Speaker #0Bonjour à tous et bienvenue sur le podcast La Vie Suffit.
Aujourd'hui, on va se poser la question de est-ce que c'est vraiment mieux ailleurs ?
En fait, je reviens juste d'un voyage au Japon qu'on m'avait vendu comme étant le voyage parfait, exotique, des paysans magnifiques, le pays le plus respectueux du monde. Et moi, je suis assez mitigée.
Et dans cet épisode, j'ai envie de faire un débrief avec vous sur mon voyage au Japon.
Je suis Chloé Bloom, entrepreneur au Multicasquette, et chaque jeudi, je vous partage les réflexions, les phases d'introspection, les clés qui, selon moi, permettent de vivre notre vie plus pleinement et de trouver plus d'épanouissement.
Chaque épisode est une invitation à exprimer encore plus librement toutes les parts de vous.
Si cela vous plaît, je vous invite à partager les épisodes à vos proches qui en ont besoin, ainsi que laisser une jolie note et un commentaire si vous souhaitez soutenir le podcast.
Alors salut tout le monde !
Très contente de vous retrouver aujourd'hui pour cet épisode qui, je pense, va changer un peu parce que je crois que j'ai jamais fait ça. Si c'est quelque chose qui vous plaît, en fait, je pourrais refaire ça puisque j'ai fait quand même pas mal de voyages et que je visite régulièrement des endroits que je ne connaissais pas forcément. À savoir faire un débrief un peu sur ce qu'on peut entendre à propos de certaines destinations. Et bon, en plus, pour le coup, vivant à Bali, je pense que je pourrais aussi faire un débrief sur cette destination-là.
Bref, aujourd'hui, j'avais envie de... proposer un débrief sur mon voyage au Japon, mais surtout en fait l'idée encore une fois c'est pas du tout de vous faire un débrief touristique, de vous parler de mes budgets, des hôtels où j'ai dormi ou quoi que ce soit, c'est d'essayer de dézoomer aussi un petit peu et de nuancer en fait le regard qu'on peut porter, en particulier en tant qu'occidentaux, sur plein de destinations qu'on considère comme étant mieux que là où on est, comme si l'herbe était plus verte ailleurs, des destinations qui sont aussi exotiques en étant un peu aveuglées justement par cette notion exotique, cette notion un peu... plus spirituel etc si vous voulez c'est un peu comme moi ce que j'ai toujours entendu sur bali ou mais je reviendrai où il ya plein de gens qui quittent leur vie pour essayer d'aller se trouver à bali comme si à bali l'énergie était complètement différente et c'est pas vrai du tout en fait c'est vraiment une illusion totale mais on y reviendra.
Et en fait si vous voulez pas ce constat là il part de ce que moi je vois depuis des années en effet avec bali mais avec plein d'autres pays aussi et d'autres destinations que j'ai pu faire et que j'ai revu en fait dernièrement au japon et donc je me suis dit ça peut être super intéressant que je vous parle un petit peu de ça et que ça nous permette aussi de dézoomer parce qu'en fait c'est un voyage qui m'a appris plein de choses et qui a été super chouette et qui m'a appris en fait qui m'a remis un peu sous les yeux des notions que j'avais peut-être un peu laissé de côté dans ma vie notamment la notion de dualité qui m'a remise de la nuance dedans qui m'a remontré en fait la manière dont j'aimais pas du tout voyagé et la manière dont j'aime voyager voilà ça a été plein de plein de petites prises de conscience que ce soit sur mon couple sur ma manière de voyager voyager et tout, donc je trouve que c'était très chouette.
En gros, pour vous faire le débrief, il faut savoir que nous, on est partis environ 12 jours au Japon. Donc, ce n'est pas énorme et on ne connaissait pas le Japon parce qu'en fait, on n'y était jamais allé. Mon conjoint avait une connaissance assez poussée d'une certaine partie de la culture japonaise parce qu'il est né et il a baigné toute son enfance dans tout ce qui était manga, etc. Donc, cette partie, on va dire, du Japon, côté animé, etc. Moi, pas du tout. Je n'ai aucune sensibilité à ça. Et moi, j'avais une connaissance qui était autre, on va dire plus de la partie spirituelle, etc. Mais ça, ça ne s'appelle pas connaître le Japon et ça ne s'appelle pas non plus connaître la culture japonaise. Mais c'est un pays qu'on a toujours eu vraiment envie de voyager. On a toujours vu beaucoup, beaucoup de choses, en fait, que ce soit sur les réseaux sociaux ou même des feedbacks de gens qui nous disaient que le Japon, c'était un des plus beaux voyages qu'ils aient fait, que c'était très authentique, que c'était très, très respectueux, que c'était le pays le plus respectueux, que les gens étaient tous super respectueux, que c'était vraiment... très bien élevé, très respectueux de tout, de l'homme, de la femme, que c'était très propre, etc.
Et donc on s'est mis en tête de se dire, on va foncer, on va voir, et on va faire ce qu'on a vu étant être vraiment recommandé, à savoir passer du temps à faire une boucle, que beaucoup de gens font, qui est la boucle Osaka, Nara et Kyoto. C'est une boucle assez connue pour justement s'immerger. Je reprends les propos de ce que j'ai vu et de ce qu'on m'a rencontré. et de ce que j'ai entendu et de ce que j'ai lu sur les réseaux sociaux aussi, étant une boucle culturelle où en fait on va pouvoir voir beaucoup de temples, beaucoup de lieux où il y a des biches en liberté notamment à Nara, on va pouvoir dormir dans des lieux assez authentiques et assez typiques etc. pour même dormir chez l'habitant etc. et que du coup pour la culture vraiment japonaise, pour vraiment découvrir le côté authentique de la culture japonaise, il faut aller là-bas.
