- Speaker #0
Bonjour, bienvenue sur le podcast de l'ECI, l'école du coaching inclusif. Aujourd'hui, ce n'est pas seulement avec moi, Patricia Cyprien-Cloiret, que vous allez faire le pas de côté, mais également avec Marianne, que vous avez connue dans le podcast Aime-toi, Claudia Redondo, que vous entendez avec le podcast Odyssée Intérieure, et Christelle Cassier, qui vous partage de cœur à cœur. Aujourd'hui, nous avons décidé d'unir nos voix pour vous parler d'un sujet qui nous tient énormément à cœur. Il s'agit de l'hypersensibilité. Alors, c'est un sujet qui est hyper à la mode en ce moment et nous avons décidé de le prendre d'une façon un peu différente, sous l'angle de l'entrepreneuriat. Et on s'est demandé, tiens, comment l'hypersensibilité impactait notre vie d'entrepreneuse ? L'hypersensibilité, c'est un sujet qui aujourd'hui est très repris pour parler des difficultés émotionnelles, pour parler des difficultés dans le rapport à l'autre. pour parler également des flots émotionnels, mais qui est très peu abordée pour parler de son impact réel et concret dans ce que nous vivons nous en tant que femmes et en tant qu'entrepreneuses. Donc les filles, si je devais vous demander comment cette hypersensibilité se manifeste pour vous, aujourd'hui dans votre vie d'entrepreneuse, qu'est-ce que vous pourriez nous partager ? Christelle, j'ai envie de te poser la question en premier vu que... Tu démarres dans cette vie d'entrepreneuse. Comment est-ce que tu vis cela ?
- Speaker #1
Alors moi, je vis cela avec un sentiment assez fort de peur. Donc pour parer tout ça, enfin moi ce sentiment est super fort, je pense, je me suis entourée de bonnes personnes. Des personnes qui sont à l'écoute, qui sont en empathie et qui aussi, au-delà de me mettre... de me taper gentiment sur l'épaule en disant « ça va aller » , me poussent à me dépasser. Alors, je vais parler de Patricia et Claudia qui sont les formatrices de la formation « Devenir autonome pour entreprendre » parce que je pense qu'elles ont toutes les qualités pour m'aider sur ce chemin-là, à clarifier ce que je veux faire. parce qu'aussi être hyper sensible au-delà de la peur, c'est aussi un bouillonnement intérieur, une rumination constante du fait d'avoir toujours essayé de cacher ça et de s'être suradaptée à un environnement pour trouver un travail, principalement pour ça, pour trouver un travail. Donc, clarifier qui je suis et ce que je veux faire. Voilà, donc s'entourer des personnes bienveillantes là et d'être dans un espèce de cocon, coton sympa, mais qui vous pousse de l'avance.
- Speaker #0
Et concrètement, comment elle se manifeste, cette hypersensibilité dans ton quotidien à toi de femme qui se lance dans cette vie d'entrepreneur ?
- Speaker #1
Comme je le disais, la peur, ça peut m'empêcher d'aller vers. et de faciliter le retour. Je me cache, je rentre dans ma grotte, je vais sous ma couette et j'attends que ça passe. Et donc, la procrastination éventuelle quand vraiment le pas en avant est trop grand. Donc, j'ai appris aussi à faire des petits pas. Petit à petit, changer les choses petit à petit. Pas faire des pas qui semblent insurmontables. Et ça peut être pas grand-chose, mais pour un hyper sensible, C'est toujours énorme.
- Speaker #0
Oui, c'est la sensation que chaque pas à faire est un pas énorme. Et cette peur-là, c'est une peur avec laquelle aujourd'hui tu acceptes de vivre. Quel est ton rapport à cette peur aujourd'hui ?
- Speaker #1
Je la reconnais, en fait. Je lui fais face. Je la reconnais. Je me dis, bon, OK, je suis dans cet état-là. Ça va. Et puis, je fais aussi ce qui m'aide beaucoup. Et c'est un travail avec... Toi, Patricia, en tant que coach, qui m'a fait prendre en compte presque quotidiennement cette méthode, c'est qu'est-ce que je sais faire, qu'est-ce que j'ai fait dans ma vie, qu'est-ce que j'ai réalisé, qu'est-ce que j'ai accompli, et reprendre un peu confiance comme ça. Et donc, quand je réalise tout ce que j'ai fait dans ma vie, d'un point de vue professionnel, la peur prend une claque, en fait. parce qu'elle a moins lieu d'être là. Après, on compose avec des petites frayeurs, quand il s'agit d'aller d'avant, comme je disais, mais au moins réaliser le parcours accompli.
- Speaker #0
Donc, ce que tu es en train de nous dire, c'est que face à cette peur et à cette réaction émotionnelle, ce que le coaching t'a apporté ou cette formation dans laquelle tu t'es lancée avec nous t'a apporté, c'est d'amener des éléments factuels et concrets qui pouvaient te permettre de prendre du recul pour analyser réellement ce que tu as pu faire et répondre à cette peur.
- Speaker #1
Voilà, exactement.
- Speaker #0
OK. Et qu'est-ce que ça te permet du coup tout ça ?
- Speaker #1
D'y aller.
- Speaker #0
Pas mal.
- Speaker #1
On y va, on avance. Réaliser que la peur n'a vraiment pas lieu d'être. Je suis tout à fait capable d'avancer. Ça me met un espèce de baume sur le cœur, les appréhensions, les peurs.
- Speaker #0
Merci Christelle. Du coup, j'ai envie de continuer avec l'aventure entrepreneuriale avec Claudia. Donc, Claudia Redondo, qui est coach, art-thérapeute, qui fait des comptes, c'est une entrepreneuse accomplie et c'est aussi ma complice pour l'animation de la formation « Devenir autonome pour entreprendre » . On prend un malin plaisir à accompagner, justement, les grands hypersensibles dans leur vie entrepreneuriale. Et j'ai envie de te demander, toi, Claudia, dans ta vie de femme entrepreneur d'aujourd'hui, comment se manifeste cette hypersensibilité ?
