Speaker #0Une femme peut-elle être perverse narcissique ? La réponse est oui. La perversion narcissique, telle que l'a décrite Paul-Claude Racamier, n'a pas de sexe. Ce qui change, c'est la manière dont elle se déguise. La femme perverse narcissique fonctionne comme son homologue masculin. Absence d'empathie, besoin de contrôle, emprise progressive sur un partenaire choisi pour ses failles. Elle ne se distingue pas par sa structure, mais par ses armes. La séduction, la victimisation. la parole qui humilie et l'instrumentalisation des enfants. L'homme, lui, use plus volontiers de l'autorité ou de la force. Les personnes qu'elles ciblent, le plus souvent des hommes, se taisent par honte, prise entre l'emprise et le stéréotype de l'homme fort. La reconnaître, s'en éloigner et se faire accompagner. Ce sont les trois issues, et dans cet ordre. Les hommes concernés hésitent souvent longtemps avant de prononcer le mot. Il leur semble réservé aux hommes. Et ils craignent de passer pour faibles. Mais les hommes ne sont pas seuls visés. Des femmes aussi peuvent être ciblées par une mère, une amie, une supérieure hiérarchique ou une compagne. Dans cet épisode, nous allons regarder la perverse narcissique elle-même, son profil, son mode opératoire, ses armes propres et ce qu'elle produit chez la personne qu'elle vise, le plus souvent dans le couple. Puis nous verrons comment s'en éloigner et comment se reconstruire. Je précise ce dont cet épisode ne parle pas. Il ne dresse pas l'inventaire des femmes toxiques, dont la perverse narcissique n'est que le profil le plus grave. Il ne traite pas non plus en détail de la mère ni de la belle-mère perverse narcissique qui ont chacune leur épisode, parce que l'emprise familiale obéit à ses propres règles. Commençons par la structure. Le pervers narcissique est un sujet dont le moi ne tient debout que par l'image et qui se sert d'autrui comme d'un objet pour combler un vide intérieur qu'il ne peut pas reconnaître. Cette structure, le narcissisme pathologique dans sa forme perverse, n'est pas un trait masculin. Elle se rencontre chez des femmes avec les mêmes traits. La même absence d'empathie, ou plus exactement, le même mauvais usage de l'empathie, mise au service de la manipulation. La même incapacité à éprouver la culpabilité. Le même besoin d'admiration et de contrôle. La perverse narcissique instrumentalise l'autre, le disqualifie, et l'assujettit selon une logique en tout point comparable à celle de l'homme. Il faut cependant rester prudent sur les proportions. Aucune donnée fiable ne permet d'établir la part des femmes parmi les pervers narcissiques. Elles sont probablement moins nombreuses que les hommes. Elles sont surtout moins repérées, parce que leurs armes passent pour des qualités féminines. Ce sujet prête aux exagérations dans les deux sens. Il y a ceux qui nient que la perverse narcissique puisse exister. Et il y a ceux qui en voient une dans tout le monde. toute compagne conflictuelle. Les uns comme les autres se trompent. Les hommes ciblés par une femme perverse narcissique existent. Ils parlent tard, difficilement, avec beaucoup de doute et ce silence contribue à rendre le phénomène invisible. Si la structure est la même, qu'est-ce qui change ? Les armes et non la logique. L'homme pervers narcissique peut s'appuyer sur l'autorité, sur la supériorité économique, sur la menace physique. La femme perverse narcissique, elle, s'adapte aux codes assignés aux féminins et elle retourne ces codes en instruments. Sa séduction passe pour de l'amour. Sa victimisation passe pour de la sensibilité. Sa parole blessante passe pour de la franchise. Son emprise sur les enfants passe pour de l'instinct maternel. Chacune de ces armes bénéficie du crédit social accordé aux féminins et c'est ce qui la rend à la fois plus discrète et plus difficile à dénoncer. Plus discrète, oui. Moins destructrice, non. Cette différence a une conséquence pratique. Les signes que l'entourage s'est repéré chez un homme, la colère, la domination visible, la jalousie affichée, sont souvent absents chez elle, ou inversés. La perverse narcissique paraît fragile, dévouée, accablée par un compagnon qu'elle décrit comme instable, voire violent. C'est cette vitrine que la personne ciblée passe