Speaker #0Bonjour à tous et bienvenue sur le podcast La Vie Suffit.
La déception, c'est quand même un sentiment, je sais pas vous, mais moi j'ai énormément de mal à dealer avec. Et en ce moment, c'est un sentiment qui peut se repointer un petit peu dans ma vie, donc j'avais envie qu'on réécoute ensemble cet épisode de l'année dernière,
c'est un épisode en rediffusion, où on va parler vraiment de ce que c'est que la déception, ce que ça signifie finalement dans notre système, que ça révèle aussi notre rapport au désir, à la confiance, à l'envie, à la beauté, à cette envie aussi de sublimer. et j'espère que ça vous déculpabilisera et que ça vous fera du bien.
Je suis Chloé Bloom, entrepreneur au Multicasquette et chaque jeudi, je vous partage les réflexions, les phases d'introspection, les clés qui, selon moi, permettent de vivre notre vie plus pleinement et de trouver plus d'épanouissement.
Chaque épisode est une invitation à exprimer encore plus librement toutes les parts de vous.
Si cela vous plaît, je vous invite à partager les épisodes à vos proches qui en ont besoin, ainsi que laisser une jolie note et un commentaire si vous souhaitez soutenir le podcast.
Alors salut tout le monde,
Avant que vous puissiez écouter cet épisode en rediffusion, j'avais envie de mettre un petit peu de contexte. A l'heure où je vous enregistre cet épisode, je suis en plein dans mes valises, je vais rentrer en France pour deux mois.
C'est des moments dans lesquels je suis super angoissée. C'est des moments qui sont très angoissants pour moi, tout simplement parce que je suis sensible aux moindres changements dans mon environnement, qu'à chaque fois rentrer en France, ça signifie aussi des changements très brutaux. d'environnement, de temps, même de météo, avec le jet lag, etc. Puis même de sollicitations, parce que je suis loin toute l'année, donc forcément beaucoup plus de sollicitations, etc. En plus, cette année, je rentre avec des échéances un peu particulières, une compétition sportive, un lancement... Je ne vais pas vous en parler là, je vous en parlerai dans le prochain épisode, mais en fait, on sort un tout nouveau produit. J'en ai parlé un peu sur Instagram, si vous me suivez sur Insta, vous l'avez vu. Enfin bref, pas mal d'échéances.
Et donc, il y a de l'angoisse. Et quand je suis un peu angoissée, je gère les choses, je fais ce qu'il faut. Mais il y a aussi des sentiments qui peuvent remonter par moments, en fait, des attentes. Voilà. Et des attentes qui sont... Enfin, des sentiments qui peuvent être un peu enfantins. Et la déception en fait partie chez moi.
Donc du coup je trouvais ça hyper intéressant de pouvoir remettre ça un peu au goût du jour, des déceptions qu'on peut avoir, que ce soit par rapport à des personnes que ce soit par rapport à soi-même en fait puis à des situations à des objectifs sportifs, des objectifs au niveau du travail couple, bref, de plein de choses.
Cet épisode, il est sorti l'année dernière et je suis trop angoissée, là, à l'heure où je vous parle, juste ce jour-ci, pour enregistrer un nouvel épisode à propos d'un autre sujet. En fait, je préfère vraiment attendre que mon état émotionnel redescende. Je pense que dans deux jours, ça ira mieux. Du coup, je vais vous laisser avec cet épisode-là. J'espère que ça résonnera toujours autant, peut-être plus, peut-être moins, peu importe. En tout cas, je serai toujours heureuse d'avoir de vos nouvelles sur Insta ou ailleurs.
Je vous embrasse très, très fort et bonne écoute.
Je ne suis pas vraiment d'accord avec le fait que euh... Il ne faille pas avoir d'attente dans la vie. Je pense que c'est une manière de se couper de la vie, une manière de se rendre un peu gris et de se couper des choses qui peuvent nous faire vivre des émotions, mais on y reviendra.
Donc plutôt que de ne pas avoir d'attente, je vous propose plutôt qu'on voit ensemble comment est-ce qu'on peut gérer la déception, mieux la comprendre et mieux comprendre ce qui vient créer les sentiments si désagréables qui sont liés à la déception.
Moi, je voulais aborder le sujet de la déception parce que depuis... assez jeune, je suis souvent déçue des choses, et comme une petite fille, et même encore aujourd'hui, j'ai 32 ans, et même encore aujourd'hui, il m'arrive en fait de me faire un peu toute une montagne des choses, de me réjouir un peu, vous savez, comme avant Noël, et en fait, c'est pas qu'on se rend compte que la réalité est un peu claquée, c'est pas tellement ça, c'est plus qu'en fait, ça se passe pas tellement comme je voulais, ou en tout cas, c'est pas à la hauteur de ce que je voulais, de mes attentes, de mes exigences, et c'est un petit peu comme si je m'attendais à une forme d'émerveillement, qui finalement n'a pas vraiment lieu,
et... la déception, donc c'est vraiment un sentiment que j'ai très régulièrement. J'ai beaucoup culpabilisé de ressentir ça depuis que je suis petite parce que du coup, forcément, quand on est déçu, on a l'impression qu'on est quelqu'un qui a beaucoup de prétentions, qui est très exigeante, etc. Ce qui est vrai, je suis aussi prétentieuse et exigeante, c'est vrai. Mais cette déception, en fait, chez moi, elle résonne plus sur une forme de naïveté un peu infantine, d'avoir envie d'être émerveillée des choses et d'avoir envie de n'obtenir que le meilleur de la vie et d'avoir envie de vivre le meilleur moment. possible et d'avoir envie de profiter à tout prix de ce qui va se présenter là tout de suite maintenant,
profiter un peu de cette substance-là vous voyez c'est un peu ce truc de je veux tellement goûter au nectar manger le miel vraiment de tout ce qui est présent là tout de suite je veux tellement profiter à 100% de ce qui est présent pour en obtenir la meilleure substance possible, c'est un truc dont je parle quand même dans pas mal d'épisodes de podcast de goûter le cœur coulant du fondant au chocolat c'est un peu ça que quand c'est pas vraiment le cas soit parce que le contexte le permet pas soit parce qu'en fait je me rends compte que je suis la seule à vouloir ça et ça c'est ce qui est le plus fréquent ça crée une grande déception chez moi et c'est pas de la déception de ouais c'est trop nul c'est tellement médiocre c'est en dessous mes attentes, c'est plus une déception infantine. De, je sens que j'ai pas profité au maximum, je sens que ça aurait pu être encore mieux. Je sais qu'on a pas exploité le potentiel de ce qui était présent à ce moment-là.
