Speaker #0Bonjour à tous et bienvenue sur le podcast La Vie Suffit.
Qu'est-ce que c'est que la perte de sens ?
C'est un phénomène bien plus profond qu'un simple manque de motivation. Malgré tout ce que le def perso nous raconte, c'est une faille qui s'ouvre quand ce que nous faisons ne reflète plus vraiment ce que nous sommes. Alors qu'on soit entrepreneur, salarié, en couple, ou tout simplement qu'on se pose des questions existentielles, on traverse tous, un jour ou l'autre, cette sensation de vide, d'absurde et de dissonance intérieure. Et je sais que c'est des périodes qui sont douloureuses, dans lesquelles on se sent vraiment très seul et on peut perdre confiance en soi.
Alors dans cet épisode, j'ai décidé de vous parler à cœur ouvert de cette crise du sens. Pourquoi est-ce qu'elle est inévitable dans une trajectoire humaine ? Comment est-ce qu'elle s'installe progressivement sans qu'on s'en rende compte parfois ? Et pourquoi est-ce qu'elle est aussi douloureuse et surtout pourquoi personne n'en parle vraiment ?
Je vous propose qu'on en discute aujourd'hui et qu'on voit pourquoi est-ce qu'elle touche particulièrement certaines personnes et comment envisager cette perte de sens sans être un problème à fuir mais plutôt un passage à comprendre.
Je suis Chloé Bloom, entrepreneur aux Multicasquettes, et chaque jeudi je vous partage les réflexions, les phases d'introspection, les clés qui selon moi permettent de vivre notre vie plus pleinement et de trouver plus d'épanouissement.
Chaque épisode est une invitation à exprimer encore plus librement toutes les parts de vous.
Si cela vous plaît. Je vous invite à partager les épisodes à vos proches qui en ont besoin, ainsi que laisser une jolie note et un commentaire si vous souhaitez soutenir le podcast.
Bonjour tout le monde.
Bon, j'ai tenté une autre intro. Vous avez vu, normalement, je pose des questions et tout. Là, j'ai tenté une autre intro. Voilà, je me réinvente, grande folie. Non, je déconne, mais je ne sais pas. J'ai tenté une autre intro. Je tente un truc. Je me suis dit, pourquoi pas, peut-être que ça vous met un peu plus vite dans le bain, parce que parfois, je mets mille ans à commencer à rentrer dans le vif du sujet du podcast. Donc bon Écoutez, vous me direz, voilà, si ça vous plaît.
J'ai un tout petit peu la voix de Bonnie Tyler aujourd'hui parce que je suis un peu fatiguée et que j'ai beaucoup crié hier pour encourager mes copines à la danse, tout simplement. Voilà, donc rien de négatif.
Aujourd'hui, je vous retrouve pour la première partie d'un épisode. En fait, j'ai décidé de réaliser cet épisode-là en deux épisodes distincts parce que sinon ça va être long, ça va faire beaucoup d'informations et surtout parce que... en fait, il y a énormément de personnes qui me contactent en ce moment précis. Beaucoup, beaucoup d'entrepreneurs notamment. Donc parfois, c'est des entrepreneurs que j'ai accompagnés. Parfois, c'est des entrepreneurs pour un gros business. Parfois, un plus petit business, plus rare. Puis c'est aussi des personnes, pas forcément entrepreneurs, qui me contactent pour me parler de ce sujet-là.
Et c'est vraiment quelque chose qui revient souvent. Je sais que j'ai déjà parlé de la perte de sens dans d'autres épisodes de podcast. Mais là, je ne sais pas. Je me suis dit, il faut que je réaborde le truc avec encore plus de profondeur, encore plus de néance, encore plus de détails, parce que je ne comprends pas pourquoi personne n'en parle. Du point de vue avec lequel j'ai envie de l'aborder, moi, la plupart du temps, j'entends des conneries sur le sujet de la perte de sens. J'entends des mauvaises explications. J'entends très souvent que c'est une baisse de motivation et que c'est quelque chose qui va passer et qu'il faut juste attendre. voilà.
Donc aujourd'hui je réaborde ce sujet là et que vous soyez entrepreneur ou pas, que ce soit dans votre couple, dans votre vie perso, dans votre vie pro, peu importe, j'essaie vraiment de tout balayer. Donc on va déjà voir dans ce premier épisode ce que c'est que la perte de sens, à quoi c'est lié, à quoi c'est dû, pourquoi est-ce qu'on le traverse. Et puis dans le second épisode, je vous propose d'apporter des solutions. Il y aura aussi un exercice en fin d'épisode, que vous pourrez faire d'ailleurs à l'écrit, qui va être très intéressant. Ce sera un peu en gros vos devoirs pour la semaine prochaine. Vous voyez, c'est un peu ce truc-là.
Donc ce qu'il faut savoir déjà, c'est que la perte de sens, ce n'est pas juste un petit caprice. J'ai vraiment envie de vous déculpabiliser avec ça. La perte de sens, ce n'est pas juste un petit caprice de l'ego, une baisse de motivation ou quoi que ce soit. En fait, c'est comme, imaginez, c'est comme une faille structurelle qui va se manifester lorsqu'un système, que ce soit un système qui soit individuel, donc qui vous soit propre, ou un système qui soit collectif, ne parvient plus à être dans une cohérence entre les actions, les valeurs et la perception du réel. D'accord ? Donc c'est quand, en fait, il commence à y avoir une faille dans le système. parce qu'il y a un manque de cohérence. En gros, les rouages ne sont plus bien huilés, il y a quelque chose qui ne va pas, qui ne tourne pas rond, clairement, dans le système. Et, encore une fois, ce phénomène de perte de sens, il ne se limite pas au travail, il ne se limite pas à l'entrepreneuriat. En réalité, il est inhérent à tout ce qui est vivant, à tout ce qui se complexifie, à tout ce qui évolue, et tout ce qui peut aussi entrer en dissonance avec vos valeurs profondes.
Dans cet épisode, je vais aborder les deux. Si vous êtes entrepreneur et que vous êtes dans une perte de sens qui est profonde, vous allez aussi vous y retrouver, quelle que soit la taille de votre entreprise d'ailleurs, mais pas que les entrepreneurs.
Je vais en parler aussi vraiment particulièrement pour les entrepreneurs parce que, sincèrement, en tant qu'entrepreneur, on traverse tous... ce genre de choses. Et il y a peu de gens qui en parlent. Et c'est bien dommage. C'est vraiment bien dommage parce que moi, c'est des phases que j'ai traversées et qui sont très dures.
J'ai vu aussi des entrepreneurs traverser ce genre de phase-là et même des entrepreneurs qui avaient des très grosses entreprises et qui étaient entrepreneurs depuis longtemps, traverser des vraies pertes de sens qui sortaient entre guillemets un peu de nulle part et pour qui, du coup, c'était très douloureux. Des personnes qui étaient entrepreneurs depuis longtemps. Mais encore une fois, sachez que c'est quelque chose qui peut toucher tout le monde. Ça peut toucher quelqu'un qui va être salarié et c'est totalement normal. Et vous allez voir que parfois, cette perte de sens, elle peut même mener au burn-out ou au bore-out en réalité. Ça peut toucher le couple, ça peut toucher la vie en général. Elle touche vraiment, cette perte de sens, elle touche tous les domaines.
Dans l'entrepreneuriat, ça peut nous toucher quand, par exemple, mais c'est des choses sur lesquelles je reviendrai, notre cible ne nous correspond plus, on n'est plus vraiment aligné à notre cible, on n'est plus aligné aux méthodes qu'on emploie. Les valeurs qu'on prône ne sont pas vraiment alignées à nos valeurs profondes. Il y a plein de raisons et je vais les détailler, mais ça peut toucher tous les entrepreneurs. Et vraiment, j'insiste là-dessus. J'ai vu beaucoup d'entrepreneurs passer par là et moi, c'est quelque chose que je vis aussi de manière assez cyclique. Alors, je ne vais pas vous dire tous les deux ans, je vis une perte de sens. Mais pour le moment, depuis que je suis entrepreneur, j'ai déjà vécu deux énormes pertes de sens. Une qui a duré quelques mois, l'autre qui a duré presque un an. C'est douloureux. Ça nous met dans le flou. Ça nous fait perdre un peu les choses de vue. Moi, ça n'a pas du tout impacté mon business, mais ça m'a impacté, moi, dans le perso. Et le truc, c'est que c'est multifactoriel. Et que la plupart du temps, en tout cas, moi, je me suis sentie très seule quand j'ai traversé ça, parce que ce qu'on entend... Encore une fois, je suis désolée du vocabulaire que j'utilise. Je suis fatiguée aujourd'hui, je n'ai pas envie de faire l'effort. Les conseils qu'on entend sont éclatés. C'est des conseils complètement claqués. On nous dit que ça va aller, on nous conseille d'attendre. attendre, on ne nous dit rien, on nous dit qu'il faut qu'on se remotive, il nous dit qu'il faut qu'on se bouge.
En fait, on base tout sur la notion de volonté.
