ai eu l'occasion de visiter l'atelier d'un artisan bijoutier. qui était en fin de carrière à Limoges. Donc, j'ai été le voir. Et on a passé, je pense, trois heures ensemble. Ouais, OK. Et là, j'ai senti qu'il se passait vraiment un truc. Enfin, tu...
- Speaker #0
C'est la rencontre qui t'a fait basculer.
- Speaker #1
Bah oui, ça vibre en toi. Je suis ressortie de là. J'avais des étoiles plein les yeux.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Je me suis dit, c'est merveilleux, quoi.
- Speaker #0
Ouais, c'était physique aussi. Tu ressentais au fond de toi qu'il y avait un truc, quoi.
- Speaker #1
Il y avait un truc. Mais alors, par contre, j'étais complètement bloquée dans... Je ne m'autorisais pas du tout à me dire que c'était envisageable. J'ai vraiment été éduquée dans un truc où la sécurité, c'est hyper important. Une expérience entrepreneuriale dans ma famille, en plus, pas évidente. Donc, vraiment, il y a eu un gros frein à aller vers un métier déjà d'indépendant, même si on peut être du routier sans être indépendant. Et puis... Et puis oui, des grosses barrières en fait, picotiques, ce qui veut dire que ce n'était pas impossible.
- Speaker #0
Et puis ça faisait déjà 20 ans que tu étais infirmière, c'est ça ?
- Speaker #1
Ça ne faisait pas tout à fait 20 ans, ça faisait entre 12 et 15 ans, on va dire.
- Speaker #0
Ok, donc ça faisait longtemps que tu étais dans ce parcours-là.
- Speaker #1
Et puis dans un métier très... Enfin, au bloc opératoire, être infirmière en bloc, c'est hyper... Comment dire ? Hyper cadré, hyper procédurier, hyper... on sait où on va, il n'y a pas d'imprévu. Tu peux toujours avoir des situations d'urgence où tu dois faire preuve d'adaptabilité, mais en tout cas, tu es quand même dans un truc très sécuritaire. Il y a tout le temps un médecin à côté de toi. C'était un gap énorme, une marche énorme à franchir, de se dire que je ne suis pas connue totale. Je ne sais pas ce qui va se passer.
- Speaker #0
Avec un entourage qui était plutôt effrayé, qui n'avait pas l'habitude de ça.
- Speaker #1
Alors un entourage frileux du côté de mes parents, etc. Mais par contre, mon conjoint a toujours eu un rôle déterminant. Mais vraiment, je n'en serais pas là où je suis s'il n'avait pas été comme il a été. Et lui, par contre, il m'a poussée dans cette voie-là. Il m'a dit, écoute-toi, et tu vois bien que ce n'est plus possible. J'étais arrivée à un moment dans mon ancienne profession où ça ne m'allait plus. Il fallait que ça bouge.
- Speaker #0
Ça n'allait plus et tu avais fait cette rencontre où tu te disais, c'est une voie que j'ai envie de prendre.
- Speaker #1
Oui, en fait, je te dis, à chaque fois que ça n'allait pas bien, j'ai cette envie qui revisait sur moi et qui prenait de plus en plus de place. Donc, j'ai eu la chance à un moment dans mon parcours d'avoir une rupture conventionnelle, ce qui n'est pas si fréquent chez des infirmières. Et je me suis dit, c'est un signe du destin. Je saisis l'occasion et puis advienne que pourra, avec quand même l'énorme chance qu'a cette profession. Je sais que si demain, j'ai besoin, pour x ou y raison, de reprendre un emploi d'infirmière...
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #1
tu sais qu'il y aura du travail. J'ai plusieurs casquettes parce que dans mon parcours, je n'ai pas fait que du bloc opératoire. J'ai plusieurs diplômes qui m'ouvrent encore plus de portes. D'accord. Voilà.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
C'est quand même une sécurité qui m'a aussi encouragée à passer à l'action. Et puis oui, j'ai cheminé pendant plusieurs années. Je me suis aussi faite accompagner psychologiquement pour travailler sur mes limites, mes freins. Et puis il y a un moment, c'était parti.
- Speaker #0
Tu t'es lancée.
- Speaker #1
Je me suis lancée. Je me suis lancée. La première pierre à l'édifice, ça a été de construire l'atelier.
- Speaker #0
il y avait une pièce vacante et en coup de chance il y avait encore de la terre battue au sol c'est un peu une belle métaphore aussi du truc de se dire tu te crées la pièce où tu vas développer cette activité c'est quelque chose que tu ouvres en toi une possibilité et
- Speaker #1
tu vas créer aussi sur la terre battue tout de suite ça a matérialisé quelque chose dans le cours c'est une pièce ça va être maintenant mon métier et mon avenir Oui. C'était hyper fort aussi ce temps de l'aménagement de l'atelier. La chance que j'ai eue aussi, c'est qu'en bijouterie, tu peux commencer à pratiquer sans avoir un investissement financier incroyable comme peut l'être, je pense à menuiser par exemple. Oui, c'est des gros investissements. Là, tu as quand même pas mal d'outillages. Moi, j'ai pas mal d'outillages parce que j'adore l'outillage et que je me fais plaisir. Mais tu peux finalement avec... une mallette de base, un moteur suspendu, un établi et un chalumeau. Déjà avec ce petit panel d'outils, tu peux te lancer. Donc à moindre frais, il y a plein de gens qui commencent comme ça dans leur salon.
- Speaker #0
Mais à ce moment-là, tu étais déjà un peu formée par le monsieur que tu as rencontré ?
- Speaker #1
Pas du tout.
- Speaker #0
Non.
- Speaker #1
Par contre, en fait, la première étape, ça a été... de revenir le voir, de lui dire effectivement, voilà ce qui se passe, est-ce que vous acceptez de me former ? Et avec un grand sourire, il n'a même pas réfléchi. Donc, il était à la retraite à ce moment-là. Il me dit, avec plaisir, OK, c'est parti. Et en parallèle, j'ai suivi une formation en ligne avec une bijoutière canadienne. Et le complément des deux a été hyper formateur. Et du coup, voilà, avec ce monsieur, on a passé des après-midi entiers à refaire le monde dans son atelier, qui a repris vie. On était super contentes. Vraiment un échange de bons procédés. Moi, je lui tenais compagnie.
- Speaker #0
Oui, puis cette sensation de se dire, en fait, tout ce que j'ai appris durant ma vie, je vais pouvoir le transmettre à quelqu'un. Enfin, tu vois, ce passage de témoin, je pense que c'est... C'est un truc assez universel. On a tous envie de se dire, tu peux... Enfin, je ne sais pas si on a tous envie de ça, mais transmettre, quoi. Apprendre à quelqu'un qui va prendre la suite et qui va à sa manière continuer, quoi.
- Speaker #1
Oui, oui, c'est hyper fort et ça fait partie de l'aventure. Alors, je parle d'aventure, parce que c'est ce que je connais, mais c'est vrai que cette notion de transmission, elle est hyper forte, effectivement. Et quand on a quelqu'un de réceptif en face... enfin dans les deux sens d'ailleurs encore une fois ça crée des liens relationnels hyper puissants et c'est très beau quoi et en plus avec cette différence générationnelle parce qu'il a 80 ans passé donc c'est aussi un autre regard sur le monde une nouvelle génération et par ailleurs il a été, je crois que au delà de ce qu'il a pu me transmettre techniquement le plus le plus La chose la plus belle qu'il ait pu m'offrir, c'était une vision sur mon projet. Moi, j'étais pétrifiée. On était en plein Covid. Ah oui, donc t'étais en plein Covid. Mais qu'est-ce que j'ai fait ? Où est-ce que je devais ? J'étais élue. Oui,
- Speaker #0
t'as plus de repères. Déjà, personne n'avait eu de repères. Mais en plus, toi, tu rebasculais un peu tout au monde.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Pas du tout sûre de moi. Et lui, il m'a dit... Mais sache que c'est dans les moments de crise qu'il y a les plus belles choses à faire et que les plus beaux projets peuvent émerger. Justement, contrairement à ce que tu crois, c'est maintenant que tu vas pouvoir sortir ton épingle du jeu. Oui,
- Speaker #0
il a eu ce rôle aussi de t'aider sur la vie.
- Speaker #1
Il avait l'expérience, il avait le regard. Je suis très reconnaissante de ça parce que ça m'a... permis d'avancer et puis il a cru en moi et voilà j'avais besoin de ça en fait,
- Speaker #0
de cette impulsion oui donc ça,
- Speaker #1
ça a duré je dirais quelques mois peut-être dix mois pas tout à fait, bon il m'a transmis ce qu'il pouvait me transmettre en si peu de temps mais en tout cas de quoi commencer et d'accord,
- Speaker #0
en parallèle de ça t'avais créé une société ou t'as attendu d'être renformée tu t'es concentrée sur la formation non je me suis
- Speaker #1
Je me suis vraiment concentrée sur l'apprentissage. Et puis en parallèle, c'est ce que je disais, ça a été une vraie introspection pour aller chercher ce que j'avais envie de transmettre dans la création, en fait. Écouter ma sensibilité et pourquoi j'étais allée vers ce domaine hyper créatif. Parce que moi, ce qui m'intéresse dans la bijouterie, ce n'est pas du tout la bijouterie traditionnelle, entre guillemets. Le bijoutier qui remet une bague à taille, qui va faire de la réparation du joueur ancien ou de la transformation. Ce n'est pas du tout ça, moi, c'est vraiment l'aspect. création. Finalement, la bijouterie est presque un outil au service de la création. Ça pourrait être la création dans plein d'autres domaines. Il se trouve que c'est le bijou. Oui,
- Speaker #0
et tu l'as pas trop spécifié, mais tu fais aussi de la sculpture.
