- Speaker #0
Bienvenue dans le Moodboard, un podcast qui explore la créativité à travers celles et ceux qui la vivent, la cultivent, la cherchent et la ressentent. Je suis Charlotte et je vous accueille dans ce podcast pour parler de ceux qui inspirent, de ceux qui aiment, de ceux qui nous poussent à créer. Prenez place dans ce Moodboard sonore et laissez-vous inspirer. On a tous eu des envies de métier quand on était enfant. Moi, par exemple, je voulais être chanteuse, championne de sport, bibliothécaire, journaliste. Bref, ça changeait assez souvent. Claudia, elle, a eu très jeune une idée en tête. Créer sa propre marque de vêtements. Plus qu'une simple idée, c'était une conviction, une évidence. Au moment de choisir ses études, elle a décidé de se former à toutes les compétences dont elle aurait besoin. La couture, le modélisme, le stylisme, le marketing, la photo. Et petit à petit, elle a construit son projet. Aujourd'hui, cette idée est devenue réalité. Elle a fondé la marque éco-responsable Claudia Carmona, que l'on peut désormais porter.
- Speaker #1
Je vous laisse découvrir son parcours et je vous souhaite une très bonne écoute.
- Speaker #0
Bonjour Claudia.
- Speaker #1
Bonjour Charlotte.
- Speaker #0
Merci de m'accueillir aujourd'hui, puisque on est dans ton studio.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Voilà. Si vous entendez un petit peu de l'écho ou des petits bruits derrière, c'est qu'il y a Margot qui travaille aujourd'hui avec Claudia, qui continue à bosser pendant que nous, on va papoter un petit peu.
- Speaker #1
Super !
- Speaker #0
Alors, pour commencer, on ne va pas tout de suite parler de son parcours, on y viendra petit à petit, mais je voulais te poser une question. Si tu devais accrocher trois choses sur ton mood board du moment, ce serait quoi ?
- Speaker #1
Là, en ce moment, je pense que ce serait des photos d'Andalousie. Pour moi, ce sont des inspirations qui me sont chères en ce moment. Donc ça serait sur des costumes de flamenco par exemple, tout ce qui peut toucher aussi au paysage de la région là-bas. Et pour le troisième, ce serait spontanément comme ça, des végétaux je pense, parce que ça pourrait bien faire le lien avec ce côté un peu organique. et vivant de cette culture.
- Speaker #0
Ok. Alors, on va revenir un petit peu en arrière. Est-ce que tu te souviens des jeux auxquels tu aimais jouer quand tu étais petite ? Est-ce qu'il y avait déjà peut-être un rapport avec les vêtements ?
- Speaker #1
Oui, oui. Je jouais, je passais beaucoup de temps à dessiner. Je voyais ça pas forcément comme un jeu, mais vraiment comme une passion, quelque chose qui me permettait d'accéder un peu à mon... L'imaginaire à mes rêves, dans lequel je me sentais à l'aise et en phase avec moi-même. Et sinon, j'étais tout le temps en train de jouer, très créative. Je jouais beaucoup au Barbie, c'est un peu un cliché.
- Speaker #2
Oui, mais c'était la période de 1990.
- Speaker #1
Ça touchait les vêtements, le corps. Donc, c'est vrai que quelque part, ça fait un peu écho à ce que je fais aujourd'hui. Et j'étais très créative, très inventive, très solitaire aussi, à faire mes propres histoires, toujours un peu plus folles les unes que les autres. Donc voilà, si j'ai des idées de jeux qui me reviennent, c'est vraiment ça.
- Speaker #0
Est-ce que tu avais déjà un rapport à l'art ? Tu avais des idées de ce que c'était ou à l'artisanat peut-être ?
- Speaker #1
pas vraiment, on va dire que la... Couture, ce n'est pas la chose qui m'est venue de suite instinctivement. C'était plutôt vraiment la partie dessin. Et par rapport à l'art, on va dire que j'étais très dans ma bulle. Et c'est vrai que j'étais plutôt dans mon imaginaire plus que dans ce qui se faisait concrètement. Enfin, surtout enfant. Après, en grandissant, c'est des choses qu'on apprend. Mais j'étais vraiment... plutôt dans quelque chose de très créatif et très expressif et personnel.
- Speaker #0
Mais ça venait de toi, ce n'était pas par les stimulations extérieures. Oui,
- Speaker #1
c'est ça.
