- Speaker #0
Bonjour à toutes et à tous, nous vous souhaitons la bienvenue dans le podcast L'environnement au cœur de ma santé, le rendez-vous qui explore les relations entre la santé et l'environnement. Cet épisode est proposé par la mutualité française Grand Est en partenariat avec la DREAL Grand Est et l'association AP3.1. On parle souvent des pollens et de la pollution extérieure quand on évoque les allergies. Pourtant nous passons 80 à 90% de notre temps en intérieur. où l'air est 5 à 9 fois plus pollué que l'extérieur. Moisissures, acariens, produits ménagers, ventilation, notre environnement joue un rôle majeur dans notre santé respiratoire. Pour en parler, nous recevons aujourd'hui Claudia Ferry, qui est conseillère en environnement intérieur et coordinatrice de l'association AP3A pour comprendre ce qui, dans le logement, peut aggraver ou causer des pathologies respiratoires comme les allergies ou l'asthme. et nous transmettre des solutions pratiques à mettre en œuvre au quotidien. Bonjour Claudia.
- Speaker #1
Bonjour Vanessa.
- Speaker #0
Alors Claudia, votre association AP3A, l'association pour l'amélioration des asthmatiques et des allergiques, coordonne un réseau de conseillers en environnement intérieur, dit CEI dans le Grand Est. Pouvez-vous nous dire dans quel contexte votre association a été créée ?
- Speaker #1
Notre association AP3A a été initialement créée en 2004. pour promouvoir un réseau d'éducation thérapeutique pour les patients asthmatiques. Et dans ce cadre-là, les patients inclus pouvaient déjà bénéficier d'une visite d'un conseiller en environnement intérieur pour un petit peu évaluer leur exposition aux différents polluants ou allergènes qui pouvaient leur causer des symptômes. Donc malheureusement, en 2015, ce réseau d'éducation thérapeutique a dû fermer ses portes et notre association a recentré de ce fait son activité sur les visites à domicile des CUI, donc les conseillers ont fait en environnement intérieur.
- Speaker #0
C'est à ce moment-là que vous avez développé le dispositif Interagir avec d'autres grandes structures du Grand Est, qui sont d'ailleurs déjà intervenues au cours du podcast, comme Atmo Grand Est ou l'ARS Grand Est, et également les hôpitaux universitaires de Strasbourg qui ont contribué à la création d'Interagir. Pouvez-vous nous en parler ?
- Speaker #1
Oui, tout à fait. À l'époque, nous avions déjà de nombreux CEI qui exerçaient sur le territoire alsacien, mais... sans réelle coordination. Et puis surtout, nous avions besoin de l'appui d'Atmo Grand Est pour réaliser certaines mesures, notamment en cas de suspicion de pollution chimique. D'où finalement l'idée en 2016 de créer, à l'initiative effectivement des CUI du territoire et notamment des hôpitaux universitaires de Strasbourg, d'Atmo Grand Est et de notre financeur, l'ARS, l'Agence régionale de santé, de créer ce dispositif Interagir, une sorte de guichet unique. pour répondre aux problématiques d'air intérieur dans les logements, mais aussi pour nous permettre de structurer un véritable réseau de partenaires. Et puis en plus, c'est vrai, avec la création des grandes régions, ce dispositif s'est progressivement étendu en 2018 sur la Lorraine, en 2019 sur le territoire de la Champagne-Ardenne. Et aujourd'hui, notre dispositif Interagir couvre l'ensemble du Grand Est avec 15 CUI en activité. Et nous avons également un site Internet. interagir.fr, qui est à destination à la fois du grand public, mais également des professionnels de santé.
- Speaker #0
Est-ce que cela signifie qu'un patient peut accéder à des visites partout dans le Grand Est ?