Et moi, je trouve que c'est difficile parce qu'on se sent un peu laissé de côté, dans le sens où on se sent un peu démuni, en fait. On se sent un peu démuni, on ne trouve pas vraiment de solution. La perte de sens n'a rien à voir avec la notion de volonté ou de motivation.
Dans le salariat, c'est la même chose. On peut aussi vivre vraiment des grandes pertes de sens douloureuses, notamment par exemple quand nos missions deviennent un peu vides de sens. Ou que notre environnement de travail ne nous nourrit plus du tout, quand on a l'impression d'avoir fait le tour.
Dans le couple aussi, on peut vivre des grandes pertes de sens. Par exemple, quand la relation est maintenue par habitude et non pas par un choix conscient qu'on fait chaque jour, quand on a l'impression qu'il n'y a plus rien qui nous nourrit non plus.
On peut vivre aussi des pertes de sens par rapport au lieu de vie, donc quand on sent qu'un endroit nous oppresse complètement, nous limite ou ne nous stimule plus.
Donc voilà, la perte de sens, ce n'est pas juste une simple lassitude. Et c'est là-dessus que je veux mettre une alerte. C'est que c'est une alerte profonde. qui nous indique qu'il y a un ou plusieurs paramètres de notre vie qui sont en décalage avec notre évolution et avec nos valeurs profondes.
Je réinsiste là-dessus également, nos valeurs, on ne les choisit pas. Ce n'est pas en faisant une liste de valeurs à la Tony Robbins ou je ne sais pas quoi qu'on choisit nos valeurs. Nos valeurs, elles nous choisissent nous. Les valeurs, c'est quelque chose qui vient tellement fort et tellement des tripes que c'est ce qui va guider presque tous nos... tous nos choix et nos ambitions de vie, etc. Donc c'est hyper important de les comprendre, de les connaître et de se connaître soi pour pouvoir être aligné. Et cette perte de sens, elle est en lien avec ces valeurs-là, justement.
La perte de sens, elle se manifeste à un espèce de point de rupture. C'est un moment où tout ce qui nous nourrissait, nous motivait, ce qui nous challengeait, par exemple, ça ne marche plus, ça ne fonctionne plus. Et ce n'est pas juste un problème d'émotion. J'insiste là-dessus, encore une fois, c'est une incohérence structurelle. C'est quelque chose dans notre manière de fonctionner qui ne correspond plus à qui nous sommes devenus.
Donc, ce sentiment de perte de sens, on peut l'analyser sous plusieurs angles. L'angle que j'utilise le plus souvent, c'est le désalignement entre la structure et l'essence. C'est-à-dire qu'on a une trajectoire, on est dans une trajectoire humaine, qu'elle soit professionnelle, relationnelle, existentielle. Il y a une espèce de dialectique permanente entre ce que l'on est et ce que l'on fait. Et quand on entre dans une action, une trajectoire qui devient une coquille vide, c'est-à-dire qui est dénuée de sens justement parce que ce que l'on fait n'est plus aligné à ce que l'on est du point de vue identitaire, du point de vue essence, pulsion de vie, etc. C'est là qu'en fait la structure externe de ce que l'on est, de là où est-ce qu'on mène nos actions, l'espace où on mène nos actions, ne reflète plus du tout l'évolution interne de ce que je suis devenu et puis qui je suis maintenant avec toute ma personnalité, mes archétypes, etc. C'est quand il y a un vrai désalignement entre « attends, mais moi, qui je suis devenue là ? » et l'espace que j'ai pour pouvoir m'exprimer.
Moi, ça s'est par exemple manifesté entre qui je suis devenue dans mon cheminement entrepreneurial et personnel et la forme que j'avais de pouvoir faire passer mes messages, les gens à qui j'adressais mes messages, le sujet dans lequel je devais rester, qui, je sentais, était complètement désaligné avec moi, qui j'étais devenue. J'avais l'impression d'avoir dépassé ce stade, d'avoir fait… le tour de ne plus avoir envie de parler de ça. Enfin, voilà, il y a plein de raisons, et encore une fois, j'y reviendrai.
La deuxième grande raison qui peut y avoir, et qui est très intéressante à aller explorer, c'est un épuisement du narratif interne. Alors, qu'est-ce que c'est que ce narratif ? J'en parle souvent sous le terme de personnage.
Vous savez, en gros, chacun, chacune d'entre nous, on fonctionne un peu sur la base d'un narratif qu'on se raconte, on construit une histoire, un narratif, un personnage cognitif, symbolique. qui donne une direction à nos choix.
Et quand ce narratif-là, ce personnage s'effondre, soit parce que ça devient obsolète, soit parce qu'on se rend compte qu'en fait on n'en a plus vraiment besoin, parce qu'on l'a déconstruit, parce que peut-être qu'on l'avait adopté dans notre passé sans que ce soit réellement choisi, c'était assez inconscient, ou tout simplement parce qu'il y a des choses beaucoup plus profondes qui ont émergé, des réalités qui soient différentes, là d'un seul coup on va rentrer dans une perte de sens. En gros, c'est quand votre histoire devient un peu obsolète.
Pour simplifier les choses... On fonctionne tous un peu avec une histoire de nous-mêmes qui va structurer notre vision du monde, nos choix, nos ambitions, notre identité, et particulièrement aussi dans l'entrepreneuriat évidemment. Et ce récit-là, c'est un peu une trame de fond qui va donner du sens à nos actions, qui va donner du sens à notre trajectoire. Donc dans cette histoire-là, il y a nos croyances, en tout cas celles qui sont conscientes, les valeurs qu'on pense avoir choisies, nos objectifs. Puis cette histoire-là, elle est aussi influencée par notre éducation, notre milieu, notre culture, nos expériences, nos choix, etc.
Je vous donne des exemples. Si notre histoire c'est « je suis faite pour inspirer les autres et partager du contenu profond » , moi j'étais complètement dans ce narratif-là, le jour où ce narratif pète, on se rend compte qu'en fait tout ce qu'on faisait pour inspirer les autres et partager du contenu profond, ça n'a aucun sens. Donc moi qui étais dans ce truc-là, de me dire « mon personnage et mon narratif c'était ça, c'était en fait moi je suis faite pour inspirer les autres et partager du contenu profond » , le jour où on se rend compte qu'en fait ce narratif pète parce que je me rends compte que je suis... complètement à l'aise avec ma superficialité, que j'adore partager aussi du contenu superficiel, que je ne suis pas forcément faite pour inspirer les autres, que j'ai aussi envie d'être tranquille. Il y a plein de trucs qui pètent avec le travail qu'on fait sur soi. Eh bien, on se rend compte que le château de cartes tombe et on peut rentrer dans une perte de sens.
D'autres exemples, ça peut être je suis entrepreneur parce que la liberté est la valeur la plus importante pour moi. C'est également tiré d'un exemple personnel, n'est-ce pas ? Eh bien, le jour où on se rend compte qu'en fait, la structure qu'on s'est construite Donc moi, c'était vraiment ça. J'ai commencé à avoir une dizaine de salariés, à énormément travailler, à m'imposer des réunions toutes les semaines. J'avais plein de réunions du management et des tas de trucs. Le truc de « je suis entrepreneur parce que la liberté est la valeur la plus importante pour moi » , ça ne veut plus dire grand-chose parce qu'en fait, la réalité que je vis est complètement à côté de la plaque par rapport à ce narratif-là. Donc, ce n'est même pas le narratif qui a pété, c'est la réalité que je vivais qui était en décalage avec ce narratif-là.
Un autre exemple, ça va être… issue de mon histoire personnelle également, ça va être, je dois réussir à bâtir quelque chose de grand pour prouver ma valeur. Moi, j'ai été complètement dans ce narratif-là dans les premières années d'entrepreneuriat et j'ai fini par faire péter ce truc-là en fait. Aujourd'hui, ce n'est plus du tout quelque chose qui est valable et le jour où ça a explosé, où je me suis rendu compte que pas du tout, ma valeur n'avait rien à voir avec tout ça, qu'est-ce que je fais là ? Pourquoi je suis en train d'essayer de bâtir un truc grand ? Pourquoi en fait ? Et j'ai dû revoir mon modèle entrepreneurial, Réduire. mes ambitions, etc., pour que ce soit plus aligné à ce que je veux vraiment. Je n'ai pas envie forcément de bâtir quelque chose de grand, en fait. Ce n'est pas du tout le but. Voilà. Mais avant ça, j'ai connu une perte de sens.
Je vous donne d'autres exemples qui ne sont pas tirés de mon exemple personnel, mais qui peuvent aussi résonner avec vous. C'est par exemple, dans votre récit personnel, c'est « je me définis à travers mon rôle de père, mon rôle de mère, mon rôle de coach, mon rôle de leader, etc. » Le jour où ça explose, perte de sens.