- Speaker #0
Est-ce que tu avais des passions autres et des rêves, peut-être déjà des envies de métier ?
- Speaker #1
Oui. Alors, des passions autres, non. J'étais vraiment très concentrée sur le vêtement. J'ai fait un peu de danse, du judo, mais ça n'a pas du tout été très concluant. C'était vraiment... J'étais souvent dans... dans mon coin, en fait, finalement. Et je respectais pas trop ce qu'on me demandait. Et pour les idées de métier, j'ai toujours voulu créer... Je ne sais pas si je le percevais comme ça à l'époque, mais je disais à ma mère que je vais créer une collection. Le nom sera Le Trèfle. J'avais des envies de choses bienveillantes, de symboles très forts. Le trèfle, c'est la chance, c'est aussi un végétal. Quelque part, il y avait déjà quelque chose qui commençait à me... à s'écrire, je pense.
- Speaker #0
Et là, tu avais quel âge à ce moment-là ?
- Speaker #1
J'étais comme ça de tête, je ne sais pas, 10 ans.
- Speaker #0
Donc c'est vraiment ancré. Oui,
- Speaker #1
c'était vraiment quelque chose. Et ça, j'ai fait le rapprochement plus tard en essayant un peu de me replonger dans mes souvenirs d'enfant. Et c'est vrai que j'avais quelque chose d'assez limpide finalement.
- Speaker #0
Donc tes études, ton parcours, est-ce que tu as été tout de suite dans une formation liée au textile ?
- Speaker #1
Oui. J'ai fait toutes mes études et tout mon parcours pro dans le but d'avoir un maximum de connaissances du métier, de savoir pour créer ma marque plus tard. Et du coup, je suis un peu passée par tous les métiers de l'art de la mode. Donc, ça allait du modélisme. donc au patronage de vêtements, construire des vêtements, au stylisme, donc plutôt sur la partie créative. Et après, ça allait jusqu'au master chef de projet marketing de la mode, donc quelque chose de beaucoup plus commercial, de beaucoup plus technique et stratégique, et qui touchait plus aussi à l'image de marque, parce que ce que j'aime dans tous ces métiers, c'est l'univers global qui passe de la coupe du vêtement, la matière, la forme. et toute l'identité et l'univers qui se crée autour. Et je trouve que c'est ça qui est fort, c'est quand il y a une cohérence entre tous ces métiers-là.
- Speaker #0
Et est-ce que, justement, depuis petite, tu as déjà des icônes de mode ou des marques ou des personnes, des créatrices ou des créateurs de mode qui t'inspiraient ?
- Speaker #1
Alors, à plusieurs niveaux. Des fois, c'est juste des collections. Des fois, c'est au contraire tout l'univers de marque, mais pas forcément les vêtements. Mon inspiration est très large et très changeante. On va dire que je n'ai pas eu une référence qui m'a suivie. Jamais, je pense. Ça a été plutôt des coups de cœur à des moments donnés. Donc là, c'est un peu difficile de citer, mais ça peut être vraiment... Je trouve qu'il y a des marques qui font très bien ce qu'elles font, et c'est ça qui est inspirant. Et puis des fois, c'est des histoires de créateurs. Et je trouve qu'il y a toujours des choses nouvelles et intéressantes à tout moment. Une collection forte qui m'a marquée, ça a été... Là, comme ça, il y a quelque chose qui me vient, c'est la collection L'amour d'un gitan de Jacques Mus.
- Speaker #0
Ok, je ne l'ai pas vue, mais on va en rire.
- Speaker #1
C'est une collection qui m'a beaucoup émue. Parce que je pense que ça a touché aussi des choses plus personnelles sur le côté sudiste, bien évidemment, vu qu'on est dans le sud. Mais aussi sur le côté gitant, qui fait aussi référence à l'Andalousie, à ma culture et mon histoire personnelle. Donc voilà, ça pour moi, ça a été une collection qui m'a marquée. comme autant. Il y a une collection de Louis Vuitton avec Virgile Abloh sur... le voyage,
- Speaker #0
je ne sais plus comment elle s'appelait et je ne sais plus quelle saison c'était mais en tout cas cette collection m'a touchée dans la scénographie plus que dans les vêtements et justement j'ai vu sur certaines photos dans ton site que tu créais tes moodboards est-ce que justement ces collections là quand il y en a une que tu aimes bien ou que tu as un petit détail qui te plaît est-ce que tu as tendance à les peindre quelque part ou tu les gardes juste dans ta tête non bien sûr Oui.