Et je vous le dis vraiment avec beaucoup de douceur, parce que je sais que c'est vraiment lié à de la naïveté, de voir le potentiel en chaque chose, de voir la beauté en chaque chose et en chaque personne, et de se rendre compte qu'on peut pas toujours s'en saisir. Voilà, ça part sur tout ça.
Donc moi j'ai beaucoup culpabilisé. de la déception. J'ai beaucoup culpabilisé de ressentir ça. Je me suis souvent sentie comme une enfant capricieuse. Je n'étais pas du tout une enfant capricieuse, mais je me suis souvent sentie comme ça, et encore aujourd'hui. Et je me suis beaucoup demandé, en fait, pourquoi je ressentais autant de déception et pourquoi ça me peinait autant. Et quand je suis déçue, j'ai vraiment envie de pleurer.
Et encore aujourd'hui, j'ai vraiment envie de pleurer. Je me sens vraiment triste. Parce que j'ai l'impression d'avoir raté quelque chose. Donc la déception, ça suscite beaucoup, beaucoup, beaucoup de questions. Et je sais qu'encore une fois, aujourd'hui, et encore plus dans l'univers développement personnel, etc., c'est aussi le cas parfois en philo. On nous dit que si on a des déceptions, c'est parce qu'on a des attentes. J'entends de plus en plus le discours de « j'ai pas d'attente, comme ça je suis jamais déçue » . C'est pas vrai. Ou alors vous êtes un gros blasé de la vie. Ou « il faut jamais avoir d'attente » , etc.
Voilà, moi avec le temps, j'ai appris à comprendre que si j'étais déçue, c'est parce qu'en fait j'avais beaucoup d'espoir dans la vie, dans le vivant, parce que j'avais beaucoup cette philosophie de l'optimisme, je suis une hyper optimiste, idéaliste, je crois que c'est même ça, et parce que c'est comme si à l'avance j'étais capable d'anticiper et de percevoir en fait... la beauté de toutes les choses qui étaient capables de se produire, la beauté aussi des choses chez les gens, et qu'en fait je me rendais compte que le réel était plus décevant que ce que je m'imaginais, c'est-à-dire qu'en fait je vois...
Vous savez c'est comme quand on voit un potentiel chez quelqu'un qu'on aime, et qu'on voit qu'en plus de ça il l'exploite pas ou qu'il le met jamais au monde. Y'a rien de plus frustrant et ça fait de la peine parce qu'en fait on aime profondément cette personne, on sait de quoi elle est capable, on voit son potentiel, et pourtant elle exploite jamais elle le met jamais au monde Et ça crée cette espèce de déception qui, finalement, est hyper triste, en fait. Enfin, ça crée une espèce de tristesse de fond, parce qu'on n'est pas en train d'inventer, on n'est pas en train d'idéaliser quelque chose. On sait très bien que c'est là, on voit, on est lucide. C'est comme si elle décidait de rien en faire.
Et bien, moi, c'est de cette forme de déception dont je vous parle. Dans le réel, il y a toutes ces choses qui sont belles, et pourtant, personne n'en fait rien, comme si on ne savait pas s'en saisir. Voilà, et donc, c'est ce truc-là où je vous dis qu'en fait, avec le temps, j'ai appris à comprendre que si le réel me décevait et si j'étais déçue régulièrement des choses, c'est parce que j'en percevais les différentes couches de beauté et que j'en percevais aussi que tout le monde n'est pas forcément prêt à s'en saisir et que tout le monde n'a pas forcément envie d'exploiter ces belles choses au quotidien.
C'est un petit peu comme... Tu sais, c'est comme si tu veux préparer un repas avec tes potes ou avec ta famille ou je sais pas, même faire ton anniversaire une soirée déguisée ou un truc comme ça. J'ai pas envie de passer un moment à 70%, j'ai envie de passer un moment à 100%, j'ai envie que ce soit génial, j'ai envie qu'on profite, j'ai envie qu'on ressente de l'émerveillement, j'ai envie qu'on ressente de la joie, j'ai envie qu'on ressente de l'amour, j'ai envie que tout le monde reparte en disant ça m'a créé des émotions, ça m'a créé de l'émerveillement, ça a fait quelque chose qui m'a bousculé, je me suis sentie vivant.
Et c'est hyper dur d'accepter qu'en fait tout le monde veut pas ça et que tout le monde veut pas se sentir vivant et que tout le monde a pas envie de profiter à 100% ou qu'en fait de juste profiter à 50% c'est ok pour beaucoup Et en fait, c'est quelque chose qui est très personnel.
Moi, ça m'a beaucoup confrontée à cette sensation de déception dans mon couple, où quand je pose une question à mon chéri et je lui dis « Est-ce que c'était bien ? » ou « Est-ce que c'est beau ? » et « Comment c'est ? » Sa réponse, c'est « Ça va. » Mais comment ça, ça va ? Est-ce que c'est 50% ? Est-ce que tu te satisfais de 50% ? Et en fait, c'est mettre de la lumière sur le fait que quand on est déçu, c'est qu'on a des attentes, mais que c'est pas mauvais forcément d'avoir des attentes. Et que c'est aussi peut-être parce qu'on a des standards et que profiter à 50% des choses, c'est pas suffisant.
