Speaker #0Bonjour, bienvenue sur le podcast de l'ECI, l'école du coaching inclusif. Aujourd'hui, c'est avec moi, Patricia, que vous allez faire un pas de côté avec notre rubrique Amalgam. Aujourd'hui, nous allons aborder un sujet que vous m'avez suggéré. Et pour cela, je vous dis un grand merci parce que vous êtes mes plus belles sources d'inspiration. Vous nous permettez d'avancer ensemble sur le chemin de la conscience, de la connaissance de soi, et pourquoi pas de l'amour de soi. Alors, on va parler... indécision. C'est intéressant parce que personnellement, c'est un sujet que finalement je vis peu, mais que j'accompagne énormément en tant que coach professionnel. Alors, quand vous la menez, vous la menez comme étant un sujet sous l'angle de la problématique, c'est un problème. Et finalement, j'ai envie de vous demander déjà en préambule, est-ce un problème d'être indécis ? A priori, la réponse est oui. Et dans notre société, généralement, lorsque l'on vous dit « Oh, dis donc, mais qu'est-ce que t'es indécise ou indécis ? » On ne parle pas de votre plus grande qualité. Généralement, c'est amené sous l'angle du défaut ou sous l'angle de quelque chose qu'il faudrait corriger. Alors finalement, quand on parle d'indécision, de quoi est-ce que l'on parle ? Spontanément, vous allez me dire « L'indécision, c'est finalement quand on ne sait pas décider, c'est quand on veut plusieurs choses. » L'indécision pour moi c'est aussi le cas où en fait on sait ce que l'on veut et en même temps on veut autre chose et finalement on se retrouve bloqué entre les deux. On se retrouve dans des situations où plusieurs possibilités s'offrent à nous et on ne sait pas lesquelles choisir. On a la sensation aussi parfois d'avoir des envies qui semblent contradictoires. Une envie qui part dans un sens et l'autre qui part dans l'autre et tire avec quasiment la même force. Alors le problème de l'indécision c'est pas le fait de ne pas être en capacité de décider en tant que tel. Le problème de l'indécision, c'est ce qu'elle ne vous permet pas ou ce qu'elle vous limite ou ce qu'elle vous empêche de faire. Donc à ce stade, il est important, je pense, de recentrer la problématique et de voir ce qui peut faire qu'en coaching, ce problème peut revenir très souvent dans ce qui va être amené par les clients. Commençons déjà par définir ce que ça veut dire décider. Dans le Larousse, vous allez trouver que décider, c'est prendre le parti de faire quelque chose. Se décider à entreprendre quelque chose ou prendre la résolution de faire quelque chose dans un lieu pour résoudre une difficulté. Autrement dit, décider, c'est lorsque je décide, lorsque je prends la décision de prendre acte de quelque chose, de faire quelque chose. Lorsque je décide, je choisis quelque chose. Et vous voyez que dans cette phrase, il y a quelque chose de très anodin mais de très important. C'est le JE. C'est bien je qui décide, c'est je qui choisis de quelque chose et qui va prendre la décision. Donc là vous voyez qu'on commence à rentrer dans quelque chose qui s'éloigne du sentiment initial d'indécision et qu'on commence à venir dans quelque chose de plus intériorisé avec notre jeu. Et on va commencer à se poser des questions. Mais à quoi correspond cette décision ? Est-ce qu'elle est au service de quelque chose ? De qui ? De quoi ? Et on arrive maintenant dans une réflexion qui se complexifie. Parce que finalement, pour savoir ce que je veux, il faut déjà que je connaisse ce « je » . Et ça peut être moi, ce « je » , finalement. Est-ce que je le connais si bien que ça ? Est-ce que mon dialogue intérieur, est-ce que la façon que j'ai de communiquer de moi à moi me permet d'être sereine pour justement décider, prendre ses décisions ? Laissez-moi vous dire un petit secret que j'ai partagé il y a très peu de temps. Généralement, quand quelqu'un vient à moi, en tant que coach, quand un client vient à moi, et le client me dit « mais moi, je me connais bien, j'ai beaucoup travaillé sur moi, en général, je sais que je vais y faire de très très grandes découvertes. » Parce que finalement, plus on a conscience de soi, plus on sait qu'on ne sait pas grand-chose de nous, et plus on en apprend, plus on se rend compte qu'il en reste tellement à apprendre. Et ça, c'est un peu le chemin d'une vie. Alors, quand une personne qui... se connaît, vient me voir pour des difficultés d'indécision, je pars du principe qu'elle a raison. Elle se connaît, mais elle n'est pas