- Speaker #1
Oui, effectivement, nous couvrons tout le territoire du Grand Est, et grâce au financement de l'ARS Grand Est, dans le cadre du plan régional santé-environnement, ces visites à domicile d'un CEI sont entièrement prises en charge, donc totalement gratuites pour le patient. dès lors qu'il réside dans le Grand Est et qu'il y a une prescription médicale. Pour vous donner un petit peu une ordre de grandeur de notre activité, depuis 2020, on a réalisé environ 2800 visites sur l'ensemble du Grand Est. Et depuis 2004, on réalise environ par an 560 visites sur le Grand Est, complétées par une dizaine de campagnes de mesures de polluants chimiques réalisées par Atmo Grand Est en cas de suspicion de pollution chimique. Il faut aussi savoir que ce dispositif Interagir permet à nos CUI lorsqu'elles sont confrontées à des logements qui présentent de gros dysfonctionnements, qui sont non décents, avec par exemple beaucoup de moisissures, d'humidité, et dans lesquels effectivement parfois les bailleurs ne semblent pas vouloir faire de travaux. Donc dans ce cas-là, dans le cadre du dispositif Interagir, on a la possibilité de signaler le dossier à l'ARS qui transmettra, selon la problématique, le dossier à la mairie, au service communal d'hygiène de santé, au pôle de lutte contre l'habitat indigne. afin de trouver les leviers nécessaires pour contraindre le bailleur à justement résoudre et remédier à ces dysfonctionnements.
- Speaker #0
Quel est l'intérêt de ce dispositif Interagir ?
- Speaker #1
Pour le patient, ça leur permet déjà de bénéficier d'un véritable audit de leur qualité de l'air intérieur, d'évaluer leur éventuelle exposition aux polluants biologiques, aux polluants chimiques et de leur donner des conseils d'éviction personnalisés pour leur permettre de limiter cette exposition. dans l'idée de pouvoir diminuer leurs symptômes et d'améliorer leur qualité de vie. Et puis, pour le professionnel de santé, ces visites de CUI, ça leur permet finalement d'avoir une meilleure vision du logement, voir un petit peu ce qui s'y passe, peut-être mieux comprendre pourquoi finalement il y a une aggravation soudaine des symptômes du patient. Et finalement, le CUI, ce sont un petit peu les yeux du professionnel de santé au domicile du patient.
- Speaker #0
Alors vous êtes vous-même, Claudien... conseillère en environnement intérieur, et vous coordonnez des conseillers en environnement intérieur. D'où vient ce métier ?
- Speaker #1
Ce métier a été créé déjà dans les années 90, à l'initiative du professeur Deblay, du service de pneumologie des hôpitaux universitaires de Strasbourg, pour pouvoir déjà prendre en compte à l'époque l'environnement intérieur des patients, puisqu'on se rendait compte que l'environnement intérieur des patients pouvait déjà avoir un fort impact sur la santé. notamment sur les patients ayant des pathologies respiratoires. D'ailleurs, nous avons encore la grande chance aujourd'hui d'avoir parmi nous Martinot, dans notre réseau du Grand Est, qui est la première CUI à avoir exercé en France. Il faut quand même savoir aussi que les CUI qui exercent ce métier sont tous diplômés d'un diplôme DUI santé respiratoire et habitat, une formation continue qui est proposée à l'Université de Strasbourg. Il convient aussi de préciser que ce métier a été validé par de nombreuses études scientifiques qui ont validé à la fois l'intérêt du métier, mais aussi l'intérêt clinique, puisqu'on a pu montrer que suite à la visite d'un conseiller en environnement intérieur, on pouvait constater une baisse des hospitalisations, du nombre de passages aux urgences, du nombre de jours de classe manqués, et puis aussi une baisse de prise de médicaments. Et puis aussi, les visites sont co-efficaces. Donc c'est vrai que les visites ont un certain coût, mais il est toujours moindre que le coût d'une hospitalisation ou d'un passage en urgence.
- Speaker #0
Parle-t-on de conseillers en environnement intérieur ou de conseillers médicals en environnement intérieur ? Utilise-t-on l'acronyme CEI ou CMEI ?