Et ça, ça vient aussi du fait, et je pense qu'il y a beaucoup de personnes qui vont se reconnaître là-dedans, qui nous écoutent, beaucoup de femmes, mais il y a aussi beaucoup d'hommes là-dedans, euh Il y a beaucoup de personnes qui se sentent vivantes grâce à l'intensité, et qui sont dans une quête d'intensité, et que c'est l'intensité qui donne la sensation qu'on est pleinement vivant, qu'on a vraiment été présent. C'est l'intensité qui donne le sentiment qu'on est bel et bien là, que notre réalité existe bien et que ce n'était pas juste un rêve. Ça concrétise clairement les choses. C'est l'intensité qui nous donne la sensation qu'on n'a pas perdu de temps. Il y a aussi un rapport au temps qui est présent dans le schmiblic. Et c'est l'intensité qui nous... qui nous donne la sensation qu'on a pu donner le meilleur de nous-mêmes.
Je parle souvent de la frustration qu'on peut ressentir quand on a une prise de 220 volts, mais qu'on n'a nulle part où se brancher. Vous savez, ça donne l'impression qu'on a trop de jus, mais qu'on ne sait pas où mettre ce jus-là. C'est un petit peu la même chose quand on vit un moment qui n'a pas assez d'intensité. En tout cas, moi, quand je vis un moment à 50%, j'ai l'impression d'être une prise pleine de jus, et que je n'ai nulle part où me brancher. Et donc, en fait, je suis frustrée, je suis déçue qu'il n'y ait pas eu cet espace-là pour que je puisse vivre le truc avec intensité, j'ai l'impression de me sentir... à moitié vivante, j'ai l'impression de ne pas avoir pu saisir tout le potentiel de la situation.
Ben ça, pour moi, c'est une déception qui est hyper légitime et qu'on ne doit pas supprimer et c'est pas avec ces conneries de faut arrêter d'avoir des attentes, faut être un peu moins exigeante, faut avoir moins de standards qu'on supprime ça. Je suis pas d'accord avec ça. Moi, je crois qu'il faut juste apprendre à comprendre que cette déception, en fait, elle est juste et que c'est aussi lié au fait de percevoir la beauté et la profondeur avec laquelle on peut vivre des choses. La déception, c'est une forme de spiritualité. Ça n'engage que moi.
Il y a plusieurs questions qui se posent. Pour éviter d'être déçue, est-ce qu'il faut que je rabaisse mes standards ?
La réponse, vous la connaissez, pour moi, c'est non. Je préfère être déçue éternellement que d'avoir moins d'attentes et du coup moins espérer de la vie alors que ce n'est pas possible, surtout quand on a conscience de tout ce qu'elle peut nous offrir. Donc, rabaisser ses standards, pour moi, c'est non. Mais encore une fois, c'est un choix personnel. Chacun en fait ce qu'il veut.
Et l'autre question qui est sous-tendue, c'est comment on fait du coup pour ne pas être déçu quand on n'a pas les mêmes attentes d'une situation que les autres, ou d'une relation par exemple que les autres, comment est-ce qu'on fait pour avoir la sensation de profiter à 100% d'un moment et d'en saisir bien tout le jus et toute la substance, c'est quand même quelque chose dont je parle souvent, donc nous à 100% quand les autres ne la saisissent qu'à 50%.
Je pense qu'il y a plusieurs réponses possibles. je ne peux partager que celles qui sont liées à mon expérience, ça va dépendre de nos valeurs.
Moi, dans mes valeurs, il y a la notion de partage. Alors moi, ça me crée de l'émotion de dire ça aussi, mais c'est que je ne peux pas, c'est pas envisageable, c'est pas que je ne veux pas, c'est que c'est quelque chose qui ne fonctionne pas dans mon corps, ça serait me mentir à moi-même que de le faire. Je n'arrive pas à saisir toute la beauté d'un moment, et le potentiel d'un moment, et le jus d'un moment. si je le partage pas avec quelqu'un qui ressent la même chose que moi.
Et ça me crée de l'émotionnel parce que forcément, Assa est rattachée forcément de la solitude, et que quand on est déçu, c'est qu'il y a aussi de la solitude derrière.
Je vous donne un exemple. Quand on regarde un super beau coucher de soleil, je pourrais le regarder seul, c'est le même coucher de soleil que le regarder avec quelqu'un, sauf que moi, le fait d'avoir quelqu'un vers qui me tourner et voir dans ses yeux qu'il voit bien la même chose que moi et que ça démerveille tout autant que moi, ça démultiplie le moment par dix mille et ça me donne vraiment la sensation que là c'est bon. j'ai bien profité du moment.
Dans mes valeurs, il y a la notion de partage et il y a la notion de les autres ancrent ma réalité. C'est grâce aux autres que je me rends compte que c'est réel. Voilà, c'est personnel, c'est un fonctionnement, je sais pas si pour vous ça résonnera, mais il y a aussi ce truc-là, c'est que quand on a la sensation qu'on est plusieurs à ressentir quelque chose et à le ressentir à la même intensité, ça le concrétise et on se dit en fait, ok, c'est bien là, et là j'en tire bien tout le jus, je tire vraiment la meilleure chose de ce qui se présente là.
Donc, pour moi, ce n'est pas tellement possible. Ce qui est possible, par contre, de faire pour essayer de profiter et de gérer la déception, même si ça ne se passe pas à 100%, même si je n'ai pas la sensation de vivre l'intensité que je voulais, ou que ça ne se passe pas tellement comme je voulais, c'est de me dire qu'en fait, c'est de reconnaître ce qui est en jeu chez moi. Et ce qui est en jeu, par exemple, ça va être la notion de perfectionnisme.
