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L’Industrie qui fait Envie : Recrutement, Fidélisation des Talents, Marque Employeur et Stratégies RH pour les Professionnels de l'Industrie

Il est DG et a mis en place la semaine de 4 jours dans son industrie !

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1h09 |02/11/2025|

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Description

📩 Abonnez-vous à la newsletter du podcast pour décortiquer les meilleures stratégies RH de l'industrie :
👉 https://claire-tenailleau.systeme.io/11452a9f


➡️ DRH, RRH, managers industriels : et si la semaine de 4 jours n’était plus un rêve de start-up parisienne… mais une réalité industrielle en plein cœur des Landes ?


Chez Navailles, entreprise familiale spécialisée dans les sièges médicaux depuis 1966, ce choix audacieux est désormais en place.
Mais comment prendre une telle décision dans un secteur où la production, la flexibilité client et les pics de charge rendent tout plus complexe ?


Dans cet épisode, je reçois Cyril Michaud, Directeur Général de Navailles, qui nous partage avec franchise et lucidité l’envers du décor : du choix stratégique RH, aux effets sur la culture d’entreprise, en passant par les freins opérationnels, l’impact sur l’attractivité, ou encore la question (taboue) de l’équité entre les métiers supports et la production.


🎧 On y parle industrie, bien sûr.
Mais surtout : expérience collaborateur, management, adaptation des modèles industriels et fidélisation dans un monde du travail en mutation.


💬 Au menu :
✅ Pourquoi Navailles a mis en place la semaine de 4 jours (35h réparties sur 4 jours)
✅ Comment la flexibilité des horaires a permis de lever les freins individuels
✅ Pourquoi seuls les fonctions support sont concernées
✅ Le rôle de la modulation annuelle en production
✅ Comment assumer un traitement différencié entre production et fonctions support
✅ Le lien direct entre territoire, mobilité, et organisation du travail
✅ L’impact sur l’attractivité RH en zone rurale
✅ Le pouvoir du Made in France et du label Origine France Garantie


Mais ce n’est pas tout 👇
📌 Les limites de la robotisation pour les petites séries personnalisées
📌 Le parallèle intéressant entre industrie et restauration
📌 Comment donner du sens : produire local, utile et tangible
📌 La culture du projet comme levier d’engagement
📌 Pourquoi les RH doivent repenser les modèles managériaux hérités du taylorisme
📌 Comment incarner une marque employeur engagée


Vous êtes DRH, RRH ou manager industriel ?
Vous vous demandez comment améliorer l’attractivité de votre entreprise, innover sans désorganiser vos équipes, ou rendre vos métiers plus désirables auprès des jeunes générations ?

➡️ Cet épisode vous offre un retour d’expérience sincère, concret et applicable, loin des discours idéalisés.


🎯 Un échange franc, une immersion concrète aux côtés d’un dirigeant industriel qui place les RH au cœur de la stratégie, loin du rôle classique de support.


📌 Liens mentionnés :
👉 Cyril Michaud : https://www.linkedin.com/in/cyrille-michaud-manufacture-navailles/
👉 Mon profil : https://www.linkedin.com/in/claire-industrie-qui-fait-envie/

🎧 Bonne écoute !


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Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    Hello les passionnés d'industrie, alors bienvenue sur le seul média qui parle vraiment des enjeux RH de ce secteur. Et son objectif ? Vous partager des stratégies, des astuces et de l'actionnable pour redevenir l'industrie qui fait envie. Je suis Claire Tenayot, je suis hôte de ce podcast et fondatrice de Be Wanted. Et mon job ? Ben, faire rayonner votre industrie. Je vous aide à structurer votre fonction RH et bâtir votre marque employeur. Ensemble, on élabore des stratégies d'attractivité et de fidélisation des talents qui puissent accompagner la croissance de votre industrie. Mais je ne suis pas seule à ce micro. Chaque lundi, je reçois un invité, dirigeant des RH ou expert d'une thématique RH, pour que vous repartiez avec un shot de bonne pratique et de benchmark. Allez, j'ai terminé, c'est parti pour l'épisode et bonne écoute ! Bonjour Cyril, comment vas-tu ?

  • Speaker #1

    Bonjour Claire, ça va très bien, la rentrée se passe bien, après quelques petites périodes de vacances au mois d'août, il faut repartir au combat.

  • Speaker #0

    C'est parti, au moment de l'enregistre, pour que nos auditeurs puissent se placer dans le contexte, nous sommes le 10 septembre. effectivement de de Deuxième semaine de rentrée, déjà bien agitée. En tout cas, je suis très contente de t'avoir aujourd'hui. On a une petite routine ici, donc je vais te poser trois questions. Tu y réponds, spontanée, cash, profonde, perso, pro, de la manière dont tu le souhaites. Mes trois questions, qu'est-ce qui t'anime, qu'est-ce qui te révolte et qu'est-ce qui te fait peur ?

  • Speaker #1

    Wow !

  • Speaker #0

    Allonge-toi sur le divan, Cyril.

  • Speaker #1

    Qu'est-ce qui m'anime ? Les projets en général, c'est-à-dire partir de... La construction d'un projet ou le pilotage d'un projet, je ne sais pas si c'est l'un ou l'autre en vrai. Quelque part, c'est construire quelque chose. Donc, sur le projet, construire quelque chose, ça nécessite une réflexion, ça nécessite des idées. d'essayer des trucs, de ne pas y arriver et aboutir. Mais c'est plus finalement la période de projet qui me fait plus kiffer finalement que l'aboutissement. J'ai l'impression que c'est ça.

  • Speaker #0

    Donc le chemin plus que le sommet, quoi.

  • Speaker #1

    J'ai l'impression, oui. J'ai l'impression que c'est ça. Bon, le sommet, c'est bien aussi. Mais en fait, le vrai kiff, c'est plus sur l'excitation du projet, en fait, je pense. Donc ça, c'était la première question. L'autre question, c'était quoi ?

  • Speaker #0

    Ah,

  • Speaker #1

    j'ai oublié. Il ne se prend pas de notes, moi. L'autre question.

  • Speaker #0

    Qu'est-ce qui te révolte ?

  • Speaker #1

    Ah, il y a plein de trucs. Qu'est-ce qui me révolte ? Qu'est-ce qui me révolte ? Comment dirais-je ? L'injustice, c'est trop vague. Mais en général... Les personnes qui n'ont pas de parole, les gens qui s'engagent sur quelque chose et qui ne respectent pas leurs engagements, ça me révolte en général. Peu importe les raisons, et surtout quand tu n'expliques pas pourquoi ils n'ont pas pu faire ce qu'ils allaient faire, ou qu'ils ne respectent pas, tu n'as pas d'explication. Donc en fait, c'est la trahison en quelque sorte. Ça, ça me révolte.

  • Speaker #0

    Et alors, qu'est-ce qui te fait peur ?

  • Speaker #1

    Qu'est-ce qui me fait peur ?

  • Speaker #0

    Pas le droit de dire, je sais pas, les araignées, les alligators en Floride.

  • Speaker #1

    Qu'est-ce qui me fait peur ? Ah si, peut-être qui me fait peur, c'est peut-être, je sais pas, la guerre à nos portes. La guerre, elle est déjà à nos portes, mais la vraie guerre dans notre pays, ça me fait un peu flipper parce que ça peut angoisser. Comme tout peut arriver, ça me fait un peu peur parce que là on change de monde et là on est bien au chaud, etc. Mais il y en a qui vivent des guerres et quand on n'a pas vécu, je pense que c'est flippant. Parce que tout l'être humain, forcément, il devient sauvage. Et tout change. Dans certaines guerres, tu as des proches qui deviennent des ennemis. c'est angoissant ça t'as plus tes repères t'as plus rien quoi ouais ouais c'est angoissant

  • Speaker #0

    Bon, passons sur une note un peu plus positive. C'est toujours la question qui plombe. Mais maintenant, je te pose, tiens, un peu éponyme du podcast. Pour toi, ça représente quoi l'industrie qui fait envie ? Qu'est-ce que ça t'évoque ? Qu'est-ce qu'elle serait ou qu'est-ce qu'elle est pour toi, cette industrie qui fait envie ?

  • Speaker #1

    Alors l'industrie qui fait envie, c'est plein de choses. Je n'ai pas de solution miracle, mais je pense que je n'ai pas de solution miracle parce qu'on essaie de trouver, de casser les codes, d'arriver à trouver là où les solutions, puis après ça dépend des industries. Mais les points communs, je pense que c'est comment faire finalement pour... Remotiver des personnes à travailler dans l'industrie. Alors après, ça va dépendre des postes parce qu'il y a quand même des... Souvent, c'est un petit peu comme si je te parle de la restauration que je connais bien aussi. Qu'est-ce qui fait que les gens vont remotiver les gens à aller dans la restauration ? Ou l'industrie ? Je les compare un peu, même si ce n'est pas les mêmes métiers, mais il y a un peu les mêmes difficultés d'image. Alors la restauration, on va faire plus rêver parce que tu peux être dans un lieu magique. Mais ça, c'est le devant de la scène. Derrière, c'est un métier qui est dur. Et l'industrie ? C'est peut-être l'inverse du coup, ça peut avoir une image très dure, alors que dedans, ce n'est pas forcément toujours dur. Je ne sais pas comment expliquer. Après, dans l'industrie, effectivement, d'une manière générale, on a un problème d'image. Donc, d'image et… Parce qu'en fait, l'image qu'elle a, elle est vraie, elle est fausse. Elle est… comment dire ? L'image est grossie en négatif. Mais ceci dit, ça ne veut pas dire que dans les industries, on doit aussi avoir un management qui se réinvente. Comme dans la restauration d'ailleurs. Et ce n'est pas simple. Parce que ce n'est pas juste j'augmente le salaire, le truc, déjà il faut pouvoir. Ça va beaucoup plus loin que ça, c'est beaucoup plus profond. Et c'est vraiment un changement de mindset et d'état d'esprit. Donc voilà, c'est une vraie rupture. On le voit dans certains succès. de restauration, de jeunes qui ont cassé des codes, qui ont réussi, parce qu'ils resteront dans le temps, je ne sais pas. Mais souvent, leur levier était positionnement marché et le levier était aussi une approche du management.

  • Speaker #0

    Oui, en fait, ce que tu veux dire, c'est presque une rupture de notre héritage culturel. Quelque part, c'est ça. Parce que si on s'intéresse un peu à la psychologie sociale du travail, on puise beaucoup, évidemment, dans l'héritage du taylorisme, du fordisme, en tout cas depuis la révolution industrielle, avec des modèles managériaux et de productivité qui découlent de ça. Donc, on a un héritage aussi assez lourd. Effectivement, il faut qu'on arrive à garder le meilleur de ça et se détacher de ce qui colle aujourd'hui. aux besoins de notre société d'aujourd'hui. Et donc, effectivement, c'est un paradigme qui est profondément culturel.

  • Speaker #1

    Ce n'est pas évident de casser ces codes-là, parce que casser des codes, même sur papier, c'est compliqué. Parce qu'après, il faut arriver à garder un équilibre de tout ça. Mais je pense que ceux qui réussiront dans le futur, ou même maintenant, quelles que soient les industries, je parle d'industrie, moins de production.

  • Speaker #0

    Quand je parle d'industrie, c'est l'inter-industrie, en tout cas,

  • Speaker #1

    effectivement, orientée production, on est d'accord. C'est ça, parce que l'industrie, pour moi, c'est production. Et donc, c'est vrai que, particulièrement, il y a de la production. C'est pour ça que je fais un peu le pendant avec la restauration où c'est de la production. Il y a de la production en cuisine et, en quelque sorte, la production en salle. Le service est une forme de production. Et l'industrie, déjà, la première chose, l'image peut faire beaucoup. Nous on le voit parce que, alors, même dans les ateliers, alors il y a des ateliers, dans les ateliers si tu veux, il y a des trucs, il y a des jobs qui demandent moins de compétences, bon voilà, parce que tout n'est pas robotisé. Bon, ces gens-là, ces personnes, bon, elles viennent travailler, ils pourraient travailler potentiellement ailleurs, comment les attirer, ben c'est pas évident. Après, dès qu'il y a des compétences spécifiques, comme dans la couture, comme dans la soudure, comme dans la... en production spécifique, c'est des savoir-faire. C'est un peu différent parce que les personnes se sont formées pour ça. En général, ils kiffent ce qu'ils font. Ils aiment ça. Donc ça, il y a moins de soucis. Et puis après, tout ce qui est parti bureau au sens large, je n'aime pas le terme bureau, mais tu vois, c'est bon, voilà.

  • Speaker #0

    Support,

  • Speaker #1

    quoi. Oui, tout ce qui est support, exactement. Là, on arrive de plus en plus ici à recruter des jeunes. Ça peut être des alternants, ça peut être des salariés maintenant. J'ai beaucoup d'alternants qui sont devenus salariés après. Donc, ça veut dire qu'on y arrive quand même, petit à petit. Parce qu'ils pouvaient être sensibilisés en disant, l'industrie, c'est vrai. Mais en fait, je pense qu'ils aiment aussi le côté… Pareil, il y a un projet, c'est-à-dire qu'on part d'un tube acier, d'un truc, et à la fin, ils sortent un siège, en plus, qui vont aller dans les hôpitaux. Donc, en fait, on a une…

  • Speaker #0

    C'est tangible et c'est concret,

  • Speaker #1

    quoi. Voilà, c'est exactement ça. C'est tangible et c'est concret. Et puis, on sert à quelque chose. Parce qu'indirectement, on soigne des gens. Donc, on a une certaine mission. C'est plus ou moins… Je ne sais pas qu'on est une entreprise à mission, mais…

  • Speaker #0

    Mais alors, attends, attends. Il faut que tu nous parles de nous. Hop là ! Tu es en train de spoiler. Non, je rigole. Non, mais tu vois, si on reprend dès le départ. Est-ce que… Parce qu'aujourd'hui, tu es juste Cyril aux oreilles de nos auditeurs. Donc, est-ce que tu peux nous expliquer qui… qui tu es, te présenter comme tu le souhaites et présenter ton entreprise bien sûr également comme ça,

  • Speaker #1

    ça va poser un peu de contexte aussi avant qu'on rentre dans le cœur du sujet alors Cyril donc j'ai 53 ans je suis directeur général de la manufacture de Navail Cyril Michaud pardon et donc en fait c'est une entreprise, une manufacture qui existe depuis 1966 on est au cœur des Landes, c'est-à-dire dans les Landes, mais pas sur la côte, malheureusement, parce que c'est quand même cool la côte. Bon, j'y vais souvent quand même, évidemment. Donc, on n'est pas au Ségor, on n'est pas loin. Pour ceux qui connaissent le Ségor, forcément, c'est connu. On est vraiment dans les terres et dans une ville qui s'appelle Agetmo, un village, on va dire, qui a toujours eu de l'industrie dans l'ameublement. D'ailleurs, il y a un rond-point magique avec une grande chaise et c'était... Il s'est autoproclamé, à juste titre, capital du siège parce qu'il y avait, il y en a moins maintenant, beaucoup d'industries dans le domaine, à la base du siège basique, il y a 40 ans, 50 ans, mais au sens large, l'ameublement. Et l'histoire de Navail, c'est l'histoire, le fondateur, je vais quand même raconter l'histoire qui est quand même assez intéressante. Robert Navail, le fondateur, ancien coureur cycliste, en fait, qui est parti après la guerre en Argentine. pour ramener de l'argent dans la famille et monter une usine de cadres de vélo. Donc, il travaillait la météorologie, le savoir-faire manuel, etc. pour une marque italienne, parce que dans les cycles à l'époque, toujours, d'ailleurs, je ne fais pas de vélo, mais en tout cas, la marque italienne était très présente. Suite à ça, il est revenu, il s'est mis indépendant en sous-traitant toujours pour des marques de vélo italiennes dans, en gros, sa start-up dans un garage, pas loin d'ici. Et en fait, c'est lui qui a créé la boîte. Donc à l'époque, Navai n'existait pas. Et il a passé le pas parce qu'on est venu le voir en disant, tu vois, les fourches de vélo, ça ressemble à des piétements de sièges, de chaises, de certaines chaises de l'époque. Donc on lui a demandé d'en fabriquer en tant que sous-traitant pour ces industriels qui étaient là, ou artisans, qui fabriquaient des chaises. Ils avaient besoin de sous-traitance. C'est comme ça qu'il s'est connecté au monde du siège. Et qu'il a dit, ok, je fabrique ça pour vous. Et de fil en aiguille, c'est une histoire de rencontre, etc. Il a décidé de créer en 1966 la société avec ses deux fils. Dont un qui venait plus de la partie design, puisqu'il avait fait des colboules. Et l'autre, de la métallurgie. Et donc c'est pour ça qu'on a une histoire, qu'on a fait partie de la convention collective de la métallurgie. On transite le savoir-faire du tube. Et puis tout ce qui vient autour, puisque nous on est fabricant de sièges maintenant, depuis le début. Le type de siège a évolué et en fait ils ont démarré comme sous-traitants. Maintenant on est 130 dans l'entreprise, à peu près 18 millions de chiffres, à la louche, ça dépend des années. Et on est surtout, les leaders français, du siège médicalisé. Et depuis 1966 ça a évolué, les marchés ont évolué, etc. Mais on fabrique du siège et l'essentiel ce sont des tubes aciers qu'on va découper, qu'on va cintrer, qu'on va souder. Ensuite il y a le bureau d'études qui va... On va concevoir le siège en amont, on a un atelier de garnissage, on a des couturières. Et ensuite, on assemble le siège, on met dans un carton et on envoie chez le client. En gros, je la fais courte, mais c'est ça. Donc, c'est la vraie industrie traditionnelle, entre guillemets. Peu de robotisation, malheureusement, entre guillemets malheureusement. Pourquoi ? Parce qu'on a beaucoup de petites séries.

  • Speaker #0

    c'est ce qui est de haute force avec beaucoup d'options beaucoup de couleurs de tissus beaucoup de possibilités difficile d'intégrer effectivement de la robotisation sur de la si petite série un tel niveau de personnalisation on

  • Speaker #1

    essaye de rationaliser le plus possible mais c'est pas évident parce qu'on fait aussi du siège technique et aussi du siège de bureau avec tout ça on s'amuse bien donc voilà l'histoire d'une manufacture finalement voilà Akiiit ! Et donc, il s'est ancré dans ce territoire où il y avait beaucoup d'opérateurs, il y en a toujours, mais beaucoup moins qu'avant, dans l'ameublement. Donc, comme je dis, métallurgie et design, et couture, etc., pour faire du siège.

  • Speaker #0

    Merci pour cette présentation. Je me permets de reprendre la main pour poser un peu de contexte à cet épisode. juste avant merci à tous auditeurs du podcast la croissance est quand même assez dingue en ce moment vous êtes chaque jour de plus en plus nombreux à nous écouter donc je suis trop contente surtout de plus en plus de questions, d'interrogations ou vous souhaitez rebondir sur des sujets qu'on a abordé avec les invités donc j'ai préparé un espace dédié pour ça chaque semaine vous recevrez et une. newsletter qui va un peu décortiquer et faire un portrait de l'invité et décortiquer surtout les stratégies ou les sujets que l'on a abordés, on va plus loin je vous mets le lien dans la description du podcast, vous cliquez et vous recevrez chaque mardi la newsletter, voilà, merci à tous, je reviens à toi Cyril, alors il y a quelques mois ou quelques semaines, je ne sais plus très bien, j'ai En tout cas, j'ai été un peu percutée par l'un de tes posts sur LinkedIn, qui sont d'ailleurs souvent très intéressants. J'aime bien lire tes posts et suivre ton actualité. Et celui-ci, tu as annoncé que vous passiez à la semaine de quatre jours. Donc, pourquoi ça m'a percutée ? Parce que déjà, ça fait un petit moment que je cherchais des invités qui avaient envie de partager ce sujet. Ce n'est pas si simple lorsque l'on travaille sur l'industrie. En tout cas, dans l'industrie, on ne croise pas tous les jours des industriels qui sont passés à la semaine de quatre jours ou qui souhaitent en parler. Ce n'est pas tellement que le sujet est controversé, mais c'est qu'on va plus partir du principe un peu naturel que ce n'est pas possible. Donc, moi, forcément, j'ai eu envie de creuser le sujet. Je t'ai envoyé un petit message et on a préparé l'épisode. Pendant cette préparation, forcément tu m'as dit aussi deux trois autres petites choses qui m'ont un peu fait tilt tu m'as parlé évidemment de l'attractivité tu m'as parlé de ton territoire un petit peu là comme tu as commencé à nous le faire en introduction tu m'as parlé aussi de tes valeurs de vos valeurs notamment autour du Made in France autour de votre engagement social autour de votre engagement territorial bref tout un tas de sujets qui présagent d'un bel épisode tous les deux. Donc, je te propose, pour commencer, qu'on aille dans le cœur du sujet direct, qui est la semaine de quatre jours. Et puis après, on verra bien où l'échange va nous mener. Est-ce que cette intro te va ? Est-ce que tu valides ? Est-ce que tu es prêt ?

  • Speaker #1

    Parfait, mais quel professionnalisme !

  • Speaker #0

    Ah, t'as vu ? J'aurais dû être journaliste. J'ai loupé ma vie.

  • Speaker #1

    Ah, c'est possible !

  • Speaker #0

    Non, en tout cas... L'exercice du podcast est très bien pour ma petite revanche. Écoute, ça te va ? Déjà, commençons, droite au but. Est-ce que tu peux nous en dire plus sur la semaine de 4 jours ? Qu'est-ce qui a orienté ce choix ? Quels enjeux il y avait derrière ? Et quelles modalités vous avez retenues ? Ça fait beaucoup de questions en une, mais au pire, je te les rappellerai au fil de l'échange.

  • Speaker #1

    Alors, qu'est-ce qui a motivé ? En fait, on s'est rendu compte que... On pense que ça peut être un... Comment dire ? Amener de la valeur à l'expérience des collaborateurs. Parce qu'on parle de marché, mais il y a un marché de l'emploi. Marché, ça veut dire l'offre et demande. C'est un marché aussi. Donc, qu'est-ce que tu peux m'amener en échange de ce que je peux te donner ? C'est une histoire de... commercial finalement, enfin d'échange, d'équilibre. Et donc en fait, dans la société actuelle, moi je partais du principe que, je ne suis pas le seul, parce que pour avoir passé aux 4 jours, on va rentrer plus en détail, il fallait que la plupart des parties prenantes soient intéressées. Je trouvais intéressant de ce focus 4 jours un peu plus intense et d'avoir 3 jours à faire autre chose. En plus, nous, on n'est pas en ville, on est dans une campagne, entre guillemets. Oui, c'est la vérité. Donc, je vois les gens, ils viennent, ils travaillent, etc. Quant à 3 jours, souvent, les gens ici ont le coup d'acquisition. beaucoup de gens même avec des salaires pas forcément trop élevés ont des maisons parce que c'est pas les prix de Paris ou de grandes villes. Et donc il faut l'entretenir la maison. C'est con on va dire mais ça fait partie d'un choix de vie ici, de se dire on a moins de loisirs, on a moins de choses mais la vie est moins chère. Donc on peut faire différemment. Et le fait d'avoir trois jours permet de s'occuper de son environnement ou de pouvoir justement, c'est pas péjoratif mais aller à la ville. De faire d'autres choses, en tout cas. D'une manière générale, alors ça, c'est parce que c'est notre contexte à nous, mais d'une manière générale, alors après, on va voir les inconvénients potentiels, c'est une histoire de contexte, donc dans la vie, tout est histoire de contexte, il n'y a pas une règle la même pour tout le monde. Et donc, du coup, de ce côté-là, je trouve que le deal était intéressant, dire, voilà, quatre jours, ça vous amène de la valeur de passer en quatre jours. Après, quels pouvaient être les inconvénients ? Le vendredi, donc nous, du 4 jours, c'est du lundi au jeudi. Le vendredi, voilà, qui répond au téléphone, etc. Et puis, on a fait l'analyse. Alors, on est en période d'essai, entre guillemets. On teste. On teste pour voir si les personnes peuvent s'adapter parce qu'on part après de comment ils gèrent leurs heures. Mais on avait fait l'étude en se disant, finalement, ça ne va pas vraiment gêner nos clients parce que certains de nos clients font pareil. Oui.

  • Speaker #0

    Oui, au moins le vendredi à samedi,

  • Speaker #1

    généralement, on voit ça souvent, non ? Oui, exactement. Donc, ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas de contact, etc. Mais finalement, bien sûr, on pourrait être… Parce que si on va plus loin, on pourrait être là 7 sur 7, mais il y a toujours des trucs à faire. Ce n'est pas le sujet, il y a toujours du travail à faire. Mais on s'est dit que voilà, les plus, les moins. On a aussi, il faut savoir aussi que dans notre… Alors, je reviens à nous, notre contexte, parce que c'est quand même l'objet du podcast, c'est de parler de nous. je ne vais pas faire de règles générales, on a des gens par exemple, comme on a peu de densité de population, pour recruter grosso modo le territoire, les gens peuvent venir, pour la ville c'est rien, mais en kilomètres, ça fait des kilomètres, de 30 à 40 minutes pour venir bosser tous les jours. Donc si on réduit le nombre de voyages, c'est dans leur intérêt aussi, budgétaire déjà, et puis temps, c'est-à-dire que quitte à venir, autant rester plus longtemps. Moi ça me paraît être du bon sens. Si on veut optimiser son temps, dire si je peux le faire en moins de temps, faire la même chose, alors après il y a des limites, parce qu'on pourrait aussi le faire en 3 jours, en faisant 12 heures par jour. Mais bon, à un moment donné c'est compliqué. Mais voilà, aux 35 heures sur 4 jours, ça paraissait intéressant et ça a paru intéressant à tout le monde. On est encore en période probatoire, on teste.

  • Speaker #0

    Depuis combien de temps là vous testez ?

  • Speaker #1

    Je ne sais plus quand c'est qu'on a démarré, je crois qu'on a démarré le 1er juin ou le 1er mai, je ne sais plus. début mai ou début juin donc c'est assez récent puisqu'on a fermé 3 semaines en août mais bon les retours sont assez positifs parce qu'on a laissé malgré tout qu'il y avait des problématiques forcément pour certains parce que le fait de finir plus tard certains avaient déjà des trucs donc ça décalait les horaires les enfants les horaires de crèche que sais-je mais on laisse en fait un système de latitude le matin ils ont une latitude de 45 minutes et le soir aussi donc ils font comme ils veulent en gros ils peuvent arriver, je crois qu'on ouvre les portes à 7h30, et le plus tard, c'est 8h15. Donc, il y en a qui se pointent à 7h30, 8h15, et le soir, c'est 5h15 jusqu'à 6h. Et même entre milliers d'eux, certains font une pause de 45 minutes et d'autres de 1h. Et chacun fait un peu comme il veut. Parce qu'il y en a certains qui mangent là, qui disaient, rester une heure de pause, ça ne me sert à rien.

  • Speaker #0

    Oui, je vais manger en 20 minutes et puis autant enchaîner.

  • Speaker #1

    Voilà, donc on impose quand même 45 minutes parce qu'ils font un minimum, mais d'autres vont un peu plus loin. Et bon, chez eux, vous n'êtes pas forcément loin, ils volent une heure. Donc, on a laissé cette souplesse qui fait qu'on a le meilleur des deux mondes. C'est-à-dire qu'on laisse la souplesse, mais celui qui vient un peu plus tôt peut partir tôt comme avant.

  • Speaker #0

    Et du coup, avant, vous aviez déjà cette souplesse des horaires. Tu vois, avec des plages d'embauche et de débauche, vous avez mis ça en même temps que la semaine de 4 jours.

  • Speaker #1

    On a mis en même temps parce qu'avant, on n'avait pas ça. On a mis en même temps pour absorber ce changement. Ce changement pouvait gêner le fait que, vu que je commence plus tôt, là, j'emmène mes gamins, je ne peux pas. Comment je fais ? Comme je finis plus tard, je ne peux pas aller au yoga. Ou à la pêche, on s'en fout. N'importe où.

  • Speaker #0

    Ou au second.

  • Speaker #1

    C'est un peu long, là. C'est un peu long. et donc du coup se dit bah ouais mais c'est vrai que finalement cette flexibilité pourquoi on l'aurait pu le faire avant mais du coup on en a profité pour le faire et moi je trouve ça très bien parce que chacun a ses impératifs et puis on a qu'il ya alors bon le voit tout de suite les gens ont pris leur rythme et ben il savait déjà le nom mais moi je viens plutôt possible parce que je m'en fous de me lever tôt et d'autres mois plus tard possible en fait c'est un même qui me dirait Moi, si je pouvais finir à 19h et venir à 10h, ça me irait bien. C'est une histoire de personne. On ne peut pas avoir des écarts aussi longs. Donc, cette souplesse, je trouve que c'est quand même un plus.

  • Speaker #0

    Oui, top. Et du coup, est-ce que tu peux nous expliquer, parce que vous avez retenu aussi une modalité sur la population concernée qui peut sembler atypique. Et donc, je veux bien que tu creuses ce sujet-là.

  • Speaker #1

    Modalité sur la population, c'est-à-dire ?

  • Speaker #0

    De ce que tu m'expliquais, vous n'avez pas la semaine en quatre jours pour tout le monde, en fait.

  • Speaker #1

    Alors, on a pu le faire pour les fonctions support, tout ce qui est, sauf la production. Pourquoi ? Alors, la production, parce que malheureusement, nous, dans notre... dans nos clients, histoire de contexte encore une fois, on a une activité qui peut être très saisonnière.

  • Speaker #0

    Ah d'accord.

  • Speaker #1

    Nous, en tant que positionnés dans l'univers du siège médicalisé, l'univers du médical au sens large, on est très présents dans les marchés publics, parce que c'est souvent les hôpitaux, c'est public, 80% des lits sont publics, donc on travaille aussi avec des cliniques. Mais d'ailleurs, que ce soit les cliniques ou même les hôpitaux, souvent on a quand même, ils ont des budgets. Mais dans le public, c'est particulier le système budget qu'on leur alloue. Et on a des pics d'activité en ce moment, fin d'année. Et on peut avoir, en début d'année, quand ils n'ont pas voté les budgets, zéro budget. Donc, un trou dans la raquette, comme on dit, où là, il y a bien moins de travail. Et donc, on est obligé dans notre activité, même si on essaye de s'en sortir en diversifiant, en n'étant plus sur le privé, mais on se rend compte que des fois, de plus en plus, le privé… Ce sont finalement des groupes qui se regroupent, c'est le cas de le dire, et souvent les budgets ne sont pas forcément votés au début d'année, et donc ça traînasse, et on a souvent des périodes de flottement sur février, mars, voire avril. Et donc, difficile d'avoir quelqu'un qui fait 35 heures tout le temps. Donc on a un système d'annualisation pour la partie production, c'est-à-dire qu'il y a des périodes... à avril où il peut faire

  • Speaker #0

    25 heures par semaine parce qu'on n'a pas assez de travail mais à des périodes où il peut faire 45 heures comme en ce moment donc t'es en modulation en fait où c'est calculé de façon annuelle mais alors du coup si on creuse derrière moi ce qui m'intéresse c'est t'as quand même de la visibilité pour l'anticiper je veux dire dans ton pic PDP enfin si tu déploies un pic PDP, mais peu importe si c'est un pic PDP ou pas, en gros je pense que tu as quand même de l'activité sur les commandes. Est-ce que tu es à même de le gérer ? Est-ce que tu en as ? Là, est-ce qu'au moment où tu parles, tu es capable de me dire, je sais d'ores et déjà qu'à partir de février, ça va être un peu le ventre mou.

  • Speaker #1

    Oui, on le sait par expérience. Parce que la force de… de faire des années, on voit bien que c'est plus calme. Et on comprend les raisons, parce que quand les commerciaux sont au terrain, ils disent que c'est une période où les mecs, dans les hôpitaux, ils n'ont pas voté le budget, donc ils ne dépensent rien pour l'instruire.

  • Speaker #0

    Mais dans ton carnet de commandes, tu n'as pas une visibilité, admettons, sur un an.

  • Speaker #1

    Non, parce que nous, en fait, on a des mises à disposition souvent. Alors, selon les clients, selon les marchés, des fois, c'est quatre semaines, des fois, c'est six semaines. Je n'en sais rien. alors évidemment

  • Speaker #0

    Sur des grosses opérations, par exemple des agrandissements d'hôpitaux ou autre chose, où il y a de nombreux sièges, en général, il y a une discussion avec le commercial bien en amont. Mais alors des fois, on a eu des surprises monumentales. Le mec, il devait nous commander pour novembre 2024, et on l'a livré en juin, parce qu'il a repoussé les commandes, parce que les bâtiments étaient en retard. Donc on a plein de trucs comme ça. Donc si on avait compté dessus, et on avait plus ou moins compté dessus, ah ben en fait...

  • Speaker #1

    T'as un trou dans la raquette, quoi.

  • Speaker #0

    Ah ben oui, peut-être. Tant que tu n'as pas la commande, tu n'as pas la commande. Et quand on a une commande, malheureusement, évidemment, si on avait des commandes six mois à l'avance, ce serait facile. Mais nous, les délais sont très courts. Et comme on ne travaille pas avec du stock, puisqu'on a un peu de stock, si tu veux, on arrive à faire du stock dans la partie tollerie, sur certaines pièces en métal qu'on va souder et peindre. Mais parce que des fois, c'est des troncs communs avec différents sièges. Il y a une base qui est identique. Mais tout le reste... par exemple la couleur du tissu ou le choix du tissu il y a plein de tissus Ausha on ne peut pas le faire d'avance et puis en trésorerie je ne peux pas et puis les options, lui il veut ça, il veut ça et puis on ne pourrait pas stocker en fait on ne pourrait pas stocker parce que demain je fais 500 sièges verts tu n'y vas pas,

  • Speaker #1

    tu as un coût de mobilisation qui est énorme en fait on se voit,

  • Speaker #0

    il y a certaines couleurs par exemple aux typologies de tissus qui vont être leader et plus tournées donc on va dire que ce n'est plus ça Merci. Oui, mais des fois, ce n'est pas ça. Donc, soit tu as beaucoup d'argent et tu stockes, et tu as des entrepôts pour stocker, ce n'est pas une gestion saine. Donc, nous, on est en flux tendu. Donc, ce flux tendu, plus les périodes très courtes de mise à disposition pour le client avec les installations et compagnie, fait qu'on a besoin…

  • Speaker #1

    Il faut être agile en prod, quoi. Il faut être hyper agile en prod.

  • Speaker #0

    C'est ce qui est très, très compliqué. Ça, c'est dans notre métier. C'est un enfer. C'est très dur. Alors, on essaie de trouver des outils pour prévoir, mais de toute façon, on ne peut pas prévoir à six mois, dans deux mois, je ne sais pas ce que je vais vendre. On a une trend, parce qu'on a sur certains marchés, on savait par exemple ce truc qui tourne, on a certaines lignes de produits qui vont tourner, donc on essaie de s'avancer un peu là-dessus. On va lancer dans l'hôtellerie de la fabrication de châssis, de trucs, parce qu'on sait que ça va être… mais c'est toujours...

  • Speaker #1

    Tu sors un peu ta boule de tristane quand même.

  • Speaker #0

    Il y a toujours une prise de risque quand même. Est-ce que ça peut me virer dans l'autre sens ? Parce qu'on a un catalogue très large. Si je faisais trois sièges, ce serait facile.