C'est aussi quelque chose que je véhicule parfois quand je vous ai en face de moi. et que j'entends des gens qui s'identifient uniquement en tant que coach, qui parlent de leurs clients en parlant de leurs clients en disant « mes coachés » . Mais ce n'est pas tes coachés, en fait, c'est tes clients, ça s'arrête là. Le fait de dire « mes coachés » , c'est pour sans cesse rappeler que toi, tu es coach, et ça veut dire qu'il y a vraiment une forte identification au rôle de coach, mais si ça, ça explose, tu vis une perte de sens, en fait. Donc, tout est juste, mais c'est assez intéressant de regarder le narratif qu'on s'est construit.
Donc, c'est une structure qui est invisible, parfois qui est inconsciente. mais qui est très puissante. Et tant que ce récit-là fonctionne, on a la sensation que tout a du sens. Sauf que quand ce récit-là devient obsolète, soit parce qu'on a bossé sur soi et qu'on a fait exploser certaines choses, soit parce qu'on prend conscience du fait qu'il n'est pas vraiment valable, parce qu'en fait, par exemple, il a été adopté sans être vraiment choisi à cause des influences extérieures, soit parce qu'on se rend compte que c'est un rôle qui ne nous appartenait pas vraiment. soit parce qu'on a évolué tout simplement, on se construit avec une vision du monde qui nous sert à un moment donné, puis cette vision-là, elle finit par évoluer, et elle devient peut-être trop étroite au fur et à mesure qu'on grandit, donc on a envie de changer de vision. C'est aussi ce qui fait que ce qui nous motivait hier ne nous stimule plus vraiment aujourd'hui, parce qu'en fait, on a juste dépassé cette phase-là.
Ce récit personnel, il s'effondre. Il y a un effondrement qui se produit.
Quand on adopte un rôle qu'on n'a pas vraiment choisi, le jour où on se rend compte que ce rôle-là, ça ne nous appartient pas et qu'on ne l'a pas choisi, l'effondrement peut être très désagréable.
Moi, par exemple, les pertes de sens que j'ai vécues, c'est les phases où je me suis demandé si j'étais toujours en accord avec l'espèce de rôle d'entrepreneur dans le def perso que je m'étais pris, ou si c'était une identité qu'on m'était attribuée et que j'avais fini par intégrer sans la remettre en question. Et c'est ce que je vous explique depuis plusieurs épisodes. En fait, moi, pas du tout. J'ai bien conscience que je partage des trucs autour du def perso, mais que la plupart du temps, ce n'est pas le cas et qu'on est beaucoup plus sur de la pensée profonde et de la métacognition et de la pensée critique et de la manière de raisonner. Et en fait, je me rends compte que cette étiquette def perso, elle ne me convient pas du tout et que tant que je reste dans cette étiquette-là, je pense que c'est ce qu'on attend de moi. Et je vais continuer à donner des trucs qui ne sont pas du tout alignés avec ce qu'aujourd'hui, j'ai envie de faire passer, à savoir des choses qui sont moins dans la cistana et qui sont plus pertinentes. C'est un exemple.
Un autre exemple que je peux vous donner aussi, c'est justement quand cette espèce de récit devient obsolète, et notamment moi ça s'est manifesté par des moments où je sentais que dans ma manière d'aborder mon travail, ma communication, mon contenu, c'était plus du tout en phase avec mes aspirations intellectuelles, émotionnelles. Voilà, mais ça pareil, j'y reviendrai.
Puis c'est aussi possible que, par exemple, ce récit un peu personnel, cette histoire, ce personnage, il s'effondre, parce qu'il y a des réalités beaucoup plus profondes qui vont émerger. Si par exemple on vit une expérience qui vient fissurer complètement cette construction-là, un burn-out, une prise de conscience soudaine, un événement marquant qui nous oblige à voir qu'en fait cette histoire ne correspond plus vraiment. Il y a des gens qui ont besoin de passer par là, d'autres non, moi en général je vais le chercher, le moment de craquage je vais le chercher.
Il y a des moments dans lesquels moi j'ai ressenti un grand vide, non pas parce que j'avais échoué dans quelque chose, mais parce que le moteur initial que j'avais c'était plus du tout suffisant pour justifier les choix que je faisais. Et j'essayais de me convaincre mais ça ne marchait pas. C'est ce qui fait aussi que le truc le plus important pour moi dans ma vie entrepreneuriale, c'est l'alignement.
C'est ce qui fait que pour les personnes qui me connaissent depuis 2017, parce que j'ai commencé à entreprendre en 2017, vous avez vu que je n'ai pas changé, mais j'ai beaucoup fait évoluer mon contenu, ce que je propose, mes discours, la forme de ce que je propose aussi, parce qu'il n'y a rien de plus important pour moi que l'alignement et que je déteste rester accrochée à quelque chose qui ne fait plus sens. Pourtant, mes valeurs n'ont pas changé, ma personnalité n'a pas changé. Moi, je n'ai pas changé. Mais il y a des choses qui font plus sens au bout d'un moment parce qu'on se rapproche de toute notre vie, de plus en plus de la justesse, ce qui n'est plus aligné. Selon moi, ça doit dégager. Donc voilà pour cette histoire de récit personnel. Si votre récit personnel s'effondre, on peut rentrer dans une perte de sens.
Il y a autre chose aussi qui peut causer cette perte de sens-là, c'est quand on entre dans une phase de rupture avec la dynamique d'apprentissage et d'expansion. Je pense que l'apprentissage et l'expansion, c'est quelque chose qui est très stimulant. et qui donne énormément de sens à notre vie. C'est un phénomène dynamique, le sens, en fait. Ça se construit beaucoup par la curiosité, par l'exploration, par la découverte, etc. Et quand on entre dans des situations de stagnation, quand on se sent figé et qu'on n'a plus de dose d'incertitude, c'est un peu comme dans un couple. Il y a ce qui construit l'amour qui est la certitude et la sécurité, puis il y a ce qui construit le désir, et il y a l'inconnu et l'incertitude.
Et vous voyez, c'est toujours ce truc de comment est-ce qu'on fait pour avoir de l'amour mais aussi avoir du désir. Il faut de la certitude mais aussi un peu d'incertitude. C'est un peu la même chose justement dans tout le reste de votre vie. Quand il n'y a plus de dose d'incertitude, il n'y a plus vraiment de désir ou qu'il n'y a plus du tout de kiff d'apprentissage ou alors que ça devient ultra complexe et presque écrasant, le système cognitif sature.
Moi, c'est ce que j'ai vécu quand j'ai commencé à recruter, à salarier plusieurs personnes. Ça devenait écrasant pour moi, trop complexe, trop énergivore. J'ai saturé complet et j'ai basculé dans des questionnements existentiels où je n'arrivais plus du tout à me projeter en dehors du cadre que je m'étais imposé moi-même. Et j'avais l'impression d'être en prison, littéralement. Et donc, j'étais dans une perte de sens totale parce que, entre la raison pour laquelle j'ai commencé et là où j'étais en train de me retrouver enfermée, il y avait un monde. Il y avait un monde.
Après, ce qui est hyper important à comprendre aussi, c'est que la perte de sens, ce n'est pas quelque chose qui arrive d'un coup. On peut se rendre compte d'un coup. mais en général, ça n'arrive pas d'un coup. C'est quelque chose qui est assez progressif en réalité.
Et notamment quand on continue à avancer en mode pilote un peu automatique, sans se rendre compte qu'on s'éloigne de nos valeurs profondes, qu'on s'éloigne de notre pourquoi, qu'on s'éloigne de ce qui est important pour nous. Et la plupart du temps, on ignore les premiers signaux. Et les premiers signaux, c'est oui, de la perte de motivation, à se lever le matin et à ne pas envie, soit de se réveiller à côté de cette personne-là. soit d'aller bosser, soit de faire ça, soit de retrouver telle personne, soit d'être dans notre vie.
Moi, c'est quelque chose que j'ai aussi vécu, c'est me lever le matin et me dire, en fait, encore une journée chiante dans laquelle je vais me faire chier, voir tout le temps les mêmes gens et la même chose. Et ça me saoule vivement ce soir que j'aille me recoucher. Là, on parle quand même d'un signe qui est très, très, très alertant. Donc ça, c'est un des premiers signaux. Il y a aussi la fatigue, il y a l'ennui, il y a la sensation d'étranglement, la sensation d'être... de rentrer dans une espèce de marasme, une boue. De toute façon, quand on est dans de la perte de sens, encore une fois, pardonnez-moi mes termes, mais on est dans un tas de merde, en fait. On est vraiment dans un tas de merde visqueuse et on en fait un tas de merde. Et c'est ça qui est assez intéressant, on ira le voir après. Il faut arriver à fouiller dans cette boue-là, dans cette crotte, pour aller voir qu'en fait, il y a deux petites têtes d'épingles, souvent, des toutes petites têtes d'épingles merdiques qui contaminent tout le reste et que c'est pas vraiment un gros tas de merde, mais c'est juste qu'on généralise le problème, mais on y reviendra. Voilà.
Donc ça n'arrive pas d'un coup, c'est quelque chose qui est progressif.
