- Speaker #0
Hello et bienvenue sur le podcast La Révolution dans l'Assiette. Je suis Claire, photographe culinaire et créatrice de recettes végétales, passionnée et engagée pour un avenir plus responsable. Chaque semaine, je te retrouve seule ou accompagnée de mes invités à la découverte d'une alimentation végétale et plus responsable. Ensemble, nous allons ouvrir les portes de l'univers végétal et partir l'explorer. Alors, installe-toi bien et c'est parti ! Bonjour Isabelle.
- Speaker #1
Bonjour Claire.
- Speaker #0
Ravie de te recevoir ici sur le podcast du Pôle à la Révolution dans la Science.
- Speaker #1
Merci beaucoup pour l'invitation, moi aussi je suis ravie.
- Speaker #0
Ça fait un moment qu'on voulait échanger ensemble, tu es venue dernière pour ton inauguration, c'est au USAI, et en fait, quand on a discuté aussi sur Instagram, il y avait pas ta personnalité, ce que tu fais, il fallait que tu viennes sur le podcast. Du coup, je suis ravie qu'aujourd'hui on puisse échanger et discuter autour de ce beau projet. qu'on puisse faire le neuf en lune et que les auditeurs puissent aussi découvrir comment tu as créé ce projet.
- Speaker #1
Merci beaucoup, ça me fait vraiment plaisir. Je m'appelle Isabelle, j'ai 30 ans et j'ai ouvert Wasai maintenant depuis bientôt deux ans. Oui, c'est ça, en début août 2026. Ça fera deux ans que Wasai a vu le jour. Mais avant ça, j'avais créé une page sur Instagram qui s'appelait Canal Hibiscus. Donc j'ai commencé à vendre quelques gâteaux, quelques pâtisseries vegan avec des saveurs d'Afrique et des Antilles sur commande pour tester un petit peu le concept et voir si les Lyonnais, les Lyonnaises étaient réceptifs à ce que j'avais envie de proposer. Et puis au bout d'un an de commandes de pâtisseries, j'ai vu qu'il y avait un engouement. Je recevais même parfois des demandes de stages. donc je pense que certaines personnes pensaient même que c'était déjà une... Une boutique physique, alors qu'en fait je faisais mes gâteaux à la maison, dans ma petite cuisine. Et donc j'ai passé un peu plus d'un an à me former à l'entrepreneuriat, à rechercher un local, rechercher un financement. Et puis quand toutes les étoiles se sont alignées, voici aîné dans le premier arrondissement de Lyon.
- Speaker #0
Et c'est un très beau lieu, j'ai filmé l'interview ici. C'est un magnifique lieu, je vous laisserai le découvrir sur son Instagram. J'ai des grands belgitrés à l'ombre. La décoration est magnifique. C'est vraiment très beau. Est-ce que tu peux nous expliquer le nom Wasai ?
- Speaker #1
Oui, alors Wasai, en fait, c'est le nom d'un palmier qui pousse en Amazonie. Au Brésil, il est connu sous le nom de Asai. Je crois plutôt la prononciation. Et en Guyane, on l'appelle le Wasai. Les premières fois où je suis partie en Guyane, parce que j'y suis allée seulement à l'âge adulte, depuis mes 19 ans, j'ai découvert tout un tas de nouveaux fruits, de nouvelles saveurs, comme la toumo, comme la prune de citerre, plein de fruits, plein de plantes comme ça. Et c'est vraiment le wassail qui a été un coup de cœur. Et j'aime beaucoup la symbolique du palmier, cette idée de résistance, de prospérité, et puis que peu importe... La météo, les orages, c'est un arbre qui ne se casse pas. Ça me plaît beaucoup. Et j'aime bien la sonorité aussi de Wasai, parce que l'idée de mon lieu, c'était aussi de tisser des ponts entre le continent africain et la diaspora à travers le monde, notamment sur le continent américain, du fait de l'histoire de l'esclavage et de la colonisation. Et voilà, aussi en étant basée à Lyon, je voulais vraiment créer un triangle vertueux entre le continent africain, les diasporas en Amérique et puis l'Europe. Et Wasai, ça sonne un petit peu aussi comme Maasai, le nom du peuple de Tanzanie. Et voilà, j'aimais bien ça. Il fallait bien trouver un nom à un moment donné parce que j'hésitais entre tout plein de mots en français, en anglais, en créole. J'avais même fait un sondage aussi il y a deux ans pour récolter quelques mots en langue africaine aussi. Et finalement, j'ai préféré revenir un peu aux sources, parce que mon père est originaire de la Guyane. Donc plutôt que de chercher un nom dans une langue que je ne parle pas, je m'étais dit qu'un mot qui vient de la Guyane française, c'était pas mal.
- Speaker #0
Dans ce que tu nous racontes, on sent beaucoup les origines. Est-ce que du coup, ça, c'est un peu le retrait de qui tu es ou qui tu as voulu devenir ? Est-ce que tu peux nous en expliquer un peu tout ça ?
- Speaker #1
C'est totalement ça. Je pense que je n'aurais pas pu faire quelque chose sur un projet autant... en accord avec mes valeurs, avec mon identité, avec ma personnalité, que Wasei. Ce que je dis parfois, c'est que ce qui manquerait à la rigueur pour que je puisse coller encore plus à qui je suis, ce serait vraiment d'avoir créé un café qui soit en permanence ouvert sur l'extérieur et entouré d'arbres, de plantes, où les clients viendraient pieds nus et on serait tout le temps habillés comme si on avait une météo tropicale. Mais bon. À Lyon, ce n'est pas possible. Donc on va dire qu'à Lyon, je suis vraiment allée au bout de ce que j'avais envie de réaliser. Parce que Wasay, du coup, c'est un café afro-végan, comme je l'appelle. Parce qu'ici, l'offre est 100% végane, aussi bien dans les boissons, dans les pâtisseries, l'épicerie fine. Et puis bientôt, quelques propositions salées aussi qu'on va proposer à partir du mois de juin. Et pourquoi afro ? parce que je travaille majoritairement avec des saveurs, avec des produits, avec des plantes, des fruits, des épices, des super aliments qui viennent du continent africain et aussi d'Amérique du Sud, un petit peu d'Asie aussi, tout ce qui va être un peu tropical, mais qui est principalement consommé par la communauté, les Africains et les Afro-descendants à travers le monde. Et en plus d'être un café, un salon de thé, c'est aussi un lieu culturel. Je ne voulais pas dissocier ces deux aspects de qui je suis. Parce qu'à la base, je voulais être photographe. J'ai étudié la photographie pendant trois ans dans une école d'art. J'ai ce bagage culturel et artistique qui est très présent dans ma vie. C'est vraiment une passion. Je m'étais dit que quitte à avoir un lieu physique dans un local, c'était aussi l'opportunité de pouvoir organiser des expositions, accueillir des ateliers, des événements. En tout genre, ça va vraiment du bien-être à travers des cours de yoga, des cafés littéraires, des ateliers de peinture, de couture, des rencontres de networking, quelques concerts et spectacles aussi. Donc c'est vraiment un lieu polyvalent, gourmand, ouvert à tous et à toutes, pas seulement aux personnes véganes, pas seulement non plus aux personnes afrodescendantes, c'est vraiment pour tous les curieux, toutes les personnes qui ont envie de se faire plaisir avec des gourmandises saines. découvrir ou redécouvrir aussi des saveurs afro, des saveurs tropicales, et puis venir passer un bon moment, soit autour d'un livre, parce qu'on a un espace bibliothèque aussi, autour d'une expo, autour d'un événement, voilà. Et c'est vrai que c'est très en accord avec mon identité, parce que moi je suis une grande gourmande, en même temps je suis soucieuse aussi de mon impact sur l'environnement, sur les animaux et sur les êtres humains aussi. Je voulais vraiment que ce soit un projet qui soit le plus éco-responsable possible, éthique aussi, que ce soit dans le choix de mes ingrédients, dans les personnes avec lesquelles je travaille. J'essaye vraiment d'avoir un respect du vivant, des animaux, de l'environnement et des travailleurs aussi, notamment à travers des produits bio équitables aussi, faits par les coopératives de femmes. Je vais vraiment faire un sourcing de tous mes ingrédients pour qu'ils soient les plus éthiques possibles. Par exemple aussi à travers le café. Je prends un café d'Ethiopie qui est torréfié directement à Villeurbanne par la belle brûlerie. Il est bio, équitable et je sais qu'il y a un sourcing des fèves qui a été fait vraiment consensueusement. Tout comme le chocolat aussi de Dickers. Pareil, c'est vraiment des fèves qui ont été sourcées de manière à être sûres que dans les plantations... Il n'y a pas de travail des enfants et que les producteurs soient bien rémunérés. Donc il y a toute une démarche comme ça, globale, parce que j'estime qu'on se régale mieux quand on sait qu'il n'y a pas de cruauté, de souffrance dans le processus qui a amené à créer une assiette, à créer une boisson, à créer un gâteau. Je trouve que c'est encore meilleur en fait.