  • Speaker #1

    Justement, attends, parce que moi, je suis curieuse. J'aime bien comprendre ça. Pourquoi est-ce que, quelque part, vous faites le choix de vous imposer autant de contraintes en termes de production ? Est-ce que ce n'est pas plus simple de resserrer votre chiffre ? Tu vois ? pour permettre un peu plus de une production peut-être un peu plus linéaire et de pouvoir être un peu moins en flux tiré enfin en flux tendu que ça le

  • Speaker #0

    rêve clair mais alors je ne dis pas que c'est impossible parce que c'est ce que j'aimerais arriver à faire parce qu'on aimerait arriver à faire c'est pas évident parce que comment dire Il y a plein de raisons. Déjà, nous, comme on est beaucoup sur des appels d'offres publics, alors des fois, c'est des lots d'appels d'offres où de toute façon, c'est toi qui réponds à tout, toi tu réponds à rien. Des fois, là, tu es obligé de répondre à tout si tu veux travailler. Ce n'est pas rarement, après ça dépend, mais des fois, il y a des appels d'offres sur une typologie de siège, des fois, c'est un lot global. On a besoin d'amortir aussi la structure, de faire un certain volume. Mais certainement qu'on s'est trop laissé emballer sur les 10-15 dernières années, sur certains marchés, où on a fait pour faire de la croissance, mais en se mettant un peu les bâtons dans les roues, parce que ça complexifie de plus en plus. Donc on se pose la question comment revenir un peu en arrière pour aller pour tendre vers ce que tu dis, moi c'est j'aimerais bien, en faisant des choix. Mais c'est jamais évident de refuser. Non,

  • Speaker #1

    parce que tu as l'impression de renoncer. J'imagine de te dire, bon, il y a toujours... C'est un peu comme... Je fais tout ça. Je te préviens, je pars sur une métaphore aussi orientée vers la restauration, parce que j'aime beaucoup bouffer. Donc, j'y vais, c'est maintenant. Mais tu vois, c'est un peu comme un resto, dans le sens où, souvent, ils vont avoir du mal à rétrécir la carte. Et je ne sais pas, moi, j'habite sur la côte atlantique, mais pas la même que toi. tu vois et bah en fait tu vas sur le port l'endroit le plus touristique tu vas trouver des restos, tu peux aussi bien manger de la crêpe que des sushis que du poulpe, que du burger bref t'as pas appliqué au restaurant du coup t'as pas d'identité moi je me dis bah warning, y'a rien qui va être bon et j'imagine même pas la galère en cuisine pour produire tout ça mais tu vois leur pendant c'est toujours de se dire bah en fait je flippe parce que j'ai... une clientèle diversifiée pour ça, est-ce que du coup je vais pas m'écarter d'autres clients, je vais déplaire à certains.

  • Speaker #0

    Alors, je comprends très bien. Puis comme je le disais en préambule, je connais bien le milieu de la restauration et je m'y intéresse. C'est toujours intéressant. C'est un milieu qui est assez complet. J'essaie de faire des rapprochements avec l'industrie. Mais le restaurant, c'est un peu différent parce que je donne un exemple. Si tu as 200 places, quand tu es plein, tu es plein. donc effectivement tu as intérêt à être plutôt sans être monoproduit mais en identité très marquée nous c'est un peu pareil mais la différence c'est que nous on va vers le client et que comment dire pour se développer en fait on est sur un marché on est vite au plafond de verre sur une typologie de siège c'est pas comme si on pouvait alors on pourrait essayer mais c'est un peu compliqué on fait un peu d'export mais pas énormément On se disait, ce produit, je le vends là. Maintenant, je peux le vendre là. Donc, je ne fais pas 50 produits. Je fais le même, mais que j'augmente les volumes et que j'en vends plus ailleurs. Et nous, c'est compliqué. Donc, pour augmenter, c'est comme si je suis restaurateur. Pour augmenter, je suis obligé de me diversifier. C'est un peu différent. C'est-à-dire, parce qu'un siège médicalisé n'est pas un siège médicalisé. Il y a plein de services, plein de besoins différents. Donc en fait, il faut que je me diversifie. sur des spécificités de plus en plus pointues parce que pour que ça réponde, à chaque fois, c'est des niches, plus des niches, plus des niches. C'est ce qui fait aussi notre force parce qu'on va dire qu'on se considère comme des artisans industriels.

  • Speaker #1

    Oui, c'est compliqué de renier ça en se disant qu'on fait le choix de resserrer la gamme et du coup, on n'est plus vraiment différenciant sur ce qu'on apporte à nos clients. C'est ça que tu veux dire ?

  • Speaker #0

    Oui, parce qu'en fait, Ça reste des métiers, des produits de niche, même si ça fait un certain chiffre d'affaires parce que c'est à forte valeur ajoutée, où il faut être au plus près du besoin du cadre de santé, etc. Et que c'est plein de détails. Donc, en fait, c'est compliqué de uniformiser le truc. Si, par exemple, on fait aussi des sièges de bureau, mais dans le siège de bureau, c'est presque plus simple. Parce que tu pourrais dire finalement, mais c'est pareil. nous on est surtout sur des niches en répondant à des besoins spécifiques comme le siège 24-24 etc pour des utilisations intenses mais c'est souvent des niches comme ça sur lesquelles on répond ce qui vous permet de valoriser l'émerge aussi je l'imagine c'est aussi pendant que vous après

  • Speaker #1

    sur de l'appel d'offres vous êtes un peu plus c'est compliqué elles sont un peu exigeantes j'imagine un peu trop qu'on...

  • Speaker #0

    On rééquilibre les choses petit à petit, parce que le client étatique est un client qui est dur.

  • Speaker #1

    Est-ce que ça te dit de connaître l'envers du décor ? Les petites galères, tu sais ce qu'on a coupé au montage, ou nos petites anecdotes particulières ? Dans cette newsletter, je tire aussi les trois. quatre enseignements clés de l'épisode que je viens décortiquer dans une section que j'ai appelée les conseils de Tata Claire. Donc, je te partage tout ça, coulisses, portraits, apprentissage et conseils, chaque jeudi. Si tu veux t'abonner, recevoir cette newsletter, tu as le lien directement dans la description de l'épisode. Mais du coup, tu vois, c'est hyper intéressant parce qu'au départ, tu as un enjeu business qui se répercute forcément sur votre organe prod. Si je récapitule un peu, je crois, un peu le fil de ce qu'on s'est dit. L'impact, c'est que vous avez du mal à lisser. Vous ne pouvez pas carrément lisser votre production sur une année. Donc, vous avez mis en place la modulation. et Du coup, vos fonctions support, elles, n'étaient pas modulées à ce moment-là, n'étaient pas en modulation. Elles, elles étaient là 5 jours, 35 heures par semaine, tout au long de l'année, ou elles suivaient aussi le rythme de la modulation ?

  • Speaker #0

    Non, elles ne sont pas modulées parce qu'en fonction du support, il y a toujours du travail. On peut le linéariser. Il y a quand même des pics d'activité quand même. Mais par exemple, si je prends l'exemple de l'administration des ventes, bah S'il y a plus de commandes, il y a plus de saisies commandes que quand il y en a moins. Mais quand il y en a moins, on a pris du retard sur d'autres trucs qu'on va essayer de faire. On arrive plus à jongler, c'est plus simple.

  • Speaker #1

    Oui, donc là, il n'y avait pas lieu d'être en modulation pour les fonctions support.

  • Speaker #0

    Un bureau d'études, il travaille toute l'année, il a des projets, il avance. Il y a des ventes ou pas des ventes, il avance quand même. Il avance au gré des projets, pas au gré des ventes. Même si c'est lié, il y a un décalage dans le temps. Il travaille en amont. Sur le terrain, les commerciaux, il y a toujours des trucs à faire. Bien sûr qu'ils vont avoir plus de commandes dans une période, mais ils ne vont pas juste prendre des commandes, ils vont surtout faire des présentations de produits. Et ça, c'est un travail de toute l'année, même s'il y a des périodes plus creuses. Mais après, pour eux, c'est des histoires d'opportunités. Des fois, la période peut être creuse en production. Et eux, ils ont plein de présentations parce que c'est des présentations qui seront plus tendues dans six mois.

  • Speaker #1

    Oui,

  • Speaker #0

    bien sûr. Si tu veux, le client n'a pas encore le budget, il ne sait pas trop, mais il se renseigne déjà. Oui, bien sûr. Moi, j'ai des besoins pour installer un service de tel ou tel siège. Viens me voir, présente-moi tes trucs. Bon, on verra plus tard le budget que j'ai, mais au moins, je reste déjà sélectionné. Donc, il y a un décalage dans le temps.

  • Speaker #1

    Oui, bien sûr. Mais tu vois, si je te pose la question, entre modulation pour la prod et les fonctions support, le cas de jour pour les fonctions support et pas pour la prod, je creuse là-dessus aussi parce que, tu vois, c'est un gros débat aussi sur la notion un peu d'équité de traitement. Tu vois, on a eu cette discussion dans l'épisode avec Céline Bourdin, qui est présidente de la Manufacture de l'Éphémère. Et tu vois, elle, son positionnement, c'était de dire, moi, il est hors de question qu'il y ait des traitements différents qui viennent un peu alimenter, si tu veux, la culture du silo entre la prod et les fonctions support. Mais du coup, ce qui est intéressant dans ton approche, c'est que d'un côté, tu as la modulation. Il y a quand même aussi un intérêt pour beaucoup parce que tu as des semaines qui peuvent être très light, comme tu dis, avec 25 heures semaine.

  • Speaker #0

    Oui, il y a des périodes de l'année.

  • Speaker #1

    À certaines périodes, voilà. Et tu as la semaine de 4 jours, enfin en 4 jours, mais toujours 35 heures, pour les fonctions support,

  • Speaker #0

    tu vois. Oui. Alors, moi, mon point de vue là-dessus, j'ai toujours… Alors, je peux comprendre que… Alors, s'il y a une prise de risque, effectivement, une prise de risque, entre guillemets, que ça puisse être pour la… prod perçue, mal perçue, mais pas pour tous. Parce que finalement, moi, ça ne me pose pas de problème parce qu'en fait, c'est un petit peu et ce qui m'exaspère souvent, c'est les gens qui se regardent et qui se critiquent ou qui disent lui, je vais avoir un exemple, critiquer un commercial qui va gagner plus que tel ou tel poste. Et moi, quand j'entends ça, je dis, ouais, c'est peut-être vrai. Maintenant, est-ce que tu es prêt à être sur la route 5 jours par semaine et ne pas dormir chez toi ? Est-ce que tu es prêt à ça ? Non ? Bon, alors voilà. Donc en fait, ce n'est pas le même métier. Donc, on ne part pas des choux et des carottes. Donc en fait, je comprends. Ce n'est pas parce qu'on est une société qu'on doit tous faire la même chose et être tous pareils. Moi, je ne suis pas d'accord avec cette vision. Parce qu'en fait, c'est comme dans une équipe de rugby ou autre chose, on a tous un rôle à jouer et le rôle n'est pas le même. En fait, c'est peut-être un problème de société où j'ai du mal à comprendre qu'on se compare toujours. Non ? compare-toi à toi, tes aspirations ce que tu as envie de faire d'ailleurs, nous il y a des gens qui ont changé de poste, parce qu'ils en avaient marre et on leur a dit, ok on va t'aider, on va te former pour changer de poste que les gens soient libres pour changer de poste, je trouve ça super bien on a des gens qui étaient en production, qui sont au bureau qui étaient en commercial qui sont passés au service qui demandent moi je trouve ça génial, au contraire parce qu'au moment où on est lassé mais vouloir se comparer, ce n'est pas parce que c'est la même société qu'il faut se comparer. J'ai du mal avec ça parce que ce n'est pas le même métier. C'est comme si je disais, moi, je fais du basket, voilà mon avantage et toi, tu fais du rugby, voilà ton avantage, toi, tu fais du foot. Ce n'est pas le même sport. On est dans la même ville, mais on ne fait pas le même sport. Je sais que plein ne pensent pas comme moi, mais j'ai un peu du mal avec ça parce que les gens ne se comparent pour rien. On se compare à ce que... Les gens se comparent, mais ils ne voient pas l'ensemble des choses, le positif et le négatif. Ils ne contextualisent pas les choses. Et puis, encore une fois, se comparer, dire « moi, j'aurais voulu faire ça. » « Ah, ok, on va t'aider à le faire. » Ça, il n'y a pas de problème. Donc, finalement, dire « oui, au bureau, ils font quatre jours, et nous, on est annualisés. » Oui, mais si on le fait, c'est que nos clients font que, et qu'on n'a pas le choix.

  • Speaker #1

    Il y a un contexte. Oui, donc après...

  • Speaker #0

    Si j'avais des commandes, tu l'as dit tout à l'heure, six mois à l'avance, je mettrais tout le monde pareil. C'est plus simple. mais voilà c'est pas les mêmes métiers ils ont pas forcément les mêmes horaires non plus donc tu... un gars qui est commercial sur la route et un soudeur il fait pas le même métier, pourquoi se comparer ? ils vont se comparer sur le salaire l'un peut passer d'un côté, l'autre... mais au prix du commercial il va dire bah oui il a de la chance, le soir il dort chez lui alors bah fais soudeur alors ! je veux dire, on peut pas avoir tout ! donc cette comparaison en fait c'est peut-être un phénomène de société mais... où on veut que tout le monde soit pareil. Non, on est tous différents, on a tous des trucs différents, un métier différent. Pourquoi vouloir toujours faire en sorte que tout le monde soit pareil ? Non, on ne fait pas la même chose. Donc, pourquoi ? Enfin, voilà, j'ai un peu de mal avec ça.

  • Speaker #1

    Oui, mais tu vois, c'est intéressant.

  • Speaker #0

    J'aimerais bien ce que je veux dire. Ça ne veut pas dire que, si tu veux, ça ne veut pas dire qu'on ne traite pas les personnes de la même manière. Mais le contexte de leur... travail fait que c'est pas le même.

  • Speaker #1

    Ouais, ouais, je comprends. Non, non, mais je vois pas du tout le côté malveillant, t'inquiète pas.

  • Speaker #0

    Non, non, non, mais je veux dire, sinon tout le monde ferait, toutes les boîtes feraient 35 heures, de telle heure à telle heure. Ah non, non, faut pas faire une...

  • Speaker #1

    Oui, tout le monde serait prof pour les deux mois de vacances que beaucoup utilisent.

  • Speaker #0

    C'est pareil, voilà, les gens qui critiquent les profs, ils ont deux mois de vacances. Mais je leur dis, mais attends, mais fais prof alors. Ah bah non, ah bah voilà. c'est un choix, tu ne peux pas tout avoir non mais j'entends c'est bien j'aime bien aussi dit ta question là où elle est intéressante aussi c'est que ceci dit c'est mon point de vue c'est pas le point de vue de tout le monde et effectivement la difficulté c'est que ça peut être effectivement en interne mal perçu a priori c'est pas si mal perçu que ça parce que je pense que la plupart ont compris que de toute façon ils ne faisaient pas le même métier que c'était pas Oh ! Les gens qui viennent chez nous, ils comprennent bien cette histoire d'analyse. Parce que quand ils l'ont fait un an, quand ils font en mois de janvier 20 heures par semaine, et qu'ils travaillent deux jours par semaine, les autres, ils travaillent. Oui, bien sûr. Donc, si ça, ça leur va, après, on ne peut pas tout avoir.

  • Speaker #1

    Non, mais tu vois, je pense qu'effectivement, c'est intéressant. Puis, encore une fois, on en revient toujours. Il faut… C'est une liste contextuelle, je pense que, moi je te parlais de Céline Bourdin, je pense que c'est la bonne solution pour son entreprise, pour son contexte, pour sa culture d'entreprise, tu vois, et c'est la bonne solution pour Navaï et pour ton entreprise et pour tes salariés.

  • Speaker #0

    Alors c'est possible, là la culture c'est l'histoire de contexte, parce qu'encore une fois, comme on l'a dit, si on avait une visibilité plus longue… je serais le premier à dire, les gars, même en production, vous faites quatre jours.

  • Speaker #1

    D'abord, le business et la prod à considérer, clairement.

  • Speaker #0

    Oui, parce que nous, on a pu, sur la partie support, le faire. Mais malgré tout, on s'est interrogé, notamment sur le vendredi, pour répondre aux clients. Et j'ai la même interrogation, j'extrapole un peu, sur, parce qu'on a fermé trois semaines en août, et bon, on s'interroge.

  • Speaker #1

    Parce que tu as des commandes, là, août est un bon mois. en termes de production ?

  • Speaker #0

    Non, on est fermé trois semaines, donc on ne produit pas. Mais il y a des commandes qui tombent fin juillet. On ne peut pas les produire, on est fermé. Quand on est revenu, pour pouvoir saisir les commandes, parce que saisir une commande, ça prend du temps, il a fallu, pour rattraper les commandes qui étaient dans le pack, mais pas encore dans notre ERP, plus de deux semaines. Donc, en fait... Et pendant que tu fais ça, il y en a d'autres qui arrivent. Donc, pour rattraper ce retard, si tu n'es pas fermé, tu as eu moins de retard. Mais c'est compliqué de ne pas fermer dans notre cas parce que c'est normal, il faut des vacances. Et étaler sur trois mois les vacances, c'est compliqué parce qu'il te manque des gens. Mais ceci dit, on s'interroge. Moi, je m'interroge pour l'année prochaine pour voir comment faire. Je ne dis pas qu'on va le faire, pas le faire. Oui, tu te questionnes. C'est un peu une histoire, je voudrais essayer de plus linéariser, mais ce n'est pas simple parce que ça facilite le fait de fermer, mais après, on a d'autres inconvénients.

  • Speaker #1

    Ou alors passer sur deux semaines. Je vois de plus en plus de boîtes qui passent de trois semaines à deux semaines.

  • Speaker #0

    Deux semaines, déjà, tu as une semaine de moins de retard.

  • Speaker #1

    Oui,

  • Speaker #0

    c'est déjà pas mal. C'est un tiers, je vois comme ça.

  • Speaker #1

    Finalement, c'est ça. Heureusement que tu es là pour relever mon niveau en mathématiques. ok maintenant j'aimerais bien que on aille un peu sur le sujet du Made in France du label Origine France Garantie que tu portes avec ferveur je sais que tu en parles souvent aussi sur LinkedIn je suis allée évidemment consulter votre site web j'ai vu que ça faisait pas aussi de vos marqueurs culturels de vos valeurs Est-ce que tu penses et de quelle manière tu penses que ça peut servir l'attractivité ? Et là, je parle de l'attractivité employeur en tout cas. Et qu'est-ce qu'il y a derrière cet engagement ?

  • Speaker #0

    Je pense qu'effectivement, l'attractivité, juste pour élargir la question client, je n'en suis pas certain. Ah ouais ?

  • Speaker #1

    Tu ne penses pas que ce soit…

  • Speaker #0

    En vrai, on ne sait pas trop si c'est un impact. Je t'explique pourquoi de manière assez simple. C'est que dans un appel d'offres public, ça ne rentre pas dans les critères de sélection. C'est interdit par les lois européennes.

  • Speaker #1

    Mais oui, mais ça…

  • Speaker #0

    Or, je n'ai pas les chiffres. D'ailleurs, je vais faire un article là-dessus, mais je me renseigne sur les chiffres exacts avant de dire qu'on ne me reproche pas de me tromper. Mais de ce que j'avais discuté avec Gilles Attaf, le président de l'OFG, lors d'une réunion… Je crois qu'il me paraît de 5 à 10 %, il ne parlait pas de produits OFG, mais parce que tu peux être français sans être OFG, de 5 à 10 % je crois de produits français dans les appels d'offres.

  • Speaker #1

    Oui, c'est une catastrophe.

  • Speaker #0

    Et en Allemagne, je crois que c'est 70 ou 80 %. Oui,

  • Speaker #1

    mais tu vois, moi je fais juste un stop là-dessus. Ok, notre contexte géopolitique en ce moment, il n'est pas simple, particulièrement le jour où on se parle, le 10 septembre, mais on ne va pas forcément rentrer dans la politique, mais il y a des choses qu'on ne maîtrise pas. sur notre écosystème mondial, international. Mais tu vois, ça fait partie des trucs. Je ne comprends pas. Je veux dire, c'est quand même pas compliqué que de se dire qu'à un moment donné, nos politiciens mettent en place une solution pour mettre un minimum d'achats publics vers des fabricants, vers des produits made in France, bon sang.

  • Speaker #0

    Parce que c'est des lois européennes et donc ils ne peuvent pas les congeler. Oui,

  • Speaker #1

    mais ils le font en Allemagne.

  • Speaker #0

    Non, mais en Allemagne, ils le contournent. Parce qu'en fait, ils sont plus malins, effectivement, donc on pourrait le faire en France. Ils font… Alors en Allemagne, oui, alors en fait, je pense que c'est pas dans les critères, mais c'est dans les critères. C'est-à-dire qu'en fait…

  • Speaker #1

    C'est culturel.

  • Speaker #0

    Ils arrivent dans le cahier des charges, en fait, à faire en sorte que ceux qui peuvent répondre sont plutôt allemands. Ils se disent « Bon, dans le cahier des charges, je sais pas, c'est subtil » . Ce n'est pas fabriqué en Allemagne, mais ça va être… En tout cas, je ne sais pas comment ils se débrouillent exactement. Je n'ai pas la réponse.

  • Speaker #1

    Tu vois, tu es d'accord qu'à un moment, on se tire un peu une balle dans le pied, en fait.

  • Speaker #0

    Bien sûr.

  • Speaker #1

    C'est pour ça que,

  • Speaker #0

    si tu veux, techniquement, sur ces appels d'offres, ça ne peut pas nous aider. Par contre, en revanche, une fois que tu es sélectionné, l'acheteur… Lui, ce n'est pas celui qui a fait l'appel d'offres, en hôpital, etc. Lui, il peut y être sensible. Évidemment, certains clients, ils sont sensibles, mais pas tous. En revanche, j'ai élargi ta question sur la partie client. Si on parle de marque employeur, alors là, par contre, je suis très, très favorable et je pense que c'est très puissant. Surtout, ça a vraiment du sens par rapport à l'histoire de Navail. Situation géographique. Parce qu'en fait, ça a toujours été une entreprise, comme la plupart des boîtes, qui avait, comme on dit, le bon sens paysan. C'est quoi ? Nous, on ne fait pas de très grandes séries. Pourquoi aller faire travailler des mecs à 3000 kilomètres quand tu as des gens que tu peux faire travailler ? Tu sais que plus tu as de gens qui travaillent autour, plus il y a une économie qui se développe locale, plus ça prospère, plus tout va mieux. Ça, c'est du bon sens. C'est-à-dire que nous, la plupart de nos... partenaires qui en achètent des produits ou un peu de sous-traitance, plus ils sont prêts, mieux c'est. Déjà parce qu'on a besoin, comme je l'ai expliqué par rapport à notre marché d'agilité, on a vu qu'on ne stocke pas, qu'on est tout dans l'urgence, donc il nous faut une agilité. Si le gars est à l'autre bout de la planète, c'est plus compliqué, forcément. Et il y a toujours eu dans la culture locale, comme dans beaucoup de régions de France, ce terreau. et donc on arrive plus ou moins à maintenir parce qu'il y a encore plein de petites industries pour la peinture pour ceci pour cela pour la mousse pour le truc et donc là on a on lance des nouvelles gammes on avait besoin d'externaliser de l'outillage pour des faire des gabarits de soudure etc on a trouvé que localement et on voulait pas aller trop loin même en france on voulait que ce soit local parce qu'il faut s'y rendre il faut échanger il faut construire avec le bureau d'études, avec la prod. Donc si c'est à l'autre bout de la France, c'est compliqué. Et heureusement, on a pu trouver des partenaires difficilement. Mais voilà, on est toujours dans cette logique parce qu'on a besoin d'agilité. Donc ça correspond à notre business model.

  • Speaker #1

    et c'est culturellement ancré dans Naray comme dans d'autres boîtes du coin d'ailleurs il y a votre engagement social derrière aussi au delà de votre engagement fabriqué, défendre le Made in France derrière il y a aussi l'engagement social qui transpire parce que finalement faisant et en travaillant avec des partenaires, des parties prenantes juste autour de ton territoire, dans ton territoire Tu le fais vivre ton territoire. Tu garantis de l'emploi pour ton territoire. Tu garantis des écoles parfois dans un village. C'est toute une économie locale que tu fais vivre en fait.

  • Speaker #0

    Effectivement, c'est pour ça que ça a plus un rôle, moins un rôle client, mais plus un rôle social. Et du coup… Par rapport à l'attractivité, beaucoup sont très sensibles à ça, quel que soit le poste, peu importe leur rôle dans la boîte, sensibles au fait que… C'est-à-dire que même celui qui a le rôle le plus simple, enfin simple en termes de savoir-faire, qui rentre dans la boîte, je dis, on a tout fait dans l'usine, il y a des sous-traitants qui ne sont pas loin, il y a une certaine forme de fierté, c'est-à-dire que c'est nous qui avons fait. Le siège qui est passé à la télé dans tel hôpital, tel truc, on l'a fait là. dans les locaux. Et donc, ça fait vivre l'économie locale, comme tu dis. Et donc, il y a une forme de... Ça fait l'air, je trouve. Donc ça, c'est un côté positif.

  • Speaker #1

    Et en termes de réputation sur le secteur, du coup, en tout cas, tu penses, quelle est ta perception ? Tu penses qu'on dit quoi de vous ?

  • Speaker #0

    on dit que Navail a su passer les orages. Parce que malheureusement, certains industriels qui étaient là, qui étaient plus gros que Navail, il y avait une boîte pas très loin d'ici, 500 mètres, 1500 salariés, 1500, fabriquaient des canapés. Leur client, la grande distribution, concurrence chinoise et compagnie. Chinois, ce n'est pas forcément les Chinois, mais concurrence externe, on va dire.

  • Speaker #1

    Oui, mais ici, on a le droit de le dire, ne t'inquiète pas.

  • Speaker #0

    prix bas, etc. Bref, ils ont déposé, etc. Ils n'ont pas pu redresser la barre. Et d'autres qui étaient sur des marchés de fabrication de chaises, mais assez standard, qui étaient bien pour l'époque et ils n'ont pas évolué avec le temps et ils ne trouvaient plus leurs clients. En gros, je fais très court. Donc, c'est vrai que Navarra, il y a cette image qui a su résister, mais parce que Navarra est allé sur des niches finalement. La différence, elle est là. pas dans un produit de grand public. Alors, effectivement, c'est plus embêtant pour linéariser la production, mais on est protégé parce que cette agilité, pour la faire plus loin, c'est plus compliqué. Donc, en fait, c'est le serpent qui... C'est compliqué de tout avoir. Le but, c'est d'améliorer, effectivement, cette linéarité, éventuellement diversifiant nos clients. Si on diversifie les produits, ça peut être une solution, mais ça complexifie aussi la production. Donc, ça, c'est cornelien.

  • Speaker #1

    Mais tu sais quoi, ça me fait penser ? Ça me fait penser à la vision de Laurent Moisson et justement, Gilles Latta, qu'il faudrait simplifier, en quelque sorte, notre production française pour redevenir aussi compétitive. Parce que justement, ce que tu évoques, c'est que le positionnement de Navail a été de la complexifier. Donc, tu complexifies, tu fais monter en compétence les savoir-faire. tu viens complexifier ta production pour t'adapter au marché parce que finalement tout ce qui est le plus simple la grande série on l'a délocalisé à l'autre bout de l'Europe ou à l'autre bout du monde ça me faisait penser à ça écoute j'ai trop envie de continuer cette discussion mais je vois le temps qui file tu m'avais dit de respecter un timing nous sommes à deux minutes Merci.

  • Speaker #0

    de la fin de ce timing. Est-ce que tu souhaites... Je sais, on avait trop de choses à se dire. Encore plus.

  • Speaker #1

    Vas-y. Je ne pensais pas que ça passait aussi vite.

  • Speaker #0

    Tu sais quoi ? Tu sais voir ça, à chaque fois, ça me fait plaisir. À chaque fois, je me dis, ça va. Ils ne sont pas si mal en ma compagnie.

  • Speaker #1

    On passe un très bon moment. Après, en visio, c'est moins sympa. On aurait pu boire un café. Parce que là, j'ai un café dans un truc en carton. Ce n'est pas top.

  • Speaker #0

    Ah ouais ? Écoute, moi je propose à tous ceux qui souhaitent de me payer pour que je traverse la France de fond en comble et faire me déplacer avec mon micro. Je lance un appel, clairement, je préférerais faire ça.

  • Speaker #1

    Tu peux faire les carnets de Julie, mais pas forcément pour découvrir les restaurations, mais les industries. Tu sais, les carnets de Julie avec la voiture.

  • Speaker #0

    C'est vrai, c'est vrai. Mais le nerf de la guerre, c'est quand même le bisex.

  • Speaker #1

    Les carnets de Claire.

  • Speaker #0

    Ouais. C'est pas mal. Je suis en pleine réflexion aussi. C'est une idée nouvelle que j'ai eue. Je me suis dit, pourquoi je n'écrirais pas des histoires sur l'industrie pour les enfants ? Et après, je me suis rappelée que, par exemple, je ne savais pas du tout dessiner. Voilà, tu vois ? Mais il y a plein de trucs à faire derrière. Mais c'est quand même souvent une histoire de pognon. Donc, si toutefois…

  • Speaker #1

    C'est souvent le point de montage.

  • Speaker #0

    C'est ça. Donc, si toutefois… il y a des partenariats des sponsors qui sont prêts à investir sur le média pour que je puisse me déplacer avec ma voiture auprès des industriels je lance la balle moi je suis carrément partante et bien sûr je viendrai chez Navail avec plaisir me faire payer un café et plus bah

  • Speaker #1

    non un resto ah oui là on peut se faire un resto après on peut aller faire une petite session de surf traverser la forêt des Landes enfin il y a plein de choses à faire ah bah écoute Merci. Après, tu viens et je te présente à d'autres industriels. On fait un truc sympa.

  • Speaker #0

    On fait une rencontre. On fait un meeting.

  • Speaker #1

    Un meeting,

  • Speaker #0

    oui. D'ailleurs,

  • Speaker #1

    tu parlais de Laurent Moisson, mais j'en fais partie de la FFI.

  • Speaker #0

    Oui.

  • Speaker #1

    Fédération Française de l'Industrie, même si je ne vais pas trop aux réunions parce que c'est souvent… Moi, je fais partie de la région Aquitaine, mais c'est souvent à Bordeaux, donc ça me fait loin. Mais on fait souvent des réunions comme ça. C'est assez intéressant.

  • Speaker #0

    Ça, c'est chouette. Ça fait partie aussi de mes projets. J'aimerais bien recevoir Laurent Moisson et Gilles Lataf. Projet à venir. Mais écoute, moi, je m'attire sur cette histoire de passer, d'aller deux jours si on fait les choses bien, pour faire un événement, pour que moi, je ne me lève pas une heure du mat pour faire la route. Je réfléchis. Je prends la balle au bout, tu sais, moi je suis très opportuniste.

  • Speaker #1

    Non, non, mais je pense que c'est bien les rencontres comme ça, avec plusieurs industriels, qui ont des problématiques communes et différentes, parce que c'est une histoire de contexte. C'est toujours sympa, parce qu'on échange, etc. Et on trouve toujours des idées, c'est un genre de benchmark, mais il n'y a rien de prévu, c'est en discutant comme ça, ah oui, je n'ai pas pensé à ça, bonne idée. Mais en fait, à chaque fois, il y a des nouvelles idées à ressortir.

  • Speaker #0

    Non, mais il n'y a rien de mieux qu'effectivement le présentiel.

  • Speaker #1

    Oui, ça c'est évident. Mais en même temps, ce système est quand même pratique.

  • Speaker #0

    Ah, tu vois ? Sinon, effectivement, ça aurait été difficile d'avoir autant d'agilité que par le biais de la vision. Est-ce que Cyril, tu as envie de dire un dernier mot avant qu'on ne se quitte ? Est-ce qu'il y a un message que tu voulais passer ? Voilà.

  • Speaker #1

    Oui, enfin, mais ça, je pense qu'effectivement, l'industrie française, elle a encore des... Il faut qu'elle se réinvente. Il ne faut pas toujours tenir... Enfin, je pense qu'en général, en France, on attend trop auprès des politiques. Mais je pense que de toute façon, c'est plus aux entreprises de réinventer les choses. D'ailleurs, les grandes innovations, souvent, et les problèmes sont résolus par les entreprises quand on creuse un peu. rarement par les états donc j'ai plutôt espoir je dis pas que c'est simple attention mais plus y en a qui vont y croire plus y en a qui vont trouver des idées plus des entrepreneurs enthousiastes jeunes dynamiques etc enfin dynamique dans le sens voilà qu'on pas peur vont pouvoir dépoussiérer l'industrie et essayer de la rendre plus attractive plus sexy mais il faut aussi changer et je m'inclue dedans faire évoluer nos modes de management Mais c'est loin d'être mort parce qu'on a quand même un pays qui a plein de savoir-faire. Je pense que malgré tout, on est quand même un pays agile. Et donc, on peut tirer notre épingle du jeu. Mais peut-être pas sur toutes les industries. Il y a des trucs, c'est plus compliqué que d'autres. Mais on a des forces et c'est loin d'être perdu, pour moi. Mais tu vois,

  • Speaker #0

    quelque part, tu me dis que tu es positif. Mais ce que tu me dis, surtout dans le contexte d'aujourd'hui, 10 septembre, avec une nouvelle troisième démission en un an d'imprime du ministre, Moi, je pense que tu as dit que je sois extrêmement négative. Toi, tu es là en train de me dire en clair que je ne crois absolument plus à la classe politique. C'est ce que je comprends. En revanche, je crois en la capacité des industriels et des entrepreneurs à rebondir. Le problème, tu vois, c'était justement l'objet de mon poste ce matin où j'ai passé un peu un coup de gueule. Hier, j'ai eu trois dirigeants qui m'ont tous dit la même chose. Commande gelée, projet.

  • Speaker #1

    reporté et c'est catastrophique en fait je suis d'accord de ce côté là mais là c'est un épisode j'espère qu'il finira rapidement on espère mais là je prenais un peu de hauteur en disant que souvent le débat c'est de dire oui mais les politiques machin je pense qu'on attend trop d'eux en fait c'est ça que je veux dire et ça Dans le milieu des startups, ils l'ont bien compris depuis longtemps, beaucoup de startups qui ont réussi à... Non, alors c'est parce que peut-être que c'est la tech, etc. Ils ont solutionné des choses sans attendre après l'État. C'est eux qui ont révolutionné le monde, ce n'est pas les États. Donc en fait, ce que je veux dire par là, c'est qu'il faut le prendre différemment. On entend souvent, oui, c'est à cause de l'État, des taxes, des machins. Oui, c'est un problème, parce que s'il n'y en avait pas, ce serait plus simple, mais il faut chercher d'autres solutions.

  • Speaker #0

    Oui, et ça, ça peut être un peu l'héritage de notre État régalien, providentiel.

  • Speaker #1

    Et comme on n'est pas… Après, si on va dériver pendant une heure, moi je n'ai pas… Merci, merci. Je ne crois pas qu'on soit vraiment dans un État libéral, ça c'est un autre débat, puisque souvent on voit que les lois sont votées… pour certains, on va dire, sans dénoncer les entreprises du CAC 40, mais que tout est orienté dans leur sens. Donc, ce n'est pas le libéralisme, ça. C'est l'opposé. Puisque le libéralisme, c'est que tout le monde a les mêmes règles. Et que tout le monde est égaux, finalement, le libéralisme, c'est ça. Bref, c'est un autre débat. Oui,

  • Speaker #0

    on ne va pas. Mais c'est intéressant. Effectivement, on a un contexte particulier aujourd'hui, espérons qu'il ne dure pas.

  • Speaker #1

    Tu as raison sur ça, parce que nous, cette année, c'est compliqué. C'est compliqué, et puis l'entourage, pas que les industriels.

  • Speaker #0

    L'immobilier, la construction.

  • Speaker #1

    Le commerce en général. Bon, les gens se plaignent toujours. Je vois bien, nous, on est dans une région touristique. Chaque année, j'entends, au mois d'août, c'est catastrophique. Puis en octobre, il y a les stats qui sortent. plus de pour cent donc il ya aussi des professionnels de qui se peignent souvent les champions du monde pour ça mais bon petit c'est une petite pique c'est gentil c'est amical mais elle a et surtout à nos amis restaurateurs à jeu j'ai rien dit et il connaît bien et donc voilà tout ça pour dire que bon on peut pas attendre que de l'état

  • Speaker #0

    Écoute, un très grand merci pour tout ça, pour ta confiance, pour tes réponses. Comme d'habitude, je pense que je n'ai pas du tout suivi la trame de questions que nous avions préparées, mais c'était encore plus intéressant que ce que j'avais imaginé. Donc, génial. Si vous aussi, vous avez aimé le petit geste qui vous prend deux secondes et qui aide beaucoup à la découvrabilité du podcast, c'est de mettre cinq étoiles juste au-dessus. Et vous pouvez même nous poser vos questions si vous êtes sur Spotify. Voilà, Cyril, merci et puis à bientôt.

  • Speaker #1

    Merci Claire, bonne journée.

