Speaker #0Bienvenue sur le podcast de la souveraineté personnelle. Le podcast qui vous accompagne à redevenir roi et reine en votre royaume. Je suis Sylvie Renoulet, psychopraticienne et sophrologue, et je vous accompagne sur le chemin de votre souveraineté. Vous écoutez l'épisode numéro 23, Souveraineté et Gratitude, un regard qui transforme. Bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode de mon podcast consacré à la souveraineté personnelle. Avant de commencer, je tiens à vous remercier, encore, pour vos messages si touchants, notamment après les épisodes sur l'échec ou sur l'importance de penser par soi-même. C'est un vrai cadeau de sentir que ces sujets résonnent au-delà de la pièce dans laquelle j'enregistre ces épisodes. Alors justement, parlons-en de cette idée de remercier, ce que l'on appelle la gratitude. Il y a la gratitude que je qualifierais de surface. Le « merci » que l'on adresse de manière automatique, par éducation, ou celui aussi qu'on affiche sur les réseaux avec « merci la vie » qui vient commenter un coucher de soleil ou je ne sais quelle autre photo. Et c'est déjà un premier niveau dans la gratitude, un niveau qui participe au vivre ensemble et qui permet aussi justement un premier niveau de conscience. Et puis il y a, au-dessus, la gratitude comme choix, comme posture intérieure face au monde. Ce ressenti profond qui dessine un sourire sur notre visage, qui apporte cette douce chaleur dans notre ventre lorsque l'on pense à la chance que l'on a de vivre telle expérience, de voir ou d'avoir telle chose. En formation, j'entends régulièrement des phrases comme « En France, tout va mal » , « Rien ne marche » , etc. Et puis, quelques minutes plus tard, la même personne va ajouter, presque sans y penser « Heureusement, j'ai pu bénéficier de telles allocations, de l'assurance maladie, de la cantine scolaire pour mes enfants, et d'autres choses encore. » Je crois qu'il n'y a aucune hypocrisie là-dedans. C'est humain. Notre cerveau est programmé pour repérer le manque, le danger, la menace. C'est ce qu'on appelle le biais de négativité, un mécanisme de survie ancestral. Pourquoi ? Eh bien parce que pendant des centaines de milliers d'années, nos lointains ancêtres ont vécu dans un environnement où ne pas voir un prédateur pouvait coûter la vie. Tandis que manquer une occasion de cueillir des baies n'était pas fatale. Le cerveau a donc développé une sorte de règle des cinq contraintes. Une expérience négative, c'est-à-dire une critique, une menace, une perte, laisse une empreinte cinq fois plus forte dans notre mémoire qu'une expérience positive de même intensité. Nous mémorisons plus vite, plus longtemps et avec plus d'émotion ce qui va mal que ce qui va bien. Les neurosciences modernes confirment cela. L'amidale, cette toute petite structure du cerveau limbique, agit comme un système d'alerte. Elle scanne en permanence l'environnement à la recherche de signaux de danger, réels ou perçus comme tels. En cas de menace, même symbolique, un regard désapprobateur, un mail stressant, elle déclenche une cascade hormonale ... notamment d'adrénaline, de cortisol, qui préparent le corps à fuir, combattre ou à se figer. Pendant ce temps, les régions liées à la réflexion calme, à la créativité ou à la connexion, qui sont régies essentiellement par le cortex préfrontal, sont temporairement mises en veille. La théorie polyvagale détaille d'ailleurs très bien ces mécanismes, et j'y consacrerai sans doute un prochain épisode. Ce mode de fonctionnement était évidemment vital dans un environnement hostile. Mais dans notre monde moderne, où les menaces sont souvent psychologiques, sociales ou existentielles, stress au travail, comparaison sur les réseaux sociaux, incertitude économique, ce même système tourne en boucle sans issue de secours. Résultat, nous vivons dans un état de vigilance chronique, de plainte, souvent légitime d'ailleurs, focaliser sur ce qui cloche, ce qui manque, ce qui pourrait mal tourner, et nous passons à côté de ce qui, dans le même temps, fonctionne, soutient, remplit. Et c'est là que la gratitude entre en jeu. Non pas comme une obligation morale, ni d'ailleurs comme un déni de la réalité, mais comme une espèce de contre-pouvoir conscient. un entraînement quotidien pour rééquilibrer l'attention. Pour dire au cerveau, oui, il y a du danger, mais il y a aussi de la sécurité. Il y a du manque, mais il y a aussi de l'existant. Et c'est précisément ce choix lucide, courageux, répété, qui fait de la gratitude un acte de souveraineté à mes yeux. Les neurosciences sont très claires là-dessus. Quand on pratique régulièrement la gratitude, le cerveau change. Non pas du jour au lendemain, bien sûr, mais au fil du temps, grâce à ce qu'on appelle la neuroplasticité. Des études en imagerie cérébrale, comme celle du chercheur Kini en 2016, ont montré que chez les personnes qui pratiquent la gratitude, cette fameuse amygdale, notre centre d'alerte, devient moins réactive. Ce n'est pas qu'elle disparaît, elle cesse simplement. de sonner l'alarme à tout bout de champ. En même temps, d'autres recherches, notamment celle d'une neurologue Roland Zann, révèlent que la gratitude active profondément notre cortex préfrontal, cette région qui nous permet de prendre du recul, de discerner, de choisir, plutôt que de réagir. Et curieusement, ces pratiques simples renforcent aussi l'hippocampe, qui est impliqué à la fois dans la mémoire et dans la régulation émotionnelle, comme si, en reconnaissant ce qui est bon, on créait un refuge intérieur plus stable. Autrement dit, la gratitude calme le mental anxieux et