encore au contact des parties d'elle qui se chamaillent. La difficulté, lorsque l'on pense se connaître autant, c'est que finalement, on se prive d'une certaine forme de curiosité, de curiosité envers soi. Et la curiosité... Elle est forcément orientée vers un champ d'inconnu, vers une zone dont je sais que je n'ai pas connaissance. Mais si je pense me connaître, alors la piste qui consiste à observer le « je » , « je » , je ne vais pas la prendre. Ou moins la prendre. Ou la prendre avec un champ de conscience que je pense connaître. Finalement, ça va me priver de certaines informations qui pourraient être cruciales. Alors on va voir ça ensemble. Alors comme d'habitude dans tous les podcasts, vous n'allez pas faire que m'écouter, je vais vous faire travailler. Alors revenons sur l'indécision. Je vais vous demander de prendre quelques secondes et de revenir sur un exemple, le dernier cas où vous avez été indécis ou indécise. Vous l'avez ? Ok, alors je vous propose de me décrire l'hésitation que vous aviez, l'indécision que vous aviez à ce moment-là, les choix multiples que vous aviez devant vous ou... la sensation désagréable que vous avez et le pourquoi de cette sensation. Imaginons maintenant que je vous vois à travers un écran de télévision dans cette hésitation que vous avez là pris comme exemple. Qu'est-ce que je vois ? Je vous vois en train de faire quoi ? Ruminer ? Appeler des amis ? Hésiter ? Qu'est-ce que je vois à l'écran ? Il y a de fortes chances que ce que je vois... c'est vous en train de ne rien faire. Vous en train de ne pas bouger. Vous bloquer. Et il y a fort à parier que si j'entendais la petite voix dans votre tête à travers l'écran, j'entendrai des choses du type, je ne sais pas, je ne suis pas sûre, je ne suis pas encore sûre. Et là, c'est vraiment l'endroit où se situe le plus grand amalgame. Parce qu'en fait, vous pensez ne pas savoir alors que votre jeu, je, sait. Au fond de vous, vous vivez une situation de blocage, d'indécision, de je ne sais pas, alors que vous savez. C'est pour ça que je revenais sur ce jeu au démarrage. C'est vous ou votre mental ? Il ne sait pas. Celui qui pense être le chef d'orchestre, qui n'est pas en réalité le décisionnaire de la machine. Ce n'est pas le décisionnaire de la mise en mouvement. Ce n'est pas le décisionnaire de la sérénité. Alors qui d'autre ? Les plus avertis, les plus conscients sauront qu'on parle aussi du cœur, de nos émotions, qu'on parle aussi de notre corps, de notre capacité d'action. Finalement dans l'indécision, ce qui gêne c'est que le corps ne se met pas en action et donc il y a une sorte d'incompréhension, il y a une sorte de dialogue que l'on n'entend pas entre notre tête et nos émotions, les sentiments que l'on peut avoir. A tout cela, il faut ajouter la réponse à cette question. Est-ce que je sais pourquoi je fais ce que je fais ? Est-ce que j'ai une conviction à faire ce que j'ai envie de faire ? Est-ce que je sais à quoi j'ai envie de contribuer ? Est-ce que je sais en quoi ce que je veux faire fait sens ? Donc pour prendre une décision, il faudrait que tout soit aligné. C'est-à-dire, mon mental sait ce qu'il a à faire. Mon cœur est ok avec ce qu'il a envie de faire. et mon corps se met en action parce que ça fait sens pour moi. En étant consciente que finalement j'ai plusieurs pilotes à l'intérieur de moi, je peux me mettre en curiosité pour savoir qui n'est pas d'accord. Mais pour être dans cette curiosité, il faut que j'accepte le fait de ne pas savoir. Parce que pour partir à la recherche de quelque chose, pour partir en mode explorateur, c'est que je me suis super ouverte à découvrir des choses. Et dans notre société, est-ce que nous avons été habitués à être encouragés dans le non-savoir ? Est-ce que dire je ne sais pas est quelque chose que l'on aime, que l'on apprécie ? Pas forcément. Donc finalement on se retrouve contraint de savoir et donc l'information première qui nous vient est celle que l'on sait et on s'accroche à elle. Alors que finalement nous avons d'autres pilotes à questionner, d'autres pilotes à découvrir. Ce n'est pas que notre mental qui mène la danse, c'est lui qui se manifeste mais ce n'est pas lui qui mène la danse. Vous voyez bien que dans ces situations d'indécision, vous ne bougez pas. Alors, je vous propose de reprendre maintenant le cas que vous avez pris en début de podcast avec votre dernière indécision. Et ça va être intéressant maintenant de regarder dans les deux