- Speaker #0
La voix des femmes, quand les silences prennent enfin la parole.
- Speaker #1
Je suis Cindy Heinegger, journaliste. La voix des femmes, c'est un podcast fait par des femmes, sur des femmes. Pas un podcast de plus sur la femme moderne. Pas un guide en dix étapes vers le bonheur. Un espace vrai où l'on parle enfin de ce qu'on sait depuis trop longtemps. Bienvenue dans La Voix des Femmes.
- Speaker #0
La Voix des Femmes, un podcast malice.ch
- Speaker #1
Pour ce tout premier épisode de La Voix des Femmes, c'est Coraline qui a accepté d'ouvrir la voie. Coraline a 32 ans. Il y a 3 ans, elle a entendu un mot qui a bouleversé sa vie. SOPK, le syndrome des ovaires polycystiques. Un diagnostic, un acronyme et derrière ces 4 lettres... un séisme intime. Le SOPK, c'est l'un des troubles hormonaux les plus fréquents chez les femmes en âge de procréer. Et pourtant, on en parle peu ou on en parle mal. L'infertilité, des cycles irréguliers, de la fatigue, on peut avoir aussi un sentiment de trahison de son propre corps, des douleurs. Quand le désir d'enfant se heurte à un diagnostic médical, ce n'est pas seulement le corps qui est touché, c'est l'identité. Le couple aussi, et la projection de toute une vie. Pour comprendre ce que cela provoque à l'intérieur, j'ai rencontré Sophie Mégar qui est psychologue et thérapeute de couple. Elle nous aidera à mettre des mots sur les émotions que traversent tant de femmes en silence. Mais avant d'entrer dans le témoignage de Coraline, je vous propose un éclairage simple et clair sur ce que c'est réellement le SOPK. Le SOPK, donc syndrome des ovaires polycystiques, c'est un trouble hormonal qui concerne environ 8 à 10% des femmes en Suisse. Également environ 10% des femmes en Europe de manière générale. Il se caractérise généralement par un dérèglement des hormones, notamment un excès d'androgènes, des hormones dites masculines, chez la femme. Concrètement, ça peut entraîner des cycles menstruels irréguliers, voire absents, des difficultés d'ovulation, une fertilité qui est diminuée, parfois de l'acné, une pire une pilosité plus marquée ou une prise de poids. Et contrairement à ce que son nom laisse penser, il ne s'agit pas vraiment de kystes dangereux, mais de petits follicules qui ne parviennent pas à maturité. Le SOPK ne signifie pas stérilité définitive, mais il peut rendre le parcours vers la maternité beaucoup plus complexe, plus médicalisé et plus long, et surtout plus émotionnellement chargé. Le SOPK, c'est un diagnostic, mais ce qui suit, c'est une traversée. Une traversée qui est très personnelle. On traverse le doute, le déni, la colère, parfois une forme d'acceptation quand même. Coraline a accepté de poser des mots sur ce que beaucoup vivent en silence. Je vous laisse découvrir son histoire.
- Speaker #2
J'ai appris mon infertilité en printemps 2023 chez mon gynécologue, après des tests sanguins qui ont détecté un syndrome des ovaires polycystiques. La réaction, je l'ai pris très à la légère. Même mon gynéco, je l'ai vu qu'il prenait ça un peu à la légère. Donc, je me suis dit, bon, ce n'est pas si grave que ça, en fait. Il m'a dit, alors, vous avez un SOPK. Ouais, en gros, vous avez trop de testostérone. Vous avez un dérèglement hormonal et vous avez trop de testostérone. Je me suis dit, ça veut dire quoi ? Ça veut dire que c'est pour ça que j'ai des épaules larges ou des fois, j'ai l'impression d'avoir la voix trop grave ou qu'est-ce que ça veut dire avoir trop de testostérone en tant que femme ? C'est là, après ça, où j'ai commencé à me renseigner et à suivre des comptes aussi sur Instagram, ce genre de choses. Ce n'est pas clair du tout, absolument pas. Après, j'ai dû aller me renseigner. Comme par hasard, j'ai une amie qui a aussi ce syndrome-là, mais avec des symptômes complètement différents. Et voilà, c'est aussi grâce à elle que j'ai pu me rendre compte de ce que c'était le SOPK. Et l'infertilité, puisqu'elle est aussi sujette à l'infertilité. Et puis, je suis descendue des escaliers du cabinet. Je suis sortie, puis j'ai appelé mon mari pour lui dire. C'est là que je me suis effondrée. C'est là que je... Je me suis quand même dit que c'était quand même assez grave parce que le gynéco m'a tout de suite parlé d'aide pour tomber enceinte, etc. Mais c'est vraiment le moment où j'ai appelé mon mari, où je me suis rendue compte que je crois que c'était grave. Je ne m'attendais pas à ça. Je savais que j'avais un souci parce que ça faisait des années que je n'arrivais plus à perdre du poids. Mon poids, il stagnait. Puis que j'ai justement le poids en trop qui stagne au niveau du ventre. J'avais des taches, par exemple, aussi autour du cou, un peu noires comme ça. Je me suis