Chez les entrepreneurs, c'est quelque chose qui peut être lié à plusieurs désalignements, comme ce que je disais. Donc une des premières choses, c'est aussi que ça peut être lié à cette notion de perte de liberté. On voit souvent l'entrepreneuriat comme un territoire de liberté, un truc où on crée un système hyper aligné à nos valeurs, nos désirs et tout. Pourtant, honnêtement, la plupart des entrepreneurs qui vivent une perte de sens, c'est-à-dire presque tous, se rendre compte qu'en fait, c'est une illusion. Il y a une espèce d'illusion de la maîtrise là-dedans. On a la sensation qu'on construit notre propre cadre, alors qu'en fait, on finit par recréer exactement les structures enfermantes et aliénantes qu'on fuyait au départ. La liberté entrepreneuriale, c'est un espèce de piège si c'est dicté par des impératifs autres que la liberté. Rentabilité, croissance, images, machin, plutôt qu'une dynamique organique, intuitive, alignée, adaptable, etc. Voilà,
mais en tout cas, c'est vraiment ce que je tire de mon expérience entrepreneuriale. So far, quoi. Voilà.
Il peut y avoir le paradoxe de la spécialisation, donc que moi je ne vis pas, mais que j'ai pu voir chez certaines personnes, c'est-à-dire que... Souvent, un entrepreneur va commencer avec un spectre assez large d'envie, de compétences. Puis petit à petit, il y en a qui vont se nicher, qui vont se mettre dans une expertise, une forme rigide. Et ça peut être aliénant parce que cette intelligence évolutive, ça ne supporte pas la stagnation. Puis on se retrouve figé dans une activité qui devient une espèce de prison intellectuelle et même sensorielle.
Moi, je ne suis pas du tout dans ce truc-là de spécialisation. Je me réinvente autant que je veux, donc ça, c'est plutôt cool. Je me sens assez libre là-dessus. Mais je sais que c'est quelque chose qui peut être aliénant pour certains.
Il peut y avoir également le poids du cadre social et algorithmique. Et donc ça, c'est quelque chose dont il faut parler également. Les réseaux sociaux. Les réseaux sociaux sont aussi un facteur de perte de sens chez énormément d'entrepreneurs parce qu'on n'est pas réellement libre. On est constamment soumis aux logiques des plateformes, aux algorithmes, aux attentes des clients, aux attentes du marché, la surexposition, la nécessité... permanente de produire des contenus qui soient rentables, qui soient utiles, qui soient divertissants, avec une espèce de logique de performance qui est souvent incompatible avec le questionnement sincère sur le sens de l'action.
C'est ce qui fait aussi que moi, je le vois, je ne rentre pas vraiment dans les codes de ce qui fonctionne. Je n'ai pas une croissance qui est forte, je n'ai pas un engagement qui est tout le temps excellent, etc. mais je me suis vue me forcer plein de fois, je me suis vue me dire non mais là il faut que je fasse ci, il faut que je fasse ça, et je ne fonctionne plus comme ça depuis quelques années, je me dis maintenant je veux créer un contenu si j'ai quelque chose à faire passer et pas l'inverse. Je ne me dis pas je veux créer un contenu, donc il faut que je trouve quelque chose à faire passer.
Le peu de fois où j'ai fait ça, et ça m'est arrivé peut-être deux fois sur le podcast, je pense que vous le ressentez dans la voix, dans l'énergie, etc. Parce qu'en fait ce n'est pas... C'est pas que c'est pas juste, je suis hyper alignée au fond, mais dans la forme, il n'y a pas l'énergie et la joie qui vient soutenir ça derrière. Et s'il n'y a pas de joie, on court à la perte de sens quand même.
Donc il y a quand même quelque chose avec les réseaux sociaux qu'il faut dire que beaucoup de personnes ne voient pas. Mais oui, les réseaux sociaux, et notamment quand on bosse en ligne, on est soumis à quelque chose d'aliénant. Il faut quand même le dire. Voilà, vraiment. Très aliénant. Je pourrais en dédier un épisode à part entière total, ce sujet.
Et puis ensuite, la perte de sens entrepreneuriale, elle peut vraiment être liée à des désalignements. Là, je vais vous parler de choses qui sont aussi issues de mon expérience. Moi, le premier gros désalignement que je vois et que j'ai vu, c'est le décalage avec la cible.
En fait, il y a un moment donné, on construit un business et une carrière en fonction d'une audience, d'un marché, d'une promesse qui nous convient au départ. Sauf que si notre perception, elle évolue, ce qui est forcément le cas, que nous on a une évolution personnelle et qu'à un moment donné on se retrouve en décalage avec cette cible-là, que cette cible-là ne nous parle plus ou que les interactions entre nous et cette cible-là ne sont plus nourrissantes, enrichissantes, en fait on se retrouve à travailler pour quelque chose qui ne nous anime plus vraiment, dans laquelle on se sent incompris.
Donc là je vais vous parler de moi et j'espère que je ne blesserai personne et que je ne vexerai personne, même si je pense que ce n'est pas le cas, mais bon je préfère quand même framer. Alors je dis vous. Mais ce n'est pas vraiment vous, en fait. Depuis que, forcément, je fais ce boulot-là, je me suis retrouvée plusieurs fois en très gros décalage, en fait, avec mon audience. C'est-à-dire que, quand j'ai commencé au début, moi, la vie entrepreneuriale, je parlais de fitness, de nutrition, de détox, d'alimentation saine et d'hygiène de vie. Donc, ça m'intéressait qu'on me pose des questions sur les calories, les nutriments, l'hygiène de vie, ce genre de choses-là. Très vite... je m'en suis lassée, j'ai fait le tour, et quand j'ai eu envie d'élargir et du coup de commencer à aborder des réflexions qui étaient plus profondes, effectivement plus sur le def perso, les valeurs, les croyances, etc., j'ai commencé à vraiment m'ennuyer dans les interactions que j'avais avec l'audience, les questions qu'on me posait, je ne les trouvais pas intéressantes, plus intéressantes, j'avais l'impression que les messages que j'avais envie de faire passer, personne ne les comprenait, je mettais des coups d'épée dans l'eau, et j'étais vraiment extrêmement frustrée par le manque. d'intérêt, de profondeur des interactions. J'avais la sensation que c'était très superficiel et j'avais, si vous voulez, j'avais l'impression de m'adresser à des personnes à qui j'avais plus du tout envie de m'adresser.
Ça, ça crée une grosse perte de sens. Donc, ça prend du temps de réaligner la cible. Donc, moi, j'ai aussi dû éduquer l'audience et expliquer « Écoutez, en fait, voilà, moi, ça, je vais pas, je vais plus parler de ça, en fait, ça m'intéresse plus de répondre à des questions du style « Quelles calories vous devez manger pour une perte de gras ? » des trucs, ou « Comment faire pour... » pour ne pas être ballonnée, enfin voilà, un peu ce genre de truc-là. En fait, ce n'est pas qui je suis, ça c'est 5% de qui je suis. Moi, je suis quelqu'un qui m'intéresse énormément à des questionnements philosophiques, spirituels, à la méditation, à plein de trucs, à des valeurs, à la connaissance de soi. Donc en fait, à partir de maintenant, je parlerai de ça et je vais rester centrée sur ça.
Ça a bien marché quelques années, puis je revis une perte de sens. Et au fur et à mesure, en fait, voilà, c'est des trucs que j'ai dû réadapter. Et je crois qu'il y a des cycles de tous les deux, trois ans pour moi. Je ne sais pas si c'est comme ça chez tout le monde. où tous les 2-3 ans, je recommence à vivre un décalage avec l'audience et je me dis, ok, j'ai évolué, là, il va falloir de nouveau que je fasse évoluer l'audience parce que sinon, moi, je vais de nouveau m'y perdre.
Et donc, j'y suis arrivée l'année dernière, comme je voulais communiquer, à commencer à vivre un vrai décalage avec une partie de l'audience, pas vraiment en podcast, mais plus sur les autres réseaux sociaux, notamment Instagram, où je suis arrivée au stade où je n'en peux plus qu'on me pose des questions que je trouve pas pertinentes, à savoir... Comment faire pour me connecter à mes émotions ? Comment faire pour connecter à moi-même ? Comment voir mon enfant intérieur ? Et les flammes jumelles, t'en penses quoi ? Et quelles blessures de l'âme j'ai ?
Et en fait, c'est des questions que soit je ne comprends pas, soit que je ne trouve pas pertinentes. Ça m'allait bien, il y a cinq ans, de parler de comment faire pour trouver ses valeurs et comment gérer ses émotions. Aujourd'hui, ça ne m'intéresse absolument plus, ça ne me nourrit plus. Je ne dis pas que ce n'est pas important. Encore une fois, je ne parle que de moi.
Donc, je ne dis pas que ce ne sont pas des questions qu'il faut se poser, etc. Pas du tout. Mais ça ne m'intéresse absolument plus. J'en ai fait le tour. C'est répétitif. Je trouve que du coup, ce n'est pas nourrissant intellectuellement. J'ai envie d'apporter des sujets qui sont plus profonds, qui sont plus complexes et plus nuancés.
