Speaker #0Bienvenue dans le Moodboard, un podcast qui explore la créativité à travers celles et ceux qui la vivent, la cultivent, la cherchent et la ressentent. Je suis Charlotte et je vous accueille dans ce podcast pour parler de ce qui inspire, de ce qui émeut, de ce qui nous pousse à créer. Prenez place dans ce Moodboard sonore et laissez-vous inspirer. Bonjour à tous et à toutes ! Aujourd'hui, j'avais envie de vous parler d'un truc très simple mais hyper puissant, c'est comment développer sa créativité grâce aux contraintes. Tout le monde a déjà connu, je pense, le syndrome de la page blanche. Ce moment où on doit se mettre à écrire, à dessiner, en tout cas voilà, qu'on a toute la liberté qu'offre la page blanche, mais blocage, rien ne se passe. On a tellement de possibilités, tellement de libertés que la créativité semble avoir totalement disparu. On a cette impression de vide ou de je ne sais vraiment pas par où commencer. Voilà, je n'arrive pas à démarrer. Moi, ça m'arrive encore, même avec tout le matériel sous la main. Et je pense que ça arrive à beaucoup d'entre nous. Très récemment, j'ai reçu pour Noël des carnets pour faire de l'aquarelle. C'est moi qui avais mis ça sur ma liste. J'ai déjà les petits blocs d'aquarelle, les pinceaux, etc. Et on n'est que deux mois après Noël, mais je n'arrive pas à commencer. Vraiment, je n'arrive pas à m'y mettre. Je pense qu'il y a aussi un côté un peu de ne pas savoir comment m'attaquer à la technique. Mais la preuve en est que j'ai tout ce qu'il faut, mais je n'arrive pas à me lancer. Pareil, j'ai eu récemment l'application Procreate. C'est une application qui est sur iPad, notamment, qui sert à faire des illustrations numériques. Là, pareil, il y a un choix immense de brush. Ce qu'on appelle de brush, c'est la texture du stylet, la finesse ou, au contraire, le côté flouté ou très dur de la pointe du stylet. Il y a des milliers de possibilités. évidemment toutes les couleurs qu'on peut avoir sur Procreate. Et comme il y a énormément de choix, pareil, j'ai commencé à essayer et en avançant comme ça sans but, je n'arrive pas à y m'y mettre. Et finalement, j'ai compris que ce n'était pas vraiment un problème d'inspiration, mais un problème d'absence de cadre. Parce que si j'avais, pour ma part, par exemple, une commande d'un client qui voulait une illustration faite dans trois semaines, forcément, j'arriverais plus facilement à m'y mettre que ce soit en aquarelle ou en illustration numérique. Donc voilà, ça m'a intéressé ce côté absence de cadre égale grande difficulté à se mettre à créer et justement à accéder à notre créativité. Donc voilà, j'ai réalisé ce qui m'aidait vraiment, c'était pas avoir plus d'idées, mais moins de choix. Donc je vais vous donner quelques contraintes très concrètes. qui peuvent s'appliquer à plein de domaines différents. Moi, je vais pas mal parler de dessin et d'art visuel, parce que c'est ce qui me parle et c'est ce que je connais. Mais toutes ces contraintes-là, elles peuvent vraiment s'appliquer à plein d'autres domaines. Je pense à l'écriture, la photographie, la vidéo. Même au cœur de votre travail, pour accéder à la créativité, dans la gestion de projets ou autre, ça peut aussi... s'appliquait à ça. Donc déjà, la première contrainte, c'est la contrainte de temps. Par exemple, on peut se dire qu'on se garde 5 ou 10 minutes par jour pour se garder un petit espace créatif. En septembre, où je venais de quitter mon travail en tant que salarié, j'ai vu passer sur les réseaux sociaux un challenge qui était lancé par Margot Mottin, une illustratrice de BD que j'adore au passage, et que je suis depuis un moment, qui disait que même si elle, elle dessinait tous les jours, c'était son travail de dessiner, elle avait l'impression d'être moins créative, d'être moins spontanée. Donc elle a eu l'idée de lancer ce challenge qui s'appelait le hashtag 3 minutes challenge par jour, quelque chose comme ça, où elle invitait chacun à créer quelque chose. tous les jours pendant 3 minutes, sans trop se poser la question de ce que ça va donner, de quelle technique utiliser. C'était vraiment cette petite contrainte de 3 minutes par jour. Et aussi en termes de temps, ça peut être se dire tous les jours pendant un mois. Comme ça, on se dit, c'est juste cette période-là, je teste. Et trois minutes par jour, ça se trouve assez facilement. Le plus difficile, c'est de parfois se souvenir qu'on s'est mis ce challenge-là. Donc soit se mettre un petit rappel, soit sortir son carnet. Pour ma part, c'était sur un carnet. Donc je le laissais visuellement pas très loin pour pouvoir y penser un peu tous les jours. Et voilà, l'idée, c'était de sortir ses feutres, ses crayons, etc. et se laisser un petit peu porter, se dire on n'a que trois minutes. On voit ce que ça donne. On se laisse guider par son geste. Et finalement, je me suis prise au jeu et j'ai passé des fois beaucoup plus que trois minutes. En fait, c'était très plaisant comme exercice. Donc, j'y passais plus de temps. Par exemple, cette contrainte aussi, justement, elle peut s'adapter à... au support et on peut se dire ça peut être juste une page de carnet, pas plus. Dans ce cas-là, si c'est un carnet assez petit, on va rapidement arriver à remplir cette page. Donc ça peut être aussi de s'instaurer un mini rituel créatif dans sa journée. Et pour le mettre en place, il y a une technique, c'est qu'il faut l'associer à une partie de votre routine qui est déjà installée. Ça peut être par exemple se garder... 