Speaker #0Hey ! Comment vas-tu aujourd'hui ? Je suis trop contente de te retrouver. Bon, je vais commencer par te poser une question. Quel est le sujet que tu repousses depuis des mois maintenant, en ce moment, au moment où je te parle ? Tu ne sais pas ces sujets urgents, pas les mails que tu dois traiter, pas la xième demande d'un manager. Non, je te parle vraiment d'un sujet qui soit structurant. ou d'une politique RH que tu veux développer depuis un moment ou d'une optimisation ou bien de la mise en place d'une nouveauté dans ton organisation RH, qu'importe. Mais vraiment, je te parle juste d'un sujet structurant. Peut-être tu veux travailler depuis des mois à améliorer l'intégration, peut-être tu veux revoir le parcours de formation depuis des mois. Peut-être que tu veux gagner du temps en retravaillant et en mettant en place une réunion hebdo un peu plus cadrée dans ton équipérage. Qu'importe. Ce truc que tu te promets de traiter quand tu auras le temps, est-ce que tu vois de quoi je te parle ? Tiens d'ailleurs, dis-le moi en commentaire, j'ai trop envie de savoir. Mais sauf que ce temps-là, tu l'as jamais. Tu vois vraiment ce sujet que tu procrastines, tu sais que tu dois le faire mais t'as jamais le temps de le faire. Et pourtant en fait... t'as pas le temps de le faire mais c'est pas faute de bosser parce que je sais que des heures t'en fais je sais que tu traites des tonnes de sujets que tu gères l'opérationnel mais en fait à la fin de la semaine quand tu fais le point tu te fais toujours la même réflexion punaise j'ai encore pas avancé sur ce sujet essentiel que je m'étais engagée à traiter et là souvent le réflexe c'est de se poser un diagnostic mais hyper sévère envers soi-même oh « Oh, j'ai encore procrastiné, ce n'est pas possible. Je manque de discipline ou je ne suis vraiment pas assez organisée ou structurée. » Alors là, tu te promets à ce moment-là de devenir plus rigoureuse, de bloquer du temps, de mieux t'organiser. Et en fait, si tu es vraiment honnête, tu vas en tout cas par moments te réveiller et te dire « Oui, je vais le faire et je vais bloquer des temps dédiés dans mon agenda. » Mais ça ne marche jamais longtemps parce que c'est ce truc que tu fais sauter Parce que les urgences sont plus urgentes. Et je vais te dire un truc essentiel. En fait, tu te retrouves à procrastiner, mais la procrastination, ça n'est pas un problème de volonté. C'est juste un signal. Un signal que ce sujet-là qu'on a ciblé au début, que tu repousses, il est peut-être trop gros ou peut-être qu'il est un peu trop flou encore. Il n'est pas suffisamment cadré ou bien il est trop exposant dans l'organisation. Ou bien il est trop risqué, du coup. Ou alors il est trop lourd à porter tout seul et tu ne sais pas trop encore comment te faire accompagner d'une équipe. Et en fait, ton cerveau ne te sabote pas à ce moment-là. Contrairement à ce que tu peux penser quand tu te dis « Il faut que je sois plus discipliné, il faut que je sois plus carré, etc. » Non, son cerveau ne te sabote pas, il fait juste son tas qui est de te protéger. Et... Le truc, c'est que quand on est RH, au lieu de regarder ce signal en face, on a plus tendance à mettre en place des stratégies d'évitement qui sont relativement intelligentes. Elles ne sont pas conscientes, elles ne sont pas non plus mauvaises, mais elles sont redoutablement efficaces pour ne pas aller traiter le sujet de fond. Ce ne sont pas des pièges en fait, ce sont juste des mécanismes de procrastination que tu vas déployer plus ou moins sophistiqués. Je t'explique. Depuis des années, je les vois revenir tout le temps, ces signaux et ces mécanismes de procrastination. Alors là franchement, c'est des RH qui sont extrêmement compétents, qui ont un bon niveau de maturité, qui sont engagés, qui sont consciencieux, rigoureux dans leur travail. Je ne