dit, bon. Mais je ne pensais pas que ça allait être... S'il vous plaît, je me suis dit qu'il fallait juste que... Peut-être que je vais me remettre plus au sport ou ce genre de choses, mais pas un syndrome en fait à vie qui m'empêche d'avoir des enfants. Mon corps en fait m'a vraiment été super tolérant et patient avec moi. Je trouve que dans mon malheur, on va dire, j'ai beaucoup de chance que mon corps... réagissent comme ça en fait. Donc oui, je me suis effondrée dans les bras de mon mari. Mais après, ça a été deux ans de déni. J'étais là, mais on peut le faire, tu vois. Nous, on peut. On peut le faire. On est intelligent, on est beau. Allez, on peut le faire. On est plein d'énergie. Alors du coup, ça a été pendant, peut-être une année et demie. deux ans de déni où, ben, on... C'est là, ben, nous, il y a des... Enfin, c'est horrible, mais il y a des gens plus cons qui l'ont fait, quoi. Et qui ont réussi à avoir deux, trois enfants. Et du coup, c'est stupide comme réflexion, mais, voilà, ça a été deux ans de déni où, nous, on peut le faire. Voilà. Alors, mon mari l'a aussi pris cher par rapport à ça, parce que je lui disais, ouais, essaye ça, essaye, allez, on a plus rien à perdre, essaye. Alors, j'ai mangé des bottes de persil pendant un mois. Pendant un mois que des bottes de persil, je buvais du thé au persil, je faisais de la soupe, c'était du persil à la soupe, c'était pas de la soupe au persil, c'était, voilà. J'ai fait beaucoup le poirier après les rapports aussi. Mon mari, je crois qu'il a mangé, mais je ne sais plus, des épices qui n'avaient aucun rapport avec ce qu'on mangeait. Mais vas-y, mets des épices, il paraît que ça aide. Enfin, voilà, c'était même du genre avec les... On a même eu des rapports planifiés selon la lune. Enfin, voilà, ça a été tout et n'importe quoi. Ça a été d'aller chez des rebouteux, de payer... Alors, je n'ai rien contre les rebouteux, etc. Mais c'est vrai que là, c'était absurde de... Ouais, c'était absurde, ils n'étaient pas du tout pertinents de ce que j'avais en fait. Donc, à quel point c'était quand même une obsession sur une courte période. Le fait d'avoir un enfant, c'est que je faisais un test de grossesse tous les trois jours, comme je n'avais pas mes règles, puisque j'ai des cycles sans ovulation. Je faisais un test de grossesse tous les trois jours pour vérifier que je n'étais vraiment pas enceinte. Et voilà, donc j'ai dévalisé certaines pharmacies. Heureusement, j'avais pris la carte. Ça, j'avais un pourcentage. Puis en fait, ce qui m'a fait me rendre compte que j'étais infertile maintenant, c'est une fois, on est allé manger dans un restaurant avec mon mari, et il y avait des enfants, beaucoup d'enfants qui pleuraient. Mon Dieu, mais non, mais non, merci ! Mais en rigolant, c'était vraiment pas sérieux. Et mon mari, il fait, c'est dur quand même. Je me suis rendu compte, mais en fait, c'est pas... C'est pas grave. Oui, je suis infertile maintenant, mais c'est pas grave. On va tout faire pour y arriver. Si on n'y arrive pas, c'est pas grave. Mais c'est là où j'ai avalé la chose. J'ai avalé, digéré, et puis en dix minutes, c'était réglé. Voilà. C'était vraiment réglé. OK, on a des enfants, tant mieux, on n'en a pas. Depuis là, on va dire qu'on a arrêté de se battre pour avoir à tout prix un enfant. C'est... Ouais, c'est un peu... En fait, c'est un peu les... On va dire les... Les préjugés d'un couple. Qu'est-ce qu'on doit avoir dans... On va dire les... Ouais, qu'est-ce qu'on doit avoir pour être un couple normal ? C'est avoir un enfant. Puis du coup, c'est un monde, en fait, qui s'effondre parce que... Bah lui, il vient d'une famille qui est... qui est quand même assez traditionnelle, donc ça veut dire qu'il y a l'impression de la belle famille. Voilà, c'est tout un changement. Je lui ai même dit, mais plusieurs fois, c'était, écoute, il faut que tu continues tout seul, quoi. Là, il faut vraiment que tu continues tout seul, parce que toi, ton plus beau rôle dans la vie, ça va être être papa. Alors, va trouver quelqu'un qui pourra te donner un enfant, qui pourra t'apporter... pas t'accomplir, mais te nourrir et nourrir ton bonheur, vraiment. Et puis mon mari, quand je lui ai dit ça, quand je lui ai proposé qu'on se quitte, pour que lui, il a vraiment sa vie de parent. futurs parents. Il a été très, très fâché. Je ne m'attendais pas à une réaction comme ça. Je crois que c'est la seule fois dans notre vie de couple que je l'ai déçu, en fait. Parce que ça voulait dire que je n'avais rien compris, en fait. Et ouais, ça a été... C'est très dur à vivre, mais en même temps... C'est une simplicité parce que j'ai de la chance d'avoir un mari absolument fabuleux, qui est toujours là, qui