- Speaker #0
C'est totalement bizarre le lieu qui est riche en culture. Et en valeur aussi, parce que les valeurs sont belles, que ce soit pour l'impact environnemental, la petite aménage. En fait, c'est quand c'était belle valeur. Et du coup, moi, ça me prend deux termes. C'est pour ça que je suis là aujourd'hui. Mais pour être venue aussi, il y avait, pour être venue ici et avoir goûté un peu des pâtisseries. Il y a aussi le fait que les pâtisseries sont sous scène. Trop sucrées, mais elles sont pas trop bonnes. Il y a quand même cet équilibre-là et je pense que c'est beau ce que tu fais.
- Speaker #1
C'est gentil, merci. Ça me tenait vraiment à cœur parce que moi, je crois que je ne l'ai pas encore dit, mais mes grands-parents français, du coup, étaient boulangers-pâtissiers. Et donc, j'allais chez eux tous les week-ends, toutes les vacances scolaires. Donc, il y avait toujours une tarte aux pommes, une génoise à la crème au beurre, un roulé à la confiture. Il y avait toujours des gâteaux à la maison et ils étaient délicieux, bien sûr. Mais c'est vrai qu'il y avait beaucoup de sucre, beaucoup de beurre. Et quand moi-même, j'ai décidé de devenir pâtissière à mon tour, très rapidement, j'ai divisé par deux, voire par trois la quantité de sucre. J'ai essayé aussi de me tourner vers des matières grasses plus saines que le beurre, avec des huiles végétales, avec des bonnes margarines. Celle que j'utilise par exemple depuis l'ouverture du café, elle est à base de coco et de karité. Et elle est beaucoup plus légère en bouche et même après aussi au niveau digestif. Dans un cookie par exemple, mes cookies sont beaucoup plus digestes et pas écœurants comme d'autres qui peuvent être très riches en beurre et en sucre aussi. C'est vrai que c'est plus sain et puis j'essaie de mettre aussi des super aliments. Donc ça peut être de l'hibiscus, du moringa. Donc c'est des plantes qui vont être riches en protéines, en vitamines, en minéraux. Donc j'essaie de travailler pas seulement autour du goût mais aussi d'essayer de rajouter des choses qui vont faire du bien à l'organisme.
- Speaker #0
C'est aussi un rendez-vous de très belle valeur. Donc du coup, cette passion pour la cuisine et la pâtisserie est réunie dans les grands-parents.
- Speaker #1
Exactement. C'est vrai que je leur dois à 2000% cette passion, cette gourmandise. Vraiment, moi, j'articule mes journées autour de ce que je vais manger. C'est très central. Chaque fois que je voyage, que je découvre une ville, en fait, je le fais en découvrant des adresses, que ce soit des cafés, des pâtisseries, des restaurants. Vraiment, c'est ma passion. Et en fait, mes grands-parents, en plus d'être boulangers pâtissiers, ils étaient aussi paysans. Donc, ils cultivaient leurs fruits, leurs légumes. Donc, en fait, depuis toute petite, j'ai été aussi sensibilisée à ce que c'est de manger des produits de saison. Beaucoup de faits maison aussi. Donc, les plats cuisinés, les choses avec beaucoup de conservateurs, les gâteaux industriels. Enfin, tout ça, il y en avait vraiment très, très peu dans... dans mon quotidien, dans mon enfance. Donc c'est vrai que ça a toujours été quelque chose d'important pour moi. Et oui, c'est ça. Donc c'est vrai que j'ai toujours voulu faire un métier créatif et artistique, mais finalement, la pâtisserie a toujours été là et j'ai fini par y revenir. Et j'ai une petite anecdote, justement, quand j'étais petite, ma mamie me disait que je faisais la soupe à la terre. C'était un peu un jeu que je faisais dans le jardin de mes grands-parents. Je prenais les vieilles casseroles, les vieilles assiettes, et puis je m'amusais à composer un peu des plats avec ce que je trouvais. Donc des fleurs, des herbes, de la terre, de l'eau. Je mélangeais un peu tout ça. Avant de pouvoir avoir l'âge suffisant pour accéder à la cuisine et faire des vrais goûters, je les faisais déjà dans le jardin.
- Speaker #0
Donc vous les avez dessinés depuis tout à l'heure ?
