- Speaker #0
Hello les passionnés d'industrie, alors bienvenue sur le seul média qui parle vraiment des enjeux RH de ce secteur. Et son objectif ? Vous partager des stratégies, des astuces et de l'actionnable pour redevenir l'industrie qui fait envie. Je suis Claire Tenayot, je suis hôte de ce podcast et fondatrice de Be Wanted. Et mon job ? Ben, faire rayonner votre industrie. Je vous aide à structurer votre fonction RH et bâtir votre marque employeur. Ensemble, on élabore des stratégies d'attractivité et de fidélisation des talents qui puissent accompagner la croissance de votre industrie. Mais je ne suis pas seule à ce micro. Chaque lundi, je reçois un invité, dirigeant, DRH ou expert d'une thématique RH, pour que vous repartiez avec un shot de bonne pratique et de benchmark. Allez, j'ai terminé, c'est parti pour l'épisode et bonne écoute ! Hervé, chaque semaine, moi j'ai des dirigeants et des DRH qui me parlent de pénurie de compétences. Et pourtant, quand on regarde de plus près EDF, j'ai l'impression que vous tirez votre épingle du jeu. Si tu devais me donner un seul levier qui fonctionne chez vous, lequel ce serait ? Moi, je te cuisine directement comme ça.
- Speaker #1
Je crois que le levier, c'est la cohérence, c'est la cohérence du projet. Et ça, c'est important. aujourd'hui une entreprise dont Donc, toutes les activités sont tournées vers la décarbonation, que ce soit de la décarbonation de la production d'électricité ou que ce soit de la décarbonation d'usage avec des filiales qui installent des pompes à chaleur ou qui installent des bornes de recharge. Ça, c'est la base.
- Speaker #0
Donc, la feuille de route un peu, pardon.
- Speaker #1
Oui, mais en plus, quand vous êtes sponsor des Jeux Olympiques Paris 2024 et que vous concluez la cérémonie d'ouverture des Jeux par l'envol de la vasque, une vasque entièrement décarbonée qui n'est faite que de vapeur d'eau et de LED. Donc... totalement sans émissions de CO2 et qu'en plus, cette vase, elle a été conçue ou développée en partie ici, à Cuéron, dans les ateliers Blam. Je pense qu'on coche beaucoup de cases pour attirer les talents.
- Speaker #0
Écoute, tout de suite, tu marques des points. Hervé, je vais te cuisiner comme mes autres invités. Je te pose trois questions. Qu'est-ce qui t'anime ? Qu'est-ce qui te révolte ? Qu'est-ce qui te fait peur ?
- Speaker #1
Alors, ce qui m'anime, c'est à mon niveau et au niveau des équipes d'EDF, effectivement, de contribuer à créer un mode Un monde sans CO2, un monde décarboné, puisqu'aujourd'hui, on ne le s'en rend pas compte, mais en fait, on est complètement dopés aux hydrocarbures. Et aujourd'hui, ces hydrocarbures, le fait de les sortir du sol et de les mettre sous forme de CO2 dans l'atmosphère, ça a quand même un impact important sur le climat. Et donc, toute notre action, elle est tournée vers ça. Et c'est ça qui m'anime au quotidien.
- Speaker #0
Tu es depuis longtemps chez EDF, pardon ?
- Speaker #1
Alors, je suis chez EDF depuis 31 ans. Donc, ça commence à faire quelques années.
- Speaker #0
Ok, ok. Ce qui te révolte ?
- Speaker #1
Ce qui me révolte, c'est l'injustice. Je trouve que... On est parfois confronté à des situations d'injustice. Et je crois que quand on est manager, une des qualités essentielles, c'est d'être juste, d'être juste envers ses collaborateurs et aussi d'être juste sur l'action qu'on mène. C'est-à-dire qu'il faut savoir évaluer ce qu'on fait bien et ce qu'on ne fait pas bien et se le dire à soi-même. Et ça, c'est extrêmement important pour moi, parce que c'est de ça que naît finalement la confiance et la capacité à travailler ensemble. Il faut être juste.
- Speaker #0
Et puis en fonction des sujets, ce n'est pas toujours évident.
- Speaker #1
Ça n'a rien d'évident. Et parfois, ça peut se donner à des questions. À minima, il faut se les poser à soi-même, de façon à y apporter une réponse. Mais je crois que c'est ça qui est le plus important, parce que l'injustice, ça se voit.
- Speaker #0
Et il y a la justice et la justesse qui vont aussi de pair dans ce genre de cas de figure. Et qu'est-ce qui te fait peur ?
- Speaker #1
Alors, ce qui me fait peur, c'est aujourd'hui, quand même, c'est le recul des démocraties. C'est-à-dire que fondamentalement, dans le monde aujourd'hui, On en revient à une règle simple, c'est la loi du plus fort. Et ça, je trouve que c'est extrêmement inquiétant.
- Speaker #0
Ça t'inquiète et dans le pro et dans le perso pour l'avenir, peut-être, je ne sais pas si tu as des enfants, mais tu vois tout ça, j'imagine, derrière.
- Speaker #1
Ça m'inquiète effectivement pour mon avenir personnel, pour celui de mes enfants et puis pour celui de cette gouvernance mondiale, en fait, parce qu'on a quand même besoin de dialogue et de travailler ensemble et non pas de revenir à la loi du plus fort.
- Speaker #0
Voilà, c'est le moment qui plombe en toujours cette question-là.
- Speaker #1
Il en faut une.
- Speaker #0
Il en faut une, c'est pour ça qu'elle est là.
- Speaker #1
C'est vrai que depuis quelques mois ou quelques années, on voit quand même un recul des démocraties qui est inquiétant.
- Speaker #0
Écoute, tu n'es pas le seul à me faire cette réponse. Ce n'est pas forcément rassurant. Non, non, non, ce n'est pas la question et la réponse rassurantes, mais on évolue dans un monde qui change et on doit conjuguer avec ce monde-là. dans nos rôles professionnels, dans notre vie personnelle et pour nos enfants, etc. Donc, je ne suis pas surprise de ta réponse. Mais en tout cas, merci de t'être prêté au jeu. Alors, dans cet épisode, on va parler de quoi ? Eh bien, comme je l'ai dit en introduction, on entend partout pénurie de compétences. En tout cas, vu de ma fenêtre EDF, vous tirez votre épingle du jeu. Et donc, Hervé, tu vas venir un peu lever le voile sur les vrais leviers. En tout cas... pas mal de leviers que vous activez pour travailler votre marque employeur, pour attirer, pour former, pour fidéliser. Tu vas évidemment aussi nous parler des enjeux de la décarbonation, de ce que tu portes au quotidien, au travers de ton rôle. Et on va aussi parler de souveraineté nationale, de nucléaire, de transition énergétique, de territoire. Bref, bouclez vos ceintures parce que ça promet un épisode où on va partager quand même beaucoup. Merci à EDF pour la confiance. Merci à toi de te prêter à cet exercice du podcast. Donc maintenant, je t'invite à te présenter.