10 minutes, un quart d'heure, encore une fois, peu importe le temps. Juste avant d'ouvrir son ordi le matin, qu'on soit chez soi ou au travail, ça peut être ce moment-là, ça peut être juste après la pause déjeuner, avant de reprendre sa journée de travail. Ça peut être un petit temps qu'on se garde le soir, une fois que les enfants sont couchés, ou pas. Avant de se poser et de se regarder une série, ça peut être ce petit moment-là aussi. Mais en tout cas, de l'associer. à un moment de la journée qui est déjà très ancré, ça va être aussi une petite technique pratique pour penser à ce rituel créatif qu'on veut mettre en place. Quand le temps est court, on arrête de vouloir faire parfait, et du coup, on fait. Voilà. Et ça, c'est l'essentiel. Ensuite, la deuxième contrainte, c'est le matériel. Justement, j'en parlais tout à l'heure, le fait d'avoir trop de choix, on s'y perd et on ne sait plus quoi utiliser. Donc, c'est plutôt contre-productif. On a l'impression d'avoir mille possibilités et finalement, on n'arrive pas à être créatif puisqu'on est déjà dans le choix du matériel. Donc, quand je dis choix du matériel, ça peut être se fixer un outil par jour, se dire aujourd'hui, j'utilise ça. toute cette semaine, comme ça au moins ça libère l'esprit et c'est plus facile d'accéder à sa créativité et de tester. Par exemple, en dessin, ça peut être utilisé seulement des feutres, seulement des crayons de couleur. En photo, ça peut être utilisé seulement un téléphone ou à l'inverse seulement un appareil numérique ou un appareil argentique. Pour tout ce qui est écriture, juste un carnet ou un crayon, juste mes notes sur le téléphone. Et associer cette contrainte-là à la contrainte du temps aussi. Ça peut faire un double effet. Encore une fois, pour vous donner un exemple, cette semaine, j'ai ressorti des pastels secs. Ça fait très longtemps que je n'en avais pas fait. Et je l'ai commencé ça hier sur mon carnet. Et ça m'a donné envie de recommencer, de réessayer cette technique-là pour les jours d'après. Donc je pense que tant que cet outil me stimule, je vais le garder sous la main et je vais tester plein de choses. Ensuite, ça peut être la contrainte de technique. Donc là, on va parler plutôt de se limiter à un processus. La technique, ça peut être juste du dessin ou juste du collage. Dans le dessin, on peut aller plus loin. On peut se dire, là, je teste et je dessine que à la main gauche. Alors, je suis droitière. Ou alors, je teste de faire un dessin les yeux fermés. Ou alors en écoutant telle musique, voir ce que ça me donne. C'est trouver des idées pour que surtout le cerveau se laisse aller et qu'il ne soit pas concentré sur le rendu final, mais plutôt sur le geste, comme je disais, et sur le fait de faire. Et comme je disais, comme on n'a plus à faire de choix, ça libère l'esprit et ça laisse place à plus de créativité. On peut aussi se mettre la contrainte de la couleur. Ça, ça va être hyper fort et hyper utile de se dire « Cette semaine, je ne travaille que sur… » le orange ou un camailleux d'orange ou autre chose. J'ai vu passer encore une fois un challenge Instagram que j'ai trouvé vraiment super. C'est un petit groupe de gens, de 4-5 personnes qui vont visiter Paris ou autre pendant une journée. Et chaque personne du groupe va être attribuée à une couleur. Donc Pierre, c'est le rouge, Martin, c'est le bleu, etc. Et à la fin, on voit... Du coup, tout un panel de photos, je crois qu'ils gardent neuf photos, avec chacun a posté neuf photos de la couleur qui leur a été attribuée. Et ça fait un super rendu visuel. Et ça marche bien parce qu'en fait, ils ont observé la ville autrement. Il y avait un peu ce jeu, ce but de trouver des éléments dans la couleur à laquelle ils étaient associés. Et de voir des choses peut-être qu'ils n'auraient pas regardé s'ils n'avaient pas eu ce petit challenge créatif. Et en plus, leur cerveau devient actif et se met à la quête de cette couleur. Et ça donne vraiment des résultats plutôt chouettes. Et ensuite, on peut se mettre la contrainte du thème. Donc, je reviens à mon exemple d'aquarelle. Je me suis dit que si je n'arrivais pas à me lancer, je pense que j'allais finir par me trouver un thème qui me plaisait. Je pensais aux oiseaux, mais ça pourrait être... Les visages, les