- Speaker #1
Je l'épingle, je l'imprime. En fait, je procède, j'ai un peu méthodologique sur mes mood boards.
- Speaker #0
Vas-y, raconte-nous.
- Speaker #1
En fait, je vais dans des choses très inspirationnelles, donc tout ce qui est planche d'ambiance, où là, ça touche vraiment. Tout secteur confondu, ça peut être du design d'objets, ça peut être des petits éléments du quotidien, ça peut être des femmes, ça peut être juste des photos de gens qu'on ne connaît pas, que j'ai un peu prises comme ça sur le vif, même des photos personnelles. Et après, je fais des planches de tendance où là, je vais vraiment épingler des détails, des choses qui m'ont marquée, de choses concrètes, de vêtements de créateurs. Et ensuite, j'essaie aussi de m'en détacher complètement et de juste interpréter la sensibilité qui m'a touchée pour après la réinventer et faire quelque chose finalement qui sorte vraiment de mes tripes. Et on est obligé, oui, je pense, pour un peu structurer nos idées, enfin en tout cas pour moi, d'avoir à un moment donné des références précises et de les épingler.
- Speaker #0
C'est une étape cruciale. Pour moi, en tout cas,
- Speaker #1
c'est important d'avoir un peu des références.
- Speaker #0
Suite à tes études, est-ce que tu lances directement ta marque ou tu as eu des premiers jobs peut-être en parallèle ? Oui,
- Speaker #1
j'ai eu un chemin qui a eu des rebondissements aussi. J'ai eu un premier job, j'avais fait mon alternance, j'étais assistante, coordinatrice de collection et styliste. Et du coup, j'ai bossé là en premier, ça a été mon premier job officiel. Et ensuite, je suis partie de mon plein gré pour lancer ma marque, parce que je me sentais prête. Je me suis dit, c'est le moment, on se lance. Et pendant un an, j'étais un peu face à moi-même et j'avais un peu du mal à toucher du doigt ce que je voulais concrètement faire. C'est un peu là où toute la partie écologie est arrivée, au-delà du côté design de mode. C'est là où on va dire que je me suis vraiment intéressée au métier et à l'impact de notre secteur. Et c'est un peu comme ça que j'ai construit les débuts de la marque. Donc il m'a fallu un an et je faisais... toutes sortes de vêtements, même du sac. Je faisais des robes hyper travaillées, des coctels, des robes cocktail, comme du jean. Enfin voilà, j'étais très diversifiée. Et ensuite, j'ai essayé d'y voir plus clair. Après, c'est devenu une évidence. Et là, j'étais prête et je me suis dit, mais il te manque la partie financière, il te manque aussi un peu de marketing. Toi, tu ne connais pas. pas, comment tu vas faire. Et j'ai volontairement mis tout ça en stand-by pour aller me former. Du coup, j'ai trouvé un poste dans le marketing de la mode chez une marque et je travaillais toute l'image de marque. Ça allait du shooting photo au shooting campagne, e-shop, aux validations des visuels, tout ce qui était aussi réseaux sociaux. Voilà, tout ce qui touchait l'image de marque passait entre mes mains et ça a été très riche du coup.
- Speaker #0
En fait, quand tu avais déjà ton idée, mais comme elle n'était peut-être pas assez aboutie, tu t'es dit « je vais aller prendre toutes les compétences nécessaires pour ensuite pouvoir les retranscrire dans mon projet » .
- Speaker #1
Surtout, je me suis rendue compte que quand on lance sa marque, il faut vraiment toucher à tout, même à la partie marketing et communication, même si ce n'est pas mon cœur de métier de départ. Il faut de l'expérience aussi pour vraiment maîtriser ces choses-là. Après, ça peut être aussi fait de manière très spontanée et naturelle. Mais moi, c'est vrai que j'avais besoin de me confronter à des choses plus concrètes. Et pour ça, oui, il faut aller chercher ce dont on a besoin pour savoir raconter aussi son histoire.