comprend, qui est hyper empathique. Donc j'ai vraiment beaucoup de chance d'avoir un mari comme ça. Mais ça a été un combat pendant cinq ans aussi entre nous. Ça a été qu'est-ce qu'on fait maintenant ? Est-ce qu'on est sur la même longueur d'onde ? Est-ce qu'on passe par l'aide médicale ou pas ? Et heureusement... On a toujours été sur la même longueur d'onde. On a toujours ressenti les mêmes choses au même moment. Donc, voilà, j'ai beaucoup de chance. Mais ce n'est pas quelque chose qui va… Chez nous, ça nous a vraiment rapprochés. On va dire, on serre les coudes maintenant. On est deux, mais en même temps, on ne fait qu'un. Donc, on serre les coudes, mais c'est dur. Il faut tenir sur la longueur. C'est un marathon et pas un sprint. Mon mari qui… n'est pas tellement à exprimer ses sentiments, etc. Alors que moi, je déballe, je parle beaucoup, je suis même dans la surinterprétation des fois. Mais du coup, j'ai quand même mis du temps à exprimer ce côté... Comment on va dire ça ? À exprimer en fait... Ce besoin qu'il me comprenne de A à Z sur mon infertilité, ça a été hyper important. Et des fois, il en avait marre, bien évidemment, que je lui parle tout le temps de ça, etc. Mais j'avais vraiment ce besoin de lui déballer tout. Et voilà, c'est vraiment même de... Je crois que même des fois, je lui écrivais des mots, des lettres pour qu'est-ce que ça veut dire que moi, en tant que femme, je n'arrive pas à enfanter. Qu'est-ce que ça veut dire ? Alors que lui, il n'a aucun problème, etc. Mais qu'est-ce que ça veut dire ? Et là, maintenant, c'est très clair pour lui. Je trouvais l'émotion, en tout cas, moi, qui m'a le plus consumée, c'était l'attente, en fait, de la société. Ça veut dire que, encore l'attente de la société principale, c'est que les femmes doivent avoir des enfants. Le corps d'une femme est fait pour un enfant, c'est tout. Et moi, j'étais beaucoup en colère, en fait, contre la société, contre même les gens qui me demandaient « Alors, c'est pour quand ? Alors, c'est pour quand ? » Et ça a été beaucoup, beaucoup de colère. Mais en même temps, ça a été... Il y a peut-être quand même un sentiment tabou. Ça veut dire que là, actuellement, je suis soulagée d'être infertile. Parce que dans ma vie professionnelle, si j'avais un enfant, ce ne serait pas possible. Ce serait le Bagdad. Là, ce ne serait pas possible. Donc là, je pense que le sentiment le plus tabou, c'est le soulagement là maintenant de pardonner. Même si c'est une grande souffrance quand même. sur le fait d'être infertile et puis qu'on ne sait pas si on va en avoir ou pas, mais là, c'est un soulagement. Peut-être de la culpabilité aussi par rapport à mon mari, beaucoup. Que moi, je n'étais pas capable d'avoir un enfant pour lui, de ne pas avoir notre bébé à nous. Est-ce que ce SOPK qui mène à mon infertilité vient du fait que je n'ai pas pris assez de temps pour moi, etc. L'adoption s'est exclue, vraiment. Non pas parce qu'on veut un enfant que à nous, etc. C'est pas ça. Mais de par mes expériences passées où j'ai pu discuter avec des enfants adoptés, je me vois pas vraiment dans ce cheminement-là. Mon mari non plus. On est plutôt... Si on a un enfant, on est très heureux et notre vie va changer. Et puis voilà. Mais si on n'en a pas, ce sera juste... Lui et moi, plein d'amour. On donnera de l'amour à quelqu'un d'autre. Ce n'est pas notre amour ensemble à quelqu'un d'autre. Ça m'a appris que je n'ai besoin de personne pour être qui je suis, pour me sentir complète. Je n'ai pas besoin d'enfant. Je n'ai pas besoin même de mari. J'ai juste besoin de moi et de moi. de ma personnalité et de mes compétences, pouvoir me sentir accomplie, en fait.
- Speaker #1
Après avoir écouté Coraline, une chose est claire, le diagnostic ce n'est que le point de départ. Ce qui bouleverse vraiment ce sont les émotions, le couple, l'image de soi, le rapport à son propre corps aussi. Pour nous aider à comprendre ce qui se joue derrière ces silences, j'ai rencontré Sophie Mégar. Sophie est psychologue, thérapeute de couple. Elle accompagne des femmes et des couples confrontés à des étapes de vie délicates. comme l'infertilité. Elle a également une approche intégrative, l'homéopathie, elle fait aussi de la thérapie crânio-sacrale, une vision globale du corps et de l'esprit. Avec elle, nous allons explorer ce que traverse une femme lorsqu'elle entend ce type de diagnostic, comment le couple peut être impacté et surtout, comment ne pas rester seule face à ce tourbillon intérieur. Bonjour Sophie.
- Speaker #0
Bonjour Cindy.
- Speaker #1
Sophie, lorsqu'une femme reçoit un diagnostic d'infertilité, est-ce que cela peut venir toucher son identité profonde jusqu'à lui faire... douter de sa féminité ?