Et c'est aussi pour ça que c'est ce que j'annonçais dans un dernier épisode et que j'ai annoncé aussi sur Instagram. Je ne répondrai plus à ces questions. Parce que là, j'en ai arrivé l'année dernière à un stade où à chaque fois que j'ouvrais une boîte à questions, il y avait une majeure partie des questions que je trouvais... pas pertinentes, et que je trouvais parfois stupides en plus, excusez-moi ce jugement-là, mais des questions, il y avait la réponse dans la question. Et en fait, je disais à mon équipe, mais je suis en train de devenir folle, je comprends pas le sens de qui je suis, de ce que je fais. Tous les jours, j'essaye de faire passer des messages avec de l'esprit critique, j'essaye d'apprendre aux gens vraiment à la souveraineté intellectuelle, penser par eux-mêmes, être responsable, faire des recherches, se sortir les doigts, un peu tout ça,
et on me pose des questions qui sont des questions qu'on me posait déjà il y a cinq ans, je répète tout le temps la même chose, et c'est des questions qui sont pas pertinentes, qui sont pas justes, qui sont en décalage avec qui je suis, qui sont en décalage avec là où j'en suis dans ma vie, avec les questions que je me pose et tout, et je pourrais continuer à vouloir répondre à ces questions pour faire du business, pour faire de l'argent, parce que c'est sûrement ce qui vend le plus, mais c'est impossible pour moi de vivre comme ça, c'est impossible pour moi d'être désalignée, de me plier comme... comme une cocotte en papier et faire un origami avec mon âme pour essayer de me mettre dans un truc dans lequel je me travestis. Encore une fois, je ne veux pas pourrir l'étoile dans le carré, ça ne marchera pas.
Donc, depuis l'année dernière, fin d'année dernière, je commence à vous le dire, il y a plein de questions auxquelles je ne répondrai plus. Les questions qui ne sont pas pertinentes, je vais prendre le temps d'expliquer pourquoi elles ne sont pas pertinentes. Il y a plein de questions auxquelles je n'ai plus envie de répondre parce que ce sont des questions qu'on entend partout dans le def perso, qui ne sont jamais remises en question, et pourtant qui sont des questions qui sont bêtes parfois. qui ne sont pas justes, qui font que les gens s'inventent des problèmes. Et j'ai envie de faire passer beaucoup plus d'esprit critique, plus de pensée par soi-même, plus de pensée profonde. Et en fait, c'est ce que je fais déjà depuis un moment, sans avoir forcément mis les mots dessus.
Donc, j'étais arrivée de nouveau dans une perte de sens. Il y a un décalage entre les questions qu'on me pose et ce que j'aime faire passer. J'ai l'impression que je suis en train de parler de comment se responsabiliser, arriver à nuancer ses discours, arriver à prendre du recul, avoir conscience de soi. arriver à avoir conscience des projections qu'on fait sur les autres, que les gens projettent sur nous, du gaslighting, du féminisme, etc.
Et il y a des gens qui me posent encore les questions, comment faire quand notre meilleur ami toxique est jalouse de nous ? Cool, ça ne m'intéresse pas, en fait. Et le truc, je ne dis pas que ce n'est pas bien, mais c'est en décalage. Et ce qui est intéressant, c'est que de toute façon, il y a plein d'autres gens que moi qui seront tellement mieux placés pour répondre, qui répondront mieux que moi avec des réponses plus pertinentes à ça. Et donc, c'est ça qui est génial, c'est que... je ne suis pas du tout sauveuse et pas du tout sauveur.
Et c'est aussi ce truc qu'il faut arriver à se mettre dans la tête quand on vit une perte de sens entrepreneuriale, c'est que parfois, on s'enferme dans un truc parce qu'on pense que c'est ce que les gens attendent de nous et on oublie qu'en fait, on n'est pas le seul à pouvoir s'adresser à cette cible-là. Donc moi, cette cible à qui je n'ai plus envie de parler, ce n'est pas grave, il y a plein d'autres gens qui seront bien meilleurs que moi, qui pourront parler à cette cible-là. Aujourd'hui, dans le développement personnel, il y a des centaines et des milliers de coachs qui vont aborder la notion de la gestion émotionnelle très, très bien. mieux que moi, avec beaucoup plus de patience, beaucoup plus de pédagogie, beaucoup plus d'expertise.
Donc en fait, pourquoi est-ce que je me forcerais à rester dans un truc ? Non, moi je pense que mon talent, on va dire mon talent, il n'est pas là-dedans. Mon talent, il n'est pas là-dedans. Il est justement dans cette pensée qui est nuancée, qui est détaillée, qui aide à voir les paradoxes et les contradictions et à réunir le tout, ce truc un peu assumé, arriver à penser un peu en dehors des cases, des codes, etc.
Et puis surtout à parler des choses simplement. sans les complexifier et sans les rendre bien séantes avec une plume dans les fesses. Vous voyez, il y a un peu ce truc-là. Bref, je m'étale.
Mais du coup, vous voyez, quand je vous en parle, même là, quand je vous en parle, il y a de l'émotionnel, parce qu'une perte de sens, ça crée forcément de l'émotionnel. Ça crée de la frustration, ça peut créer de la colère, ça peut créer de l'angoisse, on peut perdre vraiment profondément confiance en nous. Et c'est quelque chose qui est... naturel quand il y a un moment donné où on se retrouve à avoir évolué et que parfois notre cible n'est pas évoluée en même temps que nous.
Donc il y a un espèce de décollage avec la cible. Il y a des questionnements qu'on se pose que la cible ne se pose pas. C'est le signe de soit faire évoluer notre cible, soit déléguer, soit rester dans le truc juste pour le business. Mais moi, personnellement, je trouve que ça ne fonctionne pas. Et honnêtement, je vois des entrepreneurs. Il n'y a pas très longtemps, je suis tombée sur un live d'un entrepreneur qui est dans le fitness et qui en le voit. et en décalage avec sa cible, un truc de malade. Et pourquoi je vous dis ça ? Parce qu'on voit pendant le live tout le mépris qu'il a pour les femmes à qui il s'adresse dans le fitness, à quel point il est agacé par les questionnements, à quel point il les méprise, il n'a pas de patience, il n'a pas envie d'être là, il n'a pas envie de créer du contenu, etc. Et en plus, il gueule parce que du coup, ces femmes-là n'achètent pas ses programmes et ses trucs. Et j'avais envie de dire, mais mec, c'est normal. On sent que tu n'es pas alignée, on sent que Merci. que tu ne vibres pas, on sent que ça te fait chier, on sent que tu méprises ta cible, etc. Ça serait beaucoup plus bienveillant de t'adresser à quelqu'un à qui tu as envie de t'adresser. Ça serait beaucoup plus bienveillant pour ces personnes-là qu'il y ait quelqu'un qui ait vraiment envie de s'adresser à elle, qui s'adresse à elle, en fait. Et du coup, là, tu fais ça pour faire du business, mais le business ne peut pas marcher comme ça et ce n'est pas bienveillant pour toi et ce n'est pas bienveillant pour la cible non plus. Voilà, bon, bref, c'est un point de vue perso.
Donc, il y a autre chose aussi qui peut être liée à des désalignements, c'est un épuisement de la forme. qu'on va mettre dans notre business. Donc, par exemple, les formats imposés, les réseaux sociaux, la forme de la manière dont on va véhiculer notre message, je ne sais pas, ça va être l'oral, une formation en ligne, un podcast, des conférences, des livres, peu importe le format qu'on s'impose, la pression du contenu aussi, c'est-à-dire qu'on peut adorer son message, mais être usé par la manière dont on doit l'exprimer.
Moi, il y a eu des moments dans lesquels j'ai détesté le fait de tout le temps devoir être sur Instagram. J'ai détesté le fait d'être sur YouTube. C'est pour ça que j'ai arrêté YouTube en 2021. Même si mon message restait très aligné, il y avait un format que je détestais. J'avais la sensation d'être alignée complète, d'être épuisée par ce que je devais produire. Et j'ai eu besoin de réajuster la forme. Et en fait, il n'y a que deux formes qui ne m'ont jamais lassée parce que je me suis toujours sentie libre de créer ce que je voulais. C'est le podcast et Instagram, même si parfois ça me saoule. je me sens toujours libre de faire ce que je veux. Voilà.
Il y a autre chose qui peut créer un désalignement, c'est un problème de structure interne. C'est-à-dire l'organisation dans notre quotidien, notre entreprise, notre équipe, notre emploi du temps, qui font qu'en fait, tout ça, ça ne nous convient plus. Donc parfois, quand il y a trop de délégations, quand il n'y en a pas assez, quand il y a une mauvaise gestion des horaires, une perte de connexion avec l'équipe, ou au contraire, trop de sollicitations avec l'équipe. Moi, c'est ce que j'ai eu quand j'ai été dans des périodes de croissance de mon entreprise. Ça m'a étouffée, parce qu'en fait, j'avais complètement perdu contact avec la création. ce qui à la base me nourrit. Je passais mon temps à gérer, à manager plutôt qu'à construire et à créer, alors que moi à la base je suis une créatrice dans l'âme, la créativité c'est mon moteur le plus puissant et la sensibilité aussi. Et j'avais perdu contact avec cette essence qui à la base est à la racine de ma réussite, mais aussi ma joie, surtout ma joie. Je ne fonctionnais pas comme je voulais, j'avais trop de sollicitations, j'étais vraiment dans cet éloignement de moi-même et je me disais mais qu'est-ce que je fous là ?
