- Speaker #0
Hello les passionnés d'industrie, alors bienvenue sur le seul média qui parle vraiment des enjeux RH de ce secteur. Et son objectif ? Vous partager des stratégies, des astuces et de l'actionnable pour redevenir l'industrie qui fait envie. Je suis Claire Tenayot, hôte de ce podcast et fondatrice de Be Wanted. Et mon job ? Ben, faire rayonner votre industrie. Je vous aide à structurer votre fonction RH et bâtir votre marque employeur. ensemble on élabore des stratégies d'attractivité et de fidélisation des talents qui puissent accompagner la croissance de votre industrie. Mais je ne suis pas seule à ce micro. Chaque lundi, je reçois un invité, dirigeant des RH ou expert d'une thématique RH, pour que vous repartiez avec un shot de bonne pratique et de benchmark. Allez, j'ai terminé, c'est parti pour l'épisode et bonne écoute ! Sur le papier ! Hélène, on n'est clairement pas du même bois, toi et moi. Ton quotidien, c'est la tech. Le mien, c'est l'industrie. Deux univers, deux réalités. Alors, ce qu'on a prévu aujourd'hui, c'est juste de faire un petit match industrie contre tech. Est-ce que tu es prête ?
- Speaker #1
Je suis prête. Je suis prête en découdant.
- Speaker #0
Ok, c'est parti. Enfile tes gants. On monte sur le ring. Je m'emballe tellement. Bon, pourtant, Hélène, une fois qu'on se dit ça... t'es quand même une fidèle auditrice du podcast donc voilà donc je suis trop contente de t'avoir évidemment pour tout un tas de raisons je te l'ai déjà dit mais genre il y a un an un an et demi j'étais là waouh Hélène Lee la star était dans mon podcast j'ai du mal à y croire alors tu connais la routine trois questions allonge toi sur le divan c'est parti qu'est-ce qui t'anime qu'est-ce qui te fait peur et qu'est-ce qui te révolte Merci. Ou dans l'autre sens. D'habitude, je les pose dans l'autre sens.
- Speaker #1
Bon, écoute, comme je suis une fidèle, comme tu l'as dit, et que j'adore ton podcast, j'ai réfléchi un peu à tout ça. Je vais te livrer un peu les choses comme elles me viennent. Qu'est-ce qui m'anime ? Ce qui m'anime le plus, je pense, c'est d'aider les gens à se comprendre. C'est de vulgariser, de rendre simples des choses qui ont l'air complexes. Et d'aider des personnes qui ont l'air très différentes à se parler. Je pense particulièrement aux recruteurs dans la tech, aux RH et aux pros de la tech qui bien souvent vont dire « Ah, ils servent à rien, ils comprennent rien, etc. » Moi, j'ai envie justement que ces gens se parlent, qu'ils se rendent compte qu'en fait, ils ont plein de choses à se dire, qu'ils ont plein de points communs, qu'ils ont le même objectif. Et c'est ça qui m'anime au quotidien, qui donne envie de me lever le matin, qui me fait dire que ce que je fais, c'est utile. Et quand les gens disent, tu vois, en formation, ils ont les yeux qui s'allument et qui se disent « Oh purée, ça y est, je viens d'avoir un déclic, j'ai capté un truc. » ou que des devs, des techs m'envoient des messages pour me dire « c'est super ce que tu fais, c'est vraiment utile, ça me réconcilie avec les recruteurs ou les RH » , ça c'est super, ça c'est un peu chouette. Voilà pour ce qui m'anime, ce qui me révolte. Je dirais que de manière générale, c'est tout ce qu'on a normalisé dans les RH, des choses qui sont complètement délirantes et qu'on trouve… tout à fait normal. On n'essaye pas spécialement de travailler dessus. Il y a évidemment tous les sujets de discrimination, mais je pense qu'il y a aussi des sujets de largement de souffrance. J'ai l'impression que beaucoup de recruteurs ont intériorisé le fait que c'est normal que ce soit toujours dur, que ce soit toujours galère, que le brief ce soit toujours claqué entre deux portes et que c'est à eux de faire tous les efforts, que c'est normal qu'on leur demande quasiment l'impossible, que c'est normal. qu'on se parle pas, qu'on décide au feeling, qu'il y a beaucoup de choses qui me révoltent là-dedans, où en fait, on retombe sans arrêt sur on a toujours fait comme ça.
- Speaker #0
Ah mon Dieu ! Je veux vraiment qu'on parle de ça !
- Speaker #1
Ah la phrase qui rend fou, tu vois, ça rend dingue ! Moi, ça me révolte.
- Speaker #0
Oui, puis tu normalises une forme de médiocrité, tu vois ?
- Speaker #1
Tu normalises une forme de médiocrité, tu normalises une forme aussi de... Encore une fois, de souffrance. Je te donne un exemple. Une phrase qui me rend dingue, c'est quand j'étais encore salariée et recruteuse et que je travaillais beaucoup sur les sujets d'onboarding et que mon manager me disait sans arrêt « Je ne comprends pas pourquoi tu te prends la tête à faire tout ça, à aussi bien les accueillir. Moi, personne ne m'a fait ça et je n'en suis pas mort. » Ok.
- Speaker #0
Well done.
- Speaker #1
Super, tu vois. Donc, parce que toi, tu as eu un accueil horrible, que ça s'est mal passé, En fait, Reproduisons ça et surtout n'essayons pas de changer les choses. Continuons à faire les choses de manière complètement anarchique, désagréable et que les gens aient envie de se barrer et qu'ils se demandent ce qu'ils font là. C'est une très bonne idée. Donc voilà, ça me révolte et je pense que ça fait aussi partie des raisons qui m'ont poussée à faire ce que je fais aujourd'hui pour essayer de changer ça à mon petit niveau. C'est pas simple, mais... Mais ça, ça me révolte.
- Speaker #0
Qu'est-ce qui me fait peur ? Ah, tu connais les questions, je sais, tu les connais.
- Speaker #1
Je les connais par cœur. Je suis une grande fan. Qu'est-ce qui me fait peur ? Je m'inclus dedans, mais je pense que ce qui me fait peur, c'est la manière dont on utilise l'IA. Je trouve que c'est un super outil. Je m'en sers tout le temps. Je m'en sers tous les jours et des fois, ça me fait peur justement de me dire comment je ferais s'il n'y avait pas l'intelligence artificielle aujourd'hui ? Et en même temps, tu vois, quand je fais un pas de recul, quand je regarde un peu ce qui se passe autour de nous, quand j'entends que des gens préfèrent utiliser ChatGPT comme un psy ou comme un meilleur ami ou se confient sur des choses très, très personnelles, ça m'interroge sur la société de manière générale. Qu'est-ce qui nous pousse aujourd'hui à préférer parler avec des machines plutôt qu'avec des humains ? Donc, je trouve ça intéressant sur le côté, effectivement, performance, sur le côté optimisation. Mais ce qui me fait peur, c'est de me dire vers quoi on va. Qu'est-ce qu'on veut faire de tout ça ? Qu'est-ce qu'on veut faire du temps qu'on gagne ? Est-ce qu'on va faire quelque chose d'intelligent avec ça ? Je ne sais pas, j'ai un doute. Quelles sont les limites ? Est-ce que ça ne va pas nous rendre encore plus fainéants qu'on ne l'est déjà ? Je ne sais pas. Il y a des choses comme ça, ça me fait vraiment peur. J'essaie justement, moi, dans ma pratique, d'être... raisonnable, même si je ne le suis pas toujours. Mais quand j'y me pose un peu et que j'y réfléchis un peu, ce n'est même pas que ça me fait peur, c'est que ça me terrifie.
- Speaker #0
Est-ce que tu ne crois pas que c'est parce que c'est nouveau, entre guillemets, on n'a que trois ans maintenant de recul ? Est-ce que tu ne crois pas que c'est parce qu'on est en pleine étape de frénésie et qu'à force, tu vois... Enfin, je suis hyper optimiste aujourd'hui. Tu vois, ça peut être ça. Ouais, la frénésie, un peu de la découverte des différents cas d'usage. Après, effectivement, il y a clairement, je suis d'accord avec toi, des usages à proscrire ou tout du moins à conscientiser en termes de risques, etc.