- Speaker #1
Oui, alors en fait ça dépend de la région, mais CMEI, conseillers médicals en environnement intérieur ou CEI, conseillers en environnement intérieur. C'est exactement pareil. C'est vrai que dans le Grand Est, notre financeur, l'Agence régionale de santé, a souhaité faire disparaître le M de médical pour qu'il n'y ait pas de confusion. Parce que c'est vrai que le métier n'est pas forcément exercé par des professions médicales. Mais vous trouverez toujours au niveau national notre site CMEI France qui répertorie vraiment l'ensemble des professionnels exerçant sur tout le territoire. Et d'ailleurs, vous pourrez... peut-être même entendre parler de CHS, conseillers Habitat Santé, qui ont suivi une formation légèrement différente, mais qui au final exercent aussi le même métier.
- Speaker #0
Quelles sont les pathologies les plus souvent rencontrées en lien avec la qualité de l'air intérieur ?
- Speaker #1
Les causes de prescription sont multiples. Bien évidemment, ça va de l'asthme, rhinite, conjonctivite, la BPCO, la bronchopneuropathie chronique obstructive, les pneumopathies d'hypersensibilité. On retrouve aussi des pathologies qui peuvent être en lien avec les moisissures, comme l'aspergillose ou l'ABPA, l'aspergillose bronchopulmonaire allergique. On peut aussi intervenir pour des patients atteints de mucoviscidose ou en pré- ou post-grève, puisque pour ces patients, il est vraiment primordial d'avoir un environnement sain. Et bien évidemment, on intervient quand il y a des allergies à certains polluants biologiques qu'on peut retrouver chez soi, notamment les moisissures, les acariens. les poils d'animaux ou alors quand il y a une suspicion de pollution aux composés organiques volatiles. Après, c'est vrai qu'on est aussi amené à intervenir quand le patient présente des symptômes qui semblent se déclencher ou alors s'aggraver au domicile plus particulièrement. Et enfin, c'est vrai que nos CU peuvent être aussi sollicités parfois avant une biothérapie parce que par exemple, c'est des... des traitements qui sont extrêmement onéreux mais très efficaces, par exemple pour l'asthme sévère. Donc là, pour la mise en place de ce type de traitement, il est intéressant de voir un petit peu ce qui se passe au domicile. Est-ce qu'on ne peut pas d'abord faire une éviction de certains polluants pour limiter les symptômes ? Ou alors on peut aussi intervenir avant une désensibilisation, notamment au niveau des acariens, puisque c'est souvent des traitements longs et contraignants, surtout pour les enfants. Donc là aussi, on peut vérifier qu'il y a une éviction optimale des acariens au niveau du logement.
- Speaker #0
Vous avez parlé des enfants, est-ce que certaines populations sont effectivement plus à risque que d'autres ?
- Speaker #1
Alors bien évidemment déjà les populations les plus à risque sont les patients qui souffrent déjà de pathologies respiratoires, qui ont des allergies. Bien entendu les populations défavorisées vivant dans des situations précaires et puis effectivement comme vous disiez les enfants, les femmes enceintes. Mais finalement quand on regarde au niveau de nos visites on retrouve... Tout type de public, ça va de personnes qui sont propriétaires, locataires, vivant dans les logements sociaux ou alors chez des bailleurs privés. Et on se rend compte que finalement, toute personne peut avoir des problématiques de pollution de son air intérieur.
- Speaker #0
Alors justement, on parle d'une explosion des allergies depuis 40 ans, passant d'environ 10% d'allergiques dans les années 80 à 30% aujourd'hui. L'Organisation mondiale de la santé projette même 50% d'allergiques dans le monde à l'horizon 2050. Selon vous, qu'est-ce qui explique cette hausse ?