Donc en gros c'est ce qu'on a fait et on a voulu finir notre voyage par rester plusieurs jours à à Tokyo parce qu'on avait très envie de faire une grande ville et qu'en plus de ça, je trouve que quand on s'immerge dans une grande ville, on arrive vraiment à plus s'immerger dans la culture actuelle du pays aussi et de voir plein de quartiers, plein de gens, plein de types de personnes différents avec des activités différentes. Donc en gros, c'est ce qu'on a fait, simplement pour faire vraiment très très simple. Et il y a plusieurs choses qui m'ont marquée pendant ce voyage.
Bon, une des premières choses qui m'a énormément marquée, c'est en effet la manière, enfin tout le long je me suis posé cette question-là, mais pourquoi est-ce que les gens ne se comportent pas dans les transports en commun comme ça ailleurs ? C'est-à-dire pourquoi en France on n'arrive pas à se comporter de cette manière-là dans les transports en commun ?
Donc j'ai ma réponse, je sais pourquoi, parce que ça va avec toute la culture derrière, et la pression, et les injonctions, et la honte, c'est un gros gros sujet au Japon, la honte. Et en fait la culture qui est de jamais dépasser, jamais faire de bruit, d'être extrêmement docile.
La docilité c'est omniprésent au Japon. Donc je comprends en fait pourquoi ça se passe pas comme ça, mais en fait c'est vraiment un des premiers trucs qui m'a marqué, parce qu'on a été beaucoup dans les grandes villes au début, je me suis dit mais pourquoi... Pourquoi ? Je savais pourquoi, mais en même temps, ça a fait émerger un peu de frustration de me dire que c'est un truc de fou. Comme par exemple, moi, à chaque fois que je voyage en Europe et en France, et alors ici, n'en parlons pas, où je suis en Indonésie, n'en parlons pas, et dans d'autres pays, c'est vraiment pire, les transports en commun, c'est un peu la jungle, et je trouve que le vivre ensemble n'est pas bon. Et dans plein de grandes villes, et même en France et dans d'autres villes, le vivre ensemble n'est pas bon. C'est comme si tout le monde se piétine, personne ne respecte personne. C'est souvent très sale et je comprends pas en fait je comprends même pas cette saleté de par exemple des toilettes publiques et partagées je comprends pas pourquoi c'est sale en fait parce que c'est extrêmement désagréable et ça serait expérience serait plus agréable pour tout le monde si tout le monde y mettait un petit peu du sien donc bon bref.
En gros c'est une des premières choses que ça m'a montré en effet le japon c'est extrêmement propre en tout cas là où on est allé c'est encore une fois juste retenez c'est difficile de dire en fait c'est difficile de ne pas faire de généralité sachant que je n'ai pas vécu au japon et que je n'y suis allé que 12 jours donc je vais forcément faire des généralités dans cet épisode, et il y a forcément plein de choses qui ne sont pas tout à fait vraies aussi, et qui ne sont pas tout à fait justes, c'est une évidence, d'accord ? Mais voilà, en tout cas, une des premières choses, ça a été vraiment de me rendre compte de ça, et d'ailleurs, je crois que j'en parlais sur mes réseaux, et je disais, franchement, ça fait tellement de bien de voir, en fait, que dans les transports en commun, les gens ne se comportent pas comme des animaux, et que c'est propre, etc. Voilà, donc ça, c'est sûr que c'était une des premières choses.
Mais ensuite, je ne vais pas vous faire tout le débrief des points positifs, il y a énormément de points positifs sur... Plein de choses, en fait, que ce soit en effet dans la manière dont les gens interagissent directement. Il y a des trucs qui sont très positifs parce que c'est emprunt de respect, mais en fait, il y a derrière, du coup, des choses qui sont aussi très négatives parce qu'il y a beaucoup de tabous, beaucoup de codes et beaucoup de gênes, beaucoup de hontes et énormément de froideur. En fait, très peu de contact humain et beaucoup de froideur aussi. Donc voilà.
Mais pour revenir sur des choses qui, moi, m'ont aussi beaucoup marquée, ça a été notamment le fait que... À chaque fois que j'ai expliqué qu'on allait partir au Japon, on m'a beaucoup dit que c'était le voyage le plus dépaysant, le plus beau, etc. Et qu'on n'avait qu'une envie, c'était d'y retourner parce que les gens étaient extrêmement respectueux et que c'était très authentique. Ce que j'ai vécu est complètement en opposition avec ça. Je vais y venir point par point, mais je vais essayer de structurer un petit peu ma pensée pour pas que ça parte dans tous les sens.
En fait, une des premières choses, c'est que... je me suis à nouveau rendu compte qu'en effet, bon, c'est pas qu'on peut pas se fier à la parole d'autrui, mais c'est qu'en fait, en tant qu'Occidentaux, on fantasme beaucoup les destinations exotiques, on fantasme beaucoup d'autres destinations, mais en réalité c'est la même chose ici, quand je parle avec des Indonésiens qui vivent ici et qui n'ont qu'une envie, c'est de partir habiter en Europe ou en Australie, etc. Et ils fantasment aussi d'autres choses, évidemment. Je pense que c'est un peu toujours comme ça, en fait, on a un vrai fantasme sur l'ailleurs, en pensant toujours que l'ailleurs est plus vert. Et souvent, en fait, on admire ailleurs quelque chose qui a été détruit là où on est, ici.
Donc, par rapport au Japon, en fait, je pense qu'il y a beaucoup de choses qui sont admirées par les Occidentaux, etc., à savoir peut-être la notion de respect, la notion de propreté, la lenteur, le sacré, les temples, les choses comme ça, etc. Voilà, c'est des choses qui ont été un peu détruites, en fait, dans notre société, en Europe en tout cas, et pas que ici, même en réalité aux États-Unis, etc. Et je pense que c'est aussi des choses qui ont été... qui sont un peu fantasmées, en fait, ailleurs. Je le vois aussi avec Bali, c'est comme si en Asie, en tant qu'Occidentaux, on avait des très grosses projections sur ces pays-là, en se disant qu'en fait c'était des pays de la pureté, des pays de la sagesse, des pays de la paix, de gens très sages et de gens très respectueux. Il y a vraiment une notion de pureté. Et je vois vraiment ce truc également avec Bali. Et en fait, ce n'est pas possible de dire ça à propos de Bali, c'est qu'on ne connaît pas Bali, parce que ce n'est pas vrai, ce n'est pas du tout vrai.
