Speaker #0Bienvenue sur le podcast Amalgame, un podcast pour faire un pas de côté avec l'UCI et mes partages de réflexions, mes partages avec mes invités. Alors aujourd'hui, c'est une réflexion que je vais vous partager en ce tout début d'année 2026. C'est la période des voeux, des résolutions, de cette pression sociale qui nous hurle d'être sûrs de nous, d'être conquérants, d'être alignés, d'être pleins d'énergie, d'avoir des rêves, des projets et de surtout savoir quels sont ces rêves, savoir quels sont ces projets. Être capable de répondre à la question « Alors, c'est quoi ta résolution cette année ? » « Alors, c'est quoi ton objectif de fin d'année ? » Moi, la première, c'est une question que j'ai posée à mes enfants. Et en même temps, je la pose en me disant que, peu importe qu'ils aient une réponse ou pas, l'idée, c'est de se projeter, c'est d'avoir un élan vers quelque chose. Mais si la plus belle chose que vous pouviez vous souhaiter cette année, c'était de douter. J'ai eu un coaching ce matin, en plus. sur le sujet, alors tout à fait en promptu, parce que j'ai commencé à préparer le podcast, et ce sujet est arrivé là sur le doute d'un entrepreneur. Et finalement, la conclusion qu'on s'est posée, c'est... Si finalement, ce n'était pas ce qu'on avait de plus beau de pouvoir douter. Moi, je suis entrepreneuse depuis dix ans. J'ai un cerveau qui ne s'arrête jamais. Mon profil est atypique et neuroatypique. Je vois des détails que d'autres ne voient pas. J'ai une sensibilité très, très forte qui me donne la plupart du temps de me sentir trop, beaucoup trop. Et finalement, il y a quelque chose que j'ai appris, c'est que Mes plus grandes erreurs, je ne les ai pas faites quand je doutais. C'est presque le contraire. Elles ont été faites quand j'ai essayé de faire taire mon doute, que j'ai voulu avancer, paraître forte, rassurée, que j'ai voulu montrer que je gérais. Alors du coup, j'ai envie de vous parler de cette boussole mal aimée, de ce cadeau mal emballé, le doute. Alors, pourquoi est-ce qu'on a si peur de douter ? Parce qu'aujourd'hui, dans notre société occidentale, on confond le doute avec l'impuissance. Et on fait du doute, j'ai même envie de dire que l'on fait du doute une impuissance. Prenez les jeunes en ce moment, on est en janvier 2026, qui vont avoir à répondre à Parcoursup. On a créé un système qui leur dit qu'à 17 ans, ils devaient être sûrs de savoir ce qu'ils voulaient faire pour les X prochaines années, ce dans quoi ils allaient investir du temps colossal les 2, 3, 5 prochaines années. et finalement on On n'admet pas le fait et on ne considère pas le fait qu'ils puissent douter. Parce que finalement, douter, c'est stagner. Quand Spinoza nous parle d'oscillation, il nous parle de mouvement. J'ai cette conviction que dans le vivant, sur la Terre, sur la planète, rien n'est stable. Tout est mouvement. Le doute, c'est la preuve que... Mon esprit, que ton esprit est vivant, qu'il refuse de se contenter d'une réponse prémâchée, d'une évidence, d'une évidence qui n'est peut-être pas la sienne, qu'il refuse l'idée selon laquelle l'information ne viendrait que de l'extérieur, que du regard de l'autre, que du on-dit ou de ce qu'on en attend de soi. J'aimerais aussi vous parler de justesse, parce que pour moi... Ce n'est pas la justice des tribunaux, la justesse. La justesse, c'est vraiment la justesse d'un instrument de musique. Quand une situation est juste, tout comme quand une note est juste et elle vous fait cette sensation dans le corps, il y a une espèce de simplicité qui se met en place, une espèce d'alignement corporel. On respire mieux, on ne s'oublie plus. Alors c'est difficile parce que dans notre société, tout ce qui est en lien avec le corps finalement n'est pas valorisé. Rappelez-vous, votre cours de paix, vous pensiez qu'il ne servait à rien. Mais finalement, à être bon en maths, en français, à n'utiliser que notre tête, on a développé la conviction que notre tête doit savoir. Et que l'information vient de notre tête. Et que, donc, si elle ne sait pas, c'est qu'on a un problème. Alors que la note de musique... quand vous entendez une note de musique, une chanson qui vous plaît vraiment, elle vous procure une sensation physique. Et moi, je vous souhaite de ressentir une musique vibrer dans votre corps. Et pour moi, c'est ça la justesse. J'ai passé des années à aider les autres jusqu'à moi m'éteindre, à vouloir en tant que manager protéger mes équipes, à vouloir faire ce qu'il y avait de mieux, à vouloir être présente. pour mes amis, trouver la solution, trouver les solutions. Et qu'est-ce qui m'a sauvé finalement ? Le doute. Même dans ma précédente relation, ce qui m'a sauvé, c'est le doute. Cette petite voix qui dit est-ce que c'est vraiment juste pour toi ? Dans une relation toxique, ce n'est