- Speaker #1
Oui, voilà. Donc ça, c'est un autre aspect de mon travail parce que j'ai vachement oscillé entre l'objet et le bijou. D'ailleurs, la première pièce que j'ai créée avec le... Le bijoutier, c'était un objet. Je me suis dit, waouh, c'est génial. Donc là, c'était un objet qui avait une fonction, c'était une petite pelle pour rabasser la poussière sur l'établi. Mais vraiment quelque chose de traditionnel dans le métier de la bijouterie. L'objet fonctionnel, pas forcément, mais le fait d'avoir quelque chose à plus grande échelle que le bijou, j'ai trouvé ça génial. Du coup, je me suis vraiment posé la question, est-ce que je pars sur l'objet, même la dînerie, ou est-ce que je reste dans le bijou ? En fait, je n'ai pas réussi à choisir, donc j'ai fait un compromis des deux. Du coup, je propose des sculptures végétales ou animales qui mêlent aussi le biscuit de porcelaine. donc effectivement j'habite Limoges et j'avais vraiment envie qu'il y ait ce clin d'oeil à mes origines c'est un savoir-faire qui est hyper beau et je suis super contente d'avoir opté pour ce matériau dans mon univers et donc du coup je mélange les deux matériaux et j'ai aussi cet aspect création d'objet qui vient compléter mais qui finalement se lie très bien aux bijoux puisque En fait, dans ma façon de procéder, les sculptures animales sont le point de départ des collections de bijoux. Il y a un lien à chaque fois. Et elles me permettent de raconter les collections. Donc, c'est hyper chouette d'avoir des histoires. C'est tout un univers.
- Speaker #0
Chaque collection, il y a un petit récit. Oui,
- Speaker #1
c'est ça. Et ça, j'adore. Déjà, ça me structure. Et puis, en plus... ça permet de transmettre des idées, des émotions, des histoires aux clients,
- Speaker #0
de se plonger dans une nouvelle page des ovépines.
- Speaker #1
Oui, et puis il y a des gens qui sont vraiment très réceptifs à ça, d'autres pas du tout, qui sont très focus-objet. Il y a des gens qui sont extrêmement sensibles à tout ça. Par exemple, l'autre jour, j'ai eu une dame, c'est extrêmement touchant, Elle traverse une phase hyper difficile. Elle traverse une phase de burn-out, en fait. Et elle est venue me voir à la boutique et elle me dit que c'est la première fois que j'arrive à mettre le pied hors de chez moi. Et j'avais vraiment à cœur de venir vous voir et acheter un bijou de la gamme L'Envolé. Donc L'Envolé, c'est un scarabée qui déploie ses ailes pour prendre son envol et s'appliquer. Et la symbolique de...
- Speaker #0
Ouais, c'est fou. C'est fou de se dire que t'as des gens qui...
- Speaker #1
Ouais ! Enfin,
- Speaker #0
que tes bijoux peuvent avoir aussi cette dimension-là, hyper symbolique pour les gens, les accompagner. En fait, on revient à ce que tu disais au début, c'est accompagner les gens.
- Speaker #1
Exact.
- Speaker #0
C'est des expériences de vie. C'est un mélange de tout ça. C'est quand t'as une marque et aussi beaucoup une boutique, parce que du coup, t'es en direct. Et tu te prends aussi toutes ces rencontres un peu de pleine face. Tu ressens ce que tes clients peuvent ressentir, tu ressens ce que tes produits, tes bijoux, en l'occurrence, peuvent leur apporter. Et c'est hyper fort, quoi.
- Speaker #1
C'est hyper fort. Et en plus, j'ai pas parlé de cet aspect-là aussi. Quand j'étais en reconversion, j'ai fait une formation d'accompagnement à l'entrepreneuriat spécifique aux métiers d'art. Et dans toute cette formation qui m'a été... je me dis mais heureusement que j'ai fait ça parce que je n'y compte absolument rien pendant 4 mois ça balaye tous les aspects et il y a un gros focus sur l'identité de marque et travailler son pourquoi alors je sais pas ça parle peut-être pas aux gens c'est un discours qui paraît un peu marketing mais ça l'est d'ailleurs mais c'est hyper important je trouve
- Speaker #0
Moi je ne trouve pas ça si marketing que ça.
- Speaker #1
Parce que quand tu es dans le down,
- Speaker #0
quand c'est dur, et c'est dur souvent quand on entreprend, c'est quand tu sais pourquoi tu le fais que ça t'aide à continuer. Si jamais tu as un vrai truc fort derrière qui t'anime dans la construction de cette entreprise, quand tu connais ton pourquoi qui l'éclaire, tu peux t'y raccrocher. C'est une bouée aussi quand ça ne va pas.
- Speaker #1
Ouais, et puis, alors, je dis marketing parce que c'est effectivement un outil marketing, mais attention, le marketing, enfin, je pense que pour pas mal de gens, enfin, en tout cas, dans mon entourage d'artisans, c'est un mot qui est un peu perçu comme...
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Enfin, c'est assez péjoratif, quoi.
- Speaker #0
Oui, oui, oui, parce que ça peut être tel marketing où t'as l'impression qu'en fait, c'est du... t'envoies de la poudre aux yeux aux gens pour essayer juste de les convaincre qu'il faut qu'ils désirent ce produit pour qu'ils l'achètent.
- Speaker #1
Exactement. Et alors qu'en fait, c'est un super outil. qui utilisé subtilement et intelligemment peut devenir hyper puissant. Oui,
- Speaker #0
parce que ça permet de connecter aux gens en fait.
- Speaker #1
Ça permet d'avoir un certain cadre aussi. Et effectivement, c'est ce que tu disais, même par rapport à soi-même, même quand tu as des décisions à prendre finalement. Oui,
- Speaker #0
ça permet d'arbitrer.
- Speaker #1
Parce qu'en fait, tu n'as pas envie de tout faire. Ce cadre-là, ça te permet d'être dans un... une certaine logique. Et donc, pour en revenir au pourquoi, je me rappelle que quand je travaillais le pourquoi, j'ai tout de suite identifié que moi, j'avais ce truc en tant qu'infirmière d'être très proche des gens, amener une forme de douceur. Tu parlais d'accompagnement, c'était ça aussi. C'était quelque chose que je voulais réussir à transmettre. par le biais des bijoux et de la marque. Et voilà, cette personne, qui franchit le pas de la boutique et qui me dit ça, j'étais hyper émue et touchée. C'est un accomplissement aussi de se dire que j'ai réussi quelque chose à ce niveau-là. C'est-à-dire que ce que j'ai voulu transmettre est reçu. Et même l'environnement de la boutique, j'ai vraiment eu à cœur de mettre... toutes mes valeurs de transmettre tout ce que je transmets aussi dans mon univers créatif dans le bijou et dans l'objet dans un lieu et c'est un retour qu'on fait très très souvent les gens me disent c'est hyper apaisant,
- Speaker #0
hyper doux et tu penses que ça t'as réussi à le faire parce que justement t'avais fait ce travail en amont de travailler sur L'image de Marc sur le pourquoi, sur tes valeurs, ou tu penses que ça serait quand même venu ?
- Speaker #1
Je pense que ça a été vraiment indispensable de faire ce travail. Et il me sert tous les jours et j'ai envie de dire que c'est la base finalement.
- Speaker #0
Oui, c'est le socle de tout. Quand tu te retrouves à devoir faire des choix entre tout un tas d'événements pour ton année, c'est ça qui va être la boussole et qui va dire attends, en fait... Je me connais, j'ai envie de faire plein de trucs, comme tous les entrepreneurs, où il y a genre mille idées à la seconde. Mais je ne peux pas tout faire. Et donc, je choisis aussi en fonction de ça.
- Speaker #1
Exactement. Et puis, ça se répercute dans tous les domaines. Je m'as la communication, jusqu'au graphisme de la marque. C'est très, très large. Dans la façon de parler, dans les couleurs employées. Après, ça ne veut pas dire que c'est fermé, que ça ne peut pas évoluer à un moment. En tout cas, ça donne...
- Speaker #0
Ça donne une tonalité, en fait.
- Speaker #1
C'est exactement ça.
- Speaker #0
Une profondeur à la marque qui fait que tu as une cohérence dans tout ce que tu fais parce que tu tournes autour de ce noyau dur que tu as verbalisé, que tu as écrit, que tu as décidé. Les eaux bépines, ce sera ça. Mon objectif, c'est ça et c'est de le faire de cette façon-là. Et à partir de là, ça te fait un peu une sorte de règle du jeu, entre guillemets. Ouais, c'est ça.