- Speaker #0
Et donc, on va parler un petit peu plus de ta marque qui s'appelle Claudia Carmona.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
de ton nom et prénom. Et c'est un dressing qui se compose de quatre pièces qu'on peut mixer ensemble et qui sont faites dans des matières éco-responsables, locales et teintes avec de la teinture végétale. Comment ça t'est venu cette idée de dressing ? Tu parlais tout à l'heure de prise de conscience. Comment tu as eu le déclic de créer ce dressing minimal qui ensuite peut devenir un jeu et peut prendre des possibilités infinies ?
- Speaker #1
Ça a été un long processus. Ça a été un long processus. Ce n'est pas venu comme ça en un claquement de doigts. Je pense que ça a été plein de choses avec lesquelles je me suis nourrie. Autant dans le design, la coupe que tout. des informations sur le secteur qui fait partie des secteurs les plus polluants quand même aujourd'hui. Et pour moi, il était évident de trouver des solutions. Et aussi, je pense que naturellement, je suis attirée par des choses assez naturelles en termes de matière, de texture, de toucher sur des choses plutôt sèches, rêches, un peu douces. mais douce, mais quand même très texturée. Et même en termes de couleurs, j'aime les couleurs qui sont assez expressives, vivantes. Et tout ça fait qu'à un moment donné, tout ça s'est un peu rejoint, s'est un peu mêlé. Et ça a donné vie à quelque chose d'assez cohérent, finalement. Et pour la partie modulable, on va dire architecturale des pièces, puisqu'effectivement, elles s'assemblent, elles se désassemblent et on crée un peu des silhouettes avec les hauts et les bas. Et ça, c'est venu vraiment d'un produit que j'ai cousu, que j'ai confectionné et qui avait un peu un esprit de deux en un. C'était en fait une jupe taille haute et taille basse en même temps, puisqu'elle était ajourée au niveau du ventre. Elle avait un peu les deux fonctions et on va dire que ça, ça m'a vraiment parlé. J'ai construit après toutes mes pièces autour de cette double fonctionnalité et j'en suis venue à proposer des designs comme ça qui vivent ensemble et qui matchent pour faire des silhouettes intéressantes. Et du coup, ça permet également quelque part de moins consommer parce que finalement, avec une pièce, on en a plusieurs. Et c'est là où vraiment la boucle est bouclée, vu que ça faisait vraiment sens avec l'objectif de cette marque éco-responsable finalement.
- Speaker #0
Comment s'est concrétisé ton projet ? Ton univers de marque, tu en as un petit peu parlé, tu te l'es construit toi-même en faisant des explorations, des tests et tout ça. Tu t'es vraiment laissé cette possibilité. Et ma question, c'était aussi comment tes références espagnoles dont tu... de parler sont venues se greffer à ce projet-là.
- Speaker #1
C'est venu un peu, je pense, spontanément parce que ce que j'aime aussi, c'était d'exprimer ce qui était en moi. Et c'est vrai qu'il y a eu un peu une introspection pendant que je créais mes vêtements. J'ai eu un peu comme une sorte d'introspection personnelle. Et j'ai un peu touché du doigt le fait que j'avais appelé ma marque Claudia Carmona. Et Carmona, en fait, c'est le nom de mon arrière-grand-père. Ce n'est pas mon nom à moi. Moi, c'est Vérax. Non, non, tout le monde m'appelle Carmona. C'est devenu un peu naturel. Je ne fais plus gaffe. Mais oui, en fait, c'est le nom de mon arrière-grand-père qui est né en Andalousie, à Arcos de la Frontera. Et je me suis posé la question, mais pourquoi Carmona ? Pourquoi tu mets Carmona et pas Vérax ? Alors c'est vrai que pour moi, c'était plus esthétique à l'oreille, mais aussi je pense derrière, il y avait une vraie volonté d'incarner un personnage, d'incarner un art de vivre. Et c'est de là où je me suis dit, mais Carmona, c'est Andalou. Et je suis allée un peu faire le lien avec ma relation que j'avais avec mon grand-père, parce que mon arrière-grand-père, j'ai eu la chance de le connaître. Et c'est vrai que c'était une... personnalité très spontanée, joviale, très dans la sensibilité, dans la bienveillance. Il parle à moitié français, à moitié espagnol et il me racontait toujours un peu son enfance là-bas en Andalousie. Et c'est vrai que ça a un peu imagé tout un univers. Et en fait, je me suis dit, mais c'est ça que j'ai envie de raconter.