Si j'ai envie, pour fêter l'anniversaire de ma mère, que tout soit parfait, parce que c'est mon fonctionnement, j'ai envie que toujours tout soit parfait, que ce soit le meilleur pour elle, etc. Et que le gâteau, il est complètement de traviole, elle, elle en a rien à foutre, elle-même, quand même, ça change rien à sa vie. Mais moi, je vais être capable de pleurer parce qu'en fait, ce sera pas comme je voulais. Et on n'est pas sur du contrôle freak, en fait, on est sur du perfectionnisme. C'est, je voulais obtenir le meilleur pour elle, et en fait, je me rends compte qu'elle, elle s'en fout, mais quand même, moi, je savais que j'aurais pu faire mieux.
Donc ça, je peux arriver à avoir du contrôle dessus et de l'expérience dessus, à savoir... Je peux prendre du recul sur le fait que ça ne détermine pas la qualité du moment, que oui, ça aurait pu être différent, mais je ne peux pas changer ce qu'il y a. En fait, on n'a absolument aucun contrôle dessus. Donc, c'est lâcher prise et se rendre compte quels sont les enjeux pour moi à ce moment-là, quelles sont les émotions que je mets dans la balance, entre guillemets, et qu'est-ce qui était vraiment important. Pourquoi est-ce que c'était aussi important pour moi que le gâteau pour ma maman soit parfait ? En fait, c'était parce qu'en fait, il n'y avait pas... plein d'émotions qui passaient à travers ça.
En fait, je suis désolée, je parle vite et de plein de manières différentes, c'est parce que tout s'imbrique, c'est que quand on est déçu, c'est parce qu'on veut créer du sens dans quelque chose, on veut trouver du sens dans quelque chose.
Le perfectionnisme, c'est la même chose. Quand on est déçu parce que le gâteau qu'on a offert à notre mère était complètement de traviole et que nous, on voulait qu'il soit parfait, c'est parce qu'en réalité, on y mettait un sens qui était beaucoup plus lourd que juste offrir un gâteau à sa mère. Donc c'était quoi le sens qu'on a voulu donner ?
Moi je peux vous donner l'exemple vous ai déjà parlé du fait que ma maman est malade Et que c'était un moyen pour moi de lui dire « Maman, je suis hyper attentionnée, je pense énormément à toi, tu comptes pour moi, j'ai envie de te dire que t'es la plus belle chose dans ma vie. » C'est un peu toutes ces choses-là.
Donc c'est simplement que, vraiment, quand on a des déceptions, plutôt que de se dire « j'arrête d'être déçue, donc j'arrête d'être touchée par la vie » parce qu'en fait c'est ce que ça sous-entend, quand on est déçue c'est parce qu'on est touchée par la vie, il y a vraiment ce truc-là, ça peut paraître très perché de dire ça, mais en fait quand on est déçu c'est parce que il y a une acuité sensorielle qui est extrêmement développée. Il y a une acuité, il y a une perception de ce qui est vivable, une perception des potentiels, encore une fois, et il y a une acuité de qu'est-ce qui se passe tout autour de moi, qu'est-ce qui se passe à l'intérieur de moi.
Donc on est vraiment sur une espèce de forme d'hypersensibilité et que forcément, quand on a une perception qui va être grande de tout ça, on peut être déçu parce que la moindre micro-chose a du sens pour soi. Et quand on se rend compte Merci. de la moindre microchose, qui veut dire ça, qui a une signification, et finalement qui se passe pas comme on veut, on est forcément beaucoup plus déçus.
Donc rendez-vous compte que si vous êtes une personne qui est souvent déçue, c'est pas juste parce que vous êtes une chieuse que vous êtes relou, c'est peut-être aussi parce qu'il y a une grande acuité, une grande sensibilité, une grande perception des possibles, une grande perception des potentiels, c'est peut-être aussi parce que vous êtes très optimiste, ça c'est... Ou peut-être tout à la fois, ça c'est quelque chose qui est aussi envisageable, c'est peut-être aussi parce qu'il y a une grande sensibilité, ou Moi, comme j'aime à l'appeler, une grande forme de spiritualité, c'est-à-dire... Une quête de sens dans tout ce que vous faites, dans tout ce que vous trouvez. Ouais, c'est ça, une grande quête de sens dans tout ce que vous faites, dans la moindre micro-action. Et ça, c'est aussi de la conscience.
Donc, ne vous dépatissez pas de cette notion de déception, en fait. C'est plutôt, vous apprenez juste à la gérer et vous essayez de trouver du sens autrement.
Si on vit une situation qui est décevante, qui ne se passe pas comme on voulait, alors oui, on apprend à lâcher prise et tout le tintouin, mais c'est plutôt de se dire, en fait... Quel était le sens qui était en jeu à ce moment-là pour moi ? Je voulais que ça fasse sens, et c'est inenvisageable pour moi que ça ne fasse pas sens. Donc, qu'est-ce qui était censé faire sens pour moi ? Qu'est-ce que je peux remettre dans quel sens ? Quelles sont les choses qui peuvent remettre du sens ? Quelles étaient les choses que j'attendais ? Je pense qu'il faut déjà être très très au clair sur les attentes qu'on avait, mais c'est plutôt, qu'est-ce que j'attendais qu'on vise ensemble ? C'est quoi les valeurs qui sont touchées ? Comment est-ce que je peux remettre du sens dans les choses ? quel contrôle, entre guillemets, que je peux reprendre sur une situation.