- Speaker #1
Mais quand je suis optimiste, parce que ça m'arrive aussi, quand je suis optimiste, je pense comme toi. C'est-à-dire que je me dis, c'est nouveau, ça reste encore très nouveau, on est encore beaucoup dans la découverte, on a besoin de tester, on a besoin de comprendre. Mais c'est nouveau pour nous. Mais ce qui m'alerte le plus, ce n'est pas forcément l'usage qu'on en a. Ce qui m'alerte le plus, c'est tout ce qu'il y a derrière. Les grosses machines qui sont derrière, c'est les open AI, etc. Nous, on a un peu de mal à voir quelle est la stratégie peut-être sur le moyen et long terme parce qu'il ne faut pas se leurrer. Il y a des grosses questions d'argent derrière tous ces systèmes. Et ce qui me fait plus peur, c'est justement le fait qu'il y ait assez peu de cadres. Les cadres vont probablement venir, les garde-fous vont probablement venir, mais je trouve que c'est quand même très lent, et que même si ça paraît très nouveau, j'ai l'impression quand même que depuis trois ans, on part un peu dans tous les sens, on fait un peu n'importe quoi, on est un peu apprenti sorcier, et je ne sais pas si on va réussir à revêtre du cadre là-dedans. C'est ce qui me fait un peu peur. Quand je vois aujourd'hui certains usages, des gens qui utilisent ce que je te disais tout à l'heure, sur le plan perso et tout, l'IA comme un psy ou autre, ou sur le pro, et notamment dans les RH, le recrutement de partager des données qui sont personnelles, voire sensibles, ces IA-là, ça me pose vraiment question, parce que j'ai l'impression que justement, la régulation, elle tarde énormément à venir, et qu'en plus, c'est beaucoup des outils qui ne sont pas prévus pour se réguler naturellement. Donc, à voir comment ça se passe, et si tu vois, c'est un sujet qui m'intéresse beaucoup en ce moment, tout ce qui est IA-Act, régulation, comment on prend conscience un peu mieux de tout ça, surtout dans nos métiers. Mais ouais, ça m'interroge, ça me questionne. Je n'ai pas de réponse et je ne veux pas forcément être pessimiste là-dessus, mais je me pose beaucoup de questions et ça me fait peur.
- Speaker #0
Bon, en même temps, il vaut mieux se poser des questions.
- Speaker #1
Oui, de manière générale. Je suis d'accord avec toi.
- Speaker #0
Voilà. Tout du moins, dans une certaine mesure. Parfois, il faut savoir dire stop, mais...
- Speaker #1
Bon, toi et moi, on sait que dire stop et arrêter de se poser des questions, de réfléchir, c'est pas simple. Donc voilà, j'y pense pas tout le temps. Je te dis, je m'inclus dedans. Il y a des fois où je me dis, mais je vais trop loin. Pourquoi je demande ça à Léa alors que je peux le faire moi-même ? Voilà, tu vois, c'est un peu ça la limite aussi. C'est cette peur de me dire, est-ce que je suis pas en train d'être... Enfin, moi et plein d'autres, est-ce qu'on n'est pas un peu trop dépendants ? Qu'est-ce qui peut se passer ? Est-ce qu'il n'y a pas des choses qu'on confie un peu trop facilement par réflexe alors qu'on sait très bien le faire nous-mêmes ? Et il y a toujours cette notion d'eau, ça nous fait gagner du temps. Mais je te dis, la grande question que je me pose, ok, on gagne du temps, mais ce temps, on en fait quoi ? Est-ce qu'on en fait vraiment quelque chose de bien ?
- Speaker #0
T'as écouté l'épisode avec... Forcément, je trouve plus son nom. Amélie ! Oh là là, mon Dieu, Amélie, si tu écoutes cet épisode, quelle horreur ! L'épisode avec Amélie, justement, parle de tous ces risques-là. Et elle, elle baigne dans l'IA, pas depuis 3 ans, depuis 20 ans. Donc voilà, l'IA Gen est nouvelle, mais pas l'IA. Donc, hyper intéressant et ça rejoint tout à fait les points que tu évoques. Hélène, tu as une minute pour te présenter. Non, je... Tu pitches.
- Speaker #1
Allez,
- Speaker #0
tu pitches. Tu as une minute top chrono.
- Speaker #1
Alors, pour me présenter, je m'appelle Hélène. Je vais avoir 45 ans et c'est dur, je t'assure, c'est dur. C'est une étape dans ma vie. Je viens d'une petite ville qui s'appelle Dijon. Tout le monde pense à la moutarde quand je parle de Dijon, mais il y a plein d'autres trucs à Dijon, plein d'autres trucs cools. Le Cassis, par exemple. Je suis venue faire mes études à Lyon il y a un peu plus de 20 ans et j'en suis par partie parce que c'est une ville que j'adore, que j'aime beaucoup, je m'y sens très bien. J'ai été recruteuse dans la tech pendant 9 ans, principalement en ESN. J'ai un peu travaillé en cabinet de recrutement aussi. Et puis, en janvier 2020, avec un très bon sens du timing, j'ai eu la bonne idée de me lancer à mon compte, quelques semaines avant le Covid, en premier confinement. Et j'ai monté un organisme de formation, pour l'objectif principal de former des recruteurs dans la tech, les aider à mieux comprendre l'écosystème, le vocabulaire, etc. Voilà, donc ça a fait six ans, il y a quelques jours, que je fais ça. Et je te disais tout à l'heure que vraiment sur cette partie de formation, d'animation, d'accompagner des équipes, c'est un job que j'adore. Je me sens hyper à ma place, hyper alignée. Ça me donne beaucoup d'énergie et ça me fait du bien parce que c'est ce que j'avais un peu perdu à la fin quand j'étais salariée et recruteuse en ESN. Voilà. Après, si tu veux des petits trucs plus... Personne sur moi, j'adore les cactus. Je suis une grosse femme de pâtisserie. Je regarde un peu trop de séries. Et j'aimerais lire un peu plus. J'ai une pile à lire qui est absolument gigantesque. J'ai compté hier, j'ai 23 livres en attente.
- Speaker #0
Il paraît que c'est très bien d'avoir plein de livres en attente.
- Speaker #1
J'adore ça.
- Speaker #0
En fait, il paraît que... Je suis sûre que c'est une grosse connerie que j'ai dit. Regardez sur Instagram un truc qui sert à tes lots. Il dit qu'en gros, c'est hyper bien de garder plein de livres à lire parce que ça te rappelle à quel point tu as encore plein de choses à apprendre.
- Speaker #1
Écoute, j'ai vu un truc sur Instagram aussi. Je crois même que ce truc-là a un nom. Au Japon, ils ont donné un nom à ce truc-là sur le fait d'engranger des livres un peu comme on... On garde des bonnes bouteilles de vin.
- Speaker #0
Ah oui,
- Speaker #1
d'accord. C'est exactement l'idée qu'il y a derrière de se dire je vais avoir des bonnes bouteilles pour pouvoir les lire, enfin les boire plus tard. Les livres, c'est pareil en fait. J'accumule des livres et en fait, j'ai toujours ce truc de me dire à un moment de ma vie où j'aurai un peu plus de temps ou alors j'aurai très envie de lire sur ce sujet-là, je l'aurai souvent là.
- Speaker #0
Et je lis ce que c'est là, je les aime. Et tu vois, moi j'ai un rapport très bizarre aux livres. Par exemple, je déteste abandonner un livre.
- Speaker #1
Ah non, je suis très à l'aise avec ça. J'ai eu ce problème pendant très longtemps, mais aujourd'hui, je ne suis pas venue là pour souffrir. Donc, quand j'ai un bouquin qui est au bout de 50-60 pages, je n'accroche pas. En fait, je ne culpabilise pas, je garde le livre, je me dis peut-être que ce n'est pas le moment. Moi, je crois beaucoup aussi au timing, au moment. Je pense qu'il y a des livres pour lesquels tu n'es pas prêt ou ce n'est pas le bon moment, ce n'est pas le bon contact. Ça m'est arrivé très, très souvent dans ma vie. de reposer un livre, de l'ouvrir un peu par hasard, trois, quatre ans plus tard, en me disant, tiens, je cherche un truc, et d'avoir un super coup de cœur, et de le finir avec plaisir, alors que je l'avais abandonné au bout de 30 pages, trois ans plus tôt.
- Speaker #0
J'ai tellement de choses à apprendre de toi. Tu vois, il faut que j'arrive. Moi, je suis là, j'ouvre mon livre, et je n'accroche pas, et je me dis, mon Dieu, je ne peux pas le laisser tout seul. Tu vois ? Tu peux ! Autorise-toi ! C'est con ! Vraiment ! Et je ne sais pas. Donc... Merci. Donc, du coup, j'en commence d'autres. Du coup, des fois, j'en ai 3-4 en même temps. Et c'est encore plus culpabilisant parce que si je ne lis pas ces 3-4 ou que du coup, il n'avance pas en termes de lecture, je suis une horrible personne. Je trouve que c'est un objet très culpabilisant. Oh, c'est clair.
- Speaker #1
Non, non, mais je te comprends. J'ai eu ça pendant longtemps, mais je te dirais que depuis une dizaine d'années, je ne me prends plus du tout la tête avec ça. Mais parce que vraiment, j'ai cette idée de me dire, ce n'est pas parce que j'abandonne un livre maintenant que c'est définitif. Peut-être que j'y reviendrai. Et si ça m'est arrivé, je te dis très souvent d'y revenir avec plaisir.