  • Speaker #0

    Encore merci de nous avoir écoutés. Il est temps de se retrouver lundi avec un nouvel invité. C'était Claire Tenayot, fondatrice de Be Wanted, et vous venez d'écouter un épisode de l'Industrie qui fait envie. Bon, pour être certain de ne rien manquer, pensez à vous abonner, que ce soit sur Spotify, Deezer ou Apple Podcast. Surtout, pensez à laisser un avis 5 étoiles pour lui donner de la visibilité. Allez, à bientôt sur l'industrie qui fait envie !

Description

📩 Abonnez-vous à la newsletter du podcast pour décortiquer les meilleures stratégies RH de l'industrie :
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➡️ DRH, RRH, managers industriels : et si la semaine de 4 jours n’était plus un rêve de start-up parisienne… mais une réalité industrielle en plein cœur des Landes ?


Chez Navailles, entreprise familiale spécialisée dans les sièges médicaux depuis 1966, ce choix audacieux est désormais en place.
Mais comment prendre une telle décision dans un secteur où la production, la flexibilité client et les pics de charge rendent tout plus complexe ?


Dans cet épisode, je reçois Cyril Michaud, Directeur Général de Navailles, qui nous partage avec franchise et lucidité l’envers du décor : du choix stratégique RH, aux effets sur la culture d’entreprise, en passant par les freins opérationnels, l’impact sur l’attractivité, ou encore la question (taboue) de l’équité entre les métiers supports et la production.


🎧 On y parle industrie, bien sûr.
Mais surtout : expérience collaborateur, management, adaptation des modèles industriels et fidélisation dans un monde du travail en mutation.


💬 Au menu :
✅ Pourquoi Navailles a mis en place la semaine de 4 jours (35h réparties sur 4 jours)
✅ Comment la flexibilité des horaires a permis de lever les freins individuels
✅ Pourquoi seuls les fonctions support sont concernées
✅ Le rôle de la modulation annuelle en production
✅ Comment assumer un traitement différencié entre production et fonctions support
✅ Le lien direct entre territoire, mobilité, et organisation du travail
✅ L’impact sur l’attractivité RH en zone rurale
✅ Le pouvoir du Made in France et du label Origine France Garantie


Mais ce n’est pas tout 👇
📌 Les limites de la robotisation pour les petites séries personnalisées
📌 Le parallèle intéressant entre industrie et restauration
📌 Comment donner du sens : produire local, utile et tangible
📌 La culture du projet comme levier d’engagement
📌 Pourquoi les RH doivent repenser les modèles managériaux hérités du taylorisme
📌 Comment incarner une marque employeur engagée


Vous êtes DRH, RRH ou manager industriel ?
Vous vous demandez comment améliorer l’attractivité de votre entreprise, innover sans désorganiser vos équipes, ou rendre vos métiers plus désirables auprès des jeunes générations ?

➡️ Cet épisode vous offre un retour d’expérience sincère, concret et applicable, loin des discours idéalisés.


🎯 Un échange franc, une immersion concrète aux côtés d’un dirigeant industriel qui place les RH au cœur de la stratégie, loin du rôle classique de support.


📌 Liens mentionnés :
👉 Cyril Michaud : https://www.linkedin.com/in/cyrille-michaud-manufacture-navailles/
👉 Mon profil : https://www.linkedin.com/in/claire-industrie-qui-fait-envie/

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Transcription

  • Speaker #0

    Hello les passionnés d'industrie, alors bienvenue sur le seul média qui parle vraiment des enjeux RH de ce secteur. Et son objectif ? Vous partager des stratégies, des astuces et de l'actionnable pour redevenir l'industrie qui fait envie. Je suis Claire Tenayot, je suis hôte de ce podcast et fondatrice de Be Wanted. Et mon job ? Ben, faire rayonner votre industrie. Je vous aide à structurer votre fonction RH et bâtir votre marque employeur. Ensemble, on élabore des stratégies d'attractivité et de fidélisation des talents qui puissent accompagner la croissance de votre industrie. Mais je ne suis pas seule à ce micro. Chaque lundi, je reçois un invité, dirigeant des RH ou expert d'une thématique RH, pour que vous repartiez avec un shot de bonne pratique et de benchmark. Allez, j'ai terminé, c'est parti pour l'épisode et bonne écoute ! Bonjour Cyril, comment vas-tu ?

  • Speaker #1

    Bonjour Claire, ça va très bien, la rentrée se passe bien, après quelques petites périodes de vacances au mois d'août, il faut repartir au combat.

  • Speaker #0

    C'est parti, au moment de l'enregistre, pour que nos auditeurs puissent se placer dans le contexte, nous sommes le 10 septembre. effectivement de de Deuxième semaine de rentrée, déjà bien agitée. En tout cas, je suis très contente de t'avoir aujourd'hui. On a une petite routine ici, donc je vais te poser trois questions. Tu y réponds, spontanée, cash, profonde, perso, pro, de la manière dont tu le souhaites. Mes trois questions, qu'est-ce qui t'anime, qu'est-ce qui te révolte et qu'est-ce qui te fait peur ?

  • Speaker #1

    Wow !

  • Speaker #0

    Allonge-toi sur le divan, Cyril.

  • Speaker #1

    Qu'est-ce qui m'anime ? Les projets en général, c'est-à-dire partir de... La construction d'un projet ou le pilotage d'un projet, je ne sais pas si c'est l'un ou l'autre en vrai. Quelque part, c'est construire quelque chose. Donc, sur le projet, construire quelque chose, ça nécessite une réflexion, ça nécessite des idées. d'essayer des trucs, de ne pas y arriver et aboutir. Mais c'est plus finalement la période de projet qui me fait plus kiffer finalement que l'aboutissement. J'ai l'impression que c'est ça.

  • Speaker #0

    Donc le chemin plus que le sommet, quoi.

  • Speaker #1

    J'ai l'impression, oui. J'ai l'impression que c'est ça. Bon, le sommet, c'est bien aussi. Mais en fait, le vrai kiff, c'est plus sur l'excitation du projet, en fait, je pense. Donc ça, c'était la première question. L'autre question, c'était quoi ?

  • Speaker #0

    Ah,

  • Speaker #1

    j'ai oublié. Il ne se prend pas de notes, moi. L'autre question.

  • Speaker #0

    Qu'est-ce qui te révolte ?

  • Speaker #1

    Ah, il y a plein de trucs. Qu'est-ce qui me révolte ? Qu'est-ce qui me révolte ? Comment dirais-je ? L'injustice, c'est trop vague. Mais en général... Les personnes qui n'ont pas de parole, les gens qui s'engagent sur quelque chose et qui ne respectent pas leurs engagements, ça me révolte en général. Peu importe les raisons, et surtout quand tu n'expliques pas pourquoi ils n'ont pas pu faire ce qu'ils allaient faire, ou qu'ils ne respectent pas, tu n'as pas d'explication. Donc en fait, c'est la trahison en quelque sorte. Ça, ça me révolte.

  • Speaker #0

    Et alors, qu'est-ce qui te fait peur ?

  • Speaker #1

    Qu'est-ce qui me fait peur ?

  • Speaker #0

    Pas le droit de dire, je sais pas, les araignées, les alligators en Floride.

  • Speaker #1

    Qu'est-ce qui me fait peur ? Ah si, peut-être qui me fait peur, c'est peut-être, je sais pas, la guerre à nos portes. La guerre, elle est déjà à nos portes, mais la vraie guerre dans notre pays, ça me fait un peu flipper parce que ça peut angoisser. Comme tout peut arriver, ça me fait un peu peur parce que là on change de monde et là on est bien au chaud, etc. Mais il y en a qui vivent des guerres et quand on n'a pas vécu, je pense que c'est flippant. Parce que tout l'être humain, forcément, il devient sauvage. Et tout change. Dans certaines guerres, tu as des proches qui deviennent des ennemis. c'est angoissant ça t'as plus tes repères t'as plus rien quoi ouais ouais c'est angoissant

  • Speaker #0

    Bon, passons sur une note un peu plus positive. C'est toujours la question qui plombe. Mais maintenant, je te pose, tiens, un peu éponyme du podcast. Pour toi, ça représente quoi l'industrie qui fait envie ? Qu'est-ce que ça t'évoque ? Qu'est-ce qu'elle serait ou qu'est-ce qu'elle est pour toi, cette industrie qui fait envie ?

  • Speaker #1

    Alors l'industrie qui fait envie, c'est plein de choses. Je n'ai pas de solution miracle, mais je pense que je n'ai pas de solution miracle parce qu'on essaie de trouver, de casser les codes, d'arriver à trouver là où les solutions, puis après ça dépend des industries. Mais les points communs, je pense que c'est comment faire finalement pour... Remotiver des personnes à travailler dans l'industrie. Alors après, ça va dépendre des postes parce qu'il y a quand même des... Souvent, c'est un petit peu comme si je te parle de la restauration que je connais bien aussi. Qu'est-ce qui fait que les gens vont remotiver les gens à aller dans la restauration ? Ou l'industrie ? Je les compare un peu, même si ce n'est pas les mêmes métiers, mais il y a un peu les mêmes difficultés d'image. Alors la restauration, on va faire plus rêver parce que tu peux être dans un lieu magique. Mais ça, c'est le devant de la scène. Derrière, c'est un métier qui est dur. Et l'industrie ? C'est peut-être l'inverse du coup, ça peut avoir une image très dure, alors que dedans, ce n'est pas forcément toujours dur. Je ne sais pas comment expliquer. Après, dans l'industrie, effectivement, d'une manière générale, on a un problème d'image. Donc, d'image et… Parce qu'en fait, l'image qu'elle a, elle est vraie, elle est fausse. Elle est… comment dire ? L'image est grossie en négatif. Mais ceci dit, ça ne veut pas dire que dans les industries, on doit aussi avoir un management qui se réinvente. Comme dans la restauration d'ailleurs. Et ce n'est pas simple. Parce que ce n'est pas juste j'augmente le salaire, le truc, déjà il faut pouvoir. Ça va beaucoup plus loin que ça, c'est beaucoup plus profond. Et c'est vraiment un changement de mindset et d'état d'esprit. Donc voilà, c'est une vraie rupture. On le voit dans certains succès. de restauration, de jeunes qui ont cassé des codes, qui ont réussi, parce qu'ils resteront dans le temps, je ne sais pas. Mais souvent, leur levier était positionnement marché et le levier était aussi une approche du management.

  • Speaker #0

    Oui, en fait, ce que tu veux dire, c'est presque une rupture de notre héritage culturel. Quelque part, c'est ça. Parce que si on s'intéresse un peu à la psychologie sociale du travail, on puise beaucoup, évidemment, dans l'héritage du taylorisme, du fordisme, en tout cas depuis la révolution industrielle, avec des modèles managériaux et de productivité qui découlent de ça. Donc, on a un héritage aussi assez lourd. Effectivement, il faut qu'on arrive à garder le meilleur de ça et se détacher de ce qui colle aujourd'hui. aux besoins de notre société d'aujourd'hui. Et donc, effectivement, c'est un paradigme qui est profondément culturel.

  • Speaker #1

    Ce n'est pas évident de casser ces codes-là, parce que casser des codes, même sur papier, c'est compliqué. Parce qu'après, il faut arriver à garder un équilibre de tout ça. Mais je pense que ceux qui réussiront dans le futur, ou même maintenant, quelles que soient les industries, je parle d'industrie, moins de production.

  • Speaker #0

    Quand je parle d'industrie, c'est l'inter-industrie, en tout cas,

  • Speaker #1

    effectivement, orientée production, on est d'accord. C'est ça, parce que l'industrie, pour moi, c'est production. Et donc, c'est vrai que, particulièrement, il y a de la production. C'est pour ça que je fais un peu le pendant avec la restauration où c'est de la production. Il y a de la production en cuisine et, en quelque sorte, la production en salle. Le service est une forme de production. Et l'industrie, déjà, la première chose, l'image peut faire beaucoup. Nous on le voit parce que, alors, même dans les ateliers, alors il y a des ateliers, dans les ateliers si tu veux, il y a des trucs, il y a des jobs qui demandent moins de compétences, bon voilà, parce que tout n'est pas robotisé. Bon, ces gens-là, ces personnes, bon, elles viennent travailler, ils pourraient travailler potentiellement ailleurs, comment les attirer, ben c'est pas évident. Après, dès qu'il y a des compétences spécifiques, comme dans la couture, comme dans la soudure, comme dans la... en production spécifique, c'est des savoir-faire. C'est un peu différent parce que les personnes se sont formées pour ça. En général, ils kiffent ce qu'ils font. Ils aiment ça. Donc ça, il y a moins de soucis. Et puis après, tout ce qui est parti bureau au sens large, je n'aime pas le terme bureau, mais tu vois, c'est bon, voilà.

  • Speaker #0

    Support,

  • Speaker #1

    quoi. Oui, tout ce qui est support, exactement. Là, on arrive de plus en plus ici à recruter des jeunes. Ça peut être des alternants, ça peut être des salariés maintenant. J'ai beaucoup d'alternants qui sont devenus salariés après. Donc, ça veut dire qu'on y arrive quand même, petit à petit. Parce qu'ils pouvaient être sensibilisés en disant, l'industrie, c'est vrai. Mais en fait, je pense qu'ils aiment aussi le côté… Pareil, il y a un projet, c'est-à-dire qu'on part d'un tube acier, d'un truc, et à la fin, ils sortent un siège, en plus, qui vont aller dans les hôpitaux. Donc, en fait, on a une…

  • Speaker #0

    C'est tangible et c'est concret,

  • Speaker #1

    quoi. Voilà, c'est exactement ça. C'est tangible et c'est concret. Et puis, on sert à quelque chose. Parce qu'indirectement, on soigne des gens. Donc, on a une certaine mission. C'est plus ou moins… Je ne sais pas qu'on est une entreprise à mission, mais…

  • Speaker #0

    Mais alors, attends, attends. Il faut que tu nous parles de nous. Hop là ! Tu es en train de spoiler. Non, je rigole. Non, mais tu vois, si on reprend dès le départ. Est-ce que… Parce qu'aujourd'hui, tu es juste Cyril aux oreilles de nos auditeurs. Donc, est-ce que tu peux nous expliquer qui… qui tu es, te présenter comme tu le souhaites et présenter ton entreprise bien sûr également comme ça,

  • Speaker #1

    ça va poser un peu de contexte aussi avant qu'on rentre dans le cœur du sujet alors Cyril donc j'ai 53 ans je suis directeur général de la manufacture de Navail Cyril Michaud pardon et donc en fait c'est une entreprise, une manufacture qui existe depuis 1966 on est au cœur des Landes, c'est-à-dire dans les Landes, mais pas sur la côte, malheureusement, parce que c'est quand même cool la côte. Bon, j'y vais souvent quand même, évidemment. Donc, on n'est pas au Ségor, on n'est pas loin. Pour ceux qui connaissent le Ségor, forcément, c'est connu. On est vraiment dans les terres et dans une ville qui s'appelle Agetmo, un village, on va dire, qui a toujours eu de l'industrie dans l'ameublement. D'ailleurs, il y a un rond-point magique avec une grande chaise et c'était... Il s'est autoproclamé, à juste titre, capital du siège parce qu'il y avait, il y en a moins maintenant, beaucoup d'industries dans le domaine, à la base du siège basique, il y a 40 ans, 50 ans, mais au sens large, l'ameublement. Et l'histoire de Navail, c'est l'histoire, le fondateur, je vais quand même raconter l'histoire qui est quand même assez intéressante. Robert Navail, le fondateur, ancien coureur cycliste, en fait, qui est parti après la guerre en Argentine. pour ramener de l'argent dans la famille et monter une usine de cadres de vélo. Donc, il travaillait la météorologie, le savoir-faire manuel, etc. pour une marque italienne, parce que dans les cycles à l'époque, toujours, d'ailleurs, je ne fais pas de vélo, mais en tout cas, la marque italienne était très présente. Suite à ça, il est revenu, il s'est mis indépendant en sous-traitant toujours pour des marques de vélo italiennes dans, en gros, sa start-up dans un garage, pas loin d'ici. Et en fait, c'est lui qui a créé la boîte. Donc à l'époque, Navai n'existait pas. Et il a passé le pas parce qu'on est venu le voir en disant, tu vois, les fourches de vélo, ça ressemble à des piétements de sièges, de chaises, de certaines chaises de l'époque. Donc on lui a demandé d'en fabriquer en tant que sous-traitant pour ces industriels qui étaient là, ou artisans, qui fabriquaient des chaises. Ils avaient besoin de sous-traitance. C'est comme ça qu'il s'est connecté au monde du siège. Et qu'il a dit, ok, je fabrique ça pour vous. Et de fil en aiguille, c'est une histoire de rencontre, etc. Il a décidé de créer en 1966 la société avec ses deux fils. Dont un qui venait plus de la partie design, puisqu'il avait fait des colboules. Et l'autre, de la métallurgie. Et donc c'est pour ça qu'on a une histoire, qu'on a fait partie de la convention collective de la métallurgie. On transite le savoir-faire du tube. Et puis tout ce qui vient autour, puisque nous on est fabricant de sièges maintenant, depuis le début. Le type de siège a évolué et en fait ils ont démarré comme sous-traitants. Maintenant on est 130 dans l'entreprise, à peu près 18 millions de chiffres, à la louche, ça dépend des années. Et on est surtout, les leaders français, du siège médicalisé. Et depuis 1966 ça a évolué, les marchés ont évolué, etc. Mais on fabrique du siège et l'essentiel ce sont des tubes aciers qu'on va découper, qu'on va cintrer, qu'on va souder. Ensuite il y a le bureau d'études qui va... On va concevoir le siège en amont, on a un atelier de garnissage, on a des couturières. Et ensuite, on assemble le siège, on met dans un carton et on envoie chez le client. En gros, je la fais courte, mais c'est ça. Donc, c'est la vraie industrie traditionnelle, entre guillemets. Peu de robotisation, malheureusement, entre guillemets malheureusement. Pourquoi ? Parce qu'on a beaucoup de petites séries.

  • Speaker #0

    c'est ce qui est de haute force avec beaucoup d'options beaucoup de couleurs de tissus beaucoup de possibilités difficile d'intégrer effectivement de la robotisation sur de la si petite série un tel niveau de personnalisation on

  • Speaker #1

    essaye de rationaliser le plus possible mais c'est pas évident parce qu'on fait aussi du siège technique et aussi du siège de bureau avec tout ça on s'amuse bien donc voilà l'histoire d'une manufacture finalement voilà Akiiit ! Et donc, il s'est ancré dans ce territoire où il y avait beaucoup d'opérateurs, il y en a toujours, mais beaucoup moins qu'avant, dans l'ameublement. Donc, comme je dis, métallurgie et design, et couture, etc., pour faire du siège.

  • Speaker #0

    Merci pour cette présentation. Je me permets de reprendre la main pour poser un peu de contexte à cet épisode. juste avant merci à tous auditeurs du podcast la croissance est quand même assez dingue en ce moment vous êtes chaque jour de plus en plus nombreux à nous écouter donc je suis trop contente surtout de plus en plus de questions, d'interrogations ou vous souhaitez rebondir sur des sujets qu'on a abordé avec les invités donc j'ai préparé un espace dédié pour ça chaque semaine vous recevrez et une. newsletter qui va un peu décortiquer et faire un portrait de l'invité et décortiquer surtout les stratégies ou les sujets que l'on a abordés, on va plus loin je vous mets le lien dans la description du podcast, vous cliquez et vous recevrez chaque mardi la newsletter, voilà, merci à tous, je reviens à toi Cyril, alors il y a quelques mois ou quelques semaines, je ne sais plus très bien, j'ai En tout cas, j'ai été un peu percutée par l'un de tes posts sur LinkedIn, qui sont d'ailleurs souvent très intéressants. J'aime bien lire tes posts et suivre ton actualité. Et celui-ci, tu as annoncé que vous passiez à la semaine de quatre jours. Donc, pourquoi ça m'a percutée ? Parce que déjà, ça fait un petit moment que je cherchais des invités qui avaient envie de partager ce sujet. Ce n'est pas si simple lorsque l'on travaille sur l'industrie. En tout cas, dans l'industrie, on ne croise pas tous les jours des industriels qui sont passés à la semaine de quatre jours ou qui souhaitent en parler. Ce n'est pas tellement que le sujet est controversé, mais c'est qu'on va plus partir du principe un peu naturel que ce n'est pas possible. Donc, moi, forcément, j'ai eu envie de creuser le sujet. Je t'ai envoyé un petit message et on a préparé l'épisode. Pendant cette préparation, forcément tu m'as dit aussi deux trois autres petites choses qui m'ont un peu fait tilt tu m'as parlé évidemment de l'attractivité tu m'as parlé de ton territoire un petit peu là comme tu as commencé à nous le faire en introduction tu m'as parlé aussi de tes valeurs de vos valeurs notamment autour du Made in France autour de votre engagement social autour de votre engagement territorial bref tout un tas de sujets qui présagent d'un bel épisode tous les deux. Donc, je te propose, pour commencer, qu'on aille dans le cœur du sujet direct, qui est la semaine de quatre jours. Et puis après, on verra bien où l'échange va nous mener. Est-ce que cette intro te va ? Est-ce que tu valides ? Est-ce que tu es prêt ?

  • Speaker #1

    Parfait, mais quel professionnalisme !

  • Speaker #0

    Ah, t'as vu ? J'aurais dû être journaliste. J'ai loupé ma vie.

  • Speaker #1

    Ah, c'est possible !

  • Speaker #0

    Non, en tout cas... L'exercice du podcast est très bien pour ma petite revanche. Écoute, ça te va ? Déjà, commençons, droite au but. Est-ce que tu peux nous en dire plus sur la semaine de 4 jours ? Qu'est-ce qui a orienté ce choix ? Quels enjeux il y avait derrière ? Et quelles modalités vous avez retenues ? Ça fait beaucoup de questions en une, mais au pire, je te les rappellerai au fil de l'échange.

  • Speaker #1

    Alors, qu'est-ce qui a motivé ? En fait, on s'est rendu compte que... On pense que ça peut être un... Comment dire ? Amener de la valeur à l'expérience des collaborateurs. Parce qu'on parle de marché, mais il y a un marché de l'emploi. Marché, ça veut dire l'offre et demande. C'est un marché aussi. Donc, qu'est-ce que tu peux m'amener en échange de ce que je peux te donner ? C'est une histoire de... commercial finalement, enfin d'échange, d'équilibre. Et donc en fait, dans la société actuelle, moi je partais du principe que, je ne suis pas le seul, parce que pour avoir passé aux 4 jours, on va rentrer plus en détail, il fallait que la plupart des parties prenantes soient intéressées. Je trouvais intéressant de ce focus 4 jours un peu plus intense et d'avoir 3 jours à faire autre chose. En plus, nous, on n'est pas en ville, on est dans une campagne, entre guillemets. Oui, c'est la vérité. Donc, je vois les gens, ils viennent, ils travaillent, etc. Quant à 3 jours, souvent, les gens ici ont le coup d'acquisition. beaucoup de gens même avec des salaires pas forcément trop élevés ont des maisons parce que c'est pas les prix de Paris ou de grandes villes. Et donc il faut l'entretenir la maison. C'est con on va dire mais ça fait partie d'un choix de vie ici, de se dire on a moins de loisirs, on a moins de choses mais la vie est moins chère. Donc on peut faire différemment. Et le fait d'avoir trois jours permet de s'occuper de son environnement ou de pouvoir justement, c'est pas péjoratif mais aller à la ville. De faire d'autres choses, en tout cas. D'une manière générale, alors ça, c'est parce que c'est notre contexte à nous, mais d'une manière générale, alors après, on va voir les inconvénients potentiels, c'est une histoire de contexte, donc dans la vie, tout est histoire de contexte, il n'y a pas une règle la même pour tout le monde. Et donc, du coup, de ce côté-là, je trouve que le deal était intéressant, dire, voilà, quatre jours, ça vous amène de la valeur de passer en quatre jours. Après, quels pouvaient être les inconvénients ? Le vendredi, donc nous, du 4 jours, c'est du lundi au jeudi. Le vendredi, voilà, qui répond au téléphone, etc. Et puis, on a fait l'analyse. Alors, on est en période d'essai, entre guillemets. On teste. On teste pour voir si les personnes peuvent s'adapter parce qu'on part après de comment ils gèrent leurs heures. Mais on avait fait l'étude en se disant, finalement, ça ne va pas vraiment gêner nos clients parce que certains de nos clients font pareil. Oui.

  • Speaker #0

    Oui, au moins le vendredi à samedi,

  • Speaker #1

    généralement, on voit ça souvent, non ? Oui, exactement. Donc, ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas de contact, etc. Mais finalement, bien sûr, on pourrait être… Parce que si on va plus loin, on pourrait être là 7 sur 7, mais il y a toujours des trucs à faire. Ce n'est pas le sujet, il y a toujours du travail à faire. Mais on s'est dit que voilà, les plus, les moins. On a aussi, il faut savoir aussi que dans notre… Alors, je reviens à nous, notre contexte, parce que c'est quand même l'objet du podcast, c'est de parler de nous. je ne vais pas faire de règles générales, on a des gens par exemple, comme on a peu de densité de population, pour recruter grosso modo le territoire, les gens peuvent venir, pour la ville c'est rien, mais en kilomètres, ça fait des kilomètres, de 30 à 40 minutes pour venir bosser tous les jours. Donc si on réduit le nombre de voyages, c'est dans leur intérêt aussi, budgétaire déjà, et puis temps, c'est-à-dire que quitte à venir, autant rester plus longtemps. Moi ça me paraît être du bon sens. Si on veut optimiser son temps, dire si je peux le faire en moins de temps, faire la même chose, alors après il y a des limites, parce qu'on pourrait aussi le faire en 3 jours, en faisant 12 heures par jour. Mais bon, à un moment donné c'est compliqué. Mais voilà, aux 35 heures sur 4 jours, ça paraissait intéressant et ça a paru intéressant à tout le monde. On est encore en période probatoire, on teste.

  • Speaker #0

    Depuis combien de temps là vous testez ?

  • Speaker #1

    Je ne sais plus quand c'est qu'on a démarré, je crois qu'on a démarré le 1er juin ou le 1er mai, je ne sais plus. début mai ou début juin donc c'est assez récent puisqu'on a fermé 3 semaines en août mais bon les retours sont assez positifs parce qu'on a laissé malgré tout qu'il y avait des problématiques forcément pour certains parce que le fait de finir plus tard certains avaient déjà des trucs donc ça décalait les horaires les enfants les horaires de crèche que sais-je mais on laisse en fait un système de latitude le matin ils ont une latitude de 45 minutes et le soir aussi donc ils font comme ils veulent en gros ils peuvent arriver, je crois qu'on ouvre les portes à 7h30, et le plus tard, c'est 8h15. Donc, il y en a qui se pointent à 7h30, 8h15, et le soir, c'est 5h15 jusqu'à 6h. Et même entre milliers d'eux, certains font une pause de 45 minutes et d'autres de 1h. Et chacun fait un peu comme il veut. Parce qu'il y en a certains qui mangent là, qui disaient, rester une heure de pause, ça ne me sert à rien.

  • Speaker #0

    Oui, je vais manger en 20 minutes et puis autant enchaîner.

  • Speaker #1

    Voilà, donc on impose quand même 45 minutes parce qu'ils font un minimum, mais d'autres vont un peu plus loin. Et bon, chez eux, vous n'êtes pas forcément loin, ils volent une heure. Donc, on a laissé cette souplesse qui fait qu'on a le meilleur des deux mondes. C'est-à-dire qu'on laisse la souplesse, mais celui qui vient un peu plus tôt peut partir tôt comme avant.

  • Speaker #0

    Et du coup, avant, vous aviez déjà cette souplesse des horaires. Tu vois, avec des plages d'embauche et de débauche, vous avez mis ça en même temps que la semaine de 4 jours.

  • Speaker #1

    On a mis en même temps parce qu'avant, on n'avait pas ça. On a mis en même temps pour absorber ce changement. Ce changement pouvait gêner le fait que, vu que je commence plus tôt, là, j'emmène mes gamins, je ne peux pas. Comment je fais ? Comme je finis plus tard, je ne peux pas aller au yoga. Ou à la pêche, on s'en fout. N'importe où.

  • Speaker #0

    Ou au second.

  • Speaker #1

    C'est un peu long, là. C'est un peu long. et donc du coup se dit bah ouais mais c'est vrai que finalement cette flexibilité pourquoi on l'aurait pu le faire avant mais du coup on en a profité pour le faire et moi je trouve ça très bien parce que chacun a ses impératifs et puis on a qu'il ya alors bon le voit tout de suite les gens ont pris leur rythme et ben il savait déjà le nom mais moi je viens plutôt possible parce que je m'en fous de me lever tôt et d'autres mois plus tard possible en fait c'est un même qui me dirait Moi, si je pouvais finir à 19h et venir à 10h, ça me irait bien. C'est une histoire de personne. On ne peut pas avoir des écarts aussi longs. Donc, cette souplesse, je trouve que c'est quand même un plus.

  • Speaker #0

    Oui, top. Et du coup, est-ce que tu peux nous expliquer, parce que vous avez retenu aussi une modalité sur la population concernée qui peut sembler atypique. Et donc, je veux bien que tu creuses ce sujet-là.

  • Speaker #1

    Modalité sur la population, c'est-à-dire ?

  • Speaker #0

    De ce que tu m'expliquais, vous n'avez pas la semaine en quatre jours pour tout le monde, en fait.

  • Speaker #1

    Alors, on a pu le faire pour les fonctions support, tout ce qui est, sauf la production. Pourquoi ? Alors, la production, parce que malheureusement, nous, dans notre... dans nos clients, histoire de contexte encore une fois, on a une activité qui peut être très saisonnière.

  • Speaker #0

    Ah d'accord.

  • Speaker #1

    Nous, en tant que positionnés dans l'univers du siège médicalisé, l'univers du médical au sens large, on est très présents dans les marchés publics, parce que c'est souvent les hôpitaux, c'est public, 80% des lits sont publics, donc on travaille aussi avec des cliniques. Mais d'ailleurs, que ce soit les cliniques ou même les hôpitaux, souvent on a quand même, ils ont des budgets. Mais dans le public, c'est particulier le système budget qu'on leur alloue. Et on a des pics d'activité en ce moment, fin d'année. Et on peut avoir, en début d'année, quand ils n'ont pas voté les budgets, zéro budget. Donc, un trou dans la raquette, comme on dit, où là, il y a bien moins de travail. Et donc, on est obligé dans notre activité, même si on essaye de s'en sortir en diversifiant, en n'étant plus sur le privé, mais on se rend compte que des fois, de plus en plus, le privé… Ce sont finalement des groupes qui se regroupent, c'est le cas de le dire, et souvent les budgets ne sont pas forcément votés au début d'année, et donc ça traînasse, et on a souvent des périodes de flottement sur février, mars, voire avril. Et donc, difficile d'avoir quelqu'un qui fait 35 heures tout le temps. Donc on a un système d'annualisation pour la partie production, c'est-à-dire qu'il y a des périodes... à avril où il peut faire

  • Speaker #0

    25 heures par semaine parce qu'on n'a pas assez de travail mais à des périodes où il peut faire 45 heures comme en ce moment donc t'es en modulation en fait où c'est calculé de façon annuelle mais alors du coup si on creuse derrière moi ce qui m'intéresse c'est t'as quand même de la visibilité pour l'anticiper je veux dire dans ton pic PDP enfin si tu déploies un pic PDP, mais peu importe si c'est un pic PDP ou pas, en gros je pense que tu as quand même de l'activité sur les commandes. Est-ce que tu es à même de le gérer ? Est-ce que tu en as ? Là, est-ce qu'au moment où tu parles, tu es capable de me dire, je sais d'ores et déjà qu'à partir de février, ça va être un peu le ventre mou.

  • Speaker #1

    Oui, on le sait par expérience. Parce que la force de… de faire des années, on voit bien que c'est plus calme. Et on comprend les raisons, parce que quand les commerciaux sont au terrain, ils disent que c'est une période où les mecs, dans les hôpitaux, ils n'ont pas voté le budget, donc ils ne dépensent rien pour l'instruire.

  • Speaker #0

    Mais dans ton carnet de commandes, tu n'as pas une visibilité, admettons, sur un an.

  • Speaker #1

    Non, parce que nous, en fait, on a des mises à disposition souvent. Alors, selon les clients, selon les marchés, des fois, c'est quatre semaines, des fois, c'est six semaines. Je n'en sais rien. alors évidemment

  • Speaker #0

    Sur des grosses opérations, par exemple des agrandissements d'hôpitaux ou autre chose, où il y a de nombreux sièges, en général, il y a une discussion avec le commercial bien en amont. Mais alors des fois, on a eu des surprises monumentales. Le mec, il devait nous commander pour novembre 2024, et on l'a livré en juin, parce qu'il a repoussé les commandes, parce que les bâtiments étaient en retard. Donc on a plein de trucs comme ça. Donc si on avait compté dessus, et on avait plus ou moins compté dessus, ah ben en fait...

  • Speaker #1

    T'as un trou dans la raquette, quoi.

  • Speaker #0

    Ah ben oui, peut-être. Tant que tu n'as pas la commande, tu n'as pas la commande. Et quand on a une commande, malheureusement, évidemment, si on avait des commandes six mois à l'avance, ce serait facile. Mais nous, les délais sont très courts. Et comme on ne travaille pas avec du stock, puisqu'on a un peu de stock, si tu veux, on arrive à faire du stock dans la partie tollerie, sur certaines pièces en métal qu'on va souder et peindre. Mais parce que des fois, c'est des troncs communs avec différents sièges. Il y a une base qui est identique. Mais tout le reste... par exemple la couleur du tissu ou le choix du tissu il y a plein de tissus Ausha on ne peut pas le faire d'avance et puis en trésorerie je ne peux pas et puis les options, lui il veut ça, il veut ça et puis on ne pourrait pas stocker en fait on ne pourrait pas stocker parce que demain je fais 500 sièges verts tu n'y vas pas,

  • Speaker #1

    tu as un coût de mobilisation qui est énorme en fait on se voit,

  • Speaker #0

    il y a certaines couleurs par exemple aux typologies de tissus qui vont être leader et plus tournées donc on va dire que ce n'est plus ça Merci. Oui, mais des fois, ce n'est pas ça. Donc, soit tu as beaucoup d'argent et tu stockes, et tu as des entrepôts pour stocker, ce n'est pas une gestion saine. Donc, nous, on est en flux tendu. Donc, ce flux tendu, plus les périodes très courtes de mise à disposition pour le client avec les installations et compagnie, fait qu'on a besoin…

  • Speaker #1

    Il faut être agile en prod, quoi. Il faut être hyper agile en prod.

  • Speaker #0

    C'est ce qui est très, très compliqué. Ça, c'est dans notre métier. C'est un enfer. C'est très dur. Alors, on essaie de trouver des outils pour prévoir, mais de toute façon, on ne peut pas prévoir à six mois, dans deux mois, je ne sais pas ce que je vais vendre. On a une trend, parce qu'on a sur certains marchés, on savait par exemple ce truc qui tourne, on a certaines lignes de produits qui vont tourner, donc on essaie de s'avancer un peu là-dessus. On va lancer dans l'hôtellerie de la fabrication de châssis, de trucs, parce qu'on sait que ça va être… mais c'est toujours...

  • Speaker #1

    Tu sors un peu ta boule de tristane quand même.

  • Speaker #0

    Il y a toujours une prise de risque quand même. Est-ce que ça peut me virer dans l'autre sens ? Parce qu'on a un catalogue très large. Si je faisais trois sièges, ce serait facile.