options ou trois ou quatre options que vous aviez, quelles étaient vos convictions. Donc, je vous invite à noter là vos convictions. À ce moment-là, j'étais convaincue de ci ou de ça. N'hésitez pas à faire pause si vous avez besoin de... pour pouvoir noter les convictions vous aviez autant que vous voulez de convictions d'un côté et de l'autre lorsque l'on est indécis c'est que généralement privilégie un des pilotes donc lorsque vous regardez les deux hésitations que vous aviez un deux ou trois peu importe est ce que vous avez la sensation est ce que vous aviez la sensation que vous deviez vous décidez entre l'un ou l'autre généralement lorsque l'on reste dans cette situation d'indécision c'est qu'une partie de l'information, du besoin, manque d'un côté. Et la décision que vous prenez à ce moment-là, c'est de ne pas bouger tant que tout n'est pas OK. Et comment est-ce qu'on sait que tout est ok ? C'est dès lors que vous vous remettez naturellement à bouger et que vous sentez que les choses s'alignent simplement avec facilité. Donc, lorsque je ne décide pas, c'est que un bout de mon jeu n'est pas satisfait ou un de mes pilotes n'est pas totalement satisfait. Généralement, votre pilote principal dans notre société occidentale, c'est notre mental. On a appris que notre mental est celui qui nous garantit le savoir, la reconnaissance, c'est lui qui nous permet de nous sortir de toutes les difficultés et finalement on est enfermé dans ce mental. Et lorsque l'on ne prend pas la décision, lorsque l'on ne bouge pas, c'est que son mental est en opposition avec quelque chose qui se passe avec un des autres pilotes. Soit ce qui se passe au niveau de nos émotions, de ce que l'on a envie de faire ou du sens qu'on peut avoir. porte aux actions que l'on fait. Vous voyez un peu où je veux en venir. Donc l'indécision finalement, c'est tout sauf ne pas savoir. L'indécision, c'est qu'une part de vous sait. Une part de vous sait exactement ce qui sera juste pour vous. Et elle sait aussi que vous êtes en train de suivre votre mental et d'aller dans la mauvaise direction. En tout cas, une direction qui n'est pas la plus optimale, la plus adaptée, la plus juste au moment où vous êtes en train de prendre la décision pour vous. Alors qu'est-ce qui fait qu'on s'accroche autant à notre mental ? Qu'est-ce qui fait qu'on donne autant d'importance à ces informations qui nous proviennent de notre mental ? Et bien c'est notre ego. Notre mental est là pour protéger notre ego. C'est un peu un gardien. D'un côté, il y a cette décision. On va prendre l'exemple de quelqu'un qui veut entreprendre. Le mental se dit, ben non, je suis salarié, j'ai ma paie qui tombe tous les mois, c'est compliqué aujourd'hui avec la crise. On ne trouve pas du travail facilement. Bref, le mental va vous trouver toutes sortes d'arguments pour alimenter cette peur de bouger et pour éviter de vous mettre dans une situation où votre ego serait mis à mal. Alors quand on dit ego, attention, on n'est pas en train de parler du sens négatif de ce mot. Ça parle de cette part fragile en nous qui cherche à se protéger à tout prix, qui cherche à ne pas être mise à mal. Et pour la qui a mis en place un petit garde. Et ce garde qui est généralement dans notre mental nous empêche, nous évite de faire certaines choses pour survivre tout simplement. Donc si je veux entreprendre et que j'ai mon garde qui s'affole littéralement parce que je risque de mettre ma famille en difficulté, parce que je risque d'avoir un retour négatif de ma famille, parce que je risque de ne plus savoir qui je suis. finalement ce que je vais faire c'est que je ne vais pas bouger et de l'autre côté j'ai mes tripes j'ai mon coeur et j'ai mes convictions qui me pousse à aller vers l'entrepreneuriat voyez un petit peu donc j'ai cette force vers cet entrepreneuriat qui va être aussi forte que cette force de mon garde pour me protéger finalement quelle est la bonne direction prendre le risque d'écouter mon coeur mes tripes au risque de m'entendre dire que je suis naïve folle impulsive ou croire fondamentalement en mes envies, mes convictions et me faire confiance. Si seulement c'était si simple. En tout cas, ce qui est évident à ce stade-là, c'est que l'indécision est portée pas par le fait de ne pas savoir, mais est bien portée par une décision qui est connue de vous, mais qui est ignorée. Une décision qui est connue, mais que vous n'acceptez pas. Une décision qui est connue, mais qui génère de