Speaker #0Bonjour tout le monde et bienvenue sur le podcast La Vie Suffit.
Aujourd'hui on va parler d'un sujet qui est triste mais qui est nécessaire parce qu'on est extrêmement nombreux à traverser ça. On va parler du deuil animal.
Pourquoi est-ce que c'est aussi difficile ? Comment est-ce qu'on peut ainsi préparer, mais aussi le traverser ? Et en fait, comment est-ce qu'on fait quand on traverse ce chagrin qui est souvent extrêmement minimisé par la société ?
J'espère qu'aujourd'hui, dans cet épisode, je vais pouvoir poser des mots qui pourront peut-être, même si c'est un tout petit pourcentage, peut-être vous soulager, vous apaiser. Voilà, je l'espère. En tout cas, belle écoute.
Je suis Chloé Bloom, entrepreneur aux Multicasquettes. Et chaque jeudi, je vous partage les réflexions, les phases d'introspection, les clés qui, selon moi... permettent de vivre notre vie plus pleinement et de trouver plus d'épanouissement.
Chaque épisode est une invitation à exprimer encore plus librement toutes les parts de vous.
Si cela vous plaît, je vous invite à partager les épisodes à vos proches qui en ont besoin, ainsi que laisser une jolie note et un commentaire si vous souhaitez soutenir le podcast.
Alors salut tout le monde,
aujourd'hui je vous retrouve évidemment pour un sujet qui n'est pas gay du tout, mais un sujet qui m'a été énormément demandé. Parce que c'est un sujet que j'ai apporté déjà sur mes réseaux sociaux l'année dernière. Donc je vais forcément vous parler un peu de mon expérience là-dessus, puisqu'évidemment, même s'il y a des relous dans les commentaires qui n'arrêtent pas de dire que mon podcast est autocentré, tout ce que je propose ici part de ma propre expérience, donc c'est normal en fait. Bref.
On voit que ça me déclenche un peu. En fait, voilà, c'est quelque chose dont j'ai pas mal parlé aussi.
et que j'ai mis du temps avant de vouloir en faire un épisode, presque un an, parce que c'est quelque chose que je n'ai toujours pas fait. pas fini de digérer, j'en souffre toujours évidemment énormément et bon j'espère juste que je vais pas pleurer en faisant cet épisode parce que même si c'est ok, juste en fait c'est chiant d'avoir mal à la gorge quand on fait un épisode de podcast voilà, donc je ferai des petites coupures et mon monteur fera le nécessaire n'est-ce pas.
En tout cas ce que je voulais vous dire c'est déjà avant toute chose si vous écoutez cet épisode je suis profondément désolée et je vous présente toutes mes condoléances parce que si vous écoutez cet épisode c'est que vous êtes forcément concerné par le sujet ou que de près ou de loin Merci. Soit que c'est quelque chose auquel vous vous préparez, soit que vous avez vécu peut-être il y a des années, il y a quelques mois, il y a quelques semaines, il y a quelques jours.
Donc voilà, déjà, vraiment, je suis de tout cœur avec vous. Que je ne peux qu'imaginer en fait la peine que vous vivez, que vous ressentez. Et je sais aussi, pour en avoir parlé avec plusieurs parmi vous, que c'est une peine, un chagrin qui dure des années, qui dure, qui dure, qui dure, qui est vraiment présent. Voilà, qui est vraiment présent. Je ne pense pas être mieux placée que les autres en fait pour pouvoir vous donner des conseils ou quoi que ce soit. mais en tout cas Ce deuil m'a fait beaucoup introspecter et a remis beaucoup de choses en question dans ma vie. Je voudrais porter ma voix publiquement aussi pour que ça puisse vous soulager.
Juste pour vous remettre un peu de contexte, j'ai perdu une chatte assez brutalement l'année dernière, en mois d'avril, tout début d'avril 2025. C'était une chatte qu'on avait depuis quasiment deux ans, notre chatte Sencha, qui avait une malformation congénitale. Et on a vu partir en gros en une semaine et on a dû prendre la décision de la faire euthanasier.
Au-delà de ça, donc décembre 2025, j'ai aussi perdu une des deux chattes avec laquelle j'ai grandi et j'ai passé mon enfance, puisque c'est des chattes que j'avais chez mes parents et qui étaient vieilles, en fait, clairement, qui est partie d'une déficience rénale. Donc on a dû faire euthanasier et j'ai été là au moment où on l'a fait euthanasier de nouveau en décembre 2025. Donc ça fait quand même deux deuils animaux. Et là, actuellement, la deuxième chatte qu'on... qu'on a eue chez mes parents, est malade et on sait qu'elle va finir par partir prochainement. Donc je me suis dit que c'était aussi le moment. Enfin voilà, ça fait pas mal de deuil animal.