- Speaker #1
Effectivement,
- Speaker #0
oui. C'est vrai que ça
- Speaker #1
a été un processus assez long, parce que ça fait, je crois, depuis 2016-2017 que je commençais à réfléchir à ce projet, mais je me trouvais encore assez jeune, assez immature aussi pour... pour me lancer, pour être entrepreneur, avoir un lieu à moi. Je me suis laissée vraiment quelques années pour avoir le maximum d'expérience en restauration. Avant de passer mon CAP pâtissier, j'ai été vendeuse, serveuse, employée polyvalente dans différentes structures, aussi bien la restauration rapide, boulangerie, glacier, salon de thé. Ça m'a permis un peu de voir... D'en apprendre le maximum sur le métier, sur le contact avec la clientèle, sur le service. Pouvoir aussi prendre le temps de voir ce qui me plaît, ce qui me plaît un peu moins aussi dans la restauration. Et puis prendre le temps aussi de faire le maximum de recherches, de tester des recettes, de faire des voyages aussi. Parce qu'entre temps, je suis retournée deux autres fois en Guyane. J'ai aussi découvert le Bénin pendant un road trip de trois semaines. Et j'en ai profité pour goûter encore une fois d'autres fruits, d'autres plats, d'autres manières de consommer des jus de fruits. Donc ça m'a beaucoup inspirée. Et une fois que tous les éléments étaient un petit peu réunis, j'ai aussi pris le temps de travailler un peu sur mon réseau aussi, d'être bien outillée, bien entourée. Et puis voilà, au bout d'un moment, je me suis sentie prête. Et puis je ne me voyais pas continuer non plus à évoluer dans le salariat parce que je trouve que j'ai peut-être une trop grande créativité pour travailler dans un établissement où je ne peux pas décider de la décoration, de la musique, du choix des produits, des ingrédients. Donc là, l'avantage avec Wasai, c'est que vraiment, j'ai tout choisi de A à Z. Et ça me correspond parfaitement. Et voilà, je n'ai pas l'impression de faire semblant ou de masquer une partie de moi. Parce que quand même, notre travail, c'est l'endroit où on passe le plus de temps dans notre journée, dans notre semaine. Donc, j'avais besoin d'être la plus alignée possible avec mes valeurs. Et c'est vrai que Wasai est venu à ce moment-là de ma vie où je pense que je n'aurais pas été heureuse à continuer à travailler. pour d'autres personnes. Et puis, voilà, je me disais aussi qu'avant d'avoir potentiellement un projet de fonder une famille ou quoi, c'était aussi le bon moment de me lancer parce qu'entreprendre tout plein de projets pro-perso en même temps, c'est pas impossible mais c'est pas forcément facile. Donc là, voilà, à l'aube de mes 30 ans, je me disais que c'était pas mal, quoi. Oui. Merci beaucoup.
- Speaker #0
Si jamais il y avait un auditeur, un ou une auditeuse, tu m'écoutais, et qui avait un projet pas forcément aussi grand que le tien, même un peu petit ou même encore plus grand, peu importe son projet, est-ce que tu aurais des conseils à lui donner pour qu'il puisse se lancer ?
- Speaker #1
Je pense que le meilleur conseil que je pourrais donner à une personne qui voudrait lancer un projet, peu importe son envergure, sa taille, c'est vraiment d'être bien entourée. Aussi bien de contact pro, mais aussi de ne pas avoir peur, entre guillemets, de demander de l'aide de ses amis, de sa famille. Je sais que moi, justement, j'ai la chance d'avoir un super entourage à ce niveau-là. Je n'ai que des personnes qui me soutiennent, qui m'aident, qui me donnent des idées, qui sont compréhensives aussi par rapport au fait que, par exemple, je suis un peu moins disponible ou plus fatiguée qu'avant. et c'est vraiment une force de... De ne pas être seule finalement, parce que je suis seule à avoir créé mon entreprise, je n'ai pas d'associés. Mais finalement, j'ai tellement un entourage autour de moi que je ne ressens pas en fait cette solitude. Quand j'ai une problématique, quand j'ai besoin d'aide, je sais à qui en parler et c'est vraiment très précieux. Donc ça pour moi, c'est important. Et puis l'entrepreneuriat aussi, c'est vraiment loin d'être facile. Il y a énormément de démarches administratives et pas seulement à la création, mais en fait... tout le long de la vie de l'entreprise. Il peut y avoir aussi des challenges ou des difficultés financières ou des problèmes auxquels on n'avait pas pensé. Donc le fait aussi de créer un projet qui soit le plus aligné possible avec qui on est, soit une passion, soit des valeurs, quelque chose vraiment qui a du sens, c'est ce qui va aussi aider à continuer, à toujours trouver la motivation, l'énergie pour... pour continuer à faire vivre son projet malgré les difficultés. Donc oui, pour moi, c'est important.
- Speaker #0
Et puis, ce n'est pas forcément la famille, ça peut être aussi les amis, les proches, mais sans tout rire, je pense que c'est important. Et des personnes qui sont compréhensibles. Parce que soit elles le vivent, soit parce qu'il y en a qui sont compréhensibles.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Je pense que c'est hyper important parce qu'il y a des coups de mouche qui lui tendent soin.
- Speaker #1
Si t'es tout seul,
- Speaker #0
c'est qu'on peut repartir.
- Speaker #1
Exactement, si t'es tout seul et que ton projet, tu l'as plus fait pour faire plaisir à des personnes, que tu as lancé une idée ou une entreprise parce qu'on t'a dit que ça allait marcher. Je pense que c'est mieux de s'écouter au maximum et de porter un projet qui nous plaît avant tout, en collant aussi quand même à la réalité du marché au minimum. Trouver cet équilibre pour que même quand c'est difficile, on a encore envie de... d'y aller.
- Speaker #0
On a dit que l'Oiseille, c'était un café, c'est aussi un lieu culturel. Et là, comme on voit autour de nous, on est bien entourés. Que ce soit par des... Donc là, c'est la période où c'est le micro-dollars.
- Speaker #1
C'est ça, c'est l'exposition d'une photographe originaire de la Guyane qui est portraitiste, pour être plus précise. Elle s'appelle Aurélie Rivièrez, Flina Lune sur les réseaux sociaux. Elle fait vraiment ses photos de A à Z. Elle met en place son studio, elle gère la lumière, elle fait poser ses modèles, qui sont principalement des personnes afrodescendantes, mais pas que. Elle réussit à mettre en lumière les peaux, les visages d'une très belle manière. Ensuite, elle fait le tirage elle-même. et j'aime beaucoup sa démarche et l'idée de pouvoir lui donner un peu de visibilité à mon échelle, bien sûr Wasai c'est un café c'est pas une grande galerie, un musée ou autre mais j'essaye à travers les expositions de pouvoir donner un peu de visibilité aux artistes et de la confiance aussi parce que ça leur permet d'avoir des retours aussi directs sur ce qu'elles ou ils font et potentiellement de vendre des tirages, des œuvres. C'est un peu un partenariat gagnant-gagnant. Ça permet au café d'avoir toujours une décoration qui varie un peu et qui permet d'en avoir non seulement plein les papilles, mais aussi plein les yeux quand on vient. Et puis l'artiste, ça lui permet d'avoir une autre audience que ce qu'elle ou il peut avoir à travers ses réseaux.
- Speaker #0
Comment tu choisis ces personnes-là ? Mais aussi, le mentalité pour nous, comment tu les choisis ?