- Speaker #0
Je pense qu'en tout cas, c'est ce que beaucoup de femmes traversent quand il y a une annonce d'infertilité ou quand il y a une difficulté autour de la fertilité. C'est tout un questionnement qu'on ne va pas pouvoir faire l'économie. Toutes les femmes traversent ce questionnement-là. Je pense qu'on est quand même dans une société en mutation. Il y a beaucoup d'endroits où ce lien se fait peut-être moins. Peut-être dans les livres aussi. ou dans les grandes villes, mais où ça reste quand même, que ce soit chez nous en Suisse, dans nos campagnes, ou dans quelque chose qui est fort lié. En tout cas, peut-être plus que dans l'idée, est-ce que je suis fertile ou pas, mais dans le fait de faire une famille, avoir des enfants. Et puis le questionnement de qu'est-ce que c'est être un couple si on n'a pas ce projet d'enfant ensemble. Donc c'est sûr que quand il y a cette annonce-là, c'est une question qui va passer à un moment ou à un autre dans la réflexion. Sans compter des choses qu'on... Voilà, dans le témoignage de Coraline, c'est le retour que les autres vont faire en fait. C'est-à-dire, est-ce que je dois annoncer à tout le monde une infertilité pour éviter que chaque Noël, on me demande est-ce que c'est quand vous avez des enfants ou pas, et si je n'ai pas envie d'en parler parce que c'est mon intimité, alors j'ai ces questions-là. Et donc c'est vrai que ça reste quelque chose dans notre société qui nous est renvoyé. dans les questionnements, en fonction de l'âge qu'on a et du moment de vie où on est. Donc oui, c'est une question qui va se poser. Après, c'est important justement de le différencier et de comprendre que féminité n'a rien à voir avec fertilité. C'est un sujet qu'on a aussi après la ménopause, par exemple. Certaines femmes se sentent plus... plus être femme parce qu'elles sont ménopausées et donc plus fertiles et c'est une réflexion de fond et importante je pense à avoir et à pouvoir s'identifier dans une féminité qui dépasse le fait de donner la vie ou pas.
- Speaker #1
Coraline a aussi vécu du déni pendant un an et demi quand même. Elle passait complètement au-dessus de ce diagnostic. Comment est-ce qu'on peut expliquer une réaction comme celle-là ? Est-ce que c'est de la protection ou on fuit le problème ?
- Speaker #0
C'est une réaction tout à fait normale. ce qui est quand même particulier dans son témoignage enfin qui n'est pas si particulier ça arrive souvent mais qu'on peut remarquer là c'est qu'il y a un manque d'information au niveau de l'annonce et puis aussi d'entourments en fait psychologiques ou de ce que ça définit ou de ce que ça touche au niveau psychologique et pas seulement physiologique qui est fait au niveau de l'annonce qui peut activer plus fortement le déni parce qu'il n'y a pas de ressources sur lesquelles s'appuyer pour donner du sens en fait. Donc le déni ça va être une réaction psychologique qu'on a tous dans certaines circonstances qui va protéger notre psychisme d'une certaine manière. pas se rendre compte vraiment, ça va nous donner la possibilité d'absorber doucement l'information, on va commencer à pouvoir se rendre compte dans un milieu qui est plus sécure, ou un moment où le psychisme a fait un certain cheminement, même si c'est en dessous, même si c'est non conscient. On le voit aussi quand elle téléphone à son mari, elle va avoir accès à des pleurs alors que dans le cabinet pas, c'est aussi parce qu'il y a une sécurité dans le lien avec son mari qui fait qu'elle peut plus s'écouter. Et ça nous dit à quel point dans le cabinet elle était plutôt dans une survie et puis dans son cerveau de réflexion on va dire et à essayer d'obtenir de l'information ou à faire face à l'information. Donc pour ce qui est du déni tout de suite là ça peut l'accentuer. Après le déni même quand c'est bien amené, quand c'est bien entouré va être une des phases auxquelles on va être confronté parce qu'il y a un moment où on va se débattre en fait puisque c'est pas une réalité qu'on a envie. Disons qu'on veut avoir un enfant et on apprend ça, on va se débattre, chacun de nous, quand ça ne se passe pas comme on veut, dans une certaine résistance. Elle parle d'aller voir des témoignages, de voir des gens qui ont peut-être réussi, comme elle dit, il y a des gens qui ne sont pas plus intelligents que nous, qui ont réussi aussi à avoir des enfants. même dans ces circonstances. Donc, je dirais que ce déni, il peut nous donner aussi une force d'aller trouver d'autres solutions à un moment. Mais c'est de toute façon une phase importante. Il y a des gens qui vont faire un espèce, moi j'appellerais ça d'hyper-réalisme au début, et qui après vont avoir une phase de déni, puis des gens qui vont aller tout de suite dans le déni, le temps de digérer, et qui après vont pouvoir... plus prendre conscience de ce que ça représente. Mais c'est une face tout à fait normale qu'on a tous et qui nous protège d'être trop confrontés à la réalité de face.
- Speaker #1
Parce que là, tu le dis, c'est vrai que l'annonce n'était pas claire du tout, ça manquait d'informations. On comprend que le déni fait partie du process normal et que ce n'est pas forcément l'annonce qui va faire la différence. Mais est-ce que ça peut quand même aider si l'explication déjà de base du médecin est plus claire ?