Et en fait, ce que je voulais vous dire déjà dans un premier temps, c'est qu'au grand jamais, mais vraiment au grand jamais, surtout la perte de Sencha, qui était la chatte avec laquelle je vivais, ma chatte en fait, Sencha, notre chatte Bengal, qui est morte l'année dernière en avril. Jamais au grand jamais, j'aurais pensé que ça me bouleverse à ce point-là. Genre vraiment jamais. jamais, jamais, j'aurais jamais pensé.
Je pense que c'est un sujet auquel j'évitais de penser un peu trop, alors qu'en fait on sait très bien quand on prend des animaux, en fait je pense qu'on ne sait pas à quel point on va les aimer parce que c'est un lien en fait qui est complètement inconditionnel et ça je vous en reparlerai mais je vous apprends rien là-dedans les animaux ils sont tellement innocents, ils nous aiment dans tous nos états avec toutes nos faces avec toutes nos parts d'ombre avec n'importe quel comportement ils nous aiment d'une manière qui est presque injuste, complètement inconditionnelle c'est hallucinant. Du coup, il y a zéro enjeu de relation avec eux.
Et je pense que j'ai évité un petit peu d'y penser. Mais du coup, on prend ces animaux. On les aime sans se douter à quel point on va les aimer, mais on les prend aussi en sachant qu'en fait, ils vont partir avant nous, parce qu'ils ont une vie qui est plus courte que la nôtre. Et donc maintenant que j'ai vécu le deuil animal, je sais aussi que j'ai envie de m'y préparer pour les deux chattes qui me restent, puisque du coup, il me reste Kali, qui est la reine mère, que vous voyez sur toutes mes stories, et Fury, qu'on a sauvée, qu'on a trouvée dans la rue sous un scooter l'année dernière, et du coup, qui est la deuxième petite reine mère à la maison. Bref, donc c'est des choses auxquelles maintenant, je sais que j'ai envie de me préparer.
Donc ça, c'est une première chose. Mais en tout cas, j'aurais jamais pensé que ça me bouleverse à ce point-là. J'aurais jamais pensé que ce soit aussi profond, parce que les deuils, j'en ai déjà vécu dans ma vie. J'ai perdu presque tous mes grands-parents. J'ai perdu des proches. Des deuils, j'en ai déjà vécu, en fait. Des deuils humains, en fait. J'ai déjà vécu des deuils humains. Et ça n'est jamais venu remuer autant de choses que ce que j'ai vécu en perdant Sencha est venu remuer, en fait.
Et donc ça, c'est une des premières choses que je voulais vraiment vous dire. C'est qu'un des réflexes qu'on peut avoir quand on vit un deuil animal, c'est de ne pas comprendre ce qui nous tombe sur la tronche. C'est de ne pas comprendre pourquoi ça nous affecte autant.
Ça peut être aussi de se culpabiliser et de se demander pourquoi est-ce qu'on est dévasté à ce point-là.
Ça peut donner vraiment aussi beaucoup la sensation de ne pas être comprise parce que vraiment c'est un deuil animal qui est... Le deuil animal c'est quelque chose qui est très très très pas méprisé mais qui est très minimisé en fait de manière générale par la société.
Je pense que quand on ne l'a pas vécu, ça peut être peut-être difficile à comprendre. En tout cas, quand on n'a pas d'animaux, ça peut être quelque chose qui est difficile à comprendre. Je pense que c'est incomparable avec n'importe quel autre deuil. De toute façon, c'est une erreur de les comparer, parce que c'est des attachements de toute façon qui sont différents.
Mais c'est un des premiers trucs. Moi, je sais qu'une des premières choses que j'ai faites, c'est vraiment de me dire « Mais pourquoi est-ce que ça me traumatise à ce point-là ? » « Pourquoi est-ce que je suis dans cet état-là ? »
En fait, je n'ai jamais vécu un deuil de cette manière-là. Là, en fait, j'avais des crises de panique en permanence. Je tremblais, mon système nerveux était éclaté complètement. J'avais vraiment des attaques de panique où j'avais l'impression que j'étais en train de mourir. J'avais la sensation que j'allais crever, que je n'allais clairement pas m'en remettre. Et ça a duré des semaines et des semaines et des semaines. Ça m'a plongée dans des mois entiers de dépression. Et encore aujourd'hui, c'est quelque chose qui m'affecte énormément. Je n'arrive toujours pas, un an après, à regarder des photos de Sencha. Je n'arrive toujours pas à me rappeler. les derniers jours de sa vie sans avoir de panique. Donc j'essaye pour le moment, encore aujourd'hui, de me remettre un peu dans le déni et de surtout pas essayer d'y penser. Ça fait un an quand même. Et en fait, sur le coup, on peut avoir vraiment ce réflexe-là, de se dire, mais pourquoi je réagis à ce point-là ? Mais en fait, est-ce que c'est normal ? J'ai l'impression qu'en fait, il faut que je me dise que c'était juste un animal, que c'était juste un chat, etc. Donc ça, c'est déjà une première chose.