Donc c'est un petit peu comme si on avait ce fantasme des pays... asiatique et je l'ai vu là avec le Japon en y étant, avant d'y aller en fait sur un peu comme le pays qui a tout compris et qui vit autrement, voilà, alors que alors que la réalité c'est que par exemple le Japon c'est un pays extrêmement patriarcal, extrêmement patriarcal, très très problématique à ce niveau-là et moi c'est ce qui m'a sûrement le plus choqué pendant mon voyage c'est un pays aussi de contrôle, c'est un pays aussi d'exploitation et c'est un pays de silence je vais revenir tout doucement dessus mais en fait c'est vraiment. Voilà, une des choses, un des apprentissages qui est revenu de ce voyage-là, c'est de me rendre compte qu'en fait, tous les témoignages que j'avais entendus à propos du Japon, c'est pas qu'ils étaient faux, mais c'est, encore une fois, il y a beaucoup de fantasmes à propos des destinations qui sont très différentes de la nôtre, et notamment les destinations où, soit disant, il y a beaucoup de sagesse et de pureté, comme si en fait on allait mieux respirer, qu'on allait être mieux, qu'on allait mieux se comporter, qu'en fait c'était des gens qui avaient tout compris, etc. Non, il y a des très gros problèmes aussi dans ces destinations-là, et en général c'est un manque de nuances et d'observations fines, dans ces destinations là.
Et en un petit peu la même chose par rapport à la notion d'authenticité ou en fait cette boucle cette fameuse boucle nara qui auto donc par exemple je vais revenir sur mon expérience à nara et à qui Kyoto, Nara, c'est une toute petite ville avec des parcs dans lesquels il y a plein de dindes, rennes, etc. qui sont en liberté et des temples. Et en fait, j'ai même vu des personnes faire des vlogs, des reviews de voyages, etc. en disant que c'est incroyable parce qu'on peut trouver, on peut voir les dindes en liberté, que les temples sont magnifiques, etc.
Moi, je suis arrivée sur place. C'est l'apologie du tourisme de masse et donc j'en faisais clairement partie. En fait, on ne peut pas critiquer les touristes sachant qu'on est un touriste en fait nous-mêmes. Le problème, ce n'est pas ça, c'est tout le système qu'il y a autour. C'est des hordes de bus qui se garent et qui arrivent et qui achètent des biscuits pour pouvoir nourrir les dains, pour avoir une chance de les toucher, de faire des selfies avec, qui leur courent après. Il y a des petits bébés d'un qui sont complètement perdus, qui ne savent même pas où ils sont, qui ne comprennent rien. C'est ultra violent pour l'animal. Ce n'est pas du tout respectueux. Ça modifie complètement leur comportement. D'ailleurs, il y a des rennes qui attaquent, qui mordent, qui sont un peu agressifs, etc. Mais ce n'est pas du tout de la faute des rennes. c'est qu'encore une fois, quand on nourrit un animal où que ce soit sur Terre, terre et que c'est pas un animal domestique ça modifie son comportement.
Et en fait c'était enfin moi je me suis juste trouvé nez à nez avec les coeurs mans que que j'ai déjà ressenti par le passé dans plein d'autres endroits et notamment même au mexique et même à bali dans plein d'autres endroits et même des choses auxquelles j'ai contribué mois de du tourisme animal en fait qui n'est pas du tout éthique à 0 et c'est là dedans et du tourisme de masse et des ravages que ça fait.
Donc déjà la première chose c'était avec les animaux mais après c'était par exemple par rapport au temple. En fait, on nous disait d'aller voir certains endroits qui étaient soi-disant super authentiques, des petits endroits pour manger. En fait, ce sont des rues qui sont construites uniquement pour le tourisme de masse, avec uniquement des boutiques souvenirs. Il y a des Burger King, des McDo, etc. dans ces rues-là. Et une fois que tout le monde est reparti de la journée, le tourisme de masse est reparti. En fait, la ville est vidée de son essence. Enfin, cet endroit-là est vidé complètement de son essence. Il ne reste que les boutiques souvenirs vides et tout est éteint, tout est fermé. Ça m'a un peu fait penser à des villes. Vous savez les villes dans lesquelles il y a des bateaux de croisière qui passent, c'est la même problématique en fait où c'est des arrêts où d'un seul coup il y a un déferlement de tourisme de masse qui ravage, qui cumule, qui accumule, qui consomme etc. et qui laisse en fait, qui détruit complètement l'industrie locale, les ressources locales, enfin qui détruit tout en fait. Ça m'a un peu fait penser à ça.
Et évidemment heureusement que Nara c'est pas que ça. en fait nous on a logé chez l'habitant chez une vieille vieille dame, c'était extraordinaire on a vécu des choses magnifiques, au final on a pas du tout fait les choses qui étaient censées être absolument à voir dans cet endroit on a fait d'autres choses, on s'est perdu, on a marché on est arrivé dans des temples où il n'y avait personne et c'était trop beau, on s'était dit qu'on toucherait aucun animal et du coup on en a aperçu on s'est perdu dans des forêts, on en a aperçu de loin qui étaient effrayés, un peu qui se cachaient enfin normal quoi, leur milieu naturel et donc c'était magnifique.