- Speaker #1
Comment je les choisis ? Moi, je suis beaucoup mon instinct un peu dans tout ce que je fais. C'est avant tout des relations humaines. J'ai besoin d'avoir un certain feeling avec les personnes avec lesquelles je travaille. J'ai beaucoup de fournisseurs avec lesquels je passe en direct, par exemple. Je parlais du chocolatier Diggers tout à l'heure, de la torréfaction, la belle brûlerie. Ce sont des personnes qui sont basées à Lyon ou à Villeurbanne, que j'ai rencontrées, j'ai visité leur atelier, j'ai dégusté des produits. Et je me suis rendue compte qu'on avait plein de valeurs en commun. Après, pour ce qui est des jus de fruits, par exemple, je travaille avec le jus de mama. Donc Flavio, il est basé en région parisienne et il s'inspire des recettes de jus de sa maman. D'où le nom Le jus de Mama. Et on est vraiment sur des fruits bio, équitables, et sur des jus qui sont sans eau et sans sucre ajouté. Et lui, pareil, dès qu'on s'est rencontrés, j'ai eu un coup de cœur sur sa démarche, sur ce qu'il proposait. Il m'a fait goûter. Et voilà, j'ai vraiment apprécié aussi son humilité. Et puis pareil pour Keia, c'est une marque lyonnaise qui propose des super aliments en poudre. Donc la poudre de baobab, d'hibiscus ou de feuilles de moringa. qu'elle intègre aussi dans des recettes de granola allégées en sucre. Et voilà, ce sont des produits qui sont très gourmands, très sains, qui sont emballés aussi dans des aisettes, récoltés déjà par des coopératives de femmes sur le continent africain, et ensuite emballés dans un aisette à Lyon. Donc vraiment, je trouve que toute la démarche de A à Z, elle est très belle. Et puis pareil, voilà, la créatrice de Keïa, elle s'appelle Yolaine. On s'est vraiment assises autour d'une table, elle m'a fait déguster ses produits, on m'a discuté et en fait j'ai vraiment développé une relation presque amicale avec certains et certaines de mes fournisseurs. Donc pour moi c'est vraiment important d'avoir ce lien humain, de savoir d'où les produits que je sélectionne viennent et d'être sûre de ne pas être sur quelque chose d'un peu greenwashing avec plein de jolis mots, mais d'être sûre que la démarche est vraiment concrète du début jusqu'à la fin. Et concernant les artistes que j'ai exposés, j'ai commencé un peu par exposer des artistes qui font partie de mon réseau, de mes amis depuis plusieurs années. Je m'étais dit que le jour où j'aurai un lieu, je voudrais absolument exposer leur travail parce que j'en suis fan. Et puis après, progressivement, ce sont soit des artistes qui viennent à moi, soit que je continue à découvrir. Je travaille aussi avec Laura Favan qui est ma meilleure amie et puis aussi la photographe et l'illustratrice du café. C'est pas elle qui a travaillé sur le logo, c'est un autre artiste qui s'appelle Riquel que j'ai aussi exposé. Mais on travaille ensemble sur l'organisation des expositions. Donc elle aussi, elle peut me suggérer parfois des artistes et puis on voit ensemble. Et puis à chaque fois, on organise vraiment des rendez-vous au café avec l'artiste, on discute. Et on essaye de faire en sorte de donner vraiment carte blanche en fonction des espaces disponibles. pour que l'artiste puisse s'exprimer et choisir la thématique de son exposition. Et puis après, on organise un vernissage et voilà. Mais c'est vrai que je travaille beaucoup autour de l'humain, en fait. J'ai vraiment envie... Enfin, ça me tient à cœur, en fait, dans ce monde où tout est un peu dématérialisé. On parle beaucoup d'IA, ce genre de choses. Donc, dès que c'est possible, j'aime bien parler en direct, en fait, avec les personnes avec lesquelles je collabore.
- Speaker #0
Ça se sent quand on parle. Il y a des gens qui ont de créer des relations, même avec les personnes. Du coup, c'est très bon. Félicitations pour ça.
- Speaker #1
Merci. Je trouve que ça a plus de sens. C'est plus sincère, plus authentique. Si c'était pour créer un café un peu comme Starbucks ou quoi, que avec des produits vu et revu, avec des marques vu et revu et ne pas être capable aussi, si un client ou une cliente me pose une question sur l'origine d'un produit, de ne pas pouvoir lui dire d'où ça vient, la composition, ce que c'est, j'aurais l'impression de mentir un peu. Donc, ce n'était pas ce que je voulais faire.
- Speaker #0
Après, c'était chiant de voir. c'est bien plus qu'un pavé on ne le savait pas exactement même du salé pour plus tard mais on sent que c'est un lieu qui est riche qui permet des rencontres qui permet de se découvrir même de voyager parce que du coup tu utilises beaucoup de beaucoup je ne sais pas si on peut dire beaucoup mais tu utilises des salades on ne voit pas ce qu'on a en France le moringal les blissates
- Speaker #1
C'est ça exactement, les biceps, les biscus.
- Speaker #0
Le baume. Oui,
- Speaker #1
exactement.
- Speaker #0
Ok,
- Speaker #1
je suis d'accord. Le wasaï aussi, comme on en parlait tout à l'heure.
- Speaker #0
Et du coup, comment tu les intègres dans tes pâtisseries ? Comment tu les intègres dans tes pâtisseries ?
- Speaker #1
Assez simplement, en fait, c'est venu assez naturel. Enfin, c'est venu assez naturellement pour moi. Je ne sais pas trop d'où je tiens ça, mais quand il s'agit de réfléchir à quelle saveur va aller avec quel goût, Je ne sais pas, ça me vient assez naturellement. Par exemple, je propose un cake au citron vert et au moringa. Et plutôt que de faire simplement un cake au citron, citron jaune la plupart du temps, je me suis dit, autant utiliser le citron vert, qui est beaucoup plus utilisé en Amérique du Sud et en Afrique aussi. Et j'ai voulu tester assez spontanément comme ça avec le moringa. Et puis voilà, ça a fonctionné, j'ai trouvé ça très bon. et après... Les tests suivants, c'était plus pour ajuster la texture, mais le goût était là assez rapidement. Donc j'essaye de revisiter les pâtisseries françaises et anglo-saxonnes habituelles, mais en essayant toujours de réfléchir à comment je peux les tropicaliser, les rendre un peu plus afropéennes. Et en fait, comme je m'inspire simplement de mon métissage et de ce que j'aimerais moi retrouver, je me mets un peu dans la peau de la cliente que je suis parce que j'adore aller dans plein de... C'est ça, je suis l'une de mes premières clientes et puis j'adore aller dans beaucoup de cafés, de salons de thé, de pâtisseries, toujours en découvrir des nouveaux, des nouvelles. J'essaye en fait de créer les gâteaux et les boissons que moi j'aimerais retrouver si j'étais ma propre cliente. Donc oui, c'est vrai que ça m'est venu un peu comme ça. Et rien que par exemple, en prenant un peu la logique de la préparation d'un latté, les lattés les plus populaires, ça va être forcément le café latté. Donc un lait Ausha qui va être moussé, de la mousse de lait avec un shot d'espresso. On va avoir le matcha latté, où c'est pareil, c'est de la mousse de lait avec un petit peu de poudre de thé vert matcha. En partant un peu de ces deux lattés qui vont être les plus populaires, j'ai essayé de voir comment je pouvais utiliser des saveurs afro-caribéennes dans des lattés. J'ai essayé avec le Moringa, avec l'Hibiscus, avec le Baobab. J'ai essayé de trouver la bonne quantité d'ingrédients pour que la saveur soit suffisamment présente sans être trop forte, pour que ça reste aussi accessible à tous et à toutes, pas uniquement aux personnes qui... qui ont grandi avec ces saveurs-là, mais aussi avec des personnes qui les découvrent pour la première fois. Et puis pour le chocolat chaud, par exemple, première fois que j'ai découvert le chocolat antillais, j'en suis vraiment tombée amoureuse. C'est délicieux. C'est un chocolat qui va être assez onctueux, assez épais, un peu comme le chocolat italien ou espagnol, mais avec des épices en plus. Donc notamment avec de la cannelle, de la moustade, du zeste de citron vert. On peut ajouter aussi de l'amande amère, de la vanille, on peut un peu le customiser comme on veut.