- Speaker #2
Alors comment se manifeste cette hypersensibilité ? Alors très honnêtement, elle se manifeste aujourd'hui par l'intuition, tout simplement. Je laisse aujourd'hui en tant que femme entrepreneur la place aux émotions, chose que je ne faisais pas avant, puisque étant dans un système de suradaptation depuis toute petite, puisque je suis une grande hypersensible depuis toujours, J'ai effectivement un parcours de personne suradaptée qui va porter des masques et qui va avoir peur justement d'affirmer sa personnalité, sa sensibilité, son ressenti de peur justement de ne pas être acceptée et de ne pas trouver ma place au sein d'une communauté, au sein d'une société et puis au sein de l'entreprenariat. Aujourd'hui... J'arrive, et c'est ce qui fait finalement ma plus grande force, à m'accomplir au travers de mon hypersensibilité, qui s'exprime par l'intuition, mais qui s'exprime également par ces émotions dans lesquelles je flotte depuis toujours, puisque ces émotions me poussent à être créative, à être audacieuse. prendre la vie à bras le corps et à m'autoriser les challenges et m'accomplir en tant que telle sans pour autant dépendre justement du regard des autres. J'ai réussi à comprendre que cette hypersensibilité était loin d'être un frein, mais que du contraire d'être justement un levier qui me permettrait au jour d'aujourd'hui de m'accomplir en tant que telle. Donc, les masques, j'ai envie de dire, et c'est dans cette Voilà, dans cette philosophie-là que j'évolue en tant que femme entrepreneuse.
- Speaker #0
Et selon toi, quelle est l'émotion qui domine le plus chez toi ?
- Speaker #2
Alors, il n'y a pas qu'une seule émotion. Il y en a deux grandes qui, évidemment, me poussent à monter des sommets, comme à m'allonger. pleinement dans cette émotion assez forte. Donc, il y a effectivement la peur et il y a la joie. Mais alors, pour le coup, en tant qu'hypersensible, je ressens ces émotions à 2000 %, ce qui fait que j'accomplis énormément de choses avec joie. Je suis une personne complètement entière et qui s'assume complètement. Et lorsque j'entreprends quelque chose aujourd'hui, j'y mets vraiment de la joie, de la joie de vie, de la force de vie. et du bonheur. Maintenant, c'est vrai que j'ai, au même titre que Christelle, eu des périodes de doute, de peur, bien entendu, puisque portée par ma sensibilité, mon hypersensibilité, je me suis retrouvée dans des périodes de mon existence, à être dans la procrastination, à ne pas être sûre de moi, et pour le coup, à ne pas oser prendre ma place. Ce qui est intéressant, c'est qu'aujourd'hui, j'arrive vraiment à passer de la peur à la joie, et même à l'amour quelque part, en en mettant vraiment des paillettes dans mon existence et en osant m'affirmer et briller, c'est-à-dire prendre ma place, occuper mon territoire avec cette émotion justement de force qui me permet d'aller là où je veux aller.
- Speaker #0
Donc là, je vois bien cette force qui est portée par la joie. Et quelque part, j'ai envie de te demander aussi, comment cette peur qui t'a habité et qui peut-être t'habite toujours, quel a été son rôle et en quoi tu as pu la transformer en force éventuellement ?
- Speaker #2
Alors effectivement, cette peur a pris une grande place dans mon existence jusqu'à aujourd'hui. Jusqu'à il y a peu, j'ai envie de dire, puisque pendant toute ma vie, j'avais peur du regard de l'autre, j'avais peur de ne pas être suffisamment à la hauteur, j'avais peur de ne pas être assez bien, de par évidemment un vécu personnel, de par ma légitimité d'être aussi et par mon hypersensibilité. Et donc, cette peur a été un petit peu... était présente dans mon existence plus comme une protection pour justement pouvoir anticiper, pour pouvoir avoir deux pas d'avance sur ce qui pourrait m'arriver dans la vie. Donc c'était vraiment l'élément, l'émotion en tout cas, qui allait me servir de protecteur durant toute une partie de mon existence. Et puis à un moment donné, lorsque j'ai compris que cette peur était plus un frein qu'une protection, j'ai décidé de transcender cette émotion qui m'a fait hésiter énormément de fois dans ma vie et de la transcender justement en force de vie en joie pour pouvoir m'accomplir en tant que telle c'est à dire que j'ai compris au travers de tout ce parcours de vie que si je voulais vivre dans la sérénité et dans le bonheur c'était de m'accomplir et d'accepter qui j'étais Merci. et d'être vraiment en accord avec qui j'étais, en justesse avec qui j'étais dans tous les actes de ma vie. Et à partir de là, justement d'abolir la barrière de cette peur qui ne me permettait pas d'être la personne singulière que je suis dans toute mon individualité. Donc aujourd'hui, lorsque j'ai quand même compris que la peur était un énorme frein, je me suis dit allez go, on y va, on laisse tomber cette peur, on va au-delà d'eux. Et on s'autorise le bonheur, on s'autorise la joie et on s'autorise surtout à être qui on est au travers de sa propre identité.
- Speaker #0
Quand je t'écoute, j'ai cette image de la barrière, avec une barrière marquée peur. Et contrairement à ce qu'on pourrait penser dans ce que tu partages là, plutôt que de se dire je la casse et je m'en détourne et je repars, ce que je sens dans ce que tu partages, c'est que tu as embrassé cette peur. peur et que tu as été au contact de cette peur pour quand tu dis la transcender pour dire la dépasser ça veut dire que tu l'a traversé donc quelque part tu es rentré dans le champ de la peur pour en sortir et que tu as su en tirer en faire une force et finalement retrouver la joie qui était derrière tout en bénéficiant de tout ce que tu as tout ce qui a pu apporter la connaissance de la traversée de ce champ de la peur quoi c'est la très belle image c'est tout à fait ça excuse Excuse-moi de te couper.