  • Speaker #1

    Justement, attends, parce que moi, je suis curieuse. J'aime bien comprendre ça. Pourquoi est-ce que, quelque part, vous faites le choix de vous imposer autant de contraintes en termes de production ? Est-ce que ce n'est pas plus simple de resserrer votre chiffre ? Tu vois ? pour permettre un peu plus de une production peut-être un peu plus linéaire et de pouvoir être un peu moins en flux tiré enfin en flux tendu que ça le

  • Speaker #0

    rêve clair mais alors je ne dis pas que c'est impossible parce que c'est ce que j'aimerais arriver à faire parce qu'on aimerait arriver à faire c'est pas évident parce que comment dire Il y a plein de raisons. Déjà, nous, comme on est beaucoup sur des appels d'offres publics, alors des fois, c'est des lots d'appels d'offres où de toute façon, c'est toi qui réponds à tout, toi tu réponds à rien. Des fois, là, tu es obligé de répondre à tout si tu veux travailler. Ce n'est pas rarement, après ça dépend, mais des fois, il y a des appels d'offres sur une typologie de siège, des fois, c'est un lot global. On a besoin d'amortir aussi la structure, de faire un certain volume. Mais certainement qu'on s'est trop laissé emballer sur les 10-15 dernières années, sur certains marchés, où on a fait pour faire de la croissance, mais en se mettant un peu les bâtons dans les roues, parce que ça complexifie de plus en plus. Donc on se pose la question comment revenir un peu en arrière pour aller pour tendre vers ce que tu dis, moi c'est j'aimerais bien, en faisant des choix. Mais c'est jamais évident de refuser. Non,

  • Speaker #1

    parce que tu as l'impression de renoncer. J'imagine de te dire, bon, il y a toujours... C'est un peu comme... Je fais tout ça. Je te préviens, je pars sur une métaphore aussi orientée vers la restauration, parce que j'aime beaucoup bouffer. Donc, j'y vais, c'est maintenant. Mais tu vois, c'est un peu comme un resto, dans le sens où, souvent, ils vont avoir du mal à rétrécir la carte. Et je ne sais pas, moi, j'habite sur la côte atlantique, mais pas la même que toi. tu vois et bah en fait tu vas sur le port l'endroit le plus touristique tu vas trouver des restos, tu peux aussi bien manger de la crêpe que des sushis que du poulpe, que du burger bref t'as pas appliqué au restaurant du coup t'as pas d'identité moi je me dis bah warning, y'a rien qui va être bon et j'imagine même pas la galère en cuisine pour produire tout ça mais tu vois leur pendant c'est toujours de se dire bah en fait je flippe parce que j'ai... une clientèle diversifiée pour ça, est-ce que du coup je vais pas m'écarter d'autres clients, je vais déplaire à certains.

  • Speaker #0

    Alors, je comprends très bien. Puis comme je le disais en préambule, je connais bien le milieu de la restauration et je m'y intéresse. C'est toujours intéressant. C'est un milieu qui est assez complet. J'essaie de faire des rapprochements avec l'industrie. Mais le restaurant, c'est un peu différent parce que je donne un exemple. Si tu as 200 places, quand tu es plein, tu es plein. donc effectivement tu as intérêt à être plutôt sans être monoproduit mais en identité très marquée nous c'est un peu pareil mais la différence c'est que nous on va vers le client et que comment dire pour se développer en fait on est sur un marché on est vite au plafond de verre sur une typologie de siège c'est pas comme si on pouvait alors on pourrait essayer mais c'est un peu compliqué on fait un peu d'export mais pas énormément On se disait, ce produit, je le vends là. Maintenant, je peux le vendre là. Donc, je ne fais pas 50 produits. Je fais le même, mais que j'augmente les volumes et que j'en vends plus ailleurs. Et nous, c'est compliqué. Donc, pour augmenter, c'est comme si je suis restaurateur. Pour augmenter, je suis obligé de me diversifier. C'est un peu différent. C'est-à-dire, parce qu'un siège médicalisé n'est pas un siège médicalisé. Il y a plein de services, plein de besoins différents. Donc en fait, il faut que je me diversifie. sur des spécificités de plus en plus pointues parce que pour que ça réponde, à chaque fois, c'est des niches, plus des niches, plus des niches. C'est ce qui fait aussi notre force parce qu'on va dire qu'on se considère comme des artisans industriels.

  • Speaker #1

    Oui, c'est compliqué de renier ça en se disant qu'on fait le choix de resserrer la gamme et du coup, on n'est plus vraiment différenciant sur ce qu'on apporte à nos clients. C'est ça que tu veux dire ?

  • Speaker #0

    Oui, parce qu'en fait, Ça reste des métiers, des produits de niche, même si ça fait un certain chiffre d'affaires parce que c'est à forte valeur ajoutée, où il faut être au plus près du besoin du cadre de santé, etc. Et que c'est plein de détails. Donc, en fait, c'est compliqué de uniformiser le truc. Si, par exemple, on fait aussi des sièges de bureau, mais dans le siège de bureau, c'est presque plus simple. Parce que tu pourrais dire finalement, mais c'est pareil. nous on est surtout sur des niches en répondant à des besoins spécifiques comme le siège 24-24 etc pour des utilisations intenses mais c'est souvent des niches comme ça sur lesquelles on répond ce qui vous permet de valoriser l'émerge aussi je l'imagine c'est aussi pendant que vous après

  • Speaker #1

    sur de l'appel d'offres vous êtes un peu plus c'est compliqué elles sont un peu exigeantes j'imagine un peu trop qu'on...

  • Speaker #0

    On rééquilibre les choses petit à petit, parce que le client étatique est un client qui est dur.

  • Speaker #1

    Est-ce que ça te dit de connaître l'envers du décor ? Les petites galères, tu sais ce qu'on a coupé au montage, ou nos petites anecdotes particulières ? Dans cette newsletter, je tire aussi les trois. quatre enseignements clés de l'épisode que je viens décortiquer dans une section que j'ai appelée les conseils de Tata Claire. Donc, je te partage tout ça, coulisses, portraits, apprentissage et conseils, chaque jeudi. Si tu veux t'abonner, recevoir cette newsletter, tu as le lien directement dans la description de l'épisode. Mais du coup, tu vois, c'est hyper intéressant parce qu'au départ, tu as un enjeu business qui se répercute forcément sur votre organe prod. Si je récapitule un peu, je crois, un peu le fil de ce qu'on s'est dit. L'impact, c'est que vous avez du mal à lisser. Vous ne pouvez pas carrément lisser votre production sur une année. Donc, vous avez mis en place la modulation. et Du coup, vos fonctions support, elles, n'étaient pas modulées à ce moment-là, n'étaient pas en modulation. Elles, elles étaient là 5 jours, 35 heures par semaine, tout au long de l'année, ou elles suivaient aussi le rythme de la modulation ?

  • Speaker #0

    Non, elles ne sont pas modulées parce qu'en fonction du support, il y a toujours du travail. On peut le linéariser. Il y a quand même des pics d'activité quand même. Mais par exemple, si je prends l'exemple de l'administration des ventes, bah S'il y a plus de commandes, il y a plus de saisies commandes que quand il y en a moins. Mais quand il y en a moins, on a pris du retard sur d'autres trucs qu'on va essayer de faire. On arrive plus à jongler, c'est plus simple.

  • Speaker #1

    Oui, donc là, il n'y avait pas lieu d'être en modulation pour les fonctions support.

  • Speaker #0

    Un bureau d'études, il travaille toute l'année, il a des projets, il avance. Il y a des ventes ou pas des ventes, il avance quand même. Il avance au gré des projets, pas au gré des ventes. Même si c'est lié, il y a un décalage dans le temps. Il travaille en amont. Sur le terrain, les commerciaux, il y a toujours des trucs à faire. Bien sûr qu'ils vont avoir plus de commandes dans une période, mais ils ne vont pas juste prendre des commandes, ils vont surtout faire des présentations de produits. Et ça, c'est un travail de toute l'année, même s'il y a des périodes plus creuses. Mais après, pour eux, c'est des histoires d'opportunités. Des fois, la période peut être creuse en production. Et eux, ils ont plein de présentations parce que c'est des présentations qui seront plus tendues dans six mois.

  • Speaker #1

    Oui,

  • Speaker #0

    bien sûr. Si tu veux, le client n'a pas encore le budget, il ne sait pas trop, mais il se renseigne déjà. Oui, bien sûr. Moi, j'ai des besoins pour installer un service de tel ou tel siège. Viens me voir, présente-moi tes trucs. Bon, on verra plus tard le budget que j'ai, mais au moins, je reste déjà sélectionné. Donc, il y a un décalage dans le temps.

  • Speaker #1

    Oui, bien sûr. Mais tu vois, si je te pose la question, entre modulation pour la prod et les fonctions support, le cas de jour pour les fonctions support et pas pour la prod, je creuse là-dessus aussi parce que, tu vois, c'est un gros débat aussi sur la notion un peu d'équité de traitement. Tu vois, on a eu cette discussion dans l'épisode avec Céline Bourdin, qui est présidente de la Manufacture de l'Éphémère. Et tu vois, elle, son positionnement, c'était de dire, moi, il est hors de question qu'il y ait des traitements différents qui viennent un peu alimenter, si tu veux, la culture du silo entre la prod et les fonctions support. Mais du coup, ce qui est intéressant dans ton approche, c'est que d'un côté, tu as la modulation. Il y a quand même aussi un intérêt pour beaucoup parce que tu as des semaines qui peuvent être très light, comme tu dis, avec 25 heures semaine.

  • Speaker #0

    Oui, il y a des périodes de l'année.

  • Speaker #1

    À certaines périodes, voilà. Et tu as la semaine de 4 jours, enfin en 4 jours, mais toujours 35 heures, pour les fonctions support,

  • Speaker #0

    tu vois. Oui. Alors, moi, mon point de vue là-dessus, j'ai toujours… Alors, je peux comprendre que… Alors, s'il y a une prise de risque, effectivement, une prise de risque, entre guillemets, que ça puisse être pour la… prod perçue, mal perçue, mais pas pour tous. Parce que finalement, moi, ça ne me pose pas de problème parce qu'en fait, c'est un petit peu et ce qui m'exaspère souvent, c'est les gens qui se regardent et qui se critiquent ou qui disent lui, je vais avoir un exemple, critiquer un commercial qui va gagner plus que tel ou tel poste. Et moi, quand j'entends ça, je dis, ouais, c'est peut-être vrai. Maintenant, est-ce que tu es prêt à être sur la route 5 jours par semaine et ne pas dormir chez toi ? Est-ce que tu es prêt à ça ? Non ? Bon, alors voilà. Donc en fait, ce n'est pas le même métier. Donc, on ne part pas des choux et des carottes. Donc en fait, je comprends. Ce n'est pas parce qu'on est une société qu'on doit tous faire la même chose et être tous pareils. Moi, je ne suis pas d'accord avec cette vision. Parce qu'en fait, c'est comme dans une équipe de rugby ou autre chose, on a tous un rôle à jouer et le rôle n'est pas le même. En fait, c'est peut-être un problème de société où j'ai du mal à comprendre qu'on se compare toujours. Non ? compare-toi à toi, tes aspirations ce que tu as envie de faire d'ailleurs, nous il y a des gens qui ont changé de poste, parce qu'ils en avaient marre et on leur a dit, ok on va t'aider, on va te former pour changer de poste que les gens soient libres pour changer de poste, je trouve ça super bien on a des gens qui étaient en production, qui sont au bureau qui étaient en commercial qui sont passés au service qui demandent moi je trouve ça génial, au contraire parce qu'au moment où on est lassé mais vouloir se comparer, ce n'est pas parce que c'est la même société qu'il faut se comparer. J'ai du mal avec ça parce que ce n'est pas le même métier. C'est comme si je disais, moi, je fais du basket, voilà mon avantage et toi, tu fais du rugby, voilà ton avantage, toi, tu fais du foot. Ce n'est pas le même sport. On est dans la même ville, mais on ne fait pas le même sport. Je sais que plein ne pensent pas comme moi, mais j'ai un peu du mal avec ça parce que les gens ne se comparent pour rien. On se compare à ce que... Les gens se comparent, mais ils ne voient pas l'ensemble des choses, le positif et le négatif. Ils ne contextualisent pas les choses. Et puis, encore une fois, se comparer, dire « moi, j'aurais voulu faire ça. » « Ah, ok, on va t'aider à le faire. » Ça, il n'y a pas de problème. Donc, finalement, dire « oui, au bureau, ils font quatre jours, et nous, on est annualisés. » Oui, mais si on le fait, c'est que nos clients font que, et qu'on n'a pas le choix.

  • Speaker #1

    Il y a un contexte. Oui, donc après...

  • Speaker #0

    Si j'avais des commandes, tu l'as dit tout à l'heure, six mois à l'avance, je mettrais tout le monde pareil. C'est plus simple. mais voilà c'est pas les mêmes métiers ils ont pas forcément les mêmes horaires non plus donc tu... un gars qui est commercial sur la route et un soudeur il fait pas le même métier, pourquoi se comparer ? ils vont se comparer sur le salaire l'un peut passer d'un côté, l'autre... mais au prix du commercial il va dire bah oui il a de la chance, le soir il dort chez lui alors bah fais soudeur alors ! je veux dire, on peut pas avoir tout ! donc cette comparaison en fait c'est peut-être un phénomène de société mais... où on veut que tout le monde soit pareil. Non, on est tous différents, on a tous des trucs différents, un métier différent. Pourquoi vouloir toujours faire en sorte que tout le monde soit pareil ? Non, on ne fait pas la même chose. Donc, pourquoi ? Enfin, voilà, j'ai un peu de mal avec ça.

  • Speaker #1

    Oui, mais tu vois, c'est intéressant.

  • Speaker #0

    J'aimerais bien ce que je veux dire. Ça ne veut pas dire que, si tu veux, ça ne veut pas dire qu'on ne traite pas les personnes de la même manière. Mais le contexte de leur... travail fait que c'est pas le même.

  • Speaker #1

    Ouais, ouais, je comprends. Non, non, mais je vois pas du tout le côté malveillant, t'inquiète pas.

  • Speaker #0

    Non, non, non, mais je veux dire, sinon tout le monde ferait, toutes les boîtes feraient 35 heures, de telle heure à telle heure. Ah non, non, faut pas faire une...

  • Speaker #1

    Oui, tout le monde serait prof pour les deux mois de vacances que beaucoup utilisent.

  • Speaker #0

    C'est pareil, voilà, les gens qui critiquent les profs, ils ont deux mois de vacances. Mais je leur dis, mais attends, mais fais prof alors. Ah bah non, ah bah voilà. c'est un choix, tu ne peux pas tout avoir non mais j'entends c'est bien j'aime bien aussi dit ta question là où elle est intéressante aussi c'est que ceci dit c'est mon point de vue c'est pas le point de vue de tout le monde et effectivement la difficulté c'est que ça peut être effectivement en interne mal perçu a priori c'est pas si mal perçu que ça parce que je pense que la plupart ont compris que de toute façon ils ne faisaient pas le même métier que c'était pas Oh ! Les gens qui viennent chez nous, ils comprennent bien cette histoire d'analyse. Parce que quand ils l'ont fait un an, quand ils font en mois de janvier 20 heures par semaine, et qu'ils travaillent deux jours par semaine, les autres, ils travaillent. Oui, bien sûr. Donc, si ça, ça leur va, après, on ne peut pas tout avoir.

  • Speaker #1

    Non, mais tu vois, je pense qu'effectivement, c'est intéressant. Puis, encore une fois, on en revient toujours. Il faut… C'est une liste contextuelle, je pense que, moi je te parlais de Céline Bourdin, je pense que c'est la bonne solution pour son entreprise, pour son contexte, pour sa culture d'entreprise, tu vois, et c'est la bonne solution pour Navaï et pour ton entreprise et pour tes salariés.

  • Speaker #0

    Alors c'est possible, là la culture c'est l'histoire de contexte, parce qu'encore une fois, comme on l'a dit, si on avait une visibilité plus longue… je serais le premier à dire, les gars, même en production, vous faites quatre jours.

  • Speaker #1

    D'abord, le business et la prod à considérer, clairement.

  • Speaker #0

    Oui, parce que nous, on a pu, sur la partie support, le faire. Mais malgré tout, on s'est interrogé, notamment sur le vendredi, pour répondre aux clients. Et j'ai la même interrogation, j'extrapole un peu, sur, parce qu'on a fermé trois semaines en août, et bon, on s'interroge.

  • Speaker #1

    Parce que tu as des commandes, là, août est un bon mois. en termes de production ?

  • Speaker #0

    Non, on est fermé trois semaines, donc on ne produit pas. Mais il y a des commandes qui tombent fin juillet. On ne peut pas les produire, on est fermé. Quand on est revenu, pour pouvoir saisir les commandes, parce que saisir une commande, ça prend du temps, il a fallu, pour rattraper les commandes qui étaient dans le pack, mais pas encore dans notre ERP, plus de deux semaines. Donc, en fait... Et pendant que tu fais ça, il y en a d'autres qui arrivent. Donc, pour rattraper ce retard, si tu n'es pas fermé, tu as eu moins de retard. Mais c'est compliqué de ne pas fermer dans notre cas parce que c'est normal, il faut des vacances. Et étaler sur trois mois les vacances, c'est compliqué parce qu'il te manque des gens. Mais ceci dit, on s'interroge. Moi, je m'interroge pour l'année prochaine pour voir comment faire. Je ne dis pas qu'on va le faire, pas le faire. Oui, tu te questionnes. C'est un peu une histoire, je voudrais essayer de plus linéariser, mais ce n'est pas simple parce que ça facilite le fait de fermer, mais après, on a d'autres inconvénients.

  • Speaker #1

    Ou alors passer sur deux semaines. Je vois de plus en plus de boîtes qui passent de trois semaines à deux semaines.

  • Speaker #0

    Deux semaines, déjà, tu as une semaine de moins de retard.

  • Speaker #1

    Oui,

  • Speaker #0

    c'est déjà pas mal. C'est un tiers, je vois comme ça.

  • Speaker #1

    Finalement, c'est ça. Heureusement que tu es là pour relever mon niveau en mathématiques. ok maintenant j'aimerais bien que on aille un peu sur le sujet du Made in France du label Origine France Garantie que tu portes avec ferveur je sais que tu en parles souvent aussi sur LinkedIn je suis allée évidemment consulter votre site web j'ai vu que ça faisait pas aussi de vos marqueurs culturels de vos valeurs Est-ce que tu penses et de quelle manière tu penses que ça peut servir l'attractivité ? Et là, je parle de l'attractivité employeur en tout cas. Et qu'est-ce qu'il y a derrière cet engagement ?

  • Speaker #0

    Je pense qu'effectivement, l'attractivité, juste pour élargir la question client, je n'en suis pas certain. Ah ouais ?

  • Speaker #1

    Tu ne penses pas que ce soit…

  • Speaker #0

    En vrai, on ne sait pas trop si c'est un impact. Je t'explique pourquoi de manière assez simple. C'est que dans un appel d'offres public, ça ne rentre pas dans les critères de sélection. C'est interdit par les lois européennes.

  • Speaker #1

    Mais oui, mais ça…

  • Speaker #0

    Or, je n'ai pas les chiffres. D'ailleurs, je vais faire un article là-dessus, mais je me renseigne sur les chiffres exacts avant de dire qu'on ne me reproche pas de me tromper. Mais de ce que j'avais discuté avec Gilles Attaf, le président de l'OFG, lors d'une réunion… Je crois qu'il me paraît de 5 à 10 %, il ne parlait pas de produits OFG, mais parce que tu peux être français sans être OFG, de 5 à 10 % je crois de produits français dans les appels d'offres.

  • Speaker #1

    Oui, c'est une catastrophe.

  • Speaker #0

    Et en Allemagne, je crois que c'est 70 ou 80 %. Oui,

  • Speaker #1

    mais tu vois, moi je fais juste un stop là-dessus. Ok, notre contexte géopolitique en ce moment, il n'est pas simple, particulièrement le jour où on se parle, le 10 septembre, mais on ne va pas forcément rentrer dans la politique, mais il y a des choses qu'on ne maîtrise pas. sur notre écosystème mondial, international. Mais tu vois, ça fait partie des trucs. Je ne comprends pas. Je veux dire, c'est quand même pas compliqué que de se dire qu'à un moment donné, nos politiciens mettent en place une solution pour mettre un minimum d'achats publics vers des fabricants, vers des produits made in France, bon sang.

  • Speaker #0

    Parce que c'est des lois européennes et donc ils ne peuvent pas les congeler. Oui,

  • Speaker #1

    mais ils le font en Allemagne.

  • Speaker #0

    Non, mais en Allemagne, ils le contournent. Parce qu'en fait, ils sont plus malins, effectivement, donc on pourrait le faire en France. Ils font… Alors en Allemagne, oui, alors en fait, je pense que c'est pas dans les critères, mais c'est dans les critères. C'est-à-dire qu'en fait…

  • Speaker #1

    C'est culturel.

  • Speaker #0

    Ils arrivent dans le cahier des charges, en fait, à faire en sorte que ceux qui peuvent répondre sont plutôt allemands. Ils se disent « Bon, dans le cahier des charges, je sais pas, c'est subtil » . Ce n'est pas fabriqué en Allemagne, mais ça va être… En tout cas, je ne sais pas comment ils se débrouillent exactement. Je n'ai pas la réponse.

  • Speaker #1

    Tu vois, tu es d'accord qu'à un moment, on se tire un peu une balle dans le pied, en fait.

  • Speaker #0

    Bien sûr.

  • Speaker #1

    C'est pour ça que,

  • Speaker #0

    si tu veux, techniquement, sur ces appels d'offres, ça ne peut pas nous aider. Par contre, en revanche, une fois que tu es sélectionné, l'acheteur… Lui, ce n'est pas celui qui a fait l'appel d'offres, en hôpital, etc. Lui, il peut y être sensible. Évidemment, certains clients, ils sont sensibles, mais pas tous. En revanche, j'ai élargi ta question sur la partie client. Si on parle de marque employeur, alors là, par contre, je suis très, très favorable et je pense que c'est très puissant. Surtout, ça a vraiment du sens par rapport à l'histoire de Navail. Situation géographique. Parce qu'en fait, ça a toujours été une entreprise, comme la plupart des boîtes, qui avait, comme on dit, le bon sens paysan. C'est quoi ? Nous, on ne fait pas de très grandes séries. Pourquoi aller faire travailler des mecs à 3000 kilomètres quand tu as des gens que tu peux faire travailler ? Tu sais que plus tu as de gens qui travaillent autour, plus il y a une économie qui se développe locale, plus ça prospère, plus tout va mieux. Ça, c'est du bon sens. C'est-à-dire que nous, la plupart de nos... partenaires qui en achètent des produits ou un peu de sous-traitance, plus ils sont prêts, mieux c'est. Déjà parce qu'on a besoin, comme je l'ai expliqué par rapport à notre marché d'agilité, on a vu qu'on ne stocke pas, qu'on est tout dans l'urgence, donc il nous faut une agilité. Si le gars est à l'autre bout de la planète, c'est plus compliqué, forcément. Et il y a toujours eu dans la culture locale, comme dans beaucoup de régions de France, ce terreau. et donc on arrive plus ou moins à maintenir parce qu'il y a encore plein de petites industries pour la peinture pour ceci pour cela pour la mousse pour le truc et donc là on a on lance des nouvelles gammes on avait besoin d'externaliser de l'outillage pour des faire des gabarits de soudure etc on a trouvé que localement et on voulait pas aller trop loin même en france on voulait que ce soit local parce qu'il faut s'y rendre il faut échanger il faut construire avec le bureau d'études, avec la prod. Donc si c'est à l'autre bout de la France, c'est compliqué. Et heureusement, on a pu trouver des partenaires difficilement. Mais voilà, on est toujours dans cette logique parce qu'on a besoin d'agilité. Donc ça correspond à notre business model.

  • Speaker #1

    et c'est culturellement ancré dans Naray comme dans d'autres boîtes du coin d'ailleurs il y a votre engagement social derrière aussi au delà de votre engagement fabriqué, défendre le Made in France derrière il y a aussi l'engagement social qui transpire parce que finalement faisant et en travaillant avec des partenaires, des parties prenantes juste autour de ton territoire, dans ton territoire Tu le fais vivre ton territoire. Tu garantis de l'emploi pour ton territoire. Tu garantis des écoles parfois dans un village. C'est toute une économie locale que tu fais vivre en fait.

  • Speaker #0

    Effectivement, c'est pour ça que ça a plus un rôle, moins un rôle client, mais plus un rôle social. Et du coup… Par rapport à l'attractivité, beaucoup sont très sensibles à ça, quel que soit le poste, peu importe leur rôle dans la boîte, sensibles au fait que… C'est-à-dire que même celui qui a le rôle le plus simple, enfin simple en termes de savoir-faire, qui rentre dans la boîte, je dis, on a tout fait dans l'usine, il y a des sous-traitants qui ne sont pas loin, il y a une certaine forme de fierté, c'est-à-dire que c'est nous qui avons fait. Le siège qui est passé à la télé dans tel hôpital, tel truc, on l'a fait là. dans les locaux. Et donc, ça fait vivre l'économie locale, comme tu dis. Et donc, il y a une forme de... Ça fait l'air, je trouve. Donc ça, c'est un côté positif.

  • Speaker #1

    Et en termes de réputation sur le secteur, du coup, en tout cas, tu penses, quelle est ta perception ? Tu penses qu'on dit quoi de vous ?

  • Speaker #0

    on dit que Navail a su passer les orages. Parce que malheureusement, certains industriels qui étaient là, qui étaient plus gros que Navail, il y avait une boîte pas très loin d'ici, 500 mètres, 1500 salariés, 1500, fabriquaient des canapés. Leur client, la grande distribution, concurrence chinoise et compagnie. Chinois, ce n'est pas forcément les Chinois, mais concurrence externe, on va dire.

  • Speaker #1

    Oui, mais ici, on a le droit de le dire, ne t'inquiète pas.

  • Speaker #0

    prix bas, etc. Bref, ils ont déposé, etc. Ils n'ont pas pu redresser la barre. Et d'autres qui étaient sur des marchés de fabrication de chaises, mais assez standard, qui étaient bien pour l'époque et ils n'ont pas évolué avec le temps et ils ne trouvaient plus leurs clients. En gros, je fais très court. Donc, c'est vrai que Navarra, il y a cette image qui a su résister, mais parce que Navarra est allé sur des niches finalement. La différence, elle est là. pas dans un produit de grand public. Alors, effectivement, c'est plus embêtant pour linéariser la production, mais on est protégé parce que cette agilité, pour la faire plus loin, c'est plus compliqué. Donc, en fait, c'est le serpent qui... C'est compliqué de tout avoir. Le but, c'est d'améliorer, effectivement, cette linéarité, éventuellement diversifiant nos clients. Si on diversifie les produits, ça peut être une solution, mais ça complexifie aussi la production. Donc, ça, c'est cornelien.

  • Speaker #1

    Mais tu sais quoi, ça me fait penser ? Ça me fait penser à la vision de Laurent Moisson et justement, Gilles Latta, qu'il faudrait simplifier, en quelque sorte, notre production française pour redevenir aussi compétitive. Parce que justement, ce que tu évoques, c'est que le positionnement de Navail a été de la complexifier. Donc, tu complexifies, tu fais monter en compétence les savoir-faire. tu viens complexifier ta production pour t'adapter au marché parce que finalement tout ce qui est le plus simple la grande série on l'a délocalisé à l'autre bout de l'Europe ou à l'autre bout du monde ça me faisait penser à ça écoute j'ai trop envie de continuer cette discussion mais je vois le temps qui file tu m'avais dit de respecter un timing nous sommes à deux minutes Merci.

  • Speaker #0

    de la fin de ce timing. Est-ce que tu souhaites... Je sais, on avait trop de choses à se dire. Encore plus.

  • Speaker #1

    Vas-y. Je ne pensais pas que ça passait aussi vite.

  • Speaker #0

    Tu sais quoi ? Tu sais voir ça, à chaque fois, ça me fait plaisir. À chaque fois, je me dis, ça va. Ils ne sont pas si mal en ma compagnie.

  • Speaker #1

    On passe un très bon moment. Après, en visio, c'est moins sympa. On aurait pu boire un café. Parce que là, j'ai un café dans un truc en carton. Ce n'est pas top.

  • Speaker #0

    Ah ouais ? Écoute, moi je propose à tous ceux qui souhaitent de me payer pour que je traverse la France de fond en comble et faire me déplacer avec mon micro. Je lance un appel, clairement, je préférerais faire ça.

  • Speaker #1

    Tu peux faire les carnets de Julie, mais pas forcément pour découvrir les restaurations, mais les industries. Tu sais, les carnets de Julie avec la voiture.

  • Speaker #0

    C'est vrai, c'est vrai. Mais le nerf de la guerre, c'est quand même le bisex.

  • Speaker #1

    Les carnets de Claire.

  • Speaker #0

    Ouais. C'est pas mal. Je suis en pleine réflexion aussi. C'est une idée nouvelle que j'ai eue. Je me suis dit, pourquoi je n'écrirais pas des histoires sur l'industrie pour les enfants ? Et après, je me suis rappelée que, par exemple, je ne savais pas du tout dessiner. Voilà, tu vois ? Mais il y a plein de trucs à faire derrière. Mais c'est quand même souvent une histoire de pognon. Donc, si toutefois…

  • Speaker #1

    C'est souvent le point de montage.

  • Speaker #0

    C'est ça. Donc, si toutefois… il y a des partenariats des sponsors qui sont prêts à investir sur le média pour que je puisse me déplacer avec ma voiture auprès des industriels je lance la balle moi je suis carrément partante et bien sûr je viendrai chez Navail avec plaisir me faire payer un café et plus bah

  • Speaker #1

    non un resto ah oui là on peut se faire un resto après on peut aller faire une petite session de surf traverser la forêt des Landes enfin il y a plein de choses à faire ah bah écoute Merci. Après, tu viens et je te présente à d'autres industriels. On fait un truc sympa.

  • Speaker #0

    On fait une rencontre. On fait un meeting.

  • Speaker #1

    Un meeting,

  • Speaker #0

    oui. D'ailleurs,

  • Speaker #1

    tu parlais de Laurent Moisson, mais j'en fais partie de la FFI.

  • Speaker #0

    Oui.

  • Speaker #1

    Fédération Française de l'Industrie, même si je ne vais pas trop aux réunions parce que c'est souvent… Moi, je fais partie de la région Aquitaine, mais c'est souvent à Bordeaux, donc ça me fait loin. Mais on fait souvent des réunions comme ça. C'est assez intéressant.

  • Speaker #0

    Ça, c'est chouette. Ça fait partie aussi de mes projets. J'aimerais bien recevoir Laurent Moisson et Gilles Lataf. Projet à venir. Mais écoute, moi, je m'attire sur cette histoire de passer, d'aller deux jours si on fait les choses bien, pour faire un événement, pour que moi, je ne me lève pas une heure du mat pour faire la route. Je réfléchis. Je prends la balle au bout, tu sais, moi je suis très opportuniste.

  • Speaker #1

    Non, non, mais je pense que c'est bien les rencontres comme ça, avec plusieurs industriels, qui ont des problématiques communes et différentes, parce que c'est une histoire de contexte. C'est toujours sympa, parce qu'on échange, etc. Et on trouve toujours des idées, c'est un genre de benchmark, mais il n'y a rien de prévu, c'est en discutant comme ça, ah oui, je n'ai pas pensé à ça, bonne idée. Mais en fait, à chaque fois, il y a des nouvelles idées à ressortir.

  • Speaker #0

    Non, mais il n'y a rien de mieux qu'effectivement le présentiel.

  • Speaker #1

    Oui, ça c'est évident. Mais en même temps, ce système est quand même pratique.

  • Speaker #0

    Ah, tu vois ? Sinon, effectivement, ça aurait été difficile d'avoir autant d'agilité que par le biais de la vision. Est-ce que Cyril, tu as envie de dire un dernier mot avant qu'on ne se quitte ? Est-ce qu'il y a un message que tu voulais passer ? Voilà.

  • Speaker #1

    Oui, enfin, mais ça, je pense qu'effectivement, l'industrie française, elle a encore des... Il faut qu'elle se réinvente. Il ne faut pas toujours tenir... Enfin, je pense qu'en général, en France, on attend trop auprès des politiques. Mais je pense que de toute façon, c'est plus aux entreprises de réinventer les choses. D'ailleurs, les grandes innovations, souvent, et les problèmes sont résolus par les entreprises quand on creuse un peu. rarement par les états donc j'ai plutôt espoir je dis pas que c'est simple attention mais plus y en a qui vont y croire plus y en a qui vont trouver des idées plus des entrepreneurs enthousiastes jeunes dynamiques etc enfin dynamique dans le sens voilà qu'on pas peur vont pouvoir dépoussiérer l'industrie et essayer de la rendre plus attractive plus sexy mais il faut aussi changer et je m'inclue dedans faire évoluer nos modes de management Mais c'est loin d'être mort parce qu'on a quand même un pays qui a plein de savoir-faire. Je pense que malgré tout, on est quand même un pays agile. Et donc, on peut tirer notre épingle du jeu. Mais peut-être pas sur toutes les industries. Il y a des trucs, c'est plus compliqué que d'autres. Mais on a des forces et c'est loin d'être perdu, pour moi. Mais tu vois,

  • Speaker #0

    quelque part, tu me dis que tu es positif. Mais ce que tu me dis, surtout dans le contexte d'aujourd'hui, 10 septembre, avec une nouvelle troisième démission en un an d'imprime du ministre, Moi, je pense que tu as dit que je sois extrêmement négative. Toi, tu es là en train de me dire en clair que je ne crois absolument plus à la classe politique. C'est ce que je comprends. En revanche, je crois en la capacité des industriels et des entrepreneurs à rebondir. Le problème, tu vois, c'était justement l'objet de mon poste ce matin où j'ai passé un peu un coup de gueule. Hier, j'ai eu trois dirigeants qui m'ont tous dit la même chose. Commande gelée, projet.

  • Speaker #1

    reporté et c'est catastrophique en fait je suis d'accord de ce côté là mais là c'est un épisode j'espère qu'il finira rapidement on espère mais là je prenais un peu de hauteur en disant que souvent le débat c'est de dire oui mais les politiques machin je pense qu'on attend trop d'eux en fait c'est ça que je veux dire et ça Dans le milieu des startups, ils l'ont bien compris depuis longtemps, beaucoup de startups qui ont réussi à... Non, alors c'est parce que peut-être que c'est la tech, etc. Ils ont solutionné des choses sans attendre après l'État. C'est eux qui ont révolutionné le monde, ce n'est pas les États. Donc en fait, ce que je veux dire par là, c'est qu'il faut le prendre différemment. On entend souvent, oui, c'est à cause de l'État, des taxes, des machins. Oui, c'est un problème, parce que s'il n'y en avait pas, ce serait plus simple, mais il faut chercher d'autres solutions.

  • Speaker #0

    Oui, et ça, ça peut être un peu l'héritage de notre État régalien, providentiel.

  • Speaker #1

    Et comme on n'est pas… Après, si on va dériver pendant une heure, moi je n'ai pas… Merci, merci. Je ne crois pas qu'on soit vraiment dans un État libéral, ça c'est un autre débat, puisque souvent on voit que les lois sont votées… pour certains, on va dire, sans dénoncer les entreprises du CAC 40, mais que tout est orienté dans leur sens. Donc, ce n'est pas le libéralisme, ça. C'est l'opposé. Puisque le libéralisme, c'est que tout le monde a les mêmes règles. Et que tout le monde est égaux, finalement, le libéralisme, c'est ça. Bref, c'est un autre débat. Oui,

  • Speaker #0

    on ne va pas. Mais c'est intéressant. Effectivement, on a un contexte particulier aujourd'hui, espérons qu'il ne dure pas.

  • Speaker #1

    Tu as raison sur ça, parce que nous, cette année, c'est compliqué. C'est compliqué, et puis l'entourage, pas que les industriels.

  • Speaker #0

    L'immobilier, la construction.

  • Speaker #1

    Le commerce en général. Bon, les gens se plaignent toujours. Je vois bien, nous, on est dans une région touristique. Chaque année, j'entends, au mois d'août, c'est catastrophique. Puis en octobre, il y a les stats qui sortent. plus de pour cent donc il ya aussi des professionnels de qui se peignent souvent les champions du monde pour ça mais bon petit c'est une petite pique c'est gentil c'est amical mais elle a et surtout à nos amis restaurateurs à jeu j'ai rien dit et il connaît bien et donc voilà tout ça pour dire que bon on peut pas attendre que de l'état

  • Speaker #0

    Écoute, un très grand merci pour tout ça, pour ta confiance, pour tes réponses. Comme d'habitude, je pense que je n'ai pas du tout suivi la trame de questions que nous avions préparées, mais c'était encore plus intéressant que ce que j'avais imaginé. Donc, génial. Si vous aussi, vous avez aimé le petit geste qui vous prend deux secondes et qui aide beaucoup à la découvrabilité du podcast, c'est de mettre cinq étoiles juste au-dessus. Et vous pouvez même nous poser vos questions si vous êtes sur Spotify. Voilà, Cyril, merci et puis à bientôt.

  • Speaker #1

    Merci Claire, bonne journée.

  • Speaker #0

    Encore merci de nous avoir écoutés. Il est temps de se retrouver lundi avec un nouvel invité. C'était Claire Tenayot, fondatrice de Be Wanted, et vous venez d'écouter un épisode de l'Industrie qui fait envie. Bon, pour être certain de ne rien manquer, pensez à vous abonner, que ce soit sur Spotify, Deezer ou Apple Podcast. Surtout, pensez à laisser un avis 5 étoiles pour lui donner de la visibilité. Allez, à bientôt sur l'industrie qui fait envie !