- Speaker #0
Bon, ça ne va pas forcément empêcher que le déni soit nécessaire par rapport à la force que ça peut être. Ça dépend aussi comment la personne s'investissait dans le projet d'enfant, quelqu'un qui depuis tout... petit se dit ma vie c'est d'avoir des enfants ça ne va pas être la même réaction que quelqu'un qui dit tiens est-ce qu'on en aurait ou pas donc ça dépend aussi ce que ça représente au niveau psychologique pour nous ce projet là et comment on vit cette annonce mais dans la façon dont là ça a été annoncé il y a un manque d'informations qui est énorme ne serait-ce aussi d'informations par rapport aux solutions parce que là ce syndrome des ovaires polycystiques ça reste quand même un syndrome qui dans la La plupart des cas est très bien traité et traitable et pour lequel il y a beaucoup de solutions. Donc on n'a pas l'impression dans son récit en tout cas qu'il y a eu un moment où il était exposé des faits et puis aussi les solutions possibles, qu'elle veut les aborder ou pas. Mais en tout cas qu'elle ait conscience qu'on n'est pas face à une impossibilité totale. ça peut, si ça dépend le degré du symptôme du syndrome, mais pas forcément donc on sent qu'elle ne ressort pas non plus avec une explication claire des solutions. Après Moi, je ne la connais pas. Je ne sais pas si c'est parce qu'elle était sidérée qu'elle n'a pas pu entendre ou parce que rien ne lui a été donné. Mais en tout cas, ça, c'est un manque. Et ça peut valoir la peine, si quelqu'un est dans cette situation, de ne pas hésiter à reprendre rendez-vous avec son gynécologue ou avec un autre médecin ou un planning familial ou un psychologue pour reparler de l'annonce et bien reposer les faits, soit qu'on ne nous aurait pas dit, soit qu'on n'a pas compris, de manière à avoir une information un peu moins chaud, moins... violemment que la première fois, voir si c'est quelque chose de très fort pour nous, y aller avec un proche ou avec son mari, pour avoir aussi quelqu'un qui peut entendre ces informations en même temps que nous. Donc cette digestion en plusieurs strates, elle peut aussi permettre de parcourir ce déni, ou de pouvoir émerger de ce déni. Mais le déni, ce n'est pas du tout un signe négatif, et ce n'est pas grave, ce sont des phases qu'on doit traverser. Maintenant, s'il y a un déni qui se prolonge, et qui devient une espèce de perte de la capacité à faire face au diagnostic. Alors oui, là ça peut être problématique, mais dans le temps qu'elle décrit, c'est tout à fait normal.
- Speaker #1
On l'a compris aussi, ça a été un tremblement de terre pour son couple. Alors heureusement qu'Auréline a le cas d'un couple très solide face à ça. Ce n'est pas le cas de tout le monde malheureusement. Comment est-ce qu'on gère ça en couple ?
- Speaker #0
Je pense qu'il y a vraiment plusieurs choses différentes. Déjà, est-ce qu'à la base, le projet d'enfant était de même importance pour les deux ? Parce que c'est possible qu'on ait déjà dans le couple quelqu'un qui ait plus l'envie ou moins, et que ce soit un des deux, ça peut être l'homme aussi qui est touché d'infertilité, qui soit concerné et que ça aille raviver une problématique qui était déjà là en fait. Donc ça va quand même faire loup ou mettre l'attention sur des endroits qui étaient déjà tendus avant l'annonce. Donc si le couple est soudé en lien à un projet puis est face à cette annonce, il va pouvoir ensemble quelque part faire un chemin de résilience, un cheminement à travers les différents stades et puis rester lié ou trouver un lien entre eux. Si le couple avait déjà des endroits qui étaient en difficulté, c'est possible que ça en rajoute ou que ça aille pointer sur ces endroits-là. Et alors là, c'est sûr que la meilleure chose, c'est de pouvoir rapidement consulter quelqu'un qui puisse faire un accompagnement et aider autour de ce que ça réveille dans chacun, de ce qui se passe et puis aider à pouvoir élaborer. Et là, dans son témoignage à Coraline, on voit qu'elle a beaucoup parlé avec son mari, même si elle dit que lui parle moins qu'elle ou exprime moins ses émotions. Elle a quand même beaucoup, elle, pu parler à quelqu'un qui, en tout cas, a offert une écoute. le pote, parle d'avoir écrit beaucoup de lettres aussi et je trouve que c'est important de mentionner à tes auditrices que c'est possible qu'elles aient des maris qui n'aient pas cette capacité et que c'est pas lié tu m'aimes, tu peux écouter toutes mes lettres ou tout mon discours, ou tu m'aimes pas tu peux pas, mais qu'en fait ça dépasse ça, c'est qu'il y a une possibilité émotionnelle il y a ce que ça réveille chez l'autre aussi puis j'ai envie de dire que les hommes dans tout ce qui touche au corps, autour de de l'infertilité, de la grossesse quand il y a grossesse ou ils sont un peu spectateurs d'un monde qui ne vit pas dans leur corps. corps en fait. Donc ils ont plus ou moins de capacité émotionnelle à faire face à un sentiment d'impuissance ou d'être démuni ou de pas savoir trouver les mots. Et donc je pense que si un couple arrive comme ça à cheminer ensemble, c'est très bien. Et que si ça marche pas, c'est pas un mauvais signe ou c'est pas un signe de non-amour ou un signe de difficulté ou d'impossibilité dans le couple. C'est tout à fait gérable en étant aidé ou en étant accompagné soit les deux ensemble, soit séparément chacun de son côté, pour avoir d'autres clés en fait.
- Speaker #1
Mais c'est important que les deux puissent être aidés s'ils en ont besoin.