- Speaker #0
C'est ancré en toi, ça fait partie de ta racine et il fallait que ça ressorte. dans ta marque, c'était devenu une évidence. Et donc, tu nous as parlé du déclic quand tu as lancé ta marque, que tu as quitté ton emploi dans le marketing de mode. Est-ce qu'à ce moment-là, tu as été soutenue par ton entourage pour lancer ton projet ? Et est-ce que tu as eu des difficultés ? Parce que je me souviens que quand on en a discuté... Tu m'avais dit, même si tu entends les gens autour de toi te dire que ça ne sert à rien, que ça ne marchera pas, si ton idée t'y croit, il faut aller jusqu'au bout. Oui,
- Speaker #1
c'est ça. Je pense que c'est un conseil que tout le monde devrait avoir, de s'écouter soi, surtout avant d'écouter les autres, ses envies profondes. Et oui, par contre, j'ai été entourée et soutenue par ma famille. par mon entourage, c'est vrai que... Je viens un peu d'un milieu assez modeste. Et c'est vrai que quand j'ai commencé à faire des études dans l'art et dans le design de mode, ça a été un peu l'inconnu pour ma famille, mes parents, mes grands-parents. Et eux, ils avaient un peu peur aussi de me lancer, de m'orienter dans un métier sans avenir, où on ne gagne pas sa vie. C'est toujours un peu stressant, je pense, pour les parents. d'orienter ses enfants. Mais c'est vrai qu'ils m'ont toujours fait confiance, ils m'ont toujours accompagnée et soutenue, même si, bien sûr, qu'ils émettaient des doutes et qu'il fallait que moi aussi, je leur montre qu'ils pouvaient avoir confiance en moi. Ils font partie aussi d'une génération où le travail, c'est aussi gagner sa vie. Aujourd'hui, je pense qu'on est plus dans une démarche où le travail, c'est un peu... une passion ou alors un endroit où on veut s'épanouir je pense et du coup ils m'ont toujours accompagnée poussée à faire toutes les études et tout ce que j'ai toujours voulu rêver de faire et
- Speaker #0
donc là on va revenir plutôt vers le processus quand tu crées une collection par exemple celle que tu as créée pour le moment comment ça se passe ? tu nous as parlé du mood board d'inspiration Ensuite, j'imagine qu'il y a le dessin des prototypes, le choix des matières, briefer les ateliers pour qu'ils le cousent à la bonne manière. La partie technique. La partie technique. Est-ce que tu peux nous raconter un petit peu comment ça se passe pour de l'idée au vêtement qui est sur le portant ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Dans les grandes lignes.
- Speaker #1
Oui, dans les grandes lignes, parce que sinon je pourrais vous en parler deux heures. mais oui dans la grande ligne en fait c'est qu'il y a toujours un peu une phase entre l'idée et le prototype final parce qu'il y a des contraintes techniques qui rentrent en jeu. Et c'est ça qui est beau aussi parce que des fois, on a des belles surprises. Et c'est tout un art de passer d'une idée à quelque chose de physique. Et ce qui est beau aussi, je trouve, c'est que tu as plusieurs savoir-faire qui rentrent en jeu avec la teinture végétale. Tout est fait à la main, c'est vraiment un métier d'exception. Et d'une teinture à l'autre, il y a des variations et tu as plein de choses qui rentrent en compte. Et du coup, il faut aussi aimer l'inconnu et laisser faire les choses un peu spontanément pour avoir des bonnes surprises des fois, plutôt que d'être trop dans le contrôle et dans la standardisation des choses qu'on peut voir dans le secteur de l'habillement. Je trouve que c'est ça qui est beau. Et c'est un peu ce que je laisse faire avec les pièces de la marque. C'est laisser un peu ce côté du droit à l'erreur et de la spontanéité des couleurs et de voir ce qu'on peut faire avec pour créer des produits un peu uniques. Tout en ayant une maîtrise quand même sur les coupes, sur la couture, sur les formes. Et tout ça crée un mélange qui fait que ça... C'est comme ça un peu que mes pièces naissent,
- Speaker #0
on va dire. Est-ce que tu peux parler un petit peu de la partie dessin des pièces ? Parce que ça se relie un petit peu avec ce que tu aimes faire depuis que petite. Comment ça se passe cette partie-là où tu designs les premiers modèles ?