plantes, ça peut changer toutes les semaines ou tous les mois. Mais voilà, trouver un thème visuel qui nous inspire. Donc là, on parle d'inspiration. Et on y reviendra sûrement dans un autre épisode de comment s'inspirer ou trouver l'inspiration. Mais voilà, se garder une contrainte de thème qui nous plaît, qui nous parle. On peut décliner, tester, essayer de le voir sous tous les angles. Le tester avec plein de techniques, ça peut être vraiment stimulant. Et je pense que ça peut marcher. D'ailleurs, je vous ferai un retour sur le moment où j'aurais testé ça. Et ça me fait penser à... Peut-être certains d'entre vous connaissent ce challenge qui s'appelle Inktober sur Instagram, qui a lieu en octobre, du 1er au 30er octobre. Il y a une liste de mots qui est donnée en début de mois. Donc le 1er octobre. Et chaque jour, tous ceux qui participent au challenge doivent dessiner à leur façon, illustrer le mot qui est dans la liste. Donc je crois que le tout premier cette année, c'était moustache, par exemple. Les autres, je ne les ai plus du tout en tête. Mais voilà, ça peut être aussi de se trouver une liste comme ça de thèmes, parce qu'il y en a plein qui existent sur Internet. Même une liste de Inktober, pourquoi pas. Et autour de cette liste de mots, s'imaginer que c'est notre cadre et c'est ça qu'on doit suivre pour créer. Alors, quel est le bénéfice finalement avec toutes ces contraintes et ce cadre auquel on va se tenir ? Ça n'aide pas simplement à créer, mais ça aide... à passer à l'action. On retrouve du plaisir puisqu'on n'est pas en train de choisir et de passer du temps à se demander ce qu'on va faire. Donc on est vraiment directement dans la notion de plaisir, de créer. On enlève la pression parce que du coup, on est dans un exercice qui est que pour nous-mêmes et il n'y a pas d'attente et il n'y a pas de résultat attendu par quelqu'un d'autre. Donc ça enlève totalement la pression. Et ça permet de renouer avec le geste, de, comme je disais, de passer à l'action. Donc d'être dans quelque chose de très concret et de se dire, aujourd'hui, j'ai passé 5 minutes à faire ça. Ou ce mois-ci, je suis assez fière parce que tous les jours, j'ai produit quelque chose dans mon carnet. Mais juste pour moi, juste pour que ça stimule ma créativité, que ça me donne d'autres idées, que j'arrête un petit peu, que je sorte un peu de l'écran et que je retrouve... une sensation de plaisir à créer avec mes mains. En tout cas, c'est ce que moi, ça m'a procuré quand j'ai fait ce challenge en septembre. Et je l'ai repris là en février. Alors, il y a des jours où j'oublie complètement de remplir ma page de carnet. Mais ce n'est pas très grave. Ça m'arrive des fois d'en faire deux d'un coup ou pas du tout et de continuer. Mais au moins, il n'y a pas cette pression. Il faut absolument que je le fasse et je vais le filmer ou je vais le photographier. Je le ferai peut-être à la fin pour montrer ce que ça donne. parce que c'est marrant de voir que j'utilise une technique, puis après ça me fait penser à autre chose. Et voilà, je ne sais pas par exemple du tout ce que je vais faire demain, si ce n'est que je vais utiliser les pastels, mais c'est intéressant du coup de ne pas avoir d'attente. Donc voilà, pour conclure, la contrainte, c'est un mot qui peut être péjoratif, négatif, mais ce n'est pas une prison, c'est plutôt un point de départ qui offre un cadre clair. et sécurisant. Ça aide à commencer, et commencer, c'est déjà créer. Donc, si cet épisode vous parle et que vous avez envie de tester et d'invoquer, de convoquer votre créativité, je vous invite à tester une des contraintes cette semaine. Ça peut être le temps, le matériel, la technique, le thème, en lien avec soit votre travail, soit votre... passion, soit la technique que vous avez envie de commencer mais vous ne savez pas. Ceci est un signe que vous pouvez commencer cette semaine. Et surtout, c'était pour rappeler que encore une fois, je suis persuadée que la créativité, elle est vraiment en chacun de nous, mais qu'il faut la travailler, la cultiver, la nourrir pour qu'elle ressorte plus facilement et qu'on puisse qu'elle puisse rayonner un peu plus quotidiennement. Et donc si vous ne savez pas par où commencer, commencez vraiment petit, vraiment une couleur, un outil, 5 minutes et voyez ce que ça donne. Vous verrez que c'est surprenant. C'est la fin de cet épisode, merci beaucoup de l'avoir écouté. J'espère qu'il vous a inspiré, questionné et peut-être donné envie d'explorer votre propre chemin créatif. Si cet épisode vous a plu, n'hésitez pas à le partager autour de vous. Et pour ne rien manquer, vous pouvez vous abonner au podcast sur votre plateforme d'écoute préférée et me retrouver sur Instagram, arrobase lemoodboard.podcast. Et continuez à observer, à ressentir, à créer, parce que chaque jour est une nouvelle planche d'inspiration. A très vite pour un nouvel épisode.