- Speaker #1
C'est ça, c'est une ligne directrice. C'est exactement ça. Et qu'est-ce que je voulais dire ? Mais après,
- Speaker #0
ce que je trouve intéressant, c'est que je trouve que tu as cet aspect-là qu'il faut beaucoup bosser en amont. Ça donne un ADN. Enfin, c'est une colonne vertébrale pour la suite, pour toi en tant qu'entrepreneur et pour porter le projet. Mais après, tu as toujours le pendant qui est le client. Et qui sont mes clients ? Et est-ce que tout ça, ça va leur parler ? Et réussir à créer une rencontre entre ton client un peu idéal. et qui tu es vraiment, ce que tu veux transmettre et ça c'est l'enjeu en fait c'est de réussir à être clair sur les deux points et surtout à bout d'un moment de réussir à créer un pont je sais pas toi comment t'as créé ce pont comment tu vois avec un peu de recul donc là ça fait un peu plus d'un an que t'as la boutique t'as fait deux Noëls parce que t'avais ouvert juste avant Noël en 2024 attends je suis paumée ouais c'est ça et Et... Et donc, avant ça, tu avais quand même fait des événements, comme tu dis, il y avait de l'éphémère, tu as quand même eu une activité avant d'ouvrir la boutique qui est non négligeable. Et comment tu vois avec un peu de recul justement tout ce parcours-là de se créer une clientèle, créer du lien, créer aussi du lien sur le long terme, enfin fidéliser ? Comment tu le vois un peu à posteriori maintenant ?
- Speaker #1
Ben déjà...
- Speaker #0
Le premier événement que j'ai fait, c'était à Paris. C'était un marché de créateurs. C'était la première fois que je montrais mon travail. Et tout de suite, j'ai eu la volonté de créer un univers fort. Et tout de suite, je suis arrivée, j'avais bossé le truc en amont, j'avais déjà un choix de couleurs, tout mon univers en porcelaine. J'avais déjà un univers presque complet. Qui, bien sûr, s'est étoffée depuis. Et tout de suite, j'ai vu que ça avait de l'impact. Parce que ça a été super bien accueilli. J'ai eu des retours positifs tout de suite.
- Speaker #1
Attends, je fais juste une mini-parenthèse. Désolée de te couper, mais c'est juste pour contextualiser. Ça, ça est arrivé combien de temps après que tu es finie de te former et d'apprendre auprès du monsieur qui t'a aidée ?
- Speaker #0
Je dirais un an. D'accord.
- Speaker #1
Donc, tu as appris à peu près un an.
- Speaker #0
après pour avant d'avoir un premier événement physique je suis formée je dirais 6 mois après il y a eu la formation à l'entrepreneuriat il y a eu 4 mois de formation où là quand même le projet a avancé et tu vois la formation elle s'est finie en novembre et ce premier événement il a eu lieu en mars
- Speaker #1
Ok, ça marche.
- Speaker #0
Et donc, du coup...
- Speaker #1
Tu as senti qu'il y avait un éclos.
- Speaker #0
Un impact. Et comme j'adore discuter avec les gens.
- Speaker #1
Ce qui est plutôt pas mal quand on est commerçant.
- Speaker #0
Ouais, mais du coup, enfin, comment dire, ce n'est pas de la curiosité mal placée, mais j'adore connaître l'histoire des gens et ça revient. Et du coup, rapidement, je l'ai commencé un peu à cerner qui étaient mes clients. Qui est-ce que ça touchait ?
- Speaker #1
Et tu trouvais qu'il y avait un écart par rapport à ce que tu t'étais projeté, imaginé ? Ou c'était assez...
- Speaker #0
C'est vrai que la projection sur le client idéal, quand tu n'as pas commencé, moi, j'ai trouvé ça très abstrait.
- Speaker #1
Mais tu es un peu obligée de passer par cette phase pour après la réécrire. Oui,
- Speaker #0
Après, oui, forcément, il y a des choses qui se recoupaient avec ce que j'avais imaginé. Ce qui est sûr, c'est que le bilan aujourd'hui, c'est... Je sais que je touche des gens qui ont une certaine sensibilité, qui sont plutôt à l'écoute de leurs émotions, qui sont souvent dans des métiers qui sont très tournés vers l'autre. Donc, des soignants, des gens qui aiment du social. de l'éducation nationale. Enfin, voilà, il y a quand même ce truc où finalement, ça recoupe un peu moi qui suis aussi. C'est des gens qui ne sont pas si éloignés de qui je suis, effectivement. Ça, c'est sûr. Et c'est vrai que le fait d'avoir la boutique, c'est un outil magnifique parce que sur des événements éphémères, tu n'as pas le temps de... Tu ne peux pas autant...
- Speaker #1
Tu ne peux pas autant créer un univers qu'avec une boutique, quoi.
- Speaker #0
Oui, et d'entrer dans ce détail de communication, je trouve, avec des gens. alors que dans la boutique je suis chez moi et les gens y restent tout le temps qu'ils veulent et c'est vrai que très souvent on passe beaucoup de temps à parler de l'histoire de chacun et en plus c'est vrai que la reconversion ça intéresse beaucoup c'est un sujet qui fait qu'on peut par le biais de mon histoire entrer dans la leur et du coup pour en revenir à la question de départ
- Speaker #1
Et comment tu as réussi à créer tout ça, ce socle ? Parce que tu as quand même déjà, finalement, si peu de temps, une clientèle qui est vraiment au rendez-vous.
- Speaker #0
Déjà, il y a l'aspect purement animation, on va dire. La boutique a un an, mais il y a eu pas mal de choses qui sont passées. Il y a eu le premier Noël. Après, il y a les temps forts qu'on connaît tous quand on est commerçant, genre la Saint-Valentin, la Fête des Mères, etc. Puis après, j'ai créé un... Enfin, j'ai voulu... Alors ça, c'est un autre aspect, mais j'adore valoriser le travail des autres créateurs. Depuis le début, je m'entoure d'un petit noyau de créatrices et j'avais vraiment envie de fédérer du monde autour d'un événement thématique. L'année dernière, j'ai créé un événement qui s'appelait Immersion. qui regroupait 12 créatrices autour de la thématique des fonds marins. Et donc voilà, c'était sous forme d'exposition vente, ça a duré deux mois, et ça a été super bien accueilli encore une fois par le public de Limoges. L'idée, c'était vraiment de faire communiquer les objets entre eux. Et c'est vrai que je me suis découvert une passion pour la scénographie, en fait. Alors, j'ai toujours aimé le côté déco. Voilà, ça, c'est un truc que j'aime bien. Mais c'est vrai que dans mon boulot, ça a son importance. Et je peux vraiment me faire plaisir avec ça. Et je sens aussi que c'est très bien reçu.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Donc le fait, encore une fois, de créer un univers super fort, d'amener de la nouveauté par le biais de ces créatrices qui n'étaient pas de Limoges pour aucune d'entre elles. Donc ça aussi, ça crée...
- Speaker #1
Oui, c'est pas mal aux gens de découvrir, et aussi d'autres savoir-faire.
- Speaker #0
Voilà, exactement. Et puis, après, il y a... Je pense que la... Le fait que les gens soient fidèles, c'est aussi entretenir une forme de communication, enfin une communication avec eux par le biais des réseaux sociaux, de la newsletter. Enfin bon, ça reste des outils, mais c'est vrai que ça permet quand même de faire passer des messages et de rester en contact.
- Speaker #1
C'est un truc que tu aimes bien faire ou pas ? Parce que je sais qu'en ce moment, on entend tout le monde qui me dit Instagram, on n'en peut plus. Mais en même temps, tu as besoin.
- Speaker #0
Moi, ce que je n'aime pas, c'est tout le... toute la contrainte imposée par cet algorithme infernal qui ne cesse de changer, qui doit tenir au fondement. Et le côté... Enfin, c'est extrêmement contraignant quand même. Dès que tu relâches un peu, tu vois que ta visibilité n'est plus la même. Voilà, après j'ai pris un peu de distance par rapport à ça, parce que de toute façon, ça ne rentre plus dans le planning. Il y a des moments où j'ai le temps pour ça et d'autres pas. Donc je fais au mieux et j'en arrive à me dire que les phases où c'est hyper important d'être là en communication, je les ai plein pot et puis le reste du temps, je fais comme je peux et c'est déjà bien.
- Speaker #1
Oui, c'est clair.
- Speaker #0
Après, le fait de communiquer en lui-même, ça me plaît. Ça me plaît.
- Speaker #1
C'est vrai que c'est partager tout ce que tu fais. Parfois, c'est hyper frustrant de se dire « Attends, je fais plein de trucs, je propose des nouveautés, mais je ne le dis pas, ou je ne le dis pas assez, ou je ne le dis pas comme il faut. » Oui,
- Speaker #0
et puis en plus, au-delà du fait que ça me plaise, j'ai très vite compris que c'était complètement corrélé aux ventes. Oui, tu as constaté. Oui, c'est évident. Tu disparais du paysage. Quand tu réapparais, tu n'avais pas le même impact.
- Speaker #1
Et pour l'ouverture, tu as fait tout un travail aussi de communication auprès de médias locaux, régionaux, pour faire savoir que tu étais là.