Et en fait déjà à ce moment là je me suis dit en fait c'est dingue Comme déjà un endroit, il y a toujours plusieurs manières de le voir et de le vivre. Et que moi, la manière qu'on m'avait conseillé de le faire, et que j'avais vu sur des guides touristiques, que j'avais vu sur Instagram, et que j'avais vu via des influences de ce voyage, et que j'avais vu via des connaissances qui y sont allées aussi, en fait, juste moi, je me suis rendu compte que je détestais voyager comme ça, et qu'en fait, c'est pas vrai, c'est pas authentique. Je veux dire, je vais y revenir par rapport à mon expérience à Kyoto. On ne peut pas dire que ce soit l'expérience du Japon. En tout cas, moi, c'est comme ça. Et puis surtout, ça fait mal au cœur parce que je trouve que c'est pas... En tout cas, c'était pas aligné avec nos valeurs amies.
Et même système avec, par exemple, Kyoto, où quand je suis arrivée à Kyoto, j'ai trouvé que la ville était vraiment belle parce qu'il y a des quartiers qui sont très, très beaux, avec des architectures anciennes, etc., mais qui sont vraiment très beaux. Mais en fait, on s'est également très vite rendu compte que les quartiers soi-disant à visiter avec les architectures anciennes, ce ne sont des rues qui ne sont constituées que de boutiques souvenirs, de matcha à emporter pour les occidentaux, mais que de trucs souvenirs et que de trucs de surconsommation du tourisme de masse. Et en fait, j'aurais dû m'y attendre et encore une fois, je ne m'y suis pas attendue et je pense que c'est comme souvent quand j'ai ce genre de ressenti, c'est que je ne me suis encore une fois pas assez informée. sur le truc et du coup Kyoto on a fait pas mal de choses et on a on n'a pas aimé l'expérience qu'on a vécu là bas.
Mais par exemple on est monté sur un temple il y a un temple qui est très connu là bas où en fait on marche on passe sous des portiques rouges etc on avait vu plein de fois que c'était vraiment un sanctuaire et que c'était sublime et qu'il fallait faire la montée jusqu'au bout et que ça allait être magnifique et en fait on est arrivé sur place et on s'est retrouvé dans des vagues avec des bus et des personnes qui mangeaient leurs frites et leurs trucs Et en fait, encore une fois, je n'accuse pas ces personnes-là, c'est juste la manière dont c'est fait et c'est logique, c'est ça le tourisme aussi. Et en fait, on a constaté l'ampleur du problème tout en ayant conscience qu'en fait, on faisait partie du problème. Et c'était une sensation un peu écœurante. Moi, je me suis sentie un peu... Il y avait un peu de culpabilité, mais ce n'était même pas que ça. C'était juste en fait, ah ouais, là, c'est vraiment ultra problématique en fait. Je ne m'attendais pas du tout à ça. On est dans une expérience en fait où on est des milliers de moutons à essayer de monter ce truc en même temps et à avoir la dalle. donc on achète des trucs à manger là où on nous en donne. Et en fait c'est horrible mais en même temps on fait partie de ce problème là puisqu'on est là.
Et du coup à partir du moment qu'on a fait cette expérience là on a décidé de ne plus du tout voir les choses à voir en fait on a décidé de ne plus faire ce qu'on nous avait dit qu'il y avait à faire ou ce qu'on voit qu'il y a à faire les temples les trucs comme ça etc même chose avec les spectacles qu'on avait fait la veille donc on s'est dit bah en fait on va essayer de vivre Kyoto autrement comme on fait depuis des années à savoir que nous d'habitude quand on voyage on fait du slow travelling, on s'arrête dans un pays pour... un mois, deux mois, et du coup on prend des habitudes un peu plus locales, et on découvre plus des pépites en fait comme ça. Et du coup on ne restait pas longtemps, je crois qu'on a resté 3-4 jours seulement à Kyoto, mais du coup c'est ce qu'on a fait, et on est allé se perdre dans des petits restos qui étaient cachés, des trucs où il y avait vraiment très très peu de personnes, on s'est baladé dans des quartiers qui étaient déserts, qui n'étaient pas du tout des quartiers où il y avait plein de restos, plein de boutiques, etc. Et c'était intéressant. Mais on a vraiment eu la sensation par exemple que Kyoto c'était Disneyland, tout organisé, c'était une ville. Le centre de la vie en question est ce qui est à voir et construit en réalité autour du tourisme de masse. Et donc, ce n'est pas du tout une expérience qui est authentique. Il y avait un malaise, en fait, si vous voulez. Il y avait vraiment un malaise. Il y avait de la beauté, en même temps, une absence de vérité. C'était un peu particulier. Voilà, c'était un peu particulier.
Donc, en tout cas, pour revenir à ce que je vous disais, c'était comme si je me suis rendu compte qu'en fait, on fantasme beaucoup de choses. Et que moi aussi, j'avais fantasmé en fait cette idée du Kyoto, par exemple, ou du Nara, en me disant « je vais tomber sur des biches » . sans me dire à un seul moment, en fait, c'est assez évident, parce que tout le monde voit ces vidéos, tout le monde fait la même chose. Donc déjà, c'était pas de la bêtise de ma part, mais c'était sûrement vraiment de la naïveté. Mais même au-delà de ça, en fait, c'est ce fantasme qu'on a, où moi aussi, je m'attendais à me dire, mais le Japon, apparemment, c'est hyper zen, hyper spirituel, hyper calme, hyper respectueux. Mais non, pas uniquement, en fait.
Donc déjà, il y a ce truc-là. L'ailleurs exotique n'est jamais totalement réel, il est aussi fait, tout ce qu'on va vivre comme expérience, par exemple à Kyoto. C'est aussi fait pour rassasier une envie de déculpabiliser, rassasier une envie d'exotisme, et rassasier quelque chose qui a besoin d'être assouvi à l'intérieur de nous en tant que touristes.
Et par exemple, autre chose, moi je voyais que par exemple à Kyoto, avant j'avais vu qu'on pouvait faire des petits cérémonies, etc. Et oui, en effet, quand on arrive sur place, c'est que des boutiques où on peut louer un kimono, pour s'habiller en kimono, pour faire des photos devant des endroits. À quel moment donné, c'est une expérience authentique ? Ça l'est pas. Et donc encore moins envie de me faire coiffer, habiller, mettre en kimono, pour vivre une cérémonie du Tématcha, enfin juste. Juste, c'était pas comme ça qu'on voulait le vivre, en fait. Donc, par exemple, nous, on a été hyper déçus, et à refaire, on ne referait pas cet endroit-là, à refaire, on ne referait pas Kyoto. Donc en tout cas, ça, c'était quelque chose qui était assez fort.