la peur. qui génère une émotion désagréable contre laquelle votre garde se bat. Et il se bat en vous disant « Non mais t'es pas raisonnable, non mais ça va pas. Non mais depuis quand tu prends ce genre de décision irresponsable ? » Oui, il vous dira aussi que vous êtes complètement naïf ou naïf. Mais il me semble aussi qu'à un moment donné, toutes les indécisions finissent par arriver à nous faire vivre un stade d'inconfort tel que la décision s'impose d'elle-même. Alors faut-il en arriver là ? Je ne crois pas. Ce qu'on fait dans ces cas-là, c'est ce que moi je fais dans ces cas-là en tout cas, même si ça m'arrive peu, mais ça m'est arrivé. Par exemple, lorsque je me suis lancée en tant que coach, j'ai eu cette opportunité professionnelle qui me permettait de me remettre dans une situation de sécurité en tant que salariée, alors que je me lançais dans cette nouvelle aventure entrepreneuriale sans aucun repère. J'ai été face à cette situation d'indécision à être complètement bloquée. Et ce que j'ai fait moi à ce moment-là, c'est... contacter ma coach pour avoir une séance de coaching prendre du recul faire le point faire le point que mes valeurs voir ce qui était le plus important pour moi faire le faire des liens mettre des mots et ce que je fais aujourd'hui en tant que coach c'est d'aller en supervision pour dans ces cas là sortir du blocage repasser dans l'action donc prendre du recul pour conscientiser ce qui se joue au niveau de ce qui se de mes pilotes finalement prendre du recul pour donner du temps de temps et de l'espace à chacun d'eux et faire le lien entre eux pour ensuite arriver à une décision qui va satisfaire l'ensemble des pilotes, en tout cas qui ne va pas en laisser un sur le bas côté. Lire des bouquins, écouter des conférences, écouter des podcasts, c'est bien. C'est vraiment intéressant parce que c'est ce qui permet de faire émerger une compréhension et d'amener à la conscience une problématique. Donc là, je conscientise que j'ai un problème d'indécision et finalement, ce dont je prends conscience avec le podcast, c'est que ce n'est pas que je ne sais pas, c'est que je sais et que je ne sais pas réconcilier toutes les parts qui sont en moi. Ce que ça m'apprend aussi, c'est qu'en tant que coach, quand un client vient avec un sujet d'indécision, mon premier réflexe est d'aller chercher ce qu'il sait et qu'il n'accepte pas ou ce qu'il sait dont il n'a même pas conscience. Ça, c'est une piste intéressante plutôt que de rentrer dans l'exploration. de la décision à proprement parler. C'est un sujet qui est vraiment très important pour moi parce qu'on parle là de sa capacité à décider. Et décider, c'est ce que l'on peut faire lorsque l'on est libre. Donc quelqu'un qui décide est quelqu'un qui est libre d'être. C'est quelqu'un qui n'est plus soumis au regard des autres, en tout cas beaucoup moins, et c'est quelqu'un qui a cette liberté de pouvoir répondre à ses besoins, qui a la liberté de répondre à ses envies, la liberté de rêver. Donc voilà. J'espère que ça vous aura amené une belle réflexion, que ça a peut-être amené des éléments à votre conscience. Je vous invite à partager ce podcast sur les réseaux, sur LinkedIn, Instagram, pour qu'on puisse en parler ensemble, pour que vous puissiez me dire en commentaire ce que vous en avez pensé, ce que ça a fait émerger pour vous. Je me ferai un plaisir de vous répondre. Et vous pouvez vous rendre sur le site de l'école du coaching exclusif pour découvrir les formations que nous proposons, les différentes problématiques que nous abordons. Et dans l'inclusion, ce qui est intéressant, c'est de voir que souvent, lorsque l'on a une particularité de fonctionnement neuro ou une particularité de vie, on se retrouve plus facilement soumis au regard des autres. On se retrouve plus facilement en contact avec la réalité des autres plus que la sienne. Et c'est très important, il me semble, en tant que coach, d'accompagner chacun à retrouver cette liberté d'être, de vivre, de penser et surtout de décider. C'est un podcast de l'ECI, un podcast... à cinq voix, cinq thématiques, avec un seul fil rouge, notre cœur, et un rêve commun, un monde plus inclusif. Il me reste à vous souhaiter un très bon moment avec les quatre autres voix du podcast, à vous rappeler de liker ou partager si ce podcast vous a plu, et je serai ravie de vous retrouver sur nos différents réseaux sociaux, LinkedIn, Instagram, avec le nom École du coaching inclusif. À bientôt !