- Speaker #0
C'est un autre aspect. Effectivement, quand on a une boutique, comment on s'implante dans un paysage d'une ville comme Limoges ? Donc, effectivement, il y a des relais qui ont été hyper bénéfiques des médias locaux, que ce soit journal, réseaux sociaux ou même télé, parce que j'ai eu plusieurs reportages.
- Speaker #1
Oui, en fait, il faut oser aller les chercher et dire, je suis là.
- Speaker #0
J'ai écouté ton conseil qui était, il faut que la terre entière soit au courant que tu viens d'ouvrir une boutique.
- Speaker #1
J'aime bien dire que je viens d'ouvrir une boutique parce que c'est moi-même ce qu'on m'avait conseillé. Quand je vais voir ma boutique, j'avais un créateur qui m'avait dit, vous êtes bien sympa, mais personne ne sait que vous allez ouvrir votre boutique et c'est dans un mois. Donc là, il va falloir se bouger parce que ce n'est pas possible. Il avait fait de la presse et du média et ça nous avait mis un méga coup de boost et on l'a fait. Et effectivement, c'est juste qu'on avait peur, on avait peur de se dévoiler, on avait peur de dire qu'on allait ouvrir parce que ça fait peur. On se dit, les gens vont rentrer, vont juger, vont machin. Mais bon, en même temps, on était en train de le faire, ce projet. Donc, il faut aller au bout, quoi. Mais c'est vrai que c'est un des meilleurs conseils qu'on m'a donné. Donc, j'aime bien le transmettre.
- Speaker #0
Mais c'est vrai que c'est comme toute étape dans l'entrepreneuriat. J'ai envie de dire, il y a plein de choses qui font peur. Mais après, il y a un moment où il faut arrêter de se poser des questions. Puis, il faut y aller, quoi. Ouais, en fait,
- Speaker #1
t'es déjà dedans. Donc, en fait, il faut y aller. Il ne faut pas y aller à la fin. Ouais,
- Speaker #0
et puis c'est vrai qu'au moment de l'ouverture de la boutique, t'es tellement dans le jus, quoi. Enfin, je veux dire, t'es plus au-delà de la tête. Que finalement, c'est... tout ça c'est la fin c'est noyer sur un plateau télé j'aurais pu être hyper stressée et en fait j'étais tellement débordée de choses à faire que ça a été un truc à faire parmi les autres c'est vrai t'as raison Et voilà. Et après, c'est vrai que j'ai de la chance d'être dans une ville qui... Déjà, Limoges, c'est une ville assez créative. Enfin, il y a un savoir-faire autour des arts du feu qui est extrêmement présent. Donc déjà, il y a une population qui est réceptive à tout ce qui est artisanat, artisanada.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et puis, il y a une... quand même une volonté de mettre en avant les gens qui sont porteurs et moi je pense que c'est aussi un retour qu'on me fait j'apporte quelque chose de nouveau à
- Speaker #1
la ville c'est pas une boutique qu'on a déjà vue auparavant ce qui est intéressant c'est que tu as redonné vie à un local qui était à l'abandon depuis des dizaines d'années en plus il y a une
- Speaker #0
très belle histoire effectivement parce que c'était la boutique que j'ai reprise c'était un chausseur pour enfants la boutique a fermé il y a plus de 20 ans et elle n'a jamais revécu depuis, jusqu'à ce que j'arrive donc il y avait une attente et le nombre de personnes quand j'ai ouvert qui sont rentrées en me disant c'est là que je venais acheter mes chaussures, enfin tous les garons de moche sont passés par là en fait donc c'est, ouais ouais les gens sont hyper contents dans le quartier de voir cette boutique revivre et puis après l'emplacement et moi j'adore je suis hyper bien c'est une rue commerçante où il n'y a que des indépendants piétonnes et par ailleurs ça ne fait pas partie des rues principales c'est à dire que tu sais dans les je pense dans tous les centres-villes français il y a souvent deux ou trois artères et puis après il faut faire un pas de côté pour aller et c'est le cas c'est-à-dire que tu fais vraiment la démarche d'aller dans cette rue, etc. Et je trouve que ça crée une ambiance et ça draine un certain type de client.
- Speaker #1
Ça filtre déjà un peu, tu sais, que les gens qui viennent jusqu'à toi sont des gens qui ont envie de venir découvrir la boutique parce que c'est pas juste du passage. Mais à un moment, elle est suffisamment proche du centre pour pas qu'il faille faire tout un trajet compliqué pour venir te voir, quoi.
- Speaker #0
Oui, exactement. Alors après, le... négatif, on va dire, de ça, c'est qu'effectivement, la visibilité est moins importante que si tu étais sur une de ces fameuses artères. Mais bon, le loyer n'est pas le même. Oui, voilà.
- Speaker #1
C'est des arbitrages à faire entre tout ça et voir ce que tu choisis. Et en général, effectivement, de baisser les charges, c'est pas mal.
- Speaker #0
Voilà, exactement. En tout cas, moi, je suis super contente de cette première année. C'est vraiment une belle expérience.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Où j'ai hésité à sauter le pas. Parce que tu avais déjà ce projet.
- Speaker #1
Est-ce que c'était quelque chose, quand tu t'es lancée, tu t'es dit un jour, j'ai envie d'avoir ma boutique ou ce n'était pas nécessairement quelque chose qui était prévu, c'était une opportunité ?
- Speaker #0
Au tout début, j'avais envie, j'avais commencé à regarder un peu les loyers, tout ça, mais ça me semblait complètement infaisable. C'était trop, en fait, c'était trop... d'apprendre un nouveau métier, je vais créer une entreprise. Rajouter ça en plus, sans trop savoir si c'était viable, etc. Je n'avais pas fait de travail sur le prix de mes produits. Il y avait encore plein de choses à faire avant d'en arriver là. Donc, je n'ai pas voulu m'engager là-dedans tout de suite. Après, j'ai fait pas mal d'événements éphémères. Il y a eu la construction du site aussi, qui a été un gros travail. Et puis après, il y a eu tout un travail aussi sur la création de logo, quel packaging, enfin tout cet aspect, comment on appelle ça, branding, c'est ça ? Oui,
- Speaker #1
ça marche. J'allais dire marketing, mais là on va dans une petite sous-catégorie qui est le branding, et qui correspond bien à ce que tu racontes.
- Speaker #0
Et finalement, la boutique est arrivée à un moment, comme toujours, j'arrivais à la fin d'une phase où je me disais, je sentais que je m'enlisais dans un truc où il fallait que je passe à autre chose. Il y avait eu un collectif qui commençait à s'essouffler un peu. Et puis, j'avais déjà un réseau auprès de la mairie de Limoges par rapport à tout ce parc locatif. Et du coup, il y a eu cette opportunité incroyable de local qui est arrivée à ce moment-là précisément, où je me disais qu'il fallait que je passe à autre chose. J'ai visité, ça a été l'énorme coup de cœur, et je me suis dit, bon allez, on y va, c'est parti. Mais il y avait quand même eu un gros travail en amont de plein de choses. Enfin, j'étais très contente qu'à l'ouverture de la boutique, tous ces aspects-là aient déjà été travaillés. Ça a été bien finalement de prendre son temps. Et même en production, quoi. C'est-à-dire que... Oui, parce que ça change tout. ...artisans et commerçants.
- Speaker #1
Oui, ça, c'est un aspect qui est hyper intéressant que j'aimerais bien qu'on creuse un peu. Parce que c'est... Voilà.
- Speaker #0
En fait, le gros de mon travail, c'est quand même de produire et de fabriquer. Et c'est ça qui accapare tout mon temps. donc finalement tout le reste vient se rajouter et c'est vrai qu'il fallait aussi trouver une organisation au niveau de la production pour c'est un tel rythme, c'est tellement soutenu que si j'avais eu d'emblée une boutique je sais pas si j'aurais réussi à tout mener de front et c'était bien de prendre son temps de toute façon s'il y a un enseignement à retenir de tout ça c'est que Merci. L'artisanat, c'est vraiment le temps long et l'école de la lenteur, de la patience, de la persévérance.
- Speaker #1
Parce que toi, justement, tu as plutôt un profil où tu as envie que ça avance.
- Speaker #0
Et du coup,
- Speaker #1
ça vient en contradiction totale avec ta nature. Ah oui. Mais bon, c'est comme ça.
- Speaker #0
La chose fait que tu ne peux pas aller plus vite que la nuit. Ce n'est pas possible.
- Speaker #1
Oui, il faut accepter qu'il y a des étapes, qu'il y a des moments où... où il faudrait rentrer sur quelque chose pour ensuite pouvoir consolider peut-être ces bases-là, pour ensuite passer à la seconde étape. Et c'est vrai qu'après, on est aussi pas mal vibronnés à toutes ces histoires, tu vois, entrepreneuriales où on nous raconte les grandes lignes, on a l'impression que tout a été très vite, tout a été facile, mais en fait, dans chaque histoire, c'est des longues étapes, c'est des apprentissages, passer au prochain niveau, quoi.