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➡️ DRH, RRH, managers industriels : et si la semaine de 4 jours n’était plus un rêve de start-up parisienne… mais une réalité industrielle en plein cœur des Landes ?


Chez Navailles, entreprise familiale spécialisée dans les sièges médicaux depuis 1966, ce choix audacieux est désormais en place.
Mais comment prendre une telle décision dans un secteur où la production, la flexibilité client et les pics de charge rendent tout plus complexe ?


Dans cet épisode, je reçois Cyril Michaud, Directeur Général de Navailles, qui nous partage avec franchise et lucidité l’envers du décor : du choix stratégique RH, aux effets sur la culture d’entreprise, en passant par les freins opérationnels, l’impact sur l’attractivité, ou encore la question (taboue) de l’équité entre les métiers supports et la production.


🎧 On y parle industrie, bien sûr.
Mais surtout : expérience collaborateur, management, adaptation des modèles industriels et fidélisation dans un monde du travail en mutation.


💬 Au menu :
✅ Pourquoi Navailles a mis en place la semaine de 4 jours (35h réparties sur 4 jours)
✅ Comment la flexibilité des horaires a permis de lever les freins individuels
✅ Pourquoi seuls les fonctions support sont concernées
✅ Le rôle de la modulation annuelle en production
✅ Comment assumer un traitement différencié entre production et fonctions support
✅ Le lien direct entre territoire, mobilité, et organisation du travail
✅ L’impact sur l’attractivité RH en zone rurale
✅ Le pouvoir du Made in France et du label Origine France Garantie


Mais ce n’est pas tout 👇
📌 Les limites de la robotisation pour les petites séries personnalisées
📌 Le parallèle intéressant entre industrie et restauration
📌 Comment donner du sens : produire local, utile et tangible
📌 La culture du projet comme levier d’engagement
📌 Pourquoi les RH doivent repenser les modèles managériaux hérités du taylorisme
📌 Comment incarner une marque employeur engagée


Vous êtes DRH, RRH ou manager industriel ?
Vous vous demandez comment améliorer l’attractivité de votre entreprise, innover sans désorganiser vos équipes, ou rendre vos métiers plus désirables auprès des jeunes générations ?

➡️ Cet épisode vous offre un retour d’expérience sincère, concret et applicable, loin des discours idéalisés.


🎯 Un échange franc, une immersion concrète aux côtés d’un dirigeant industriel qui place les RH au cœur de la stratégie, loin du rôle classique de support.


📌 Liens mentionnés :
👉 Cyril Michaud : https://www.linkedin.com/in/cyrille-michaud-manufacture-navailles/
👉 Mon profil : https://www.linkedin.com/in/claire-industrie-qui-fait-envie/

🎧 Bonne écoute !


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Transcription

  • Speaker #0

    Hello les passionnés d'industrie, alors bienvenue sur le seul média qui parle vraiment des enjeux RH de ce secteur. Et son objectif ? Vous partager des stratégies, des astuces et de l'actionnable pour redevenir l'industrie qui fait envie. Je suis Claire Tenayot, je suis hôte de ce podcast et fondatrice de Be Wanted. Et mon job ? Ben, faire rayonner votre industrie. Je vous aide à structurer votre fonction RH et bâtir votre marque employeur. Ensemble, on élabore des stratégies d'attractivité et de fidélisation des talents qui puissent accompagner la croissance de votre industrie. Mais je ne suis pas seule à ce micro. Chaque lundi, je reçois un invité, dirigeant des RH ou expert d'une thématique RH, pour que vous repartiez avec un shot de bonne pratique et de benchmark. Allez, j'ai terminé, c'est parti pour l'épisode et bonne écoute ! Bonjour Cyril, comment vas-tu ?

  • Speaker #1

    Bonjour Claire, ça va très bien, la rentrée se passe bien, après quelques petites périodes de vacances au mois d'août, il faut repartir au combat.

  • Speaker #0

    C'est parti, au moment de l'enregistre, pour que nos auditeurs puissent se placer dans le contexte, nous sommes le 10 septembre. effectivement de de Deuxième semaine de rentrée, déjà bien agitée. En tout cas, je suis très contente de t'avoir aujourd'hui. On a une petite routine ici, donc je vais te poser trois questions. Tu y réponds, spontanée, cash, profonde, perso, pro, de la manière dont tu le souhaites. Mes trois questions, qu'est-ce qui t'anime, qu'est-ce qui te révolte et qu'est-ce qui te fait peur ?

  • Speaker #1

    Wow !

  • Speaker #0

    Allonge-toi sur le divan, Cyril.

  • Speaker #1

    Qu'est-ce qui m'anime ? Les projets en général, c'est-à-dire partir de... La construction d'un projet ou le pilotage d'un projet, je ne sais pas si c'est l'un ou l'autre en vrai. Quelque part, c'est construire quelque chose. Donc, sur le projet, construire quelque chose, ça nécessite une réflexion, ça nécessite des idées. d'essayer des trucs, de ne pas y arriver et aboutir. Mais c'est plus finalement la période de projet qui me fait plus kiffer finalement que l'aboutissement. J'ai l'impression que c'est ça.

  • Speaker #0

    Donc le chemin plus que le sommet, quoi.

  • Speaker #1

    J'ai l'impression, oui. J'ai l'impression que c'est ça. Bon, le sommet, c'est bien aussi. Mais en fait, le vrai kiff, c'est plus sur l'excitation du projet, en fait, je pense. Donc ça, c'était la première question. L'autre question, c'était quoi ?

  • Speaker #0

    Ah,

  • Speaker #1

    j'ai oublié. Il ne se prend pas de notes, moi. L'autre question.

  • Speaker #0

    Qu'est-ce qui te révolte ?

  • Speaker #1

    Ah, il y a plein de trucs. Qu'est-ce qui me révolte ? Qu'est-ce qui me révolte ? Comment dirais-je ? L'injustice, c'est trop vague. Mais en général... Les personnes qui n'ont pas de parole, les gens qui s'engagent sur quelque chose et qui ne respectent pas leurs engagements, ça me révolte en général. Peu importe les raisons, et surtout quand tu n'expliques pas pourquoi ils n'ont pas pu faire ce qu'ils allaient faire, ou qu'ils ne respectent pas, tu n'as pas d'explication. Donc en fait, c'est la trahison en quelque sorte. Ça, ça me révolte.

  • Speaker #0

    Et alors, qu'est-ce qui te fait peur ?

  • Speaker #1

    Qu'est-ce qui me fait peur ?

  • Speaker #0

    Pas le droit de dire, je sais pas, les araignées, les alligators en Floride.

  • Speaker #1

    Qu'est-ce qui me fait peur ? Ah si, peut-être qui me fait peur, c'est peut-être, je sais pas, la guerre à nos portes. La guerre, elle est déjà à nos portes, mais la vraie guerre dans notre pays, ça me fait un peu flipper parce que ça peut angoisser. Comme tout peut arriver, ça me fait un peu peur parce que là on change de monde et là on est bien au chaud, etc. Mais il y en a qui vivent des guerres et quand on n'a pas vécu, je pense que c'est flippant. Parce que tout l'être humain, forcément, il devient sauvage. Et tout change. Dans certaines guerres, tu as des proches qui deviennent des ennemis. c'est angoissant ça t'as plus tes repères t'as plus rien quoi ouais ouais c'est angoissant

  • Speaker #0

    Bon, passons sur une note un peu plus positive. C'est toujours la question qui plombe. Mais maintenant, je te pose, tiens, un peu éponyme du podcast. Pour toi, ça représente quoi l'industrie qui fait envie ? Qu'est-ce que ça t'évoque ? Qu'est-ce qu'elle serait ou qu'est-ce qu'elle est pour toi, cette industrie qui fait envie ?

  • Speaker #1

    Alors l'industrie qui fait envie, c'est plein de choses. Je n'ai pas de solution miracle, mais je pense que je n'ai pas de solution miracle parce qu'on essaie de trouver, de casser les codes, d'arriver à trouver là où les solutions, puis après ça dépend des industries. Mais les points communs, je pense que c'est comment faire finalement pour... Remotiver des personnes à travailler dans l'industrie. Alors après, ça va dépendre des postes parce qu'il y a quand même des... Souvent, c'est un petit peu comme si je te parle de la restauration que je connais bien aussi. Qu'est-ce qui fait que les gens vont remotiver les gens à aller dans la restauration ? Ou l'industrie ? Je les compare un peu, même si ce n'est pas les mêmes métiers, mais il y a un peu les mêmes difficultés d'image. Alors la restauration, on va faire plus rêver parce que tu peux être dans un lieu magique. Mais ça, c'est le devant de la scène. Derrière, c'est un métier qui est dur. Et l'industrie ? C'est peut-être l'inverse du coup, ça peut avoir une image très dure, alors que dedans, ce n'est pas forcément toujours dur. Je ne sais pas comment expliquer. Après, dans l'industrie, effectivement, d'une manière générale, on a un problème d'image. Donc, d'image et… Parce qu'en fait, l'image qu'elle a, elle est vraie, elle est fausse. Elle est… comment dire ? L'image est grossie en négatif. Mais ceci dit, ça ne veut pas dire que dans les industries, on doit aussi avoir un management qui se réinvente. Comme dans la restauration d'ailleurs. Et ce n'est pas simple. Parce que ce n'est pas juste j'augmente le salaire, le truc, déjà il faut pouvoir. Ça va beaucoup plus loin que ça, c'est beaucoup plus profond. Et c'est vraiment un changement de mindset et d'état d'esprit. Donc voilà, c'est une vraie rupture. On le voit dans certains succès. de restauration, de jeunes qui ont cassé des codes, qui ont réussi, parce qu'ils resteront dans le temps, je ne sais pas. Mais souvent, leur levier était positionnement marché et le levier était aussi une approche du management.

  • Speaker #0

    Oui, en fait, ce que tu veux dire, c'est presque une rupture de notre héritage culturel. Quelque part, c'est ça. Parce que si on s'intéresse un peu à la psychologie sociale du travail, on puise beaucoup, évidemment, dans l'héritage du taylorisme, du fordisme, en tout cas depuis la révolution industrielle, avec des modèles managériaux et de productivité qui découlent de ça. Donc, on a un héritage aussi assez lourd. Effectivement, il faut qu'on arrive à garder le meilleur de ça et se détacher de ce qui colle aujourd'hui. aux besoins de notre société d'aujourd'hui. Et donc, effectivement, c'est un paradigme qui est profondément culturel.

  • Speaker #1

    Ce n'est pas évident de casser ces codes-là, parce que casser des codes, même sur papier, c'est compliqué. Parce qu'après, il faut arriver à garder un équilibre de tout ça. Mais je pense que ceux qui réussiront dans le futur, ou même maintenant, quelles que soient les industries, je parle d'industrie, moins de production.

  • Speaker #0

    Quand je parle d'industrie, c'est l'inter-industrie, en tout cas,

  • Speaker #1

    effectivement, orientée production, on est d'accord. C'est ça, parce que l'industrie, pour moi, c'est production. Et donc, c'est vrai que, particulièrement, il y a de la production. C'est pour ça que je fais un peu le pendant avec la restauration où c'est de la production. Il y a de la production en cuisine et, en quelque sorte, la production en salle. Le service est une forme de production. Et l'industrie, déjà, la première chose, l'image peut faire beaucoup. Nous on le voit parce que, alors, même dans les ateliers, alors il y a des ateliers, dans les ateliers si tu veux, il y a des trucs, il y a des jobs qui demandent moins de compétences, bon voilà, parce que tout n'est pas robotisé. Bon, ces gens-là, ces personnes, bon, elles viennent travailler, ils pourraient travailler potentiellement ailleurs, comment les attirer, ben c'est pas évident. Après, dès qu'il y a des compétences spécifiques, comme dans la couture, comme dans la soudure, comme dans la... en production spécifique, c'est des savoir-faire. C'est un peu différent parce que les personnes se sont formées pour ça. En général, ils kiffent ce qu'ils font. Ils aiment ça. Donc ça, il y a moins de soucis. Et puis après, tout ce qui est parti bureau au sens large, je n'aime pas le terme bureau, mais tu vois, c'est bon, voilà.

  • Speaker #0

    Support,

  • Speaker #1

    quoi. Oui, tout ce qui est support, exactement. Là, on arrive de plus en plus ici à recruter des jeunes. Ça peut être des alternants, ça peut être des salariés maintenant. J'ai beaucoup d'alternants qui sont devenus salariés après. Donc, ça veut dire qu'on y arrive quand même, petit à petit. Parce qu'ils pouvaient être sensibilisés en disant, l'industrie, c'est vrai. Mais en fait, je pense qu'ils aiment aussi le côté… Pareil, il y a un projet, c'est-à-dire qu'on part d'un tube acier, d'un truc, et à la fin, ils sortent un siège, en plus, qui vont aller dans les hôpitaux. Donc, en fait, on a une…

  • Speaker #0

    C'est tangible et c'est concret,

  • Speaker #1

    quoi. Voilà, c'est exactement ça. C'est tangible et c'est concret. Et puis, on sert à quelque chose. Parce qu'indirectement, on soigne des gens. Donc, on a une certaine mission. C'est plus ou moins… Je ne sais pas qu'on est une entreprise à mission, mais…

  • Speaker #0

    Mais alors, attends, attends. Il faut que tu nous parles de nous. Hop là ! Tu es en train de spoiler. Non, je rigole. Non, mais tu vois, si on reprend dès le départ. Est-ce que… Parce qu'aujourd'hui, tu es juste Cyril aux oreilles de nos auditeurs. Donc, est-ce que tu peux nous expliquer qui… qui tu es, te présenter comme tu le souhaites et présenter ton entreprise bien sûr également comme ça,

  • Speaker #1

    ça va poser un peu de contexte aussi avant qu'on rentre dans le cœur du sujet alors Cyril donc j'ai 53 ans je suis directeur général de la manufacture de Navail Cyril Michaud pardon et donc en fait c'est une entreprise, une manufacture qui existe depuis 1966 on est au cœur des Landes, c'est-à-dire dans les Landes, mais pas sur la côte, malheureusement, parce que c'est quand même cool la côte. Bon, j'y vais souvent quand même, évidemment. Donc, on n'est pas au Ségor, on n'est pas loin. Pour ceux qui connaissent le Ségor, forcément, c'est connu. On est vraiment dans les terres et dans une ville qui s'appelle Agetmo, un village, on va dire, qui a toujours eu de l'industrie dans l'ameublement. D'ailleurs, il y a un rond-point magique avec une grande chaise et c'était... Il s'est autoproclamé, à juste titre, capital du siège parce qu'il y avait, il y en a moins maintenant, beaucoup d'industries dans le domaine, à la base du siège basique, il y a 40 ans, 50 ans, mais au sens large, l'ameublement. Et l'histoire de Navail, c'est l'histoire, le fondateur, je vais quand même raconter l'histoire qui est quand même assez intéressante. Robert Navail, le fondateur, ancien coureur cycliste, en fait, qui est parti après la guerre en Argentine. pour ramener de l'argent dans la famille et monter une usine de cadres de vélo. Donc, il travaillait la météorologie, le savoir-faire manuel, etc. pour une marque italienne, parce que dans les cycles à l'époque, toujours, d'ailleurs, je ne fais pas de vélo, mais en tout cas, la marque italienne était très présente. Suite à ça, il est revenu, il s'est mis indépendant en sous-traitant toujours pour des marques de vélo italiennes dans, en gros, sa start-up dans un garage, pas loin d'ici. Et en fait, c'est lui qui a créé la boîte. Donc à l'époque, Navai n'existait pas. Et il a passé le pas parce qu'on est venu le voir en disant, tu vois, les fourches de vélo, ça ressemble à des piétements de sièges, de chaises, de certaines chaises de l'époque. Donc on lui a demandé d'en fabriquer en tant que sous-traitant pour ces industriels qui étaient là, ou artisans, qui fabriquaient des chaises. Ils avaient besoin de sous-traitance. C'est comme ça qu'il s'est connecté au monde du siège. Et qu'il a dit, ok, je fabrique ça pour vous. Et de fil en aiguille, c'est une histoire de rencontre, etc. Il a décidé de créer en 1966 la société avec ses deux fils. Dont un qui venait plus de la partie design, puisqu'il avait fait des colboules. Et l'autre, de la métallurgie. Et donc c'est pour ça qu'on a une histoire, qu'on a fait partie de la convention collective de la métallurgie. On transite le savoir-faire du tube. Et puis tout ce qui vient autour, puisque nous on est fabricant de sièges maintenant, depuis le début. Le type de siège a évolué et en fait ils ont démarré comme sous-traitants. Maintenant on est 130 dans l'entreprise, à peu près 18 millions de chiffres, à la louche, ça dépend des années. Et on est surtout, les leaders français, du siège médicalisé. Et depuis 1966 ça a évolué, les marchés ont évolué, etc. Mais on fabrique du siège et l'essentiel ce sont des tubes aciers qu'on va découper, qu'on va cintrer, qu'on va souder. Ensuite il y a le bureau d'études qui va... On va concevoir le siège en amont, on a un atelier de garnissage, on a des couturières. Et ensuite, on assemble le siège, on met dans un carton et on envoie chez le client. En gros, je la fais courte, mais c'est ça. Donc, c'est la vraie industrie traditionnelle, entre guillemets. Peu de robotisation, malheureusement, entre guillemets malheureusement. Pourquoi ? Parce qu'on a beaucoup de petites séries.

  • Speaker #0

    c'est ce qui est de haute force avec beaucoup d'options beaucoup de couleurs de tissus beaucoup de possibilités difficile d'intégrer effectivement de la robotisation sur de la si petite série un tel niveau de personnalisation on

  • Speaker #1

    essaye de rationaliser le plus possible mais c'est pas évident parce qu'on fait aussi du siège technique et aussi du siège de bureau avec tout ça on s'amuse bien donc voilà l'histoire d'une manufacture finalement voilà Akiiit ! Et donc, il s'est ancré dans ce territoire où il y avait beaucoup d'opérateurs, il y en a toujours, mais beaucoup moins qu'avant, dans l'ameublement. Donc, comme je dis, métallurgie et design, et couture, etc., pour faire du siège.

  • Speaker #0

    Merci pour cette présentation. Je me permets de reprendre la main pour poser un peu de contexte à cet épisode. juste avant merci à tous auditeurs du podcast la croissance est quand même assez dingue en ce moment vous êtes chaque jour de plus en plus nombreux à nous écouter donc je suis trop contente surtout de plus en plus de questions, d'interrogations ou vous souhaitez rebondir sur des sujets qu'on a abordé avec les invités donc j'ai préparé un espace dédié pour ça chaque semaine vous recevrez et une. newsletter qui va un peu décortiquer et faire un portrait de l'invité et décortiquer surtout les stratégies ou les sujets que l'on a abordés, on va plus loin je vous mets le lien dans la description du podcast, vous cliquez et vous recevrez chaque mardi la newsletter, voilà, merci à tous, je reviens à toi Cyril, alors il y a quelques mois ou quelques semaines, je ne sais plus très bien, j'ai En tout cas, j'ai été un peu percutée par l'un de tes posts sur LinkedIn, qui sont d'ailleurs souvent très intéressants. J'aime bien lire tes posts et suivre ton actualité. Et celui-ci, tu as annoncé que vous passiez à la semaine de quatre jours. Donc, pourquoi ça m'a percutée ? Parce que déjà, ça fait un petit moment que je cherchais des invités qui avaient envie de partager ce sujet. Ce n'est pas si simple lorsque l'on travaille sur l'industrie. En tout cas, dans l'industrie, on ne croise pas tous les jours des industriels qui sont passés à la semaine de quatre jours ou qui souhaitent en parler. Ce n'est pas tellement que le sujet est controversé, mais c'est qu'on va plus partir du principe un peu naturel que ce n'est pas possible. Donc, moi, forcément, j'ai eu envie de creuser le sujet. Je t'ai envoyé un petit message et on a préparé l'épisode. Pendant cette préparation, forcément tu m'as dit aussi deux trois autres petites choses qui m'ont un peu fait tilt tu m'as parlé évidemment de l'attractivité tu m'as parlé de ton territoire un petit peu là comme tu as commencé à nous le faire en introduction tu m'as parlé aussi de tes valeurs de vos valeurs notamment autour du Made in France autour de votre engagement social autour de votre engagement territorial bref tout un tas de sujets qui présagent d'un bel épisode tous les deux. Donc, je te propose, pour commencer, qu'on aille dans le cœur du sujet direct, qui est la semaine de quatre jours. Et puis après, on verra bien où l'échange va nous mener. Est-ce que cette intro te va ? Est-ce que tu valides ? Est-ce que tu es prêt ?

  • Speaker #1

    Parfait, mais quel professionnalisme !

  • Speaker #0

    Ah, t'as vu ? J'aurais dû être journaliste. J'ai loupé ma vie.

  • Speaker #1

    Ah, c'est possible !

  • Speaker #0

    Non, en tout cas... L'exercice du podcast est très bien pour ma petite revanche. Écoute, ça te va ? Déjà, commençons, droite au but. Est-ce que tu peux nous en dire plus sur la semaine de 4 jours ? Qu'est-ce qui a orienté ce choix ? Quels enjeux il y avait derrière ? Et quelles modalités vous avez retenues ? Ça fait beaucoup de questions en une, mais au pire, je te les rappellerai au fil de l'échange.

  • Speaker #1

    Alors, qu'est-ce qui a motivé ? En fait, on s'est rendu compte que... On pense que ça peut être un... Comment dire ? Amener de la valeur à l'expérience des collaborateurs. Parce qu'on parle de marché, mais il y a un marché de l'emploi. Marché, ça veut dire l'offre et demande. C'est un marché aussi. Donc, qu'est-ce que tu peux m'amener en échange de ce que je peux te donner ? C'est une histoire de... commercial finalement, enfin d'échange, d'équilibre. Et donc en fait, dans la société actuelle, moi je partais du principe que, je ne suis pas le seul, parce que pour avoir passé aux 4 jours, on va rentrer plus en détail, il fallait que la plupart des parties prenantes soient intéressées. Je trouvais intéressant de ce focus 4 jours un peu plus intense et d'avoir 3 jours à faire autre chose. En plus, nous, on n'est pas en ville, on est dans une campagne, entre guillemets. Oui, c'est la vérité. Donc, je vois les gens, ils viennent, ils travaillent, etc. Quant à 3 jours, souvent, les gens ici ont le coup d'acquisition. beaucoup de gens même avec des salaires pas forcément trop élevés ont des maisons parce que c'est pas les prix de Paris ou de grandes villes. Et donc il faut l'entretenir la maison. C'est con on va dire mais ça fait partie d'un choix de vie ici, de se dire on a moins de loisirs, on a moins de choses mais la vie est moins chère. Donc on peut faire différemment. Et le fait d'avoir trois jours permet de s'occuper de son environnement ou de pouvoir justement, c'est pas péjoratif mais aller à la ville. De faire d'autres choses, en tout cas. D'une manière générale, alors ça, c'est parce que c'est notre contexte à nous, mais d'une manière générale, alors après, on va voir les inconvénients potentiels, c'est une histoire de contexte, donc dans la vie, tout est histoire de contexte, il n'y a pas une règle la même pour tout le monde. Et donc, du coup, de ce côté-là, je trouve que le deal était intéressant, dire, voilà, quatre jours, ça vous amène de la valeur de passer en quatre jours. Après, quels pouvaient être les inconvénients ? Le vendredi, donc nous, du 4 jours, c'est du lundi au jeudi. Le vendredi, voilà, qui répond au téléphone, etc. Et puis, on a fait l'analyse. Alors, on est en période d'essai, entre guillemets. On teste. On teste pour voir si les personnes peuvent s'adapter parce qu'on part après de comment ils gèrent leurs heures. Mais on avait fait l'étude en se disant, finalement, ça ne va pas vraiment gêner nos clients parce que certains de nos clients font pareil. Oui.

  • Speaker #0

    Oui, au moins le vendredi à samedi,

  • Speaker #1

    généralement, on voit ça souvent, non ? Oui, exactement. Donc, ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas de contact, etc. Mais finalement, bien sûr, on pourrait être… Parce que si on va plus loin, on pourrait être là 7 sur 7, mais il y a toujours des trucs à faire. Ce n'est pas le sujet, il y a toujours du travail à faire. Mais on s'est dit que voilà, les plus, les moins. On a aussi, il faut savoir aussi que dans notre… Alors, je reviens à nous, notre contexte, parce que c'est quand même l'objet du podcast, c'est de parler de nous. je ne vais pas faire de règles générales, on a des gens par exemple, comme on a peu de densité de population, pour recruter grosso modo le territoire, les gens peuvent venir, pour la ville c'est rien, mais en kilomètres, ça fait des kilomètres, de 30 à 40 minutes pour venir bosser tous les jours. Donc si on réduit le nombre de voyages, c'est dans leur intérêt aussi, budgétaire déjà, et puis temps, c'est-à-dire que quitte à venir, autant rester plus longtemps. Moi ça me paraît être du bon sens. Si on veut optimiser son temps, dire si je peux le faire en moins de temps, faire la même chose, alors après il y a des limites, parce qu'on pourrait aussi le faire en 3 jours, en faisant 12 heures par jour. Mais bon, à un moment donné c'est compliqué. Mais voilà, aux 35 heures sur 4 jours, ça paraissait intéressant et ça a paru intéressant à tout le monde. On est encore en période probatoire, on teste.

  • Speaker #0

    Depuis combien de temps là vous testez ?

  • Speaker #1

    Je ne sais plus quand c'est qu'on a démarré, je crois qu'on a démarré le 1er juin ou le 1er mai, je ne sais plus. début mai ou début juin donc c'est assez récent puisqu'on a fermé 3 semaines en août mais bon les retours sont assez positifs parce qu'on a laissé malgré tout qu'il y avait des problématiques forcément pour certains parce que le fait de finir plus tard certains avaient déjà des trucs donc ça décalait les horaires les enfants les horaires de crèche que sais-je mais on laisse en fait un système de latitude le matin ils ont une latitude de 45 minutes et le soir aussi donc ils font comme ils veulent en gros ils peuvent arriver, je crois qu'on ouvre les portes à 7h30, et le plus tard, c'est 8h15. Donc, il y en a qui se pointent à 7h30, 8h15, et le soir, c'est 5h15 jusqu'à 6h. Et même entre milliers d'eux, certains font une pause de 45 minutes et d'autres de 1h. Et chacun fait un peu comme il veut. Parce qu'il y en a certains qui mangent là, qui disaient, rester une heure de pause, ça ne me sert à rien.

  • Speaker #0

    Oui, je vais manger en 20 minutes et puis autant enchaîner.

  • Speaker #1

    Voilà, donc on impose quand même 45 minutes parce qu'ils font un minimum, mais d'autres vont un peu plus loin. Et bon, chez eux, vous n'êtes pas forcément loin, ils volent une heure. Donc, on a laissé cette souplesse qui fait qu'on a le meilleur des deux mondes. C'est-à-dire qu'on laisse la souplesse, mais celui qui vient un peu plus tôt peut partir tôt comme avant.

  • Speaker #0

    Et du coup, avant, vous aviez déjà cette souplesse des horaires. Tu vois, avec des plages d'embauche et de débauche, vous avez mis ça en même temps que la semaine de 4 jours.

  • Speaker #1

    On a mis en même temps parce qu'avant, on n'avait pas ça. On a mis en même temps pour absorber ce changement. Ce changement pouvait gêner le fait que, vu que je commence plus tôt, là, j'emmène mes gamins, je ne peux pas. Comment je fais ? Comme je finis plus tard, je ne peux pas aller au yoga. Ou à la pêche, on s'en fout. N'importe où.

  • Speaker #0

    Ou au second.

  • Speaker #1

    C'est un peu long, là. C'est un peu long. et donc du coup se dit bah ouais mais c'est vrai que finalement cette flexibilité pourquoi on l'aurait pu le faire avant mais du coup on en a profité pour le faire et moi je trouve ça très bien parce que chacun a ses impératifs et puis on a qu'il ya alors bon le voit tout de suite les gens ont pris leur rythme et ben il savait déjà le nom mais moi je viens plutôt possible parce que je m'en fous de me lever tôt et d'autres mois plus tard possible en fait c'est un même qui me dirait Moi, si je pouvais finir à 19h et venir à 10h, ça me irait bien. C'est une histoire de personne. On ne peut pas avoir des écarts aussi longs. Donc, cette souplesse, je trouve que c'est quand même un plus.

  • Speaker #0

    Oui, top. Et du coup, est-ce que tu peux nous expliquer, parce que vous avez retenu aussi une modalité sur la population concernée qui peut sembler atypique. Et donc, je veux bien que tu creuses ce sujet-là.

  • Speaker #1

    Modalité sur la population, c'est-à-dire ?

  • Speaker #0

    De ce que tu m'expliquais, vous n'avez pas la semaine en quatre jours pour tout le monde, en fait.

  • Speaker #1

    Alors, on a pu le faire pour les fonctions support, tout ce qui est, sauf la production. Pourquoi ? Alors, la production, parce que malheureusement, nous, dans notre... dans nos clients, histoire de contexte encore une fois, on a une activité qui peut être très saisonnière.

  • Speaker #0

    Ah d'accord.

  • Speaker #1

    Nous, en tant que positionnés dans l'univers du siège médicalisé, l'univers du médical au sens large, on est très présents dans les marchés publics, parce que c'est souvent les hôpitaux, c'est public, 80% des lits sont publics, donc on travaille aussi avec des cliniques. Mais d'ailleurs, que ce soit les cliniques ou même les hôpitaux, souvent on a quand même, ils ont des budgets. Mais dans le public, c'est particulier le système budget qu'on leur alloue. Et on a des pics d'activité en ce moment, fin d'année. Et on peut avoir, en début d'année, quand ils n'ont pas voté les budgets, zéro budget. Donc, un trou dans la raquette, comme on dit, où là, il y a bien moins de travail. Et donc, on est obligé dans notre activité, même si on essaye de s'en sortir en diversifiant, en n'étant plus sur le privé, mais on se rend compte que des fois, de plus en plus, le privé… Ce sont finalement des groupes qui se regroupent, c'est le cas de le dire, et souvent les budgets ne sont pas forcément votés au début d'année, et donc ça traînasse, et on a souvent des périodes de flottement sur février, mars, voire avril. Et donc, difficile d'avoir quelqu'un qui fait 35 heures tout le temps. Donc on a un système d'annualisation pour la partie production, c'est-à-dire qu'il y a des périodes... à avril où il peut faire

  • Speaker #0

    25 heures par semaine parce qu'on n'a pas assez de travail mais à des périodes où il peut faire 45 heures comme en ce moment donc t'es en modulation en fait où c'est calculé de façon annuelle mais alors du coup si on creuse derrière moi ce qui m'intéresse c'est t'as quand même de la visibilité pour l'anticiper je veux dire dans ton pic PDP enfin si tu déploies un pic PDP, mais peu importe si c'est un pic PDP ou pas, en gros je pense que tu as quand même de l'activité sur les commandes. Est-ce que tu es à même de le gérer ? Est-ce que tu en as ? Là, est-ce qu'au moment où tu parles, tu es capable de me dire, je sais d'ores et déjà qu'à partir de février, ça va être un peu le ventre mou.

  • Speaker #1

    Oui, on le sait par expérience. Parce que la force de… de faire des années, on voit bien que c'est plus calme. Et on comprend les raisons, parce que quand les commerciaux sont au terrain, ils disent que c'est une période où les mecs, dans les hôpitaux, ils n'ont pas voté le budget, donc ils ne dépensent rien pour l'instruire.

  • Speaker #0

    Mais dans ton carnet de commandes, tu n'as pas une visibilité, admettons, sur un an.

  • Speaker #1

    Non, parce que nous, en fait, on a des mises à disposition souvent. Alors, selon les clients, selon les marchés, des fois, c'est quatre semaines, des fois, c'est six semaines. Je n'en sais rien. alors évidemment

  • Speaker #0

    Sur des grosses opérations, par exemple des agrandissements d'hôpitaux ou autre chose, où il y a de nombreux sièges, en général, il y a une discussion avec le commercial bien en amont. Mais alors des fois, on a eu des surprises monumentales. Le mec, il devait nous commander pour novembre 2024, et on l'a livré en juin, parce qu'il a repoussé les commandes, parce que les bâtiments étaient en retard. Donc on a plein de trucs comme ça. Donc si on avait compté dessus, et on avait plus ou moins compté dessus, ah ben en fait...

  • Speaker #1

    T'as un trou dans la raquette, quoi.

  • Speaker #0

    Ah ben oui, peut-être. Tant que tu n'as pas la commande, tu n'as pas la commande. Et quand on a une commande, malheureusement, évidemment, si on avait des commandes six mois à l'avance, ce serait facile. Mais nous, les délais sont très courts. Et comme on ne travaille pas avec du stock, puisqu'on a un peu de stock, si tu veux, on arrive à faire du stock dans la partie tollerie, sur certaines pièces en métal qu'on va souder et peindre. Mais parce que des fois, c'est des troncs communs avec différents sièges. Il y a une base qui est identique. Mais tout le reste... par exemple la couleur du tissu ou le choix du tissu il y a plein de tissus Ausha on ne peut pas le faire d'avance et puis en trésorerie je ne peux pas et puis les options, lui il veut ça, il veut ça et puis on ne pourrait pas stocker en fait on ne pourrait pas stocker parce que demain je fais 500 sièges verts tu n'y vas pas,

  • Speaker #1

    tu as un coût de mobilisation qui est énorme en fait on se voit,

  • Speaker #0

    il y a certaines couleurs par exemple aux typologies de tissus qui vont être leader et plus tournées donc on va dire que ce n'est plus ça Merci. Oui, mais des fois, ce n'est pas ça. Donc, soit tu as beaucoup d'argent et tu stockes, et tu as des entrepôts pour stocker, ce n'est pas une gestion saine. Donc, nous, on est en flux tendu. Donc, ce flux tendu, plus les périodes très courtes de mise à disposition pour le client avec les installations et compagnie, fait qu'on a besoin…

  • Speaker #1

    Il faut être agile en prod, quoi. Il faut être hyper agile en prod.

  • Speaker #0

    C'est ce qui est très, très compliqué. Ça, c'est dans notre métier. C'est un enfer. C'est très dur. Alors, on essaie de trouver des outils pour prévoir, mais de toute façon, on ne peut pas prévoir à six mois, dans deux mois, je ne sais pas ce que je vais vendre. On a une trend, parce qu'on a sur certains marchés, on savait par exemple ce truc qui tourne, on a certaines lignes de produits qui vont tourner, donc on essaie de s'avancer un peu là-dessus. On va lancer dans l'hôtellerie de la fabrication de châssis, de trucs, parce qu'on sait que ça va être… mais c'est toujours...

  • Speaker #1

    Tu sors un peu ta boule de tristane quand même.

  • Speaker #0

    Il y a toujours une prise de risque quand même. Est-ce que ça peut me virer dans l'autre sens ? Parce qu'on a un catalogue très large. Si je faisais trois sièges, ce serait facile.