Il y a des philosophes qui vous diront, et c'est très intéressant comme approche aussi, c'est que quand on est déçu régulièrement des choses, quand on est déçu du réel, c'est parce qu'on a des attentes, mais c'est parce qu'en fait on voudrait que la réalité soit mieux que ce qu'elle est réellement. Et donc c'est une incapacité à reconnaître qu'en fait la vie sera jamais mieux et qu'on peut pas modifier l'expérience.
C'est vrai, et à la fois je suis pas d'accord.
c'est vrai et à la fois je suis pas d'accord je pense qu'il faut vraiment prendre la vie effectivement comme elle est et se dire en fait je peux pas changer le réel, elle est parfaite en tout temps, si vous observez les travaux de Spinoza qui nous dit qu'en fait la vie est parfaite en tout temps et que la vie que vous l'entourez et qu'elle cherche à s'exprimer de manière optimale et parfaite en tout temps, oui c'est vrai mais il y a aussi chez les optimistes et chez les personnes qui sont vraiment très sensible avec une acuité développée et une capacité à percevoir ce qui est faisable.
Et cette déception-là, quand on apprend à la gérer, on se rend compte que ça peut aussi être un moteur de percevoir les opportunités et les possibles là où il y a plein d'autres personnes qui ne les voient pas. C'est-à-dire, dans une situation où toi tu vas être potentiellement déçu, tu vas percevoir beaucoup plus de choses qui sont faisables pour trouver des solutions, tirer le meilleur de chaque situation, tirer le meilleur d'une relation. aller encore plus loin que ce qui est possible, là où d'autres personnes vont s'arrêter juste à ce qui est, se contenter de ce qui est, on en revient à la notion de contentement, et se dire en fait on fait ça et puis ça suffira bien.
Moi personnellement je trouve que d'être perfectionniste, d'être déçu et d'être optimiste et de percevoir toujours le potentiel en tout, je trouve que c'est une super force.
Moi c'est quelque chose dont je me sers dans... L'entrepreneuriat, je reprends l'exemple de Ford. Si Ford avait posé la question aux gens, vous voulez quoi comme véhicule ? Les gens auraient dit des chevaux qui vont plus vite. Lui, il est arrivé avec sa voiture, il a perçu des potentiels et des choses qui n'étaient pas existantes, mais un potentiel pour créer quelque chose qui soit encore meilleur que les attentes des autres.
Donc c'est ce truc de savoir dépasser les attentes des autres parce qu'on sait percevoir le potentiel en quelque chose. Ça, dans l'entrepreneuriat, c'est une force de dingue. qui nous permet d'être super créatifs, de créer des trucs vraiment incroyables, des solutions, des choses inattendues.
Moi, c'est quelque chose que je mets, par exemple, dans tous les programmes que je vais créer, toutes les marques. Je demande tout le temps ce que vous voulez. Je vous demande tout le temps ce que vous voulez comme épisode de podcast. Je vous demande tout le temps ce que vous voulez comme formation. Et je ne réponds jamais à vos demandes. J'essaie toujours d'aller beaucoup plus loin. Et je ne crée pas des épisodes que vous me demandez. Je ne crée pas les formations que vous me demandez. Parce que je perçois un potentiel qui va au-delà. et je crois que mon 1, c'est notre rôle en tant qu'entrepreneur. Mais ça va être la même chose pour une relation.
Dans la relation couple, si je m'étais arrêtée à la relation, j'allais dire basique, que je pouvais avoir avec mon conjoint, on aurait eu effectivement une relation basique. Je ne sais même pas si on serait encore ensemble, parce qu'en fait, on se serait sûrement arrêté aux premières difficultés, à savoir le manque de compatibilité, des caractères complètement opposés, des envies complètement différentes. de vie, des valeurs qui sont complètement différentes, des fonctionnements qui sont complètement différents, même des trajectoires de vie complètement différentes, je me serais arrêtée là.
Sauf que, moi dans l'histoire, et ça c'est une question qu'on me pose souvent, je percevais le potentiel de ce qu'on pouvait être au-delà de ce qui se passait. Et c'est pas une notion d'espoir, de je vais le changer, je suis sûre que ça va être trop bien, c'est vraiment je perçois le potentiel de ce qui est faisable au-delà de ce qui est déjà présent.
Et j'insiste là-dessus, j'étais la seule à percevoir ça, c'est-à-dire que dès qu'on avait une dispute, Chris, les 4-5 premières années de notre relation, dès qu'on avait une dispute qui était forte, il me disait « c'est qu'on n'est pas fait pour être ensemble, je pense qu'il vaut mieux qu'on se sépare » . Et moi j'étais plutôt dans celle qui croit et qui a de l'espoir et dans l'optimisme de « alors peut-être, mais en fait je sais aussi tout le potentiel qu'on a, et je suis pas dans une idéalisation et c'est pas moi qui suis en train de m'imaginer et d'espérer que ça change, c'est qu'en fait je vois, avec lucidité, je vois ce qui est possible.
Et c'est sûr que si on n'arrive pas à ce qui est possible je vais être très déçue parce que j'aurai l'impression qu'on n'est pas allé à 100% des choses et qu'on n'est pas allé au bout des choses. C'est mon fonctionnement, moi j'aime aller au bout des choses. Et au final, je ne me suis pas plantée, donc je suis très contente.
Donc là, je vous ai donné l'exemple de la vie de couple et de l'entrepreneuriat, mais c'est vraiment le même système pour tout.
Il faut accepter que ça ne peut pas marcher comme on veut tout le temps et qu'on ne peut pas forcer les gens à avoir les mêmes attentes que nous. Et que c'est un fonctionnement qui est très précis, de savoir dealer avec la déception, mais qui a un revers. qui est hyper positif, en tout cas, je trouve.