- Speaker #2
Vas-y, vas-y. Il y a une très belle image qui me vient, c'est celle du parachutiste qui, juste avant d'ouvrir la porte, tremble de peur, avant de passer justement son gilet, tremble de peur. Et puis voilà, il y a cette porte qui s'ouvre et puis il y a cette immensité devant lui. Et puis il y a juste un pas à faire avant de se lancer et puis de vivre les émotions, des émotions intenses qui sont puissantes et en même temps qui sont vivifiantes. Il y a une phrase de Will Smith qui dit « les meilleures choses se trouvent de l'autre côté de la peur » et c'est exactement ce que j'ai expérimenté. J'ai été à un moment donné cette parachutiste qui a embrassé cette peur, qui s'est jetée dans le vide et qui a par la même occasion honoré son existence en tendant les bras et en profitant du voyage. Et effectivement, je peux dire qu'en ayant passé cette barrière de la peur, cette frontière, qui me séparait justement de cette zone d'excellence dont on parle tant, c'était aussi m'accorder le droit de vie, m'autoriser justement le droit d'existence et faire de ma peur une alliée pour en devenir, pour en faire un levier quelque part et mettre en place des choses qui vont être excitantes, qui vont effectivement générer peut-être de l'anxiété et des peurs, mais mon Dieu, qu'est-ce que c'est bon, qu'est-ce que c'est grisant, tout en sachant que derrière, de toute façon, on va voir Voilà, qu'est-ce que je risque ? Que le bonheur, finalement.
- Speaker #0
C'est magnifique, parce qu'en fait, il y a deux choses que tu dis là que je trouve absolument incroyables, enfin, bien plus que deux, mais je vais relever deux choses, c'est honorer son existence, finalement, en s'acceptant dans son hypersensibilité, dans ses émotions et dans les messages liés, quelque part, on honore son existence. Et deux, c'est le fait d'aller vers son excellence. Ça veut dire quelque part, c'est se donner de la valeur et sans partir dans des excès. Parce que c'est vrai que dans notre société, à partir du moment où on commence à se donner de la valeur, on a l'impression qu'on est dans un système égotique, alors que non, on est juste dans se donner de la valeur, se considérer pour qui on est, dans sa singularité. Et je trouve ça vraiment très... Très, très, très puissant. Merci, Claudia. J'ai envie qu'on continue de la vie d'entrepreneur avec Marianne. Marianne, c'est notre experte. Elle est la CEO de Consultez-moi. Et c'est une personne que nous apprécions beaucoup, encore une fois, à l'ECI et qui va nous parler de cet entrepreneuriat qui n'est pas le premier. Et justement, dans cette vie d'entrepreneuse multirécidiviste, j'aimerais que tu nous partages. justement, comment tu traverses tout ça avec tes émotions en tant que femme, avec cette forte hypersensibilité ?
- Speaker #3
Du coup, moi, c'est vrai que c'est un peu particulier parce que c'est ma troisième entreprise, dans d'autres domaines, suite à ma reconversion que j'avais expliquée dans un précédent podcast. Moi, ce qui s'est passé, c'est qu'à un moment, j'avais cette envie viscérale de retrouver cette liberté, de me mettre à mon compte, parce que pour moi, c'est vraiment une liberté. Je le vois comme ça, en tout cas, c'est ma vision du monde. et en même temps j'avais ces peurs de dire mince, est-ce que c'est ok d'y retourner est-ce que c'est cohérent est-ce que tu fais le bon choix et en même temps on attendait des choses de moi en me disant non je ne peux pas quitter mon travail c'est pas possible, on attend trop de moi et à un moment j'ai stoppé tout et je me suis recentrée sur moi en me disant de quoi j'ai envie qu'est-ce qui fait sens pour moi quelles sont mes valeurs à quoi j'aspire et c'était vraiment le moment de me lancer Merci. Une fois que j'ai ouvert cette porte, c'était impossible pour moi de ne pas y aller. J'étais obligée d'y aller. C'est vrai que j'avais aussi toutes les choses passées de l'entrepreneuriat un peu différents, où j'avais des peurs. Mais en même temps, j'avais cette envie d'y aller et de dépasser tout ça, mais de me retrouver. C'était ça, vraiment, de me retrouver, de faire ce qui faisait sens pour moi, de ce dont j'avais envie, mais ne pas reproduire les erreurs. par exemple de me sentir seule, de ne pas toujours oser, de rester dans ce qu'on attendait, dans une petite case. Et moi, j'avais besoin de sortir des cases. Donc voilà, c'est des choses que je mets en place au quotidien dans mon entreprise et dans les partenariats que j'ai au quotidien avec mes clients. Et de travailler aussi, d'aller beaucoup plus loin au-dessus de mes peurs. où c'était, par exemple... de prendre confiance en moi, d'oser aller aussi vers ce dont j'ai envie et de ne pas juste faire pour faire plaisir. Parce que c'était souvent ça. C'était on attend ça de moi, donc je dois y aller, même si ce n'est pas trop mes missions que j'aime. Et là, maintenant, c'est de m'autoriser à dire non ou à dire, moi, je suis sur tel champ d'activité, je fonctionne comme ça et de vraiment m'autoriser à poser des limites. Et aussi pour moi, parce qu'il faut que ce soit écologique dans les deux sens.
- Speaker #0
Là, quand je t'écoute, Marianne, en fait, j'ai vraiment la sensation d'une force. Donc là, un aspect plus corporel, limite quelque chose contre lequel, en fait, tu ne peux pas vraiment lutter, qui s'impose à toi, même si, rationnellement, ta tête te dit, je dois faire ce qui est attendu, je devrais faire ci, je devrais faire ça. Tu as l'air de nous parler de cette hypersensibilité presque comme une force corporelle.