- Speaker #0
Ça ne peut pas être autrement, en fait. Ce n'est pas possible. À moins de commencer d'emblée à plusieurs avec un investissement financier. Ce n'était absolument pas mon cas. Je suis partie de zéro à tous les niveaux, en fait. Et puis, j'ai envie de dire, c'est ce qui fait partie peut-être aussi de la beauté de ces parcours-là. Le fait que les choses ne tombent pas du ciel. Et que c'est... Comme la fabrication d'un objet artisanal, finalement, il y a cette lenteur qui fait que ça rajoute de la beauté à l'objet.
- Speaker #1
Oui, complètement. Et comment tu t'organises du coup ? Ah, je vais y arriver. Et comment tu t'organises du coup ? Parce que tu as ces deux casquettes. Donc, tu es artisane, ou tu fabriques. C'est-à-dire vraiment de A à Z les bijoux et les objets que tu proposes en boutique. Il y a fabriquer, mais il y a les créer, les penser, les tester. Il y a tout cet aspect-là. Tu as même trois casquettes. Tu es artisane, qui vont ensemble, on s'entend, commerçante, donc la gestion d'un point de vente, avec aussi tout ce que ça implique. Et ça implique aussi beaucoup de présentiel. Et chef d'entreprise. Parce qu'en fait, il faut mettre en musique tout ça. Il faut gérer sa stratégie, gérer sa compta, gérer ses achats, gérer ses stocks. Donc voilà, toutes ces casquettes vont les unes avec les autres et sont interdépendantes. Mais comment tu arrives à gérer ça au quotidien ? Et je ne sais pas si tu l'avais anticipé toi, si tu avais imaginé la différence que ça allait faire dans ta vie d'avoir la boutique en plus. Si jamais tu as mis du temps avant de te sentir chef d'entreprise et si tu te sens chef d'entreprise. parce que je pense qu'il y a aussi et même est-ce que tu te sens aussi artisan je pense que oui maintenant mais il y a tous ces trucs de légitimité de bah en fait c'est un métier que j'ai appris sur le tard comment tu te sens dans toutes ces postures et comment tu t'organises concrètement alors
- Speaker #0
ça soulève plein de questions voilà là je te balance tout ça maintenant je te laisse avec tout ça alors déjà effectivement il y a plein de casquettes quand je t'écoutais dire je suis commerçante au sein de commerçants, tu as aussi allé chercher des créatrices. Oui,
- Speaker #1
tu fais de la curation parce qu'effectivement, tu ne vends pas que tes produits. Tu as parlé d'immersion où tu avais fait des collaborations avec des créatrices et où tu les valorisais en boutique. Mais en fait, tu as en permanence un corner avec des créatrices qui aussi, elles, ont un peu tout à savoir faire.
- Speaker #0
Voilà, effectivement. ça implique Alors déjà, j'ai une énorme chance, c'est que j'ai été formée comme ça en tant qu'infirmière à la polyvalence. J'ai grandi dans cette idée que plus tu savais faire de choses et mieux tu t'en sortais. Ça, ça me sert vachement aujourd'hui. L'autre chance énorme que j'ai, c'est que quand on est infirmière, on est extrêmement adaptable. Voilà, ça fait partie de notre formation et il faut savoir rebondir. Et voilà, et donc ça, ça m'aide énormément aujourd'hui aussi. Et après, tout ça se construit. Effectivement, je pense que j'ai eu un énorme manque de légitimité. Enfin, je ne me sentais pas légitime pendant... jusqu'à il n'y a pas si longtemps, et même encore aujourd'hui, je peux douter, en tant qu'artisane, parce que je n'ai pas fait d'école de bijouterie, parce que je n'ai pas de diplôme, parce que je ne suis pas dans l'excellence à ce niveau-là, et que c'était un peu mon fonctionnement jusqu'à présent, d'aller chercher une reconnaissance officielle, on va dire. En tout cas, c'était le cas dans mon ancien métier. Mais bon, j'ai quand même le retour des gens qui me confortent dans l'idée que ce que je propose a quand même du sens et a sa raison d'être. D'un point de vue entrepreneurial, encore une fois, de toute façon, c'est un vrai apprentissage. Mais je trouve que ça apporte... tellement d'un point de vue personnel, en fait, sur la compréhension de soi et sur son fonctionnement. Et ça permet aussi des dépassements, mais des... Comment dire ? Moi, j'ai, par exemple, appris à déplacer mon seuil de choses graves, entre guillemets. Et ça, ça m'apporte vachement dans ma vie, quoi. Enfin, il y a des trucs que je pouvais... Enfin, je prends les choses toujours très à cœur, mais... On parle souvent de parcours initiatique, mais c'est vrai. Je trouve que l'entrepôt de paria... C'est comme ça qu'on ressent. Oui, oui. Et du coup, moi, j'adore. J'ai l'impression d'avoir énormément grandi en quelques années sur tous les pans de ma vie, en fait. Et après, concrètement, je crois que l'énorme enseignement de 2025, ça a été... d'aller chercher de l'aide quand tu t'en sors pas tout seul. C'est pas évident. C'est pas évident.
- Speaker #1
On a l'impression qu'on va y arriver ou qu'on ne sait pas à qui s'adresser.
- Speaker #0
En plus, je pense que quand tu es artisan, je ne sais pas, peut-être que je me fais des fausses idées, mais tu as quand même ce truc de faire. La production est... Il y a plein de trucs que tu dis, oui, ça c'est facile, je vais m'en sortir, je vais le faire, oui, sauf que tu vas prendre trois fois plus de temps que quelqu'un qui sait le faire, et au final, tu vas y perdre. Et ça, je pense que c'est aussi un truc à intégrer, qu'à un moment donné, tu ne peux pas être sur tous les fronts, et que ça ne peut être que bénéfique de déléguer à ceux qui savent faire ça très bien, mais ça ne peut aussi arriver à un moment de ton activité Merci. Il y a aussi une question financière derrière ça. Et quand tu démarres, tu ne peux pas. C'est souvent très bloquant. Bien entendu. Tu es bien obligé d'être un peu touche-à-tout et de faire système D. De toute façon, je pense que tous les entrepreneurs, à un moment donné, passent par là. Et c'est bien le problème des premières années d'activité parce que du coup, tu es complètement submergé. Tu passes ta vie à bosser. Je suis encore là-dedans. J'ai complètement mis, entre parenthèses, ma vie personnelle. C'est des choix qui sont difficiles, en fait, parce que déjà, il faut que l'entourage suive. Moi, j'ai la chance d'avoir un mari, encore une fois, qui me soutient cordéan et qui a accepté ce sacrifice. On peut parler de sacrifice, franchement. Je ne suis plus du tout là. Ce n'est pas moi qui fais les devoirs avec les enfants. Ce n'est pas moi qui gère la maison. Je suis accaparée par mon... Je fais des semaines à rallonge, il y a des périodes où je n'ai plus de week-end.
- Speaker #1
Oui, clairement.
- Speaker #0
J'arrive à me nettoyer, mais même en dehors de la fin de l'année.
- Speaker #1
Oui, parce qu'il y a toujours des...
- Speaker #0
Mon rythme, c'est si j'arrive à avoir une journée de repos par semaine dans un rythme classique, je suis super contente.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Donc, il y a plein de fois où je vais jouer à la fête. Mais on le sait, je veux dire...
- Speaker #1
On le sait, mais c'est toujours bien de le réentendre, je trouve, parce qu'en fait, on le sait, mais on n'a pas toujours envie de le savoir. Tu te dis, peut-être que j'arriverais à m'organiser autrement. Mais oui, quoi qu'il arrive. Et puis même quand tu es en break, tu y penses. Tu as toujours la tête qui tourne et c'est dur de déconnecter 100%, même quand on est en déconnexion.
- Speaker #0
Mais du coup, le truc, c'est que c'est difficile à plusieurs niveaux parce que déjà, il y a plein de gens autour de moi qui ne comprennent pas.
- Speaker #1
Est-ce que des fois, tu te sens un peu seule ? Tu as une petite solitude de l'entrepreneur où les gens te voient en boutique et ils se disent « Ah, mais tu n'as personne. Du coup, je peux passer. Je peux rester. » En fait, tu as toute ta liste énorme. Je suis là, mais j'ai l'atelier à côté.
- Speaker #0
Ça, c'est une grosse difficulté.
- Speaker #1
Faire comprendre aux gens le quotidien, c'est dur.
- Speaker #0
Quand je suis en prod et que je sais que ma prod, elle doit partir tel jour à la dorure, parce que je vais dorer les bijoux, donc j'ai cette contrainte d'envoyer à Paris. Voilà, ça rajoute des délais dans les temps de fabrication. Et que je sais que pour être à l'heure à tel événement, il faut que ça parte à telle heure. Et qu'on fait des journées qui défilent avec des gens qui, effectivement, viennent Ausha, connaissance ou pas. Après, ça fait partie du commerce. Oui,
- Speaker #1
et c'est aussi ce que tu disais que tu appréciais, de pouvoir prendre le temps de rencontrer les gens, etc. Mais il y a des moments où tu n'as pas la disponibilité.