- Speaker #0
Bon, ça va alors. N'y m'en fais pas trop. Merci. Alors, on vous prévient, avec Hélène, quand on a cadré l'épisode, on a dit, on le sait, on va partir en riz. C'était clair comme de l'eau de roche, parce qu'on ne va pas faire comme si on ne se connaissait pas. On s'est croisés deux, trois fois. On discute régulièrement. On a déjà fait des animations ensemble. On est totalement partis en riz, donc on le savait. Ça faisait partie du délire. Et donc, on s'est dit, bon, autorisons-nous à le faire et autorisons-nous à ne pas préparer grand-chose. Donc, c'est un épisode un peu sans filet, hein, voilà. Bon, d'habitude, j'ai un filet, mais je m'en sers pas. Donc, après tout, voilà, on a tablé un peu là-dessus. Alors, Hélène, je te l'ai dit en introduction, toi et moi, on n'est pas du même bois. par contre on pose quand même les mêmes constats c'est qu'on a des recruteurs qui ont en tout cas trop souvent éloigné des réalités du terrain, trop éloigné de la compréhension, voilà, assez fine, des métiers, du maillage aussi entre les différents métiers dans une organisation, tu vois, un peu des engrenages. Moi, j'aime bien parler d'engrenage en industrie parce que c'est l'ensemble de ces engrenages qui font qu'in fine, on a un produit qu'on livre à un client et parfois, cette compréhension-là, elle est hyper difficile où on ne fait pas l'effort parfois de le faire. On a des métiers techniques qui sont difficiles à comprendre. Et là, je pense que clairement, match nul. Match nul à Industrie Tech. Niveau complexité des métiers, on se pose là. Et forcément, on a donc cette conviction que recruter, c'est d'abord comprendre et s'adapter aux enjeux du terrain. Maintenant, c'est un peu l'épisode de la honte aussi. Je vais te dire un truc.
- Speaker #1
Vas-y, dis-moi, j'attends.
- Speaker #0
mais oui mais tellement tellement je fais gaffe parce que ça peut durer très très longtemps si on part sur confessions intimes je pense que niveau casse-fol il va y en avoir donc on va éviter on va quand même rester sur le pro mais tu vois mon premier recrutement mon dieu je m'en rappelle mais la honte de la honte de ma vie déjà c'était en 2013 on recrutait on avait encore des bannettes suspendu dans une armoire tu vois bienvenue je le vois très bien je l'ai vécu Et là, on a perdu toute la Gen Z.
- Speaker #1
Qu'est-ce qu'une bannette ?
- Speaker #0
Qu'est-ce qu'une imprimante ? Quel est cet objet chelou ?
- Speaker #1
J'ai connu le fax, Claire.
- Speaker #0
Ah, pas moi. J'avoue, je n'ai pas connu le fax.
- Speaker #1
J'ai connu le fax.
- Speaker #0
Ouais, j'avoue, je n'ai pas connu le fax. D'ailleurs, ça m'a valu un grand moment. Un jour, une directrice m'a dit « Est-ce que tu peux envoyer un fax ? » Un quoi ? Pour ne pas faire ? Elle a dit « Non, on ne l'envoie pas. » Même ? Non ? Bon, bref. Et donc, mon premier recrutement, donc 2013, dans mes fameuses bannettes, j'arrive et là, on me dit, Claire, il faut que tu cherches un tourneur fraiseur. J'ai quoi ? Un tourneur fraiseur ? C'est horrible. Mais qu'est-ce que c'est ? Enfin, moi, je ne connaissais rien à l'industrie. Tu vois, je viens du monde de la musique, de la culture. Enfin, moi, tu me parles d'un tourneur fraiseur. Voilà. Et donc, évidemment, j'ai fait un très mauvais recrutement. À l'époque, j'ai quand même regardé, je ne sais pas si c'était YouTube en 2013, peut-être. J'ai regardé quand même des vidéos pour un peu comprendre le métier, tu vois. Mais en fait, c'est moi qui posais des questions. Est-ce que tu peux me parler un peu de ton métier ? Sinon, tu fais quoi ? Ça veut dire quoi, ça et tout ? Bon, j'ai fait un très mauvais recrutement, clairement. Alors, est-ce que c'est un truc que tu vois aussi dans la tech ? Comment on fait quand on connaît... Que dalle au métier, parce que ce n'est pas notre expertise de base non plus. Quand on arrive et qu'on est recruteur, je pense qu'il faut se le dire. Voilà, qu'as-tu à me dire ?
- Speaker #1
Bon, déjà, puisque tu m'as fait une confession, je vais t'en faire une très rapidement. Et c'est drôle parce que c'était à la même date, année 2013. J'arrive vraiment dans une SN où je prends le recrutement très, très tech. Et premier poste qu'on me demande de chercher, un architecte. logiciel. Je me dis, qu'est-ce que c'est un architecte logiciel ? En plus, c'était hyper urgent. J'ai commencé à envoyer des messages de manière un peu frénétique. Moi, je viens du cabinet. On m'a dit, vraiment, il faut faire du volume pour y arriver, pour contacter des gens en mode un peu pécho gros. En l'époque,
- Speaker #0
c'était le chalutier. Ah,
- Speaker #1
via déo ! Seuls les anciens savent de quoi on parle. Viadéo, j'ai même connu quand ça s'appelait Viaduc. Bref, j'envoie des messages sur Viadéo, et puis au bout d'une dizaine de messages, je reçois un message d'un gars qui me dit « Je pense que vous n'avez absolument rien compris. » ni à votre métier, ni au mien. Bonne chance pour la suite. Bon, comment te dire ? Là, je me suis dit, bon, je suis mal barrée. Et en fait, chez moi, ça a été un déclic. Et tu vois, ça rejoint un peu ce que tu me poses comme question. Ça a été un déclic parce que je me suis dit, si je veux rester dans le domaine, que je veux être crédible et que je veux m'en sortir un peu... il va falloir que je taffe à côté, il va falloir que je décortique tout ça, que je comprenne de quoi on parle. L'objectif, ce n'est pas de devenir experte, je n'ai pas eu la prétention de me dire « allez, je vais tout comprendre du jour au lendemain » , mais c'est de décortiquer. Donc décortiquer, ça veut dire quoi ? Ça veut dire que j'ai commencé à prendre du temps à mieux cadrer aussi les choses pendant des besoins ou autres, de poser des questions. Je dis toujours aux gens que je forme, il n'y a pas de questions bêtes. Aucune. Il n'y a jamais de questions bêtes. La question bête, c'est celle que tu poses pas en fait, parce que tu restes avec tes incertitudes, avec du flou et du coup quand tu vas te retrouver devant les candidats, c'est là que tu vas avoir l'air bête. Parce que tu arrives avec des infos qui sont incomplètes et que le candidat va s'en rendre compte très très vite et qu'il va en conclure que tu n'as pas fait ton job. Donc forcément, tu es pris à défaut. Après c'est pas toujours facile parce que moi j'ai vécu en OSN, des fois le brief c'est un mail de trois lignes ou un post-it qu'on t'a collé sur ton bureau quand t'étais pas là donc t'as pas le temps de poser des questions dans ce cas là, le réflexe, moi mon réflexe c'était Google, je pense que t'as déjà entendu ça des tas de fois où on t'a dit Google est ton meilleur ami, bon bah aujourd'hui c'est le chat de GPT ton meilleur ami mais c'est la même démarche, c'est ok j'ai pas compris tel ou tel truc, déjà je vais aller vérifier de quoi on parle je vais aller vérifier l'intitulé de poste, je vais aller regarder un peu l'émission, en quoi ça consiste je vais aller regarder un peu le vocabulaire qui m'est inconnu Je pense que dans ton domaine comme dans le mien, on a beaucoup d'acronymes, de termes qui ne sont pas forcément très clairs, d'outils, de certifs, de choses qui sont très éloignées de nos quotidiens. Donc déjà, de se faire un petit pense-bête. Moi, j'ai eu pendant des mois et des mois des post-its tout autour de mon ordinateur, au-dessus de mon bureau ou autre, sur les différents langages, les frameworks, parce que je ne m'y retrouvais pas. Je ne les connaissais pas par cœur. Enfin voilà, on n'est pas des machines non plus, donc tu as besoin de ça. Et je l'ai eu pendant pas mal de temps, c'était mon petit mémo qui me permettait de ne pas trop me perdre. Et puis après, malgré tout, les candidats sont quand même une source d'apprentissage. Mais attention à ne pas inverser le truc, c'est-à-dire que souvent les gens disent « Ouais, j'apprends avec les candidats » , oui, mais ce n'est pas leur rôle.
- Speaker #0
Tu es en train de critiquer ce que j'ai fait ? Tu es en train de critiquer mon recrutement de tourneflage ?
- Speaker #1
Je ne critique pas du tout parce qu'on fait tous pareil, j'ai fait la même chose. On a tous le même réflexe. Ce que je veux dire par là, c'est que poser des questions aux candidats pour apprendre, dire « Ok, mais expliquez-moi votre métier, est-ce que vous pouvez m'en dire un peu plus sur tel outil, à quoi ça sert ? » Sur le projet sur lequel vous êtes intervenu, quels étaient les objectifs, qu'est-ce qui s'est passé, c'était quoi les obstacles, etc. C'est intéressant et ça reste, je trouve, dans le cadre du travail de recruteur. Ce que je trouve un peu plus gênant, c'est quand on met vraiment le candidat dans la posture de...