Et le fait d'au final réduire l'équipe, revenir à ce que moi je kiffe faire, la création, la rédaction, renvoyer les newsletters, créer mon contenu et tout, mais kiff ultime, beaucoup plus juste, beaucoup plus fluide, beaucoup plus aligné, beaucoup plus moi-même, beaucoup plus authentique. Et c'est un pur kiff. Et c'est des choses qui se ressentent aussi de l'extérieur.
Puis il peut y avoir aussi, pour finir sur le côté entrepreneurial, le manque d'incertitude et de challenge. C'est-à-dire qu'on entre aussi dans un paradoxe quand on est entrepreneur entre... Je cherche la stabilité et la sécurité. Et en même temps, j'ai besoin d'une dose de surprises et de nouveautés. Sinon, on s'éteint. Voilà.
Donc, trop de routine, ça peut clairement tuer l'inspiration, la créativité, faire complètement disparaître la sensation de mouvement quand on est dans un truc de déjà vu, etc. C'est lourd.
Et je sais que donc avec mon associé, on fonctionne pareil là-dessus. On a beaucoup besoin d'être stimulé. Et en même temps, on recherche cette stabilité. Et l'an dernier, on se disait, bon, là, on commence à se faire chier. On fait toujours pareil. Moi, j'adore mon message. Je ne veux pas arrêter. J'adore l'impact qu'on a, je ne veux pas arrêter, c'est ce qui me drive. Mais en même temps, je n'apprends plus, je ne me sens plus à risque, je ne me sens plus challengée, j'ai besoin d'être challengée.
Donc c'est aussi pour ça qu'on a commencé à réouvrir les marques qui nous font du bien, qu'on avait envie de faire depuis longtemps, recréer Maison Lalune, avoir des discussions à propos du futur, se redonner des défis et tout. Et ça fait du bien, ça fait vraiment du bien et ça remet du sens. Je clôture la parenthèse sur l'entrepreneuriat.
Maintenant, je veux vraiment m'adresser à tout le monde par rapport à la perte de sens. La perte de sens, elle peut arriver dans le travail, même pour des salariés. quand on entre dans une phase d'absurde. Il y a une première raison qui peut être parce que le travail peut être réduit à une espèce de mécanique sans aucune finalité, c'est-à-dire qu'il y a plein de salariés qui exécutent des tâches sans percevoir leur impact réel, et ça, les entreprises doivent arrêter de fonctionner comme ça. Ça peut vraiment mener au burn-out et au bore-out, en fait. Que des salariés exécutent des tâches sans savoir à quoi ça sert, ni leur impact réel, c'est complètement dingue. En fait, c'est complètement dingue, on fait perdre le sens à tout le monde. C'est pareil avec les process qui sont trop lourds, le reporting, les réunions inutiles, on se pointe, on ne sait pas à quoi ça sert. Ça, c'est des choses qui font complètement perdre de sens. Et puis, ça peut être aussi l'espèce de spécialisation excessive qui fait que le travail est tellement morcelé que ça devient abstrait. Et il n'y a plus de vision d'ensemble et on perd du sens. Ça peut être aussi au travail la pression de la productivité. Le fait de vraiment devoir être tout le temps plus efficace, plus productif, etc. Ce qui fait qu'il n'y a plus vraiment d'humanité, plus de réflexion. Tout doit être... ultra optimisée et c'est même plus aligné aux besoins réels du salarié et aux besoins humains.
Pareil avec la surcharge mentale, les mails, les deadlines, les urgences qui sont fictives, qui font qu'on est en panique, etc. Ce qui fait qu'on remplit les journées sans laisser de place à une espèce de vraie satisfaction authentique. On peut rentrer dans de la fatigue chronique, du désengagement, de la frustration, etc.
Et autre chose qui peut arriver aussi dans le milieu du travail qui provoque la perte de sens, c'est l'absence de reconnaissance et d'évolution significative. C'est-à-dire que quand on a l'impression de stagner, Et que cette sensation-là, on a beau en parler, ce n'est pas reconnu. On répète inlassablement les mêmes gestes sans aucune persépétive d'évolution, c'est très douloureux à vivre. Et notamment quand on a ce manque de reconnaissance et de valorisation, ça peut même entraîner un sens d'inutilité. Moi, c'est des choses que je vivais aussi quand j'étais justement salariée.
Et puis, il peut y avoir aussi l'envie d'autre chose. Parfois, quand on est resté longtemps ou pas dans une boîte et qu'on a la sensation d'en avoir fait le tour, On se rend compte qu'en fait, ce n'est pas forcément un problème de l'environnement et de la boîte, mais c'est un problème d'évolution personnelle. Ce job, il a été stimulant, mais juste aujourd'hui, il ne l'est plus. Ou ce métier, il faisait sens pour moi, mais aujourd'hui, il me limite et il ne me nourrit plus. Ou là, j'ai la sensation que j'ai un peu fait le tour après plusieurs années, j'apprends plus grand-chose, il n'y a plus de nouveautés, je m'ennuie. Et on peut arriver même à un espèce de questionnement de « est-ce que c'est vraiment ça ma vie pour les dix prochaines années ? »
Donc je trouve que depuis les milléniales, la Gen Z, on n'est plus vraiment dans des générations où on reste 20 ans dans la même boîte, ça n'arrive plus. Mais ça peut quand même être quelque chose qui arrive même au bout de deux ans dans une boîte. Donc c'est aussi quelque chose qui est assez intéressant à aller regarder.
Et il peut y avoir enfin une dissonance entre les valeurs personnelles et la culture d'entreprise, c'est-à-dire qu'il y a des jobs parfois qui vont nous demander d'agir à l'encontre de nos principes, marketing mensonger, hiérarchie toxique, des décisions complètement absurdes, etc. Ou parfois un cadre figé, où il n'y a pas de liberté, pas de créativité, et on a la sensation de se trahir.
Moi, je suis rentrée aussi dans ce truc-là quand j'étais salariée. Ce n'était pas du tout la culture d'entreprise et les valeurs personnelles qui entraient en conflit, parce qu'au contraire, j'étais très alignée aux valeurs de la boîte. C'était plus qu'en fait, le cadre était tellement figé que j'avais la sensation qu'il n'y avait nulle part où je pouvais mettre ma créativité. J'avais l'impression de tout le temps devoir me diminuer, me restreindre, parce qu'il fallait que je corresponde aux limites du poste et de mes responsabilités, alors que je savais que je pouvais tellement faire mieux et proposer mieux pour faire bouger les choses. Et bon, du coup, c'est comme ça que je me suis rendu compte que j'étais faite pour être entrepreneur, en gros. Voilà.
Ensuite, pour ne pas parler de travail, mais pour parler de perte de sens dans la vie. De manière générale, vous savez, c'est cette perte de sens quand tout semble un peu vide et mécanique. Parce que cette perte de sens, elle ne se limite pas au travail, elle peut vraiment s'infiltrer partout, dans tous les aspects de la vie, les relations, le quotidien, les aspirations, le rapport à soi. C'est des moments dans lesquels on a l'impression de tourner à vide. On n'a plus cet élan vital, on se sent un peu essoufflé, et on ne sait pas précisément pourquoi.
Et c'est justement ce que je vous disais au début de l'épisode, c'est qu'on peut avoir la sensation d'être dans un tas de merde, et d'avoir l'impression qu'il n'y a rien qui va, et que tout est dénué de sens, et que tout est vide. Dans ces moments-là... C'est une phrase qu'il faut que vous gardiez jusqu'au prochain épisode. C'est faux. Tout n'est pas un tas de merde. Mais il y a sûrement une, deux ou peut-être trois pommes pourries qu'il va falloir identifier précisément parce que c'est ça qui est en train de tout contaminer. Donc il va falloir débroussailler pour trouver c'est quoi les têtes d'épingles de merde exactement.
Mais dans la vie, ce qui peut provoquer des pertes de sens, ça peut être le poids du quotidien qui devient ultra répétitif quand tous les jours se suivent, se ressemblent. qu'il n'y a pas d'inconnu, pas de surprise, pas d'excitation, pas de challenge, que toutes les routines sont assez oppressantes, qu'on a l'impression d'être en mode automatique, qu'il n'y a pas d'enthousiasme, on n'a plus de place pour la découverte, pour la joie, pour soi, pour apprendre. Il y a une espèce d'ennui existentiel.
Moi, j'ai beaucoup été là-dedans l'année dernière, donc ça crée une espèce de fatigue intérieure. Et ce n'était pas de la charge physique, ce n'était pas de la fatigue physique, c'était « je m'ennuyais, c'est bon, je n'ai pas signé pour ça, je ne veux pas pour ça, j'ai l'impression d'être dans de la mélasse, là, en fait. » C'était vraiment ça.