La question qui peut se poser, c'est où est la limite entre je perçois en effet un potentiel,
encore une fois, que ce soit dans un couple, dans l'entrepreneuriat, dans une situation, une soirée avec des potes ou n'importe quoi, dans un café avec un date ou n'importe quoi, je perçois le potentiel, ou je suis en train d'idéaliser et d'imaginer quelque chose de meilleur que ce qu'il y a et de vouloir en fait changer le réel. C'est là où moi, j'essaie quand même de faire une petite nuance.
Quand on perçoit le potentiel, en fait, on est sur une forme... de lucidité et de perspicacité. C'est-à-dire qu'on est capable de voir au-delà de ce que la personne veut bien nous vendre, on est capable de voir au-delà des premières barrières, on est capable de voir au-delà des difficultés.
Donc il y a une espèce de forme de résilience, mais qui est hyper lucide. C'est-à-dire que j'ai toutes les données en main, ou presque, entre guillemets, j'ai plusieurs couches de lecture sur la situation, et je suis capable de voir que là, il y a telle difficulté. Donc en fait, c'est une espèce de forme hyper pragmatique de lucidité de... Là, je vois les difficultés, là, je vois les différentes couches. Ok, là, il y a telle blessure, là, il y a tel enjeu, il y a tel truc, etc. Je vois le potentiel.
Quand on n'est plus dans une perception de potentiel, mais qu'on est plutôt dans une espèce d'illusion, voire d'idéalisation, en fait, on est dans l'inverse de la lucidité. On est dans le truc hyper aveugle de, en fait, j'espère que ce soit différent, je veux que ce soit différent, et donc je vais tout faire pour confirmer que ce soit différent. C'est là où, en fait, commencent à se mettre en place ces biais cognitifs. c'est là où tu commences à forcer les choses et c'est là où t'es plus du tout lucide sur par exemple dans une relation les red flags et le fait aussi qu'on peut être malmenante.
Moi c'est quelque chose que j'ai fait, parfois à percevoir un potentiel et à pas capter qu'en fait j'étais plus dans le fait de percevoir qu'il y avait quelque chose qui est faisable mais plutôt dans la projection et l'idéalisation en fait je devenais malmenante, c'est à dire que je prenais même plus en compte le rythme de la personne l'introversion de la personne, les blessures de la personne, les envies, les valeurs de la personne, et je me disais « mais si, si, si, je sais que ça peut le faire, je sais que ça peut le faire, donc j'essaye de forcer » .
Donc en fait, la grosse distinction entre « je perçois le potentiel et ça se passe pas et je suis déçue » et « je suis sûr qu'on peut le faire et là je suis en train de forcer, je suis en train d'idéaliser » , en fait, émotionnellement, c'est deux trucs complètement différents.
C'est exactement comme la différence entre l'intuition et les projections. La différence, elle se situe entre le besoin de prouver, le besoin de convaincre, avoir envie de forcer et... le contrôle qu'on veut émettre sur la situation. Il y a vraiment quelque chose de très tendu, de très dans le contrôle, de je veux prouver, je veux forcer, je refuse de voir le contraire. C'est comme si on s'était dit qu'il n'y avait que ça et que ça qui pouvait marcher, alors que quand on perçoit le potentiel, on perçoit que ça, c'est le meilleur qui puisse être obtenu de la situation, mais ce n'est pas l'unique voie.
Moi, c'est comme ça que je le résumerais. Et c'est la même manière quand... Je vous parle du gâteau avec ma mère et de son anniversaire, mais ça peut être la même chose avec une soirée entre potes, ou même d'aller boire un café avec quelqu'un que je rencontre et j'ai plein d'attentes et je me dis ça va être tellement génial. En fait, percevoir le potentiel, c'est... Je perçois que ça, c'est la meilleure manière dont ça pourrait se passer et qu'on ait des super atomes crochus, parce qu'en plus je sens qu'il y a ci, je sens qu'il y a ça, etc. Mais j'ai aussi conscience qu'il y a plusieurs possibilités qui peuvent arriver. Et donc le potentiel, c'est juste un peu le point culminant. Voilà.
Essayer de se convaincre d'un truc et vouloir forcer les choses c'est pas percevoir le point culminant c'est percevoir une seule voix et unique voix comme si tout le reste était inenvisageable.
Et donc là on n'est plus dans de la déception ensuite si ça ne se passe pas on est dans un écroulement total de notre réalité à savoir l'échec en fait donc la déception c'est pas exactement comme l'échec voilà je crois que c'est comme ça que je différencierai.
L'exigence c'est ma manière de fonctionner je suis exigeante parce que je veux obtenir le meilleur des choses je sais s'aime contenter de moins. Si j'ai pas le meilleur des choses, c'est dommage, mais c'est un mode de fonctionnement. C'est aussi pour ça que, quand on parle de perfectionnisme, d'exigence, etc., on n'est pas en train de parler d'une maladie ou d'un truc à guérir.
Dans mon fonctionnement à moi, et c'est un peu comme le mépris dont je parlais dans l'épisode de la semaine dernière, c'est un fonctionnement qu'il faut savoir nuancer, c'est pas tout bien ou tout mal. La notion d'exigence et la notion d'avoir des attentes et la notion de vouloir le meilleur... Moi, personnellement, dans mon expérience, je vois pas de limite. Je vois pas de limite... En fait, je vois pas pourquoi j'arrêterais d'être comme ça, sachant que j'en souffre pas plus que ça, j'en fais pas souffrir les autres parce que j'ai conscience que c'est mon fonctionnement et que j'ai pas à le projeter sur les autres également. Donc, je suis exigeante aussi avec les autres, mais je ne peux pas attendre et je ne peux pas projeter mes exigences sur eux, les faire souffrir, etc. En fait, c'est juste pas possible.
Moi, mes exigences, elles me servent à... Me préserver, me protéger, être constamment en alignement avec mes valeurs. Je sais que je suis très exigeante avec moi-même. C'est ce qui fait qu'aujourd'hui je suis alignée, que j'obtiens ce que je veux, que je fais ce que je veux, que je mène la vie que je mène.