- Speaker #1
Merci pour l'invitation. Hervé Révoilin, je suis directeur à l'action régionale du groupe EDF pour les pays de la Loire. J'exerce ce métier depuis un peu moins de cinq ans. C'est un métier dans lequel finalement je coordonne l'ensemble des activités du groupe. Je représente ces activités auprès du monde politique, du monde économique. Et c'est vrai que ces cinq dernières années, on a eu beaucoup, beaucoup d'actualités. On a eu la crise en Ukraine, on a aujourd'hui la crise du détroit d'Ormuz. On a un certain nombre de sujets, on voit que les questions de décarbonation, elles prennent de l'ampleur, la place de l'électrification et donc autant de sujets qui occupent mon quotidien.
- Speaker #0
Bon, tu ne chômes pas.
- Speaker #1
Je ne chôme pas.
- Speaker #0
Tu as croisé tout à l'heure Benjamin Devauchel et Benjamin Devauchel, le fondateur de Vectorial RH Industries, qui sponsorise cet épisode. Donc Vectorial RH Industries, c'est le cabinet de recrutement dédié aux PMI et aux grands groupes. Ils viennent de la prod. et ils viennent des RH. Donc, c'est le partenaire parfait pour vos besoins en recrutement. Merci à eux de soutenir l'épisode. Alors maintenant, je t'ai un petit peu briefé sur ce à quoi tu allais te manger aujourd'hui. Je ne fais plus rien puisque c'est à ton tour de piocher dans les petites cartes qui sont juste là. On a d'accord ? Très bien.
- Speaker #1
On attaque. On ne va pas prendre la première. On se dit que peut-être ça a été... Du coup, c'est la seconde. La guerre d'État l'enferrage, c'est quoi l'argument EDF qui fait la différence ? En fait, là-dessus, j'ai envie de dire qu'il y a quand même un événement significatif qui est intervenu il y a quelques années et qui a un petit peu changé la donne par rapport à notre relation au nucléaire, notamment. C'est un événement externe au groupe. C'est la publication par Djokovici de sa BD, Un monde sans fin, qui est un best-seller. Je crois qu'il en a diffusé plus de 500 000 exemplaires et qui a jeté finalement un regard nouveau sur la place du nucléaire et la place du nucléaire dans les questions de décarbonation. Très sincèrement, et je vais donner un exemple très précis ici, à l'IMT Atlantique. L'IMT Atlantique, c'est une des grandes écoles d'ingénieurs avec un campus à Nantes, un autre à Rennes et un à Brest. On a une spécialité nucléaire. Il y a quelques années, je dirais, l'IMT Atlantique nous appelait un peu au secours en disant « On a du mal à remplir ces promotions, on a une vingtaine d'élèves, ce n'est pas beaucoup. Qu'est-ce qu'on peut faire ensemble pour attirer ? » Aujourd'hui, on a plus de 60 élèves dans cette promotion. Ils sont plutôt en train de repousser les murs. C'est-à-dire que quelque part, ce regard sur le nucléaire a changé. C'est forcément un facilitateur pour nous en matière de recrutement, dans les métiers du nucléaire, mais dans l'intégralité des métiers du groupe, qui sont aujourd'hui très diversifiés.
- Speaker #0
Et tu vois, moi, ça, en transparence, je m'en suis rendu compte en fouillant. en préparant l'épisode, parce que c'est pas forcément de l'extérieur, et c'est un avis très personnel, t'as pas forcément besoin de commenter ou quoi que ce soit, mais j'avais encore la sensation qu'il y avait un peu que les initiés qui avaient cette vision que le nucléaire pouvait se décarboner, donc force est de croire que je me suis plantée. Donc c'était d'autant plus chouette de t'avoir aujourd'hui.
- Speaker #1
Je crois qu'effectivement l'opinion change, on voit aujourd'hui même... La question en Allemagne est de nouveau ouverte, elle se pose, savoir est-ce qu'effectivement ils ont fait le bon choix, est-ce qu'on fait d'un marche arrière, et cette question-là elle se pose dans de très nombreux pays, parce que en fait fondamentalement on a besoin de l'énergie, on veut continuer à vivre avec notre confort, avec un certain nombre de facilités que nous apporte l'énergie, qui nous a permis des progrès considérables depuis deux siècles, et donc si on veut continuer à garder ça, il faut qu'on ait l'énergie qui va bien, il faut que cette énergie soit décarbonée. Le nucléaire est une des solutions, c'est pas la seule. Ça ne nous empêche pas de faire des efforts de sobriété. S'il y a des choses qu'on n'a pas besoin de faire, autant pas les faire. Et ça ne nous empêche pas aussi d'avoir des efforts d'efficacité à faire, naturellement.
- Speaker #0
Et il y a certainement aussi, je pense, une prise de conscience et nationale et européenne, notamment de la guerre en Ukraine, qui a quand même particulièrement secoué l'Europe sur les besoins en énergie. Et tu as dû voir, c'est tombé la semaine dernière, mercredi ou jeudi, je crois, le plan Notre-Dame. Alors, pour le coup, pardon, cette question, je ne l'avais pas anticipée. Mais ça, c'est tout frais, c'est tout fraîchement tombé. Et ils ont bien recommuniqué sur le fait qu'ils voulaient placer les enjeux de la souveraineté énergétique à la fois sur le national et sur le plan européen comme fer de lance. Oui,
- Speaker #1
en fait, aujourd'hui, la situation est la suivante. C'est que nous avons une production d'électricité en France à travers le nucléaire, à travers l'hydraulique. à travers le photovoltaïque, à travers l'éolien, qui est abondante et à un prix raisonnable. Au point que, sur l'année 2025, par exemple, nous avons exporté 90 TWh. Alors, 90 TWh, ça ne te dit pas grand-chose, mais c'est l'équivalent de la consommation belge.
- Speaker #0
Ah ouais ?
- Speaker #1
C'est-à-dire que nous avons exporté, en 2025, l'équivalent de la consommation belge pendant toute leur année. Alors, on ne l'a pas exporté qu'en Belgique, on l'a exporté un peu dans tous les pays européens. Et dans le même temps, nous avons continué à importer pour 60 milliards d'euros d'hydrocarbures. Donc aujourd'hui... tout l'enjeu et tout le sujet de l'électrification dont on discute beaucoup pour les voitures, pour les camions, pour les infirmières, pour tout un tas de populations également dans les bâtiments, c'est bien comment on arrête ou on diminue cette dépendance à l'importation d'hydrocarbures pour la remplacer par l'électricité dans nos voitures, dans nos camions, à travers des pompes à chaleur. L'électricité a la chance d'être produite en Europe, en France, chez nous, localement, parfois, et donc quelque part, ça nous aide effectivement dans cette question de souveraineté.