Ça peut être aussi le sentiment d'être coincé dans une vie un peu par défaut, notamment quand il y a un décalage entre ce qu'on vit et ce qu'on désire profondément, notamment quand on s'est vraiment beaucoup laissé guider par les attentes sociales, les choix raisonnables, les obligations familiales, les dictats, les injonctions, puis un jour on réalise qu'en fait ça ne correspond pas du tout, on est sur des crises existentielles que beaucoup traversent, on pète un câble d'un seul coup parfois. C'est pour ça que je ne cesse de véhiculer des messages d'être acteur de sa vie, c'est super important, mais également d'en être le rédacteur du scénario. Parce que si le scénario est écrit par d'autres gens, on est dans la merde, et on tombe dans de la frustration et dans de l'inertie, donc c'est très difficile.
Ça peut être aussi ces pertes de sens-là, parce qu'il y a une espèce d'érosion du plaisir et de l'enthousiasme, c'est-à-dire que des choses qui provoquaient du plaisir pour nous, de la joie, de l'enthousiasme, ce qui nous animait, ça déclenche plus du tout d'émotions. Parce qu'on s'y est habitué, que c'est un peu tiède, que c'est plus très excitant, que ça semble un peu fade. On perd de la joie pour les petites choses du quotidien, on perd de la gratitude, on est dans une sensation de « il n'y a plus rien qui me touche vraiment » .
Ça peut être également cette perte de sens, dans certains cas, liée à une perte de repères. Quand notamment il y a eu un changement majeur, séparation, deuil, déménagement, reconversion, etc. En fait, il y a plein d'anciens repères qui sont en train de voler en éclats. Et on se retrouve face à un grand inconnu, un grand vide, un terrain inconnu en gros. qui peut être assez angoissant. Et donc le sens qu'on donnait avant à notre vie, ça ne fonctionne plus dans ce nouveau contexte-là. Donc il faut réapprendre à donner du sens et retrouver qui l'on est. Voilà, on en reparlera dans l'épisode de la semaine prochaine.
Ça peut être lié également à une absence de lien profond avec soi ou avec les autres. Donc quand on n'a pas de connexion authentique dans nos relations. Et donc ça, je vais y venir, la perte de sens dans les relations, c'est quelque chose qui existe également. Notamment quand le lien qu'on a avec quelqu'un ou avec les autres, ça devient une habitude. Donc que ce soit dans des relations amoureuses, amicales ou familiales, la perte de sens, c'est quand ce qui paraissait à un moment donné naturel dans la relation nourrissant, fluide, vibrant, est quelque chose qui devient fade, mécanique et qui peut même être source de frustration.
Donc quand, par exemple, la relation devient une routine vide, qu'il n'y a plus d'enthousiasme pour se voir, il n'y a plus vraiment de partage d'intensité, que ça s'use et qu'on s'enferme dans une espèce de répétition superficielle, il n'y a pas de profondeur, on parle de tout, de rien, mais on ne va jamais au fond des choses. On partage un quotidien, mais il n'y a plus vraiment de connexion. L'autre est là, mais bon, c'est un peu un fantôme, c'est une cohabitation. Il n'y a plus vraiment d'échange, il n'y a plus de temps de qualité, si vous voulez, c'est vraiment ça.
Ça peut arriver aussi quand il y a un décalage d'évolution entre deux personnes, et ça, vous êtes très nombreux et nombreuses à m'écrire pour ça. Notamment quand, à un moment donné, à une époque, c'était une relation qui avait du sens. Et puis aujourd'hui, il n'y a plus de sens, parce qu'il y a une incompréhension, parce que les chemins ont évolué différemment. Il y a une des deux personnes qui a grandi, qui se transforme, qui change de vision. Et puis l'autre, il reste dans un schéma ancien figé où il n'a pas bougé. Et ce n'est pas un manque d'amour ou un manque d'amitié, mais c'est juste un manque de changement profond qui fait que le lien n'est plus vraiment naturel. Donc, il y a une vraie perte de sens.
Ça peut être aussi justement quand on est dans cette absence d'engagement émotionnel. Moi, ça, c'est quelque chose que je déteste et qui me fait péter un câble, mais ça arrive. C'est des relations qui sont basées sur de l'habitude, sans aucune implication émotionnelle. On reste ensemble, mais en fait, on ne cherche même plus à se connaître, on ne cherche plus à approfondir, on ne cherche plus à nourrir le lien, ni à prendre soin du lien. Et donc, l'investissement relationnel, il devient minimaliste. Il n'y a plus d'effort, pas d'écoute active, pas de moment de qualité, pas d'attention. Moi, ça, c'est un truc qui me fait complètement péter un câble, que je ne vis pas du tout dans... Pardon, je me suis énervée. Attendez, je recommence. C'est un truc qui me fait complètement péter un câble. C'est quelque chose que je ne vis pas du tout dans mon couple, mais que j'ai déjà vécu dans des relations amicales et c'est un truc que je ne conçois pas. Je ne conçois pas, quand on est en lien avec quelqu'un, qu'on puisse se désengager au point de prendre cette relation tellement pour acquise qu'on n'a plus envie d'en prendre soin. Voilà. Bon, c'est personnel. Mais voilà, ça peut créer vraiment de la perte de sens.
Ce qui peut créer aussi de la perte de sens, c'est quand on perd l'admiration et la curiosité aussi pour l'autre. Il n'y a plus de découverte mutuelle. En fait, j'en reviens à cette notion de désir. Esther Perel en parle très très bien. C'est que ce qui va nourrir l'amour, c'est cette notion de... de connaissances, de liens, d'intimité émotionnelle, de sécurité. Mais ce qui crée le désir, c'est aussi l'inconnu, l'incertitude, etc.
Et donc, quand on est dans un truc où on connaît tout de l'autre, on veut tout le temps tout connaître, tout savoir, etc., c'est difficile d'entretenir ce désir. Et justement, je fais le lien avec le sens. Quand on perd de l'admiration et de la curiosité pour l'autre, on perd en saveur, on perd en sens, parce qu'il n'y a plus de surprises, il n'y a plus de découvertes. C'est une relation qui ne se renouvelle pas. Donc si l'autre devient complètement transparent pour nous et qu'il ne nous inspire plus, il n'y a plus de stimulation. Il n'y a plus de substance. Je ne sais pas si je suis assez claire par rapport à ça.
Et il y a une dernière notion aussi de perte de sens sur les relations que moi aussi je vis. Je vis parfois, en amitié ça arrive, c'est quand on se rend compte avec le temps que la relation était construite sur un idéal ou une projection, plus que sur une vraie connexion. Ce qui au début... paraissait hyper anodin et on disait non mais on a des valeurs trop différentes, des priorités, des visions de la vie trop différentes mais on s'adore, on fonctionne pas pareil mais c'est pas grave et machin ce qui est pas du tout source de désaccord en plus peut-être qu'en fait il y a des choses qui faisaient que la relation on s'y retrouve pas du tout mais qu'on décidait de les ignorer au début et qu'on idéalisait un peu le lien et on persiste dans la relation juste par loyauté par peur du changement, par peur des non-dits par peur de l'inconfort peur de l'honnêteté, peur de la discussion peur de l'abandon et toutes ces choses là Mais en fait, on sent très bien intérieurement qu'il y a des choses qui ne collent plus. Et à ce moment-là, on se sent piégé, on se sent mal à l'aise. En tout cas, je ne sais pas vous, mais moi, je me sens mal à l'aise. Et il y a des petites tensions latentes qui font que c'est désagréable. Et puis, bon, après, je vous passe les détails, mais ça peut amener à des sérieux problèmes relationnels.
Donc, si vous voulez, la perte de sens, clairement, comme vous le voyez là, elle peut... vraiment toucher tous les domaines de vie, absolument tous les domaines de vie. Et là où je voudrais aussi vous emmener, c'est que la perte de sens, ce n'est pas juste individuel, ça peut être aussi systémique. C'est vraiment vécu comme quelque chose de collectif parfois. Mais ça, ce que je vous propose, c'est que je vous en parle dans le prochain épisode et que dans le prochain épisode, je puisse aussi partager avec vous comment est-ce qu'on va faire pour retrouver du sens.
Comment est-ce qu'on va faire pour sortir de la perte de sens et pour vraiment, avec une méthodologie, arriver à sortir de là. Parce qu'encore une fois, on nous dit tout le temps qu'il faut attendre, ça sert à rien d'attendre.
Effectivement, le temps va faire du bien et on a besoin de clarté, ça sert à rien de se précipiter. Mais c'est pas en attendant que les choses vont passer, ça ne se réaligne pas comme par magie. La priorité, et donc là je vais vous donner des devoirs pour la semaine pro, c'est de débroussailler le tas de merde. J'y reviens.
Donc en gros, quand on est dans cette perte de sens-là, on a l'impression qu'on est dans une mélasse boueuse. sans forcément arriver à identifier très précisément ce qui ne va pas.