- Speaker #0
Et là, c'est hyper dur. C'est hyper dur parce que ça veut dire que tout le temps que je n'ai pas passé dans la journée à faire la prod, il s'intercute le soir, une fois que la boutique est fermée. Et c'est comme ça que je me retrouve à faire des journées où je me couche à 2-3 heures du mat pour arriver à être prête à temps. Et c'est très, très difficile au niveau du rythme. Il y a vraiment des phases où physiquement, je me demande même comment on se tient. c'est pas de l'endurance mais je voulais dire quelque chose tout à l'heure par rapport à la difficulté il y a aussi la compréhension de l'entourage alors plus vaste il y a des gens qui ne comprennent pas vraiment parce que créatrice, bijoux, ça revoit un truc un peu, c'est chouette t'as une belle petite boutique des beaux objets qui ne voient pas du tout derrière le truc, ouais. Voilà, mais ce qui est normal quand on est là-dedans. Oui,
- Speaker #1
oui.
- Speaker #0
Mais du coup, ça m'a quand même valu d'avoir des gens qui m'ont tourné le dos, vraiment, dans mon enfance.
- Speaker #1
Ça, c'est dur.
- Speaker #0
C'est hyper dur, quoi. Je pense que c'est vraiment de l'incompréhension, mais du coup, c'est dur à encaisser aussi, quoi, parce que les gens ont l'impression que tu fais des excès de zèle.
- Speaker #1
Alors que toi, tu dis que je suis juste au minimum.
- Speaker #0
Ouais, t'essaies juste de t'en sortir, quoi, pour que le truc, il prenne et que ça soit viable. Et les premières années... On ne peut pas dire.
- Speaker #1
C'est super dur. L'intérêt de s'entourer. Notamment la délégation avec Hélène. On t'en parlait tout à l'heure.
- Speaker #0
Non, mais Hélène et puis toi. Je veux dire, tu as été la première que j'ai contactée. J'étais au bout du rouleau, je pense. Là, j'ai besoin d'aide parce que sinon le fait de structurer. Voilà, déjà. De structurer tout. on parlait de la base, mais dans la base, il y a aussi le côté purement financier, travailler les prix, quelle organisation tu mets en place pour ne pas te cramer.
- Speaker #1
Oui, mais justement, c'est ce que je disais tout à l'heure, tu sais, ce truc aussi de te sentir chef d'entreprise, et que toutes ces questions-là, de travailler ses prix, travailler sa rentabilité, restructurer tout ça, c'est quelque chose qui n'arrive pas toujours tout de suite, surtout quand on est artisan-créateur où du coup, en fait, on se focalise beaucoup sur la création, et ça, on se dit, bah, c'est pas trop mon truc, je sais pas trop après t'avais fait cette formation qui avait l'air super et qui t'a donné pas mal de billes mais c'est pas la priorité tout de suite et c'est vrai qu'au bout d'un moment ça te rattrape et ça devient un sujet pour réussir à remettre un peu de clarté dans le projet quoi ouais de toute façon c'est aussi important que l'aspect création
- Speaker #0
et production l'un ne va pas sans l'autre enfin quand tu décides d'être sur le long terme oui et de créer ta marque voilà les C'est tout aussi important. Et d'ailleurs, moi, je m'épanouis tout aussi dans... Tout autant, pardon, dans ces différentes casquettes.
- Speaker #1
Et que tu t'appropries. Et que tu arrives à...
- Speaker #0
Je m'approprie. Puis encore une fois, il y a ce truc d'apprendre. Moi, j'adore. Je pense que je suis curieuse. Et que dès que je maîtrise un peu trop un truc, j'ai envie d'aller vers autre chose. Et du coup, avec l'entreprenariat, c'est sans fin. Parce que tu sais... C'est un nouveau truc. Exactement. Donc ça, c'est génial. Et après, c'est comment tu structures. Et effectivement, au bout de l'année dernière, avec l'ouverture de la boutique, ça a été vraiment très dur au niveau du rythme. Et arrivé à un moment où je me suis dit, où tu m'as aidée aussi à me dire ça, il y a un moment où il faut de l'aide. Il faut de l'aide, ça ne passe plus. Donc, où est-ce que l'aide serait bienvenue ? En production. Bon, allez. Comme la boutique, à la même époque en plus, c'est marrant. J'avais fait ce lien, tu vois. Au mois de juin... J'étais en train de pleurer en me disant que je n'allais pas y arriver. Et Hélène donc m'a contactée en me disant « je cherche » . Un apprentissage pour apprendre la bijouterie. Elle était de démarche. Je lui ai dit, écoute, viens. Toi,
- Speaker #1
tu as fait un petit bout de chemin.
- Speaker #0
J'étais prête, en fait, oui. J'avais cheminé à ce niveau-là aussi. On savait que financièrement, ça pouvait passer. Et donc, Hélène est arrivée.
- Speaker #1
Encore une belle rencontre.
- Speaker #0
Encore une belle rencontre qui s'est faite au moment où elle devait se faire. Quand on parle d'alignement des planètes, c'est fou. Mais il y a ce truc-là, quand même.
- Speaker #1
Ouais, parce que c'est quand même quelque chose de recruter son premier salarié.
- Speaker #0
Et c'est marrant parce que moi, j'en reviens toujours pas. Je suis là, mais c'est incroyable que j'ai fait cette étape. Et les gens autour de moi, c'est banal, quoi. Enfin, t'as une alternante. Mais non, mais pas du tout.
- Speaker #1
En une année, il s'est passé beaucoup de choses entre la boutique, l'alternante.
- Speaker #0
Quand tu perds zéro et que tu te dis il y a cinq ans tout ça n'existait pas et là, il y a quelqu'un qui est sous ma responsabilité, à qui j'apprends le métier.
- Speaker #1
Que tu te transmets encore une fois quelque chose.
- Speaker #0
Ouais, je transmets et puis qui me permet d'aller vers d'autres choses aussi parce que le temps...
- Speaker #1
Ça te déleste aussi de tout un tas de choses. Ça permet d'avoir plus de temps.
- Speaker #0
Alors après, c'est aussi une sacrée étape, même d'un point de vue administratif et tout ça. Oui, évidemment. D'avoir la responsabilité d'être employeur, quoi. Et c'est pas rien. Donc, voilà. C'est encore... Ça déleste d'un côté, mais ça ajoute aussi...
- Speaker #1
Oui, oui, c'est pas se communiquant. Mais c'est vrai que c'est rare de réussir à se délester totalement sans avoir une contrepartie derrière. Malheureusement.
- Speaker #0
Oui, c'est sûr. Après, c'est hyper positif. Maintenant que j'ai goûté à ça, et en plus, ça se passe super bien. Donc forcément, je ne veux plus jamais faire ça. Je ne veux plus être toute seule à tout faire. Mon ambition, ce serait d'avoir une petite équipe. J'adorerais.
- Speaker #1
Et donc, tu me tends la perche pour l'ambition. Tu disais que... Tu avais fait ton petit bilan de 2025, et comment toi tu projettes cette nouvelle année, qui sera une seconde année, que je trouve toujours hyper intéressante, moi les deuxièmes années, parce qu'on a un historique, tu as déjà vu comment ça va se passer sur l'année entière 2025, donc on ne part pas d'une page blanche. Comment tu la projettes, c'est quoi tes envies pour l'entreprise, c'est quoi tes ambitions à plus long terme ?
- Speaker #0
Alors, le bilan n'est pas tout à fait fini encore, mais... Alors, le problème que j'ai, c'est qu'il faut vraiment que je me canalise d'un point de vue créatif, parce que je sais que ça part dans tous les sens, et que j'adore ce début d'année, où finalement, tu as une page blanche qui s'ouvre, et tu es là, « Waouh, mais c'est génial, je peux partir dans tous les sens ! » Et en fait, c'est un piège dans lequel il ne faut pas tomber, parce que l'idée, c'est de me faire plaisir, de continuer à structurer l'entreprise, mais de ralentir quand même, parce que ça a été... personnellement difficile, et pour ma famille aussi. Donc il y a un moment, il faut que je sois raisonnable. Oui,
- Speaker #1
ça ne peut pas être du long terme. C'est OK sur des moments de lancement où c'est nécessaire, mais ça ne peut pas devenir la normalité.
- Speaker #0
Exactement. Sauf que là, tu vois, j'ai commencé à faire un planning de ce que j'aimerais faire en termes d'événements, etc. Et que, on est le 15 janvier, et ça y est, je suis déjà repartie dans une phase. À devoir reproduire en urgence. Donc, ce travail-là, je pense qu'on va le faire ensemble. Mais c'est comment j'arrive à mettre des limites, en fait. Parce que je suis toujours, je tombe toujours dans ce piège de me dire, non, mais ça, ça passe. Ça, ça passe, c'est bon, allez, c'est fait, en quelque chose, machin. Et puis, en fait, une fois que les engagements sont pris et que je suis dedans, je me rends compte que ça ne passe pas, quoi. Comment arriver à... à gérer ça. Après, il y a tellement d'imprévus dans les journées quotidiennes.
- Speaker #1
Oui, c'est clair.
- Speaker #0
C'est compliqué de l'avoir. Moi, pour l'instant, je ne sais pas faire. Après, l'ambition principale pour cette année, ça va être de reprendre les événements en dehors de l'image. Donc, d'arriver à maintenir le rythme de la boutique. Mais j'avais commencé à me constituer une clientèle parisienne et j'adore.
- Speaker #1
Oui, parce que tu étais chez Empreinte.