- Speaker #0
Oui, d'un enseignant presque.
- Speaker #1
Quasiment de formateur, en fait. Et je vois deux limitations. La première, c'est que malgré tout, il y a quand même un petit sujet au niveau de la crédibilité parce que tu peux avoir des gens qui vont se dire, mais attends, comment ça se fait que j'ai en face de moi quelqu'un qui est aussi... débutant et malgré tout c'est quand même cette personne qui va décider si je continue ou pas le processus de recrutement donc tu vois c'est un peu chaud et la deuxième chose c'est qu'il faut pas perdre de vue que les gens en face de toi ils sont peut-être super bon dans leur taf mais que la pédagogie ils l'ont peut-être pas et que ils vont peut-être avoir du mal à adapter le niveau de compréhension que c'est pas non plus parce qu'un candidat te dit quelque chose que c'est une vérité universelle donc ça ne doit pas te dédouaner derrière d'aller vérifier d'aller chercher par toi-même d'autant que je ne sais pas comment c'est dans l'industrie, mais je peux te dire que dans la tech, il y a plein de sujets sur lesquels il n'y a pas de consensus. Et que moi, j'ai appris à la dure qu'il y a des gens qui se fritent sur l'agilité, sur le DevOps, c'est un métier, ce n'est pas un métier, c'est machin. Enfin bref, ils ne sont pas d'accord les uns avec les autres. Donc, si tu commences à adopter les définitions d'un candidat en te disant c'est la réalité, c'est la vérité absolue et que tu commences à aller dire ça à d'autres candidats, globalement tu risques de prendre des tartes dans la face.
- Speaker #0
Alors par contre tu vois, je pense que côté industrie on gagne le match. Cherche pas. Tu sais ce que je veux te dire ?
- Speaker #1
Moi je suis bonne joueuse. Si tu me coupes par A plus B que c'est mieux chez toi, j'accepte.
- Speaker #0
Ok, ok. Parce que fais gaffe, moi je suis père compète. C'est-à-dire que dans ma famille, laisse tomber, c'est compète d'abord, on fait un jeu, on est capable de finir en jus de boudin le truc. Ne jouez jamais avec moi au risque. jamais ! Retiens ça ! Faut pas ! Le risque il est banni chez nous, tu vois. On a joué à ça pendant le confinement, laisse tomber ça finissait mal à chaque fois.
- Speaker #1
Vous vous êtes battues ?
- Speaker #0
Bah...
- Speaker #1
Ça aurait gêné ! Je peux pas te dire que j'étais mauvaise joueuse quand j'étais plus jeune. J'invalais les pannes au poli. Non, c'est toujours ce rêve.
- Speaker #0
je ne suis pas sûre que tout le monde est voilà bref non j'allais dire un truc beaucoup trop tard je vais me retirer on a dit son filtre son filet moi je te dis les choses non il y a des choses que je ne peux pas dire mais je te le dirai en off après non mais par contre vraiment côté indus on gagne le match tu sais pourquoi parce qu'en fait alors c'est plus compliqué quand t'es recruteur externe quand t'es recruteur interne il y a un truc que tu comprend pas. Ou tu vois, alors, tu parlais de vous, il n'y a pas de vérité dans la tech ou il n'y a peut-être pas consensus sur tel métier, c'est exactement telle mission qui est aussi très dépendante du contexte. Moi, je vais te donner un exemple. Il y a un métier, enfin, d'ailleurs, ce n'est pas tout à fait un métier, on va dire que c'est un domaine dans l'industrie qui s'appelle la supply chain, qui est extrêmement vaste, mais dans la majorité des boîtes, on le réduit à, c'est de la logistique.
- Speaker #1
Je te confirme, c'est ce que j'ai comme idée dans la tête. Là, tu parles de supply chain. Moi, dans ma tête, le premier mot qui me vient, c'est logistique. Donc,
- Speaker #0
tu vois. Ah, voilà. Alors que non, en fait, la supply chain, c'est de la gestion des flux. Donc, des flux physiques, des flux informatiques. Donc, ça regroupe beaucoup plus de métiers que juste la logistique. La logistique fait partie de la supply, mais pas que. Bref, je ne suis pas là pour donner un cours magistral. Tout le monde s'en fout. Mais... Tu vois, typiquement, des fois, j'arrive dans des boîtes. Ah bah oui, on recrute un responsable supply chain. Ok, il va faire quoi ? Bah, il va gérer l'entrepôt. Ah, qui est responsable d'entrepôt ou responsable logistique ? Bon, voilà. Bref, en industrie, on a quand même cet avantage de pouvoir verrouiller facilement parce que c'est du terrain. Il y a du flux, pour le coup, physique, mine de rien. Et donc, tu vois, tu... pose une question sur mon fameux tourneur fraiseur. Moi, j'étais recruteur externe. C'était plus dur d'aller directement chez le client. Mais mon tourneur fraiseur, vas-y, je sais pas ce que c'est. Je descends, je vais sur le terrain, je vais suivre ta production. Par quoi tu commences ? Tu vois, tu fais des petits... Tu marques tes petits post-it, tu fais des petites formes pour te dire, OK, j'ai compris. Et après, j'ai compris le métier, tu vois.
- Speaker #1
C'est intéressant ce que tu dis parce qu'après, tu vois, moi, j'ai beaucoup été en ESN et en ESN, tu n'as pas forcément effectivement de... de techs dispo sous la main pour aller voir ce qu'ils font, ça dépend de l'organisation. Moi, j'ai eu la chance d'être dans une ESL où il y avait quasiment toujours des équipes sur place parce qu'on avait des projets au forfait qui étaient gérés vraiment sur place, sur site, qui étaient vraiment gérés par l'ESL. Et donc, j'ai eu la chance d'avoir des techs qui étaient dispo, que j'allais regarder. Je l'ai fait plein de fois. Je prenais ma chaise, j'allais m'asseoir à côté d'eux. Je leur demandais quand même leur autorisation, leur consentement, tu vois. Est-ce que je peux m'asseoir et regarder ce que tu fais ?
- Speaker #0
Et en fait ça, ça m'a beaucoup aidé aussi à comprendre plein de choses qui ont l'air très trivial de l'extérieur mais par exemple pourquoi un dev va avoir besoin d'avoir deux écrans voire trois écrans pour travailler correctement. Il y a plein de gens qui pensent que c'est, je sais pas, que c'est à cause de leur côté geek, que c'est un caprice... Non pas du tout, c'est que en fait quand tu commences à coder et que tu as besoin aussi de voir le résultat et puis de faire aussi des recherches en parallèle parce que tu n'apprends pas tout ton code par coeur donc tu as besoin aussi d'aller regarder, d'aller vérifier, à voir deux voire trois écrans en fait c'est un confort et donc dans la qualité du code que tu vas produire dans ta performance, c'est hyper important et ça tu vois si tu l'expérimente pas, si tu vas pas travailler à côté de quelqu'un pour comprendre ce qui se passe au quotidien, ce qu'il est en train de faire, pourquoi il fait les choses de telle ou telle manière, évidemment t'as pas de raison de te dire c'est normal mais tous les recruteurs dans l'IT ont pas cette chance là moi j'ai eu beaucoup de chance sur ça parce que j'ai travaillé dans des organisations comme ça et pas que j'ai eu des ESL où il n'y avait personne qui était dispo Je pense qu'en cabinet, pour le coup, ça peut être très compliqué parce que tu n'as vraiment aucune équipe technique avec toi. Et puis, d'appeler, tu vois. Nous, en Indus,
- Speaker #1
on peut le faire. Nous, en Indus, on peut le faire. Coucou, est-ce qu'on peut faire une visite de poste et machin ? Vous, je pense, dans vos métiers, c'est encore autre chose. Et d'ailleurs, moi, c'était un vrai prétexte aussi commercial. Coucou, j'ai des nouveaux recruteurs. On ne connaît pas bien vos métiers. Est-ce qu'on peut venir faire une visite de poste ? Et puis là, tu fais copain-copain, tu vends des saucisses et puis tu... repart avec 5 recrutements alors que tu n'en avais qu'un, tu vois.