Il y a des personnes qui vous diraient ça doit être horrible d'être exigeante à ce point-là, tu dois tout le temps être horrible et dure avec toi, etc. Non, ce n'est pas le cas en fait. On n'est pas dans une autocritique permanente, on n'est pas là-dedans, on est juste dans une envie d'obtenir le meilleur quand je sais que c'est possible. Et il y a plein de choses avec lesquelles... ça l'est pas, et donc dans ces cas-là, je suis pas exigeante. Et d'ailleurs, si tu regardes, je pense pas que tu sois exigeante avec toi sur des choses pour lesquelles tu sais que tu ne peux absolument pas les obtenir ou que c'est pas à ta portée. Quand c'est à ta portée, pourquoi ne pas être exigeante ?
C'est exactement la même chose que pour l'entourage. Je suis hyper exigeante avec les gens dont je m'entoure, parce que j'ai envie de préserver mon énergie, de protéger mon énergie, j'ai conscience que mon énergie, mon temps, c'est ce que j'ai de plus précieux. j'ai envie de préserver ça, je sais que c'est ce qui va Ça va jouer sur tout dans ma vie, donc je suis exigeante là-dessus. Ça m'appartient à tout le monde, on n'est pas obligé d'avoir ces exigences-là. Mais pour moi, il n'y a pas de limite. Si dans ton matcha le matin, tu veux mettre un tiers noisette, un tiers amande, un tiers avoine, parce que tu sais que c'est le meilleur et que ça te permet de vivre une expérience de vie qui soit sacrée, moi je mets ce terme-là, c'est une expérience de vie qui soit sacrée, on tient de ça, on tient de se délecter du meilleur de ce que l'expérience de vie peut t'amener, et que ça fait chier personne, c'est quoi le problème ?
Ton exigence, elle va venir faire chier les autres à partir du moment où tu vas la projeter sur eux, et du coup tu vas attendre d'eux des choses qu'ils ne sont pas capables d'exprimer, ou qu'ils n'ont pas envie d'exprimer, ou qui sont à l'encontre de leurs valeurs, et du coup tu vas devenir malmenante, et ça il faut taffer sur soi, parce que quand on est exigeante, on est souvent malmenante, donc c'est vraiment quelque chose sur laquelle il faut travailler. Et ça peut aussi venir les faire chier, parce que ça peut les exposer au fait que eux n'ont pas d'attente ou qu'ils se contentent de médiocrité, et ça c'est un truc que beaucoup de gens refusent d'entendre. Mais c'est le cas notamment dans l'entrepreneuriat ou même sur la danse ou quoi que ce soit. C'est en fait ce truc de l'exigence que j'ai avec moi ne fait que refléter le fait que les gens ne sont pas exigeants avec eux-mêmes et du coup n'obtiennent pas ce qu'ils veulent.
Pour terminer, je voudrais qu'on aborde le sujet de la déception envers soi-même. Parce que c'est ce qui peut être le plus douloureux au-delà d'être déçu des événements extérieurs, d'une relation, de quelque chose qui ne se passe pas comme on voudrait, du gâteau pour sa maman, tous ces trucs-là. C'est la déception qu'on peut vivre envers soi, justement, qui peut être hyper douloureuse et hyper insinueuse, la déception.
Enfin, moi, je sais que quand je suis déçue de moi, ça vient tout de suite taper sur l'émotion la plus racine chez moi, à savoir la honte, en fait. Ça vient créer de la honte chez moi. Il y a d'autres personnes qui le vivront différemment, qui vont vivre de l'impuissance. Bref, il y a plein d'émotions qui peuvent être en jeu.
Moi, ça vient tout de suite chercher de la honte, etc. En fait... C'est hyper insidieux comme émotion, parce que ça vient mettre le doigt sur ce qu'on n'a pas fait, ce qu'on a mal fait ou ce qu'on a fait.
Un des trucs qui était les plus difficiles pour moi à vivre, et qui l'est toujours clairement, c'est la notion d'échec. Parce que j'en ai pas souvent, mais quand j'en ai, j'ai l'impression que toute ma vie est remise en question, et je suis hyper déçue. Et ça vient remettre en question qu'est-ce que j'ai raté, je suis qui, c'est quoi mon identité, comment j'existe, etc. Donc c'est des choses avec lesquelles il faut savoir dealer.
Être déçu de soi, ça arrive dans plusieurs situations, mais c'est souvent quand on a la sensation qu'on n'a pas donné le meilleur de soi, quand on a la sensation que notre identité ou notre valeur est remise en question. Donc il faut arriver à décorréler la déception qu'on a de soi parce qu'on n'a pas réussi quelque chose, donc l'échec, clairement, la déception qu'on a de soi parce qu'on n'a pas donné le meilleur de soi, la déception qu'on a de soi parce qu'on n'a pas vraiment agi en accord avec nos valeurs, qu'on a un peu agi voilà de manière pas hyper glorieuse, on va dire ça comme ça. Moi, c'est quelque chose, par exemple, je suis déçue de moi quand ça m'arrive,
quand j'ai eu une réaction hyper spontanée, et dans la réaction, et qui n'a pas été cool envers quelqu'un, ou j'ai été méprisante, ou j'ai été agressive, ou ce genre de choses, je peux être déçue de moi, et je reçois de la honte derrière, parce qu'en fait, je sais très bien que ce n'était pas le fond, que je n'ai pas donné le meilleur de moi, que je n'ai pas eu le temps de réfléchir, que ce n'était pas qui je voulais être à ce moment-là. Mais c'est arriver à décorréler la déception que je peux avoir à propos de moi, de qui je suis, mon identité, plutôt que de se baigner et se gargariser à la déception en se disant mais du coup j'ai été différemment, j'ai pas fait ce que j'aurais pu faire de mieux, j'ai pas agi en accord avec mes valeurs, etc. Et se rappeler en permanence que ce qui s'est passé... En fait, c'est vraiment en prendre la responsabilité, c'est ce qui s'est passé, on en revient à ce que Sartre racontait, ce qui s'est passé, ça dit forcément quelque chose sur moi, même si j'ai pas agi en accord avec mes valeurs, même si j'ai pas donné le meilleur de moi-même, même si j'avais la flemme.