  • Speaker #1

    Justement, attends, parce que moi, je suis curieuse. J'aime bien comprendre ça. Pourquoi est-ce que, quelque part, vous faites le choix de vous imposer autant de contraintes en termes de production ? Est-ce que ce n'est pas plus simple de resserrer votre chiffre ? Tu vois ? pour permettre un peu plus de une production peut-être un peu plus linéaire et de pouvoir être un peu moins en flux tiré enfin en flux tendu que ça le

  • Speaker #0

    rêve clair mais alors je ne dis pas que c'est impossible parce que c'est ce que j'aimerais arriver à faire parce qu'on aimerait arriver à faire c'est pas évident parce que comment dire Il y a plein de raisons. Déjà, nous, comme on est beaucoup sur des appels d'offres publics, alors des fois, c'est des lots d'appels d'offres où de toute façon, c'est toi qui réponds à tout, toi tu réponds à rien. Des fois, là, tu es obligé de répondre à tout si tu veux travailler. Ce n'est pas rarement, après ça dépend, mais des fois, il y a des appels d'offres sur une typologie de siège, des fois, c'est un lot global. On a besoin d'amortir aussi la structure, de faire un certain volume. Mais certainement qu'on s'est trop laissé emballer sur les 10-15 dernières années, sur certains marchés, où on a fait pour faire de la croissance, mais en se mettant un peu les bâtons dans les roues, parce que ça complexifie de plus en plus. Donc on se pose la question comment revenir un peu en arrière pour aller pour tendre vers ce que tu dis, moi c'est j'aimerais bien, en faisant des choix. Mais c'est jamais évident de refuser. Non,

  • Speaker #1

    parce que tu as l'impression de renoncer. J'imagine de te dire, bon, il y a toujours... C'est un peu comme... Je fais tout ça. Je te préviens, je pars sur une métaphore aussi orientée vers la restauration, parce que j'aime beaucoup bouffer. Donc, j'y vais, c'est maintenant. Mais tu vois, c'est un peu comme un resto, dans le sens où, souvent, ils vont avoir du mal à rétrécir la carte. Et je ne sais pas, moi, j'habite sur la côte atlantique, mais pas la même que toi. tu vois et bah en fait tu vas sur le port l'endroit le plus touristique tu vas trouver des restos, tu peux aussi bien manger de la crêpe que des sushis que du poulpe, que du burger bref t'as pas appliqué au restaurant du coup t'as pas d'identité moi je me dis bah warning, y'a rien qui va être bon et j'imagine même pas la galère en cuisine pour produire tout ça mais tu vois leur pendant c'est toujours de se dire bah en fait je flippe parce que j'ai... une clientèle diversifiée pour ça, est-ce que du coup je vais pas m'écarter d'autres clients, je vais déplaire à certains.

  • Speaker #0

    Alors, je comprends très bien. Puis comme je le disais en préambule, je connais bien le milieu de la restauration et je m'y intéresse. C'est toujours intéressant. C'est un milieu qui est assez complet. J'essaie de faire des rapprochements avec l'industrie. Mais le restaurant, c'est un peu différent parce que je donne un exemple. Si tu as 200 places, quand tu es plein, tu es plein. donc effectivement tu as intérêt à être plutôt sans être monoproduit mais en identité très marquée nous c'est un peu pareil mais la différence c'est que nous on va vers le client et que comment dire pour se développer en fait on est sur un marché on est vite au plafond de verre sur une typologie de siège c'est pas comme si on pouvait alors on pourrait essayer mais c'est un peu compliqué on fait un peu d'export mais pas énormément On se disait, ce produit, je le vends là. Maintenant, je peux le vendre là. Donc, je ne fais pas 50 produits. Je fais le même, mais que j'augmente les volumes et que j'en vends plus ailleurs. Et nous, c'est compliqué. Donc, pour augmenter, c'est comme si je suis restaurateur. Pour augmenter, je suis obligé de me diversifier. C'est un peu différent. C'est-à-dire, parce qu'un siège médicalisé n'est pas un siège médicalisé. Il y a plein de services, plein de besoins différents. Donc en fait, il faut que je me diversifie. sur des spécificités de plus en plus pointues parce que pour que ça réponde, à chaque fois, c'est des niches, plus des niches, plus des niches. C'est ce qui fait aussi notre force parce qu'on va dire qu'on se considère comme des artisans industriels.

  • Speaker #1

    Oui, c'est compliqué de renier ça en se disant qu'on fait le choix de resserrer la gamme et du coup, on n'est plus vraiment différenciant sur ce qu'on apporte à nos clients. C'est ça que tu veux dire ?

  • Speaker #0

    Oui, parce qu'en fait, Ça reste des métiers, des produits de niche, même si ça fait un certain chiffre d'affaires parce que c'est à forte valeur ajoutée, où il faut être au plus près du besoin du cadre de santé, etc. Et que c'est plein de détails. Donc, en fait, c'est compliqué de uniformiser le truc. Si, par exemple, on fait aussi des sièges de bureau, mais dans le siège de bureau, c'est presque plus simple. Parce que tu pourrais dire finalement, mais c'est pareil. nous on est surtout sur des niches en répondant à des besoins spécifiques comme le siège 24-24 etc pour des utilisations intenses mais c'est souvent des niches comme ça sur lesquelles on répond ce qui vous permet de valoriser l'émerge aussi je l'imagine c'est aussi pendant que vous après

  • Speaker #1

    sur de l'appel d'offres vous êtes un peu plus c'est compliqué elles sont un peu exigeantes j'imagine un peu trop qu'on...

  • Speaker #0

    On rééquilibre les choses petit à petit, parce que le client étatique est un client qui est dur.

  • Speaker #1

    Est-ce que ça te dit de connaître l'envers du décor ? Les petites galères, tu sais ce qu'on a coupé au montage, ou nos petites anecdotes particulières ? Dans cette newsletter, je tire aussi les trois. quatre enseignements clés de l'épisode que je viens décortiquer dans une section que j'ai appelée les conseils de Tata Claire. Donc, je te partage tout ça, coulisses, portraits, apprentissage et conseils, chaque jeudi. Si tu veux t'abonner, recevoir cette newsletter, tu as le lien directement dans la description de l'épisode. Mais du coup, tu vois, c'est hyper intéressant parce qu'au départ, tu as un enjeu business qui se répercute forcément sur votre organe prod. Si je récapitule un peu, je crois, un peu le fil de ce qu'on s'est dit. L'impact, c'est que vous avez du mal à lisser. Vous ne pouvez pas carrément lisser votre production sur une année. Donc, vous avez mis en place la modulation. et Du coup, vos fonctions support, elles, n'étaient pas modulées à ce moment-là, n'étaient pas en modulation. Elles, elles étaient là 5 jours, 35 heures par semaine, tout au long de l'année, ou elles suivaient aussi le rythme de la modulation ?

  • Speaker #0

    Non, elles ne sont pas modulées parce qu'en fonction du support, il y a toujours du travail. On peut le linéariser. Il y a quand même des pics d'activité quand même. Mais par exemple, si je prends l'exemple de l'administration des ventes, bah S'il y a plus de commandes, il y a plus de saisies commandes que quand il y en a moins. Mais quand il y en a moins, on a pris du retard sur d'autres trucs qu'on va essayer de faire. On arrive plus à jongler, c'est plus simple.

  • Speaker #1

    Oui, donc là, il n'y avait pas lieu d'être en modulation pour les fonctions support.

  • Speaker #0

    Un bureau d'études, il travaille toute l'année, il a des projets, il avance. Il y a des ventes ou pas des ventes, il avance quand même. Il avance au gré des projets, pas au gré des ventes. Même si c'est lié, il y a un décalage dans le temps. Il travaille en amont. Sur le terrain, les commerciaux, il y a toujours des trucs à faire. Bien sûr qu'ils vont avoir plus de commandes dans une période, mais ils ne vont pas juste prendre des commandes, ils vont surtout faire des présentations de produits. Et ça, c'est un travail de toute l'année, même s'il y a des périodes plus creuses. Mais après, pour eux, c'est des histoires d'opportunités. Des fois, la période peut être creuse en production. Et eux, ils ont plein de présentations parce que c'est des présentations qui seront plus tendues dans six mois.

  • Speaker #1

    Oui,

  • Speaker #0

    bien sûr. Si tu veux, le client n'a pas encore le budget, il ne sait pas trop, mais il se renseigne déjà. Oui, bien sûr. Moi, j'ai des besoins pour installer un service de tel ou tel siège. Viens me voir, présente-moi tes trucs. Bon, on verra plus tard le budget que j'ai, mais au moins, je reste déjà sélectionné. Donc, il y a un décalage dans le temps.

  • Speaker #1

    Oui, bien sûr. Mais tu vois, si je te pose la question, entre modulation pour la prod et les fonctions support, le cas de jour pour les fonctions support et pas pour la prod, je creuse là-dessus aussi parce que, tu vois, c'est un gros débat aussi sur la notion un peu d'équité de traitement. Tu vois, on a eu cette discussion dans l'épisode avec Céline Bourdin, qui est présidente de la Manufacture de l'Éphémère. Et tu vois, elle, son positionnement, c'était de dire, moi, il est hors de question qu'il y ait des traitements différents qui viennent un peu alimenter, si tu veux, la culture du silo entre la prod et les fonctions support. Mais du coup, ce qui est intéressant dans ton approche, c'est que d'un côté, tu as la modulation. Il y a quand même aussi un intérêt pour beaucoup parce que tu as des semaines qui peuvent être très light, comme tu dis, avec 25 heures semaine.

  • Speaker #0

    Oui, il y a des périodes de l'année.

  • Speaker #1

    À certaines périodes, voilà. Et tu as la semaine de 4 jours, enfin en 4 jours, mais toujours 35 heures, pour les fonctions support,

  • Speaker #0

    tu vois. Oui. Alors, moi, mon point de vue là-dessus, j'ai toujours… Alors, je peux comprendre que… Alors, s'il y a une prise de risque, effectivement, une prise de risque, entre guillemets, que ça puisse être pour la… prod perçue, mal perçue, mais pas pour tous. Parce que finalement, moi, ça ne me pose pas de problème parce qu'en fait, c'est un petit peu et ce qui m'exaspère souvent, c'est les gens qui se regardent et qui se critiquent ou qui disent lui, je vais avoir un exemple, critiquer un commercial qui va gagner plus que tel ou tel poste. Et moi, quand j'entends ça, je dis, ouais, c'est peut-être vrai. Maintenant, est-ce que tu es prêt à être sur la route 5 jours par semaine et ne pas dormir chez toi ? Est-ce que tu es prêt à ça ? Non ? Bon, alors voilà. Donc en fait, ce n'est pas le même métier. Donc, on ne part pas des choux et des carottes. Donc en fait, je comprends. Ce n'est pas parce qu'on est une société qu'on doit tous faire la même chose et être tous pareils. Moi, je ne suis pas d'accord avec cette vision. Parce qu'en fait, c'est comme dans une équipe de rugby ou autre chose, on a tous un rôle à jouer et le rôle n'est pas le même. En fait, c'est peut-être un problème de société où j'ai du mal à comprendre qu'on se compare toujours. Non ? compare-toi à toi, tes aspirations ce que tu as envie de faire d'ailleurs, nous il y a des gens qui ont changé de poste, parce qu'ils en avaient marre et on leur a dit, ok on va t'aider, on va te former pour changer de poste que les gens soient libres pour changer de poste, je trouve ça super bien on a des gens qui étaient en production, qui sont au bureau qui étaient en commercial qui sont passés au service qui demandent moi je trouve ça génial, au contraire parce qu'au moment où on est lassé mais vouloir se comparer, ce n'est pas parce que c'est la même société qu'il faut se comparer. J'ai du mal avec ça parce que ce n'est pas le même métier. C'est comme si je disais, moi, je fais du basket, voilà mon avantage et toi, tu fais du rugby, voilà ton avantage, toi, tu fais du foot. Ce n'est pas le même sport. On est dans la même ville, mais on ne fait pas le même sport. Je sais que plein ne pensent pas comme moi, mais j'ai un peu du mal avec ça parce que les gens ne se comparent pour rien. On se compare à ce que... Les gens se comparent, mais ils ne voient pas l'ensemble des choses, le positif et le négatif. Ils ne contextualisent pas les choses. Et puis, encore une fois, se comparer, dire « moi, j'aurais voulu faire ça. » « Ah, ok, on va t'aider à le faire. » Ça, il n'y a pas de problème. Donc, finalement, dire « oui, au bureau, ils font quatre jours, et nous, on est annualisés. » Oui, mais si on le fait, c'est que nos clients font que, et qu'on n'a pas le choix.

  • Speaker #1

    Il y a un contexte. Oui, donc après...

  • Speaker #0

    Si j'avais des commandes, tu l'as dit tout à l'heure, six mois à l'avance, je mettrais tout le monde pareil. C'est plus simple. mais voilà c'est pas les mêmes métiers ils ont pas forcément les mêmes horaires non plus donc tu... un gars qui est commercial sur la route et un soudeur il fait pas le même métier, pourquoi se comparer ? ils vont se comparer sur le salaire l'un peut passer d'un côté, l'autre... mais au prix du commercial il va dire bah oui il a de la chance, le soir il dort chez lui alors bah fais soudeur alors ! je veux dire, on peut pas avoir tout ! donc cette comparaison en fait c'est peut-être un phénomène de société mais... où on veut que tout le monde soit pareil. Non, on est tous différents, on a tous des trucs différents, un métier différent. Pourquoi vouloir toujours faire en sorte que tout le monde soit pareil ? Non, on ne fait pas la même chose. Donc, pourquoi ? Enfin, voilà, j'ai un peu de mal avec ça.

  • Speaker #1

    Oui, mais tu vois, c'est intéressant.

  • Speaker #0

    J'aimerais bien ce que je veux dire. Ça ne veut pas dire que, si tu veux, ça ne veut pas dire qu'on ne traite pas les personnes de la même manière. Mais le contexte de leur... travail fait que c'est pas le même.

  • Speaker #1

    Ouais, ouais, je comprends. Non, non, mais je vois pas du tout le côté malveillant, t'inquiète pas.

  • Speaker #0

    Non, non, non, mais je veux dire, sinon tout le monde ferait, toutes les boîtes feraient 35 heures, de telle heure à telle heure. Ah non, non, faut pas faire une...

  • Speaker #1

    Oui, tout le monde serait prof pour les deux mois de vacances que beaucoup utilisent.

  • Speaker #0

    C'est pareil, voilà, les gens qui critiquent les profs, ils ont deux mois de vacances. Mais je leur dis, mais attends, mais fais prof alors. Ah bah non, ah bah voilà. c'est un choix, tu ne peux pas tout avoir non mais j'entends c'est bien j'aime bien aussi dit ta question là où elle est intéressante aussi c'est que ceci dit c'est mon point de vue c'est pas le point de vue de tout le monde et effectivement la difficulté c'est que ça peut être effectivement en interne mal perçu a priori c'est pas si mal perçu que ça parce que je pense que la plupart ont compris que de toute façon ils ne faisaient pas le même métier que c'était pas Oh ! Les gens qui viennent chez nous, ils comprennent bien cette histoire d'analyse. Parce que quand ils l'ont fait un an, quand ils font en mois de janvier 20 heures par semaine, et qu'ils travaillent deux jours par semaine, les autres, ils travaillent. Oui, bien sûr. Donc, si ça, ça leur va, après, on ne peut pas tout avoir.

  • Speaker #1

    Non, mais tu vois, je pense qu'effectivement, c'est intéressant. Puis, encore une fois, on en revient toujours. Il faut… C'est une liste contextuelle, je pense que, moi je te parlais de Céline Bourdin, je pense que c'est la bonne solution pour son entreprise, pour son contexte, pour sa culture d'entreprise, tu vois, et c'est la bonne solution pour Navaï et pour ton entreprise et pour tes salariés.

  • Speaker #0

    Alors c'est possible, là la culture c'est l'histoire de contexte, parce qu'encore une fois, comme on l'a dit, si on avait une visibilité plus longue… je serais le premier à dire, les gars, même en production, vous faites quatre jours.

  • Speaker #1

    D'abord, le business et la prod à considérer, clairement.

  • Speaker #0

    Oui, parce que nous, on a pu, sur la partie support, le faire. Mais malgré tout, on s'est interrogé, notamment sur le vendredi, pour répondre aux clients. Et j'ai la même interrogation, j'extrapole un peu, sur, parce qu'on a fermé trois semaines en août, et bon, on s'interroge.

  • Speaker #1

    Parce que tu as des commandes, là, août est un bon mois. en termes de production ?

  • Speaker #0

    Non, on est fermé trois semaines, donc on ne produit pas. Mais il y a des commandes qui tombent fin juillet. On ne peut pas les produire, on est fermé. Quand on est revenu, pour pouvoir saisir les commandes, parce que saisir une commande, ça prend du temps, il a fallu, pour rattraper les commandes qui étaient dans le pack, mais pas encore dans notre ERP, plus de deux semaines. Donc, en fait... Et pendant que tu fais ça, il y en a d'autres qui arrivent. Donc, pour rattraper ce retard, si tu n'es pas fermé, tu as eu moins de retard. Mais c'est compliqué de ne pas fermer dans notre cas parce que c'est normal, il faut des vacances. Et étaler sur trois mois les vacances, c'est compliqué parce qu'il te manque des gens. Mais ceci dit, on s'interroge. Moi, je m'interroge pour l'année prochaine pour voir comment faire. Je ne dis pas qu'on va le faire, pas le faire. Oui, tu te questionnes. C'est un peu une histoire, je voudrais essayer de plus linéariser, mais ce n'est pas simple parce que ça facilite le fait de fermer, mais après, on a d'autres inconvénients.

  • Speaker #1

    Ou alors passer sur deux semaines. Je vois de plus en plus de boîtes qui passent de trois semaines à deux semaines.

  • Speaker #0

    Deux semaines, déjà, tu as une semaine de moins de retard.

  • Speaker #1

    Oui,

  • Speaker #0

    c'est déjà pas mal. C'est un tiers, je vois comme ça.

  • Speaker #1

    Finalement, c'est ça. Heureusement que tu es là pour relever mon niveau en mathématiques. ok maintenant j'aimerais bien que on aille un peu sur le sujet du Made in France du label Origine France Garantie que tu portes avec ferveur je sais que tu en parles souvent aussi sur LinkedIn je suis allée évidemment consulter votre site web j'ai vu que ça faisait pas aussi de vos marqueurs culturels de vos valeurs Est-ce que tu penses et de quelle manière tu penses que ça peut servir l'attractivité ? Et là, je parle de l'attractivité employeur en tout cas. Et qu'est-ce qu'il y a derrière cet engagement ?

  • Speaker #0

    Je pense qu'effectivement, l'attractivité, juste pour élargir la question client, je n'en suis pas certain. Ah ouais ?

  • Speaker #1

    Tu ne penses pas que ce soit…

  • Speaker #0

    En vrai, on ne sait pas trop si c'est un impact. Je t'explique pourquoi de manière assez simple. C'est que dans un appel d'offres public, ça ne rentre pas dans les critères de sélection. C'est interdit par les lois européennes.

  • Speaker #1

    Mais oui, mais ça…

  • Speaker #0

    Or, je n'ai pas les chiffres. D'ailleurs, je vais faire un article là-dessus, mais je me renseigne sur les chiffres exacts avant de dire qu'on ne me reproche pas de me tromper. Mais de ce que j'avais discuté avec Gilles Attaf, le président de l'OFG, lors d'une réunion… Je crois qu'il me paraît de 5 à 10 %, il ne parlait pas de produits OFG, mais parce que tu peux être français sans être OFG, de 5 à 10 % je crois de produits français dans les appels d'offres.

  • Speaker #1

    Oui, c'est une catastrophe.

  • Speaker #0

    Et en Allemagne, je crois que c'est 70 ou 80 %. Oui,

  • Speaker #1

    mais tu vois, moi je fais juste un stop là-dessus. Ok, notre contexte géopolitique en ce moment, il n'est pas simple, particulièrement le jour où on se parle, le 10 septembre, mais on ne va pas forcément rentrer dans la politique, mais il y a des choses qu'on ne maîtrise pas. sur notre écosystème mondial, international. Mais tu vois, ça fait partie des trucs. Je ne comprends pas. Je veux dire, c'est quand même pas compliqué que de se dire qu'à un moment donné, nos politiciens mettent en place une solution pour mettre un minimum d'achats publics vers des fabricants, vers des produits made in France, bon sang.

  • Speaker #0

    Parce que c'est des lois européennes et donc ils ne peuvent pas les congeler. Oui,

  • Speaker #1

    mais ils le font en Allemagne.

  • Speaker #0

    Non, mais en Allemagne, ils le contournent. Parce qu'en fait, ils sont plus malins, effectivement, donc on pourrait le faire en France. Ils font… Alors en Allemagne, oui, alors en fait, je pense que c'est pas dans les critères, mais c'est dans les critères. C'est-à-dire qu'en fait…

  • Speaker #1

    C'est culturel.

  • Speaker #0

    Ils arrivent dans le cahier des charges, en fait, à faire en sorte que ceux qui peuvent répondre sont plutôt allemands. Ils se disent « Bon, dans le cahier des charges, je sais pas, c'est subtil » . Ce n'est pas fabriqué en Allemagne, mais ça va être… En tout cas, je ne sais pas comment ils se débrouillent exactement. Je n'ai pas la réponse.

  • Speaker #1

    Tu vois, tu es d'accord qu'à un moment, on se tire un peu une balle dans le pied, en fait.

  • Speaker #0

    Bien sûr.

  • Speaker #1

    C'est pour ça que,

  • Speaker #0

    si tu veux, techniquement, sur ces appels d'offres, ça ne peut pas nous aider. Par contre, en revanche, une fois que tu es sélectionné, l'acheteur… Lui, ce n'est pas celui qui a fait l'appel d'offres, en hôpital, etc. Lui, il peut y être sensible. Évidemment, certains clients, ils sont sensibles, mais pas tous. En revanche, j'ai élargi ta question sur la partie client. Si on parle de marque employeur, alors là, par contre, je suis très, très favorable et je pense que c'est très puissant. Surtout, ça a vraiment du sens par rapport à l'histoire de Navail. Situation géographique. Parce qu'en fait, ça a toujours été une entreprise, comme la plupart des boîtes, qui avait, comme on dit, le bon sens paysan. C'est quoi ? Nous, on ne fait pas de très grandes séries. Pourquoi aller faire travailler des mecs à 3000 kilomètres quand tu as des gens que tu peux faire travailler ? Tu sais que plus tu as de gens qui travaillent autour, plus il y a une économie qui se développe locale, plus ça prospère, plus tout va mieux. Ça, c'est du bon sens. C'est-à-dire que nous, la plupart de nos... partenaires qui en achètent des produits ou un peu de sous-traitance, plus ils sont prêts, mieux c'est. Déjà parce qu'on a besoin, comme je l'ai expliqué par rapport à notre marché d'agilité, on a vu qu'on ne stocke pas, qu'on est tout dans l'urgence, donc il nous faut une agilité. Si le gars est à l'autre bout de la planète, c'est plus compliqué, forcément. Et il y a toujours eu dans la culture locale, comme dans beaucoup de régions de France, ce terreau. et donc on arrive plus ou moins à maintenir parce qu'il y a encore plein de petites industries pour la peinture pour ceci pour cela pour la mousse pour le truc et donc là on a on lance des nouvelles gammes on avait besoin d'externaliser de l'outillage pour des faire des gabarits de soudure etc on a trouvé que localement et on voulait pas aller trop loin même en france on voulait que ce soit local parce qu'il faut s'y rendre il faut échanger il faut construire avec le bureau d'études, avec la prod. Donc si c'est à l'autre bout de la France, c'est compliqué. Et heureusement, on a pu trouver des partenaires difficilement. Mais voilà, on est toujours dans cette logique parce qu'on a besoin d'agilité. Donc ça correspond à notre business model.

  • Speaker #1

    et c'est culturellement ancré dans Naray comme dans d'autres boîtes du coin d'ailleurs il y a votre engagement social derrière aussi au delà de votre engagement fabriqué, défendre le Made in France derrière il y a aussi l'engagement social qui transpire parce que finalement faisant et en travaillant avec des partenaires, des parties prenantes juste autour de ton territoire, dans ton territoire Tu le fais vivre ton territoire. Tu garantis de l'emploi pour ton territoire. Tu garantis des écoles parfois dans un village. C'est toute une économie locale que tu fais vivre en fait.

  • Speaker #0

    Effectivement, c'est pour ça que ça a plus un rôle, moins un rôle client, mais plus un rôle social. Et du coup… Par rapport à l'attractivité, beaucoup sont très sensibles à ça, quel que soit le poste, peu importe leur rôle dans la boîte, sensibles au fait que… C'est-à-dire que même celui qui a le rôle le plus simple, enfin simple en termes de savoir-faire, qui rentre dans la boîte, je dis, on a tout fait dans l'usine, il y a des sous-traitants qui ne sont pas loin, il y a une certaine forme de fierté, c'est-à-dire que c'est nous qui avons fait. Le siège qui est passé à la télé dans tel hôpital, tel truc, on l'a fait là. dans les locaux. Et donc, ça fait vivre l'économie locale, comme tu dis. Et donc, il y a une forme de... Ça fait l'air, je trouve. Donc ça, c'est un côté positif.

  • Speaker #1

    Et en termes de réputation sur le secteur, du coup, en tout cas, tu penses, quelle est ta perception ? Tu penses qu'on dit quoi de vous ?

  • Speaker #0

    on dit que Navail a su passer les orages. Parce que malheureusement, certains industriels qui étaient là, qui étaient plus gros que Navail, il y avait une boîte pas très loin d'ici, 500 mètres, 1500 salariés, 1500, fabriquaient des canapés. Leur client, la grande distribution, concurrence chinoise et compagnie. Chinois, ce n'est pas forcément les Chinois, mais concurrence externe, on va dire.

  • Speaker #1

    Oui, mais ici, on a le droit de le dire, ne t'inquiète pas.

  • Speaker #0

    prix bas, etc. Bref, ils ont déposé, etc. Ils n'ont pas pu redresser la barre. Et d'autres qui étaient sur des marchés de fabrication de chaises, mais assez standard, qui étaient bien pour l'époque et ils n'ont pas évolué avec le temps et ils ne trouvaient plus leurs clients. En gros, je fais très court. Donc, c'est vrai que Navarra, il y a cette image qui a su résister, mais parce que Navarra est allé sur des niches finalement. La différence, elle est là. pas dans un produit de grand public. Alors, effectivement, c'est plus embêtant pour linéariser la production, mais on est protégé parce que cette agilité, pour la faire plus loin, c'est plus compliqué. Donc, en fait, c'est le serpent qui... C'est compliqué de tout avoir. Le but, c'est d'améliorer, effectivement, cette linéarité, éventuellement diversifiant nos clients. Si on diversifie les produits, ça peut être une solution, mais ça complexifie aussi la production. Donc, ça, c'est cornelien.

  • Speaker #1

    Mais tu sais quoi, ça me fait penser ? Ça me fait penser à la vision de Laurent Moisson et justement, Gilles Latta, qu'il faudrait simplifier, en quelque sorte, notre production française pour redevenir aussi compétitive. Parce que justement, ce que tu évoques, c'est que le positionnement de Navail a été de la complexifier. Donc, tu complexifies, tu fais monter en compétence les savoir-faire. tu viens complexifier ta production pour t'adapter au marché parce que finalement tout ce qui est le plus simple la grande série on l'a délocalisé à l'autre bout de l'Europe ou à l'autre bout du monde ça me faisait penser à ça écoute j'ai trop envie de continuer cette discussion mais je vois le temps qui file tu m'avais dit de respecter un timing nous sommes à deux minutes Merci.

  • Speaker #0

    de la fin de ce timing. Est-ce que tu souhaites... Je sais, on avait trop de choses à se dire. Encore plus.

  • Speaker #1

    Vas-y. Je ne pensais pas que ça passait aussi vite.

  • Speaker #0

    Tu sais quoi ? Tu sais voir ça, à chaque fois, ça me fait plaisir. À chaque fois, je me dis, ça va. Ils ne sont pas si mal en ma compagnie.

  • Speaker #1

    On passe un très bon moment. Après, en visio, c'est moins sympa. On aurait pu boire un café. Parce que là, j'ai un café dans un truc en carton. Ce n'est pas top.

  • Speaker #0

    Ah ouais ? Écoute, moi je propose à tous ceux qui souhaitent de me payer pour que je traverse la France de fond en comble et faire me déplacer avec mon micro. Je lance un appel, clairement, je préférerais faire ça.

  • Speaker #1

    Tu peux faire les carnets de Julie, mais pas forcément pour découvrir les restaurations, mais les industries. Tu sais, les carnets de Julie avec la voiture.

  • Speaker #0

    C'est vrai, c'est vrai. Mais le nerf de la guerre, c'est quand même le bisex.

  • Speaker #1

    Les carnets de Claire.

  • Speaker #0

    Ouais. C'est pas mal. Je suis en pleine réflexion aussi. C'est une idée nouvelle que j'ai eue. Je me suis dit, pourquoi je n'écrirais pas des histoires sur l'industrie pour les enfants ? Et après, je me suis rappelée que, par exemple, je ne savais pas du tout dessiner. Voilà, tu vois ? Mais il y a plein de trucs à faire derrière. Mais c'est quand même souvent une histoire de pognon. Donc, si toutefois…

  • Speaker #1

    C'est souvent le point de montage.

  • Speaker #0

    C'est ça. Donc, si toutefois… il y a des partenariats des sponsors qui sont prêts à investir sur le média pour que je puisse me déplacer avec ma voiture auprès des industriels je lance la balle moi je suis carrément partante et bien sûr je viendrai chez Navail avec plaisir me faire payer un café et plus bah

  • Speaker #1

    non un resto ah oui là on peut se faire un resto après on peut aller faire une petite session de surf traverser la forêt des Landes enfin il y a plein de choses à faire ah bah écoute Merci. Après, tu viens et je te présente à d'autres industriels. On fait un truc sympa.

  • Speaker #0

    On fait une rencontre. On fait un meeting.

  • Speaker #1

    Un meeting,

  • Speaker #0

    oui. D'ailleurs,

  • Speaker #1

    tu parlais de Laurent Moisson, mais j'en fais partie de la FFI.

  • Speaker #0

    Oui.

  • Speaker #1

    Fédération Française de l'Industrie, même si je ne vais pas trop aux réunions parce que c'est souvent… Moi, je fais partie de la région Aquitaine, mais c'est souvent à Bordeaux, donc ça me fait loin. Mais on fait souvent des réunions comme ça. C'est assez intéressant.

  • Speaker #0

    Ça, c'est chouette. Ça fait partie aussi de mes projets. J'aimerais bien recevoir Laurent Moisson et Gilles Lataf. Projet à venir. Mais écoute, moi, je m'attire sur cette histoire de passer, d'aller deux jours si on fait les choses bien, pour faire un événement, pour que moi, je ne me lève pas une heure du mat pour faire la route. Je réfléchis. Je prends la balle au bout, tu sais, moi je suis très opportuniste.

  • Speaker #1

    Non, non, mais je pense que c'est bien les rencontres comme ça, avec plusieurs industriels, qui ont des problématiques communes et différentes, parce que c'est une histoire de contexte. C'est toujours sympa, parce qu'on échange, etc. Et on trouve toujours des idées, c'est un genre de benchmark, mais il n'y a rien de prévu, c'est en discutant comme ça, ah oui, je n'ai pas pensé à ça, bonne idée. Mais en fait, à chaque fois, il y a des nouvelles idées à ressortir.

  • Speaker #0

    Non, mais il n'y a rien de mieux qu'effectivement le présentiel.

  • Speaker #1

    Oui, ça c'est évident. Mais en même temps, ce système est quand même pratique.

  • Speaker #0

    Ah, tu vois ? Sinon, effectivement, ça aurait été difficile d'avoir autant d'agilité que par le biais de la vision. Est-ce que Cyril, tu as envie de dire un dernier mot avant qu'on ne se quitte ? Est-ce qu'il y a un message que tu voulais passer ? Voilà.

  • Speaker #1

    Oui, enfin, mais ça, je pense qu'effectivement, l'industrie française, elle a encore des... Il faut qu'elle se réinvente. Il ne faut pas toujours tenir... Enfin, je pense qu'en général, en France, on attend trop auprès des politiques. Mais je pense que de toute façon, c'est plus aux entreprises de réinventer les choses. D'ailleurs, les grandes innovations, souvent, et les problèmes sont résolus par les entreprises quand on creuse un peu. rarement par les états donc j'ai plutôt espoir je dis pas que c'est simple attention mais plus y en a qui vont y croire plus y en a qui vont trouver des idées plus des entrepreneurs enthousiastes jeunes dynamiques etc enfin dynamique dans le sens voilà qu'on pas peur vont pouvoir dépoussiérer l'industrie et essayer de la rendre plus attractive plus sexy mais il faut aussi changer et je m'inclue dedans faire évoluer nos modes de management Mais c'est loin d'être mort parce qu'on a quand même un pays qui a plein de savoir-faire. Je pense que malgré tout, on est quand même un pays agile. Et donc, on peut tirer notre épingle du jeu. Mais peut-être pas sur toutes les industries. Il y a des trucs, c'est plus compliqué que d'autres. Mais on a des forces et c'est loin d'être perdu, pour moi. Mais tu vois,

  • Speaker #0

    quelque part, tu me dis que tu es positif. Mais ce que tu me dis, surtout dans le contexte d'aujourd'hui, 10 septembre, avec une nouvelle troisième démission en un an d'imprime du ministre, Moi, je pense que tu as dit que je sois extrêmement négative. Toi, tu es là en train de me dire en clair que je ne crois absolument plus à la classe politique. C'est ce que je comprends. En revanche, je crois en la capacité des industriels et des entrepreneurs à rebondir. Le problème, tu vois, c'était justement l'objet de mon poste ce matin où j'ai passé un peu un coup de gueule. Hier, j'ai eu trois dirigeants qui m'ont tous dit la même chose. Commande gelée, projet.

  • Speaker #1

    reporté et c'est catastrophique en fait je suis d'accord de ce côté là mais là c'est un épisode j'espère qu'il finira rapidement on espère mais là je prenais un peu de hauteur en disant que souvent le débat c'est de dire oui mais les politiques machin je pense qu'on attend trop d'eux en fait c'est ça que je veux dire et ça Dans le milieu des startups, ils l'ont bien compris depuis longtemps, beaucoup de startups qui ont réussi à... Non, alors c'est parce que peut-être que c'est la tech, etc. Ils ont solutionné des choses sans attendre après l'État. C'est eux qui ont révolutionné le monde, ce n'est pas les États. Donc en fait, ce que je veux dire par là, c'est qu'il faut le prendre différemment. On entend souvent, oui, c'est à cause de l'État, des taxes, des machins. Oui, c'est un problème, parce que s'il n'y en avait pas, ce serait plus simple, mais il faut chercher d'autres solutions.

  • Speaker #0

    Oui, et ça, ça peut être un peu l'héritage de notre État régalien, providentiel.

  • Speaker #1

    Et comme on n'est pas… Après, si on va dériver pendant une heure, moi je n'ai pas… Merci, merci. Je ne crois pas qu'on soit vraiment dans un État libéral, ça c'est un autre débat, puisque souvent on voit que les lois sont votées… pour certains, on va dire, sans dénoncer les entreprises du CAC 40, mais que tout est orienté dans leur sens. Donc, ce n'est pas le libéralisme, ça. C'est l'opposé. Puisque le libéralisme, c'est que tout le monde a les mêmes règles. Et que tout le monde est égaux, finalement, le libéralisme, c'est ça. Bref, c'est un autre débat. Oui,

  • Speaker #0

    on ne va pas. Mais c'est intéressant. Effectivement, on a un contexte particulier aujourd'hui, espérons qu'il ne dure pas.

  • Speaker #1

    Tu as raison sur ça, parce que nous, cette année, c'est compliqué. C'est compliqué, et puis l'entourage, pas que les industriels.

  • Speaker #0

    L'immobilier, la construction.

  • Speaker #1

    Le commerce en général. Bon, les gens se plaignent toujours. Je vois bien, nous, on est dans une région touristique. Chaque année, j'entends, au mois d'août, c'est catastrophique. Puis en octobre, il y a les stats qui sortent. plus de pour cent donc il ya aussi des professionnels de qui se peignent souvent les champions du monde pour ça mais bon petit c'est une petite pique c'est gentil c'est amical mais elle a et surtout à nos amis restaurateurs à jeu j'ai rien dit et il connaît bien et donc voilà tout ça pour dire que bon on peut pas attendre que de l'état

  • Speaker #0

    Écoute, un très grand merci pour tout ça, pour ta confiance, pour tes réponses. Comme d'habitude, je pense que je n'ai pas du tout suivi la trame de questions que nous avions préparées, mais c'était encore plus intéressant que ce que j'avais imaginé. Donc, génial. Si vous aussi, vous avez aimé le petit geste qui vous prend deux secondes et qui aide beaucoup à la découvrabilité du podcast, c'est de mettre cinq étoiles juste au-dessus. Et vous pouvez même nous poser vos questions si vous êtes sur Spotify. Voilà, Cyril, merci et puis à bientôt.

  • Speaker #1

    Merci Claire, bonne journée.

  • Speaker #0

    Encore merci de nous avoir écoutés. Il est temps de se retrouver lundi avec un nouvel invité. C'était Claire Tenayot, fondatrice de Be Wanted, et vous venez d'écouter un épisode de l'Industrie qui fait envie. Bon, pour être certain de ne rien manquer, pensez à vous abonner, que ce soit sur Spotify, Deezer ou Apple Podcast. Surtout, pensez à laisser un avis 5 étoiles pour lui donner de la visibilité. Allez, à bientôt sur l'industrie qui fait envie !