remets pas du tout ça en cause. Et juste après, je vais t'en partager 5. Je te préviens, moi-même j'ai fait l'exercice avant d'écrire le script de cet épisode. Je mets ma main à couper que tu vas forcément te reconnaître dans au moins un de ces cinq mécanismes en tout cas. Le premier mécanisme que j'ai identifié c'est la Sagrada Familia. Ouais, exactement. En fait là, tu veux tout faire d'un coup. Tu veux tout, par exemple... Tu te dis que ton chantier que tu reportes, c'est je veux structurer, optimiser toute ma fonction LRH. Je te prends un exemple, c'est peut-être pas le tien. C'est juste pour illustrer. Tu veux faire optimiser ton recrutement, tu veux optimiser l'onboarding, tu veux accompagner les managers sur un sujet X ou Y, tu veux développer et structurer le développement des compétences, qu'importe, tu veux changer d'outil. Bref, tu te lances dans un chantier démentiel qui est celui d'optimiser l'ensemble de ta fonction RH. Et là, forcément, le chantier, il est énorme. Et donc, qu'est-ce qui se passe ? ton cerveau, lui, il panique. Là, il voit des voyants rouges partout. Résultat, tu fais quoi ? Tu te dis, je repousse ce sujet-là. Pourquoi ? Parce qu'il est beaucoup trop flippant. Et si tu te lançais maintenant, comme la Sagrada Familia, ton cerveau sait très bien que tu vas te lancer dans un chantier interminable. Et notre cerveau, il est bête, mais il a besoin d'avoir de l'apport en dopamine par la réussite de certains projets. Avec la Sagrada Familia, Ton apport en dopamine, il va être dans même un an, deux ans, trois ans, quatre ans. Tu n'alimentes absolument pas ton cerveau avec ce mécanisme de la Sagrada Familia. Le deuxième mécanisme que je vois, c'est la maison en paille des trois petits cochons. En fait, c'est un peu le confort du provisoire. Je t'explique. Tu sais que tu as un sujet qui ne tient pas vraiment tel qu'il est aujourd'hui. Je ne sais pas, tu sais par exemple, prenons l'exemple du processus de recrutement. Tu sais bien que ton processus il est plus ou moins bancal, que chacun fait un peu encore à sa sauce et que c'est un peu, soit vous perdez beaucoup de temps, soit vous n'êtes pas suffisamment performant dans la vitesse à recruter un candidat. Ça reste une illustration. Mais tu te dis bon jusque là ça va on a toujours réussi à trouver des solutions donc ça passe. Donc tant que ça passe, toi tu touches à rien. Parce que structurer ou documenter ou cadrer ou te lancer sur ce chantier-là, ça te demande un effort mental qui va être énorme. Alors tu repousses jusqu'au jour où il va y avoir quelqu'un qui va être absent, où la charge mentale elle va augmenter, où il va y avoir un nouveau qui va arriver et là patatras tout va s'effondrer parce que peut-être sur l'exemple du processus de recrutement toi tu es là pour cadrer ou bien tu as une personne dédiée au recrutement et donc elle, elle va gérer. Cette personne n'est pas là. Pas ta train, il ne se passe plus rien. Voilà. Deuxième mécanisme. On enchaîne maintenant avec le troisième. Le troisième mécanisme, c'est le Big Mac au foie gras. En gros, c'est la peur de mal faire. Toi, tu veux que tout soit parfait tout de suite. Tu ne cherches pas les 80% de ce que je fais, c'est bon. Toi, tu vises direct le 100%. Tu te dis pourquoi ? je ferais un Big Mac tout simple alors que je peux y mettre une belle tranche de foie gras. Tu veux que tout soit nickel, ultra propre, tu vois, ultra cadré. Tu ne fais rien dans ton taf que tu ne juges pas 100% parfait, ultra validé. C'est quoi le risque de ça ? C'est que tu ne lances rien parce que tu te mets une pression de malade pour que tout soit absolument parfait selon... ton critère, ton niveau d'exigence. Et du coup, tu sais que n'importe quel chantier structurant, pour qu'il soit à la mesure de tes attentes, il va te prendre un temps de malade. Ça, c'est ce qu'on appelle