Ne vous dites pas ça, en fait, vraiment, parce que... C'est un deuil qui est souvent très silencieux et il y a beaucoup, beaucoup d'incompréhension autour, en fait. Et ça a une violence, le deuil animal, qui est très discrète. Parce qu'en fait, on continue à vivre normalement, en fait. C'est comme si on continuait à vivre normalement, on a notre boulot, on a tout ça. Et puis, en fait, c'est quelque chose qui est quasiment pas audible, en fait, d'un point de vue social, de modifier sa vie et de se mettre en arrêt ou x raisons parce qu'on vient de perdre, en fait, un animal.
Et il y a aussi ce truc, c'est que les autres autour de nous reprennent... très vite le cours des choses.
J'ai eu de la chance de pouvoir en parler avec des copines et d'avoir mon conjoint, mais même mon conjoint n'était pas du tout affecté de la même manière que moi. Il était extrêmement affecté, mais il ne l'a pas vécu de la même manière, ni l'exprimer de la même manière. Ça n'a pas du tout suivi le même timing, etc. En fait, c'est très perturbant parce que les autres autour de nous reprennent vite le cours des choses. Personne n'est attaché à votre chat de la manière dont vous vous êtes attaché à votre chat.
Je dis chat ou chien ou oiseau ou serpent, peu importe l'animal que vous aviez. En fait, il y a vraiment quelque chose de très violent dans le deuil animal, c'est que c'est quelque chose qui est très discret, qui est très silencieux et qui est très seul, où tout le monde passe à autre chose assez rapidement. Nous, on continue à vivre normalement, il n'y a pas vraiment de reconnaissance sociale de notre chagrin, clairement, et c'est un deuil qu'on vit extrêmement seul.
Il y a vraiment une incompréhension de beaucoup, beaucoup de gens, et même parfois de soi, comme je vous le disais, de « en fait, mais c'était qu'un chat, c'était qu'un animal, on va s'en remettre » . C'est des discours que j'ai aussi entendus, forcément. On a une... très très grande difficulté à légitimer notre peine en fait.
Et c'est vraiment tout ce que je voudrais vous dire aujourd'hui, c'est que la première chose moi qui m'a soulagée, c'est de comprendre que ce qui était en train de me défoncer la tronche littéralement, parce que j'ai eu l'impression de vraiment me faire défoncer, de me faire passer sous un tsunami plus des rouleaux compresseurs, plus une armée entière, plus... J'ai vraiment eu l'impression de me faire mes roulées dessus. Ce que vous ressentez est totalement, totalement légitime. Et je suis profondément désolée, et je sais que vous le vivez seul. Mais c'est pas juste un chat. En fait, c'est que... Enfin, donc je parle d'un chat, mais c'est pas juste un animal.
En fait, nos animaux de compagnie, franchement, le mot est hyper mal choisi de dire. L'animal de compagnie, en fait, c'est un membre de la famille. Et c'est pas du tout exagéré que de dire ça, c'est que c'est un membre à part entière de notre famille, puisque c'est une présence au quotidien qui fait partie de nos habitudes, qui fait partie de notre famille, qui fait partie de... En fait, c'est une partie de notre noyau, de nos habitudes, ça fait partie intégrante même de notre système nerveux.
Aujourd'hui, quand on a un animal de compagnie, en fait, il y a des habitudes qu'on a avec cet animal qui font... tellement partie de notre système nerveux, de nos habitudes directement, qu'en fait, sans ça, on va soit chercher des moyens de compenser, soit on va être complètement perdu, soit ça va créer de l'angoisse. Que ce soit une balade avec l'animal dehors, par exemple, si on a un chien ou quoi que ce soit, que ce soit une caresse, que ce soit une petite habitude, en fait, ça fait partie de votre stabilité, du système nerveux. C'est une présence au quotidien qui, en fait, on vit avec.
Et c'est aussi pour ça que, enfin, vraiment, je... J'ai eu honte pendant un moment de le dire, maintenant c'est plus le cas, j'ai beaucoup plus souffert du deuil animal que j'ai vécu, que du deuil que j'ai pu vivre avec la perte de certains êtres humains, de ma vie et même de ma famille en fait. Parce que je ne vis pas avec les personnes de ma famille que j'ai pu perdre, ou avec mes grands-parents ou quoi que ce soit, j'ai vécu avec un chat. C'est pas du tout la même présence, c'est pas du tout le même vide. Et c'est pas du tout non plus la même relation.