des années à ne pas parvenir à contredire. y compris à ses propres yeux qui vise t elle dans le couple le plus souvent un homme et c'est surtout de lui que je vais parler mais la perverse narcissique occupe aussi d'autres places Mère, belle-mère, sœur, amie de longue date, collègue ou supérieur hiérarchique, compagne dans un couple de femmes. Le témoignage de Mélanie, publié sur le site, un an après une relation avec une compagne perverse narcissique, le rappelle. Les personnes qu'elle vise ne sont pas seulement des hommes. Ici, nous restons dans le couple, là où son mode opératoire se déploie le plus complètement. Dans leur enchaînement, les moyens qu'emploie une femme perverse narcissique pour prendre l'ascendant sur son partenaire ne diffère pas de ceux de l'homme. On retrouve les trois temps du cycle narcissique. Idéalisation, dévaluation, rejet. Mais la mise en scène est adaptée à ce que l'on attend d'une femme. Trois mots résument ce mode opératoire. Séduction, invasion, destruction. La rencontre est celle d'une séduction intense. Si l'homme pervers narcissique joue le chevalier servant, la femme flatte son partenaire en incarnant celle qu'il espérait, attentive, admirative, disponible, capable de le comprendre comme personne avant elle. Elle devine ses blessures, souvent parce qu'il les lui a confiées très tôt, et elle se présente comme celle qui va enfin les réparer. C'est le faux amour du pervers narcissique, ici au féminin. Il repose sur un effet de miroir. Elle lui renvoie ses goûts, ses valeurs et ses attentes, et il croit avoir rencontré son double. La vitrine sociale complète le tableau. Apparence soignée, intérieur impeccable, enfant présentable, entourage charmé. L'homme se félicite de sa chance et son entourage, au début, s'en réjouit avec lui. Cette promesse implicite de réparation est le crochet qui l'ancre dans la relation, avant même que l'emprise ne commence. Puis vient l'invasion. La façade se fissure, par petites touches. Elle s'est rendue indispensable. gardienne de ses blessures et de son bien-être, et c'est de cette place qu'elle commence à exiger. Les sautes d'humeur apparaissent, l'agressivité aussi, entrecoupées de retours de tendresse qui font tout pardonner. Ce chaud et froid porte un nom, le renforcement intermittent. Il attache le partenaire plus sûrement qu'une hostilité constante, car il travaille sans relâche à retrouver la femme du début, persuadée qu'elle existe encore. Elle déploie alors l'attirail de la manipulation mentale. Mensonges, dévalorisation, culpabilisation, silence punitif, exigences contradictoires. L'homme ciblé se met à redouter ses réactions, à anticiper ses colères, à s'excuser sans savoir de quoi. Il marche sur des œufs, selon une expression que l'on retrouve chez les hommes comme chez les femmes pour décrire cet état. Comme son homologue masculin, la perverse narcissique isole la personne qu'elle a choisie pour la soustraire à toute influence autre que la sienne. Elle procède rarement par interdiction. Elle procède par jugement. La famille de l'homme est la première visée. Sa mère en particulier, présentée comme envahissante ou toxique. Puis ses amis, mauvais pour lui. Puis ses collègues, qui ne le respectent pas. Chaque lien est disqualifié, un à un, et elle se pose comme la seule personne qui le comprenne vraiment. Pour écarter les proches les plus clairvoyants, ou les enfants d'une précédente union, Elle recourt au chantage affectif et à la culpabilité, jusqu'au harcèlement moral de basse intensité. Et cet isolement, dans sa version féminine, a ceci de particulier qu'il se présente comme une demande de protection. Ce n'est pas lui qu'elle isole, c'est elle qu'il faut protéger de ces gens-là. Une fois la personne ciblée isolée et dépendante, la destruction commence. C'est ici que la femme perverse narcissique se distingue le plus nettement de l'homme. Moins par l'intensité, que par les moyens. La première arme, c'est la parole qui humilie. Son infériorité fréquente dans le rapport de force physique la conduit à concentrer ses attaques sur le terrain de la parole où elle excelle. La manipulation verbale est son arme de précision. Remarques distillées sur le ton de la plaisanterie, comparaison avec d'anciens partenaires, disqualification