- Speaker #1
Ça va de croquis très flous, un peu dans tous les sens, qui ne sont pas forcément beaux. à des choses un peu, des fois, très précises. Et après, tout ça crée un espèce de mood qui fait que tu ressens qu'il y a une intention. Et ensuite, on va dans des croquis beaucoup plus précis. Et là, je fonctionne en silhouette, comme beaucoup de stylistes. Mais je trouve souvent que les stylistes, dans les autres marques, souvent ont fait des looks et des silhouettes et ensuite quand on les vend, on vend les pièces un peu séparément et je trouve ça dommage de pas garder ce fit du haut et du bas associé et du coup moi je crée en silhouettes vu qu'en plus je suis sur un peu des faux semblants des trompe-l'œil donc c'est hyper important pour moi de composer mes dessins en silhouettes et ensuite je les retranscris directement dans les boutiques et sur le site internet tel quel pour qu'il y ait vraiment une inconductrice hyper hyper évidente entre ce qui a été créé et ce qu'on propose à la vente.
- Speaker #0
Pour revenir sur tout à l'heure, tu disais que tu avais appris plein de métiers en un, etc. Tu as poussé jusqu'à aussi utiliser le bouton, réutiliser le petit bouton qui va attacher les deux pièces ensemble. On peut aussi le réutiliser ou en tout cas le switcher et le transformer en bijoux.
- Speaker #1
Oui, c'est exactement ça. C'est vrai que j'ai pris tout le processus de fabrication des vêtements de A à Z, même du design jusqu'à comment on utilise les produits dans nos armoires. Tout a été vraiment pensé pour être éco-conçu. Et c'est vrai que je me suis confrontée à la fin de vie du produit. Qu'est-ce que le produit devient une fois qu'on veut s'en débarrasser ? Et il y a eu cette partie de vêtements recyclables. sur lequel je me suis renseignée. C'est vrai qu'aujourd'hui, sur les vêtements un peu style denim, worker, où on a du bouton, des œillets, de la braguette, on ne peut pas recycler les vêtements à cause de ces éléments métalliques qui sont fixés définitivement et qui font qu'on va, par exemple, pour un jean, couper les jambes, recycler avec la partie jambes et la partie short, on va devoir la brûler ou l'enterrer, la détruire. Et j'avais envie de... de trouver une solution pour éviter ça. Et du coup, l'idée, c'était d'enlever tous les éléments métalliques de mes produits. Donc, il n'y a pas de braguette, il n'y a pas d'œillet. Par contre, il y a un bouton. Donc, ce bouton-là s'enlève complètement. Il reprend un peu l'esthétisme d'un bouton de manchette qui se faisait à l'époque. On voit ça surtout dans le costume très traditionnel, standard. Et ça, voilà, un peu une hybridation de ce bouton de manchette en bouton. bouton bijoux qui se retire et sur lequel il y a un trou pour qu'on puisse y insérer une chaînette ou le transformer en porte-clés, en charme, en un peu tout ce qu'on veut.
- Speaker #0
Hyper créatif. Jusqu'au bout. Quand tu es dans des phases comme ça, là où tu es plutôt dans la production, je sais que c'est actuellement les derniers mois que tu es passée pour ta marque. Est-ce que tu as toujours l'impression d'avoir accès à la créativité ou tu es plutôt dans un mood production ? Est-ce que tu arrives à garder une place en tout cas pour la créativité ?
- Speaker #1
Alors, ça dépend de ce qu'on entend par créativité parce que je suis tout le temps en train de trouver des solutions. Donc c'est hyper créatif.
- Speaker #0
C'est ce que j'essaye de penser avec le podcast, c'est que créativité c'est souvent associé à juste la partie mood board. Mais en fait, être créatif, c'est rebondir. Dans ton quotidien. Tu peux nous en parler un peu plus.
- Speaker #1
Même dans sa vie personnelle, il faut être créatif. Dans sa vie de couple ou pas, peu importe. Avec ses amis, c'est toujours bien de toujours se réinventer. Mais du coup, en tout cas, quand on crée une marque, je pense que de toute façon, il faut être créatif. Même si on ne fait pas un métier créatif. Parce qu'il y a tellement d'aléas qu'il faut savoir rebondir rapidement. Et oui, effectivement, la créativité, c'est beaucoup de choses. Et oui, quand on doit résoudre des problèmes, ça demande une créativité. Même si ce n'est pas le côté super fun de l'histoire. Mais après, tu as la même satisfaction quand tu résouds des problèmes.