- Speaker #0
Oui, ok. Très clair. Je t'invite à la question suivante, à toi de jouer !
- Speaker #1
La transition énergétique en Pays-de-la-Loire, est-ce que tu considères que c'est un levier de fidélisation pour tes équipes au quotidien ? Oui, très clairement. Je pense que c'est forcément la question de la cohérence du groupe, la question de la cohérence de son projet. Je pense qu'on est une entreprise les plus engagée en matière de décarbonation. On le voit par exemple à travers l'électrification de notre flotte de véhicules, où on est probablement les plus avancés. ce projet, cette cohérence. Je pense que pour chacun des 5200 salariés du territoire dont il voit concrètement au quotidien son activité contribuer à cette transition énergétique, contribuer à cette décarbonation, c'est forcément un levier de finalisation.
- Speaker #0
Aujourd'hui, c'est votre valeur numéro
- Speaker #1
1. C'est notre valeur numéro 1 et je crois qu'il n'y a aucun groupe qui a autant de cohérence dans son action et d'engagement dans la durée.
- Speaker #0
Oui, parce qu'en même temps, c'est à la fois vos produits, votre mission. pour l'ensemble des usagers, l'ensemble des Français, etc. Et donc forcément, il faut qu'il y ait cette cohérence, comme tu l'expliques, en interne, avec des choix et des stratégies auprès de vos collaborateurs. J'imagine que c'est ce que tu...
- Speaker #1
Et en fait, la question, c'est le collaborateur qui est en amont, qui est celui sur la production. Évidemment, travailler à de la production d'électricité qui est décarbonée sur chacune des filières. Ici, on a la chance d'avoir le premier parc éolien offshore de France. C'est forcément une fierté. Mais travailler également sur la décarbonation pour ce qui est des usages, la façon dont nos clients consomment l'électricité, c'est aussi une fierté. Vous pouvez aller aujourd'hui sur Easy by EDF, qui est une plateforme de travaux en ligne, qui est une plateforme EDF, et en quelques clics, commander l'installation d'une borne de recharge à domicile pour votre véhicule électrique. Donc on a cette cohérence totale, du plus en amont, il y a la question de la production d'électricité, jusqu'à le plus en aval, qui est l'usage de cette électricité.
- Speaker #0
Écoute, très très clair. Troisième question ?
- Speaker #1
Ah ! Je les prends dans l'ordre.
- Speaker #0
Écoute, on ne sait pas, je les ai peut-être mélangés avant.
- Speaker #1
Avec le renforcement du nucléaire et les enjeux de souveraineté nationale, est-ce que vous recevez plus de candidatures ? En fait, sincèrement, on reçoit déjà beaucoup de candidatures. On a une marque employeur qui est une marque forte, donc forcément, on reçoit des candidatures. Ce qu'on est aujourd'hui le plus attentif, c'est qu'on ne travaille pas seul. On travaille avec des partenaires, on travaille avec des prestataires, on travaille avec des réseaux. Et c'est qu'il faut aussi, fondamentalement, que ces entreprises-là avec qui on fonctionne aient aussi le visier de candidature. Donc, on ne travaille pas uniquement pour nous, mais on travaille plutôt dans une logique de filière. On a différentes filières parce que c'est l'ensemble qui doit être tiré vers le haut pour arriver au résultat que l'on souhaite.
- Speaker #0
Écoute, moi, je pense que cette question en appelle une autre que j'ai préparée parce que justement, tu parles du développement de la filière. Je sais que tu as un engagement tout spécifique. Et moi, je suis très attachée aussi aux enjeux territoriaux, parce que je pense qu'aujourd'hui, une entreprise, un groupe, et peu importe la taille, vous êtes EDF, et forcément, vous avez une très grande maturité sur ces sujets, mais même, c'est valable aussi pour une PMI d'être présente sur son territoire, de créer un maillage. Et donc, je sais que tu as un rôle particulier dans le développement des compétences de la filière.
- Speaker #1
Oui, alors effectivement, j'ai fait partie des gens qui ont poussé aux côtés du rectorat, aux côtés de la région, je dirais pour créer le campus des énergies durables ici en région Pays de la Loire. Alors pourquoi ? Parce qu'en fait, on est une grande région énergétique ici en Pays de la Loire. En fait, toutes les énergies sont présentes, toutes les filières sont présentes. Mais en fait, on est beaucoup moins reconnu en tant que filière que ce que peut être l'aéronautique ou ce que peut être les chantiers navals. Quelque part, cette présence très forte, parce que c'est plus de 10 000 emplois dans cette région, elle méritait, à un moment donné, on doit conduire cette transition énergétique. Et l'énergie est au cœur de cette transition. Je dirais qu'elle méritait d'être un peu plus reconnue, parce qu'on est quand même un territoire de plein emploi. Et donc, quelque part, quand on doit pouvoir nos emplois dans cette filière-là, on est en concurrence avec les chantiers d'Atlantique, on est en concurrence avec Airbus. Et donc, créer un campus des énergies durables, c'était aussi le moyen d'attirer plus de jeunes vers les métiers de l'industrie. et vers les métiers de l'énergie en particulier. Et on a évidemment des attentions particulières vis-à-vis des jeunes qui sont en situation de handicap, vis-à-vis des jeunes filles aussi qui vont assez peu vers ces métiers de l'industrie. De sensibiliser, de réunir. De sensibiliser, de donner envie de venir vers ces métiers-là qui sont pleins de sens.
- Speaker #0
On est là pour donner envie. D'où la présence aujourd'hui aussi. Voilà, c'est ça, mais tu me tends une perche très très grande. Ok, et donc du coup donc... Tu as travaillé, en tout cas mobilisé les acteurs du territoire, le rectorat, j'imagine, la région aussi, que tu dois embarquer sur ce projet-là. Et donc, toi, tu es président, c'est ça, du campus ?
- Speaker #1
Oui, alors c'est-à-dire qu'effectivement, le campus, on vient de le créer. Alors, créer un campus, il faut quand même la signature de quatre ministres. Ça a été un peu long.
- Speaker #0
Tu n'as pas mis six mois, j'imagine.
- Speaker #1
C'est-à-dire qu'il y a eu un moment donné où on a quand même eu des gouvernements successifs, et donc quand il faut trouver quatre signatures, mais finalement ça s'est fait. Ce qui nous a permis de créer officiellement le campus, et on a eu la première AG constitutive, et donc effectivement j'en ai pris la présidence, et évidemment on va continuer à travailler, vraiment à accueillir toutes les entreprises qui ont envie de travailler sur ce sujet, parce que les entreprises elles ont une responsabilité forte vis-à-vis du monde de l'éducation, c'est d'exprimer leurs besoins. Mais pas d'exprimer leurs besoins à 3 mois ou à 6 mois. Le monde de l'éducation, ils travaillent sur des jeunes qui sont en 4e, en 3e, éventuellement en 2e.