de tout ce qu'il entreprend. Les efforts qu'il fait pour la garder sont les premiers visés. Tu n'es pas un vrai homme. « Mon ex savait s'y prendre, lui. Tu es pathétique quand tu pleures. » Ces phrases visent le cœur de l'identité masculine. Et elles sont d'autant plus efficaces qu'un homme se plaindra rarement d'en avoir été blessé. Le dénigrement se glisse jusque dans l'intimité, là où il fait le plus mal. Son corps, sa virilité, ses performances sexuelles, dans les moments où il est le plus vulnérable. Cette humiliation intime a un effet précis. Elle interdit toute plainte. Parce que se plaindre reviendrait à répéter l'humiliation devant un tiers. La deuxième arme est la plus spécifique, la victimisation et l'inversion accusatoire. Quand l'homme ciblé ose se plaindre, elle inverse les rôles. C'est elle qui souffre, c'est lui qui la maltraite, c'est elle qui a peur. L'inversion accusatoire existe chez l'homme pervers narcissique. Mais chez la femme, elle bénéficie d'un crédit immédiat, puisque la parole d'une femme qui se dit maltraitée est, à juste titre, entendue. La perverse narcissique le sait, et elle s'en sert. Contre-vérité, larmes bien placées, récits où elle tient toujours le rôle de celle qui subit. Cette inversion est particulièrement dévastatrice pour un homme, parce qu'elle exploite sa peur d'être perçue comme un agresseur. Il en vient à douter de sa propre perception. Et s'il était bien celui qui l'a fait souffrir ? C'est ce doute, entretenu jour après jour, qui le tient en place, bien mieux que la menace. Toute la question devient alors, qui est la victime ? La troisième arme, c'est la sexualité et l'infidélité. La femme perverse narcissique se sert souvent de la sexualité comme d'un levier. Elle alterne les périodes de disponibilité intense, pour maintenir le lien, et les périodes de rejet glacial, pour punir. L'abstinence imposée n'est pas la seule humiliation. L'infidélité, réelle ou suggérée, entretient chez le partenaire une insécurité permanente, et le renvoie à sa prétendue insuffisance. Cette instrumentalisation de la sexualité est d'ailleurs commune aux deux sexes. Reste la violence physique, qui demeure un tabou masculin. Si le partenaire est passif, la perverse narcissique peut passer à la violence. Gifle, griffure, objet lancé. L'homme ne la dénonce presque jamais, parce qu'il sait ce qu'on lui répondra. Qu'il a dû la provoquer, qu'elle s'est défendue, qu'un homme ne se laisse pas battre. Elle est par ailleurs redoutablement douée pour mettre les apparences de son côté. La version qu'elle donnera des faits, si elle en donne une, fera de lui l'agresseur. S'il existe un domaine où la perverse narcissique dispose d'un avantage considérable sur son homologue masculin, c'est celui des enfants. La mère reste perçue comme le parent naturel, celui dont l'amour va de soi. Elle en use comme d'un capital. Pendant la relation, les enfants deviennent un levier de contrôle. Elle peut menacer de partir avec eux, de les monter contre leur père, ou de l'en priver s'il ne se plie pas à ses exigences. Elle les prend à témoin de ses souffrances. Elle se plaint de leur père auprès d'eux. Elle en fait ses confidents, puis ses alliés. C'est la triangulation, le jeu du tiers-complice, appliqué à des enfants qui n'ont pas l'âge de refuser ce rôle. Lors de la séparation, cette instrumentalisation atteint son point le plus haut. Les configurations se ressemblent. Des accusations de violences conjugales, parfois d'attouchements sur les enfants. Une demande d'ordonnance de protection pour éloigner le père. Des droits de visite sabotés. Des enfants progressivement retournés jusqu'au rejet complet. Il faut le dire avec précision, de telles accusations sont parfois fondées. Et c'est précisément ce qui rend l'accusation mensongère si efficace. Elle ne s'invente pas hors de tout contexte. Elle se greffe sur un crédit légitime. Le père ciblé se trouve alors doublement piégé. Il a subi des années d'emprise et il doit désormais se défendre d'en être l'auteur, devant des interlocuteurs pour qui sa version est, au mieux, la parole de l'un contre celle de l'autre. L'homme pris dans l'emprise d'une femme perverse narcissique porte une charge que la femme, dans la même position, ne connaît pas sous cette