- Speaker #0
Et donc, ça me tenait à cœur de proposer, par exemple, ce chocolat-là. Le wasaï, par exemple, c'est vrai que de manière traditionnelle, en Guyane, ça va plutôt être consommé nature, vraiment la pulpe de wasaï fraîche, qui va être un peu épaisse entre la soupe et la mangue mixée. C'est un peu ce genre de texture. Et donc, en Guyane, c'est souvent consommé en accompagnement de plats. Donc, ça peut être en plat à base de churrandes, à base de poissons. Et si je ne me trompe pas, c'est plutôt les Brésiliens qui, eux, vont ajouter du sucre à l'intérieur, notamment avec les acai bowls. Moi, ici, je propose le wasai bowl. C'est un smoothie glacé avec de la banane, des fruits rouges, de la myrtille et de la poudre de wasai pure, vraiment le fruit lyophilisé. Et donc, en revenant au wasai, justement, quand je l'ai goûté, en faisant des recherches aussi dessus, je me suis rendu compte que sa saveur était entre le cacao et les fruits rouges. Donc comme ça ressemble un peu au cacao, J'ai testé un jour, je me suis dit, mais pourquoi pas le mettre dans un chocolat chaud, en fait, pour essayer de créer un chocolat chaud qui aurait une saveur un petit peu plus fruitée, un peu atypique. Et donc, c'est comme ça que je me suis dit, que j'ai mis à la carte le chocolat chaud d'Amazonie en choisissant un chocolat qui vient de Colombie et en ajoutant la poudre de wasaï. Et voilà, c'est très bon. donc j'essaye toujours de partir du produit et de voir ce qui existe déjà on va dire plutôt sur les boissons et les gâteaux français, anglo-saxons, scandinaves ou autres, et de voir comment je peux y intégrer les saveurs d'Afrique et d'Amérique du Sud. Et voilà, généralement, ça se passe bien et ça plaît.
- Speaker #1
Je sens toute cette créativité et toutes les possibilités que ça a pu t'ouvrir, du coup, d'intégrer ces super-aliments ou ces éléments de ton origine. Donc, ouais, ça donne envie. de goûter et de découvrir un peu ces nouvelles saveurs. Mais du coup, est-ce que ça a pas été un peu challengeant ? Parce que du coup, la cuisine végétale, c'est déjà un challenge pour essayer d'avoir une texture, soit retrouver une texture, soit créer une nouvelle recette. Mais du coup, en intégrant en plus tous ces nouveaux aliments, par rapport à nous, qu'on n'a pas l'habitude de voir en France, est-ce que du coup, ça a pas été encore un challenge alimentaire ou ça s'est fait facilement ?
- Speaker #0
C'est vrai que c'était un challenge au début et j'avais pas mal d'appréhensions justement sur comment le public, comment la clientèle allait accueillir les gâteaux et les boissons que j'allais proposer. Parce que c'est vrai que par exemple, le moringa latté, l'hibiscus latté, le baobab latté, un caca l'hibiscus, un caca au moringa, des cookies verts au moringa qui ne sont pas des cookies au matcha ni à la pistache. C'est un peu du jamais vu. On est vraiment peu d'établissements en France à proposer ce type de produit-là. Donc c'est vrai que j'avais un petit peu d'appréhension au début. Mais en fait, finalement, dès l'ouverture du café, j'ai eu des super retours. Aussi bien de personnes qui connaissent déjà ces saveurs, donc des personnes qui sont originaires d'Afrique, des Antilles, de la Guyane, etc. Ou bien de personnes qui ne font pas partie de cette communauté. J'ai eu des bons retours dès le départ. Beaucoup de curiosité, d'envie de découvrir de nouvelles saveurs. Et finalement, c'est beaucoup pour ça que mes clients viennent. J'ai un peu tout type de clientèle finalement. J'ai aussi bien des personnes qui sont végétariennes, véganes, beaucoup de personnes intolérantes aussi. Intolérantes au lactose, quelques personnes intolérantes au gluten aussi, parce que j'essaie de proposer quelques pâtisseries avec des farines africaines aussi. Et j'ai aussi plein de clients qui rentrent dans le café parce qu'elles ont été attirées par la décoration, parce qu'elles sont à la recherche d'une boisson, d'un gâteau, mais sans forcément être renseignées sur le concept. Et donc, elles vont découvrir en rentrant que c'est vegan, il n'y a pas de matcha, c'est des saveurs afro. Et voilà, donc ça fait un peu plein de publics différents comme ça qui se rencontrent, qui se retrouvent au même endroit. Et c'est très chouette parce que je sais qu'il y a des... Des personnes qui ont goûté une boisson avec du lait végétal pour la première fois ici. Des personnes qui ont découvert l'hibiscus, le moringa, le baobab ici. Et voilà, d'autres clients qui ont peut-être mangé une entrecôte le midi et qui viennent prendre un goûter vegan l'après-midi et qui se régalent. Et finalement, le plus important, c'est le goût. Et pour en revenir à ta question, c'est vrai que c'est assez challengeant de réussir à faire des pâtisseries vegan et en plus avec des saveurs un peu différentes. Et c'est vrai que pour le moment, je ne suis pas encore capable de créer tous les gâteaux que j'aimerais. Je dois encore expérimenter, notamment pour proposer par exemple des cheesecakes ou des entremets avec des mousses aux fruits qui tiennent bien à la décongélation. Parce que souvent, on doit congeler un entremet pour pouvoir faire un glaçage par exemple par-dessus. Donc il y a encore certaines pâtisseries que je sais réaliser en pâtisserie traditionnelle, avec des œufs, avec de la gélatine, etc. Mais en version vegan. j'ai pas encore réussi à tout reproduire mais je sais que c'est possible aujourd'hui on a accès à beaucoup de livres de recettes on a aussi accès à des cours de pâtisserie végétale et je vois plein de pâtissiers à travers le monde, à travers la France qui sont capables de créer des tartes des entremets, des éclairs qui sont vraiment bluffants tant visuellement qu'au niveau des goûts et des textures et on se rendrait même pas compte enfin, On ne se pose pas forcément la question de savoir si c'est vegan ou pas, parce que c'est juste délicieux. Je pense par exemple aux Belles-Âmes, qui sont situées dans le 7e arrondissement de Lyon. Leurs pâtisseries sont excellentes, vegan ou pas. C'est vraiment le goût, la texture, l'esthétique, tout est au rendez-vous. Donc progressivement, ça va être mon objectif. Parce que c'est vrai qu'en fait, avant d'ouvrir le café, j'avais vraiment sous-estimé la quantité de travail que ça demandait de gérer une entreprise, de gérer un lieu. De gérer du personnel, de faire la communication, les mails, la comptabilité, toutes ces choses-là, en plus des pâtisseries. Donc en fait, je suis passée de simplement être de chez moi dans ma petite cuisine, avec mon chômage, et de pouvoir proposer des pâtisseries, d'avoir tout le temps pour pouvoir les réaliser, à la gestion d'un café, avec tout ce que ça implique. Et du coup, c'est vrai que je n'ai pas encore réussi à approfondir la pâtisserie comme je le souhaiterais. Mais je sais que c'est encore qu'une question de temps et que ça va totalement être possible. D'ailleurs, on a une nouvelle pâtissière qui va rejoindre l'équipe à partir du mois de juin. Donc on sera en fin d'oeuvre aussi en cuisine, en pâtisserie. Donc je sais qu'on va pouvoir faire un peu plus de choses. On va pouvoir proposer des pâtisseries sur commande comme ce que je faisais avant. Refaire des entremets, des layer cakes, des tartes. Donc voilà, ça va être chouette. Mais en tout cas, c'est vrai que le végétal, finalement, ce n'est pas du tout limitant. Ça pousse à la créativité et c'est hyper riche. Je pense que tant qu'on a une ouverture d'esprit, une créativité, une curiosité, en fait, tout est possible, aussi bien en salé, en sucré, surtout avec toutes les ressources qu'on a aujourd'hui, avec les ingrédients aussi de qualité qu'on a aujourd'hui sur le marché aussi. Par exemple, moi, je réalise une chantilly végétale à partir de la crème de la marque Flora. Et mes clients en raffolent, elle est absolument délicieuse et aussi gourmande qu'une chantilly laitière de vache classique. Je la trouve même plus soyeuse, moins écœurante, moins grasse qu'une chantilly classique et elle est excellente. Donc voilà, c'est vrai que ce n'est pas si compliqué que ça finalement de végétaliser des recettes, ça demande juste du temps et de la créativité.