- Speaker #0
Je pense que tu vois ce que tu décris. Ce qui est un peu dommage, c'est qu'en ESN ou en cabinet, on a cette logique de beaucoup séparer le commercial et le recrutement. Ce qui fait que ceux qui vont aller chez le client pendant très longtemps, c'était les commerciaux. Et ça, c'est un truc, moi, qui m'a vraiment gonflée quand j'étais en ESN et où d'ailleurs j'ai tanné. les équipes commerciales et mon manager pour dire « En fait, je trouve ça injuste. Moi aussi, j'ai envie d'aller chez le client. Moi aussi, j'ai envie d'aller voir ce qui se passe. J'ai envie de comprendre comment les gens travaillent, quels sont les projets. J'ai envie de poser mes propres questions auxquelles les commerces ne pensent pas. J'ai envie de voir aussi l'environnement. Il y a des trucs tout bêtes, mais en fait, moi, j'y allais avec un œil extérieur en sachant très bien ce que les candidats me demandent. Et quand j'ai pu, je n'ai pas toujours pu le faire, mais quand j'ai réussi à convaincre des commerciaux de m'emmener avec eux en rendez-vous client. Il y a des choses très bêtes auxquelles on ne pense pas, mais par exemple, où se trouve exactement le client ? Est-ce qu'il est accessible en transport ou pas ? Est-ce qu'il y a un parking ? Toutes ces petites infos-là qui, au moment d'un recrutement et notamment au moment d'un closing, peuvent faire une différence. Où tu vas pouvoir dire, ouais, mais alors chez ce client-là, vous n'allez pas galérer parce qu'il y a un parking pour se garer. En plus, il y a plein de petits endroits autour pour aller acheter à manger. J'ai vu comment c'était. Ou alors, j'ai vu sur place qu'il y a un endroit pour manger avec, je ne sais pas, une cantine ou une vraie salle de pause avec des frigos, de quoi... de quoi réchauffer sa bouffe, etc. Ces infos-là ont l'air extrêmement triviales, mais en fait, c'est des détails qui sont super importants. Et si tu ne vas pas sur place, il ne faut pas rêver. Le commercial ne te donnera pas cette info, sauf si tu as anticipé et que tu lui as dit « Attends, tu vas chez le client, dis-moi s'il y a un parking, dis-moi s'il y a le métro à côté, dis-moi s'il y a la salle de pause, etc. » Peut-être qu'il y pensera. Mais c'est intéressant ce que tu dis, parce que je pense qu'il y a aussi le côté... On a un peu... enfin je pense que beaucoup de recruteurs ont intégré le fait que la place du recruteur c'est au bureau derrière l'ordinateur en train de scroller tu vois pendant des heures sur linkedin ou sur les jobs bornes et puis basta alors si deux fois par an tu as le droit d'aller dans les jobs dating les relations égales machin et puis tout voilà le reste du temps tu restes et coller à ta chaise tu sors pas parce que c'est pas ton job d'aller te balader je sais pas où quoi si balader
- Speaker #1
je te partage tout ça, coulisses, portraits, apprentissages et conseils chaque jeudi. Si tu veux t'abonner, recevoir cette newsletter, tu as le lien directement dans la description de l'épisode. Ouais, ouais, ouais, tu vois, mais c'est ouf parce que... Alors que moi, ce que je vais te dire, c'est qu'en fait, j'ai appris mon job de RH en prod. Enfin, en fait, dire j'ai fait des études, voilà, et j'ai appris en prod, tu vois ? J'ai appris en y allant, j'ai appris en comprenant les métiers, en comprenant leurs enjeux. C'est quoi la vie du manager ? C'est quoi ? Enfin, tu vois, en fait, c'est ça. Et effectivement, c'est aussi ça qui te permet d'être plus convaincant devant tes candidats, d'être aussi plus légitime face à tes managers. Parce que, tu vois, c'est un peu comme je fais un parallèle douteux.
- Speaker #0
Vas-y, j'adore. J'aime parler du tout dans le podcast. J'adore quand tu fais ça. J'attends. Moi, je suis fan.
- Speaker #1
Non, mais tu vois, c'est comme quand tu parlais de l'IA au début. Clairement, tu demandes un truc à l'IA que tu ne maîtrises pas. Je ne sais pas. Moi, je ne pipe rien, par exemple, sur les enjeux du SEO pour être mieux référencée. Si je fais un prompt pour travailler mon SEO, les rendez-vous vont être nazes. Voilà. En fait... Un peu pareil, c'est-à-dire que si tu connais que dalle au métier sur lequel tu vas recruter, ton brief, il va être absolument nul auprès du manager, en fait, et auprès du candidat quelque part. Donc, c'était tout.
- Speaker #0
Merci pour ce parallèle. Je n'ai pas trouvé ça si douteux, en vrai. C'est vrai ? En vrai, même pas du tout. Mais fais attention. Tu vois ?
- Speaker #1
Fais attention, je déteins sur toi, Hélène. Je ne sais pas si c'est une bonne chose.
- Speaker #0
Je ne sais pas ce qui est en train de se passer. Je ne sais pas ce qui est en train de se passer. mais au moment où j'ai pas trouvé ça douteux, j'ai trouvé ça hyper cohérent et pertinent, je sais pas ce qu'il se passe non plus sérieusement tu me tends la perche sur un truc important que je dis beaucoup en formation ces derniers temps et on parlait d'IA, enfin tu parlais d'IA, je pense qu'il y a un sujet important là-dessus, c'est que moi sur les équipes que j'accompagne en recrutement, j'observe que un des premiers réflexes qu'ils vont avoir c'est de confier à l'IA des trucs qu'ils savent pas faire c'est ouf et en fait je me bats pour leur dire mais Je comprends pourquoi vous voulez faire ça, mais c'est pas là où l'IA va vous aider tout de suite. Si vous ne maîtrisez pas le sujet que vous êtes en train de lui déléguer ou de lui demander, comment vous pouvez contrôler derrière qu'elle ne vous raconte pas de la merde ?
- Speaker #1
Tu ne peux pas !
- Speaker #0
C'est bête, mais en fait, c'est le même sujet. Et tu ne progresses pas !
- Speaker #1
Tu ne progresses pas non plus !
- Speaker #0
Si tu ne maîtrises pas les bases, comment tu sais qu'un client te raconte n'importe quoi ? Comment tu sais qu'il y a une demande irréaliste ? Comment tu sais que... Tu vois, par exemple, je vois souvent des techs qui dénoncent dans les annonces des listes de compétences ou d'outils qui sont interminables et qui sont souvent en plus contradictoires les unes avec les autres, ou des annonces qui demandent des technos, enfin une expérience de 6 ans sur une techno qui existe depuis 3 ans. Bon, bah évidemment... si t'as pas eu le réflexe de dire tiens on me demande cet outil, je vais quand même faire un petit check cet outil il existe bien depuis 5-6 ans, donc je peux vraiment trouver quelqu'un qui a cette expérience là t'as pas ce réflexe là, tu passes pour un con je pense que du coup ton client ou ton manager va se dire il m'a pas alerté ou il m'a pas posé la question donc moi aussi je passe pour un con et les candidats derrière, faut pas enfin je les comprends aussi, tu vois qu'à un moment ils se disent mais en fait ces gens ne comprennent rien ils ne s'y intéressent pas Je trouve ça dur. Je me bats pour expliquer au côté candidat pourquoi c'est si compliqué côté tech. Mais j'avoue qu'il y a des moments où ça me laisse un peu perplexe de me dire comment on peut se dire je suis recruteur IT alors qu'on pipe absolument rien du tout et qu'on se dit, oui, mais ce n'est pas mon métier, je ne viens pas de la tech. Oui, d'accord, mais il y a quand même un juste équilibre, on en a parlé, toi et moi, entre je ne comprends rien du tout et je m'en fous. c'est pas mon métier et je suis un super expert je fais du dev sur mon temps libre il ya peut-être un juste milieu entre les deux et et en tout cas moi c'est ça tu vois que je cherche en formation c'est pas je dis pas aux gens vous allez faire dix heures de formation avec moi et puis en claquant des doigts ça a été un miracle ouah génial vous allez décoder tous les parcours les cv les acronymes mais c'est plutôt l'idée de déjà on construit des repères tu vois d'avoir ce qu'on appelle le vernis technique un dans chez nous avoir un bon vernis Et puis ensuite, d'avoir cette curiosité, d'avoir ce truc de se dire, je ne prends pas pour argent comptant ce que me donne un client ou un manager ou ce que me donne un candidat. Parce que c'est le même principe qu'avec l'IA. Si tu ne comprends rien, à quel moment tu sais qu'un client te raconte n'importe quoi ou te demande quelque chose de complètement irréaliste ? Et à quel moment tu sais qu'un candidat bluffe ou pas ? Ben, t'en sais rien.
- Speaker #1
Ben non, tu ne sais pas. Et tu vois, du coup, j'ai envie de t'emmener vers un autre sujet. En fait, c'est la culture métier, tu vois. Parce que ça, c'est un vrai truc. En fait, et c'est particulièrement vrai pour l'industrie. Moi, j'arrive, je te dis, je viens de la culture tout court. Pas la culture métier, mais moi, mon écosystème. Avant de mettre un pied dans le recrutement et un pied dans l'industrie, je viens de la culture. Deux salles, deux ambiances. Mais comme quoi, ça me sert aujourd'hui, tu vois, j'ai un podcast. Donc, on s'en rapproche. On s'en rapproche, mine de rien. On s'en bat trop.
- Speaker #0
C'est très éloigné, c'est sûr.