la procrastination par perfectionnisme. En gros, tu repousses tout tant que ce que tu fais n'est pas jugé suffisamment assez bien. Ensuite, le quatrième mécanisme, c'est l'EPR de Flamanville. Ça, c'est la procrastination par surcharge. là on n'est même plus sur de la flemme tu vois on est sur de la saturation un peu mentale totale. Trop de problèmes, trop de sujets ouverts, trop d'irritants en même temps, tu sais plus par où commencer alors ton cerveau fait ce qu'il fait juste pour survivre. Tu vas traiter sur le signal d'alerte le plus fort, sur ce qui tombe aujourd'hui, sur ce qui te soulage immédiatement Alors en fait là on est dans le mode pompier du service RH un peu classique, tu vois, tout comme l'EPR de Flamandville. En fait tu repousses pas parce que tu t'en fous des sujets, pas parce que tu t'en fous des signophores, pas parce que tu t'en fous de traiter les sujets de fond qui vont te soulager, mais parce que tu n'arrives plus à voir ce qui te paraît vraiment prioritaire, en tout cas ce qui est plus prioritaire que le reste. C'est exactement l'EPR de Flamanville. Tu vois, tu as un projet énorme, colossal, hyper complexe, hyper coûteux, risqué, résultat, tu te paralyses, tu te fais happer par l'ensemble des problèmes qui débarquent sur ton bureau. Le cinquième mécanisme, c'est l'Assemblée nationale. Je me suis un peu emballée sur ce cinquième mécanisme. Je t'explique. Quand tout devient politique et rien n'avance, petite dédicace à notre budget qui au moment où j'enregistre n'est toujours pas validé. Là, on est sur une forme de procrastination un peu particulière. Tu vas comprendre. Ce n'est pas par surcharge. Ce n'est pas par peur de mal faire. Ce n'est pas par lourdeur. C'est parce que chaque sujet... stratégique dans ton périmètre dont tu es potentiellement responsable devient hyper structurant, devient hyper stratégique, devient hyper sensible à arbitrer plus tard et donc il est remis à plus tard au codire, au comex, peu importe. Nécessite une validation de ton boss, un budget à obtenir, sauf que résultat des courses t'es en fin d'année, on est en décembre 2025 ou décembre 2026, t'as toujours pas eu ton budget. Donc concrètement, rien ne se démarre vraiment, rien n'est vraiment tranché non plus, rien ne se termine finalement parce que tout devient politique. Et toi, du coup, tu attends, t'as jamais de budget et ça n'avance pas. Mais pendant que ça discute en fait dans ce mécanisme-là, les problèmes continuent de vivre, les équipes continuent de s'agacer Les managers continuent de bricoler, peut-être parce qu'ils ne sont pas vraiment outillés. Et toi, tu continues de compenser avec tout ça. Là, tu es dans le cas de figure où tu sais ce qu'il faut, tu attends du budget, tu as une idée de projet en tête, mais tu ne peux pas le faire parce que ça dépasse ton champ de prérogatives, on va dire ça comme ça. C'est exactement comme à l'Assemblée nationale, tu te retrouves avec beaucoup de débats, il y a beaucoup d'intentions, il y a peu de décisions finalement concrètes qui sont prises. Résultat, ça conduit l'ensemble de l'organisation et toi aussi parce que t'es au milieu de ça prise dans cet étau à l'immobilisme. Et ici ce qui nourrit la procrastination c'est hyper intéressant, c'est pas en fait le manque d'idées, c'est que tout est traité comme un sujet qui devient politique automatiquement En clair, les rôles et les prérogatives de chacun ne sont pas suffisamment délimités. Et c'est ça qui sème la pagaille. Parce que je pense que dans cette situation, il y a probablement des prérogatives qui sont les tiennes, mais que par usage, vous avez pris l'habitude que ce soit traité en codir, en débattant, etc. Là, on est plutôt sur un sujet culturel. Alors que tout ne mérite pas ce niveau de solennité, tu vois. Je te donne le simple ultra opérationnel peut-être pour t'aider à