- Speaker #1
Alors il y a de nombreux facteurs qui peuvent expliquer cette augmentation. Déjà le changement climatique joue un rôle important. On voit bien que les pollens sont plus précoces, plus persistants. Et on voit bien, les saisons polliniques commencent de plus en plus tôt, finissent de plus en plus tard. En plus, les pollens sont de plus en plus abondants. Alors ça s'explique par le fait que déjà... On aménage de plus en plus d'espaces verts, on plante de plus en plus d'arbres dans les villes pour justement un petit peu limiter cette hausse des températures. Et souvent les plantes qui sont plantées sont des variétés qui peuvent être allergisantes parce que souvent très jolies et peu onéreuses, comme par exemple les bouleaux. Et puis c'est vrai qu'on utilise de moins en moins de pesticides, ce qui permet à certains végétaux, comme les graminées, qui sont souvent incriminés par les allergiques, de mieux pousser. Donc on a... une plus grosse concentration de ce type de pollen. Et puis on observe aussi une migration de nouvelles espèces, du fait de ce changement climatique, donc des nouvelles espèces auxquelles on peut se sensibiliser. Et puis c'est vrai qu'on voit aussi l'apparition d'espèces invasives, comme l'ambroisie, qui sont extrêmement allergisantes. Et puis il y a également la pollution atmosphérique qui amplifie ce problème. avec les particules fines liées au trafic routier, au chauffage domestique et aussi les autres polluants qui peuvent en plus modifier la structure même des pollens, les rendant ainsi plus agressifs et plus allergisants. Ces polluants, au final, irritent les voies respiratoires, rendent les muqueuses beaucoup plus sensibles, ce qui finalement facilite la pénétration des allergènes au sein des bronches, pouvant aussi expliquer l'augmentation des allergies.
- Speaker #0
Vous avez abordé les facteurs de l'air extérieur qui expliquent cette augmentation. On a rappelé en début de séance que la qualité de l'air intérieur n'était pas très bonne. Qu'est-ce qui fait que les polluants sont présents à l'intérieur aussi ?
- Speaker #1
C'est vrai qu'on soupçonne aussi que l'exposition aux perturbateurs onocriniens, aux composés organiques volatiles, d'une manière générale aux produits chimiques, on soupçonne que ça puisse également favoriser le développement des allergies. Et à cela aussi s'ajoute notre mode de vie qui peut aussi jouer un rôle. Par exemple, la consommation d'aliments ultra transformés peut déséquilibrer notre microbiote et donc notre système immunitaire, ce qui au final peut aussi favoriser l'apparition d'allergies. Et puis c'est vrai que si on regarde depuis 50 ans, nous consommons des aliments que nous ne consommions pas. plusieurs années auparavant, comme le kiwi, le soja. Et là aussi, ça peut permettre l'apparition de nouvelles allergies.
- Speaker #0
On parle aussi de l'hypothèse hygiéniste. Qu'en est-il ?
- Speaker #1
Alors, c'est vrai qu'il y a des études qui ont montré que des enfants qui ont vécu à la ferme ont moins d'allergies que des enfants qui ont vécu en ville. Parce que, tout simplement, du fait que ces enfants vivant à la campagne sont exposés d'une manière beaucoup plus précoce à des bactéries, des virus. qui finalement leur permettent de mieux renforcer leur système immunitaire et donc d'être moins allergiques que des enfants vivant dans des zones urbaines, souvent dans des milieux plus aseptisés. Et puis aussi un élément qu'il ne faut pas oublier, c'est notre patrimoine génétique, puisqu'il faut bien savoir que si on a deux parents allergiques, nous-mêmes avons le risque d'être allergiques à hauteur de 70%.
- Speaker #0
Alors maintenant en tant que patient, si je suis allergique ou asthmatique ? Comment je peux m'y prendre pour bénéficier d'une visite d'un conseiller en environnement intérieur ? Comment se passent concrètement les visites au domicile ?