- Speaker #0
Oui, et puis parfois, ils n'en ressentent pas le besoin. Donc, ça peut être aussi important de demander à l'autre de pouvoir consulter, même si lui n'en a pas l'envie. Ça peut être l'homme ou la femme, mais imaginons là que c'est l'homme. Si lui, il dit, mais non, je n'ai pas besoin. Ce n'est pas une honte de dire, moi, j'aurais besoin d'aller et que tu sois là. Et moi, je vois, moi, je suis thérapeute de couple aussi. Il y a des gens qui n'osent pas demander à l'autre de venir en fait. pour eux et je pense qu'on peut faire ça en fait, c'est possible si on a un mal d'être ou qu'on n'a pas comme Coraline l'a peut-être, d'écrire des lettres comme ça ou d'arriver à ventiler ses propres émotions de cette manière et un mari qui peut les recevoir je pense que c'est important de pouvoir demander à quelqu'un qui n'en ressent pas le besoin de dire fais-le pour moi et c'est pas grave en fait, ça peut qu'être un plus pour le couple en fait
- Speaker #1
On entend aussi que souvent les annonces de nouvelles grossesses autour de femmes qui ne peuvent pas avoir d'enfants, ça fait monter des émotions de colère ou de jalousie. J'ai l'impression que déjà en parlant du déni tout à l'heure, c'est des étapes qui ressemblent fortement aux étapes qu'on vit après un deuil.
- Speaker #0
Oui, oui, alors ça, la jalousie, enfin l'envie, le marchandage, le deuil, c'est des fa... enfin... Le déni, c'est les phases du deuil. Par contre, dans ce cas-là, en plus, on peut dire que ça peut être quelque chose qui dépasse cette phase de deuil, même si, bien sûr, quand le deuil est acté, ça peut s'arrêter. Mais c'est quand même un point central dans ce genre de vécu, parce qu'on est entouré, surtout si on a l'âge d'avoir des enfants, on est entouré de gens qui en ont, qui ont des grossesses, et c'est vraiment une problématique. que je pense qu'on doit déjà... différencier l'envie de la jalousie. La jalousie, c'est vraiment l'envie que l'autre s'ouvre et n'y passe qu'il a. L'envie, c'est une envie d'avoir le droit aussi, en fait. Et je pense que on a tout à fait... Il n'y a rien de pathologique à rester dans une envie quand on veut des enfants qu'on ne peut pas et que les autres en ont et que ce n'est pas grave, ce n'est pas qu'on est mauvais, ce n'est pas qu'on n'a pas réussi notre deuil. C'est normal qu'il y ait un peu ce pincement. Maintenant, c'est la force de ces sentiments qui va un peu nous dire le besoin de soutien qu'on a. Parce que si j'ai une certaine envie qui reste, en fait, si quelqu'un ne peut jamais avoir un enfant, toute ma vie, à travers ça, même si j'ai fait d'autres choses, même si j'ai transcendé, c'est humain, on va dire, et on peut vraiment s'accueillir avec ça et être bienveillante avec ce sentiment-là. Si cette envie, cette jalousie m'empêche des relations sociales, me fait couper le lien avec toutes mes amies qui ont des enfants, me rend malheureuse, me fait pleurer régulièrement. Ça, ça pointe en fait vers un vrai besoin de soutien psychologique. Et du coup, ça peut être une alarme, un warning pour... dire, là j'ai besoin d'être accompagnée, c'est pas mauvais, c'est normal de vivre ça. Il y a beaucoup de bienveillance en fait à avoir avec soi-même à travers ces phases. Aussi en sachant que toutes ces choses psychologiques, ça passe beaucoup par des vagues. On peut avoir plus et puis moins, peut-être que selon les périodes où c'est de l'année, on va être plus ou moins pris par ça. Mais ça peut rester un signal qui nous dit là peut-être j'ai besoin d'un peu d'aide et c'est bien que je puisse accueillir tout ce que je vis avec le soutien de quelqu'un.
- Speaker #1
Et dans ce cas-là, il ne faut vraiment pas hésiter, ce n'est pas un échec que d'aller demander de l'aide. Au contraire, souvent ça demande même du courage de le faire.
- Speaker #0
Oui, oui, tout à fait. Et puis surtout de savoir que de ne pas... porter des choses seules et de pouvoir ventiler ces choses, c'est important. Et puis comme je l'ai dit avant, moi ça m'a frappé dans ce témoignage, c'est que le mari de Coraline, il a vraiment pu être là avec ça, mais je sais que je l'ai déjà dit, mais je le redis, c'est pas un manque d'amour si mon mari, il n'arrive pas. Ça peut être aussi lié à son histoire personnelle, ça peut être lié à pas avoir de ressources, ou à pas savoir comment faire face à l'émotion, et c'est vraiment pas lié à l'amour qu'il y a dans le couple, donc c'est que plus urgent d'avoir un soutien avec des clés qui sont parfois en fait simples, et qui vont vraiment aider le couple.
- Speaker #1
Et comment est-ce qu'on peut faire ? Est-ce que tu as des astuces pour passer de cette phase de « je lutte » à « j'accepte la situation telle qu'elle est » ?