forme, le stéréotype de genre. Comment reconnaître, quand on est un homme, que l'on est sous la... coupe de sa compagne. Comment dire que l'on subit des violences psychologiques, voire physiques, de la part d'une femme ? La société attend des hommes qu'ils soient forts et maîtres de la situation. Admettre cette vulnérabilité passe, dans l'imaginaire collectif, pour une faiblesse ou pour un aveu. Alors l'homme minimise. Elle a du caractère, elle est passionnée, c'est moi qui l'ai cherchée. Cette honte est elle-même un effet de l'emprise et non un défaut de courage. Elle retarde la prise de conscience de plusieurs années. Elle dissuade de consulter. Elle fait redouter les moqueries de ceux qui ne verront en lui qu'un naïf. À la honte s'ajoutent d'autres raisons de se taire. L'humiliation intime, qui interdit toute plainte. L'inversion accusatoire, qui ajoute la peur d'être pris pour l'agresseur. La crainte, souvent fondée, de ne pas être cru. Et le désir de protéger ses enfants, qui fait rester des années. J'ajoute un élément de discernement, parce qu'il compte. Depuis quelques années, le vocabulaire de la perversion narcissique est parfois retourné par des hommes qui ne subissent aucune emprise pour disqualifier une ancienne compagne. Ce détournement nuit d'abord aux hommes réellement ciblés. Comment distinguer l'un de l'autre ? Par les faits et par leurs effets. Jamais par le seul vocabulaire. C'est l'objet d'un épisode entier. Hommes victimes de femmes perverses narcissiques, discerner le vrai du retournement tactique. Ce que la perverse narcissique choisit chez lui, elle le choisit avec soin. Elle préfère les hommes doux, réservés, loyaux, qui ne sauront pas comment réagir devant sa tyrannie. et qui chercheront d'abord ce qu'ils ont fait de mal. Comme tout pervers narcissique, elle a besoin d'une faille narcissique chez l'autre, un besoin d'être aimé, une dépendance affective souvent ancienne, une histoire où l'amour s'est toujours mérité. C'est ce besoin, plus que la contrainte matérielle, qui retient l'homme ciblé. Il est souvent moins retenu qu'une femme sur le plan économique. Et pourtant, il reste. Quels signes doivent alerter dès le début d'une relation ou permettre de relire une relation en cours. En voici sept. Elle semble parfaite et trop vite. Elle décrit tous ses anciens compagnons comme des pervers ou des fous. Elle cherche à vous éloigner de votre famille et de vos amis, sous couvert de vous protéger. Ses colères sont disproportionnées et suivies de retours de tendresse. Elle ne s'excuse jamais de manière sincère. Elle retourne toute plainte contre vous et se pose en victime. Et vous marchez sur des œufs en p... permanence. Vous vous justifiez sans cesse. Aucun de ces signes n'est décisif isolément. C'est leur accumulation et leur persistance qui dessinent une emprise. Le signe le plus parlant reste votre propre état. Vous ne reconnaissez plus la personne que vous étiez. Le test gratuit du site permet d'en faire le relevé pour votre propre situation. On ne change pas une perverse narcissique. On ne la convainc pas. On ne la répare pas. Et l'on ne gagne pas contre elle sur son terrain. La seule issue qui protège est la distance. Couper tout contact lorsque c'est possible. Et lorsque des enfants imposent de maintenir un lien, adopter une neutralité sans prise. Des échanges écrits, factuels et brefs, où elles ne trouvent rien à saisir. Il faut aussi une précaution supplémentaire. Préparer la séparation, conserver les écrits et tenir un journal de bord des faits et des dates. La version qu'elle donnera de la rupture est déjà écrite. Les traces... sont ce qui la contredit. Car la séparation est pour elle une blessure narcissique et une perte de contrôle. Elle laisse rarement partir. Elle répond par l'une des deux voies du pervers narcissique, souvent les deux successivement. D'abord, la récupération. Larmes, promesses de changement, rappels des souvenirs heureux, mobilisation des enfants ou des proches pour vous ramener. Puis, l'offensive. Dénigrement auprès de l'entourage commun, récits où elle est la femme abandonnée ou maltraitée, harcèlement et, lorsqu'il y a des enfants, accusations et procédures. Anticiper ces deux temps protège mieux que d'y réagir. Il est prudent de s'entourer