Et puis... Ça m'amène aussi au deuxième point que souvent, en fait, cet exotisme et cette recherche d'exotisme un peu fabriqué, etc., en fait, c'est souvent aussi pour anesthésier quelque chose.
Je reprends cette fameuse phrase que j'entends très souvent, c'est « j'ai tout plaqué, je suis partie à Bali pour me trouver » , mais en fait, à Bali, tu ne te trouveras pas mieux qu'en France ou qu'en Allemagne ou que n'importe où. Tu ne te trouveras pas mieux. Oui, tu vas être dans un pays qui va te dépayser, donc forcément, tu ne vas pas avoir les mêmes habitudes. et en effet, ce qui va t'aider à peut-être... Mettre en place des nouvelles habitudes, c'est juste le changement. C'est la rupture que tu vas avoir avec ton quotidien, ça n'a rien à voir avec Bali. Et c'est un petit peu la même chose avec le Japon, ce truc de tout est beau, tout est zen, tout est extrêmement spirituel et respectueux, etc.
Oui, en effet, il y a ce côté-là qui peut nous faire vraiment du bien. Et moi, honnêtement, je le partageais un peu sur Insta, je le montrais. Je disais, c'est fou, on est dans des grandes villes, on est à Tokyo, c'est une ville qui est immense. et je... Je pense que je ne me suis pas sentie aussi zen depuis très longtemps. J'avais mon rythme cardiaque qui était très, très bas, qui était en dessous de 40, etc. Mais des fois, même la journée, c'est fou. J'avais une respiration aussi qui était très basse. Vraiment, je me sentais très, très, très détendue. Effectivement, parce que c'est des villes dans lesquelles c'est fluide, ce n'est pas stressant dans les transports en commun, l'air n'est pas pollué. Honnêtement, c'est super respirable, c'est très agréable, etc.
Mais ce n'est pas une raison pour anesthésier aussi tout à fait le reste et voir qu'en fait, si tout fonctionne, c'est parce que tout est extrêmement contrôlé Et si je me sens bien là tout de suite, c'est parce qu'en fait, il y a des codes qui sont ultra rigides et que, par exemple, les femmes... Alors, c'est présent chez tout le monde, la notion de docilité, mais chez les femmes, c'est absolument scandaleux au Japon. C'est un truc de malade, la notion de docilité qui est imposée aux femmes et d'effacement.
En fait, c'est soit belle et surtout tais-toi, efface-toi, soit docile, ne dis rien. Au point où il y a eu des personnes parmi vous qui m'ont écrit ce qu'elles ont vécu pendant plusieurs dizaines d'années, d'ailleurs, au Japon. Et elles m'ont dit, mais merci, Chloé, de le dire, parce que nous, on a quitté le Japon pour ça. On a même été témoin de plusieurs fois d'agressions sexuelles dans les transports en commun au Japon, et personne n'intervient et on ne peut pas intervenir, sinon elles sont encore plus humiliées. C'est hyper hyper hyper compliqué. Effectivement, tout fonctionne bien, mais en fait, il y a un revers de la médaille à ça, si vous voulez.
Donc c'est un petit peu comme si on va trouver dans certaines destinations, un peu là comme moi avec le Japon, de l'exotisme, mais il y a forcément... un revers à ça, on est dans cette dualité-là en fait, c'est un petit peu comme avec Bali en fait en tant qu'occidentaux franchement on a des regards parfois qui sont biaisés parfois qui sont des regards colonialistes et qui sont des regards aussi racistes, c'est exactement comme quand j'entends quelqu'un me dire les Balinais c'est incroyable, ils savent être heureux alors qu'ils ont rien, ils sont heureux ils sont souriants, ils se satisfont de rien.
Non en fait, il n'y a rien de cool dans la pauvreté. les Balinais, c'est des gens qui effectivement sont souriants parce qu'en fait c'est des gens qui sont, encore une fois c'est très très codifié la culture mais c'est totalement faux de dire qu'en fait ils se satisfont dans la pauvreté. les nouvelles générations, elles en souffrent. elles n'ont qu'une envie c'est de quitter l'île. c'est pas vrai, il ne se satisfont de pas de rien en fait il ya d'énormes soucis au niveau sanitaire, au niveau santé, au niveau éducation contraception, il ya plein de soucis là dedans. et non c'est pas vrai, ça c'est juste un regard ultra colonialiste en fait et c'est un peu romantisé la pauvreté si vous voulez.
Au japon j'avais un peu j'avais un peu cette sensation là qu'en fait je me rendais compte que tout ce que j'avais entendu sur le japon et les gens qui me disaient à quel point c'était absolument extraordinaire et respectueux en fait non c'est juste romantiser le contrôle social et le contrôle des corps et le contrôle les codes ultra patriarcaux également en fait c'est aussi romantiser ça.
Donc c'est aussi pour ça que je voulais faire cet épisode c'est que j'ai vraiment aimé mon voyage au japon juste le précise mais ça me paraît important de remettre de la nuance et d'expliquer aussi qu'en fait il ya des en fait c'est super important de voir de l'autre côté de la pièce également voilà.
Et donc une des choses qui m'a pas mal choqué c'est La notion justement très patriarcale,
là-bas, où on le sait, il y a des films qui sont sortis, je crois que c'est Black Paper Box qui est sorti l'année dernière, je peux vraiment me tromper sur le nom du film, je ne l'ai plus en tête, mais c'est une journaliste japonaise qui a fait un court-métrage justement sur sa propre agression sexuelle et tout son parcours en fait pour essayer d'enfin arriver à révéler les choses. Là-bas, c'est juste même pas un sujet, en fait, la plupart ne disent rien, les femmes sont énormément silenciées. Le féminin est vraiment contenu, contrôlé, esthétisé plus que tout. Et un des trucs qui m'a le plus marquée, c'est l'infantilisation des femmes et la culture kawaii. Je trouve que c'est très intéressant de s'intéresser à des cultures qui sont différentes de la nôtre et de comprendre les codes.