- Speaker #1
Non, mais c'est très éloigné, tu vois. Et en fait, j'arrive et dans l'industrie, tu as quand même une culture du pragmatisme. du résultat, une culture, enfin tu vois, c'est un peu, voilà, une culture ingénieure en fait, enfin 1 plus 1 égale 2, on avance petit à petit, alors après ils sont très drôles, moi j'aime beaucoup, sinon il y a longtemps que je serais partie, bien plus drôle que dans d'autres secteurs dans lesquels j'ai travaillé d'ailleurs, mais bon, tu vois, et en fait, il y a du coup en déclinaison de ce socle de valeurs, de cultures, de raisonnements, en déclinaison, t'as le langage en fait. Et à quel moment tu peux être RH ou recruteur sans t'approprier le langage ? Tu vois ? Moi, je sais que il y a des outils que j'utilise aujourd'hui, il y a des termes que j'utilise aujourd'hui. En fait, on arrête de me prendre pour une idiote parce que... Ah putain ! Pardon, je ne dis pas souvent de gros mots dans le podcast, c'est fou, vous voyez.
- Speaker #0
C'est moi qui te déteins dessus, parce que moi je jure comme un chartier. C'est vrai ?
- Speaker #1
Je ne crois pas que je dise souvent de gros mots dans le podcast. Peut-être qu'il faut en dire plus. Ça, c'est plus en off, je dis des gros mots.
- Speaker #0
Mais pas en commentaire. Vous voulez voir ?
- Speaker #1
T'as vu, ça m'a même fait bizarre. Je me suis dit, oh mon Dieu, c'est mon éducation judéo-chrétienne qui ressort. Et on part totalement en vrille. Et en fait... tu vois, tu peux pas enfin en fait je sais que je marque des points quand j'arrive avec des outils ou du langage commun en fait, c'est tout de suite ah bah ok on me traite moins de jeunes maintenant mais bon je l'ai vécu ça,
- Speaker #0
ok la petite jeune elle arrive et pipe que dalle quoi tu vois ah bon mais attends il y a trop de trucs intéressants dans ce que tu viens de dire je sais pas quand on va pouvoir rebondir sur tout j'ai trop de trucs à dire bon déjà je vais rebondir sur ce que tu as dit à la fin Parce que je pense que dans l'indus comme dans la tech, quand tu es une femme, et notamment quand tu es une femme jeune, quand tu démarres dans un domaine, pour faire tes armes et être pris au sérieux, tu dois en faire plus que des hommes.
- Speaker #1
Et pour le coup, deux domaines plutôt typés masculins, en tout cas.
- Speaker #0
Oui, clairement. Alors, ça évolue. Potentiellement, je pense de ton côté aussi. Mais en tout cas, moi, dans la tech, je vois des évolutions, même si c'est lent, c'est difficile. Mais moi, j'ai eu beaucoup, beaucoup d'a priori, de réflexes, pas forcément consciemment misogynes, tu vois, mais de gens... Enfin, moi, j'ai eu plein de candidats qui disaient « je ne sais pas, mais vous comprenez ce que je dis ? » Oui, ça va, c'est bon, je comprends ce que vous êtes en train de dire.
- Speaker #1
Je parle difficilement français, mais à peu près.
- Speaker #0
En fait, ça va, j'y allais, je m'en sors. Je préférais qu'on parle de cuisine ou quoi, mais je m'en sors. Mais il y a vraiment ce truc où je pense aussi que, tu vois, quand je te parlais du déclic sur cet architecte qui m'a dit « Vous ne comprenez rien à mon job et visiblement rien au vôtre » , je pense qu'il y a aussi un truc où je me suis dit « Il faut que je fasse mes preuves, ces gens, il faut que j'aille les convaincre que j'ai ma place ici, que je comprends ce qu'ils font, que je m'y intéresse, que j'ai de la curiosité, et peu importe que je sois une femme ou que je ne vienne pas de la tech, c'est accessible. Il n'y a pas de raison que je n'y arrive pas, il n'y a pas de raison que je ne comprenne pas. » Donc il y a eu un peu un truc d'ego, tu vois, aussi, de me dire...
- Speaker #1
Je l'ai tabassé, quoi.
- Speaker #0
Ouais, non, mais... Enfin, voilà, je veux sortir de ce truc où c'est un truc de geek, tu vois, dans l'imaginaire collectif pendant très longtemps, le dev, le tech, c'est le gars qui est devant son PC avec sa pizza, sa canette de Red Bull ou de Coca, qui ne sort pas, qui ne se lave pas, qui joue aux jeux vidéo pendant 72 heures. Enfin, tu vois, le truc bien cliché. Et je pense que j'ai eu envie aussi de montrer que tu n'as pas besoin justement d'avoir tout ce bagage technique, que ce n'est pas un truc de geek, que la tech, ce n'est pas un truc réservé à une élite ou à des gens qui sortent d'école d'enjeu. Ça, c'est le premier point qui me fait rebondir sur ce que tu dis. La deuxième chose, c'est que je pense que développer sa culture, que ce soit dans la tech, dans l'indust, Dans le domaine dans lequel tu recrutes, peu importe, parce que c'est exactement pareil dans le domaine médical, où il y a aussi des termes à retenir, dans le BTP, dans les énergies renouvelables, tout ce que tu veux. Chaque métier a ses spécificités. Je pense que vraiment t'acculturer, adopter cette culture, adopter les outils, adopter le vocabulaire, le langage propre à ton domaine, ça aide aussi à se différencier. Et c'est le message aussi que je fais passer aux gens que je fais. Ce n'est pas juste un truc pour mieux gérer au quotidien, être plus à l'aise dans ses baskets, comprendre. Mais c'est aussi un vrai atout différentiel. Sur un marché où il y a des centaines de SN, des centaines de cabinets qui se disent spécialisés dans la tech, si toi vraiment tu marques des points auprès de tes clients ou tes candidats parce que tu te positionnes, Alors, peut-être pas tout à fait d'égal à égal, mais que tu as des questions qui sont vraiment pertinentes, que tu comprends les enjeux, que tu comprends les problématiques, que tu utilises les bons termes, que tu sais à quoi sert tel ou tel outil, comment se déroule un projet, comment les équipes travaillent ensemble. Et bien sûr que tu marques des points, et tu marques des points qui vont faire que les clients vont te rappeler naturellement parce qu'ils ont confiance en toi, parce qu'ils sentent ta légitimité, ils sentent ta crédibilité sur le sujet. Et c'est exactement pareil côté candidat.
- Speaker #1
Mais tellement. Mais tu vois, moi, si je te donne un exemple, le cœur de mes accompagnements, qui est quand même d'appliquer le Lean à la fonction RH. Donc, j'ai tout pompé. J'ai rien inventé. J'ai tout pompé en prod. Donc, j'ai appris ça en prod. et parce que j'avais un poste régional pour accompagner les entreprises à développer leur performance industrielle, pour la faire courte. Aujourd'hui, quand j'arrive... et j'ai traîné mes guêtres dans plein plein de boîtes évidemment, mais quand j'arrive dans une entreprise industrielle et que je questionne leur organisation en termes de flux, en termes de processus, en termes de standards au poste de travail, etc. Bah oui, tout de suite, c'est ok. Et je rejoins ce que tu dis du côté des femmes très souvent. Alors je pense un peu moins maintenant parce que déjà j'ai plus 25 ans, ça commence un peu à se voir. C'est le côté là.
- Speaker #0
Non, c'est super. Arrête.
- Speaker #1
Mignonne. Non, mais tu vois, j'arrive à un âge où c'est plus simple. Mais n'empêche que, ne serait-ce que le fait d'être une femme, il y a souvent ce regard de prime abord de « ok, pipe que dalle » . Mais après, est-ce que c'est ça ou est-ce que c'est de la bienveillance trop bienveillante presque ? À dire « oh, je vais prendre soin d'elle, je vais l'accompagner dans l'atelier » . Enfin, tu vois, je ne sais pas trop, mais ça met toujours dans une situation un peu complexe Ou au final, je suis obligée d'étaler un peu ma science pour montrer que vas-y, t'inquiète, je connais le délire. Je ne sais pas si tu vois ce que je veux dire.
- Speaker #0
Je te dis que j'ai eu l'impression qu'il fallait que j'en fasse plus. Ça me fait rire parce que je ne sais pas si tu as déjà entendu ça. Les recruteurs ont souvent tendance à dire un truc quand on parle justement de poser des questions aux candidats. J'entends très souvent les gens qui vont dire, moi je vais me dire au candidat, explique-moi comme si j'étais un enfant de 5 ans. J'ai eu ce réflexe pendant quelques temps, au tout début où je recrutais dans la tech, jusqu'à ce qu'un jour un candidat me dise, en fait je ne vais pas vous expliquer comme un enfant de 5 ans, déjà parce que 1, vous n'êtes pas un enfant. 2, en fait je pense que vous êtes tout à fait capable de comprendre les choses si je vous explique avec un langage d'adulte. C'est juste que je vais m'adapter à vous. Et c'est à vous aussi de mettre le curseur pour voir ce que vous comprenez ou pas. D'autant que dans la tech, la notion de vulgarisation chez des devs ou autres, elle est quand même très importante. Parce que c'est des gens qui vont très souvent travailler avec le côté métier, avec des gens qui ne sont pas de la tech. Et donc, dans leur job, le côté vulgarisation, le côté savoir expliquer leur métier de manière très simple, sans faire appel au jargon ou autre, ça peut être un critère d'évaluation. Ça peut être une compétence. recherchées qui est vraiment...