- Speaker #0
Moi je pense que c'est important de s'offrir un temps pour le déni, s'offrir un temps pour la lutte en fait, de ne pas se mettre la pression et qu'on a beaucoup de gens qui ont l'air de passer des phases de deuil assez rapidement et puis qui en fait ne les ont pas passées ou les repassent après parce qu'il y a une espèce de pression à faire bien, à accepter, à accepter de ne pas accepter, enfin et tout ça. Et moi je pense que c'est très important de se donner du temps. Après une annonce comme ça, comme je disais, on peut revenir. pour poser des questions, on peut se donner un temps de digestion, on peut accepter de ne pas accepter pendant une période, on peut accueillir aussi les émotions que ça réveille, ce que ça crée en nous. Donc ça je pense que c'est vraiment très très important de s'offrir ce temps-là. Après je pense que l'acceptation elle vient après différentes phases et comme on a dit avant c'est plus en yo-yo ou comme des montagnes russes que comme une espèce de ligne linéaire où on arriverait à la plateforme bonheur où tout est résolu. Je pense que c'est pas comme ça, c'est beaucoup plus subtil. Après, je pense que chaque cas est aussi différent, parce que dans le syndrome des ovaires polycystiques, on a quand même beaucoup de possibilités médicales. Il faut voir à quel point il y a une gravité, mais il y a des gens qui apprennent une stérilité où il n'y a pas du tout de possibilités médicales. Donc, c'est pas non plus le même cheminement. On veut arriver à l'acceptation. En fait, dans le deuil face auquel on est là, c'est un deuil de... Quand il y a encore une possibilité que peut-être ça marche, ce qu'elle nous dit Coraline, on a un deuil à faire que ce soit facile. On a un deuil à faire que ce soit comme nos copines, on a l'impression qu'elles voulaient être enceintes et puis deux mois après elles étaient enceintes. Donc on a un deuil de cette espèce d'innocence. On a un deuil aussi de l'immersion du médical dans la procréation. Elle dit qu'on faisait l'amour à la pleine lune, mais c'est en fait selon les cycles et tout ça. Et ça va s'immiscer dans notre vie sexuelle. Donc on a un deuil aussi à faire d'une espèce de simplicité. Pour certains, elle ne dit pas Coraline, elle dit que son corps était patient, qu'il avait de la patience avec lui, c'est assez. c'est beau, mais en fait, il y a des gens qui vivent ça comme une trahison du corps ou comme une non-confiance, en fait. Donc, pour certaines, il y a tout un travail de récupération de la confiance dans leur corps, de l'alliance avec le corps qui va devoir être fait, plus que tu as évoqué au début l'image de femme et comment je me sens femme malgré ça. Donc, je dirais qu'il n'y a pas un truc tout fait pour aller d'un à l'autre, c'est chaque personne un chemin différent et chacune va dans un ordre différent en fonction de ses sensibilités et et de ce qui émerge à travers ce moment-là. Mais en tout cas, il n'y a pas de course contre la montre, il n'y a pas besoin d'accepter très vite, ça ne changera rien. Et des fois, une acceptation trop rapide, elle cache un déni qui va ressortir plus tard. Donc je pense que se donner le temps du chemin, ça c'est vraiment crucial.
- Speaker #1
J'ai beaucoup aimé ce que tu as dit aussi, d'être bienveillant avec soi-même quand on vit ce genre de... qui sont difficiles. Ça, c'est joli aussi. C'est important de le retenir. Comment est-ce qu'on peut soutenir une femme si on a une amie ou une cousine, quelqu'un dans notre entourage qui vit une situation comme celle-là ? Quels seraient les bons gestes ou les bons mots à avoir ? Parce que ce n'est pas forcément évident, justement, quand nous, on a peut-être eu la facilité d'avoir des enfants. On se retrouve en face, on a envie de l'aider, mais on est un petit peu démunis.
- Speaker #0
Oui, je pense que... Il y a une chose, c'est de pouvoir aussi accepter le rythme justement de l'autre. Par exemple, de pouvoir être dans une famille dans laquelle on accepterait que je ne supporte pas une grossesse ou que j'ai de la peine à venir au un an d'un enfant ou à la maternité. Ça, ce serait vraiment un accueil en fait, de pouvoir avoir, si c'est ma sœur par exemple, l'intelligence de dire, voilà, je suis enceinte. Ça me touche aussi de pouvoir avoir cette grossesse et sans toi libre, de me dire si tu as envie d'être là ou pas, tu es toujours bienvenue, mais je comprendrais. que tu as besoin de distance, ça c'est la panacée, enfin voilà, je ne sais pas si c'est très possible, mais c'est ça qui est génial, c'est-à-dire quelqu'un qui peut dire maman viens comme tu veux, et c'est ok, quelqu'un qui peut aussi accueillir que je peux être à la fois triste et content, on a souvent cette illusion qu'on est tout content ou tout triste, mais ce n'est pas vrai, on peut être content pour l'autre et triste pour soi-même. Et donc d'avoir une famille en face de nous, des cousines ou des sœurs qui peuvent comprendre qu'on est contentes pour elles, mais qu'on a une tristesse et qui peuvent respecter ce deuil ou cet endroit de tristesse, je trouve ça intéressant. très très beau en fait. Donc je pense que comme dans tous ces cas, le dialogue, éviter évidemment les phrases toutes faites, ça va aller plus tard, ça viendra, donne-toi du temps et tout ça qui est insupportable. Donc éviter les phrases toutes faites, peut-être plutôt demander comment est-ce que je peux t'aider. Oser aussi des fois dire, moi je suis démunie en fait, je ne me sens pas forcément à l'aise de moi pouvoir être enceinte, je ne sais pas comment faire, mais je suis là, ça peut être assez beau. Ou dis-moi comment je peux t'aider, Moi, je suis un peu démunie, je ne sais pas ce que... tu ressens, mais dis-moi comment ça pourrait être aidant pour toi. Ça, c'est des façons aussi de dire je suis là, mais de ne pas essayer de trouver la solution ou pousser. Parfois aussi, on a tous de la peine à faire ça, mais on a tous besoin de l'apprendre, c'est de pouvoir laisser l'autre être mal ou l'autre être triste en restant présent sans avoir une solution pour son problème ou résolutionner ça, mais pouvoir lui laisser l'espace. d'être un peu bluesy, d'être un peu c'est ok en fait, on peut aller au cinéma faire autre chose ou simplement voilà être là, je pense que autant les gens ont besoin qu'il n'y ait pas de tabou c'est à dire qu'ils aient la possibilité d'en parler autant ils n'ont pas besoin qu'on ne parle que de ça Et on peut continuer à faire d'autres choses et parler d'autres choses. C'est un peu un entre-deux. J'aurais envie aussi d'ajouter pour les gens qui le vivent, qu'elle nous dit, Coraline, la ressource des témoignages ou la ressource d'aller sur TikTok ou Instagram, sur des groupes aussi de femmes qui ont vécu ça. Je pense que c'est des grandes ressources de pouvoir avoir des témoignages de comment les gens ont passé ce cap. Et ça, ça peut aider, comme les groupes de parole qui existent encore. Meeeeeeh ! Être attentif aussi qu'on a tous un chemin personnel et particulier. Et que ce n'est pas parce que quelque chose a marché pour une cousine, une copine ou quelqu'un en ligne que ça va marcher pour nous. Et d'oser en fait aussi construire notre propre chemin, notre propre façon. Je pense que c'est très important.