renforce la clarté dans le même temps. Pas par magie, mais parce qu'elle réoriente l'attention et qu'avec le temps, le cerveau suit. J'utilise souvent cette image quand je veux expliquer ce phénomène. Imaginez la photo d'une table sur laquelle il y a tout un tas d'objets. De la vaisselle, des couverts, un téléphone, des livres, des stylos. Et une bouteille qui trône au milieu de tout ce bric-à-brac. La bouteille est au premier plan de cette photo et est très nette. alors que tous les autres objets qui l'entourent sont flous. La bouteille représente tout ce qui ne va pas dans notre vie, ce qui nous manque. Et le fait qu'elle soit nette et au premier plan a tendance à effacer tout le reste. Et donc, notre attention va logiquement être attirée par elle. Notre cerveau va ainsi focaliser sur les problèmes, ce qui ne fonctionne pas, et va tourner en boucle là-dessus. S'exercer à la gratitude, c'est comme régler la focale différemment pour que l'ensemble de la photo redevienne nette. Et donc, que la bouteille reprenne sa juste place au milieu de tout le reste et ne soit pas forcément au premier plan. Et donc, en faisant cela, en réorientant l'attention, le cerveau va prendre l'habitude de regarder ailleurs, de se focaliser sur d'autres choses va ouvrir son champ de vision et c'est là qu'il va pouvoir identifier des éléments invisibles avant, éléments qui peuvent être de nature à offrir un début de solution aux problèmes qu'il y a à résoudre. Mais attention, comme je l'ai dit tout à l'heure, ce n'est pas magique, ce n'est pas pense positif et tout ira bien, non. C'est un entraînement, une discipline réelle mais légère, comme nous le ferions pour renforcer un muscle de notre corps. Alors, attention également, la gratitude n'efface pas la douleur. Elle ne nie pas les injustices. Elle ne demande pas de sourire quand on souffre. Lorsqu'on vit des émotions difficiles, il est essentiel de les accueillir, de les écouter. Et je vous renvoie pour cela aux épisodes 6 et 7 de ce podcast qui détaillent cet aspect. Non, la gratitude dit simplement, même ici, même maintenant, il y a aussi quelque chose qui tient. Et c'est là que le lien avec la souveraineté devient pour moi évident. Tant que notre regard est capté par l'extérieur, ce qui manque, ce qui cloche, ce qu'on devrait avoir, on est dépendant de ce regard. Ce sont ces éléments-là qui décident de... comment je me sens et de comment je vais. Alors que quand on choisit consciemment de poser aussi son attention sur ce qui est déjà là et qui est bon, beau, agréable, on reprend la main, on redevient maître de son regard. Ce n'est pas de l'aveuglement, c'est de la lucidité élargie. Alors concrètement, Comment inviter cette gratitude ? dans notre espace intérieur et la cultiver. Voici trois pratiques simples que vous pouvez mettre en place. Tout d'abord, la revue quotidienne de gratitude. Vous avez probablement déjà entendu parler de cette pratique consistant chaque soir à passer en revue sa journée en faisant en sorte de trouver au moins trois choses, trois éléments, trois expériences vécues dans cette journée et pour lesquelles on peut ressentir de la gratitude. Pas besoin d'un miracle, cela peut être un rayon de soleil, un message inattendu, une tasse de thé chaude, un échange impromptu, peu importe. Vous pouvez les noter, et je vous le conseille, si vous sentez que vous avez naturellement tendance à perdre de vue cette gratitude, le fait d'écrire renforcera le phénomène. Et vous pouvez aussi juste la ressentir dans votre corps, dans votre esprit. Ce processus va activer le circuit de la reconnaissance dans le cerveau, Un circuit. beaucoup plus puissant à long terme que celui de la récompense plus fugace. Une autre habitude que vous pouvez également intégrer, c'est ce que j'appelle la gratitude incarnée. Celle-ci est peut-être plus difficile à mettre en œuvre au début, car elle implique une vigilance de l'instant. Quand vous recevez quelque chose, un mail, un service rapide dans un commerce ou une administration, un compliment, prenez quelques secondes pour sentir la sensation dans votre corps. Un relâchement, une chaleur, un soulagement, quoi que ce soit. Cette habitude permet justement d'ancrer la gratitude dans le corps et pas seulement dans la tête. Troisième possibilité, la gratitude critique. Oui, on peut être reconnaissant, reconnaissante et en colère. Exemple. Je suis en colère contre le système de santé qui se dégrade et je suis reconnaissante que ma mutuelle est remboursée 90 ou 100% de telle ou telle facture. Cela évite la dualité toxique, soit tout blanc, soit tout noir, et permet la nuance. La gratitude souveraine, ce n'est pas dire merci parce qu'il faut le dire. C'est... oser voir ce qui tient debout même quand le reste vacille. C'est refuser de laisser le manque occuper tout l'espace. C'est choisir chaque jour de ne pas être prisonnier ou prisonnière de son propre regard. Comme le disait la philosophe Simone Weil, la gratitude est le commencement de la justice. Parce qu'elle nous permet de voir ce qui est donné, pas seulement ce qui est dû. Parce que finalement, ce sur quoi on pose son attention grandit. Alors aujourd'hui, je vous laisse avec cette simple question. Qu'est-ce que je choisis de voir en plus de ce qui me manque ? Merci pour votre écoute et à très bientôt pour un prochain épisode. Si vous appréciez ce podcast, je vous invite à le noter 5 étoiles et à déposer un commentaire dans la rubrique « Avis » et pourquoi pas à le partager autour de vous. Vous retrouvez tous mes accompagnements et mes actualités sur mon site internet www.sophrolia.com. A très bientôt !