Donc je ne dis pas que c'est mieux ou quoi que ce soit, je ne dis pas ça. Mais les souvenirs ne sont pas du tout les mêmes. Il n'y a pas, en fait... En fait, un animal de compagnie, c'est présent partout. C'est présent absolument partout, tout le temps. C'est une extension de nous-mêmes. Je suis désolée, du coup, si ma voix tremble de nouveau. C'est une extension de nous-mêmes. Et c'est moi ce qui m'a beaucoup touchée aussi. Et je sais que c'est aussi des choses qui vous touchent. Je pense aussi à mon frère qui va perdre sa chatte prochainement.
En fait, nos animaux de compagnie, c'est... des relations dans lesquelles il n'y a pas d'enjeu social et dans lesquelles l'attachement est dénué de toute stratégie. C'est dénué de tout manque de sincérité. En fait, c'est dénué de tout masque. Et les animaux, c'est ça, c'est une constance absolue d'amour inconditionnel tout le temps là, tout le temps présent, avec des habitudes, avec des rituels, avec une routine, avec des gestes, avec une sensation physique, clairement, il faut le dire. Il y a une sensation physique. En permanence, quand on est là, et quand on vit justement ce deuil-là, la sensation physique du deuil est réelle.
En fait, l'absence de notre animal, de notre enfant, parce que moi j'ai l'impression d'être mère, on a des limites ce truc, la sensation physique de l'absence est réelle. On ressent physiquement l'absence, puisqu'on le ressent partout, dans notre système nerveux, dans nos habitudes, dans nos rituels, dans nos gestes, dans nos mots, dans notre énergie, on ressent dans la maison. On ressent physiquement l'absence, et c'est bien ce qui est extrêmement difficile.
Et puis il y a aussi que, en fait, en tout cas moi ce que c'est fini aussi mettre en lumière, c'est qu'un animal, en fait, on évolue avec. Et c'est un témoin silencieux de notre évolution, de nos changements identitaires, du temps qui passe, et ça c'est un sujet qui va revenir justement, je voudrais vous en parler, parce que moi c'est aussi ce que c'est fini énormément bouleverser.
Et en fait c'est ça qui rend le deuil animal extrêmement particulier, c'est toute la banalité des micro-habitudes. qui disparaissent, qui volent en éclats, qui font que la moindre chose dans notre quotidien devient un rappel à ce qu'on a perdu, devient un vide qui se ressent, qui est en fait le vide extrêmement présent, l'absence extrêmement présente. C'est vraiment toute la dissonance du truc qui est vraiment difficile et qui est vraiment violent.
Donc l'intensité à laquelle on va la ressentir, vraiment, je vous le redis, est totalement légitime, est totalement normale, puisqu'en fait, on parle de votre système nerveux, on parle de votre rapport au temps, on parle de votre rapport à la vie. on parle de votre rapport au temps qui passe, on parle de votre rapport à la mort, on parle de votre rapport au plaisir, à l'apaisement, aux habitudes, à toute la stabilité de votre environnement. En fait, c'est tout ça qui vole en éclats quand on perd un animal de compagnie. C'est pas juste, je perds quelque chose, je perds un animal que j'aimais profondément. Ça va beaucoup plus loin que ça, et la signification, la place que ça prenait, jusqu'en vous, en fait, est énorme. Et il y a plein de choses en plus de ça qui se mettent en place, et notamment parce que c'est des relations qui sont très particulières, justement parce que c'est totalement inconditionnel.
Quand je vous dis tout ça, que ça vient remettre en question plein de choses, c'est aussi parce que c'est des étapes par lesquelles je suis passée quand Sencha est morte.
C'est qu'au-delà du tsunami que j'ai pris dans la gueule, c'est venu tout remettre en question dans ma vie, mais à un point que je ne comprenais pas.
C'est venu remettre en question mon travail, mon couple, mon lieu de vie, mon rapport avec ma famille, le fait que je sois expatriée, mes habitudes de vie, la vie. Je suis passée par des pensées très sombres.
Je suis désolée si ça fait des coupures, forcément c'est juste ma gorge qui se bloque, c'est pas qu'il y a un bug, je vous le dis.
En fait c'est même venu mettre en... c'est revenu mettre en... En texture, j'ai envie de dire, en 3D en fait, mon rapport à la vie, mon rapport à la mort, mon pourquoi est-ce que j'ai envie de rester dans cette vie finalement, et mon pourquoi est-ce que j'ai pas envie de mourir ou pourquoi j'ai envie de mourir, ça a mis un peu de... ça a déplacé pas mal de choses un peu philosophiques, et en fait ça a réveillé chez moi mon rapport à l'impermanence, donc mon rapport à la mort forcément.