Et donc moi, je voyais et je savais aussi en y allant que soit je voyais des femmes qui étaient beaucoup plus vieilles que moi, donc je voyais des femmes qui avaient 50 ans, 60 ans, soit je voyais des femmes... j'étais incapable de leur donner un âge, j'avais l'impression qu'elles avaient 15 ans. Et c'est comme si je ne croisais pas d'entre eux deux. J'avais l'impression de ne jamais croiser de femmes miroirs qui avaient autour de 30 ans, mon âge, et qui étaient des femmes, quoi, en fait. Et je sais que dans les femmes que je voyais qui avaient l'air d'avoir 15 ans, je sais qu'il y avait des femmes de 30 ans. Mais du coup, c'est des choses qui m'ont beaucoup interrogée, et je me suis dit, je sais que ça a à voir avec la culture kawaii, mais c'est quand même malaisant, en fait, de toujours... Moi, j'ai trouvé ça très malaisant. et je sais que ce n'est le reflet que de mon système de valeurs et ça n'engage qu'à moi, et encore une fois, c'est peut-être un jugement, mais ça me semblait être important de le faire passer, ça me choquait de voir des femmes se faire tout le temps passer pour des petites filles, dans plein d'aspects. Et effectivement, ça fait partie de la culture kawaii là-bas, de s'infantiliser, en fait, de s'auto-infantiliser, de tout le temps faire beaucoup plus jeune.
Alors déjà, nous, en Occident, on a énormément cette culture de la jeunesse, faut pas vieillir, faut rester jeune, faut se faire des injections, il faut rester belle, etc. Mais au Japon, c'est... La puissance n'est 25 000, et en plus de ça, on parle d'infantilisation et de faire petite fille. Et pour aller encore plus loin dans ce que j'ai vu, c'est vraiment ce... Enfin, moi j'ai trouvé qu'il y avait des représentations d'images pédophiles partout. Partout, partout, partout, partout, sous couvert de animés, sous couvert de mangas, sous couvert de... C'était de la représentation pédophile partout, c'est-à-dire que même dans les quartiers un peu manga, etc., à Tokyo. Les femmes qui racolent pour des expériences un peu adultes, etc., dans certains quartiers, sont habillées en petites filles. Les personnages de mangas qui sont sexualisés sont habillés comme des petites filles. Tout est autour de ça. Et c'est hyper bizarre de voir des femmes, des très jeunes femmes, qui sont habillées comme si elles allaient à l'école et qu'elles avaient 10 ans, tendre des panneaux, des billets, des tickets racolés des hommes de 40, 45 ans, 50 ans, qui sortent du boulot, qui sont en costard, etc. C'est au grand jour, c'est ultra gênant.
Alors c'est quelque chose qui existe dans toutes les sociétés, malheureusement cette culture-là, je pense que vous avez vu le scandale actuel avec Shein, de la poupée petite fille, poupée sexuelle qui a été vendue. En fait, moi j'ai trouvé qu'au Japon c'était à ciel ouvert, comme si c'était normal et que ça faisait partie de la culture, et que c'était passé sous couvert de dessins animés, de culture manga, de culture kawaii. et tous les magasins un peu pour femmes et j'ai fait du coup j'ai fait exprès je suis allé dans des moules dans des centres commerciaux justement de mode pour femmes etc ben je suis ressorti au bout de dix minutes parce qu'en fait tout est vraiment tourné autour de il faut ressembler à une petite fille il faut vraiment faire petite fille petite fille petite fille petite fille quoi il faut vraiment faire fille et c'est choquant en fait moi ça me choque avec le recul que j'ai aujourd'hui ça me choque mais c'était très très intéressant à voir.
Et du coup ce qui était aussi extrêmement intéressant à voir, c'est que du coup j'ai cherché aussi des influenceuses japonaises qui sortent complètement de ces codes-là et qui justement s'affirment et portent leur voix et qui refusent en fait ces codes infantiles et qui sont pas du tout dans la culture kawaii, etc. Et il y en a, et c'est super intéressant de regarder le travail qu'elles font. Et il y a aussi plein de marques, par exemple des marques de vêtements, qui justement sont pas du tout dans ce truc-là et qui sont vraiment dans la femme, quoi, qu'il n'y a pas d'infantilisation de la femme, etc. Et donc je suis allée voir dans des magasins comme ça. Non, des quartiers comme ça, un peu plus arty, un peu plus vintage, un peu plus... Franchement, ça, c'était vraiment très, très, très intéressant.
Donc voilà, c'est aussi une chose de voir. En fait, c'est comme tout. En fait, partout, il y a du très beau et il y a du très moche. Et par exemple, un des trucs que j'ai trouvé très beau aussi, c'est le rapport au Japon qu'il y a avec le vêtement, en tout cas avec le seconde main. Il y a des fripes seconde main de partout, partout, partout, de partout. Il y en a partout. Dans toutes les villes où on allait, il y en avait beaucoup. Et par exemple, à Tokyo, on a fait un quartier où il n'y avait que des fripes seconde main. Et en fait, moi, ce que j'ai trouvé fou, c'était le fait qu'il y a énormément d'hommes qui sont vraiment passionnés par cette mode et par le vêtement.
Tous les boutiques seconde main où j'allais, il y avait plus de vêtements hommes que de vêtements femmes. Il y avait beaucoup plus d'hommes japonais dans les boutiques de vêtements que de femmes japonaises. Et du coup, c'est un rapport qui est un peu inversé aussi par rapport à nous, ce qu'on peut vivre en France. Et j'ai trouvé que c'était vraiment très intéressant. et de voir qu'il y avait autant de seconde main et que c'était vraiment quelque chose qui était naturel, qui était normal, j'ai trouvé ça vraiment super intéressant. Donc ça c'est un des exemples.