- Speaker #0
Je suis au Concept Store Empreinte, mais en fait, mes premiers événements, c'était à Paris. C'était des marques de créateurs. Après, j'ai fait des ventes privées, on va dire, chez des gens qui m'invitaient, etc.
- Speaker #1
C'est-à-dire que là, tu as ton ancrage local, qui est aussi une base solide et structurante pour l'entreprise, parce que tu as réussi à trouver une clientèle et on constate qu'il revient. Le bougeoirie fonctionne bien, donc tu gagnes aussi de nouveaux clients au fur et à mesure. Mais cette envie de prendre un peu de hauteur et d'exporter la marque et ta proposition ailleurs.
- Speaker #0
Exactement. Depuis le début, j'ai ce truc de me dire qu'il ne faut pas mettre tous ses œufs dans le même panier. Ça fait partie du développement que j'ai envie de vivre. Elle ne peut pas être présente que sur un territoire. Mais c'est aussi l'idée de développer la vente en ligne. Et avec le bijou, c'est vrai que... Enfin, je pense que les gens ont besoin de voir physiquement et d'essayer. Et je vois bien, quand j'ai des clientes qui ont déjà acheté physiquement, elles ont plus de facilité après à aller sur de la vente en ligne. Oui,
- Speaker #1
le site peut être un bon moyen de garder le lien et de pouvoir aussi... fidéliser des gens qui ne sont pas nécessairement sur place.
- Speaker #0
Oui, mais du coup, c'est vrai que le fait d'avoir une visibilité physique Oui,
- Speaker #1
il faut d'abord créer un premier contact physique, une première rencontre, une première expérience directe et après, le site, il vient en complément.
- Speaker #0
Exactement. C'est intéressant. Il permet de développer la vente en ligne. On n'en a pas trop parlé, mais c'est quand même un sacré morceau. Pour l'instant, le site, il est presque... plus vitrine, quoi. C'est-à-dire qu'il me permet de drainer beaucoup de monde par contre en boutique.
- Speaker #1
Comme un super catalogue où les gens regardent avant, ils viennent et ils ont déjà une idée.
- Speaker #0
Les gens repèrent et arrivent ensuite. J'ai quelques ventes en ligne. J'ai même eu ma première vente hors Union Européenne. Ouais,
- Speaker #1
c'est chouette,
- Speaker #0
ça. Ouais, ouais, c'est chouette. Puis j'ai eu de la demande parce que j'ai eu des clientes américaines à la boutique qui m'ont dit « Ah, mais ce serait super. » super, je suis sûre que ça marcherait aux Etats-Unis. Oui, alors, chaque chose dans son temps.
- Speaker #1
Mais voilà, comme on disait, chaque chose dans son temps. Mais en fait, ce qui est intéressant, c'est de rester toujours un peu à l'écoute et c'est pour ça que c'est bien d'avoir un peu de clarté dans l'esprit de temps en temps et pas de toujours être dans son... Même si c'est dur. Mais dans l'hyper quotidien, l'hyper opérationnel. Parce que je trouve que parfois, tu vois, sur ta route, des petits indices comme ça, qui te sont donnés, où tu te dis, ok, ça je me note dans un coin de la tête. potentiellement ça peut être quelque chose je vais y travailler sur le long terme mais je le note comme un truc où je sens que parce qu'en fait c'est les clients qui envoient ce genre d'infos c'est comme si on allait choper un peu en vol et se dire attends ça c'est intéressant je peux peut-être en faire quelque chose oui c'est exactement ça parce que du coup quand tu es reconfrontée à cette même situation quelques mois plus tard tu te dis ah ouais bah là effectivement il y a un truc qui est en train de se dessiner
- Speaker #0
Et ça peut être une perspective, même si j'en fais pas une priorité, etc.
- Speaker #1
Et c'est pour ça que c'est quand même super d'avoir, évidemment... Je vais prôner les boutiques physiques. C'était pas surprenant en même temps. Mais je trouve ça génial de se dire qu'en fait, grâce à ces lieux... Alors, ça peut être de l'éphémère aussi, mais en tout cas, on nous parle beaucoup de digital, avoir son site, être sur les réseaux. Mais je trouve que... Pour réussir à durer sur le long terme et créer vraiment quelque chose, il faut passer par la rencontre, par l'échange, l'essayage du physique. Le fait d'avoir un espace physique qui soit éphémère ou permanent, ça permet d'avoir un endroit où tu peux réceptionner les avis de tes clients, leur retour. Des fois, c'est flippant parce que ce n'est pas toujours agréable. Il y a des trucs qui sont dits... Tu vas le retenir, ça va te tourner en boucle pendant trois mois parce que c'est une remarque désobligeante et même pas constructive. Des fois, tu vas avoir des remarques qui sont hyper constructives. Et ça, je trouve que c'est le truc le plus précieux, en fait. C'est les meilleures choses. Il faut partir à la chasse un peu à ces choses-là. Et donc, grâce à la boutique, grâce aux discussions, on peut en avoir. Et il me semble que toi, t'avais aussi fait des entretiens avec des clients, non ? On a pris le temps de faire ça.
- Speaker #0
J'avais fait... j'avais été accompagnée là-dessus, on avait fait un questionnaire effectivement qu'on avait adressé à ma clientèle de l'époque, donc c'était un an avant l'ouverture oui c'est ça, un an avant l'ouverture de la boutique pour savoir un peu ce que les gens attendaient en fait parce que donc quand j'avais l'atelier à la maison je recevais les clientèles pardon, je recevais les clients chez moi, sur rendez-vous et bon Il y a quelques personnes qui sont dans cette démarche-là, mais ça reste quand même très particulier. Je suis dans un quartier qui n'est pas du tout commerçant. Enfin, voilà, faire la démarche d'aller chez la création. Oui,
- Speaker #1
c'est fort, oui.
- Speaker #0
Donc, c'était un peu ce qui était ressorti, effectivement, de ces entretiens, qu'un point de vente physique, voire une boutique les eaux d'épines, ce serait quand même super. Et de toute façon, ce que tu disais par rapport à... Ça permet de créer du lien, tout simplement. Oui, de toute façon,
- Speaker #1
les gens en ont besoin.
- Speaker #0
Ils en ont hyper besoin. Je ne sais pas, je n'ai pas connu la vente en tant que commerçante, mais j'ai l'impression qu'on est à une époque où les gens, vraiment, ils sont... Il y a plein de gens qui sont hyper seuls. Il y a une anxiété hyper présente en ce moment. Et je pense que les gens, le fait de rentrer comme ça dans une petite bulle créative... Après, j'ai vraiment... essayer d'accentuer sur le côté douceur quoi les couleurs, les matériaux etc et bah je pense que ça fait vachement de bien quoi et ça effectivement tu ne peux l'avoir qu'avec un lieu physique voilà ton site il a beau être le plus léché possible jamais tu ne pourras transmettre ça ouais non franchement moi de toute façon la boutique ça reste hyper c'est la plus belle décision que j'ai prise je pense depuis Je ne fais plus de mon activité à tous les niveaux, même au niveau du fil d'affaires.
- Speaker #1
Oui, c'est comme une mesure. La croissance, elle est incroyable.
- Speaker #0
Oui, elle est incroyable. Et puis, même pour moi, mon quotidien, le fait de scinder le perso et le pro.
- Speaker #1
Et d'ailleurs, un truc qu'on n'a pas du tout dit, mais qui est quand même hyper important, c'est que maintenant, l'atelier est à la boutique. C'est-à-dire que tu as un atelier en sous-sol avec tout ton outillage, mais tu as aussi un atelier qui est au niveau de la boutique avec une verrière. qui te permet d'être à l'atelier pour bosser et d'être en boutique quand il y a du monde. Et donc ça te permet aussi dans ton organisation, dans la gestion de ces deux casquettes, d'être beaucoup plus efficace. Parce que si jamais tu n'avais pas cet espace d'atelier à la boutique, ça veut dire que quand tu es à la boutique, tu es seulement sur de la vente et autres. Évidemment, tu peux faire d'autres choses, mais tu es quand même assez limité. Et en fait, ça te permet vraiment de pouvoir optimiser. davantage des journées et réussir à faire la prod que t'as à faire quoi.
- Speaker #0
Exactement alors en fait la question c'est pas de poser la première année d'ouverture j'ai toujours eu ce petit atelier derrière au même niveau que la boutique qui me permettait d'avancer etc mais j'avais gardé le gros atelier à la maison et de toute façon depuis le début je n'ouvre pas tous les jours,
- Speaker #1
c'est pas possible Oui oui c'est assez important de dire effectivement c'est pas une boutique enfin c'est des créatrices artisane plus la boutique. Donc, tu n'es pas juste, entre guillemets, juste une boutique. Et donc, tu dois obligatoirement, dans ton organisation, gérer ton temps en ayant du temps de prod, ce qui fait que tu ne peux pas être disponible pour des clients et t'arrêter tous les deux secondes parce qu'il y a des gestes précis à faire que tu ne peux pas faire si tu es interrompue.