Mon rapport au fait, vraiment, mon rapport au fait que... Comme je vous l'ai déjà partagé dans plusieurs épisodes de podcast, je me sens souvent, depuis que je suis très jeune, un peu à côté du rideau. Comme si je sentais que la mort n'était jamais très loin et que j'avais une lucidité en permanence sur le fait que tout est très très très impermanent et que chez moi ça ne provoque pas juste de la gratitude ou qu'il faut vite en profiter, ça provoque certes une urgence de vivre, mais ça provoque aussi une mélancolie permanente de « à quoi bon ? Parce qu'en fait tout ça, ça va disparaître et je vais finir par mourir et je suis déjà tellement triste alors que c'est déjà pas mort, tu vois ? » Bon bref, je vous en ai déjà parlé. Donc en fait, ça peut réveiller ça, le deuil animal.
Ça peut réveiller aussi notre rapport à l'impermanence, et du coup à l'engagement qu'on a dans les choses aussi, et ce qu'on construit dans cette vie-là, ou ce qu'on ne construit pas justement.
Et ça nous ramène aussi forcément à notre propre impermanence, et au fait que nous aussi, on est éphémère sur cette vie, que notre existence elle est éphémère, que tout ce qu'on a autour de nous c'est éphémère, que nos proches sont aussi de passage, et que c'est quelque chose qui est éphémère, qu'on va perdre en fait à un moment donné tout ça. et qu'on vit comme si on ne le savait pas. Mais en fait, la seule chose dont on est certain dans notre vie, c'est qu'on va finir par mourir et qu'il y a des gens qu'on aime qui vont finir par mourir et que tout ça va finir par partir. Donc ça vient remettre tout ça en lumière.
Et ça peut remettre aussi la notion de finitude.
En fait, il y a des chapitres qui sont extatiques dans notre vie et qui sont à la fois extrêmement banals, comme le fait d'avoir un chat, c'est extrêmement banal. Et en même temps, c'est totalement extatique.
Et en fait, c'est des chapitres qui se finissent. Il y a une finitude dans les choses. qui fait qu'on ne pourra plus jamais revivre ces moments-là, qui fait que ce qu'on avait à ce moment-là, c'est impossible, même avec tous les outils, tout l'argent, toute l'énergie du monde. En fait, on ne peut pas et on est totalement impuissant face à certaines choses, notamment, qui sont complètement terminées et qui sont complètement finies. Et ça, ça nous ramène à une impuissance qui est absolue, en fait, et qui est très difficile à vivre.
Je trouve que ça remue aussi la notion de fragilité.
En fait la notion de fragilité, on reparle un peu côté éphémère ça remet aussi beaucoup la notion d'attachement et de finalement de ce qui est important, de ce qui est pas important dans notre vie.
Donc moi par exemple ça m'a aussi beaucoup fait réfléchir, ça a honnêtement la paire de Sencha m'a honnêtement énormément fait réfléchir et c'est toujours le cas sur mon non-désir d'enfant sur le fait que moi j'ai jamais voulu d'enfant et là ça commence à me travailler, c'est pas que j'en veux c'est pas que je me dis ah peut-être qu'en fait j'en veux machin c'est qu'en fait je me pose des questions que je me posais pas avant ou en tout cas qui étaient solutionnées pour moi Ça réouvre des dossiers clairement là-dessus, ça réouvre des questions. Ça a ouvert aussi plein de questions sur le fait que je vis loin de mes parents, que mes parents vieillissent. Ce qui fait que c'est même encore plus difficile de rentrer chez mes parents et de les voir maintenant, encore aujourd'hui, parce que ça fait juste que me renvoyer au fait que moi aussi je vieillis, que ma jeunesse, en tout cas à certaines époques, est totalement révolue, que mes parents vieillissent aussi et qu'il y a des époques... L'époque où j'étais une fille chez mes parents et que j'étais dans un coco en sécurité est complètement révolue. Et en fait, c'est totalement flippant.
Heureusement, je veux dire à 33 ans. Je veux dire 23. Heureusement à 33 ans. Mais c'est totalement, totalement, totalement flippant, en fait. Donc, ça remet aussi ça en exergue. Les choix de fonder une famille, un cocon, etc. D'être proche ou loin de nos proches aussi. De l'investissement en tant qu'amour. Même l'ouverture de cœur, en fait. De, putain, est-ce que ça vaut le coup à ce point-là d'ouvrir son cœur ? Si c'est pour souffrir à ce point-là.