- Speaker #0
Quand tu as réussi à t'adapter. C'est ça, exactement.
- Speaker #1
Tu es quand même satisfait et content de toi à la fin.
- Speaker #0
Et tu dirais que plus tu le travailles, plus ça vient naturellement ?
- Speaker #1
Oui, je pense que le temps qu'on donne aux choses et l'importance qu'on donne aux choses, c'est ça qui fait qu'après, on se perfectionne. C'est une discipline. Et la créativité, je pense, c'est aussi une discipline qu'il faut nourrir.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Et qu'est-ce qui te motive ou qui te donne envie d'y croire les jours où c'est plus difficile ? Je ne sais pas. pas, c'est un peu... Je dirais, je ne suis pas ma bonne étoile. Je me dis qu'en fait, finalement, il y a un peu aussi de... Il faut y croire, parce que si tu n'y crois pas, personne ne va le faire à ta place. Donc, il y a un peu aussi cette idée de se faire confiance à ce qui va arriver. Et même quand il y a des coups bas, des coups durs, si tu restes axé là-dessus, finalement, tu... Tu ne te nourris pas de choses positives. Il faut savoir passer à la suite. Je n'ai pas le temps de déprimer quand il y a des choses qui se passent mal. Il faut vite passer à autre chose et aller de l'avant. Je me dis que c'est cette énergie-là qui fait que...
- Speaker #0
C'est ce qui me maintient quand, des fois, oui, tu as des moments de doute, même si tu en as tout le temps, tous les jours. Et puis, je me dis, quand il y a quelque chose de mauvais qui t'arrive, tu as toujours quelque chose de bien qui va récupérer derrière. Et c'est un peu cet état d'esprit-là très positif, on va dire, qui me pousse à toujours continuer. Et tes envies, tes projets pour l'avenir, qu'est-ce qu'on peut te souhaiter ? Me souhaiter de faire des belles collections, des belles collections qui prennent vie aussi. Dans ma tête, mais aussi sur les personnes, qu'on les porte, parce que c'est bien de créer, mais de les voir porter, c'est encore plus beau. C'est encore plus magique.
- Speaker #1
Du moment où c'était dans ta tête, ça devient un vêtement sur quelqu'un. Hyper satisfaisant. Oui,
- Speaker #0
oui. Puis ça touche, ça fait plaisir. Et puis on se sent utile aussi de faire des choses. On se fait plaisir, mais on voit qu'on fait plaisir aussi aux autres. Et ça, c'est encore plus gratifiant de voir qu'il y a des personnes qui résonnent un peu avec ce que t'aimes, toi, finalement. Et ça, c'est ça qui est motivant.
- Speaker #1
Merci beaucoup, Claudia. C'était hyper inspirant. Je mettrai le lien de ton site pour que tout le monde aille voir les collections dont tu parles et tout ce travail iconographique que tu as mis sur ton site c'est ça qui m'avait inspiré au départ quand on s'est rencontré à Avignon je trouve que c'est pas comme tu disais, ça se sent que tu n'es pas que sur le textile et sur tes pièces, tu as tout ton univers de marque en plus que tu fais toi-même toute la direction artistique de la photo et tout On ressent bien ton univers et il est hyper beau, hyper inspirant. Bravo.
- Speaker #0
Merci.
- Speaker #1
Et c'est le moment mi-choco de la fin.
- Speaker #0
Je t'invite à boire ton mi-choco. Merci beaucoup.
- Speaker #1
Et puis, au plaisir de te revoir très vite et de voir tes nouvelles collections.
- Speaker #0
Oui, au plaisir. Merci Charlotte. À bientôt. À bientôt. Au revoir.
- Speaker #1
On est comme deux de manger en une fois en contact.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
C'est la fin de cet épisode. Merci beaucoup de l'avoir écouté. J'espère qu'il vous a inspiré, questionné ou peut-être donné envie d'explorer votre propre chemin créatif. Si cet épisode vous a plu, vous pouvez le partager autour de vous ou lui laisser une note sur votre plateforme d'écoute. Ça aide vraiment le podcast à se faire connaître. Et pour ne rien manquer, vous pouvez vous abonner sur votre plateforme préférée et me retrouver sur Instagram, arrobase lemoodboard.podcast. Continuez à observer, à ressentir, à créer, parce que chaque jour est une nouvelle planche d'inspiration. A très vite pour un nouvel épisode.