- Speaker #0
Et d'anticiper en fonction de ta stratégie, ta feuille de route, quels vont être nos besoins et compétences dans 5 ans, dans 10 ans, éventuellement dans 15 ans.
- Speaker #1
Et donc c'est ça qui compte, c'est-à-dire que quelque part, dans un collectif d'acteurs industriels de l'énergie, on soit en capacité d'exprimer, avec forcément une marge d'incertitude, une marge d'erreur, les besoins futurs, pour que derrière, je dirais, le monde de l'éducation puisse s'en emparer. et puis créer les formations qui vont bien, adapter des formations, parce qu'il existe déjà beaucoup de choses, et faire en sorte que ces formations, quand elles existent, elles soient remplies. Et là, le campus a un rôle aussi, finalement, de promouvoir ces métiers-là auprès des plus jeunes. Par exemple, on organise en ce moment une opération 1000 lycéens et collégiens sur le parc éolien Offshore. Et donc ça, évidemment, c'est aussi un moyen de parler aux plus jeunes de ces métiers-là. Forcément, une croisière d'une après-midi sur le parc éolien, c'est un bon vecteur d'attraction.
- Speaker #0
C'est pas mal. Tu sais que je suis quand même très déçue parce que j'organise les trophées de l'industrie qui fait envie. C'est un événement national qui rassemble 19 partenaires en tout. Et c'est dommage parce qu'on a fait connaissance il n'y a que quelques semaines et donc je n'ai pas eu le temps suffisamment d'en parler au groupe et de t'en parler à toi. Mais j'aurais bien aimé. L'année prochaine, j'espère que vous allez candidater. Parce que le but, c'est justement de valoriser les initiatives de nos entreprises industrielles en termes d'attractivité. de compétences, etc. Donc maintenant que je t'ai en face de moi, l'année prochaine, j'attends la candidature de DF, quoi.
- Speaker #1
Eh bien, écoute, on regardera ça avec grande attention.
- Speaker #0
Par contre, je peux t'inviter le 15 juin, si tu veux, à Paris, aux Arts et Métiers.
- Speaker #1
Ah, c'est une école que je connais bien.
- Speaker #0
Ah, c'est vrai ?
- Speaker #1
Bah oui, j'en sors.
- Speaker #0
Ah, ok. Bon, bah, écoute, tu viendras voir les alumnis, alors tu ne seras pas le seul alumni des Arts et Métiers. D'ailleurs, c'est la SOS, donc Société... des... C'est comment, là ? Pardon, mince, je me trompe sur l'acronyme. Mais en tout cas, les alumnis des arts et métiers qui sont partenaires de cet événement. Sans eux, ça n'aurait pas pu exister.
- Speaker #1
Un très bon choix.
- Speaker #0
Je suis bien entourée.
- Speaker #1
Non, mais pour l'industrie, c'est vrai que les ingénieurs à un métier, les gazards, ont toujours joué une place privilégiée, en fait, c'est très clair.
- Speaker #0
Oui, bien sûr. Un acteur ô combien important. Tu as vu les journées usines ouvertes qui font qu'ils sont formidables, évidemment. C'est un très beau partenaire. Écoute, je te tends la balle. Viens chez toi, du coup, le 15 juin à l'Hôtel Iéna.
- Speaker #1
Très bien. Je ne connais pas l'agenda du 15.
- Speaker #0
Écoute, je t'invite à piocher une autre question.
- Speaker #1
On ne va pas prendre la première du dessus. On va en choisir une autre.
- Speaker #0
Tu prends un risque. On ne sait pas, peut-être qu'il y a des questions qui font redite. C'est le jeu aussi, on adapte. Non,
- Speaker #1
mais quelle est la priorité numéro une d'EDF aujourd'hui et comment tu l'as fait vivre auprès de tes équipes ?
- Speaker #0
On est d'accord qu'en fait, tu es le patron EDF Pays de la Loire. Donc, tu incarnes la direction du groupe en déclinaison sur le territoire ligérien. Tu portes la feuille de route, donc ta priorité numéro
- Speaker #1
1 ? Après, soyons très clairs, moi j'ai une mission de coordination, après on est des filières métiers, on a différentes organisations, moi je suis dans une filière transverse qui est chargée effectivement d'animer sur le territoire. Je crois que ma priorité numéro 1, elle est celle du groupe, c'est santé-sécurité d'abord, c'est-à-dire qu'on ne vient pas au travail pour être blessé ou pour mourir, et donc ça c'est un focus extrêmement important. Et on considère qu'effectivement, à partir du moment où la santé et la sécurité sont là, c'est aussi quand même que les salariés sont bien, que ça se passe bien. Donc c'est pour nous un indicateur extrêmement fort et sur lequel on travaille beaucoup pour éradiquer tout ce qui est accident du travail. C'est la priorité numéro une.
- Speaker #0
Ok, super clair. Allez.
- Speaker #1
Allez.
- Speaker #0
Allez, nouvelle pioche. Soyons fous.
- Speaker #1
Hervé, sur ton LinkedIn, tu portes fièrement la bannière « Construire un avenir neutre en CO2, cela représente quoi ? » pour toi personnellement et pour le groupe. Alors effectivement, construire un avenir neutre en CO2, c'est notre raison d'être au sein du groupe EDF.
- Speaker #0
Est-ce que c'est depuis toujours ? Excuse-moi, je te coupe un peu. Mais je trouve que c'est intéressant de regarder dans le...
- Speaker #1
Alors, ce n'est pas depuis toujours. Maintenant, quand on refait l'histoire d'EDF, qui a fêté ses 80 ans, c'était le 8 avril dernier, 8 avril 1946. EDF a toujours été une entreprise d'État au service de la France, au service de sa politique, au service de son indépendance. Et clairement, quand on regarde l'histoire, le choc pétrolier de 1973 et la décision de construire le parc électronucléaire actuel, c'était quand même bien pour se passer déjà des hydrocarbures. Alors, ce n'était pas motivé par des questions climatiques, puisque à l'époque, je dirais que... Les scientifiques ne nous avaient pas alertés sur cet enjeu pervers des émissions de CO2. Mais c'était quand même déjà une forme d'indépendance énergétique. Après, aujourd'hui, ça s'est affirmé. C'est-à-dire qu'effectivement, avec les études qui ont montré et mis en avance l'impact du CO2 sur le climat, le nucléaire est apparu comme une des solutions, le renouvelable, que ce soit l'éolien, que ce soit photovoltaïque ou l'hydraulique. Et donc, je dirais qu'EDF, dans toute son histoire, a effectivement construit. une histoire qui est basée sur la réduction ou l'absence d'émissions de CO2. Et donc, c'est pour moi un engagement fort. C'est parce que je trouve que ça donne du sens, finalement, à l'action qu'on conduit au quotidien.