- Speaker #1
Comme tu dis, maintenant, il y a tellement de ressources et de créativité. En fait, il y a tellement de produits d'origine non-alimentaire qui peuvent être utilisés dans les pâtisseries et même dans le salé. Et on n'y pense pas forcément quand on a une alimentation en corcarnon. Surtout qu'on n'a pas forcément cette habitude-là. Mais dès qu'on sent qu'en plus, au monde végétal, il y a tout ce qui existe, du coup, là, il y a encore plus de choix. Il faut juste réussir à apprendre et à savoir comment les... Les mariés, les associés et cuisiner.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Mais je pense qu'une fois qu'on a les bases, c'est plus simple de cuisiner et de pâtisser. Bon, pâtisser, c'est peut-être un peu plus complexe parce qu'il y a quand même certains processus à respecter, peut-être un peu plus de règles.
- Speaker #0
Il y a, oui, beaucoup de textures ou de règles, un peu de chimie, de cuisson à respecter, à prendre en compte. Mais je pense que même en salé aussi, c'est plutôt challengeant. Et honnêtement, je pense que c'est comme ça qu'on reconnaît un bon chef ou une bonne chef, de voir si elle ou il est capable de créer des plats à base de légumes qui vont être aussi goûtus, aussi savoureux, aussi travaillés que des plats à base de viande et de poisson. Pour moi, c'est vraiment à ça qu'on reconnaît un bon restaurant. Est-ce que les plats végétariens ou véganes sont aussi élaborés que les autres ? Et oui, ça demande à juste sortir un peu des sentiers battus et de tout ce conditionnement qu'on peut avoir en France autour de la gastronomie, qui est beaucoup autour de la viande, du poisson, du beurre, des œufs, du fromage, effectivement. De sortir un petit peu de tout ça, d'expérimenter, de faire des tests et de comprendre la chimie des aliments, des ingrédients pour voir comment on peut les remplacer entre guillemets par du végétal. Et oui, c'est totalement possible.
- Speaker #1
Oui, ça va se développer, ça va prendre de l'air dur. On a hâte que ça explose. Est-ce que tu peux nous parler d'une de tes créations qui te ressemble le plus ?
- Speaker #0
Je suis particulièrement fière de mon caca à la banane. C'est un banana bread que j'ai vraiment revisité, en utilisant en plus de la banane douce classique qu'on a l'habitude de consommer au quotidien. J'ai rajouté de la banane plantain à l'intérieur. Donc la banane plantain découpée en petits morceaux, un peu comme des alocos. Les alocos de Côte d'Ivoire, c'est de la banane plantain qui est frite et qui est mangée en accompagnement de plats salés. Et donc c'est vrai que parfois ça surprend un peu que j'utilise de la banane plantain dans une pâtisserie, dans un gâteau sucré. Mais en fait c'est vraiment très bon, ça s'intègre bien et ça rajoute un... Alors un petit twist en plus par rapport aux bananes à brède classiques. J'aime aussi un peu de cannelle, un peu de zeste de citron vert. J'en mets dans beaucoup de mes recettes. D'ailleurs j'essaie de me canaliser un peu parce que je sais que tout le monde n'aime pas la cannelle. Mais oui j'aime beaucoup ce banane à brède avec ses petits morceaux de banane plantain caramélisé sur le dessus. Et puis également mon brownie, parce que je trouve qu'il réunit en plus... Il met un peu tout le monde d'accord. Bon, il faut aimer le chocolat bien sûr, mais... C'est vraiment un brownie qui déjà est riche en chocolat, un chocolat vraiment à la bean to bar, donc de la fève à la tablette de très bonne qualité. Donc il est riche en chocolat, il n'est pas trop sucré, il n'est pas non plus trop gras, mais en même temps il a quand même ce côté fondant, gourmand, bien et confortant. Et puis je m'amuse en fait avec les farines, un peu selon mes inspirations. Donc je peux mettre aussi bien de la farine de patate douce, de la farine de haricot niébé. C'est un petit haricot qui ressemble un peu au haricot rouge. J'utilise aussi de la farine de manioc. Et donc, il va changer un tout petit peu de texture en fonction de la farine que j'utilise. Je peux le transformer en brownie aussi, par exemple, en mettant des noix de cajou. Je mets un petit peu de sel aussi à l'intérieur. Je le trouve vraiment très, très bon. Et je crois qu'en fait, moi, juste le fondant au chocolat, c'est l'un de mes gâteaux préférés. Donc, le fait d'avoir réussi comme ça à le rendre vegan et aussi gourmand qu'un brownie ou un fondant au chocolat classique. Mais sans être écœurant, sans qu'on puisse... On ne se sent pas lourd, en fait, après l'avoir mangé. Je suis vraiment très, très fière de ce gâteau. En fait, je n'arrive plus à manger de fondant, de gâteau au chocolat dans d'autres pâtisseries ou dans des restaurants depuis que j'ai créé cette recette, parce que je le trouve vraiment trop bon.
- Speaker #1
C'est ça que je me rappelle hier en Allemagne.
- Speaker #0
Il t'a marqué.
- Speaker #1
Il est fondant, donc en fait, il est très... Oui, c'est très fondant et très agréable à manger. Je passerais tant de chocolat, mais celui-là, il passe.