avant même la rupture. Avec des enfants, il faut renoncer à la coparentalité collaborative et installer une parentalité parallèle. Des échanges écrits, factuels et brefs. Des décisions prises séparément, dans le cadre fixé par le juge. Des enfants tenus hors du conflit et jamais interrogés sur l'autre parent. Rester un père présent, prévisible et calme, sans dénigrer leur mère devant eux, c'est ce qui protège le mieux les enfants. Ils finissent, souvent bien plus tard, par distinguer d'eux-mêmes le parent qui les instrumentalise de celui qui les protège. Un avocat et un psychologue familiarisés avec l'emprise sont alors des appuis nécessaires. Ensuite, rompre le silence et l'isolement. Pour sortir de l'ornière, les hommes ont au moins autant besoin que les femmes d'être entourés, et ils ont souvent perdu davantage de liens en route. Renouer avec la famille et les amis que la relation a éloigné est la première étape. Il faut aussi bien choisir ses interlocuteurs, et trouver les mots pour expliquer l'emprise à ses proches. Consulter fait partie de cette rupture du silence. Les hommes sont de plus en plus nombreux à pousser la porte d'un psychologue Et c'est une évolution nécessaire. Comprendre, ensuite, pour ne pas répéter. Le travail thérapeutique porte d'abord sur la honte, puis sur l'histoire. Quelles blessures de l'enfance ont rendu cet homme sensible à une femme qui promettait de le réparer ? Quel besoin d'être aimé lui a fait accepter l'inacceptable ? Comprendre ce point d'accroche n'est pas se rendre coupable de la relation. C'est se donner les moyens de ne pas retomber sur un pervers narcissique quel que soit son sexe. Le cœur de ce travail est un déplacement de la culpabilité vers la compréhension. Comprendre que la honte éprouvée est un effet de la relation et non une vérité sur soi. C'est à partir de là que l'on peut relire les années passées sans se les reprocher, renouer avec ceux que l'on avait laissés et cesser de se définir par le regard qu'elles portaient. Reste la reconstruction. Après des années de dénigrement, l'estime de soi est en lambeaux. L'homme ciblé peut traverser une dépression sévère, parfois avec des idées noires. ou une impossibilité durable de s'engager à nouveau. La reconstruction passe par la réappropriation de sa valeur, de ses qualités et de son droit à être respectée. Elle est longue et elle est possible. Elle demande le plus souvent un accompagnement, parce que la confusion installée par l'emprise ne se dissipe pas seule et que la honte, sans regard extérieur, se reconstitue. Si vous ne deviez retenir que trois choses de cet épisode, ce serait celle-ci. La femme perverse narcissique a la structure de son homologue masculin. Absence d'empathie, besoin de contrôle, emprise progressive sur un partenaire choisi pour ses failles. Elle se distingue par ses armes. Séduction, victimisation, parole qui humilie, inversion accusatoire et instrumentalisation des enfants, toutes protégées par le crédit social accordé aux féminins. Et la honte qui fait taire l'homme ciblé est un effet de l'emprise, non une vérité sur lui. Les trois issues sont la distance, la parole et l'accompagnement. La reconnaissance du pervers narcissique au féminin n'est pas une querelle de genre. C'est un enjeu clinique. Tant que la femme perverse narcissique restera impensable, les personnes qu'elle vise resteront muettes et les hommes qui la décrivent continueront d'être soupçonnés avant d'être entendus. L'inverse est vrai aussi. Le discernement reste nécessaire parce que le vocabulaire de l'emprise peut être retourné. Ce sont les faits, leurs répétitions et leurs effets qui permettent de conclure. Non le sexe de la personne qui accuse, ni celui de la personne accusée. Si vous êtes un homme pris dans une relation avec une femme manipulatrice, ce que vous vivez a un nom, il est réel. Et il ne dit rien de votre valeur. La sortie existe. Elle passe par la distance, par la parole et par l'aide. Et vous n'avez pas à l'emprunter seul. Depuis plus de 30 ans, mon équipe de psychologues spécialisés et moi-même avons accompagné des milliers de victimes de pervers narcissiques partout dans le monde grâce à la vidéoconsultation. Continuez à nous suivre sur cette chaîne et sur www.pervers-narcissique.com