- Speaker #0
Oui, puis c'est ce que tu disais un peu au début. Du coup, il y a un peu de redites dans l'échange. Mais ce que tu disais au début, c'est que c'est vraiment un truc que tu vis. Et c'est pourquoi tu te lèves le matin, quoi.
- Speaker #1
Oui, parce que je pense quand même que ce sont des engagements forts. Là, au moment où on se parle, tout le monde a à la bouche ce mot électrification des usages. Le Premier ministre le porte en permanence, etc. Mais si on se place en janvier, avant la crise sud-étroite d'Hormuz actuelle, ça restait quelque chose qui était un peu oublié ou qui n'était pas forcément compris, perçu. Mais encore une fois, si cette crise est le dur, ce que je ne souhaite pas, peut-être que dans six mois, on l'aura oublié. Alors qu'en fait, sur ces sujets-là, il nous faut une action de fond et dans la durée, une progression. Ça ne se fait pas. Transformer un parc automobile, il y a 40 millions de véhicules dans le parc français, ce n'est pas en claquant des doigts qu'on dit que demain tout le monde roule à l'électrique. D'abord tout le monde n'en a pas les moyens. Aujourd'hui ça veut dire que d'abord ce sont les entreprises, les collectivités qui doivent s'équiper parce que les français achètent essentiellement des véhicules d'occasion. Et c'est par l'équipement des entreprises, par leur engagement RSE, par cette transformation, parce que ça veut dire aussi que ces salariés d'entreprise apprennent à conduire des véhicules électriques, ils n'ont plus l'appréhension des véhicules électriques. Et qu'après, on peut basculer au niveau des ménages quand les prix sont devenus plus abordables, etc. Donc, c'est vraiment une action dans la durée que l'on doit conduire.
- Speaker #0
Et est-ce que, du coup, ça veut dire qu'il peut y avoir des formes de cycles en fonction de l'actualité ? Où il y a des pics ? Où EDF peut se dire, en tant qu'acteur incontournable, « Ah, là, c'est bien, c'est gagné. » Et puis, à l'inverse, après, on... on a l'impression de faire machine en arrière. Est-ce que ce que tu dis veut dire qu'on a besoin que ce soit plus linéaire et pas juste lié à nos différents besoins de dépendance ? Bon, là, clairement, c'était l'Iran qui nous a mis un peu dans la panade ces derniers temps, où on a eu des augmentations importantes. Moi, en tout cas, c'est un peu la sensation que je peux avoir. Je ne suis pas claire dans ma question. Mais tu vois, je peux avoir l'impression que des fois, il y a des pics de « Oh là là, il faut absolument qu'on passe tout à l'électrique parce que là, d'un coup, ça devient beaucoup trop cher. » Et que quelque part, tu vois, trois semaines, un mois après, on l'oublie, on est revenu à des prix cohérents sur le diesel et puis on repart comme en 40.
- Speaker #1
Moi, je suis ingénieur à la base, donc je me méfie de ces soubresauts. C'est-à-dire que quelque part, ce sont des changements profonds et des changements qui prennent du temps. Il ne faut pas penser qu'aujourd'hui, on peut reprendre l'exemple du véhicule électrique, tout le monde ne peut pas basculer au véhicule électrique. Et pas uniquement pour une question de prix du véhicule, parce qu'on trouve des véhicules d'occasion très abordables. Mais il faut quand même des situations un peu favorables, c'est-à-dire qu'il faut pouvoir le recharger. Si vous n'avez pas de possibilité de le recharger chez vous, si vous n'avez pas de possibilité de le recharger dans votre entreprise, Je ne vais pas dire aux gens aujourd'hui d'aller basculer forcément au véhicule électrique. Alors peut-être que c'est possible parce qu'ils ont une borne publique à côté de chez eux, mais peut-être pas. Donc il y a une question de progressivité. Et je pense que ce qui est important, c'est que chacun à son niveau, en fonction de ses possibilités, fasse un certain nombre d'efforts et que petit à petit, on crante les efforts. Mais par contre, les effets effectivement de yo-yo, on y va à fond, on arrête, etc. Ce qu'on a pu voir d'ailleurs dans des politiques qui ont été menées pour l'installation, la rénovation énergétique des logements, avec l'arrêt des primes. rénovent, etc., ça a quand même déstabilisé la filière. Ça a déstabilisé la filière et on a besoin de continuité et de cranter petit à petit. Voilà, donc ça, c'est une complexité supplémentaire dans un grand pays démocratique comme le nôtre. Mais je n'abandonnerai pas la démocratie pour autant.
- Speaker #0
Ok, super message, je te remercie. Allez, carte suivante.
- Speaker #1
Allez, un préjugé sur EDF que tu entends encore trop souvent et que tu veux déconstruire. Je crois qu'en matière d'emploi, en matière d'attractivité, il peut y avoir un préjugé qui consiste à dire « oui, mais si je rentre dans un grand groupe, je vais être noyé, il y a beaucoup d'inertie, je ne vais pas arriver finalement à faire bouger les lignes » . Et sincèrement, je ne crois pas que ce soit le cas. C'est-à-dire que j'ai le sentiment qu'aujourd'hui, dans un groupe comme EDF, d'abord c'est une multité d'entités, avec des systèmes de décision qui sont extrêmement décentralisés. Des modes start-up, on accueille quand même de très nombreux start-up. On peut prendre Inamix, qui est une filiale qu'on a créée qui est dans l'hydrogène, donc fonctionne parfaitement en mode start-up. Tout à l'heure, je citais Easy by EDF, qui est une marketplace sur laquelle on peut commander une borne de recharge. Tous ces actifs-là qui sont au sein du groupe sont des actifs dans lesquels on est complètement en mode start-up. Et même dans les entités de la maison mère, aujourd'hui, on a mis en place des modes agiles, on a mis des modes projets qui permettent de faire bouger les choses. Et au contrario, ce que je pense qui apporte un grand groupe... C'est de la constance dans l'action, parce que les choses prennent du temps, on en a évoqué tout à l'heure, et que quelque part, nous, on a cette capacité à travailler profondément les messages et à les accompagner dans la durée.
- Speaker #0
Oui, mais tu vois, c'est aussi le propre d'une industrie. Et je trouve que parfois, je m'éloigne de mes sujets RH, mais parce que je suis une vraie passionnée d'industrie, je trouve que... On peut parfois trop opposer justement le ROI rapide. Et dans une industrie, ce n'est pas possible. C'est du temps long qu'ils parlent. Sur le financement, par exemple, des startups industrielles, etc. On se dit, en fait, on ne peut pas aller chercher du ROI en trois ans. Il y a le prototypage, il y a la R&D, il y a le prototypage, il y a l'industrialisation, tu vois. Et parfois, c'était une remarque.