- Speaker #1
Alors déjà pour bénéficier d'une visite, il faut une prescription médicale d'un médecin, qu'il soit allergologue, pneumologue, pédiatre, médecin généraliste. Donc le bordereau de demande à compléter est téléchargeable à tout moment sur notre site internet. Et une fois complété, ce document peut nous être transmis par le médecin. ou alors par le patient directement à notre association. Et donc une fois que je la réceptionne, la visite est transmise au conseiller en environnement intérieur, le plus proche du lieu de résidence du patient. Donc il faut savoir qu'une visite d'un CEI dure à peu près une heure et demie. Elle débute déjà par un questionnaire sur les habitudes de vie et de consommation du patient, mais aussi de sa famille, à savoir quel type de produits ménagers ils achètent. Quelles sont leurs pratiques en matière d'aération ? Est-ce qu'il y a des activités de bricolage qui sont faites au sein du logement ? Est-ce qu'il y a de la consommation de tabac ? Et puis aussi, on va s'intéresser à l'habitat. Quel mode de chauffage ils ont ? Est-ce qu'il y a un système de ventilation ? Est-ce qu'il fonctionne ? Quels sont les revêtements au sol, au mur, au plafond ? Est-ce qu'il y a des travaux qui ont été réalisés ? Quel type de mobilier ils ont ? Et puis, on va aussi s'intéresser un petit peu à leur environnement extérieur, voir s'ils habitent. près d'une autoroute, près de champs, près d'une usine. Ça a aussi son importance. Et après, on va faire le tour des différentes pièces pour faire une étude éventuelle des différents polluants biologiques ou chimiques qu'on peut retrouver au sein du logement. Et bien évidemment, on va aussi visiter les pièces selon la prescription du médecin. Par exemple, si la demande est pour un asthme allergique aux acariens, on va bien évidemment s'intéresser... plus précisément à la chambre, là où on retrouve le plus ces allergènes. Donc on va un petit peu observer, faire le tour de ces différentes pièces. Et puis après, on va aussi bien évidemment observer les murs, les plafonds, les fenêtres, mobiliers. On va essayer un petit peu de voir s'il y a des signes apparents d'humidité, par exemple des tapisseries qui se détachent, des signes de condensation, du bois condolé, qui peuvent être des signes d'humidité, de moisissures, donc des polluants fortement défavorables à la santé. et puis on vérifie aussi la ventilation, voir si elle est en fonctionnement, est-ce que les entrées d'air sont bouchées, puisque là la ventilation c'est vraiment un élément primordial pour avoir une bonne qualité de l'air intérieur chez soi. Et enfin le CUI est amené à faire des mesures de température, d'hygrométrie, donc de mesurer le niveau d'humidité du logement, éventuellement mesurer le niveau de confinement en mesurant le niveau de CO2, voir si les pratiques... d'aération semble correcte. Et puis, selon la pathologie des patients, on est amené à faire des prélèvements fongiques, donc des prélèvements de moisissures. Et enfin, en fonction de tout ce qui a été vu, observé au niveau du logement, le conseiller va émettre différentes recommandations pour qu'il y ait une éviction des différents polluants. Et il va rédiger un compte-rendu qui va récapituler l'ensemble de ces éléments. Un compte-rendu qui sera transmis aux patients et aux médecins prescripteurs. A la suite de votre visite,
- Speaker #0
les patients sont-ils surpris de vos recommandations ?
- Speaker #1
Alors c'est vrai que parfois les patients sont un peu surpris parce qu'on voit bien que dans leur achat, ils sont souvent influencés par le marketing, donc ils pensent bien faire et au final c'est tout le contraire. Mais globalement, ils se rendent compte finalement que les conseils donnés sont souvent simples, pas compliqués à mettre en œuvre et finalement c'est souvent du bon sens. Après, il faut dire que parfois, surtout quand il s'agit d'animaux... C'est vrai que ça peut être un petit peu compliqué toutefois quand il y a des allergies. Donc de dire voilà il faudrait que l'animal ne rentre plus dans les chambres, pour certains c'est quand même toutefois un peu compliqué. Mais globalement on constate que les patients acquièrent quand même de nouvelles connaissances et en moyenne 70% des recommandations sont suivies. 86% estiment que la visite leur a été utile et 90% des personnes... sont satisfaites à très satisfaites de la visite du conseiller en environnement intérieur. Et pour la moitié d'entre eux, ils ont vu une amélioration certaine ou probable de leurs symptômes grâce aux conseils donnés lors de la visite.