pas de l'hésitation, c'est une alerte de notre système immunitaire. On pense souvent au système immunitaire, là on est en hiver, tout le monde a la grippe, la trachéite, et met en place et fait en sorte de renforcer son système immunitaire, mais on a aussi un système immunitaire émotionnel. Si vous doutez de votre ressenti, c'est souvent parce que vous êtes déjà en train de vous déconnecter de vous, de votre âme, de vos ressentis, de votre corps. Et ça c'est tellement dommage, parce que c'est nos meilleurs boussoles. Vous voyez, dans l'hésitation que ressent mon corps, il y a une information. Quelle est la valeur que je donne à cette information si je considère que ma tête c'est tout ? Alors le doute, est-ce qu'il précède la lucidité ou est-ce que c'est l'inverse ? Parce que pour moi, doute et lucidité vont ensemble. C'est un peu les deux faces d'une même pièce. Le doute, il ébranle ce qui paraît certain pour laisser de la place à ce qui est vrai, à ce qui est juste. Quand j'ai fait mon burn-out, mon mental me disait « retourne travailler, t'as un crédit, t'as une carrière, des enfants en bas âge, tu dois… » trouver le moyen de retourner travailler. Quand le médecin m'a dit, Madame, vous devriez faire 10 000 pas par jour, je suis sortie avec une montre poignée et j'ai fait mes 10 000 pas par jour. Parce que ma tête avait compris que c'était un moyen d'y retourner. Ma tête voulait y retourner. Mais j'avais un doute en moi. Mais j'avais cette certitude du monde extérieur que je devais à tout prix retourner travailler. Mais le doute qui grattait à l'intérieur, c'était, est-ce que c'est ma place ? Et ça, c'est un doute qui grattait depuis au moins 5 ans. Je me posais la question. Qu'est-ce que je fais là ? À quoi je sers ? Et ça a été un peu ce doute, le tunnel vers ma lucidité. Non, je ne peux plus y retourner, je n'y retournerai pas. Ce n'est plus pour moi, ça ne me correspond pas. Donc quelque part, le doute ici, il a été le révélateur de quelque chose de plus juste. Et ça passe par une forme de lucidité, ça passe aussi par une forme d'accueil, et ça passe aussi par l'acceptation de sa présence. On a tendance à vouloir éviter sa présence. Donc en ce début d'année, au lieu de vous demander ce que vous voulez faire avec affirmation, demandez-vous plutôt de quoi est-ce que je doute aujourd'hui ? Sur quoi est-ce que j'ai des doutes ? Derrière chaque doute se cache un brin d'audace. Si vous doutez de votre stratégie actuelle, c'est peut-être que votre curiosité a déjà trouvé une porte dérobée que vous n'osez pas encore franchir. Si votre stratégie... actuelle vous semble fiable parce qu'elle a été donnée par une formation, parce qu'elle a été donnée sur des sites internet ou par une IA et que pour autant vous procrastinez, pour autant les choses ne se mettent pas en place et que vous avez une forme de doute, quelque chose qui sonne pas juste en vous, c'est peut-être qu'il faut être curieux et la curiosité elle est pas sur encore trouver une autre façon qui colle pas à qui vous êtes, mais soyez plutôt curieux de qui vous êtes, parce que là il y a peut-être déjà une porte. que vous n'avez pas osé franchir, c'est la porte de vous-même. Donc le doute n'est pas le problème. Le problème, c'est la violence avec laquelle nous essayons de l'ignorer. Et je parle bien de violence. Écoutez ce doute, il ne vient pas pour tout gâcher, il vient pour vérifier qu'on est toujours là, qu'on est en phase avec nous-mêmes. Il est là pour nous donner une information capitale. Mais pour moi, il y a cette pièce, il y a deux faces, le doute et la lucidité. Et de l'autre côté, J'ai envie d'y mettre une troisième pièce, donc on va faire un petit domino à trois faces, où on va rajouter la curiosité. Pour moi, le doute est une invitation à la curiosité. Curiosité sur nos incertitudes, parce que c'est là que finalement réside notre humanité la plus profonde, la capacité que l'on a et que peut-être les animaux n'ont pas, et peut-être qu'ils l'ont, on n'en sait rien. Mais le doute, comme... boussole comme alerte à la curiosité, j'aime beaucoup cette idée. Donc ce que je vous souhaite pour 2026, c'est d'être curieux, de faire votre part, de faire de votre mieux et d'être content de démarrer cette année. C'était ma réflexion du jour en ce début d'année 2026. J'espère vous retrouver sur d'autres podcasts, sur d'autres réflexions que nous allons mener ensemble. N'hésitez pas à me faire des retours, quels que soient les moyens, sur la page de l'ECI, sur le compte de l'ECI, sur LinkedIn, sur Instagram, vous pouvez me trouver avec mon nom, Patricia Cyprien-Clarrecq. N'hésitez pas à m'envoyer des mails également, si vous souhaitez, mes mails sont disponibles un peu partout sur Internet. Je me ferai un plaisir d'échanger avec vous, et je vous dis à très bientôt.