Et je sais que quand on a trouvé Fury un mois après sous un scooter... Très cocasse quand même l'histoire, putain l'univers qui... Très cocasse l'histoire, on revenait de... On était dans l'avion, on revenait de... On parlait d'une île en Indonésie, de Jakarta, pour pouvoir refaire nos passeports. On rentrait, et dans l'avion je pleurais, et je pleurais parce que je pensais à Sencha qui était morte même pas un mois avant, et je disais à mon conjoint, franchement je veux plus d'Otcha, y'a que Kali, je veux plus d'Otcha, parce qu'en fait je veux plus m'attacher à ce point-là et s'ouvrir à ce point-là. Donc j'étais justement dans ce truc d'ouverture de cœur et de fermeture de cœur. Et je lui disais, la seule raison vraiment que j'ai un deuxième chat de nouveau, c'est si jamais j'en trouve un, que c'est une femelle, qu'elle a entre un mois et demi, deux mois et demi, et qu'elle peut encore s'habituer à nous, et qu'elle s'entend bien avec Cali, et que vraiment on la trouve, et qu'on n'a pas le choix, et qu'on... Voilà, on atterrit.
On atterrit, on atterrit sur le parking de l'aéroport, on va vers notre scooter, et on la trouve là, sous les scooters, quoi. Donc, bon, l'univers... vous demandez, vous recevez. C'est un peu ce truc-là.
Et du coup, au début, moi, j'en voulais pas. J'en voulais pas. Je l'ai ramené, je l'ai mis chez le véto. J'ai secoué tout mon univers pour essayer de trouver quelqu'un. qui veuille l'adopter, on n'a jamais trouvé, au final on l'a ramenée à la maison, hyper bonne entente avec Kali, Kali a totalement changé, c'est-à-dire qu'elle est passée d'un chat qui était extrêmement anxieux, extrêmement dépendant depuis la mort de Sencha, à tout le temps à miauler, etc., à une chatte hyper soulagée, hyper sereine, etc., bon on s'est dit, bon ben voilà, faut qu'on la garde.
Bref, mais du coup, pour vous dire, en fait, ça a questionné de nouveau, est-ce que j'ai envie de remettre une pièce dans la machine, est-ce que j'ai envie de nouveau d'ouvrir mon cœur à ce point-là, de souffrir à ce point-là ? Et puis, en fait, ça a redéclenché, et je pense que vraiment le deuil animal peut vraiment faire un truc comme ça, ça a redéclenché tous les deuils et tous les micro-deuils, soit que je n'avais pas fait, soit, en fait, que j'avais fait, mais qui sont toujours là et qui sont toujours extrêmement tristes.
Et des deuils de « j'habite plus dans cette maison, j'y retournerai plus jamais » , les deuils de « j'ai vécu à tel endroit » , les deuils de « ah, j'ai connu telle personne » , « ah, j'ai eu fait telle activité » , « ah, j'ai voyagé de cette manière-là » . Ah, j'étais salariée, je n'étais pas entrepreneur. Et en fait, tout ça, c'est des deuils.
Tout ça, c'est des deuils, des petites transitions de vie. C'est des espaces dans lesquels on a existé d'une certaine manière, avec des habitudes, etc. Et ce n'est vraiment pas exagéré de dire que c'est vraiment des deuils à faire. Notre vie n'est qu'une succession de micro-deuils, en fait. Et le deuil animal peut remettre tout ça en exergue et ça va se ressortir énormément de dossiers. Donc évidemment que c'est quelque chose qu'il ne faut pas prendre à la légère, en fait. Je pense qu'il ne faut pas dénigrer et qu'il ne faut pas minimiser ça. Voilà.
L'absence est très brutale, je trouve. Ça crée un contraste très fort, en fait, entre ce qui est vivant à l'extérieur de nous et le vide, la mort qu'on ressent. Et on ressent vraiment profondément qu'il y a quelque chose qui s'arrache totalement, en fait, de nous. Voilà.
Et tout à l'heure, quand je vous disais qu'en fait, le deuil animal, je trouve qu'il est très corporel. C'est parce que moi, je l'ai vraiment vraiment beaucoup, beaucoup, beaucoup vécu physiquement et que si vous vivez ça aussi, vraiment, je ne dis pas que c'est... Je dis pas que c'est banal, mais en tout cas c'est totalement légitime d'avoir vraiment des sensations jusque dans la poitrine. Moi j'avais même des sensations jusque dans les sinus. Il y a un manque qui est physique, un manque tactile. Il y a des bruits qu'on n'a plus, qu'on n'entend plus. Il y a une place qui est vide et tout ça, c'est des choses qui sont très sensorielles. Donc c'est un deuil qui est extrêmement sensoriel puisqu'il prend une place monumentale en fait dans notre quotidien.
Il y a un sujet aussi je pense qui est nécessaire d'aborder. Alors je vais pas arriver à m'étaler énormément dessus parce que je l'ai encore pas beaucoup digéré et que je sais déjà que ça va me mettre dans un mal pas possible. Et qu'aujourd'hui... Après avoir enregistré ce podcast, j'ai une simulation Hyrox à faire et trois heures d'atelier, puisqu'on est en plein dans la source en ce moment, donc il faut quand même que je me préserve un petit peu. C'est la culpabilité.