- Speaker #0
Quelles sont les idées reçues les plus courantes que vous entendez ?
- Speaker #1
Alors c'est vrai, depuis le Covid, on voit beaucoup de patients qui achètent des produits ménagers dits désinfectants. C'est les produits où vous voyez écrit dessus « détruit à 99,9% des virus et des bactéries » . Donc en plus, ce type de produit, ça va du Sanitol au Sif, au Saint-Marc. Enfin vraiment, il y a de plus en plus de marques qui vendent ce type de produit. Donc là, il faut vraiment... déconstruire un petit peu l'image qu'en font les publicitaires, parce que souvent, ils nous donnent l'image que ces produits permettent d'avoir un environnement beaucoup plus sain. En plus, c'est souvent des produits de couleur verte, donc on a l'impression que c'est des produits bio, naturels. Or, c'est vraiment des produits qu'il faut éviter, parce qu'ils contiennent des ammoniums quaternaires qui peuvent à terme provoquer des pathologies respiratoires. Pareil, pour l'eau de Javel, c'est vraiment des produits qu'il faut vraiment proscrire, extrêmement irritants pour les voies respiratoires. Et ce qu'il faut aussi bien retenir, c'est qu'un logement doit être nettoyé. Il n'a pas besoin d'être désinfecté. On n'est pas dans un hôpital en fait. Et ce qu'il faut retenir, c'est que finalement, le nettoyage c'est l'usage et la désinfection l'exception. Après, ce qu'on retrouve aussi souvent, c'est que les patients nous disent « ça sent bon le propre chez nous » . Donc là aussi, il faut bien comprendre que le propre n'a pas d'odeur. Et si vous avez des odeurs de parfum chez vous, c'est que malheureusement vous avez relargué des produits chimiques dans votre air.
- Speaker #0
Et les mélanges d'huiles essentielles qui sont pourtant des substances naturelles, les conseillez-vous ?
- Speaker #1
Alors c'est vrai que là aussi on constate que les patients achètent de plus en plus ces sprays de mélange d'huiles essentielles qui sont censés purifier votre air intérieur. En plus souvent ce sont des produits qui sont vendus en pharmacie. Si c'est vendu en pharmacie, c'est que c'est forcément bon, c'est efficace. En plus, ils disent que c'est des produits naturels. Donc là aussi, il ne faut pas oublier que ce n'est pas parce que c'est naturel que c'est forcément bon pour le patient. Donc il faut bien savoir que ce type de produit, bien au contraire, au lieu d'assainir, a tendance à augmenter la pollution dans son logement, puisque ça relargue énormément de composés organiques volatiles, dont des terpènes qui sont irritants pour les voies respiratoires. D'ailleurs, quand vous achetez ce type de produit, si vous regardez un petit peu les étiquettes, il est souvent précisé qu'il ne faut pas diffuser en présence d'enfants de moins de 3 ans, de femmes enceintes ou alors en présence de personnes asthmatiques. Et après, enfin, une dernière idée qu'on voit vraiment beaucoup actuellement, c'est que les plantes sont dépolluantes. Alors c'est vrai que certaines études ont montré que certains végétaux avaient une capacité à éliminer certains polluants. Mais il faut bien se dire que dans la vraie vie, l'efficacité n'a pas du tout été démontrée. Et se faire l'idée qu'en mettant des fleurs chez soi, on va dépolluer son air intérieur, ce n'est pas du tout réaliste. Et puis, il ne faut pas oublier que parfois, les plantes peuvent être allergisantes, voire toxiques. Et la terre dans laquelle se trouvent ces plantes sont des végétaux en décomposition. Donc, il y a présence de moisissures qui, elles, peuvent être défavorables à la santé. Donc, bien au contraire... Il faudrait limiter les plantes dans son air intérieur et pas en rajouter.