- Speaker #1
Notamment peut-être quand ils ont des comptes à clients ou j'imagine.
- Speaker #0
Exactement, les comptes à clients où tu vois les équipes qui font du support, qui vont être vraiment en direct avec des utilisateurs. En fait, ils ne peuvent pas. Cliquez, cliquez. Vous avez redémarré votre PC ? Bon, tu vois ce que je veux dire.
- Speaker #1
Est-ce que vous voyez la boîte noire à côté de votre écran ? La boîte noire. Vous appuyez dessus de manière... prolongé pour redémarrer. Non,
- Speaker #0
bah, 6, 4, 3, comptez ! 6, 4, 3, c'est bon ! Bon, tu vois le truc, mais ce candidat, quand il m'a dit ça, quand il m'a dit, en fait, vous n'êtes pas un enfant. J'ai trouvé ça intéressant parce que, enfin, je pense que les enfants comprennent énormément de choses, c'est pas un problème de savoir si les enfants sont éveillés ou pas, c'est pas le souci. Mais c'est simplement que je pense que quand, en tant que recruteur, tu commences déjà à te dire... expliquez-moi comme un enfant de 5 ans qui ne comprendrait rien, tu te mets déjà dans une posture où tu es en train de dire à la personne en face de toi, je suis inférieure, je ne comprends rien, vraiment prenez des pincettes et allez-y, faites vraiment le basique de chez basique. J'entends la notion derrière, mais à partir de là, j'ai changé la formulation et j'ai plutôt eu tendance à dire, comment vous expliquez tel ou tel truc à vos amis ou à votre maman par exemple. Je vais plutôt aller chercher du côté de personnes qui sont des pères, des amis, des collègues de la personne, plutôt que d'aller infantiliser la relation. Parce qu'inévitablement, quand même, dans notre société, dire « je me mets dans la peau d'un enfant de 5 ans et je ne comprends rien » , Ça peut te mettre dans une posture d'infériorité qui n'est pas forcément consciente. Mais je pense qu'on a parfois tendance à le faire. Et dans la tech, et quand tu es une femme, faire ça, je pense que ça peut jouer en ta défaveur et te mettre vraiment dans une position qui n'est pas du tout confortable. En tout cas, moi, ça m'a fait un déclic, tu vois.
- Speaker #1
Oui, tu vois. Après, moi, vraiment, le truc qui m'a aidée en prod, Bon, tu sais que j'ai découvert une passion pour les process. Et en fait, le truc qui m'a vraiment grave aidée à sortir de ce sentiment d'infériorité, c'est de décliner, par exemple, une fiche de poste, enfin, en tout cas, une visite de poste, parlons juste d'une visite de poste, la décliner en mode process, tu vois ? Je trouve que c'est hyper aidant de dire, OK, ta première étape, bon... Après, si je prends les exemples des métiers en production, je ne sais pas, je suis chaudronnie. Reprenons l'exemple de mon tourneur-fraiseur. Les étapes, elles sont claires parce que c'est une production. Donc évidemment, ça change en fonction de la pièce, en fonction des cycles, etc. Mais grosso modo, le process, le procédé, il est toujours le même. Et donc, tu vois, ça m'a beaucoup aidé à dire, vas-y, explique-moi. OK, ta première étape, c'est quoi ? D'accord, tu fais ça, tu utilises quoi ? Tu utilises quels outils ? Ok, donc toi, t'es sur telle machine, parle-moi de ta machine, c'est quoi le langage de ta machine, etc. Tu vois, d'avoir vraiment cette approche de viens, je décortique. En fait, c'est tout bête. Et tu vois, à la fin, une fois que j'ai posé mes post-it avec à côté les livrables, enfin, qu'est-ce qui est terminé une fois cette étape, et de l'autre côté, quels outils la personne a utilisé, tu vois je suis dans une position presque de facilitatrice parce que ça va leur être utile déjà ce que je fais et ce sera hyper visuel parce que ça va tenir sur une page et moi j'ai tout compris c'est
- Speaker #0
tout bête très bien alors après quand tu dis c'est tout bête mais encore faut-il avoir le recul et d'affin comment dire Je te disais tout à l'heure que je trouvais qu'on avait normalisé beaucoup de choses dans le recrutement. Je trouve qu'on répète trop souvent aux recruteurs qu'ils n'ont pas besoin de tout comprendre. Et du coup, comme on leur a beaucoup répété ça, en fait, il y a des choses qui ne s'autorisent pas à faire ou qui ne prennent pas le temps de faire. Moi, j'entends souvent des recruteurs qui me disent « Non, mais j'ai envie de comprendre, mais je n'ai pas le temps. Je n'ai pas pris le temps de le faire. » Genre, ce n'est pas mon job. Oui.
- Speaker #1
Tu vois ?
- Speaker #0
Je ne sais pas par quoi commencer. Je ne sais pas comment m'y prendre. et ce que tu viens de décrire, c'est intéressant parce que c'est... procédé que moi j'ai eu de mon côté, tu vois, de décortiquer, d'abord de cartographier déjà, tu vois, les différents métiers, parce que quand on dit l'IT, c'est comme l'induce, c'est tellement vaste, il y a tellement de métiers à l'intérieur, tellement de pôles, enfin voilà, tu vois, on va souvent résumer la tech au développement, mais le développement, c'est une toute petite brique dans l'IT. Donc j'ai commencé par cartographier tout ça, moi je suis très visuelle aussi, donc je fais des schémas, et d'ailleurs je m'en sers beaucoup en formation. Et il y a beaucoup de recruteurs qui me disent « Ah ouais, mais je n'avais pas ce réflexe, je n'avais pas pensé à faire ça parce qu'en plus, on m'a répété plusieurs fois, mais tu n'as pas besoin de tout comprendre. » Et je comprends. Moi, on m'a dit ça quand je posais plein de questions pour essayer de comprendre. Il y a plein de gens qui m'ont dit « Mais arrête, tu n'as pas besoin de tout comprendre, tu n'as pas besoin d'avoir toutes ces infos-là. Pourquoi tu veux comprendre ça ? Ça ne sert à rien. » Pardon ? Mais si ! Tu vois, je trouve ça fou en fait qu'on… qu'on limite les gens et qu'on leur dise t'as pas besoin de tout comprendre. Alors, j'entends l'idée de faut pas aller trop loin parce qu'après, tu peux te perdre dans des détails, dans des niveaux de détails qui sont peut-être pas forcément utiles. Mais encore une fois, je trouve qu'il y a un équilibre entre c'est pas ton job, t'as pas besoin de tout comprendre et tu vas devenir expert d'un truc, quoi.
- Speaker #1
Ouais, mais alors du coup, j'ai envie de te poser une question.
- Speaker #0
Bah vas-y.
- Speaker #1
Parce que quand t'es recruteur, potentiellement, tu vas... Oh punaise, je vais te poser deux questions. C'est maintenant. Non mais quand t'es recruteur, potentiellement, t'es pas spécialisé. Donc est-ce que la solution c'est d'être spécialisé ? Et deuxième question que j'ai, je prends mon exemple et shame on me, vraiment. Moi, il y a toujours des profils que j'ai préféré recruter. Tu vois, j'ai une passion pour l'usinage. L'usinage, je ne sais pas, j'adore l'usinage. J'adore recruter des métiers ingés, responsables d'amélioration continue, process, etc. Bon, voilà, je ne sais pas te l'expliquer. Il y a toujours des métiers comme ça sur lesquels j'ai des préférences. Donc, qu'est-ce qu'on fait de ça ? Et comment je fais si je ne suis pas recruteur SP ? Parce qu'évidemment, je ne peux pas connaître l'ensemble des métiers, tu vois.