Description

📩 Abonnez-vous à la newsletter du podcast pour décortiquer les meilleures stratégies RH de l'industrie :
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➡️ DRH, RRH, managers industriels : et si la semaine de 4 jours n’était plus un rêve de start-up parisienne… mais une réalité industrielle en plein cœur des Landes ?


Chez Navailles, entreprise familiale spécialisée dans les sièges médicaux depuis 1966, ce choix audacieux est désormais en place.
Mais comment prendre une telle décision dans un secteur où la production, la flexibilité client et les pics de charge rendent tout plus complexe ?


Dans cet épisode, je reçois Cyril Michaud, Directeur Général de Navailles, qui nous partage avec franchise et lucidité l’envers du décor : du choix stratégique RH, aux effets sur la culture d’entreprise, en passant par les freins opérationnels, l’impact sur l’attractivité, ou encore la question (taboue) de l’équité entre les métiers supports et la production.


🎧 On y parle industrie, bien sûr.
Mais surtout : expérience collaborateur, management, adaptation des modèles industriels et fidélisation dans un monde du travail en mutation.


💬 Au menu :
✅ Pourquoi Navailles a mis en place la semaine de 4 jours (35h réparties sur 4 jours)
✅ Comment la flexibilité des horaires a permis de lever les freins individuels
✅ Pourquoi seuls les fonctions support sont concernées
✅ Le rôle de la modulation annuelle en production
✅ Comment assumer un traitement différencié entre production et fonctions support
✅ Le lien direct entre territoire, mobilité, et organisation du travail
✅ L’impact sur l’attractivité RH en zone rurale
✅ Le pouvoir du Made in France et du label Origine France Garantie


Mais ce n’est pas tout 👇
📌 Les limites de la robotisation pour les petites séries personnalisées
📌 Le parallèle intéressant entre industrie et restauration
📌 Comment donner du sens : produire local, utile et tangible
📌 La culture du projet comme levier d’engagement
📌 Pourquoi les RH doivent repenser les modèles managériaux hérités du taylorisme
📌 Comment incarner une marque employeur engagée


Vous êtes DRH, RRH ou manager industriel ?
Vous vous demandez comment améliorer l’attractivité de votre entreprise, innover sans désorganiser vos équipes, ou rendre vos métiers plus désirables auprès des jeunes générations ?

➡️ Cet épisode vous offre un retour d’expérience sincère, concret et applicable, loin des discours idéalisés.


🎯 Un échange franc, une immersion concrète aux côtés d’un dirigeant industriel qui place les RH au cœur de la stratégie, loin du rôle classique de support.


📌 Liens mentionnés :
👉 Cyril Michaud : https://www.linkedin.com/in/cyrille-michaud-manufacture-navailles/
👉 Mon profil : https://www.linkedin.com/in/claire-industrie-qui-fait-envie/

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Transcription

  • Speaker #0

    Hello les passionnés d'industrie, alors bienvenue sur le seul média qui parle vraiment des enjeux RH de ce secteur. Et son objectif ? Vous partager des stratégies, des astuces et de l'actionnable pour redevenir l'industrie qui fait envie. Je suis Claire Tenayot, je suis hôte de ce podcast et fondatrice de Be Wanted. Et mon job ? Ben, faire rayonner votre industrie. Je vous aide à structurer votre fonction RH et bâtir votre marque employeur. Ensemble, on élabore des stratégies d'attractivité et de fidélisation des talents qui puissent accompagner la croissance de votre industrie. Mais je ne suis pas seule à ce micro. Chaque lundi, je reçois un invité, dirigeant des RH ou expert d'une thématique RH, pour que vous repartiez avec un shot de bonne pratique et de benchmark. Allez, j'ai terminé, c'est parti pour l'épisode et bonne écoute ! Bonjour Cyril, comment vas-tu ?

  • Speaker #1

    Bonjour Claire, ça va très bien, la rentrée se passe bien, après quelques petites périodes de vacances au mois d'août, il faut repartir au combat.

  • Speaker #0

    C'est parti, au moment de l'enregistre, pour que nos auditeurs puissent se placer dans le contexte, nous sommes le 10 septembre. effectivement de de Deuxième semaine de rentrée, déjà bien agitée. En tout cas, je suis très contente de t'avoir aujourd'hui. On a une petite routine ici, donc je vais te poser trois questions. Tu y réponds, spontanée, cash, profonde, perso, pro, de la manière dont tu le souhaites. Mes trois questions, qu'est-ce qui t'anime, qu'est-ce qui te révolte et qu'est-ce qui te fait peur ?

  • Speaker #1

    Wow !

  • Speaker #0

    Allonge-toi sur le divan, Cyril.

  • Speaker #1

    Qu'est-ce qui m'anime ? Les projets en général, c'est-à-dire partir de... La construction d'un projet ou le pilotage d'un projet, je ne sais pas si c'est l'un ou l'autre en vrai. Quelque part, c'est construire quelque chose. Donc, sur le projet, construire quelque chose, ça nécessite une réflexion, ça nécessite des idées. d'essayer des trucs, de ne pas y arriver et aboutir. Mais c'est plus finalement la période de projet qui me fait plus kiffer finalement que l'aboutissement. J'ai l'impression que c'est ça.

  • Speaker #0

    Donc le chemin plus que le sommet, quoi.

  • Speaker #1

    J'ai l'impression, oui. J'ai l'impression que c'est ça. Bon, le sommet, c'est bien aussi. Mais en fait, le vrai kiff, c'est plus sur l'excitation du projet, en fait, je pense. Donc ça, c'était la première question. L'autre question, c'était quoi ?

  • Speaker #0

    Ah,

  • Speaker #1

    j'ai oublié. Il ne se prend pas de notes, moi. L'autre question.

  • Speaker #0

    Qu'est-ce qui te révolte ?

  • Speaker #1

    Ah, il y a plein de trucs. Qu'est-ce qui me révolte ? Qu'est-ce qui me révolte ? Comment dirais-je ? L'injustice, c'est trop vague. Mais en général... Les personnes qui n'ont pas de parole, les gens qui s'engagent sur quelque chose et qui ne respectent pas leurs engagements, ça me révolte en général. Peu importe les raisons, et surtout quand tu n'expliques pas pourquoi ils n'ont pas pu faire ce qu'ils allaient faire, ou qu'ils ne respectent pas, tu n'as pas d'explication. Donc en fait, c'est la trahison en quelque sorte. Ça, ça me révolte.

  • Speaker #0

    Et alors, qu'est-ce qui te fait peur ?

  • Speaker #1

    Qu'est-ce qui me fait peur ?

  • Speaker #0

    Pas le droit de dire, je sais pas, les araignées, les alligators en Floride.

  • Speaker #1

    Qu'est-ce qui me fait peur ? Ah si, peut-être qui me fait peur, c'est peut-être, je sais pas, la guerre à nos portes. La guerre, elle est déjà à nos portes, mais la vraie guerre dans notre pays, ça me fait un peu flipper parce que ça peut angoisser. Comme tout peut arriver, ça me fait un peu peur parce que là on change de monde et là on est bien au chaud, etc. Mais il y en a qui vivent des guerres et quand on n'a pas vécu, je pense que c'est flippant. Parce que tout l'être humain, forcément, il devient sauvage. Et tout change. Dans certaines guerres, tu as des proches qui deviennent des ennemis. c'est angoissant ça t'as plus tes repères t'as plus rien quoi ouais ouais c'est angoissant

  • Speaker #0

    Bon, passons sur une note un peu plus positive. C'est toujours la question qui plombe. Mais maintenant, je te pose, tiens, un peu éponyme du podcast. Pour toi, ça représente quoi l'industrie qui fait envie ? Qu'est-ce que ça t'évoque ? Qu'est-ce qu'elle serait ou qu'est-ce qu'elle est pour toi, cette industrie qui fait envie ?

  • Speaker #1

    Alors l'industrie qui fait envie, c'est plein de choses. Je n'ai pas de solution miracle, mais je pense que je n'ai pas de solution miracle parce qu'on essaie de trouver, de casser les codes, d'arriver à trouver là où les solutions, puis après ça dépend des industries. Mais les points communs, je pense que c'est comment faire finalement pour... Remotiver des personnes à travailler dans l'industrie. Alors après, ça va dépendre des postes parce qu'il y a quand même des... Souvent, c'est un petit peu comme si je te parle de la restauration que je connais bien aussi. Qu'est-ce qui fait que les gens vont remotiver les gens à aller dans la restauration ? Ou l'industrie ? Je les compare un peu, même si ce n'est pas les mêmes métiers, mais il y a un peu les mêmes difficultés d'image. Alors la restauration, on va faire plus rêver parce que tu peux être dans un lieu magique. Mais ça, c'est le devant de la scène. Derrière, c'est un métier qui est dur. Et l'industrie ? C'est peut-être l'inverse du coup, ça peut avoir une image très dure, alors que dedans, ce n'est pas forcément toujours dur. Je ne sais pas comment expliquer. Après, dans l'industrie, effectivement, d'une manière générale, on a un problème d'image. Donc, d'image et… Parce qu'en fait, l'image qu'elle a, elle est vraie, elle est fausse. Elle est… comment dire ? L'image est grossie en négatif. Mais ceci dit, ça ne veut pas dire que dans les industries, on doit aussi avoir un management qui se réinvente. Comme dans la restauration d'ailleurs. Et ce n'est pas simple. Parce que ce n'est pas juste j'augmente le salaire, le truc, déjà il faut pouvoir. Ça va beaucoup plus loin que ça, c'est beaucoup plus profond. Et c'est vraiment un changement de mindset et d'état d'esprit. Donc voilà, c'est une vraie rupture. On le voit dans certains succès. de restauration, de jeunes qui ont cassé des codes, qui ont réussi, parce qu'ils resteront dans le temps, je ne sais pas. Mais souvent, leur levier était positionnement marché et le levier était aussi une approche du management.

  • Speaker #0

    Oui, en fait, ce que tu veux dire, c'est presque une rupture de notre héritage culturel. Quelque part, c'est ça. Parce que si on s'intéresse un peu à la psychologie sociale du travail, on puise beaucoup, évidemment, dans l'héritage du taylorisme, du fordisme, en tout cas depuis la révolution industrielle, avec des modèles managériaux et de productivité qui découlent de ça. Donc, on a un héritage aussi assez lourd. Effectivement, il faut qu'on arrive à garder le meilleur de ça et se détacher de ce qui colle aujourd'hui. aux besoins de notre société d'aujourd'hui. Et donc, effectivement, c'est un paradigme qui est profondément culturel.

  • Speaker #1

    Ce n'est pas évident de casser ces codes-là, parce que casser des codes, même sur papier, c'est compliqué. Parce qu'après, il faut arriver à garder un équilibre de tout ça. Mais je pense que ceux qui réussiront dans le futur, ou même maintenant, quelles que soient les industries, je parle d'industrie, moins de production.

  • Speaker #0

    Quand je parle d'industrie, c'est l'inter-industrie, en tout cas,

  • Speaker #1

    effectivement, orientée production, on est d'accord. C'est ça, parce que l'industrie, pour moi, c'est production. Et donc, c'est vrai que, particulièrement, il y a de la production. C'est pour ça que je fais un peu le pendant avec la restauration où c'est de la production. Il y a de la production en cuisine et, en quelque sorte, la production en salle. Le service est une forme de production. Et l'industrie, déjà, la première chose, l'image peut faire beaucoup. Nous on le voit parce que, alors, même dans les ateliers, alors il y a des ateliers, dans les ateliers si tu veux, il y a des trucs, il y a des jobs qui demandent moins de compétences, bon voilà, parce que tout n'est pas robotisé. Bon, ces gens-là, ces personnes, bon, elles viennent travailler, ils pourraient travailler potentiellement ailleurs, comment les attirer, ben c'est pas évident. Après, dès qu'il y a des compétences spécifiques, comme dans la couture, comme dans la soudure, comme dans la... en production spécifique, c'est des savoir-faire. C'est un peu différent parce que les personnes se sont formées pour ça. En général, ils kiffent ce qu'ils font. Ils aiment ça. Donc ça, il y a moins de soucis. Et puis après, tout ce qui est parti bureau au sens large, je n'aime pas le terme bureau, mais tu vois, c'est bon, voilà.

  • Speaker #0

    Support,

  • Speaker #1

    quoi. Oui, tout ce qui est support, exactement. Là, on arrive de plus en plus ici à recruter des jeunes. Ça peut être des alternants, ça peut être des salariés maintenant. J'ai beaucoup d'alternants qui sont devenus salariés après. Donc, ça veut dire qu'on y arrive quand même, petit à petit. Parce qu'ils pouvaient être sensibilisés en disant, l'industrie, c'est vrai. Mais en fait, je pense qu'ils aiment aussi le côté… Pareil, il y a un projet, c'est-à-dire qu'on part d'un tube acier, d'un truc, et à la fin, ils sortent un siège, en plus, qui vont aller dans les hôpitaux. Donc, en fait, on a une…

  • Speaker #0

    C'est tangible et c'est concret,

  • Speaker #1

    quoi. Voilà, c'est exactement ça. C'est tangible et c'est concret. Et puis, on sert à quelque chose. Parce qu'indirectement, on soigne des gens. Donc, on a une certaine mission. C'est plus ou moins… Je ne sais pas qu'on est une entreprise à mission, mais…

  • Speaker #0

    Mais alors, attends, attends. Il faut que tu nous parles de nous. Hop là ! Tu es en train de spoiler. Non, je rigole. Non, mais tu vois, si on reprend dès le départ. Est-ce que… Parce qu'aujourd'hui, tu es juste Cyril aux oreilles de nos auditeurs. Donc, est-ce que tu peux nous expliquer qui… qui tu es, te présenter comme tu le souhaites et présenter ton entreprise bien sûr également comme ça,

  • Speaker #1

    ça va poser un peu de contexte aussi avant qu'on rentre dans le cœur du sujet alors Cyril donc j'ai 53 ans je suis directeur général de la manufacture de Navail Cyril Michaud pardon et donc en fait c'est une entreprise, une manufacture qui existe depuis 1966 on est au cœur des Landes, c'est-à-dire dans les Landes, mais pas sur la côte, malheureusement, parce que c'est quand même cool la côte. Bon, j'y vais souvent quand même, évidemment. Donc, on n'est pas au Ségor, on n'est pas loin. Pour ceux qui connaissent le Ségor, forcément, c'est connu. On est vraiment dans les terres et dans une ville qui s'appelle Agetmo, un village, on va dire, qui a toujours eu de l'industrie dans l'ameublement. D'ailleurs, il y a un rond-point magique avec une grande chaise et c'était... Il s'est autoproclamé, à juste titre, capital du siège parce qu'il y avait, il y en a moins maintenant, beaucoup d'industries dans le domaine, à la base du siège basique, il y a 40 ans, 50 ans, mais au sens large, l'ameublement. Et l'histoire de Navail, c'est l'histoire, le fondateur, je vais quand même raconter l'histoire qui est quand même assez intéressante. Robert Navail, le fondateur, ancien coureur cycliste, en fait, qui est parti après la guerre en Argentine. pour ramener de l'argent dans la famille et monter une usine de cadres de vélo. Donc, il travaillait la météorologie, le savoir-faire manuel, etc. pour une marque italienne, parce que dans les cycles à l'époque, toujours, d'ailleurs, je ne fais pas de vélo, mais en tout cas, la marque italienne était très présente. Suite à ça, il est revenu, il s'est mis indépendant en sous-traitant toujours pour des marques de vélo italiennes dans, en gros, sa start-up dans un garage, pas loin d'ici. Et en fait, c'est lui qui a créé la boîte. Donc à l'époque, Navai n'existait pas. Et il a passé le pas parce qu'on est venu le voir en disant, tu vois, les fourches de vélo, ça ressemble à des piétements de sièges, de chaises, de certaines chaises de l'époque. Donc on lui a demandé d'en fabriquer en tant que sous-traitant pour ces industriels qui étaient là, ou artisans, qui fabriquaient des chaises. Ils avaient besoin de sous-traitance. C'est comme ça qu'il s'est connecté au monde du siège. Et qu'il a dit, ok, je fabrique ça pour vous. Et de fil en aiguille, c'est une histoire de rencontre, etc. Il a décidé de créer en 1966 la société avec ses deux fils. Dont un qui venait plus de la partie design, puisqu'il avait fait des colboules. Et l'autre, de la métallurgie. Et donc c'est pour ça qu'on a une histoire, qu'on a fait partie de la convention collective de la métallurgie. On transite le savoir-faire du tube. Et puis tout ce qui vient autour, puisque nous on est fabricant de sièges maintenant, depuis le début. Le type de siège a évolué et en fait ils ont démarré comme sous-traitants. Maintenant on est 130 dans l'entreprise, à peu près 18 millions de chiffres, à la louche, ça dépend des années. Et on est surtout, les leaders français, du siège médicalisé. Et depuis 1966 ça a évolué, les marchés ont évolué, etc. Mais on fabrique du siège et l'essentiel ce sont des tubes aciers qu'on va découper, qu'on va cintrer, qu'on va souder. Ensuite il y a le bureau d'études qui va... On va concevoir le siège en amont, on a un atelier de garnissage, on a des couturières. Et ensuite, on assemble le siège, on met dans un carton et on envoie chez le client. En gros, je la fais courte, mais c'est ça. Donc, c'est la vraie industrie traditionnelle, entre guillemets. Peu de robotisation, malheureusement, entre guillemets malheureusement. Pourquoi ? Parce qu'on a beaucoup de petites séries.

  • Speaker #0

    c'est ce qui est de haute force avec beaucoup d'options beaucoup de couleurs de tissus beaucoup de possibilités difficile d'intégrer effectivement de la robotisation sur de la si petite série un tel niveau de personnalisation on

  • Speaker #1

    essaye de rationaliser le plus possible mais c'est pas évident parce qu'on fait aussi du siège technique et aussi du siège de bureau avec tout ça on s'amuse bien donc voilà l'histoire d'une manufacture finalement voilà Akiiit ! Et donc, il s'est ancré dans ce territoire où il y avait beaucoup d'opérateurs, il y en a toujours, mais beaucoup moins qu'avant, dans l'ameublement. Donc, comme je dis, métallurgie et design, et couture, etc., pour faire du siège.

  • Speaker #0

    Merci pour cette présentation. Je me permets de reprendre la main pour poser un peu de contexte à cet épisode. juste avant merci à tous auditeurs du podcast la croissance est quand même assez dingue en ce moment vous êtes chaque jour de plus en plus nombreux à nous écouter donc je suis trop contente surtout de plus en plus de questions, d'interrogations ou vous souhaitez rebondir sur des sujets qu'on a abordé avec les invités donc j'ai préparé un espace dédié pour ça chaque semaine vous recevrez et une. newsletter qui va un peu décortiquer et faire un portrait de l'invité et décortiquer surtout les stratégies ou les sujets que l'on a abordés, on va plus loin je vous mets le lien dans la description du podcast, vous cliquez et vous recevrez chaque mardi la newsletter, voilà, merci à tous, je reviens à toi Cyril, alors il y a quelques mois ou quelques semaines, je ne sais plus très bien, j'ai En tout cas, j'ai été un peu percutée par l'un de tes posts sur LinkedIn, qui sont d'ailleurs souvent très intéressants. J'aime bien lire tes posts et suivre ton actualité. Et celui-ci, tu as annoncé que vous passiez à la semaine de quatre jours. Donc, pourquoi ça m'a percutée ? Parce que déjà, ça fait un petit moment que je cherchais des invités qui avaient envie de partager ce sujet. Ce n'est pas si simple lorsque l'on travaille sur l'industrie. En tout cas, dans l'industrie, on ne croise pas tous les jours des industriels qui sont passés à la semaine de quatre jours ou qui souhaitent en parler. Ce n'est pas tellement que le sujet est controversé, mais c'est qu'on va plus partir du principe un peu naturel que ce n'est pas possible. Donc, moi, forcément, j'ai eu envie de creuser le sujet. Je t'ai envoyé un petit message et on a préparé l'épisode. Pendant cette préparation, forcément tu m'as dit aussi deux trois autres petites choses qui m'ont un peu fait tilt tu m'as parlé évidemment de l'attractivité tu m'as parlé de ton territoire un petit peu là comme tu as commencé à nous le faire en introduction tu m'as parlé aussi de tes valeurs de vos valeurs notamment autour du Made in France autour de votre engagement social autour de votre engagement territorial bref tout un tas de sujets qui présagent d'un bel épisode tous les deux. Donc, je te propose, pour commencer, qu'on aille dans le cœur du sujet direct, qui est la semaine de quatre jours. Et puis après, on verra bien où l'échange va nous mener. Est-ce que cette intro te va ? Est-ce que tu valides ? Est-ce que tu es prêt ?

  • Speaker #1

    Parfait, mais quel professionnalisme !

  • Speaker #0

    Ah, t'as vu ? J'aurais dû être journaliste. J'ai loupé ma vie.

  • Speaker #1

    Ah, c'est possible !

  • Speaker #0

    Non, en tout cas... L'exercice du podcast est très bien pour ma petite revanche. Écoute, ça te va ? Déjà, commençons, droite au but. Est-ce que tu peux nous en dire plus sur la semaine de 4 jours ? Qu'est-ce qui a orienté ce choix ? Quels enjeux il y avait derrière ? Et quelles modalités vous avez retenues ? Ça fait beaucoup de questions en une, mais au pire, je te les rappellerai au fil de l'échange.

  • Speaker #1

    Alors, qu'est-ce qui a motivé ? En fait, on s'est rendu compte que... On pense que ça peut être un... Comment dire ? Amener de la valeur à l'expérience des collaborateurs. Parce qu'on parle de marché, mais il y a un marché de l'emploi. Marché, ça veut dire l'offre et demande. C'est un marché aussi. Donc, qu'est-ce que tu peux m'amener en échange de ce que je peux te donner ? C'est une histoire de... commercial finalement, enfin d'échange, d'équilibre. Et donc en fait, dans la société actuelle, moi je partais du principe que, je ne suis pas le seul, parce que pour avoir passé aux 4 jours, on va rentrer plus en détail, il fallait que la plupart des parties prenantes soient intéressées. Je trouvais intéressant de ce focus 4 jours un peu plus intense et d'avoir 3 jours à faire autre chose. En plus, nous, on n'est pas en ville, on est dans une campagne, entre guillemets. Oui, c'est la vérité. Donc, je vois les gens, ils viennent, ils travaillent, etc. Quant à 3 jours, souvent, les gens ici ont le coup d'acquisition. beaucoup de gens même avec des salaires pas forcément trop élevés ont des maisons parce que c'est pas les prix de Paris ou de grandes villes. Et donc il faut l'entretenir la maison. C'est con on va dire mais ça fait partie d'un choix de vie ici, de se dire on a moins de loisirs, on a moins de choses mais la vie est moins chère. Donc on peut faire différemment. Et le fait d'avoir trois jours permet de s'occuper de son environnement ou de pouvoir justement, c'est pas péjoratif mais aller à la ville. De faire d'autres choses, en tout cas. D'une manière générale, alors ça, c'est parce que c'est notre contexte à nous, mais d'une manière générale, alors après, on va voir les inconvénients potentiels, c'est une histoire de contexte, donc dans la vie, tout est histoire de contexte, il n'y a pas une règle la même pour tout le monde. Et donc, du coup, de ce côté-là, je trouve que le deal était intéressant, dire, voilà, quatre jours, ça vous amène de la valeur de passer en quatre jours. Après, quels pouvaient être les inconvénients ? Le vendredi, donc nous, du 4 jours, c'est du lundi au jeudi. Le vendredi, voilà, qui répond au téléphone, etc. Et puis, on a fait l'analyse. Alors, on est en période d'essai, entre guillemets. On teste. On teste pour voir si les personnes peuvent s'adapter parce qu'on part après de comment ils gèrent leurs heures. Mais on avait fait l'étude en se disant, finalement, ça ne va pas vraiment gêner nos clients parce que certains de nos clients font pareil. Oui.

  • Speaker #0

    Oui, au moins le vendredi à samedi,

  • Speaker #1

    généralement, on voit ça souvent, non ? Oui, exactement. Donc, ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas de contact, etc. Mais finalement, bien sûr, on pourrait être… Parce que si on va plus loin, on pourrait être là 7 sur 7, mais il y a toujours des trucs à faire. Ce n'est pas le sujet, il y a toujours du travail à faire. Mais on s'est dit que voilà, les plus, les moins. On a aussi, il faut savoir aussi que dans notre… Alors, je reviens à nous, notre contexte, parce que c'est quand même l'objet du podcast, c'est de parler de nous. je ne vais pas faire de règles générales, on a des gens par exemple, comme on a peu de densité de population, pour recruter grosso modo le territoire, les gens peuvent venir, pour la ville c'est rien, mais en kilomètres, ça fait des kilomètres, de 30 à 40 minutes pour venir bosser tous les jours. Donc si on réduit le nombre de voyages, c'est dans leur intérêt aussi, budgétaire déjà, et puis temps, c'est-à-dire que quitte à venir, autant rester plus longtemps. Moi ça me paraît être du bon sens. Si on veut optimiser son temps, dire si je peux le faire en moins de temps, faire la même chose, alors après il y a des limites, parce qu'on pourrait aussi le faire en 3 jours, en faisant 12 heures par jour. Mais bon, à un moment donné c'est compliqué. Mais voilà, aux 35 heures sur 4 jours, ça paraissait intéressant et ça a paru intéressant à tout le monde. On est encore en période probatoire, on teste.

  • Speaker #0

    Depuis combien de temps là vous testez ?

  • Speaker #1

    Je ne sais plus quand c'est qu'on a démarré, je crois qu'on a démarré le 1er juin ou le 1er mai, je ne sais plus. début mai ou début juin donc c'est assez récent puisqu'on a fermé 3 semaines en août mais bon les retours sont assez positifs parce qu'on a laissé malgré tout qu'il y avait des problématiques forcément pour certains parce que le fait de finir plus tard certains avaient déjà des trucs donc ça décalait les horaires les enfants les horaires de crèche que sais-je mais on laisse en fait un système de latitude le matin ils ont une latitude de 45 minutes et le soir aussi donc ils font comme ils veulent en gros ils peuvent arriver, je crois qu'on ouvre les portes à 7h30, et le plus tard, c'est 8h15. Donc, il y en a qui se pointent à 7h30, 8h15, et le soir, c'est 5h15 jusqu'à 6h. Et même entre milliers d'eux, certains font une pause de 45 minutes et d'autres de 1h. Et chacun fait un peu comme il veut. Parce qu'il y en a certains qui mangent là, qui disaient, rester une heure de pause, ça ne me sert à rien.

  • Speaker #0

    Oui, je vais manger en 20 minutes et puis autant enchaîner.

  • Speaker #1

    Voilà, donc on impose quand même 45 minutes parce qu'ils font un minimum, mais d'autres vont un peu plus loin. Et bon, chez eux, vous n'êtes pas forcément loin, ils volent une heure. Donc, on a laissé cette souplesse qui fait qu'on a le meilleur des deux mondes. C'est-à-dire qu'on laisse la souplesse, mais celui qui vient un peu plus tôt peut partir tôt comme avant.

  • Speaker #0

    Et du coup, avant, vous aviez déjà cette souplesse des horaires. Tu vois, avec des plages d'embauche et de débauche, vous avez mis ça en même temps que la semaine de 4 jours.

  • Speaker #1

    On a mis en même temps parce qu'avant, on n'avait pas ça. On a mis en même temps pour absorber ce changement. Ce changement pouvait gêner le fait que, vu que je commence plus tôt, là, j'emmène mes gamins, je ne peux pas. Comment je fais ? Comme je finis plus tard, je ne peux pas aller au yoga. Ou à la pêche, on s'en fout. N'importe où.

  • Speaker #0

    Ou au second.

  • Speaker #1

    C'est un peu long, là. C'est un peu long. et donc du coup se dit bah ouais mais c'est vrai que finalement cette flexibilité pourquoi on l'aurait pu le faire avant mais du coup on en a profité pour le faire et moi je trouve ça très bien parce que chacun a ses impératifs et puis on a qu'il ya alors bon le voit tout de suite les gens ont pris leur rythme et ben il savait déjà le nom mais moi je viens plutôt possible parce que je m'en fous de me lever tôt et d'autres mois plus tard possible en fait c'est un même qui me dirait Moi, si je pouvais finir à 19h et venir à 10h, ça me irait bien. C'est une histoire de personne. On ne peut pas avoir des écarts aussi longs. Donc, cette souplesse, je trouve que c'est quand même un plus.

  • Speaker #0

    Oui, top. Et du coup, est-ce que tu peux nous expliquer, parce que vous avez retenu aussi une modalité sur la population concernée qui peut sembler atypique. Et donc, je veux bien que tu creuses ce sujet-là.

  • Speaker #1

    Modalité sur la population, c'est-à-dire ?

  • Speaker #0

    De ce que tu m'expliquais, vous n'avez pas la semaine en quatre jours pour tout le monde, en fait.

  • Speaker #1

    Alors, on a pu le faire pour les fonctions support, tout ce qui est, sauf la production. Pourquoi ? Alors, la production, parce que malheureusement, nous, dans notre... dans nos clients, histoire de contexte encore une fois, on a une activité qui peut être très saisonnière.

  • Speaker #0

    Ah d'accord.

  • Speaker #1

    Nous, en tant que positionnés dans l'univers du siège médicalisé, l'univers du médical au sens large, on est très présents dans les marchés publics, parce que c'est souvent les hôpitaux, c'est public, 80% des lits sont publics, donc on travaille aussi avec des cliniques. Mais d'ailleurs, que ce soit les cliniques ou même les hôpitaux, souvent on a quand même, ils ont des budgets. Mais dans le public, c'est particulier le système budget qu'on leur alloue. Et on a des pics d'activité en ce moment, fin d'année. Et on peut avoir, en début d'année, quand ils n'ont pas voté les budgets, zéro budget. Donc, un trou dans la raquette, comme on dit, où là, il y a bien moins de travail. Et donc, on est obligé dans notre activité, même si on essaye de s'en sortir en diversifiant, en n'étant plus sur le privé, mais on se rend compte que des fois, de plus en plus, le privé… Ce sont finalement des groupes qui se regroupent, c'est le cas de le dire, et souvent les budgets ne sont pas forcément votés au début d'année, et donc ça traînasse, et on a souvent des périodes de flottement sur février, mars, voire avril. Et donc, difficile d'avoir quelqu'un qui fait 35 heures tout le temps. Donc on a un système d'annualisation pour la partie production, c'est-à-dire qu'il y a des périodes... à avril où il peut faire

  • Speaker #0

    25 heures par semaine parce qu'on n'a pas assez de travail mais à des périodes où il peut faire 45 heures comme en ce moment donc t'es en modulation en fait où c'est calculé de façon annuelle mais alors du coup si on creuse derrière moi ce qui m'intéresse c'est t'as quand même de la visibilité pour l'anticiper je veux dire dans ton pic PDP enfin si tu déploies un pic PDP, mais peu importe si c'est un pic PDP ou pas, en gros je pense que tu as quand même de l'activité sur les commandes. Est-ce que tu es à même de le gérer ? Est-ce que tu en as ? Là, est-ce qu'au moment où tu parles, tu es capable de me dire, je sais d'ores et déjà qu'à partir de février, ça va être un peu le ventre mou.

  • Speaker #1

    Oui, on le sait par expérience. Parce que la force de… de faire des années, on voit bien que c'est plus calme. Et on comprend les raisons, parce que quand les commerciaux sont au terrain, ils disent que c'est une période où les mecs, dans les hôpitaux, ils n'ont pas voté le budget, donc ils ne dépensent rien pour l'instruire.

  • Speaker #0

    Mais dans ton carnet de commandes, tu n'as pas une visibilité, admettons, sur un an.

  • Speaker #1

    Non, parce que nous, en fait, on a des mises à disposition souvent. Alors, selon les clients, selon les marchés, des fois, c'est quatre semaines, des fois, c'est six semaines. Je n'en sais rien. alors évidemment

  • Speaker #0

    Sur des grosses opérations, par exemple des agrandissements d'hôpitaux ou autre chose, où il y a de nombreux sièges, en général, il y a une discussion avec le commercial bien en amont. Mais alors des fois, on a eu des surprises monumentales. Le mec, il devait nous commander pour novembre 2024, et on l'a livré en juin, parce qu'il a repoussé les commandes, parce que les bâtiments étaient en retard. Donc on a plein de trucs comme ça. Donc si on avait compté dessus, et on avait plus ou moins compté dessus, ah ben en fait...

  • Speaker #1

    T'as un trou dans la raquette, quoi.

  • Speaker #0

    Ah ben oui, peut-être. Tant que tu n'as pas la commande, tu n'as pas la commande. Et quand on a une commande, malheureusement, évidemment, si on avait des commandes six mois à l'avance, ce serait facile. Mais nous, les délais sont très courts. Et comme on ne travaille pas avec du stock, puisqu'on a un peu de stock, si tu veux, on arrive à faire du stock dans la partie tollerie, sur certaines pièces en métal qu'on va souder et peindre. Mais parce que des fois, c'est des troncs communs avec différents sièges. Il y a une base qui est identique. Mais tout le reste... par exemple la couleur du tissu ou le choix du tissu il y a plein de tissus Ausha on ne peut pas le faire d'avance et puis en trésorerie je ne peux pas et puis les options, lui il veut ça, il veut ça et puis on ne pourrait pas stocker en fait on ne pourrait pas stocker parce que demain je fais 500 sièges verts tu n'y vas pas,

  • Speaker #1

    tu as un coût de mobilisation qui est énorme en fait on se voit,

  • Speaker #0

    il y a certaines couleurs par exemple aux typologies de tissus qui vont être leader et plus tournées donc on va dire que ce n'est plus ça Merci. Oui, mais des fois, ce n'est pas ça. Donc, soit tu as beaucoup d'argent et tu stockes, et tu as des entrepôts pour stocker, ce n'est pas une gestion saine. Donc, nous, on est en flux tendu. Donc, ce flux tendu, plus les périodes très courtes de mise à disposition pour le client avec les installations et compagnie, fait qu'on a besoin…

  • Speaker #1

    Il faut être agile en prod, quoi. Il faut être hyper agile en prod.

  • Speaker #0

    C'est ce qui est très, très compliqué. Ça, c'est dans notre métier. C'est un enfer. C'est très dur. Alors, on essaie de trouver des outils pour prévoir, mais de toute façon, on ne peut pas prévoir à six mois, dans deux mois, je ne sais pas ce que je vais vendre. On a une trend, parce qu'on a sur certains marchés, on savait par exemple ce truc qui tourne, on a certaines lignes de produits qui vont tourner, donc on essaie de s'avancer un peu là-dessus. On va lancer dans l'hôtellerie de la fabrication de châssis, de trucs, parce qu'on sait que ça va être… mais c'est toujours...

  • Speaker #1

    Tu sors un peu ta boule de tristane quand même.

  • Speaker #0

    Il y a toujours une prise de risque quand même. Est-ce que ça peut me virer dans l'autre sens ? Parce qu'on a un catalogue très large. Si je faisais trois sièges, ce serait facile.

  • Speaker #1

    Justement, attends, parce que moi, je suis curieuse. J'aime bien comprendre ça. Pourquoi est-ce que, quelque part, vous faites le choix de vous imposer autant de contraintes en termes de production ? Est-ce que ce n'est pas plus simple de resserrer votre chiffre ? Tu vois ? pour permettre un peu plus de une production peut-être un peu plus linéaire et de pouvoir être un peu moins en flux tiré enfin en flux tendu que ça le

  • Speaker #0

    rêve clair mais alors je ne dis pas que c'est impossible parce que c'est ce que j'aimerais arriver à faire parce qu'on aimerait arriver à faire c'est pas évident parce que comment dire Il y a plein de raisons. Déjà, nous, comme on est beaucoup sur des appels d'offres publics, alors des fois, c'est des lots d'appels d'offres où de toute façon, c'est toi qui réponds à tout, toi tu réponds à rien. Des fois, là, tu es obligé de répondre à tout si tu veux travailler. Ce n'est pas rarement, après ça dépend, mais des fois, il y a des appels d'offres sur une typologie de siège, des fois, c'est un lot global. On a besoin d'amortir aussi la structure, de faire un certain volume. Mais certainement qu'on s'est trop laissé emballer sur les 10-15 dernières années, sur certains marchés, où on a fait pour faire de la croissance, mais en se mettant un peu les bâtons dans les roues, parce que ça complexifie de plus en plus. Donc on se pose la question comment revenir un peu en arrière pour aller pour tendre vers ce que tu dis, moi c'est j'aimerais bien, en faisant des choix. Mais c'est jamais évident de refuser. Non,

  • Speaker #1

    parce que tu as l'impression de renoncer. J'imagine de te dire, bon, il y a toujours... C'est un peu comme... Je fais tout ça. Je te préviens, je pars sur une métaphore aussi orientée vers la restauration, parce que j'aime beaucoup bouffer. Donc, j'y vais, c'est maintenant. Mais tu vois, c'est un peu comme un resto, dans le sens où, souvent, ils vont avoir du mal à rétrécir la carte. Et je ne sais pas, moi, j'habite sur la côte atlantique, mais pas la même que toi. tu vois et bah en fait tu vas sur le port l'endroit le plus touristique tu vas trouver des restos, tu peux aussi bien manger de la crêpe que des sushis que du poulpe, que du burger bref t'as pas appliqué au restaurant du coup t'as pas d'identité moi je me dis bah warning, y'a rien qui va être bon et j'imagine même pas la galère en cuisine pour produire tout ça mais tu vois leur pendant c'est toujours de se dire bah en fait je flippe parce que j'ai... une clientèle diversifiée pour ça, est-ce que du coup je vais pas m'écarter d'autres clients, je vais déplaire à certains.