sortir de ça. Parce que ça, c'est quand même quelque chose que je vois assez souvent. Si un projet que tu as en tête dure moins de deux semaines, ce n'est pas un projet. C'est une to-do liste. Si un projet dure plus de deux semaines, c'est un projet. Si un projet dure plus de deux mois, c'est un projet stratégique qui mérite d'être, qui mérite en tout cas d'être vu en codire. Tu vois ? Deux semaines, deux mois et plus. Ok ? Tu te limites à quatre projets stratégiques RH max de cette manière-là les dés sont jetés avec ton codire. Au-delà, on a quatre projets stratégiques sur lesquels on se met d'accord cette année. Ensuite, les gars, le reste, c'est moi qui gère. Et le reste se règle vite, se règle plutôt localement, sans commuter et sans t'épuiser. Tu les ajoutes ou pas dans une to-do list. L'important, évidemment, c'est que tu n'empiles pas des sujets au fil de l'année. C'est que ces sujets que tu vas rajouter vont servir tes ambitions stratégiques. Et ensuite, le point commun, c'est que ces cinq mécanismes, ils te donnent tous l'illusion d'avancer. Alors que toi, tu continues de procrastiner sur l'essentiel. Mais encore une fois, ce n'est pas parce que tu manques de compétences, mais c'est parce qu'on ne te donne pas le cadre clair. Parce que tu n'as pas de priorité en fait qui soit explicite. Parce que tu portes trop toute seule ou tout seul, pardon. Alors, la mauvaise question à se poser, c'est comment j'arrête Claire de procrastiner ? La bonne question, c'est qu'est-ce qui rend ce sujet que je procrastine depuis des semaines, depuis des mois, si lourd que j'en viens à l'éviter ? Tu vois, le sujet auquel tu as pensé dans mon introduction. Ce sujet, tu sais et tu n'as pas le choix, tu sais que tu dois le faire mais que tu procrastines. Qu'est-ce qui le rend si important, si lourd que je l'évite ? Et tant que tu ne vas pas identifier clairement quels sont les mécanismes qui te font procrastiner, Qu'est-ce qui fait que tu t'éparpilles ? Qu'est-ce qui fait que tu mets trop d'énergie pour rien et à quel endroit ? Tu vas continuer en fait à le repousser. Donc ça, ce mécanisme de protection, de procrastination de ton cerveau, en fait c'est vraiment un angle qui vient grignoter ta productivité. C'est pour ça que du coup tu t'enfermes dans une forme de productivité toxique. Je t'invite donc à te poser vraiment sur ces 5 mécanismes de productivité, à te questionner, à prendre un peu de hauteur sur cet épisode, tu vois, un peu différent, un peu plus introspectif. Et ensuite, une fois que tu as déterminé ça, je t'invite à télécharger Léon, le diagnosticon, qui est donc mon agent IA, je t'en ai déjà parlé. Léon, il est dopé à l'ensemble de mes méthodes. Je l'ai hyper musclé avec... tous mes différents accompagnements. Donc, je l'ai en fait adapté pour qu'il réfléchisse comme moi, qu'il te pose plein, plein de questions. On n'est pas sur un diagnostic bidon offert à partir de six questions qui vont te poser trois solutions qui enfoncent des portes ouvertes. On est vraiment sur un diagnostic hyper structurant. Donc, je t'invite à le tester. Tu peux exprimer, tu peux très bien par rapport à notre épisode du jour lui dire « Voilà ! » Je procrastine depuis X temps sur tel sujet de fond que j'ai envie de déployer. Est-ce que tu peux m'aider à y voir clair ? Est-ce que tu peux m'aider à définir un processus sur ce sujet-là ? En tout cas, amuse-toi, tu vas voir, c'est hyper sympa. Tu m'en diras des nouvelles. Je te demanderais juste une chose. Viens me mettre un petit commentaire peut-être, tu l'as déjà testé. Franchement, je serais trop curieuse d'en savoir plus. En attendant, il est l'heure de se quitter. J'ai fait un épisode un peu plus long que d'habitude. J'espère que ces cinq concepts de procrastination t'ont éclairé et en tout cas je te souhaite une belle journée. Allez à bientôt, bye !