- Speaker #0
C'est une bonne question. Alors déjà quand même globalement, dans l'IT, même si tu y arrives souvent complètement par hasard, voire par défaut, quand tu recrutes dans l'IT, que ce soit une ESN ou un cabinet de recrutement, ou même d'ailleurs en interne, parce que tu as du recrutement tech évidemment, en interne, dans des grosses boîtes, dans l'industrie aussi, dans l'indus, ou enfin je ne sais pas. dans plein de types de structures, tu as évidemment besoin de recruter des profils tech. Globalement, toutes les entreprises recrutent des profils tech. Donc, tu vas quand même avoir régulièrement, si tu recrutes en ESN, par défaut, tu deviens un recruteur spécialisé dans l'IT. Parce que c'est le métier. C'est clair. Oui, bien sûr. Maintenant, je pense qu'il faut trouver le curseur de spécialiste versus un peu plus généraliste. C'est aussi de capitaliser justement sur les postes que tu fais. Globalement, quand tu travailles dans une entreprise, tu ne vas pas avoir des nouveaux postes non plus tous les quatre matins. Il y a quand même des jobs qui vont se ressembler, il y a quand même des compétences qui vont se recouper. Donc, c'est aussi de capitaliser sur ce que tu apprends au fur et à mesure. Souvent, ce que je vois chez les recruteurs, c'est qu'ils mettent de côté. Ils ont fait un recrutement un peu ponctuel sur un profil tech et tout, puis ils se disent « c'est bon » , puis ils croisent les doigts pour que ça n'arrive plus jamais. ils vont être beaucoup plus à l'aise sur d'autres fonctions, de la vente, du management, ce que tu veux. Donc, ce que je trouve dommage, c'est de ne pas capitaliser sur les postes sur lesquels tu vas intervenir, même de manière ponctuelle. C'est dommage. Donc, je ne sais pas, ça peut être plein de choses. Ça peut être de te faire un petit doc sur ce que tu veux, un notion, même un cahier, peu importe. Mais de te noter des petites choses qui vont te resservir plus tard. De te dire, tiens, si je retombe sur un profil comme ça, les mots-clés associés, c'est ça, les différents intitulés de postes que je peux utiliser, c'est ça, etc. Donc, te faire un petit mémo, un petit truc que tu pourrais réutiliser. Et il y a de grandes chances que tu t'en sers. Après, tu poses la question, est-ce qu'il faut se... Ça amène sur le débat spécialisation versus généraliste, qui est un gros débat dans le recrutement. Il y a vraiment un truc très, très fort là-dessus.
- Speaker #1
D'ailleurs, je pense très, très fort à Sébastien Danel.
- Speaker #0
Je pense à Sébastien aussi, forcément.
- Speaker #1
Mais tu as vu que Sébastien, il a brillé. Il est passé spécialiste maintenant. Sébastien...
- Speaker #0
Bienvenue à la raison, bien sûr. Non, sans blague. Je comprends les arguments des deux côtés. Le risque, évidemment, de la spécialisation, c'est aussi de t'enfermer dans quelque chose qui fait qu'à un moment, tu recrutes, je pense particulièrement aux personnes qui vont recruter sur une zone géographique un peu limitée. Tu vois, moi, ça a été mon cas. J'ai recruté pendant 9 ans des profils TAC sur Lyon. quasi exclusivement. J'ai eu de temps en temps des missions pour d'autres régions, etc. Mais j'ai quand même beaucoup recruté sur lui. C'est vrai qu'au bout d'un moment, quand tu recrutes presque toujours les mêmes profils sur la même région, à un moment, tu as un sentiment quand même de tourner en rond. Alors oui, d'un côté, tu capitalises, tu te fais un pool de gens qui te connaissent bien, que tu connais très bien, et c'est chouette. Mais c'est vrai qu'à un moment, tu manques un peu d'oxygène et tu as le sentiment de justifier de tourner en rond. Donc ça, c'est le petit truc que je vois. Et c'est là où ça peut être intéressant. d'aller chercher des sujets un peu annexes. Tu vois, aujourd'hui, quand on cherche des devs, c'est rare qu'on ne cherche que du dev. On va souvent chercher des développeurs qui maîtrisent des compétences en cloud, qui maîtrisent des sujets de cybersécurité parce que c'est des enjeux importants. Et du coup, petit à petit, tu vas élargir un peu ta cible en te disant, j'ai un cœur de métier, de profil sur lesquels j'interviens. Mais qu'est-ce qu'ils font d'autre ? Quels sont les sujets qui sont un peu autour, qui sont un peu annexes ? Ou alors, une bonne manière de faire aussi, c'est de se dire, OK, les profils que j'ai l'habitude de recruter, je reprends le dev parce que c'est mes profils chouchous, tu vois. Moi aussi, ils font des... Comment ils évoluent ? Vers quoi ils évoluent ? C'est quoi la suite logique d'évolution pour un dev, tu vois, qui a trois, quatre ans d'expérience ? Globalement, il y a deux grandes évolutions possibles dans plein de métiers. Soit tu vas vers du management de la gestion de projet, soit tu vas vers de l'expertise technique. Et du coup, en t'intéressant un peu à ça, c'est pareil, tu vas un peu élargir ta base de profil. Il va te permettre de rester dans le domaine, de garder, de capitaliser sur ta spécialisation, mais d'ouvrir un peu le champ des possibles, pourquoi pas les projets, les clients avec lesquels tu vas travailler, etc. Donc, je reste prudente par rapport à l'hyperspécialisation. Je trouve que c'est bien parce que ça te permet aussi d'être une référence dans ton domaine. On pense à toi, on a le réflexe de t'appeler parce qu'on t'a identifié comme étant spécialiste de cette niche-là. Mais pour ne pas t'enfermer, je pense que c'est bien de regarder un peu ce qui se passe autour, d'aller chercher d'autres compétences, les évolutions possibles. Du coup, ça t'ouvre des portes derrière. En tout cas, c'est ce qui s'est passé pour moi et c'est ce qui se passe pour pas mal de recruteurs que j'accompagne.
- Speaker #1
Ok, trop bien. Nous sommes à 58 minutes, Hélène.
- Speaker #0
Waouh, ça a passé très vite.
- Speaker #1
C'est passé vite ? Ça va ? Ça a été quoi, Kévin ? Ah ouais, alors Hélène me disait juste avant, oh, j'aurais un peu stress et tout. Ouais,
- Speaker #0
ouais. C'est vrai, j'ai aussi dit, je vais raconter n'importe quoi, j'aurais peut-être rien à dire. Bon, écoute, apparemment, ça va.
- Speaker #1
Je crois qu'on a apparemment manqué de sujet. À mon avis, on n'a pas été trop cons. Oh là là, deuxième gros mot, t'as vu, Florilège ?
- Speaker #0
Écoute, on verra, je ne sais pas. En tout cas, j'ai passé un bon moment. J'ai même oublié à certains moments qu'on était en gestation.
- Speaker #1
Ah, c'est cool. En même temps, c'est souvent un peu mon goal qu'en oubliant. On était en visio, en train de papoter. Du coup, c'est bien parce qu'on a abordé des sujets qu'on n'a jamais abordés. Donc, alors, attends quand même. Qu'est-ce qu'on se dit ? Qu'est-ce qu'on se dit ? Recrutement tech, recrutement indus ? Je pense qu'on est quand même partis sur un beau match nul. Moi, je te donnerais, je te donne un point. On n'a pas trop pu aborder le sujet parce qu'on s'est dit trop de choses. Mais toi, tu as clairement un point sur la vulgarisation. Franchement, tu es trop forte avec ce que tu fais. Sur la vulgarisation, je te l'ai dit d'ailleurs, je t'ai dit moitié, je te déteste parce que ça me donne encore envie de faire ça pour l'industrie,
- Speaker #0
mais je n'ai pas le temps. Je viens de lire que tu m'as écrit pour dire, ça me donne trop envie de faire pareil.
- Speaker #1
Ouais, c'est ça. Tu sais, je me suis retenue très forte. Non, c'est super. Non, je ne peux pas, ce n'est pas un projet pour l'instant. Non, c'est génial. Franchement, ce que tu fais niveau vulgarisation, mais plus un, plus deux, trop bien. Et au final, quand même. je pense qu'on est quand même plus proche du match nul, c'est là que tu te dis que on a des univers qui sur le papier sont éloignés et pour autant avec les mêmes contraintes et les mêmes enjeux et voilà de toute façon on recrute des métiers tech dans l'industrie et de plus en plus au vu des enjeux évidemment de digitalisation donc en tout cas moi j'ai beaucoup aimé cet épisode. On te retrouve où ? On te retrouve sur LinkedIn pour prendre connaissance de toutes ces belles formations que tu fais. Sur LinkedIn,
- Speaker #0
ouais, j'y passe tellement de temps que je suis toujours là. Après, si tu tapes Elenie, tu vas tomber assez rapidement sur mon site, très vite. Et tu peux me contacter. Il y a toutes les infos sur mon site. Contactez pour papoter, pour voir ce que je fais, etc. Mais ouais, le plus simple, c'est LinkedIn.
- Speaker #1
Ok. Hélène, merci beaucoup. Et merci à toi. Je te dis à bientôt alors.
- Speaker #0
À bientôt, classe.
- Speaker #1
Salut, bye. Encore merci de nous avoir écoutés. Il est temps de se retrouver lundi avec un nouvel invité. C'était Claire Tenayot, fondatrice de Be Wanted, et vous venez d'écouter un épisode de l'Industrie qui fait envie. Bon, pour être certain de ne rien manquer, pensez à vous abonner, que ce soit sur Spotify, Deezer ou Apple Podcast. Surtout, pensez à laisser un avis 5 étoiles pour lui donner de la visibilité. Allez, à bientôt sur l'Industrie qui fait envie.