- Speaker #3
Oui, même là, dans le fait de reconstruire mon entreprise. etc. C'était vraiment quelque chose de très, comme tu dis, viscéral. En fait, j'ai toujours été comme ça. Après, ça fait partie de moi aussi. J'ai eu un papa entrepreneur, donc je pense que ça fait partie de mon ADN. Mais c'est quelque chose qui est très, très fort pour moi et dans lequel je trouve le plus de, même si j'ai eu beaucoup de satisfaction dans mes autres emplois, mais c'est vraiment la plus grande des satisfactions, c'est quand je suis à mon compte et le plus grand épanouissement. Par contre, c'est vrai que je fais attention aussi, parce que je peux être très passionnée, à surtout m'autoriser aussi à prendre du temps pour moi et à faire attention surtout à la gestion de mes émotions. Parce que des fois, je me rendais compte que j'étais toujours focus, Et ça me demandait aussi beaucoup d'énergie. J'étais des fois très, très fatiguée ou des fois des phases de colère. En fait, j'avais des grosses phases de colère. Bon, je ne suis pas très fière de ça, mais voilà, ça fait partie de moi et j'assume totalement. Mais c'était justement quand j'allais trop loin. Et maintenant, c'est d'écouter aussi mon énergie. Que si, par exemple, j'ai une semaine où je suis un peu en baisse d'énergie, et ce n'est pas forcément que ça ne va pas, c'est juste que j'ai une baisse d'énergie, et de m'écouter, de m'autoriser à prendre du temps, à faire peut-être des journées moindres, à aller sur des missions qui vont me demander peut-être moins d'attention. Et la semaine d'après, je vais remonter et je sais que je peux faire des montagnes sur une journée. Mais de prendre en compte ces émotions-là et surtout de m'écouter.
- Speaker #0
Donc, il y a vraiment ce côté aussi dans cette forte sensibilité de garder cette sensibilité dans le rapport à l'autre, dans l'énergie que tu as et qui est forcément plus forte, on va dire, de garder une part de cette énergie, on va dire, corporelle pour toi.
- Speaker #3
C'est ça, parce que c'est vrai que je peux me donner à 1000% pour mes clients, pour ce que je fais, parce qu'il y a vraiment cette passion. euh euh Mais c'est vrai que c'est du coup de vraiment m'écouter et que ce soit écologique pour moi et de ne pas non plus, parce que je suis quelqu'un aussi de... J'ai un driver fait plaisir et qui est vachement présent. Et c'est aussi de faire attention que je n'arrive pas trop à axer parce que c'est des choses qui ont pu être déjà régulièrement effectuées chez moi. Et c'est quelque chose que je ne veux plus. Ou aussi apprendre à me faire plaisir, c'est ça. Donc vraiment d'avoir cette écologie pour moi et les autres.
- Speaker #0
Comment est-ce que tu es passée d'un état où vraiment tu pensais aux autres, à t'adapter aux besoins des autres, à cette envie viscérale que tu as aujourd'hui de liberté, de prendre soin de toi, de t'écouter, de t'entourer, d'avancer vers des choses qui font sens pour toi ?
- Speaker #3
Moi, c'est surtout de pouvoir réfléchir en même temps à ta question, qui est une bonne question. En fait, ça va être surtout le côté liberté vraiment qui est présent, de pouvoir faire aussi à quoi j'aspire, qui je suis réellement. C'est ça parce qu'on m'a souvent mis dans un moule en disant « toi, tu es comme ça, on attend ça de toi » . Sauf que la plupart du temps, je n'étais pas moi-même. Et là, c'était cette envie derrière ça de dire « je développe mon activité, c'est mon nom, c'est mon identité, je suis vraiment moi-même » . et je sais que je reviens à ce que tu as dit à la marraine que j'étais et que je suis réellement. Parce que des fois, on nous met un masque aussi. On a l'impression que c'est nous qui nous le créons. Mais en fait, c'est la plupart du temps, c'est les autres personnes. On attend tellement ça de nous qu'on nous met dans les cases. Et c'est compliqué d'en sortir parce qu'on a peur de décevoir. Donc là, c'est avec mon identité. Les partenaires avec qui je travaille, c'est moi qui choisis aussi avec qui j'ai envie de travailler. Et moi, c'est vraiment d'être en déchange l'humain. Par contre, je suis entrepreneur. Mais vraiment, le driver le plus important pour moi, ce n'est pas le côté économique. Alors oui, il faut gagner sa vie, forcément, il faut développer. Mais l'humain est le plus important. C'est ça qui va être en prioritaire. Donc, savoir avec qui j'ai envie de travailler. Et que ce soit des personnes avec qui on ait des valeurs communes ou qui nous font évoluer chacune.
- Speaker #0
Là, tu parles d'un sujet qui est très intéressant, qui est cette notion de masque. et qui pour moi se raccroche à une caractéristique des personnes hypersensibles qui est l'empathie et d'avoir cette connexion telle à l'autre qu'on est quand même capable d'anticiper ou d'imaginer parfois ou d'avoir l'impression qu'on comprend les besoins d'autres et de s'y adapter sans même qu'une demande et puis être faite. Donc il y a des fois les demandes sont faites, clairement on nous met dans une case. Et il y a aussi, il ne faut pas l'oublier, et c'est important de l'avoir pour pouvoir en sortir, cette case dans laquelle on s'est nous-mêmes mis et qu'on projette dans les yeux des autres. Et ça, c'est vraiment une caractéristique des personnes hypersensibles. Et quand on sait qu'on va être en contact avec des partenaires, des clients, des pairs pour travailler, c'est très important de travailler sur soi pour avoir une meilleure conscience de soi. meilleure conscience de la machine que l'on porte, c'est-à-dire notre hypersensibilité de ses caractéristiques, de manière à ce que ça devienne quelque chose qui amplifie et favorise le rapport à l'autre, comme c'est le cas pour toi aujourd'hui, Marianne, plutôt que quelque chose qui nous enferme dans une vérité et qui nous enferme dans des « j'ai l'impression que » . Un autre point que tu amènes, qui est très important, c'est cette notion de valeur, parce qu'en fait, valeur et émotion sont quand même très liées. Et dans cette hypersensibilité, on oublie aussi des fois d'amener le sujet qui a une hypersensibilité des valeurs. Et que cette valeur de liberté, dès lors qu'on en a pris conscience, comme tu disais au démarrage, ça va être très difficile d'aller à l'encontre. La valeur d'authenticité également. Dernière question Marianne, pour toi. Comment, concrètement, est-ce que tu es passé de la Marianne d'avant à cette Marianne aujourd'hui ? rapidement, bien évidemment, j'imagine qu'il y a eu énormément de travail, mais si tu pouvais nous résumer ça en une ou deux tips ou deux invitations que tu pourrais faire à nos auditeurs pour comment je pourrais faire pour passer de moi aujourd'hui à moi demain.