C'est la culpabilité, voilà.
En fait, c'est que quand on a un animal, on sait qu'on en est totalement responsable. Il y a toujours des connards qui ne se sentent pas assez responsables de leurs animaux et qui les abandonnent avant les vacances ou autre. J'en vois.
Bon, ces gens-là, j'espère qu'ils n'écoutent pas mon podcast, juste parce qu'en fait, ils ne sont même pas concernés limite. Mais en tout cas, quand on a un animal et qu'on a un minimum d'éthique, d'essence, d'empathie, de compassion, de compréhension du vivant, en fait, on sait qu'on est responsable de cet animal.
Et quand on perd notre animal, que ce soit brutal ou que ce soit progressif, En l'occurrence, ou parfois qu'on prenne la décision de faire euthanasier l'animal, donc nous c'est ce qui s'est passé avec Sencha, et c'est aussi ce qui s'est passé avec Fantômette, donc l'autre chatte qu'on a fait euthanasier, on a dû prendre la décision de la faire euthanasier.
Donc juste précision, nous en amont, on avait fait des communications animales, j'ai toujours fait des communications animales avec mes animaux, justement pour pouvoir vraiment dialoguer avec eux, savoir ce qu'elles désiraient en fait, et comment elles se sentaient, et donc on a fait aussi ça avec Sencha quand elle était en vie. savoir comment elle vivait les choses. Bref, on a fait des communications animales.
Donc en fait, je le sais rationnellement que d'avoir fait euthanasier ce chat, en fait, c'était la meilleure chose à faire. Il n'y avait pas d'autre choix, en fait, et que c'était aussi pour éviter à peine quelques jours en plus, mais de souffrance absolue pour elle.
Mais même si on le sait rationnellement, en fait, le deuil animal, je trouve, vient remuer une merde pas possible de culpabilité. Est-ce que je lui ai assez donné... En fait, est-ce que je lui ai donné assez d'amour ? Est-ce que je lui ai assez dit, assez montré que je l'aimais ? Est-ce que j'aurais pu faire plus ? Est-ce que j'ai fait ce qu'il fallait ? Qu'est-ce que j'ai raté ? Qu'est-ce que j'ai loupé ? En fait, on se repasse en boucle tous les moments où on n'avait pas le temps de jouer avec elle parce qu'on était sur notre téléphone ou qu'on était en train de travailler.
En fait, oui, on a notre vie.
En fait, on a notre vie, effectivement. Mais ça remet un peu en lumière tous les moments où on a l'impression qu'on aurait pu faire encore plus, qu'on aurait dû faire encore plus, qu'on aurait dû aimer encore plus, donner encore plus d'amour. Le regret, voilà.
Le regret, mais la culpabilité. Est-ce que j'ai pris les bonnes décisions ? Est-ce que ce qui s'est passé, j'aurais pu l'éviter ? Si j'avais pris ça plus au sérieux, si j'avais plus anticipé les choses. Donc voilà, ça vient remuer une merde pas possible de culpabilité. Faut faire vraiment attention à ça.
Moi, ces pensées-là, j'ai décidé de pas les suivre. À chaque fois qu'elles viennent, je décide de les couper. Parce qu'en fait, je sais que c'est une manière, c'est une stratégie pour essayer de reprendre du contrôle sur une situation. Une situation sur laquelle en fait on est complètement impuissant.
Se culpabiliser c'est une manière de se dire peut-être qu'en fait si j'avais fait ça, En fait c'est une manière d'essayer de réécrire le narratif. Un narratif sur lequel on n'a plus aucune emprise. On est totalement impuissante et on ne peut pas retrouver de maîtrise là-dessus. On va juste se faire du mal pour strictement rien du tout. En fait puisque ça ne changera pas les choses. Et en fait on ne peut juste pas réécrire le narratif. Donc ça je trouve que c'est vraiment quelque chose qui est très difficile. qui crée beaucoup de panique. En tout cas, moi, ça a créé beaucoup, beaucoup de crises de panique.
Et c'est, je pense, aujourd'hui ce qui me fait le plus souffrir encore. Et j'ai beau savoir que non, qu'en fait, j'ai tout fait bien, j'ai donné le maximum à un environnement de fou. Je sais que c'est des choses qui vont ressortir. Puis donc, même là, je me dis, le jour où je perds Kali, Kali qui est notre reine mère, mon enfant, je sais que c'est de nouveau la culpabilité qui va me bouffer alors que je donne tout et que je fais tout. En fait, c'est comme si quand on perd quelqu'un, Ou un animal, on se refait tout le trajet en se disant c'était encore pas assez, j'aurais pu faire plus, Voilà.
Et enfin, il y a une dernière chose aussi qui reste que je voulais vous dire et que j'ai envie de clôturer cet épisode là-dessus parce que je trouve que c'est la chose la plus belle en fait dans ce deuil. Je vais juste respirer un coup pour me détendre le larynx.