  • Speaker #0

    Alors, je comprends très bien. Puis comme je le disais en préambule, je connais bien le milieu de la restauration et je m'y intéresse. C'est toujours intéressant. C'est un milieu qui est assez complet. J'essaie de faire des rapprochements avec l'industrie. Mais le restaurant, c'est un peu différent parce que je donne un exemple. Si tu as 200 places, quand tu es plein, tu es plein. donc effectivement tu as intérêt à être plutôt sans être monoproduit mais en identité très marquée nous c'est un peu pareil mais la différence c'est que nous on va vers le client et que comment dire pour se développer en fait on est sur un marché on est vite au plafond de verre sur une typologie de siège c'est pas comme si on pouvait alors on pourrait essayer mais c'est un peu compliqué on fait un peu d'export mais pas énormément On se disait, ce produit, je le vends là. Maintenant, je peux le vendre là. Donc, je ne fais pas 50 produits. Je fais le même, mais que j'augmente les volumes et que j'en vends plus ailleurs. Et nous, c'est compliqué. Donc, pour augmenter, c'est comme si je suis restaurateur. Pour augmenter, je suis obligé de me diversifier. C'est un peu différent. C'est-à-dire, parce qu'un siège médicalisé n'est pas un siège médicalisé. Il y a plein de services, plein de besoins différents. Donc en fait, il faut que je me diversifie. sur des spécificités de plus en plus pointues parce que pour que ça réponde, à chaque fois, c'est des niches, plus des niches, plus des niches. C'est ce qui fait aussi notre force parce qu'on va dire qu'on se considère comme des artisans industriels.

  • Speaker #1

    Oui, c'est compliqué de renier ça en se disant qu'on fait le choix de resserrer la gamme et du coup, on n'est plus vraiment différenciant sur ce qu'on apporte à nos clients. C'est ça que tu veux dire ?

  • Speaker #0

    Oui, parce qu'en fait, Ça reste des métiers, des produits de niche, même si ça fait un certain chiffre d'affaires parce que c'est à forte valeur ajoutée, où il faut être au plus près du besoin du cadre de santé, etc. Et que c'est plein de détails. Donc, en fait, c'est compliqué de uniformiser le truc. Si, par exemple, on fait aussi des sièges de bureau, mais dans le siège de bureau, c'est presque plus simple. Parce que tu pourrais dire finalement, mais c'est pareil. nous on est surtout sur des niches en répondant à des besoins spécifiques comme le siège 24-24 etc pour des utilisations intenses mais c'est souvent des niches comme ça sur lesquelles on répond ce qui vous permet de valoriser l'émerge aussi je l'imagine c'est aussi pendant que vous après

  • Speaker #1

    sur de l'appel d'offres vous êtes un peu plus c'est compliqué elles sont un peu exigeantes j'imagine un peu trop qu'on...

  • Speaker #0

    On rééquilibre les choses petit à petit, parce que le client étatique est un client qui est dur.

  • Speaker #1

    Est-ce que ça te dit de connaître l'envers du décor ? Les petites galères, tu sais ce qu'on a coupé au montage, ou nos petites anecdotes particulières ? Dans cette newsletter, je tire aussi les trois. quatre enseignements clés de l'épisode que je viens décortiquer dans une section que j'ai appelée les conseils de Tata Claire. Donc, je te partage tout ça, coulisses, portraits, apprentissage et conseils, chaque jeudi. Si tu veux t'abonner, recevoir cette newsletter, tu as le lien directement dans la description de l'épisode. Mais du coup, tu vois, c'est hyper intéressant parce qu'au départ, tu as un enjeu business qui se répercute forcément sur votre organe prod. Si je récapitule un peu, je crois, un peu le fil de ce qu'on s'est dit. L'impact, c'est que vous avez du mal à lisser. Vous ne pouvez pas carrément lisser votre production sur une année. Donc, vous avez mis en place la modulation. et Du coup, vos fonctions support, elles, n'étaient pas modulées à ce moment-là, n'étaient pas en modulation. Elles, elles étaient là 5 jours, 35 heures par semaine, tout au long de l'année, ou elles suivaient aussi le rythme de la modulation ?

  • Speaker #0

    Non, elles ne sont pas modulées parce qu'en fonction du support, il y a toujours du travail. On peut le linéariser. Il y a quand même des pics d'activité quand même. Mais par exemple, si je prends l'exemple de l'administration des ventes, bah S'il y a plus de commandes, il y a plus de saisies commandes que quand il y en a moins. Mais quand il y en a moins, on a pris du retard sur d'autres trucs qu'on va essayer de faire. On arrive plus à jongler, c'est plus simple.

  • Speaker #1

    Oui, donc là, il n'y avait pas lieu d'être en modulation pour les fonctions support.

  • Speaker #0

    Un bureau d'études, il travaille toute l'année, il a des projets, il avance. Il y a des ventes ou pas des ventes, il avance quand même. Il avance au gré des projets, pas au gré des ventes. Même si c'est lié, il y a un décalage dans le temps. Il travaille en amont. Sur le terrain, les commerciaux, il y a toujours des trucs à faire. Bien sûr qu'ils vont avoir plus de commandes dans une période, mais ils ne vont pas juste prendre des commandes, ils vont surtout faire des présentations de produits. Et ça, c'est un travail de toute l'année, même s'il y a des périodes plus creuses. Mais après, pour eux, c'est des histoires d'opportunités. Des fois, la période peut être creuse en production. Et eux, ils ont plein de présentations parce que c'est des présentations qui seront plus tendues dans six mois.

  • Speaker #1

    Oui,

  • Speaker #0

    bien sûr. Si tu veux, le client n'a pas encore le budget, il ne sait pas trop, mais il se renseigne déjà. Oui, bien sûr. Moi, j'ai des besoins pour installer un service de tel ou tel siège. Viens me voir, présente-moi tes trucs. Bon, on verra plus tard le budget que j'ai, mais au moins, je reste déjà sélectionné. Donc, il y a un décalage dans le temps.

  • Speaker #1

    Oui, bien sûr. Mais tu vois, si je te pose la question, entre modulation pour la prod et les fonctions support, le cas de jour pour les fonctions support et pas pour la prod, je creuse là-dessus aussi parce que, tu vois, c'est un gros débat aussi sur la notion un peu d'équité de traitement. Tu vois, on a eu cette discussion dans l'épisode avec Céline Bourdin, qui est présidente de la Manufacture de l'Éphémère. Et tu vois, elle, son positionnement, c'était de dire, moi, il est hors de question qu'il y ait des traitements différents qui viennent un peu alimenter, si tu veux, la culture du silo entre la prod et les fonctions support. Mais du coup, ce qui est intéressant dans ton approche, c'est que d'un côté, tu as la modulation. Il y a quand même aussi un intérêt pour beaucoup parce que tu as des semaines qui peuvent être très light, comme tu dis, avec 25 heures semaine.

  • Speaker #0

    Oui, il y a des périodes de l'année.

  • Speaker #1

    À certaines périodes, voilà. Et tu as la semaine de 4 jours, enfin en 4 jours, mais toujours 35 heures, pour les fonctions support,

  • Speaker #0

    tu vois. Oui. Alors, moi, mon point de vue là-dessus, j'ai toujours… Alors, je peux comprendre que… Alors, s'il y a une prise de risque, effectivement, une prise de risque, entre guillemets, que ça puisse être pour la… prod perçue, mal perçue, mais pas pour tous. Parce que finalement, moi, ça ne me pose pas de problème parce qu'en fait, c'est un petit peu et ce qui m'exaspère souvent, c'est les gens qui se regardent et qui se critiquent ou qui disent lui, je vais avoir un exemple, critiquer un commercial qui va gagner plus que tel ou tel poste. Et moi, quand j'entends ça, je dis, ouais, c'est peut-être vrai. Maintenant, est-ce que tu es prêt à être sur la route 5 jours par semaine et ne pas dormir chez toi ? Est-ce que tu es prêt à ça ? Non ? Bon, alors voilà. Donc en fait, ce n'est pas le même métier. Donc, on ne part pas des choux et des carottes. Donc en fait, je comprends. Ce n'est pas parce qu'on est une société qu'on doit tous faire la même chose et être tous pareils. Moi, je ne suis pas d'accord avec cette vision. Parce qu'en fait, c'est comme dans une équipe de rugby ou autre chose, on a tous un rôle à jouer et le rôle n'est pas le même. En fait, c'est peut-être un problème de société où j'ai du mal à comprendre qu'on se compare toujours. Non ? compare-toi à toi, tes aspirations ce que tu as envie de faire d'ailleurs, nous il y a des gens qui ont changé de poste, parce qu'ils en avaient marre et on leur a dit, ok on va t'aider, on va te former pour changer de poste que les gens soient libres pour changer de poste, je trouve ça super bien on a des gens qui étaient en production, qui sont au bureau qui étaient en commercial qui sont passés au service qui demandent moi je trouve ça génial, au contraire parce qu'au moment où on est lassé mais vouloir se comparer, ce n'est pas parce que c'est la même société qu'il faut se comparer. J'ai du mal avec ça parce que ce n'est pas le même métier. C'est comme si je disais, moi, je fais du basket, voilà mon avantage et toi, tu fais du rugby, voilà ton avantage, toi, tu fais du foot. Ce n'est pas le même sport. On est dans la même ville, mais on ne fait pas le même sport. Je sais que plein ne pensent pas comme moi, mais j'ai un peu du mal avec ça parce que les gens ne se comparent pour rien. On se compare à ce que... Les gens se comparent, mais ils ne voient pas l'ensemble des choses, le positif et le négatif. Ils ne contextualisent pas les choses. Et puis, encore une fois, se comparer, dire « moi, j'aurais voulu faire ça. » « Ah, ok, on va t'aider à le faire. » Ça, il n'y a pas de problème. Donc, finalement, dire « oui, au bureau, ils font quatre jours, et nous, on est annualisés. » Oui, mais si on le fait, c'est que nos clients font que, et qu'on n'a pas le choix.

  • Speaker #1

    Il y a un contexte. Oui, donc après...

  • Speaker #0

    Si j'avais des commandes, tu l'as dit tout à l'heure, six mois à l'avance, je mettrais tout le monde pareil. C'est plus simple. mais voilà c'est pas les mêmes métiers ils ont pas forcément les mêmes horaires non plus donc tu... un gars qui est commercial sur la route et un soudeur il fait pas le même métier, pourquoi se comparer ? ils vont se comparer sur le salaire l'un peut passer d'un côté, l'autre... mais au prix du commercial il va dire bah oui il a de la chance, le soir il dort chez lui alors bah fais soudeur alors ! je veux dire, on peut pas avoir tout ! donc cette comparaison en fait c'est peut-être un phénomène de société mais... où on veut que tout le monde soit pareil. Non, on est tous différents, on a tous des trucs différents, un métier différent. Pourquoi vouloir toujours faire en sorte que tout le monde soit pareil ? Non, on ne fait pas la même chose. Donc, pourquoi ? Enfin, voilà, j'ai un peu de mal avec ça.

  • Speaker #1

    Oui, mais tu vois, c'est intéressant.

  • Speaker #0

    J'aimerais bien ce que je veux dire. Ça ne veut pas dire que, si tu veux, ça ne veut pas dire qu'on ne traite pas les personnes de la même manière. Mais le contexte de leur... travail fait que c'est pas le même.

  • Speaker #1

    Ouais, ouais, je comprends. Non, non, mais je vois pas du tout le côté malveillant, t'inquiète pas.

  • Speaker #0

    Non, non, non, mais je veux dire, sinon tout le monde ferait, toutes les boîtes feraient 35 heures, de telle heure à telle heure. Ah non, non, faut pas faire une...

  • Speaker #1

    Oui, tout le monde serait prof pour les deux mois de vacances que beaucoup utilisent.

  • Speaker #0

    C'est pareil, voilà, les gens qui critiquent les profs, ils ont deux mois de vacances. Mais je leur dis, mais attends, mais fais prof alors. Ah bah non, ah bah voilà. c'est un choix, tu ne peux pas tout avoir non mais j'entends c'est bien j'aime bien aussi dit ta question là où elle est intéressante aussi c'est que ceci dit c'est mon point de vue c'est pas le point de vue de tout le monde et effectivement la difficulté c'est que ça peut être effectivement en interne mal perçu a priori c'est pas si mal perçu que ça parce que je pense que la plupart ont compris que de toute façon ils ne faisaient pas le même métier que c'était pas Oh ! Les gens qui viennent chez nous, ils comprennent bien cette histoire d'analyse. Parce que quand ils l'ont fait un an, quand ils font en mois de janvier 20 heures par semaine, et qu'ils travaillent deux jours par semaine, les autres, ils travaillent. Oui, bien sûr. Donc, si ça, ça leur va, après, on ne peut pas tout avoir.

  • Speaker #1

    Non, mais tu vois, je pense qu'effectivement, c'est intéressant. Puis, encore une fois, on en revient toujours. Il faut… C'est une liste contextuelle, je pense que, moi je te parlais de Céline Bourdin, je pense que c'est la bonne solution pour son entreprise, pour son contexte, pour sa culture d'entreprise, tu vois, et c'est la bonne solution pour Navaï et pour ton entreprise et pour tes salariés.

  • Speaker #0

    Alors c'est possible, là la culture c'est l'histoire de contexte, parce qu'encore une fois, comme on l'a dit, si on avait une visibilité plus longue… je serais le premier à dire, les gars, même en production, vous faites quatre jours.

  • Speaker #1

    D'abord, le business et la prod à considérer, clairement.

  • Speaker #0

    Oui, parce que nous, on a pu, sur la partie support, le faire. Mais malgré tout, on s'est interrogé, notamment sur le vendredi, pour répondre aux clients. Et j'ai la même interrogation, j'extrapole un peu, sur, parce qu'on a fermé trois semaines en août, et bon, on s'interroge.

  • Speaker #1

    Parce que tu as des commandes, là, août est un bon mois. en termes de production ?

  • Speaker #0

    Non, on est fermé trois semaines, donc on ne produit pas. Mais il y a des commandes qui tombent fin juillet. On ne peut pas les produire, on est fermé. Quand on est revenu, pour pouvoir saisir les commandes, parce que saisir une commande, ça prend du temps, il a fallu, pour rattraper les commandes qui étaient dans le pack, mais pas encore dans notre ERP, plus de deux semaines. Donc, en fait... Et pendant que tu fais ça, il y en a d'autres qui arrivent. Donc, pour rattraper ce retard, si tu n'es pas fermé, tu as eu moins de retard. Mais c'est compliqué de ne pas fermer dans notre cas parce que c'est normal, il faut des vacances. Et étaler sur trois mois les vacances, c'est compliqué parce qu'il te manque des gens. Mais ceci dit, on s'interroge. Moi, je m'interroge pour l'année prochaine pour voir comment faire. Je ne dis pas qu'on va le faire, pas le faire. Oui, tu te questionnes. C'est un peu une histoire, je voudrais essayer de plus linéariser, mais ce n'est pas simple parce que ça facilite le fait de fermer, mais après, on a d'autres inconvénients.

  • Speaker #1

    Ou alors passer sur deux semaines. Je vois de plus en plus de boîtes qui passent de trois semaines à deux semaines.

  • Speaker #0

    Deux semaines, déjà, tu as une semaine de moins de retard.

  • Speaker #1

    Oui,

  • Speaker #0

    c'est déjà pas mal. C'est un tiers, je vois comme ça.

  • Speaker #1

    Finalement, c'est ça. Heureusement que tu es là pour relever mon niveau en mathématiques. ok maintenant j'aimerais bien que on aille un peu sur le sujet du Made in France du label Origine France Garantie que tu portes avec ferveur je sais que tu en parles souvent aussi sur LinkedIn je suis allée évidemment consulter votre site web j'ai vu que ça faisait pas aussi de vos marqueurs culturels de vos valeurs Est-ce que tu penses et de quelle manière tu penses que ça peut servir l'attractivité ? Et là, je parle de l'attractivité employeur en tout cas. Et qu'est-ce qu'il y a derrière cet engagement ?

  • Speaker #0

    Je pense qu'effectivement, l'attractivité, juste pour élargir la question client, je n'en suis pas certain. Ah ouais ?

  • Speaker #1

    Tu ne penses pas que ce soit…

  • Speaker #0

    En vrai, on ne sait pas trop si c'est un impact. Je t'explique pourquoi de manière assez simple. C'est que dans un appel d'offres public, ça ne rentre pas dans les critères de sélection. C'est interdit par les lois européennes.

  • Speaker #1

    Mais oui, mais ça…

  • Speaker #0

    Or, je n'ai pas les chiffres. D'ailleurs, je vais faire un article là-dessus, mais je me renseigne sur les chiffres exacts avant de dire qu'on ne me reproche pas de me tromper. Mais de ce que j'avais discuté avec Gilles Attaf, le président de l'OFG, lors d'une réunion… Je crois qu'il me paraît de 5 à 10 %, il ne parlait pas de produits OFG, mais parce que tu peux être français sans être OFG, de 5 à 10 % je crois de produits français dans les appels d'offres.

  • Speaker #1

    Oui, c'est une catastrophe.

  • Speaker #0

    Et en Allemagne, je crois que c'est 70 ou 80 %. Oui,

  • Speaker #1

    mais tu vois, moi je fais juste un stop là-dessus. Ok, notre contexte géopolitique en ce moment, il n'est pas simple, particulièrement le jour où on se parle, le 10 septembre, mais on ne va pas forcément rentrer dans la politique, mais il y a des choses qu'on ne maîtrise pas. sur notre écosystème mondial, international. Mais tu vois, ça fait partie des trucs. Je ne comprends pas. Je veux dire, c'est quand même pas compliqué que de se dire qu'à un moment donné, nos politiciens mettent en place une solution pour mettre un minimum d'achats publics vers des fabricants, vers des produits made in France, bon sang.

  • Speaker #0

    Parce que c'est des lois européennes et donc ils ne peuvent pas les congeler. Oui,

  • Speaker #1

    mais ils le font en Allemagne.

  • Speaker #0

    Non, mais en Allemagne, ils le contournent. Parce qu'en fait, ils sont plus malins, effectivement, donc on pourrait le faire en France. Ils font… Alors en Allemagne, oui, alors en fait, je pense que c'est pas dans les critères, mais c'est dans les critères. C'est-à-dire qu'en fait…

  • Speaker #1

    C'est culturel.

  • Speaker #0

    Ils arrivent dans le cahier des charges, en fait, à faire en sorte que ceux qui peuvent répondre sont plutôt allemands. Ils se disent « Bon, dans le cahier des charges, je sais pas, c'est subtil » . Ce n'est pas fabriqué en Allemagne, mais ça va être… En tout cas, je ne sais pas comment ils se débrouillent exactement. Je n'ai pas la réponse.

  • Speaker #1

    Tu vois, tu es d'accord qu'à un moment, on se tire un peu une balle dans le pied, en fait.

  • Speaker #0

    Bien sûr.

  • Speaker #1

    C'est pour ça que,

  • Speaker #0

    si tu veux, techniquement, sur ces appels d'offres, ça ne peut pas nous aider. Par contre, en revanche, une fois que tu es sélectionné, l'acheteur… Lui, ce n'est pas celui qui a fait l'appel d'offres, en hôpital, etc. Lui, il peut y être sensible. Évidemment, certains clients, ils sont sensibles, mais pas tous. En revanche, j'ai élargi ta question sur la partie client. Si on parle de marque employeur, alors là, par contre, je suis très, très favorable et je pense que c'est très puissant. Surtout, ça a vraiment du sens par rapport à l'histoire de Navail. Situation géographique. Parce qu'en fait, ça a toujours été une entreprise, comme la plupart des boîtes, qui avait, comme on dit, le bon sens paysan. C'est quoi ? Nous, on ne fait pas de très grandes séries. Pourquoi aller faire travailler des mecs à 3000 kilomètres quand tu as des gens que tu peux faire travailler ? Tu sais que plus tu as de gens qui travaillent autour, plus il y a une économie qui se développe locale, plus ça prospère, plus tout va mieux. Ça, c'est du bon sens. C'est-à-dire que nous, la plupart de nos... partenaires qui en achètent des produits ou un peu de sous-traitance, plus ils sont prêts, mieux c'est. Déjà parce qu'on a besoin, comme je l'ai expliqué par rapport à notre marché d'agilité, on a vu qu'on ne stocke pas, qu'on est tout dans l'urgence, donc il nous faut une agilité. Si le gars est à l'autre bout de la planète, c'est plus compliqué, forcément. Et il y a toujours eu dans la culture locale, comme dans beaucoup de régions de France, ce terreau. et donc on arrive plus ou moins à maintenir parce qu'il y a encore plein de petites industries pour la peinture pour ceci pour cela pour la mousse pour le truc et donc là on a on lance des nouvelles gammes on avait besoin d'externaliser de l'outillage pour des faire des gabarits de soudure etc on a trouvé que localement et on voulait pas aller trop loin même en france on voulait que ce soit local parce qu'il faut s'y rendre il faut échanger il faut construire avec le bureau d'études, avec la prod. Donc si c'est à l'autre bout de la France, c'est compliqué. Et heureusement, on a pu trouver des partenaires difficilement. Mais voilà, on est toujours dans cette logique parce qu'on a besoin d'agilité. Donc ça correspond à notre business model.

  • Speaker #1

    et c'est culturellement ancré dans Naray comme dans d'autres boîtes du coin d'ailleurs il y a votre engagement social derrière aussi au delà de votre engagement fabriqué, défendre le Made in France derrière il y a aussi l'engagement social qui transpire parce que finalement faisant et en travaillant avec des partenaires, des parties prenantes juste autour de ton territoire, dans ton territoire Tu le fais vivre ton territoire. Tu garantis de l'emploi pour ton territoire. Tu garantis des écoles parfois dans un village. C'est toute une économie locale que tu fais vivre en fait.

  • Speaker #0

    Effectivement, c'est pour ça que ça a plus un rôle, moins un rôle client, mais plus un rôle social. Et du coup… Par rapport à l'attractivité, beaucoup sont très sensibles à ça, quel que soit le poste, peu importe leur rôle dans la boîte, sensibles au fait que… C'est-à-dire que même celui qui a le rôle le plus simple, enfin simple en termes de savoir-faire, qui rentre dans la boîte, je dis, on a tout fait dans l'usine, il y a des sous-traitants qui ne sont pas loin, il y a une certaine forme de fierté, c'est-à-dire que c'est nous qui avons fait. Le siège qui est passé à la télé dans tel hôpital, tel truc, on l'a fait là. dans les locaux. Et donc, ça fait vivre l'économie locale, comme tu dis. Et donc, il y a une forme de... Ça fait l'air, je trouve. Donc ça, c'est un côté positif.

  • Speaker #1

    Et en termes de réputation sur le secteur, du coup, en tout cas, tu penses, quelle est ta perception ? Tu penses qu'on dit quoi de vous ?

  • Speaker #0

    on dit que Navail a su passer les orages. Parce que malheureusement, certains industriels qui étaient là, qui étaient plus gros que Navail, il y avait une boîte pas très loin d'ici, 500 mètres, 1500 salariés, 1500, fabriquaient des canapés. Leur client, la grande distribution, concurrence chinoise et compagnie. Chinois, ce n'est pas forcément les Chinois, mais concurrence externe, on va dire.

  • Speaker #1

    Oui, mais ici, on a le droit de le dire, ne t'inquiète pas.

  • Speaker #0

    prix bas, etc. Bref, ils ont déposé, etc. Ils n'ont pas pu redresser la barre. Et d'autres qui étaient sur des marchés de fabrication de chaises, mais assez standard, qui étaient bien pour l'époque et ils n'ont pas évolué avec le temps et ils ne trouvaient plus leurs clients. En gros, je fais très court. Donc, c'est vrai que Navarra, il y a cette image qui a su résister, mais parce que Navarra est allé sur des niches finalement. La différence, elle est là. pas dans un produit de grand public. Alors, effectivement, c'est plus embêtant pour linéariser la production, mais on est protégé parce que cette agilité, pour la faire plus loin, c'est plus compliqué. Donc, en fait, c'est le serpent qui... C'est compliqué de tout avoir. Le but, c'est d'améliorer, effectivement, cette linéarité, éventuellement diversifiant nos clients. Si on diversifie les produits, ça peut être une solution, mais ça complexifie aussi la production. Donc, ça, c'est cornelien.

  • Speaker #1

    Mais tu sais quoi, ça me fait penser ? Ça me fait penser à la vision de Laurent Moisson et justement, Gilles Latta, qu'il faudrait simplifier, en quelque sorte, notre production française pour redevenir aussi compétitive. Parce que justement, ce que tu évoques, c'est que le positionnement de Navail a été de la complexifier. Donc, tu complexifies, tu fais monter en compétence les savoir-faire. tu viens complexifier ta production pour t'adapter au marché parce que finalement tout ce qui est le plus simple la grande série on l'a délocalisé à l'autre bout de l'Europe ou à l'autre bout du monde ça me faisait penser à ça écoute j'ai trop envie de continuer cette discussion mais je vois le temps qui file tu m'avais dit de respecter un timing nous sommes à deux minutes Merci.

  • Speaker #0

    de la fin de ce timing. Est-ce que tu souhaites... Je sais, on avait trop de choses à se dire. Encore plus.

  • Speaker #1

    Vas-y. Je ne pensais pas que ça passait aussi vite.

  • Speaker #0

    Tu sais quoi ? Tu sais voir ça, à chaque fois, ça me fait plaisir. À chaque fois, je me dis, ça va. Ils ne sont pas si mal en ma compagnie.

  • Speaker #1

    On passe un très bon moment. Après, en visio, c'est moins sympa. On aurait pu boire un café. Parce que là, j'ai un café dans un truc en carton. Ce n'est pas top.

  • Speaker #0

    Ah ouais ? Écoute, moi je propose à tous ceux qui souhaitent de me payer pour que je traverse la France de fond en comble et faire me déplacer avec mon micro. Je lance un appel, clairement, je préférerais faire ça.

  • Speaker #1

    Tu peux faire les carnets de Julie, mais pas forcément pour découvrir les restaurations, mais les industries. Tu sais, les carnets de Julie avec la voiture.

  • Speaker #0

    C'est vrai, c'est vrai. Mais le nerf de la guerre, c'est quand même le bisex.

  • Speaker #1

    Les carnets de Claire.

  • Speaker #0

    Ouais. C'est pas mal. Je suis en pleine réflexion aussi. C'est une idée nouvelle que j'ai eue. Je me suis dit, pourquoi je n'écrirais pas des histoires sur l'industrie pour les enfants ? Et après, je me suis rappelée que, par exemple, je ne savais pas du tout dessiner. Voilà, tu vois ? Mais il y a plein de trucs à faire derrière. Mais c'est quand même souvent une histoire de pognon. Donc, si toutefois…

  • Speaker #1

    C'est souvent le point de montage.

  • Speaker #0

    C'est ça. Donc, si toutefois… il y a des partenariats des sponsors qui sont prêts à investir sur le média pour que je puisse me déplacer avec ma voiture auprès des industriels je lance la balle moi je suis carrément partante et bien sûr je viendrai chez Navail avec plaisir me faire payer un café et plus bah

  • Speaker #1

    non un resto ah oui là on peut se faire un resto après on peut aller faire une petite session de surf traverser la forêt des Landes enfin il y a plein de choses à faire ah bah écoute Merci. Après, tu viens et je te présente à d'autres industriels. On fait un truc sympa.

  • Speaker #0

    On fait une rencontre. On fait un meeting.

  • Speaker #1

    Un meeting,

  • Speaker #0

    oui. D'ailleurs,

  • Speaker #1

    tu parlais de Laurent Moisson, mais j'en fais partie de la FFI.

  • Speaker #0

    Oui.

  • Speaker #1

    Fédération Française de l'Industrie, même si je ne vais pas trop aux réunions parce que c'est souvent… Moi, je fais partie de la région Aquitaine, mais c'est souvent à Bordeaux, donc ça me fait loin. Mais on fait souvent des réunions comme ça. C'est assez intéressant.

  • Speaker #0

    Ça, c'est chouette. Ça fait partie aussi de mes projets. J'aimerais bien recevoir Laurent Moisson et Gilles Lataf. Projet à venir. Mais écoute, moi, je m'attire sur cette histoire de passer, d'aller deux jours si on fait les choses bien, pour faire un événement, pour que moi, je ne me lève pas une heure du mat pour faire la route. Je réfléchis. Je prends la balle au bout, tu sais, moi je suis très opportuniste.

  • Speaker #1

    Non, non, mais je pense que c'est bien les rencontres comme ça, avec plusieurs industriels, qui ont des problématiques communes et différentes, parce que c'est une histoire de contexte. C'est toujours sympa, parce qu'on échange, etc. Et on trouve toujours des idées, c'est un genre de benchmark, mais il n'y a rien de prévu, c'est en discutant comme ça, ah oui, je n'ai pas pensé à ça, bonne idée. Mais en fait, à chaque fois, il y a des nouvelles idées à ressortir.

  • Speaker #0

    Non, mais il n'y a rien de mieux qu'effectivement le présentiel.

  • Speaker #1

    Oui, ça c'est évident. Mais en même temps, ce système est quand même pratique.

  • Speaker #0

    Ah, tu vois ? Sinon, effectivement, ça aurait été difficile d'avoir autant d'agilité que par le biais de la vision. Est-ce que Cyril, tu as envie de dire un dernier mot avant qu'on ne se quitte ? Est-ce qu'il y a un message que tu voulais passer ? Voilà.

  • Speaker #1

    Oui, enfin, mais ça, je pense qu'effectivement, l'industrie française, elle a encore des... Il faut qu'elle se réinvente. Il ne faut pas toujours tenir... Enfin, je pense qu'en général, en France, on attend trop auprès des politiques. Mais je pense que de toute façon, c'est plus aux entreprises de réinventer les choses. D'ailleurs, les grandes innovations, souvent, et les problèmes sont résolus par les entreprises quand on creuse un peu. rarement par les états donc j'ai plutôt espoir je dis pas que c'est simple attention mais plus y en a qui vont y croire plus y en a qui vont trouver des idées plus des entrepreneurs enthousiastes jeunes dynamiques etc enfin dynamique dans le sens voilà qu'on pas peur vont pouvoir dépoussiérer l'industrie et essayer de la rendre plus attractive plus sexy mais il faut aussi changer et je m'inclue dedans faire évoluer nos modes de management Mais c'est loin d'être mort parce qu'on a quand même un pays qui a plein de savoir-faire. Je pense que malgré tout, on est quand même un pays agile. Et donc, on peut tirer notre épingle du jeu. Mais peut-être pas sur toutes les industries. Il y a des trucs, c'est plus compliqué que d'autres. Mais on a des forces et c'est loin d'être perdu, pour moi. Mais tu vois,

  • Speaker #0

    quelque part, tu me dis que tu es positif. Mais ce que tu me dis, surtout dans le contexte d'aujourd'hui, 10 septembre, avec une nouvelle troisième démission en un an d'imprime du ministre, Moi, je pense que tu as dit que je sois extrêmement négative. Toi, tu es là en train de me dire en clair que je ne crois absolument plus à la classe politique. C'est ce que je comprends. En revanche, je crois en la capacité des industriels et des entrepreneurs à rebondir. Le problème, tu vois, c'était justement l'objet de mon poste ce matin où j'ai passé un peu un coup de gueule. Hier, j'ai eu trois dirigeants qui m'ont tous dit la même chose. Commande gelée, projet.

  • Speaker #1

    reporté et c'est catastrophique en fait je suis d'accord de ce côté là mais là c'est un épisode j'espère qu'il finira rapidement on espère mais là je prenais un peu de hauteur en disant que souvent le débat c'est de dire oui mais les politiques machin je pense qu'on attend trop d'eux en fait c'est ça que je veux dire et ça Dans le milieu des startups, ils l'ont bien compris depuis longtemps, beaucoup de startups qui ont réussi à... Non, alors c'est parce que peut-être que c'est la tech, etc. Ils ont solutionné des choses sans attendre après l'État. C'est eux qui ont révolutionné le monde, ce n'est pas les États. Donc en fait, ce que je veux dire par là, c'est qu'il faut le prendre différemment. On entend souvent, oui, c'est à cause de l'État, des taxes, des machins. Oui, c'est un problème, parce que s'il n'y en avait pas, ce serait plus simple, mais il faut chercher d'autres solutions.

  • Speaker #0

    Oui, et ça, ça peut être un peu l'héritage de notre État régalien, providentiel.

  • Speaker #1

    Et comme on n'est pas… Après, si on va dériver pendant une heure, moi je n'ai pas… Merci, merci. Je ne crois pas qu'on soit vraiment dans un État libéral, ça c'est un autre débat, puisque souvent on voit que les lois sont votées… pour certains, on va dire, sans dénoncer les entreprises du CAC 40, mais que tout est orienté dans leur sens. Donc, ce n'est pas le libéralisme, ça. C'est l'opposé. Puisque le libéralisme, c'est que tout le monde a les mêmes règles. Et que tout le monde est égaux, finalement, le libéralisme, c'est ça. Bref, c'est un autre débat. Oui,

  • Speaker #0

    on ne va pas. Mais c'est intéressant. Effectivement, on a un contexte particulier aujourd'hui, espérons qu'il ne dure pas.

  • Speaker #1

    Tu as raison sur ça, parce que nous, cette année, c'est compliqué. C'est compliqué, et puis l'entourage, pas que les industriels.

  • Speaker #0

    L'immobilier, la construction.

  • Speaker #1

    Le commerce en général. Bon, les gens se plaignent toujours. Je vois bien, nous, on est dans une région touristique. Chaque année, j'entends, au mois d'août, c'est catastrophique. Puis en octobre, il y a les stats qui sortent. plus de pour cent donc il ya aussi des professionnels de qui se peignent souvent les champions du monde pour ça mais bon petit c'est une petite pique c'est gentil c'est amical mais elle a et surtout à nos amis restaurateurs à jeu j'ai rien dit et il connaît bien et donc voilà tout ça pour dire que bon on peut pas attendre que de l'état

  • Speaker #0

    Écoute, un très grand merci pour tout ça, pour ta confiance, pour tes réponses. Comme d'habitude, je pense que je n'ai pas du tout suivi la trame de questions que nous avions préparées, mais c'était encore plus intéressant que ce que j'avais imaginé. Donc, génial. Si vous aussi, vous avez aimé le petit geste qui vous prend deux secondes et qui aide beaucoup à la découvrabilité du podcast, c'est de mettre cinq étoiles juste au-dessus. Et vous pouvez même nous poser vos questions si vous êtes sur Spotify. Voilà, Cyril, merci et puis à bientôt.

  • Speaker #1

    Merci Claire, bonne journée.

  • Speaker #0

    Encore merci de nous avoir écoutés. Il est temps de se retrouver lundi avec un nouvel invité. C'était Claire Tenayot, fondatrice de Be Wanted, et vous venez d'écouter un épisode de l'Industrie qui fait envie. Bon, pour être certain de ne rien manquer, pensez à vous abonner, que ce soit sur Spotify, Deezer ou Apple Podcast. Surtout, pensez à laisser un avis 5 étoiles pour lui donner de la visibilité. Allez, à bientôt sur l'industrie qui fait envie !

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