- Speaker #1
Non, mais c'est vrai. Je pense qu'on est sur des sujets, en particulier dans l'énergie, on est sur des sujets de temps long.
- Speaker #0
Mais oui.
- Speaker #1
rien que tout ce qui a été le permitting pour le parc éolien de Saint-Nazaire, ça a pris 9 ans donc on voit bien que ce n'est pas immédiat donc c'est ça que Chouci apporte à un grand groupe, c'est-à-dire cette capacité à travailler dans la durée avec constance sur des messages, indépendamment des fluctuations médiatiques ou autres qui peuvent avoir lieu.
- Speaker #0
C'est ça, la résilience et la constance des industriels La résilience,
- Speaker #1
oui, c'est un bon mot C'est un bon mot
- Speaker #0
Ok, super, et bien nouvelle carte allez hop
- Speaker #1
Alors, EDF est un des plus gros recruteurs d'alternants en France. Comment attirez-vous autant de jeunes ? Un exemple de beau parcours.
- Speaker #0
Ah oui, si tu as une idée. Alors là, si tu n'en as pas, tu as le droit de vous en toucher, mais une belle réalisation, voilà. Non,
- Speaker #1
mais je confirme déjà, en fait, à peu près 1%. 1% des alternants français travaillent dans le groupe EDF.
- Speaker #0
Ah ouais ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Ça, il faut quand même le savoir. Merci. Ici, en Pays de la Loire, en ce moment, on en a 250 sur 5000 collaborateurs, c'est-à-dire à peu près 5%. Merci, parce que moi,
- Speaker #0
je ne suis pas ingénieur.
- Speaker #1
Il n'y a pas besoin d'être ingénieur pour faire des pourcentages. Oh,
- Speaker #0
écoute, je suis littéraire.
- Speaker #1
Donc, effectivement, 5% de nos effectifs sont des alternants ou des alternantes. Donc, ce qui est quand même important, c'est un effort que l'on porte sur tous les métiers, en particulier sur les métiers techniques, sur les Bac plus 2. Et forcément, c'est pour nous un vivier extrêmement important de recrutement, puisque entre 30 et 40% des alternants que l'on forme, on les recrute. Donc c'est quelque chose d'important.
- Speaker #0
C'est un vrai levier d'attractivité pour rentrer dans votre filière, dans le groupe, et pour pérenniser en tout cas l'expérience avec eux.
- Speaker #1
Comment on les recrute ? Déjà, on a un portail qui s'appelle EDF Recruits, dans lequel on va trouver effectivement toutes les offres du groupe en matière d'alternance. C'est le moment, il faut le dire.
- Speaker #0
Tu as raison. Tu es la forceur, tu as le droit.
- Speaker #1
Il y a des alternances qui vont démarrer au mois de septembre. Je pense que la campagne bat son plein. Donc ça, c'est un sujet. Puis après, on fait plein d'autres choses en matière de relations avec les écoles, d'animation, de rencontres des jeunes. On aura peut-être l'occasion d'y revenir.
- Speaker #0
Et je crois que... Vous avez, dans l'organisation Pays de la Loi, vous avez un délégué emploi, j'ai mangé son nom, mais... Oui, Olivier Caron. Oui.
- Speaker #1
Tout à fait. Comme dans toutes les autres directions de l'action régionale, on a un délégué emploi qui, effectivement, anime les métiers, anime la relation avec l'extérieur sur ces sujets, emploi et compétences.
- Speaker #0
OK. Très bien.
- Speaker #1
Un exemple de beau parcours. Allez,
- Speaker #0
fais-nous rêver.
- Speaker #1
Alors, je voudrais prendre le cas d'une alternante qu'on a recrutée il y a quelques années dans un domaine où... On recrute des alternantes, mais on n'en recrute pas beaucoup derrière pour rentrer au sein du groupe et avoir un CDI. Et donc, cette alternante, elle est rentrée chez nous d'abord à la direction commerce pour préparer son bac plus deux, donc plutôt dans des fonctions de communication autour de nos offres commerciales. Et après, elle est venue faire son master. Elle a été accueillie à l'Action régionale. Effectivement, là, elle a préparé son master en communication. donc là on est plutôt... à valoriser l'ensemble des activités du groupe, l'entité, nos politiques, nos actions. À l'issue de cette formation, il n'y avait pas d'opportunité pour elle. En revanche, on avait un besoin ponctuel au sein d'une centrale à charbon bien connue sur le territoire, d'une mission de CDD. Elle y est allée, ce qui était quand même pour elle un environnement complètement nouveau, puisqu'elle avait commencé dans la communication commerciale, plutôt dans l'action régionale, se retrouver dans un site de production. que l'on connaît avec un certain nombre quand même, il y a quand même eu des moments pas forcément faciles sur ce site de production. Donc elle a relevé le challenge et à un moment donné, Enedis, notre filiale qui distribue l'électricité, a eu l'opportunité de faire un recrutement. Forcément, elle a été retenue et elle est aujourd'hui en CDI dans le groupe chargé de communication Enedis. Un parcours qui s'est étalé sur 7-8 ans finalement maintenant. Je trouve que c'est quand même une très très belle histoire.
- Speaker #0
C'est une très belle histoire. On valide cette histoire. À toi de jouer, moi je ne fais plus rien.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Je bois tes paroles, c'est tout.
- Speaker #1
Alors, immobilité, hydrogène, éolien offshore, comment anticipez-vous des compétences qui n'existent pas encore ?
- Speaker #0
Alors, si je peux me permettre, tout à l'heure, je n'ai pas réagi, mais tu vois, tu parlais justement de la nécessité des industriels de remonter leurs besoins en compétences, pas ceux dans six mois, mais en fonction de leur feuille de route, dans cinq ans, dans dix ans, etc. Et moi, j'observe aussi... parce que j'accompagne beaucoup de dirigeants et de DRH sur ces sujets spécifiques-là des compétences. Et en fait, c'est quand même complexe parce qu'aujourd'hui, tout part finalement de la feuille de route de l'entreprise, de où est-ce qu'on va, quelles machines on va intégrer en production, quels nouveaux procédés, etc. Et c'est vrai que vous, les grands groupes, vous maîtrisez davantage. Mais en même temps, si les PME ne sont pas représentés, on a cet écart. Je ne sais pas si je suis claire dans ma phrase.
- Speaker #1
Je crois qu'on peut reconnaître déjà que l'exercice est difficile.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. Belle esprit de fin, tu es un ingénieur, toi, non ?