- Speaker #0
Et enfin, quelles grandes recommandations pourriez-vous donner à nos auditeurs pour améliorer ou garder un air sain chez eux ?
- Speaker #1
Alors déjà, aérer 10 à 15 minutes par jour, matin et soir, été comme hiver. Ne pas boucher ses entrées d'air et bien entretenir ses bouches de ventilation. Et puis, utiliser des produits simples. comme le vinaigre blanc, le bicarbonate de soude ou alors des produits écolabélisés. Et puis au final, toujours se poser la question sur l'intérêt d'acheter tel ou tel produit. En ai-je vraiment besoin chez moi ? Et puis aussi ne pas oublier de regarder les pictogrammes de risque qui souvent se trouvent sur les produits d'entretien. Et puis il faut garder à l'esprit qu'il est toujours préférable de ne pas polluer son air intérieur, c'est-à-dire d'utiliser un minimum de produits. plutôt que de vouloir le dépolluer en utilisant par exemple des sprays assainissants ou des bougies. Donc au final, le grand message à retenir, c'est aérer, ventiler et rester simple dans le choix de ses produits.
- Speaker #0
Quelle perspective voyez-vous pour le métier de conseiller en environnement intérieur ?
- Speaker #1
Alors c'est vrai qu'on espère que le métier de CEI soit de mieux en mieux connu du grand public, mais aussi des professionnels de santé. Et puis aussi qu'il puisse se développer sur toute la France pour avoir vraiment une couverture maximale du territoire. Parce que c'est vrai qu'en Grand Est, on a vraiment le soutien de notre financeur, l'ARS, mais ce n'est malheureusement pas le cas dans toutes les régions. Et puis on espère à terme que cette prestation fasse l'objet d'une prise en charge pérenne.
- Speaker #0
Merci Claudia.
- Speaker #1
Merci Vanessa.
- Speaker #0
En résumé, les pathologies respiratoires comme l'asthme et les allergies s'accentuent du fait du changement climatique, de la pollution de l'air, de nos antécédents familiaux, mais aussi de nos modes de vie. Le métier de conseiller en environnement intérieur se développe partout en France et notamment dans notre région Grand Est avec 15 professionnels, ce sont souvent des femmes, à disposition des patients et des professionnels de santé prescripteurs. Un partenariat avec les hôpitaux universitaires de Strasbourg, Atmo Grand Est et l'ARS Grand Est a permis de créer la plateforme Interagir en Grand Est. Vous la retrouverez sur internet www.intairagir.fr. Toute personne ayant des problématiques respiratoires peut, sur prescription de son médecin, bénéficier gratuitement d'une visite d'un conseiller en environnement intérieur et recevoir des conseils. sur mesure. Comme vous l'avez rappelé, des gestes simples sont à mettre en place au quotidien, aérer 10 à 15 minutes par jour, matin et soir son logement, en été comme en hiver, utiliser des produits simples comme le vinaigre blanc, le bicarbonate de soude ou des produits écolabélisés en évitant les bougies, les assainissants, les désinfectants ou purifiants. Retenez bien aussi que le nettoyage et l'usage, la désinfection, c'est l'exception. Évitez de boucher vos ventilations. Comme vous le voyez, des solutions existent. Soyons acteurs de notre santé. Découvrez nos prochains podcasts, l'environnement au cœur de ma santé, au cours de nouveaux épisodes sur la végétalisation des jardins, la salubrité des logements et bien d'autres. À bientôt !