En fait, il y a une chose qui est belle dans ce deuil, c'est que l'amour qu'on ressent Il continue.
Et je pense que c'est ce qu'il y a de plus difficile, mais de plus beau. En fait, c'est que la présence a disparu, mais l'amour reste, mais le même. C'est un truc de fou. Le ressenti de l'amour et d'aimer, et de la compassion et de l'empathie, et l'amour et tout ce qu'on ressent pour l'animal, il est là, et on est empreinte d'amour. C'est vraiment un truc de fou.
Donc moi, ce qui m'a beaucoup aidée, je ne sais pas si c'est quelque chose qui peut vous aider, c'est de rester dans cet amour-là. Je trouve que ça fait du bien, en fait. Ça fait du bien, plus que la culpabilité, plus que la colère, etc. De rester dans cet amour.
Moi, j'avais vraiment cette foi de me dire que, où qu'elle soit allée, où que son esprit soit allé, ou quoi que ce soit, l'amour que je pouvais ressentir pouvait traverser aussi ces frontières-là et qu'elle puisse aussi les ressentir. Et du coup, je parlais beaucoup.
Je parlais beaucoup à voix haute et je continuais de lui parler. Et je continuais de l'appeler. Et j'en parlais avec Kali. Et en fait, voilà. Je continuais de temps en temps à parler à voix haute à Senja comme si elle était dans la pièce en me disant Peut-être que son esprit m'entendait. Et voilà, en fait, c'est quelque chose qui m'a beaucoup aidée. Je pense que c'est quelque chose qui peut aussi vous aider. Les communications animales aussi, on est aidés d'en parler.
Donc ensuite, il y a vraiment un... Il ne faut pas hésiter à faire un suivi thérapeutique, un suivi avec les psys. Donc moi, c'est vraiment ce que j'ai fait. Il ne faut vraiment pas être seul. En parler avec des proches qui ne minimisent pas ça, c'est aussi très important. Et recréer des habitudes différentes.
Donc moi, j'ai voulu changer de lieu de vie. pour habiter dans un lieu de vie, dans une maison dans laquelle je n'avais pas de souvenirs avec elle, c'était super important pour moi. Je ne dis pas du tout que c'est à la portée de tout le monde ou que c'est un truc qu'il faut absolument faire, mais en tout cas, moi, ça m'a aidée. Mais du coup, même de rechanger des nouvelles habitudes que je n'avais pas, même si ça, par exemple, de me lever différemment, de faire un truc différent, de vraiment changer les habitudes, etc., justement, pour mieux traverser ça et recréer de nouveau des nouveaux repères pour notre système nerveux, pour arriver à processer les choses plutôt que d'essayer de continuer à faire la même chose et de ressentir en permanence l'absence. Voilà.
Donc il y a beaucoup ça. Et franchement, prendre le temps de pleurer et de digérer et de processer autant qu'on veut. Et vraiment, j'insiste, c'est hyper légitime que ça remette aussi en lumière et en dimension plein d'aspects de notre vie qu'on n'avait peut-être pas explorés ou qu'on avait beaucoup explorés et qu'on n'avait pas totalement digérés ou quoi que ce soit. Par exemple, je vous le redis, le rapport à la mort, c'est un sujet qui me travaille beaucoup depuis que je suis toute petite. Et en fait, voilà, c'est un truc du coup. le deuil a fait ressortir ça et c'est comme ça en fait.
Donc c'est vraiment ce truc l'amour reste mais c'est pas tout beau, c'est pas vrai, c'est juste que cette perte là va clarifier des choses aussi pour vous que ça va réorganiser et que une des manières de la traverser c'est aussi de réorganiser votre quotidien de saisir aussi ce que ça peut mettre en lumière et de faire tout ce dont vous avez besoin que ce soit de parler à voix haute que ce soit de Merci. De changer vos habitudes, d'être seule, d'être entourée, peu importe. En fait, vraiment tout ce qui peut vous soutenir là-dedans sans vous enfoncer. En fait, voilà. Parce que ce que vous vivez, c'est gros. C'est un gros truc. Voilà.
Je vais m'arrêter là parce que ce sera trop difficile pour moi de creuser plus le sujet. Voilà, mais j'espère que c'est déjà quelque chose qui peut peut-être vous faire du bien, qui peut peut-être vous soulager, qui peut... Enfin, je ne sais pas, c'est peut-être un peu prétentieux de ma part. Voilà.
Je vous embrasse très très fort et puis je vous retrouverai la semaine prochaine pour un sujet plus gai c'est promis mais j'espère que j'ai pu au moins voilà juste même si c'est un millième de pourcentage vous envoyer un peu d'amour