- Speaker #1
Il ne faut pas s'illusionner. On est effectivement sur des sujets qui sont des sujets complexes. Mais en fait, finalement, dans le processus, quand on réfléchit à ces sujets-là, on est sur des sujets qui sont des sujets de R&D. Les sujets de R&D sont traités en interne, ils sont traités en partenariat avec des écoles, avec des campus universitaires, avec des centres de recherche. Et donc les premières briques, les premiers éléments qu'on va recruter, c'est quand même des gens qui vont avoir travaillé sur ces sujets-là en matière de R&D et qui, à l'issue de leur parcours académique ou parce qu'à un moment donné, ils ont envie de sortir du milieu académique pour aller vers l'industrie ou parce qu'ils ont envie de faire de l'entrepreneuriat, vont rejoindre l'industrie. Donc ça, c'est là où on va chercher les premières briques. Après, si ça prend, effectivement, on va avoir besoin de plus de personnes, on va avoir besoin de profils un peu différents. Et donc là, on va retourner forcément, retravailler avec les écoles, avec les centres techniques, je dirais, pour commencer à injecter dans des cursus généralistes, quelques modules spécialisés sur l'hydrogène, sur la mobilité électrique, etc., qui vont nous permettre derrière d'avoir des profils qui ont, je dirais, une première coloration. sur ces nouvelles compétences et ces nouvelles technologies. Et après, il ne faut pas se leurrer, on les forme au sein de l'entreprise. La formation continue, c'est quelque chose d'extrêmement important. On les envoie se former dans notre centre de R&D, etc. pour avoir toutes les compétences dont on a besoin.
- Speaker #0
Bien sûr. Ok, très bien. Eh bien, écoute, il nous en reste trois. Ce sera ta dernière.
- Speaker #1
C'est ma dernière.
- Speaker #0
Non parce que je veux te libérer à l'heure donc tu sais que je suis bavarde il y a un moment il faut que je tienne le timing j'ai pris un engagement
- Speaker #1
Alors votre vivier de talent, il vient d'où ? Partenariat école, alternance, reconversion quels sont vos leviers ? J'ai envie de dire que la réponse elle est dans la question, c'est qu'effectivement les alternants, on en a parlé tout à l'heure c'est un vivier important qui permet plus du tiers des recrutements les partenariats avec les écoles c'est quelque chose qu'on... qu'on travaille énormément sur le territoire. Et dans certains métiers, on travaille les reconversions. Aujourd'hui, qu'est-ce qu'on recrute comme colpus, comme profil ? On recrute, sur le territoire des Pays de la Loire, on recrute des tuyoteurs robinetiers, essentiellement pour notre filiale Framatome et pour son usine de pain-boeuf. On recrute des exploitants de réseaux de chaleur. C'est un métier peu connu pour notre filiale d'Alkia, pour tous les réseaux de chaleur qu'on peut avoir ici à Nantes, celui qu'on construit à Saint-Nazaire. d'autres au Mans ou à Angers, des techniciens de réseau électrique pour notre filiale Inédit, parce que le réseau électrique, c'est l'architecture qui va permettre cette électrification. On a besoin de beaucoup de techniciens. On recrute des conseillers commerciaux pour accompagner nos clients sur nos plateaux clientèles, etc. On recrute des gens dans le SI et la data, puisqu'on a des équipes ici à Nantes qui travaillent pour nos projets de centrales nucléaires ou pour nos centrales nucléaires existantes. et qu'on a besoin de ces compétences-là. On recrute aussi beaucoup de techniciens du froid. Les techniciens du froid, c'est effectivement des gens qui maîtrisent le cycle de Carnot, qui sont capables de travailler sur des machines frigorifiques ou des pompes à chaleur, puisqu'on a la chance en Pays de la Loire d'abriter le siège social de Dalkia Froid Solutions, qui opère sur l'ensemble du territoire. Et ces métiers du froid, ils sont en tension parce qu'il y a des changements de fluides frigorigènes. Je ne vais pas faire quelque chose de très compliqué, mais c'est des métiers très techniques, très bien payés. Et là, pour le coup, on recrute beaucoup en reconversion. On a notre propre école où on reconvertit des personnes.
- Speaker #0
Vous formez du coup en interne ?
- Speaker #1
Des techniciens.
- Speaker #0
Ok, donc vous avez, en tout cas, d'Alkia à sa propre école interne.
- Speaker #1
Ça se fait. On fait des promotions, en fait, et on les recrute pour toute la France. Parce que c'est des métiers qui sont tellement en tension qu'on ne trouve pas forcément en certaine école.
- Speaker #0
Et du coup, peut-être qu'un métier en tension et en fonction du bassin ? il n'y a peut-être pas forcément de concurrence en face, ou à l'inverse, trop de concurrence. Oui, alors pour le coup, pour faire trois solutions,
- Speaker #1
on peut avoir des différences entre les différents bassins d'emploi.
- Speaker #0
Oui, c'est ça, il faut créer la compétence.
- Speaker #1
Il faut créer la compétence.
- Speaker #0
Ok. Ok, donc les enseignements, Claire, c'est que vous êtes partout.
- Speaker #1
Alors, je ne sais pas si on est partout, mais on essaye différentes voies et différents fronts pour effectivement, pour voir nos besoins en propre et aussi, comme je l'ai dit, pour pouvoir les besoins de la filière. Encore une fois, on ne travaille pas seul et on n'agit pas seul.
- Speaker #0
Oui, parce que derrière, sur la filière, je trouve que ce qui est chouette, c'est que ce n'est pas que EDF derrière. Vous avez des sous-traitants, des co-traitants. Et qu'en fait, vos actions sont essentielles à toute la filière et donc à votre mission. Donc, je trouve que c'est chouette.
- Speaker #1
Exactement. Ce sera le mot de la fin.
- Speaker #0
Attends, on a la dernière chronique. Prio ou pas Prio ? N'oublie pas mes petits drapeaux.
- Speaker #1
Ils sont tombés déjà.
- Speaker #0
Ce n'est pas vrai. Un rouge,
- Speaker #1
un vert.
- Speaker #0
Un rouge, un vert. C'est bon, tu y es ?
- Speaker #1
J'y suis.
- Speaker #0
Donc, pas Prio, évidemment, c'est rouge. Et prio sévère. Alors s'il te plaît, t'essayes de me hiérarchiser tout ça. C'est-à-dire qu'on ne va pas tout mettre en prio.
- Speaker #1
Ça va peut-être être compliqué.
- Speaker #0
Et que tu pourras nuancer après, d'accord ? Alors, faire des industriels de l'énergie, des ambassadeurs du secteur, dans les lycées par exemple. Prio ou pas prio ?
- Speaker #1
Clairement une priorité. Sinon, je ne voudrais pas présider une campagne des énergies durables. Aujourd'hui, les métiers de l'industrie ne sont pas ceux qui sont le plus regardés par les jeunes. et donc quelque part... travailler cette question-là, c'est essentiel.