- Speaker #0
Il y a une autre recette aussi dont je suis très fière. C'est vrai que je ne l'ai pas fait depuis un petit moment parce que c'est un entremet. Il prend du temps à réaliser. C'est plus quand ma collègue pâtissière va me rejoindre qu'on va pouvoir le refaire. C'est la revisite du royal, aussi appelé trianon. C'est un entremet qui est composé d'une mousse au chocolat. avec un croustillant au praliné, un petit biscuit muelleux et puis on peut mettre un insert si on veut à l'intérieur de fruits, de caramel ou autre. Et quand je faisais mes gâteaux sur commande, c'était vraiment l'un des best-sellers. C'est un gâteau qui fonctionne très bien pour les anniversaires. Donc voilà, avec cette mousse au chocolat que je peux faire soit nature entre guillemets, soit avec de la crème de coco. Le praliné, je le fais à la cacahuète et puis après je peux faire un insert à l'intérieur. au citron, au fruit de la passion, au caramel de coco, à l'hibiscus aussi, au bissap. Et j'aime beaucoup ce gâteau. Je l'ai appelé le royal tropical, d'ailleurs.
- Speaker #1
Oui, vas-y, c'est une balle, il y a tellement de consommer.
- Speaker #0
Mais c'est ça, en fait, dans la pâtisserie, on peut tout faire. Il faut juste, oui, pour moi, accepter de partir des règles, partir des bases, mais de réussir aussi à les... à se les réapproprier, à métisser un petit peu les saveurs, les produits, mélanger tradition, modernité. C'est vraiment ce que j'aime faire. C'est ce qui m'a plu aussi dans ce local, tout simplement, parce que quand on rentre dans mon café, on voit tout de suite le mur en pierre, on voit les poutres aussi en bois apparentes au plafond. Et à la fois, on a un mobilier plus moderne, de la vaisselle assez moderne, des saveurs d'Afrique. Donc il y a ce côté un peu France, Afrique anti et tradition modernité qui se mélangent. Et ça me plaît beaucoup. Exactement. Donc en fait, je vois tout à travers ce prisme-là. Aussi bien mes pâtisseries que ce que je fais au quotidien, la playlist du café. Tout est un mélange de tradition modernité et de métissage pour moi.
- Speaker #1
C'est réussi, tout à fait, c'est très bien. Pour toi, qu'est-ce que le végétal peut apporter aux gens qui n'ont pas encore...
- Speaker #0
Le végétal, pour moi, ça permet de se reconnecter un peu plus à qui on est fondamentalement en tant qu'être humain, si on enlève le capitalisme, la mondialisation. La société de consommation, tout ça. En fait, avant, nos ancêtres, peu importe d'où ils viennent dans le monde, ils ne consommaient pas autant de produits d'origine animale. Je revois juste, par exemple, mes grands-parents. Ce n'est pas si vieux. Eux, leur plat, c'était pas... L'assiette n'était pas composée d'une majorité de viande. Il y avait un petit morceau de viande ou de poisson, et puis beaucoup de féculents et de légumes à côté. Ce n'était pas central, comme dans certaines assiettes d'aujourd'hui. Si on remonte à encore quelques siècles, le poisson, la viande, le beurre, etc., ce n'était pas du tout aussi présent. Le sucre également, mais c'est vrai que les produits animaux n'étaient pas autant consommés. Il y avait moins de cancers, moins de cholestérol, tout plein de problèmes, de maladies comme ça. Et puis voilà, la terre se portait mieux, parce qu'il faut tellement de surface. de culture pour nourrir les animaux, qu'on pourrait utiliser pour simplement nourrir des êtres humains. Donc je pense que revenir à une alimentation un peu plus végétale, c'est revenir un peu à la base, à quelque chose de plus sain, de plus authentique, de plus naturel, plus respectueux de l'environnement, des saisons et des traditions aussi finalement. De ce que j'ai compris, avant, si on mangeait un animal, par exemple, c'était pour une célébration, pour une fête ou pour un rituel spirituel ou ce genre de choses. Ce n'était pas midi et soir, à tous les repas. Donc, moi, j'aimerais bien qu'on puisse se souvenir un peu plus de ça, en fait, de la place qu'occupaient les animaux dans notre alimentation avant. Et puis, oui. revenir à quelque chose de plus sain et sortir un peu des idées reçues parce qu'être végane, ça ne veut pas forcément dire être carencé, être au régime. On peut être en très bonne santé, on peut faire du sport, on peut être gourmand, on peut faire plein de choses avec le végétal, surtout avec toutes les alternatives qui existent aujourd'hui. Et puis juste ne serait-ce qu'avec toutes les légumineuses, tous les féculents, tous les fruits, tous les légumes. On n'a même pas forcément envie d'aller vers les substituts. Ça peut être bien de temps en temps, prendre du fromage végétal, de prendre de la charcuterie végétale ou ce genre de choses. Mais même sans forcément aller vers ce genre de substituts, il y a tellement d'aliments qu'on peut manger et qui peuvent réussir à couvrir tous nos besoins nutritionnels que je pense que c'est assez nécessaire. Après, bien sûr, chacun fait ses propres choix, mais je pense que manger végétal, c'est... C'est une manière d'avoir une place un peu plus juste sur cette terre et dans la chaîne alimentaire. On n'est pas obligé d'être tout en haut comme ça tout le temps. Oui, exactement. C'est vrai que c'est pour plein de raisons qu'on peut devenir végane. Éthique, morale, de santé. Et puis je crois qu'au fil des années... plus tu avantes dans le végétal, plus tu te rends compte que c'est pour toutes ces raisons-là que tu l'es. Oui.
- Speaker #1
Ton choix, c'est peut-être une au départ qui te met le pied dedans.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
C'est tellement large que du coup, quand tu en as tout, tu t'adhères à toutes les causes.
- Speaker #0
Exactement, oui.
- Speaker #1
Donc aujourd'hui, on va dire bientôt deux ans en Nouvelle-Cher. C'est ça.
- Speaker #0
Je suis agréablement surprise de voir l'engouement. qu'il y a autour de Wasai, autour de ce qu'on propose ici. Vraiment, on a une clientèle qui est archi bienveillante. Beaucoup de clients fidèles qui reviennent beaucoup, qui reviennent soit seuls, soit accompagnés de nouvelles personnes à chaque fois. Je suis contente d'avoir réussi à créer presque une communauté autour de Wasei et d'avoir autant de chouettes retours clients. Vraiment, ça me donne envie de continuer et même d'aller encore plus loin au niveau des saveurs. Vraiment, je n'ai pas envie de mettre de limites. Je suis très contente par rapport à ça. Après, forcément, il y a des jours avec et des jours sans. Ce n'est pas tous les jours facile de gérer une entreprise en France. Mais globalement, je suis vraiment très heureuse. Et en fait, quoi qu'il arrive, je serais heureuse d'avoir monté ce projet, d'avoir rencontré toutes les belles personnes aussi que j'ai rencontrées depuis que Wasai est ouvert. Et ouais, c'est vraiment super de pouvoir proposer un café avec des saveurs différentes, avec une atmosphère différente de ce qu'on voit habituellement. De plus en plus, on a des cafés à concept et moi, je trouve que c'est génial de ne pas toujours chercher à faire des lieux copier-coller, mais de pouvoir y mettre des vraies personnalités, des vraies idées, des vrais concepts. C'est trop bien. Je suis contente. Moi-même, j'ai été inspirée par beaucoup d'autres cafés, restaurants, notamment à Paris, par exemple le restaurant Jaja, qui est l'un des premiers et l'un des seuls aussi. restaurant afro-végan de France. Et le fait d'avoir vu ce genre de lieu il y a quelques années, moi, ça m'avait beaucoup inspirée. Donc, qui sait, peut-être qu'un jour, ça inspirera quelqu'un à créer son propre lieu, son propre projet. Si, en tout cas, je peux montrer, même à des personnes plus jeunes, que ce soit des métisses, des personnes noires, des petites filles, que c'est possible, je serais très contente. de pouvoir réaliser ça.