- Speaker #3
Ah oui, c'était un long travail. Ça a pris du temps. En fait, je me suis aussi recentrée. J'ai demandé souvent du feedback à des personnes qui m'entouraient, proches ou moins proches, travail ou non travail, parce que c'était intéressant aussi de voir comment ils me percevaient. Et sur mes missions également. Et j'ai réfléchi également, j'ai listé les missions que je savais faire. Mais j'ai fait plusieurs listes. En fait, j'ai fait une liste de toutes les missions que je savais faire et une liste... de missions que je ne voulais plus faire et une que je voulais continuer à faire ou que je voulais développer, ou des missions même que je ne savais pas faire, mais que j'avais envie de développer pour aller beaucoup plus loin, pour savoir aussi ce que moi je voulais faire et qui j'étais. Et après, forcément, j'ai été vers du coaching aussi pour travailler. J'ai travaillé les valeurs, la vision, le sens, mon identité, ça a été un long cheminement. Le confinement et le Covid, forcément, a accentué parce qu'on est On a été un peu coupés, mais moi, ça m'a fait vachement du bien à me recentrer parce que j'étais toujours en mouvement, toujours à bouger, toujours à voir du monde. Et là, je me suis retrouvée à me recentrer sur moi-même avec un gros changement. Et du coup, ça m'a permis de me poser les bonnes questions et surtout de me retrouver moi et de savoir qui j'étais vraiment. Voilà, donc, petites astuces.
- Speaker #0
C'est hyper concret. Donc, travailler sur soi en coaching, identifier ses valeurs, sa vision, développer une vision. D'ailleurs, c'est quelque chose que l'on va proposer au niveau de l'école. Donc, ça nous fait une super transition, Marianne, en début d'année, à chaque début d'année d'ailleurs, pour travailler sur son projet. Et de l'autre côté, lister ce qu'on sait faire, ce qu'on a envie de faire, ce qu'on ne veut plus faire. C'est vrai que c'est quelque chose qu'on ne pense pas toujours à faire. Si je te posais la même question, Claudia. Comment est-ce que tu es passée de cette Claudia qui cherche sa place à Claudia qui assume sa place singulière et créative, sa place de magicienne ?
- Speaker #2
Trois secondes de réflexion. Je me suis un jour levée un matin et je me suis simplement adressée à la Claudia du futur. en l'observant, en l'imaginant, en la visualisant et en conscientisant que la meilleure façon de faire le pas nécessaire pour passer de cette petite Claudia effacée qui avait peur d'assumer complètement son hypersensibilité à une femme qui s'autorise à rêver, à raconter des histoires et à assumer pleinement ses émotions, je me suis dit, il faut que tu te fasses confiance. fais-toi confiance, crois en toi et crois aussi que si tu veux que ta vie change, tu vas devoir toi aussi changer. Et ça va passer non pas par un changement radical d'une Claudia à une autre, mais par le changement de la petite Claudia qui porte des masques et qui se cache à la Claudia qui ose briller, ose prendre sa place et ose être dans son authenticité propre. Le changement s'est fait un petit peu à l'inverse. Je ne me suis pas transformée, je suis simplement revenue à qui j'étais réellement. Et je me suis complètement assumée.
- Speaker #0
Ok, et donc concrètement, comment est-ce que tu as fait ça ? Si on devait donner à nos auditeurs deux tips issus de ton parcours concret.
- Speaker #2
Je suis passée à l'action en réalisant des rêves qui pour moi me paraissaient impossibles. S'autoriser son intuition, se faire confiance au travers de ce que l'on ressent, au travers de ses émotions et de son ressenti.
- Speaker #0
Super, merci Claudia. Et toi Christelle, pour passer de Christelle d'avant qui avait peur et qui était dans sa grotte comme tu as dit, à Christelle qui aujourd'hui se lance dans l'entrepreneuriat, se lance dans sa formation et a envie de croire en elle, qu'est-ce que tu as fait et quels tips tu pourrais donner ?
- Speaker #1
C'est difficile de donner des étapes parce que ça s'est fait sur de longues années. Ça commence par réaliser, au lieu de se flageller en disant « je suis comme ci, je suis comme ça, j'arrive pas, j'ai peur, je peux pas, je suis nulle » , se juger de manière extrêmement négative, c'est aller à la rencontre de ces...
- Speaker #0
blessures, voire traumatismes, qui font qu'on se met dans un certain état et que, comme je le disais tout à l'heure, c'était rester sous sa couette ou dans sa grotte et que personne ne nous parle et qu'on était bien comme ça, dans ce qu'on appelle communément la zone de confort, qui n'est pas du tout confortable, mais bon, au moins, on n'a pas la peur au ventre, voilà, régulière, enfin quotidienne, je veux dire. Donc en fait, réaliser ça et faire un travail dessus, ça peut être accompagné par un coach, mais aussi par un psy, parce qu'il y a certains traumatismes qui demandent beaucoup de travail. Et ensuite, c'est les étapes de vie, les expériences professionnelles diverses et variées, la rencontre avec les gens aussi, qui nous renvoient une vision de nous-mêmes ou pas. ou de travers, et puis réaliser qu'en fait, non, c'est pas vraiment moi tout ça, ça ne me correspond pas, je ne suis pas ça, je suis autre, et avancer comme ça concrètement sur ce chemin. Mais le déclic, en fait, ça a été de faire un test, je crois, dans un magazine de psychologie, et de me dire, bon, allez, là, on attaque, c'est parti, je peux pas rester comme ça, je peux pas continuer comme ça, il faut changer, et voilà. Chacun y trouve ses petits déclencheurs, en fait. Ça peut être une discussion avec quelqu'un. Et ensuite, c'est du travail quotidien.
- Speaker #1
Dans ce que tu dis, il y a un travail sur soi. Il y a le fait de prendre conscience de soi, de s'appuyer sur l'autre, son retour, son regard, pour conscientiser qui l'on est. Et en fait, ou pas, ou rejeter. Voilà ce que tu disais. Et quelque part, c'est construire sa propre représentation et image de soi-même.