Par exemple, les quelques fois où j'ai été déçue de moi parce qu'en fait, je me suis donnée à 50% dans des projets, j'étais déçue de moi, mais en fait, dans le fond, ce que ça venait pointer, c'était une vérité qui était un peu dure, une pilule qui était un peu dure à avaler, de, en fait, c'était pas vraiment pour moi que je le faisais. c'était pas vraiment les résultats que j'escomptais je me suis pas donné à fond, j'ai pas fait beaucoup d'efforts ou c'était pas hyper aligné ou je sentais que c'était pas un truc qui me faisait forcément vibrer ou en fait ça me gonflait, j'en avais pas vraiment envie et je me forçais un petit peu donc en fait ça vient juste pointer du doigt des choses qui étaient aussi réelles.
Donc quand on est déçu à propos de soi plutôt que de se encore une fois, plutôt que de se gargariser se flageller, etc on va se dire en fait, ok, qu'est-ce que ça vient pointer du doigt que je peux, avec beaucoup d'honnêteté regarder pour reproduire quelque chose qui soit différent la prochaine fois. Donc c'est encore une fois se construire en fonction de ce qu'on apprend à propos de soi.
Maintenant, si on est tout le temps déçu à propos de soi, soit c'est parce qu'on se surestime et donc on ne se rend pas compte du gap entre ce que je suis capable de faire, ce qui m'est accessible, mes capacités, le contexte, le réel et ce à quoi je veux accéder.
Donc soit c'est ça, ce qui arrive également. Moi, je me surestime souvent, notamment en termes de temps. je surestime tout le temps mon temps, est-ce que je vais pouvoir tout faire en même temps, et ma charge mentale, je me surestime tout le temps, ce qui fait que d'ailleurs je suis déçue, donc c'est soit parce qu'on se surestime, soit parce qu'on est persuadé que c'est uniquement le meilleur de nous-mêmes qui détermine notre valeur, et uniquement le meilleur de nous-mêmes qui existe,
Et là on en revient encore une fois à ce que je partage depuis des années dans ce podcast, à savoir arrêter de se persuader qu'on est une bonne et pure personne, uniquement de côté positif je fais de côté glorieux, etc.
Non, ça fait partie de tout ça, et quand on agit un peu, entre guillemets, excusez-moi du terme, comme une connasse avec quelqu'un, c'est aussi une partie de nous, et il faut qu'on arrête de se dédouaner en disant, non mais ça c'est pas moi, je me suis pas du tout reconnue, bah si c'est aussi toi, mais c'est pas grave en fait, on va s'en remettre, on peut se détendre, on rire après coup, et puis ça va passer, la déception ça va passer.
Donc si je devais résumer, et pour vous laisser, en fait, ce que je voudrais dire, c'est que la déception, c'est une émotion qui est difficile à vivre, mais que je trouve vraiment nécessaire, parce que ça permet de... réaliser quels sont nos standards, la perception des possibles et la perception des potentiels, mais c'est aussi une forme de « Ok, là, j'ai fait ça comme ça, je suis déçue de ce qui s'est passé, donc comment est-ce que je pourrais faire pour la prochaine fois ? »
En fait, si vous voulez, c'est un moteur qui permet aussi de se construire et d'avancer pour créer quelque chose de meilleur. Tant qu'on est dans quelque chose de constructif et qu'on n'est pas quelqu'un qui a tout le temps des standards hyper élevés, des exigences hyper élevées sans jamais rien faire pourra les atteindre. Dans ce cas-là, on est dans une déception qui est illusoire, qui est un peu toxique, et on manque de responsabilité. Donc, la déception, c'est vraiment quelque chose qui permet d'avancer.
Et pour finir, c'est aussi quelque chose, dans mon expérience, qui permet de mettre le doigt sur les blessures d'enfants, qu'on pensait être complètement OK, mises de côté, réglées, un peu tous ces trucs-là, et qui, en fait, sont toujours présents.
Je vous invite vraiment, la prochaine fois que vous êtes déçus, à regarder cette part-là qui est déçue, elle a quel âge ? Ça se passe comment ? Et comment vous vous sentez ?
Et moi, je regarde à chaque fois que je suis déçue, j'ai l'impression que j'ai 8 ans. Et que c'est en fait la gamine hyper naïve, « Ah oui, trop bien, ça se passe pas du tout comme je voulais ! » C'est toujours ce truc, cette espèce de naïveté.
Moi, je trouve ça très beau, parce que je pense que cette naïveté, c'est ce qui fait qu'en fait, on prend beaucoup plus de risques, on ose, on se pose pas 36 000 questions, et on est beaucoup moins dans la peur du regard des autres, et tous ces trucs-là. mais ça met aussi en lumière le fait que j'ai J'ai l'impression qu'il faut aussi toujours que je donne le meilleur de moi pour avoir de la valeur.
Donc ça permet vraiment de mettre en lumière des blessures d'enfants, c'est vraiment un sujet intéressant à creuser. J'espère que ça vous aura intéressé,
puis comme d'hab, si vous voulez approfondir le sujet, c'est dans la description de l'épisode. Vous pouvez télécharger la transcription Les Exercices, et je vous retrouve la semaine prochaine pour un prochain épisode.
Bye bye !