- Speaker #0
Oui, exactement. Puis de toute façon, tu n'as pas la même efficacité. Donc, pendant un an, ça a été comme ça. Donc, j'ouvrais trois jours par semaine. On continue 10-19, 3 jours par semaine. Et puis est arrivée Hélène en septembre. Et donc, quand on a une alternante, on ne peut pas avoir deux lieux d'exercice. Enfin, elle ne peut pas être sur deux lieux d'exercice, en fait. Donc, on n'allait pas ramener la boutique à la boutique. Donc, en toute logique, et j'avais l'énorme chance d'avoir un sous-sol qui n'était pas exploité, mais qui me permettait du coup de... Et à la fois de mettre... tout l'outillage volumineux, mais en plus qui avait le mérite d'isoler du bruit quand on fait pas mal de bruit de poussière et tout. Et du coup, c'est idéal. Donc, effectivement, je n'ouvre toujours pas tous les jours, un peu plus. Et ça, j'étais un peu dans la culpabilité par rapport à ça parce qu'il y a toujours des gens qui disent « Ah, mais oui, mais vous n'êtes jamais ouvert, nanana. » Et puis, en fait, tu m'as aidée sur ces questions-là aussi. effectivement maintenant je me dis c'est comme ça et pas autrement pour l'instant peut-être qu'un jour j'aurai la chance d'avoir une vendeuse dédiée à plein temps mais pour l'instant c'est pas le cas ça fait partie de l'artisanat aussi c'est comme ça tu peux pas tout faire il y a un moment tu peux pas tout faire et puis après je suis quand même hyper souple donc il y a toujours un mot sur la porte si vous pouvez pas vous déplacer Sur les horaires d'ouverture, n'hésitez pas à me contacter. On peut prendre rendez-vous. Oui,
- Speaker #1
il y a un vrai souci du service client par ailleurs.
- Speaker #0
Oui, tout à fait. Je suis réactive dans les messages qu'on peut m'envoyer. Et puis, ça m'est arrivé sur des jours où je n'étais pas à la boutique et il y a une cliente qui me dit « je ne pouvais venir qu'aujourd'hui entre les deux » . Je dis « ok, je fais un saut, j'arrive » . Je ne suis pas bornée non plus.
- Speaker #1
Oui, mais il faut mettre un cadre qui te permet de respecter aussi. ton rythme perso, ton rythme pro. Si toi, tu poses pas le cadre, les gens vont pas le poser pour toi.
- Speaker #0
Exactement,
- Speaker #1
ouais. T'es un peu forcée, quoi. Bon, on va arriver bientôt à la fin de cette discussion. Qu'est-ce que tu dirais ? Qu'est-ce que tu leur dirais, qu'est-ce que tu leur conseillerais pour les aider dans leur parcours et dans leurs réflexions actuelles ?
- Speaker #0
Je redirais ce que j'ai déjà dit, c'est-à-dire qu'il faut être patient, il faut accepter que les choses prennent du temps. Et pas paniquer, en fait. Moi, j'ai ce travers de me dire quand des choses n'arrivent pas tout de suite, c'est que ça n'arrivera jamais. Et en fait, on n'a pas le choix que de faire marche par marche. La patience, c'est vraiment l'enseignement que je retiendrai principalement. Et puis, pas hésiter à se faire aider, en fait. Parce que ça permet de... D'aller à l'essentiel, de ne pas perdre trop de temps. Et puis de vivre les choses peut-être plus sereinement aussi. Parce que quand on supporte tout... On fait beaucoup de choses sur les épaules d'une même personne.
- Speaker #1
Et même s'entourer d'autres... Je l'ai vu... Quand tu t'es entourée d'autres créatrices pour les événements, ça t'avait fait vachement de bien. Je le constate. Quand on échangeait, d'échanger même avec d'autres personnes qui peuvent traverser la même chose, de ne pas hésiter à sortir un peu de cette bulle. Parfois, on en a besoin, mais sortir de la bulle pour parler avec... De toute façon,
- Speaker #0
je pense que la curiosité dans ces métiers-là, c'est un vrai atout. Ne jamais hésiter à aller... poser des questions. Moi, régulièrement, j'appelle d'autres artisans que je ne connais absolument pas, je les contacte, ils sont OK ou pas pour me répondre, mais quand je trouve que leur parcours est inspirant, est-ce que vous avez des choses à me dire ? De toute façon, c'est un apprentissage permanent, c'est ce qu'on disait. Il faut essayer de s'ouvrir au maximum et par ailleurs faire la part des choses aussi parce qu'il y a toujours des tas de gens qui ont plein de bons conseils à donner, mais qui ne sont absolument pas dans ce milieu-là. donc tes conseillers il faut aussi savoir les laisser de côté et des fois c'est un peu perturbant enfin ça peut être perturbant et après bah ouais non le fin mot du truc c'est quand même que c'est une hyper belle histoire cette aventure que ça soit artisanale ou entrepreneuriale même si c'est hyper dur si j'avais pas fait ça je serais passée à côté d'un truc énorme dans ma vie qui m'a tellement apporté c'est incroyable pour rien au monde je ferais marche arrière et je ferais différemment et pourtant il y a vraiment des phases difficiles donc je me dis je vais tout envoyer balader c'est trop dur je vais arrêter il faut tenir bon comment tu fais quand ça va pas comment tu fais pour que ça aille mieux c'est quoi tes petits tips Déjà, depuis quelques temps, je me suis remise à l'activité physique, chose que j'avais complètement laissée de côté. Et ça me sauve bien des situations. En fait, je n'arrivais pas à m'octroyer ce temps. Je n'arrivais pas à le mettre dans mon planning. Ça ne me passait pas. Et il y a eu un moment où j'ai pris conscience qu'en fait, c'était ça où je laissais des plumes. Donc ça, c'est hyper précieux. Après, il y a le fait de pouvoir partager avec toi aussi. Ça, c'est quand même génial. Dès que j'ai un doute, une question, un truc qui me turlupine, je sais que tu es là. Il y a toujours des solutions. Mais c'est vrai que quand tu as la tête dans le boulot, c'est du mal de les voir. Oui, à plus les voir. Et puis par contre, moi, je ne peux pas dire autre chose que l'entourage. L'entourage, il a quand même un rôle. vraiment déterminant. Après, on a tous des parcours de vie différents, bien sûr, mais dans mon cas, en tout cas,
- Speaker #1
c'est important.
- Speaker #0
Ah ouais.
- Speaker #1
C'est la bouffée d'air.
- Speaker #0
C'est la bouffée d'air, puis c'est surtout que ça a été... J'ai l'impression que c'est un vrai travail d'équipe et que sans eux, je ne serais pas là. Voilà. Ça, c'est sûr.
- Speaker #1
Trop chouette. Bon. Et qu'est-ce que on peut te souhaiter pour 2026, alors ?
- Speaker #0
Euh... de poursuivre mais en étant vigilante quand même au rythme de ne pas tomber dans les mêmes pièges qu'en 2025 ok
- Speaker #1
Ok, bon, on te souhaite une super belle année 2026, en tout cas, moi, je te la souhaite. Et j'ai hâte de voir ce que tu vas nous réserver. Il y a pas mal d'événements qui sont en préparation, plein de choses. Et peut-être une présence à Paris, on verra.
- Speaker #0
J'espère.
- Speaker #1
Ouais, on croise les doigts. Merci beaucoup pour cet échange où tu nous as quand même ouvert... tous les coulisses des eaux bépines et aussi tes pensées, tes émotions. Donc, merci beaucoup. Et puis, à bientôt.
- Speaker #0
Merci à toi, Audrey. Et puis, merci pour ton accompagnement.
- Speaker #1
Ah ouais, je t'en prie.
- Speaker #0
Hyper chouette. Ouais, au bout de six ans. À bientôt.
- Speaker #1
À bientôt. Salut.
- Speaker #0
Salut.
- Speaker #1
Et voilà, j'espère que cette interview vous a inspiré et donné des idées pour vos propres projets. Merci beaucoup pour votre écoute. Si vous souhaitez soutenir L'Arrière Boutique, prenez deux petites secondes pour laisser 5 étoiles sur votre plateforme d'écoute. Et pourquoi pas un commentaire ? Ça paraît rien comme ça, mais ça fait toute la différence. Ça m'encourage et surtout ça donne de la visibilité au podcast pour qu'il puisse toucher encore plus de commerçants et d'entrepreneurs comme vous. N'hésitez pas aussi à en toucher deux mots à votre entourage si ça peut les intéresser. Et si vous ressentez le besoin d'un accompagnement pour avancer sur vos projets, que ce soit pour lancer votre boutique ou pour la développer, n'hésitez pas à jeter un oeil à mes offres sur mon site larrièreboutique.fr. Je propose aussi le Starter Pack, un kit complet pour vous accompagner pas à pas dans l'ouverture de votre boutique physique. C'est une boîte à outils qui contient tout ce dont vous avez besoin. Un guide détaillé des étapes, des tableaux financiers, un modèle de business plan, une checklist et même une heure de coaching personnalisée pour répondre à vos questions. C'est l'outil idéal dont j'avais rêvé il y a 12 ans avant d'ouvrir mes boutiques et qui va vous permettre de transformer vos idées en réalité sans oublier une seule étape clé. On se retrouve dans deux semaines pour un nouvel épisode plein de nouveaux conseils et d'inspiration. En attendant, prenez soin de vous et de vos projets. Bonne journée et à très vite.