- Speaker #0
Oui, tout à fait. Et ce que disait Claudia, en fait, c'est revenir à soi. Parce qu'au bout d'un moment, je me suis dit, mais en fait, à la base, quand je repense à la petite Christelle, la petite fille, voilà, c'est qui je suis actuellement. en ayant grandi évidemment, mais je veux dire, mon enfant intérieur était déjà, avait envie d'aller de l'avant, était énergique, avait envie de rencontrer des gens, avait envie d'aider, avait certaines valeurs. Enfin voilà, c'est revenir à ce qu'on était et que les blessures, aux traumatismes ou événements de la vie ont enfoui sous des couches de j'ai peur, je ne peux pas, parce que c'est plus ou moins confortable. peut-être.
- Speaker #1
Merci beaucoup les filles. Je vous laisse me poser une question de Joker sur cette hypersensibilité et l'entrepreneuriat, et puis nous allons laisser nos chers auditeurs vaquer à leurs occupations.
- Speaker #0
En fait, alors moi Patricia, j'ai plusieurs choses qui me viennent en tête, donc je n'ai pas bien formulé ma question, mais en tant que femme noire hypersensible, qu'est-ce qui t'a donné l'envie de faire ça ? de te lancer dans l'entreprenariat parce que là maintenant il y a de plus en plus de représentativité en ce qui nous concerne, nous les femmes et les femmes noires, mais il y a une dizaine d'années ce n'était pas encore ça donc voilà
- Speaker #1
C'est une bonne question, une question à laquelle je ne m'attendais pas mais en même temps évidemment que je suis une femme, je suis noire donc j'ai vraiment on va dire je cumule et puis je suis plutôt jeune pour le métier et surtout quand je me suis lancée il y a 7 ans, qu'est-ce qui m'a donné envie de me lancer avec le recul sur l'instant je pense que je n'aurais pas dit ainsi mais avec le recul je pense que il y avait une forme de colère il y a une injustice pour moi justement parce que je n'avais pas forcément de modèle et puis Moi, je n'ai pas de modèle d'entrepreneur. À l'époque, je ne baignais pas du tout dans cet environnement entrepreneurial. Je sortais d'une période de crise, on va dire, dans ma propre vie. Et j'avais envie d'apporter quelque chose, de contribuer à quelque chose pour rétablir une forme de justice. Et la justice, c'est permettre à chacun d'être libre d'être, quelle que soit sa couleur. quel que soit son genre, quelle que soit son orientation sexuelle, quel que soit son mode de vie. Et c'est devenu, au fil des années, un combat presque viscéral. qui me permet de dépasser cette peur. Parce qu'effectivement, je suis une boule émotionnelle. Souvent, les gens voient en moi une boule d'énergie, mais c'est vrai que je suis une vraie boule émotionnelle. Et je pense que ce qui m'a guidée en toile de fond, c'est la colère, mine de rien. Même si ce qui apparaît chez moi, c'est plutôt de la joie. Et l'émotion avec laquelle je suis la moins à l'aise, ce serait la peur. la colère m'a donné un carburant mais pacifié je ne sais pas comment le dire ce n'était pas un carburant colérique c'est un carburant de il faut que ça change et j'aime beaucoup la citation de Gandhi mais moi je n'aime pas les citations juste pour les aimer c'est pour les incarner c'est parce qu'elle me parle vraiment elle dit soyez le changement que vous voulez voir dans le monde je ne l'ai pas mot pour mot mais c'est quelque chose comme ça Et je me suis dit, OK, donc si je veux que les gens puissent entreprendre, que les femmes, les petites filles noires ne se posent pas de questions, que les filles qui soient introverties, parce que, par exemple, moi, dans mon parcours, l'introversion est quelque chose que j'ai découvert très tard, mais finalement, quelque chose que je n'ai pas laissé s'exprimer pour m'adapter. Et c'est de permettre à toutes les personnes qui ne fonctionnent pas comme l'attendue, entre guillemets, d'oser le faire. Et pour le faire, Pour moi, le meilleur des moyens, c'est moi le faire. Parce que si j'en parle, mais que je ne l'ai pas fait, ça n'a pas de sens. Donc, je n'ai pas de représentation, mais en même temps, j'ai une envie. J'ai un rêve et j'y vais. Donc, en fait, ma couleur n'a jamais été une question. Un jour, quelqu'un m'a dit, mais ça me fait du bien. C'était une coach dans une intervention. Elle m'a dit, ça me fait du bien de te voir parce que je n'ai croisé aucun coach noir. quelque part, ça donne des autorisations, ça donne du « c'est possible » . Et ça marche pour la coach noire, mais ça marche aussi pour tous ceux qui sont introvertis, ceux qui voient des choses en moi que d'autres ne voient pas et qui se disent « mais en fait, c'est possible » .
- Speaker #0
Merci Patricia. Et c'est très joli, le carburant pacifié, la colère. C'est vrai que c'est un bon driver. C'est une bonne motivation, la colère aussi, quand elle est… bien utilisée.
- Speaker #1
Elle invite à changer et elle m'invite à changer pas en m'énervant contre l'environnement qui, lui, ne change pas, mais elle m'invite à changer, moi, malgré les peurs, malgré tout. C'est ce qui fait que je ne procrastine pas quand il s'agit d'agir pour cela.
- Speaker #0
Claudia, une question ?
- Speaker #2
Alors, ma question, siège ! La voici. Qu'est-ce que ton hypersensibilité t'empêche encore d'accouplir aujourd'hui ?