- Speaker #1
Et puis il existe aussi des solutions hors parcours médical tout à fait standard. On peut aussi s'adresser à des méthodes un petit peu plus naturelles.
- Speaker #0
Oui, alors il faut que ça reste bien encadré. J'ai l'impression, là, c'était assez drôle comme elle nous parlait du persil. Mais beaucoup de gens ont fait ça et faire des mois, quelque chose qui, en fait, n'est pas complètement faux. Il y a certains agents dans le persil qui vont créer, en fait, le cycle. On l'utilise pour couper. couper le lait en cas d'allaitement par exemple, mais en fait ce n'est pas du tout assez fort dans le cas de syndrome polycystique. Dans le syndrome polycystique, il y a d'autres aspects, comme le lien avec l'insuline, comme le lien avec le dérèglement hormonal, qui en fait sont des choses qui ne sont pas dans la tête. Et donc aller dans des courants qui ne parleraient que du fait... Le fait que c'est psychologique et qu'il n'y aurait la part physique n'a pas de sens. Et si on va vers des médecines naturelles, alors on a des bons résultats. Avec les oeuvres polycystiques, il y a quand même des bons résultats, avec l'alimentation, avec certains remèdes naturels. Mais c'est bien d'envisager une prise en charge complète par des gens qui ont une reconnaissance de leur statut et puis qui ont une expérience dans le domaine et qui n'arrivent pas avec des solutions toutes faites ou des espèces de solutions miracles. Voilà, donc je trouve que ce qui est bien, c'est de trouver un bon compromis de marcher un peu dans les deux pas, la médecine naturelle, moi je suis homéopathe, je suis un peu ouverte à ça, et la médecine allopathique pour pouvoir faire fonctionner les deux et garder les pieds sur terre, j'ai envie de dire. Mais surtout que ce soit entouré par des professionnels qui connaissent. et qui sont spécialisées dans le domaine. Ça, c'est vraiment idéal. Il y en a, c'est un syndrome, on en parlait avant cet entretien, qui est très répandu quand même. On voyait 8 à 10 % des femmes, en Suisse en tout cas. Et je pense que c'est vraiment important de voir qu'il y a des spécialistes maintenant. Donc aussi, ne pas hésiter à aller voir plus loin que sa ville ou son village, d'aller chercher des spécialistes, d'aller... prendre des renseignements médicaux et naturels et bien mettre tout ça en perspective.
- Speaker #1
Un immense merci Sophie Mégaert pour ton éclairage.
- Speaker #0
Avec plaisir, merci à toi.
- Speaker #1
Sophie propose également un podcast dans lequel elle aborde les relations, le couple et les dynamiques émotionnelles avec beaucoup de finesse. Je vous invite à la suivre. Vous retrouvez le lien vers son podcast ainsi que toutes ses informations de contact dans la description de cet épisode. Merci à Sophie pour toutes ces informations précieuses qu'elle a transmises. Merci aussi à Coraline pour son courage, sa sincérité et sa confiance. Mettre des mots sur l'infertilité, sur le doute, sur la colère et sur la honte, parfois, ce n'est pas anodin et pourtant c'est essentiel. Si vous traversez une situation similaire, peut-être que certains mots entendus aujourd'hui ont résonné en vous. Peut-être que vous vous êtes reconnus. Peut-être aussi que vous vous êtes sentis un peu moins seul. Et c'est tout le sens de la voix des femmes. Ouvrir un espace où les silences prennent enfin la parole. Avant de vous laisser, j'ai demandé à Coraline quel message elle aimerait transmettre aux femmes qui vivent la même épreuve qu'elle. Je vous laisse avec ces mots.
- Speaker #2
Peut-être, c'est pas qu'on est invertile, qu'on doit pas s'aimer ou se sentir inutile. On peut tout à fait se sentir accompli et nourri par plein d'autres choses, même si on a ce sentiment d'injustice qui persiste parce qu'on voit plein de monde autour qui ont des enfants facilement, ou pas, mais qui ont des enfants. Mais il ne faut pas perdre espoir, je pense. Il ne faut jamais perdre espoir. Et puis, s'aimer soi-même et se sentir accompli par d'autres choses.
- Speaker #1
La voix des femmes. La voix des femmes. Un podcast à écouter quand vous en avez besoin.