Effectivement, les temples en ville qui sont absolument magnifiques, après on peut s'intéresser vraiment aux différentes choses, la différence des temples et la différence des sanctuaires, la manière dont ils mangent, il y a plein de choses qui sont vraiment très très belles et que j'ai vraiment adoré, mais il y a aussi vraiment tout cet autre côté de la pièce et je pense qu'il ne faut absolument pas l'invisibiliser, et que moi j'ai découvert en me disant « mais ce n'est pas possible, les gens qui m'ont parlé du Japon, non » . pas vu ça en fait, c'est pas possible, ils n'ont pas vu ça ou alors ils l'ont romancé, romantisé, anesthésié, je sais pas trop.
Il y a une vraie hiérarchie des sexes, il y a des trucs qui sont très belles, par exemple la culture de la propreté, du respect, du service, etc. Mais il y a aussi une invisibilisation du désir tout court et une invisibilisation du désir féminin encore plus. L'homosexualité féminine, c'est dramatique, il faut presque même pas en parler, toujours afficher cette douceur-là, jamais mieux. porter sa voix en fait si vous voulez c'est comme si moi j'ai eu la sensation qu'en effet il était très en avance sur beaucoup de choses et que il y avait beaucoup de choses très arriéré sur d'autres.
Voilà mais encore une fois j'ai été que douze jours du coup je me suis permise d'en parler avec plusieurs personnes parmi vous qu'on habitait au japon qui m'ont confirmé aussi ce que je suis en train de vous raconter aujourd'hui parce que c'est toujours on ne peut pas dire qu'on connaît un pays surtout quand on y a juste été touriste en fait c'est vraiment quelque chose de très différent mais voilà.
Et du coup c'est aussi ce truc que je voulais faire passer notamment avec cette ce fantasme aussi de l'authenticité ou en fait non l'authenticité que nous vend assez trop authentique de mettre de mettre un kimono japonais pour aller se faire faire une cérémonie match à non ça ça s'appelle du marketing C'est une promesse marketing. Et c'est aussi quelque chose que j'explique régulièrement sur mes réseaux sociaux, la notion d'authenticité, elle est extrêmement galvaudée. C'est surtout devenu une promesse marketing. Et je me suis rendu compte aussi qu'il y a beaucoup de gens dans le grand public qui adorent cette promesse marketing. Qui adorent, même on le voit sur les réseaux sociaux, il y a beaucoup de gens qui adorent voir quelqu'un qui se filme en train de pleurer. Quelqu'un qui se filme en train de pleurer, ça reste de la mise en scène en fait. Personne ne prend son téléphone quand tu es au bout de ta vie pour essayer de te filmer. et c'est comme ça pour tout en fait.
Et c'est un peu pareil que la notion de je vais louer un kimono, comme ça je vais me prendre en photo devant le temple, et puis ce sera trop authentique, puis après je vais me faire faire une cérémonie matcha où je vais avoir l'impression d'être trop authentique. Ça reste une promesse marketing, et je pense que c'est super important d'avoir quand même ce recul-là pour pouvoir vivre des expériences qui sont alignées. Et moi vraiment, j'ai vraiment vu une très grosse problématique autour du tourisme de masse, en fait, qui dénature complètement les lieux.
Donc je vais y retourner au Japon, parce qu'il y a vraiment beaucoup de choses que j'ai adorées, et je sens que vraiment il n'y a pas de problème. plein de choses que j'ai vraiment aimées, même dans leur culture. Et j'ai vraiment envie d'y retourner, mais je sais que je n'y retournerai plus du tout en faisant des circuits touristiques. Et je n'y retournerai plus pour aller juste visiter des endroits et essayer de voir des choses qu'on a trop envie de vivre parce que ça fait trop Japon authentique, en fait.
Je pense que je le referai en allant dans le nord, en allant dans le sud. Je sais que j'ai envie de grimper le Mont Fuji en trek avec mon conjoint, donc je pense qu'on le fera et qu'on en profitera aussi pour aller dormir chez l'habitant, etc. Mais du coup, si vous y allez, c'est vraiment ce que je vous recommande. commande de fer d'essayer d'aller dans des destinations qui sont être moins connus ne pas vous faire avoir par la promesse un peu authentique marketing machin et enfin en tout cas visuel e comme vous voulez mais c'est faux faut juste pas oublier ça en fait que en tant qu'occidentaux fantasme pas mal de choses ont des natures complètement les lieux.
Et donc pour faire le parallèle c'est un peu comme avec bali comme je vous disais où tout le monde dira non mais bali il ya trop le yoga, la méditation, le tantra, le chamanisme il y a des chamans à bali. Non c'est pas vrai.
en fait c'est pas vrai déjà le yoga ça vient pas du tout de bali Le tantra, pas du tout non plus. Le chamanisme, en fait, non non plus. Et qu'aujourd'hui, la plupart des pseudo-guérisseurs à Bali qui sont connus par des touristes parce que c'est dans les temples, etc., c'est juste des arnaqueurs qui disent à tout le monde que, en fait, oui, tu as été chamane dans une vie antérieure, comme ça, ils te disent ce que tu as envie d'entendre, de croire que tu es absolument exceptionnel. Et nous, on arrive en tant que blancs, ultra-connectés dans l'ultra-consumérisme, etc., dans des pays où, en fait, localement, ils n'ont pas du tout la même réalité que nous, ils n'ont pas les mêmes droits que nous. les femmes locales n'ont même pas les mêmes droits fondamentaux et en fait on vit une expérience qui est ultra occidentalisée ultra marketée, dans l'ultra consumérisme et ça peut aussi faire des dommages sur place.