- Speaker #0
Donner envie d'industrie ?
- Speaker #1
Donner envie d'industrie.
- Speaker #0
Ok. Je suis contente que tu aies répondu ça quand même. Alors, le dialogue avec les élus locaux, notamment sur les enjeux énergétiques et compétences, prio ou pas prio ?
- Speaker #1
Ça reste une priorité, parce que beaucoup de choses se font quand même dans les territoires et donc, je dirais, faire partager aux élus ces enjeux importants, évidemment, c'est une priorité. Un petit peu moins importante que la précédente, puisque je dois nuancer.
- Speaker #0
Mais toi, par contre, ça doit être une grosse partie de ton quotidien.
- Speaker #1
Alors moi, à titre individuel, oui, c'est une grosse partie de mon travail.
- Speaker #0
Formez, en même temps, j'aurais dû mettre du rouge, formez plus d'ingénieurs pour bosser dans l'industrie.
- Speaker #1
Alors comme il ne faut pas mettre que des prix hauts, je vais mettre un drapeau rouge et jouer le jeu. Aujourd'hui, 70% de nos recrutements portent sur des techniciens, 10% sur l'exécution et uniquement 15% sur les ingénieurs. Donc, il ne faut pas… Ça,
- Speaker #0
tu parles par région ou global ? Nationale.
- Speaker #1
C'est vrai aussi en région. Donc, quelque part, ce n'est pas uniquement des ingénieurs dont on a besoin. On a vraiment besoin de personnels d'exécution, on a besoin de techniciens qui vont après progresser. Peut-être que d'ailleurs, dans leur parcours, on va leur proposer… Vous avez des parcours de cadration ? Bien sûr, tout à fait. Voilà, donc on n'est pas forcément aujourd'hui obligé d'aller chercher un diplôme d'ingénieur. Au contraire, je pense que faire un parcours au sein de l'entreprise, c'est aussi valorisant. Apprendre sur le métier, etc.
- Speaker #0
Tout le temps, de la même manière, c'est des initiatives, tu vois, ce n'est pas le cas dans tous les grands groupes où on peut passer de technicien à ingénieur, avec un parcours évidemment en interne, mais ça se passe. En tout cas, chez nous,
- Speaker #1
c'est quelque chose qu'on fait, qu'on valorise. Et ça donne quand même aussi des cadres qui ont une vraie expérience terrain et donc qui ont une vraie réflexion, un vrai apport au moment où il faut changer de process, où il faut avancer.
- Speaker #0
Ok. Donc moins prio pour vous. Alors, les partenariats avec les grandes écoles, les universités régionales.
- Speaker #1
Prio ou pas prio ? Clairement, c'est une priorité. Parce qu'effectivement, c'est quand même là où on prépare un certain nombre de talents pour demain. Que ce soit pour être présent sur ce territoire ou sur le territoire national. On a certaines écoles d'ingénieurs. On parlait des arrêts métiers, on parlait de l'IMT Atlantique. c'est évidemment des écoles qu'on a sur ce territoire, mais on ne les forme pas uniquement pour le territoire, puisque pour le coup, nous n'avons pas de centrales nucléaires sur les pays de la Loire, et donc quand on forme des ingénieurs de l'IMT ou quand on forme des ingénieurs des arts et métiers, ça veut dire qu'ils vont s'aimer sur d'autres territoires. Donc oui, c'est une priorité.
- Speaker #0
Et enfin, j'ai une toute dernière question. Si toi, tu devais choisir un seul projet, soit passé, soit en cours, dans tes 31 années de carrière chez EDF, où tu t'es dit vraiment, ça, c'est le projet qui m'a driveé ou le projet qui a eu le plus de sens ou en tout cas, tu vois, qui t'a particulièrement animé ?
- Speaker #1
Il y en a forcément plein. Mais en fait, je vais prendre un projet qui est toujours un projet d'actualité, qui est un projet qu'on essaye de conduire ici, sur ce territoire, qui s'appelle le projet TechCare. Alors, le projet TechCare, c'est quoi ? C'est de fabriquer du kérosène de synthèse pour faire voler les avions. Comment est-ce qu'on pense pouvoir fabriquer du kérosène de synthèse pour faire voler les avions ? Ça consiste à récupérer le CO2 émis d'une cimenterie. Je vais passer des détails, mais quand on fait du ciment, on émet du CO2, c'est dans la réaction chimique, il n'y a rien à faire, c'est comme ça. On ne peut pas éviter, on émet du CO2, donc de capter ce CO2. Et quand on capte ce CO2, en le mélangeant avec de l'hydrogène produit par l'électrolyse de l'eau, on refait un brut de synthèse. C'est-à-dire qu'au lieu d'importer un brut d'Arabie Saoudite ou de je ne sais quel pays du Golfe ou d'ailleurs, On produit ici notre propre brut et après on le distille et on est capable de faire du carburant à l'avion. Donc on voit que l'idée, elle est quand même un peu folle, elle est compliquée à tous les niveaux, avec des émissions de cimenterie faire voler des avions. Évidemment, tout ça est extrêmement fragile, c'est fragile sur le plan technique, il y a un certain nombre de preuves à apporter, c'est fragile sur le plan économique, parce que tout ça, ça coûte très cher. Mais quelque part, essayer de faire émerger ce projet-là ici sur le territoire, c'est quelque chose qui m'anime au quotidien. Et mon rôle, c'est face à des idées qui sont des idées forcément très intéressantes. mais forcément très fragile, c'est de protéger ses idées pour qu'elles grandissent, pour qu'elles deviennent une belle plante et qu'effectivement on en fasse la démonstration.
- Speaker #0
Bon, écoute, c'est super. Tu me tiendras au courant alors ?
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
Merci Hervé, merci pour la confiance à être venu partager les coulisses d'EDF ici. Merci évidemment à EDF pour la confiance. En tout cas, j'ai été ravie de te recevoir. J'espère que tu as passé un bon moment, que l'exercice t'a plu. Et puis, à bientôt.
- Speaker #1
Merci à toi. Plaisir partagé. Et puis, merci pour la mise en valeur du groupe EDF en région Pays-de-la-Loire.
- Speaker #0
Avec grand plaisir. Encore merci de nous avoir écoutés. Il est temps de se retrouver lundi avec un nouvel invité. C'était Claire Tenayot, fondatrice de Be Wanted. Et vous venez d'écouter un épisode de l'industrie qui fait envie. Bon, pour être certain de ne rien manquer, pensez à vous abonner, que ce soit sur Spotify, Deezer ou Apple Podcast. Surtout, pensez à laisser un avis 5 étoiles pour lui donner de la visibilité. Allez, à bientôt sur l'industrie qui fait envie !