Donc je voudrais vous proposer un exercice que vous pouvez faire soit tout seul, vous, sur un carnet ou quoi que ce soit, soit si vous voulez vous télécharger l'exercice écrit directement, c'est gratuit, dans la description de cet épisode vous avez le lien, vous pouvez le télécharger graphiquement. C'est une cartographie à réaliser du point de rupture.
Donc en fait c'est tout un process structuré pour arriver à clarifier ce qui... fait plus du tout sens pour vous dans votre vie, pour pouvoir mettre le doigt exact sur les décalages, les micro-désalignements, voire les macro-désalignements, arriver à identifier les zones de friction et à rendre visible ce qui se joue vraiment chez vous, et pour ensuite avoir des vrais leviers d'ajustement.
Donc vous allez pouvoir poser toutes les bases, structurer votre cartographie dans un premier temps. Ce qu'il va falloir, c'est que vous puissiez écrire sur une feuille ou un carnet les sphères de votre vie. Soit vous écrivez toutes les sphères de votre vie, soit vous écrivez les sphères de votre vie que vous avez envie d'analyser.
Si par exemple, votre perte de sens, elle n'est qu'au niveau de l'entrepreneuriat, évidemment, c'est toute votre vie entrepreneuriale qu'on va aller écrire déjà sur une feuille. Donc, ça va être, je ne sais pas, vie management, mon rôle dans la boîte, mon lien avec mon associé, mon message, mes trucs. Enfin, voilà, vous pouvez un peu tout décorréler.
Si vous ne savez pas si c'est juste dans votre vie entrepreneuriale, mais que c'est un peu partout et global, vous pouvez écrire plein de catégories. Donc ça peut être travailler carrière, relations personnelles, l'environnement, l'équilibre, la créativité, l'impact. Ça peut être plein de choses. Je répète, tout est écrit sur le document à télécharger gratuitement. Vous avez vraiment tout l'exercice.
Donc déjà, sur cette feuille, vous allez déjà écrire les sphères de votre vie qui peuvent être concernées par cette perte de sens ou que vous sentez être touchées par cette perte de sens-là. Ensuite, dans une deuxième étape, vous allez examiner chaque sphère de vie ou chaque sphère que vous avez écrite.
Qu'est-ce qu'elle vient générer chez vous, en fait, émotionnellement ? Donc, ce n'est pas juste « Ah ben ça, ça va, ça, ça ne va pas » . C'est plutôt « Attends, est-ce que là, je suis nourrie ? Est-ce que je suis épuisée ? Est-ce que je suis en croissance ? Est-ce que je suis en stagnation ? Est-ce que j'ai de l'évolution ? Est-ce que je suis en progression ? Ou est-ce que j'ai fait le tour ? Est-ce que je m'ennuie ? » Est-ce que, en fait, je choisis délibérément toujours d'être dans cette posture-là ou pas ?
Donc, ça va donner des trucs, par exemple, dans le domaine amical. Si je vais voir ce que la sphère amicale me procure, c'est... Ah, bah en fait j'ai plein d'amis, mais la plupart des interactions c'est superficiel et je me rends compte que j'ai un manque d'échange profond. Ou si je vais étudier la sphère professionnelle, ça peut être, ah, bah mon travail est super sécurisant, mais en fait au fond il ne me stimule plus du tout. J'ai l'impression de juste exécuter des tâches super mécaniques. Ou si je vais étudier la sphère de l'environnement, ça peut donner quelque chose du style, je me sens super bien dans mon environnement, mais je n'ai plus aucune excitation, aucun sentiment de renouveau ni d'incertitude. Ou ça peut être dans la vie entrepreneuriale. J'adore ce que je fais, j'adore mon message, mais en fait, la manière dont je le fais ne me correspond absolument plus. Voyez donc, voilà, cette deuxième étape, on va aller examiner ce que ça génère en vous. Il faut vraiment faire comme une carte mentale. Il n'y a pas de bonne manière de le faire. Et encore une fois, j'insiste, vous avez toutes les consignes de manière beaucoup plus claire à l'écrit dans l'exercice.
Et ensuite, une fois que vous avez pu identifier ce que chaque sphère vient procurer chez vous émotionnellement, parfois une sphère peut paraître correcte, mais crée vraiment un espèce de malaise un peu diffus. Ce truc-là, ce malaise que vous ressentez, ça vient d'un décalage entre vos valeurs profondes et la manière dont vous vivez dans cette sphère-là.
Donc, dans les sphères où vous ressentez qu'il y a un malaise ou une tension, là, vous allez devoir chercher, introspecter, trouver, avoir la curiosité pour identifier où est la fracture. C'est-à-dire, est-ce qu'il y a une de mes valeurs qui est bafouée dans cette sphère-là ? Est-ce qu'il y a quelque chose que je fais par devoir, par pression, par peur et qui ne me correspond pas ? Est-ce qu'il y a un non-dit ? Est-ce que je sens que je suis en contradiction ? Est-ce que ça va en profondeur là où est-ce que j'ai envie que ça aille en profondeur ?
Par exemple, j'aime mon métier, mais en fait, je travaille pour une entreprise dont les pratiques ne correspondent plus du tout à mes valeurs. Ou, exemple entrepreneurial, j'ai toujours prôné la liberté, mais là, je me suis enfermée dans une routine qui ne me laisse aucun espace d'improvisation. Ou encore, je dis toujours que l'authenticité est importante pour moi, mais mes relations sont toutes devenues polies, distantes, superficielles, je ne m'y retrouve pas.
Donc, vous voyez, on va faire un peu comme une technique d'entonnoir et affiner au fur et à mesure. pour aller voir où est-ce que se trouve vraiment le point de rupture.
Et donc cette dernière étape, c'est justement ça. Comment repérer le point de rupture exact ? Le point de rupture ne vient jamais d'une sphère de votre vie, ça vient toujours d'un élément précis qui s'est fissuré. Où est-ce que se situe le problème exactement ? Qu'est-ce qui coince ? Dans quelles conditions ? Quelles sont les contraintes ? Est-ce qu'il y a un élément qui vient déclencher cette sensation-là dans cette sphère-là ? À quel moment l'inconfort a émergé ? Est-ce que c'est un sentiment qui est ancien ? Est-ce qu'il y a eu un détail précis qui me fait basculer dans cet état-là ?
Ça peut être par exemple... En fait, non, attends, c'est pas mon métier le problème. C'est juste que j'ai plus aucune stimulation intellectuelle. Ou ça peut être, maintenant, en fait, attends, je ne veux pas du tout quitter mon cercle d'amis, c'est juste que j'ai besoin d'échanges plus profonds et plus authentiques avec certains types de personnes. Vous voyez, donc on va vraiment repréciser. Donc, je vous laisserai faire cette cartographie-là, ça peut être super intéressant, puisqu'en plus, la semaine prochaine, on verra dans ce deuxième épisode, enfin, cette deuxième partie de l'épisode, comment on va faire justement en fonction des sphères, etc., pour sortir de cette perte de sens-là.
Je précise également, j'ai créé donc dans cet exercice de cartographie de perte de sens, une grosse partie spécialement pour les entrepreneurs. comment est-ce qu'on va faire pour appliquer cette cartographie-là à son activité. Donc vous allez voir qu'il y a plein de questions à se poser, toutes les sphères à évaluer en fonction de votre type, votre message et toutes ces choses-là. Donc si vous êtes entrepreneur et que vous ressentez une forte perte de sens, faites cet exercice-là, c'est vraiment intéressant. Et rappelez-vous qu'en fait, cette cartographie-là, ce n'est pas pour avoir une réponse immédiate, c'est vraiment pour éclairer des zones de friction. Ça peut prendre du temps, laissez-vous le temps au temps.
De toute façon, il y a des... D... D... Il y a vraiment des détails qui vont remonter au fur et à mesure que vous faites cet exercice, puis dans votre quotidien en fonction des expériences et des interactions que vous avez. Et le but, ce n'est pas de trouver en deux jours, ah ça y est, j'ai identifié, j'ai trouvé. Ne me dites pas au bout de trois jours, ah je ne trouve pas. Ça va venir et parfois on peut mettre un mois pour trouver quelque chose qui est précis. Mais en tout cas, j'espère pouvoir vous fournir les outils pour mettre le doigt un peu plus précisément. Voilà.
Donc écoutez, on va se retrouver la semaine prochaine pour la suite de cet épisode sur la perte de sens. J'espère déjà d'ici là que j'ai posé des trucs, des graines. qui commence à germer, vous dites « Ah, là, elle a dit un truc qui fait vachement sens, donc je suis en train de réduire mon tas de merde et j'arrive à mieux comprendre les éléments qui sont en train de tout contaminer et de me mettre dans une perte de sens. » Vous pouvez faire l'exercice de la cartographie.
Et puis, on se retrouve la semaine prochaine pour remettre du sens un peu sur tout ça. Et j'espère que ce sera aussi des clés qui vont vous parler. De mon côté, je vous embrasse fort.
On se retrouve la semaine pro.
Bye bye.