Et donc voilà, moi c'est aussi un truc que je dirais sur Bali, maintenant que j'y vis depuis 6 ans je pense qu'un jour je pourrais un peu plus en parler si jamais ça vous dit mais non non, Bali on y va pas venir à Bali pour faire du breastwork, de la méditation du yoga, des trucs etc, c'est juste parce qu'en fait c'est les occidentaux qu'on ramenait tout ça et c'est des lieux d'ultra occidentalisation ... Et moi, j'ai aussi consommé ce genre de truc complètement. Et même quand j'allais au Mexique, c'était aussi ça. Donc voilà.
Donc je comprends qu'on aime et je comprends qu'on a envie de faire ça. Mais je pense que c'est toujours important d'avoir un peu de recul. Et surtout, plus que tout, moi, pendant ce voyage, je me suis dit et fait la réflexion plusieurs fois de... En fait, l'herbe, elle n'est jamais plus verte ailleurs. Non, ce n'est pas vrai. Ce n'est pas des pays qui ont tout compris non plus. en fait il y a du bon et du pas bon, comme partout.
le ailleurs n'a rien à offrir si on n'a pas appris à être bien aussi où on est dans le sens où il y aura forcément des deux côtés on peut pas dire ah bah moi je décide de voir qu'une seule facette de la pièce non en fait il ya aussi tout l'inversé du décor qui est important.
Et en fait ce qu'on adore par exemple au japon je sais qu'il ya beaucoup cette notion de cérémonie mais un peu comme à bali les gens adorent tout ce qui est un peu cérémonielles rituels le match à tous ces trucs là en fait c'est des choses que vous pouvez vous ramener dans votre quotidien et faire du du banal, du sacré. Voilà, manière d'envoyer. vous préparez votre thé, votre thé matcha, vous pouvez vous le faire aussi, faire les choses avec plus de conscience, voilà, donc ça c'est aussi des choses qui, je pense, peuvent être assez intéressantes.
Toujours se rappeler, en fait, que non, l'herbe n'est pas plus verte ailleurs, et je sais qu'il y a aussi certaines parmi vous qui me disaient, moi, depuis que je suis rentrée du Japon, je suis trop triste, j'ai qu'une hâte, c'est d'y retourner, parce que ici, je me sens pas bien, les gens, les machins, etc., mais c'est penser vraiment, ça c'est vraiment penser que l'herbe est plus verte ailleurs, et que les gens se comportent ailleurs et que les gens sont plus sympas ailleurs etc non c'est pas vrai En fait, c'est juste que ce sont des codes qui sont vraiment différents. Et je pense qu'en tant que blancs occidentaux, c'est ultra important de s'éduquer et de se rendre compte des réalités d'autres peuples et d'autres pays, pour se rendre compte que la plupart du temps, c'est nous qui les fantasmons, qui avons un regard assez colonialiste malgré tout, qui avons un regard complètement galvaudé, vraiment biaisé même sur les choses. Évidemment, une des solutions, c'est d'y aller, mais on peut aussi faire différemment, on peut aussi lire et s'éduquer sur ces problématiques-là et discuter avec les locaux. Je crois que c'est assez important. Voilà.
Donc franchement, si je devais vous refaire un peu ce débrief-là, moi vraiment, j'insiste, le Japon, j'ai adoré. Mais je regrette vraiment de l'avoir fait de cette manière-là. Je regrette de l'avoir visité de cette manière-là. Et je pense que j'aurais dû encore plus m'éduquer sur la culture japonaise avant d'y aller. Mais même, je pense que j'aurais... Enfin, si c'était à refaire, on le referait pas comme ça. On irait dans des destinations qui sont pas du tout connues pour vraiment aller à la rencontre du Japon authentique pour le coup, qui sont peut-être moins pratiques, moins extraordinaires, moins instagrammables. moins je sais pas je peux pas comment dire les choses mais mais en tout cas où on aurait pu vivre peut-être une expérience un peu plus vrai et juste je sais pas et puis et puis et puis je suis contente aussi d'avoir pu découvrir les différents aspects de cette culture-là.
Donc c'est un débrief très rapide. En réalité, il y a encore plein d'autres choses à dire sur les restaurants, sur la nourriture, sur tout ça. Mais j'avais vraiment envie de faire plutôt un regard, de vous faire passer un peu cette grande leçon de les retours qu'on vous fait souvent à propos des choses. Je pense que c'est mieux de se faire son propre avis. Parce que moi, du coup, ça a créé un peu de déceptif, forcément, évidemment. Parce qu'il y a tellement de gens qui en avaient mis plein la bouche du Japon et qui m'ont fait des retours, mais qui sont vraiment... tous à 100% ultra positif. Je trouve que c'est très positif, mais je pense que c'est mieux de se faire son propre avis. Et vraiment, une des choses, plus que tout, que je veux faire passer avec cet épisode, c'est conserver votre esprit critique, surtout quand vous êtes confronté à des cultures, des peuples, des pays, etc., que vous ne connaissez pas bien et qui n'ont pas les vôtres. Je pense que c'est super important de faire preuve d'esprit critique, de comprendre que c'est pas vos codes.
En fait, on peut pas juger, on peut pas dire « ouais, c'est nul, et puis il y a ci, et puis il y a ça » . on peut juste observer et garder son esprit critique et en fait en retenir quelque chose. C'est tout. C'est des codes qui sont différents. Et comme partout, en fait, toutes les cultures du monde ont des codes qui sont différents. Effectivement, il faut faire preuve de tolérance, mais aussi d'esprit critique. Je crois que c'est très important. Voilà.
J'espère que j'aurais blessé personne avec cet épisode. Et peu importe ce que vous avez pensé du Japon, en fait, juste mon point de vue, c'était pas de dire que vous n'aviez rien compris. Pas du tout. J'espère juste que j'aurais blessé personne, même si ça peut être un petit peu maladroit.
Et puis voilà, je vous embrasse très fort. Faites le Japon si vous avez envie de le faire, moi je trouve que c'est très très cool.
Et voilà, à très vite !