- Speaker #1
Parce qu'évidemment, les étapes que vous avez partagées, toutes les trois, sont des étapes que j'ai connues, que je connais. Et j'ai envie de dire qu'on ne cesse, dans le royaume de l'hypersensibilité, d'élargir la zone. dans laquelle on se sent en sécurité. Donc, la zone d'expression des émotions dans laquelle on se sent en sécurité. Donc, moi, en tout cas, je suis partie d'une zone où la seule visible et acceptée, c'était la joie et c'était principalement ce qu'on voyait chez moi ou la colère. Si quelqu'un m'embêtait, j'étais très sanguine. Mais quand on m'embêtait. Et donc, en fait, ma zone d'expression de colère était réduite à ces deux-là et le reste était quasiment invisible, particulièrement la peur, qui était pourtant celle avec laquelle je dilais le plus. Et au fur et à mesure de mes expériences de vie, on va dire que la zone d'expression de ces émotions et surtout la zone de ressenti, d'accueil, de conscientisation de ces émotions s'est élargie. Mais comme tu le dis, Claudia, en fait, je pense qu'elle va s'élargir jusqu'à ce que je meure. Et aujourd'hui, il y a encore des choses que cette hypersensibilité m'empêche de faire. Elle me permet, contrairement à avant, elle me permet une connexion très forte à l'autre. Au-delà de ce qui est dit, au-delà de ce qui est perceptible, une connexion vraiment au ressenti. Donc ce que cette hypersensibilité me permet encore aujourd'hui, c'est cette connexion à l'autre, c'est une prise de recul sur ce qui se passe. Ce pas de côté, je pense que je le dois aussi à ma capacité à être en contact avec ces émotions. Maintenant, effectivement, il y a des choses que mon hypersensibilité m'empêche de faire aujourd'hui. Dans la phase de développement dans laquelle je suis aujourd'hui, j'atteins un niveau palier où la peur se réexprime. la peur se réexprime parce que je vais de plus en plus loin et là j'arrive dans une zone où la peur est de nouveau quelque chose qui apparaît dans l'exposition à l'autre, dans le fait de pouvoir s'exprimer, dans le fait d'être comprise quand je m'exprime. Donc ça, c'est quelque chose que j'ai compris et que j'étais comprise. Et en même temps, il y a une part de moi qui, dans la zone dans laquelle je me situe aujourd'hui, doute toujours cette hypersensibilité. Aujourd'hui, elle m'empêche de parler à une très, très grande échelle. Elle m'empêche encore d'oser. Et en même temps, je me dis qu'elle ne me l'empêche pas vraiment. Moi, je pense qu'il y a des moments pour tout et que j'ai compris que mes émotions jouaient avec moi. Même quand j'avais cette sensation que c'était contre moi parce que ça m'empêche de faire des choses. Mais finalement, ce que je m'aperçois avec le recul, c'est que À chaque fois que quelque chose a été juste, ça s'est fait de façon très fluide. Et pourtant, il y a eu de la peur et pourtant, il y a eu des émotions qui se sont manifestées, mais il y a une fluidité. Donc, je me dis qu'à partir du moment où je n'ai pas la fluidité émotionnelle, même si je suis contrariée parce que je n'ose pas, c'est peut-être tout simplement que ce n'est pas le bon moment pour moi, que d'une certaine manière, ce n'est pas juste pour moi. Donc, on va dire que cette hypersensibilité, aujourd'hui, je vais le dire comme ça, me protège. d'une exposition trop forte, non maîtrisée, non contrôlée, que je ne désire pas, au fond, en fait. Moi, ce que je veux, c'est créer de l'impact. Oui, c'est impacter, c'est faire bouger les gens, c'est y aller petit pas par petit pas. Je ne désire pas la notoriété pour la notoriété. Donc, soit l'impact est grand parce que j'ai un contact grand et réel avec les gens, mais juste l'exposition pour l'exposition, peut-être que c'est de ça que me protège mon hypersensibilité actuellement dans le stade où j'en suis là. Je réfléchis à voix haute pendant que je parle, donc j'espère que ce n'est pas trop décousu, parce que du coup, je suis en train de verbaliser, et en fait, ça me fait prendre conscience de ce qui pourrait m'empêcher aussi dans cette hypersensibilité, c'est que j'ai un sentiment d'urgence, toujours, qui est très pacifié par rapport à il y a encore un an ou deux ans. J'ai accès à beaucoup plus de calme intérieur. Mais cette notion de vitesse d'urgence, c'est toujours là. Et quelque part, mon hypersensibilité me protège justement en m'empêchant cette vitesse. Là, j'ai mal à la hanche. J'ai mal à la hanche parce que je pense que mon corps, et je somatise énormément. Je suis quelqu'un qui somatise beaucoup. Et je pense tout simplement que ce n'est pas comme j'aurais pensé il y a cinq ans. Oh, mon corps me lâche. Je pense que c'est plutôt mon corps m'informe de quelque chose. Et là, il m'informe que ça va trop vite. C'est ma jambe qui est prise. Ma jambe me sert à courir, me sert à marcher, me sert à avancer. Et là, j'ai quelque chose qui, quelque part, bloque mon avancée. Donc, moi, je n'en sais rien. Je ne suis pas médecin et je ne suis pas une spécialiste de la somatisation. Mais quelque chose me dit, une petite voix me dit que peut-être il y a quelque chose dans mon rythme qui, aujourd'hui, n'est pas OK. C'est aujourd'hui comme ça que je... que je vois l'hypersensibilité qui est la mienne, et les limitations, que je perçois les limitations, enfin, ce qu'on peut percevoir comme étant des limitations.
- Speaker #2
Merci, Patricia. J'ai une autre question, mais que tu n'es pas obligée de mettre dans le podcast. C'est parce que ça attise ma curiosité, parce que ça me parle dans beaucoup de choses, mais à quoi relis-tu cette notion d'urgence ?