- Speaker #1
Je l'espère pour toi, que ce sera le chemin. Ça naîtra des idées chez les auditeurs, des projets pour la suite, des prochaines créations.
- Speaker #0
Oui, mes futurs projets, comme je le disais tout à l'heure, c'est d'élever un peu le niveau encore au niveau de la pâtisserie, donc en proposant des entremets, des tartes, des gâteaux à partager sur commande. Ça, ça va être vraiment mon prochain objectif. Je voulais vraiment le faire depuis l'ouverture, je n'ai pas encore réussi, donc ça me tient à cœur. J'espère que dans les prochains mois, ce sera possible. Et puis, j'ai simplement envie de continuer sur cette lancée, que Wasai puisse continuer d'accueillir plein de personnes gourmandes, curieuses, des belles expositions, des ateliers, des événements, des vrais moments de partage comme ceux qu'on a déjà mis en place. Et puis, on verra ce que la mienne réserve. Est-ce qu'il y aura un deuxième Wasai ? Est-ce qu'il y en aura un autre dans un pays chaud ? Je ne sais pas encore trop. J'essaie de voir un peu les choses au jour le jour, de m'adapter à la demande, de m'adapter à mes besoins, mes envies et de continuer à fédérer ma clientèle, à grandir mon équipe et pour que Wasai puisse aller le plus loin possible. Mais déjà, juste si ça continue. Comme c'est déjà le cas, je serais très heureuse.
- Speaker #1
Et pourquoi ? On s'aime par une terrasse, une plante verte et un marché fini.
- Speaker #0
Oui ! C'est tellement cliché de dire ça comme ça.
- Speaker #1
Donc là, on arrive doucement à la fin de la décision. On sait que des gens peuvent te retrouver et venir te découvrir. Tu peux soit ici, sur les lieux, ou alors je sais que nous pouvons aussi te retrouver sur les réseaux et je te laisse tout partager.
- Speaker #0
Exactement, alors vous pouvez retrouver Wasaï dans le bas des pentes de la Croix-Rousse. On est vraiment à deux pas de la place Satonnet, 10 minutes à pied de la place d'Ethero, donc vers le métro Hôtel de Ville, c'est aux 19 rues Sergent-Blendan, dans le premier arrondissement de Lyon. Vous pouvez aussi aller sur le site wasaï.fr, tout simplement. pour retrouver toutes les valeurs autour du café, en savoir plus sur nos fournisseurs, sur le concept, et puis pouvoir aussi avoir accès à toute la programmation du café. Tous les événements, tous les ateliers sont sur la page programmation du site. Et puis on est présent aussi sur Instagram, donc wasai-café. Et vous pouvez retrouver toutes les actualités du café, des photos des boissons, des gâteaux, et puis la carte aussi. si vous voulez commencer un peu à réfléchir à ce que vous allez boire ou manger avant de venir. Et bien sûr, on sera ravis de vous expliquer notre carte, de vous raconter quels sont les super aliments qu'on utilise, le baobab, le moringa, l'hibiscus, directement au café. Je serais ravie de vous accueillir nombreux et nombreuses à Ouassaye.
- Speaker #1
Un dernier mot aux auditeurs qui hésitent encore à pousser les portes du café
- Speaker #0
Ouassaye. Ce que j'aimerais vous dire, c'est que venez à notre rencontre. Vraiment, Ouassaye, c'est un lieu pour tous et pour toutes. Que vous soyez vegan, non vegan, simplement curieux, que vous connaissez ou... pas les saveurs d'Afrique et des Antilles, on se fera un plaisir de vous les faire découvrir. Vous pouvez même très bien commencer simplement par un café, par un sirop, par une boisson assez simple, et puis petit à petit découvrir un peu plus nos lattes, nos jus de fruits, nos boissons un peu plus originales. Et pareil pour les gâteaux, on a toujours au moins 5 gâteaux différents Ausha, donc vous trouverez forcément de quoi vous régaler. Donc venez, ça peut être aussi à l'occasion d'un événement, si vous voulez Et... profitez d'un atelier pour venir découvrir le café. En tout cas, on est là, on vous attend. Venez nombreux !
- Speaker #1
Super ! J'ai une dernière question avant de terminer. Qui est-ce que tu aimerais entendre ici sur le podcast ?
- Speaker #0
Je pense que ça pourrait être bien d'inviter Ali de la page et du blog Elfie Ali. Elle est déjà venue ici une fois pour présenter son livre Cuisine Bégane des Caraïbes. si je ne me trompe pas pour le titre. Et elle est vraiment hyper intéressante, hyper inspirante. On peut trouver plein de recettes à elle en ligne et je la trouve vraiment super. Et sinon, je pense que ça pourrait être très chouette d'inviter les filles de la pâtisserie Les Belles-Âmes parce que j'adore ce qu'elles font et je pense qu'elles auraient plein de choses hyper intéressantes à partager.
- Speaker #1
Eh bien, je le condamne. Et puis, j'essaierai de les confecter. Trop bien.
- Speaker #0
J'ai hâte d'écouter ça.
- Speaker #1
Merci beaucoup Isabelle pour cet interview richement plein de change et toujours en train de dire des excuses à toi
- Speaker #0
Merci beaucoup Claire merci beaucoup de nous avoir écouté aussi jusqu'ici et puis n'hésitez pas à m'écrire soit par mail contact arrobasouassai.fr ou sur la page Instagram du café c'est moi qui vous répondrai directement donc si vous avez des questions si vous avez envie d'organiser un événement si vous voulez et... commander un gâteau bientôt n'hésitez pas à me contacter pour toute question et je ferai mon maximum pour vous satisfaire merci à bientôt et
- Speaker #1
voilà c'est déjà la fin mais je te retrouve très vite dans un prochain épisode en attendant tu peux t'abonner, cela fait toujours plaisir partager cet épisode à tes proches et me laisser une note sur la plateforme de ton choix cela aide à faire découvrir le podcast Tu peux également me rejoindre sur Instagram à Claire Obscure pour trouver encore plus de contenu autour de l'alimentation végétale ainsi que des recettes. Et moi je te dis à très vite dans un prochain épisode et je te souhaite une belle journée, soirée, après-midi, où que tu sois, pour écouter cet épisode. Et rappelle-toi, on peut changer le monde, une assiette après l'autre.