- Speaker #1
J'ai pris conscience que j'avais du temps pour la première fois de ma vie l'été dernier dans un lit d'hôpital, alors que j'avais frôlé la mort à deux fois. Mon mari m'a dit, je ne sais plus, on parlait de mes projets justement, si on parlait de mes projets, il m'a dit cette phrase, mais tu as le temps. Et pour la première fois de ma vie, j'ai conscientisé que j'avais le temps, que je pouvais avoir des projets pour la retraite, que je pouvais avoir des projets pour mes 50 ans, que je pouvais avoir des projets pour mes 70 ans. Cette notion n'avait jamais, jamais apparu dans ma vie. C'est-à-dire que quand j'avais une idée, elle devait se matérialiser quasiment aussitôt. Alors, ça a été une force dans ma création d'entreprise parce que je ne tergiverse pas 150 ans. J'ai une idée, je la matérialise. Ça se fait, ça se fait, ça ne se fait pas, ça ne se fait pas. Et cette notion de vitesse, je pense qu'elle est liée. Alors, je réfléchis vraiment pendant que je parle. Je pense qu'elle est liée au fait que je suis vraiment extrêmement, extrêmement cérébrale. Et que j'ai compris que dans mon cerveau, ça va vraiment vite, à tel point que ça m'épuise moi-même. C'est vraiment un vrai problème, entre guillemets. Enfin, oui, c'est un problème dans ma vie. Et je n'étais connectée qu'à ma tête. Ma tête allant vite, mais ça, je n'en étais pas consciente. Je vous dis ça maintenant que tu me poses la question et avec le travail qui a été fait avant. Ma tête allant très, très, très, très vite. Il y a toujours cette notion, il n'y a pas la question du temps, puisque tout est instantané. Je vois quelqu'un, j'ai une information instantanée. On m'explique quelque chose généralement instantanément, je comprends. Je n'ai pas de notion de temps dans mon parcours. Tout est pour maintenant. Donc, c'est une question qui s'était, je pense, jamais posée, cette question du temps. Et plus je me connecte à ces émotions, justement, plus je me relie à mon corps. C'est vraiment ça. Plus je me relie à mon corps, plus je me rends compte qu'en fait, il y a un rythme de temps. J'ai toujours dit, dès que j'ai décidé que je ne ferais plus d'enfant et qu'à partir du moment où je serais sûre que je ne veux plus d'enfant, je me ferais ligaturer les trompes. Et je ne sais plus qui m'a dit ça, mais quelqu'un m'a dit, si tu prends cette décision, tu n'auras plus accès à cette information sur le cycle et le rythme de la vie et sur ton propre cycle et ton propre rythme. et en fait toutes ces informations là qui me reconnecte à mon corps, qui me reconnecte à cette information que mon corps a un rythme propre et que ce rythme de mon corps n'a rien à faire du rythme de ma tête, mais rien du tout. D'où la bagarre qu'il y avait toujours sur les 40 premières années de ma vie, entre ce que je fais, et ce corps à un moment donné qui me dit, on va s'arrêter, on va arrêter ça là. Je pense que c'est lié au fait que je sois à ce point cérébral et dans l'instant pour tout, que je ne me projetais pas. Tout est pour maintenant. Aujourd'hui, je sais utiliser du futur. Parce que c'est mon corps qui me donne accès à ça, je pense vraiment avec le recul.
- Speaker #2
J'aime bien penser que... en fait le corps est vraiment notre allié on s'en rend compte avec les années les années faisant, les années passant mais c'est un peu comme si nous étions des consciences mentalisées ou même exprimées dans l'action des consciences, des passagers dans un corps qui nous sert de véhicule terrestre quelque part et à un moment donné dans l'histoire de notre existence, la machinerie déraille un peu pour nous rappeler, aïe aïe aïe, là tu vas trop vite, ta buse sur l'accélérateur, tu joues trop avec l'embrayage, tu prends trop de virages, il faut que tu changes tes pneus, enfin voilà, la métaphore est là, mais tout ça pour se dire qu'aujourd'hui, le véhicule qui nous sert d'enveloppe de corps est hyper important parce que sur le tableau de bord, on a tout qui s'allume lorsqu'on n'est pas un assez bon conducteur pour nous-mêmes dans notre mission de vie. Et pour le coup, ça nous ramène à notre corps, très clairement. Ces signaux de nos corps nous ramènent à qui nous sommes et la façon dont on gère justement notre propre écosystème intérieur.
- Speaker #1
Quand tu utilises l'écosystème, je dis toujours aux entrepreneurs, mais maintenant ça fait encore plus sens, mais que quand on plante une graine, on ne peut pas s'attendre à ce que deux jours après, on ait la tomate qui pousse. Donc, on doit prendre du temps. Il y a un rythme. On peut favoriser ce rythme avec de l'engrais, c'est ce que je dis aux entrepreneurs dans la formation d'entrepreneurs. On peut mettre un engrais pour fortifier la racine, accélérer légèrement la pousse. Et c'est ce qu'on fait dans la formation, c'est ce qu'on fait quand on se fait coacher, c'est ce qu'on fait quand on fait des ateliers, des formations. On travaille la qualité du terreau et l'engrais. On ne pourra pas non plus multiplier par deux, par trois ou par quatre la vitesse de pousse. En fait, il faut l'accepter. Dans le monde du coaching, on entend bien trop souvent cette invitation à changer à tout prix, coûte que coûte, changer, changer, changer, se débarrasser de son passé. Non, si aujourd'hui tout fonctionne, alors tout fonctionne. Et maintenant, si par rapport à l'objectif qu'on se donne dans la vie, à celle qu'on a envie d'être ou celui qu'on a envie d'être, notre fonctionnement par rapport à notre sensibilité est une problématique, on peut déjà commencer par écouter ce podcast et se sentir moins seul. mettre en application les quelques astuces qui ont pu être partagées et ensuite se mettre en action. Le plus important, c'est vraiment ça, c'est qu'est-ce que je mets en œuvre pour demain être un petit peu mieux. Et demain, ce n'est pas forcément dans 24 heures. Demain, ça peut être dans quelques jours, dans quelques semaines, dans quelques mois, peu importe l'espace-temps du demain. Donc voilà. C'était Christelle Cassier, Claudia Redondo, Marianne Torebor et moi-même, Patricia Cyprien dans Amalgame pour parler hypersensibilité, faire un pas de côté sur cette hypersensibilité dans le monde de l'entrepreneuriat. C'était le podcast de l'ECI que nous vous avons présenté avec beaucoup de passion et beaucoup de sensibilité. Et je vous invite à écouter tous nos autres podcasts de cœur à cœur, Odyssée Versoie, Aime-toi. et amalgames pour continuer à travailler sur vous et faire votre propre découverte.