Speaker #0Bienvenue sur le podcast de la Souveraineté Personnelle, le podcast qui vous accompagne à redevenir roi et reine en votre royaume. Je suis Sylvie Renoulet, psychopraticienne et sophrologue, et je vous accompagne sur le chemin de votre souveraineté. Vous écoutez l'épisode numéro 24, Souveraineté et pardon, se libérer sans se trahir. Bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode de mon podcast. consacrée à la souveraineté personnelle. Avant d'entrer dans le thème de cet épisode, j'ai envie de prendre un court instant pour revenir sur le fait que le présent épisode est le 24e de ce podcast, qui fête donc sa toute première bougie. Une année de réflexion, de partage, de questionnement autour de la souveraineté personnelle. Et j'avais simplement envie de vous dire merci. Merci d'être là, d'écouter, de réfléchir avec moi sur tous ces sujets qui me passionnent. Alors aujourd'hui, j'aimerais vous proposer un thème un peu délicat, celui du pardon. Comme je le fais régulièrement, je vais commencer par un peu d'étymologie. Le mot pardon vient du latin perdonare. Donare signifie donner. Accorder et le préfixe « pair » indiquent l'intensité, l'achèvement, donner pleinement, aller jusqu'au bout. A l'origine, ce terme était employé au sujet d'une dette et renvoyait à une idée assez concrète de relâcher cette dette, de cesser d'exiger réparation et finalement de desserrer un lien, financier en l'occurrence, qui existait entre deux personnes. Avec le temps, et notamment avec l'influence religieuse, le pardon est devenu un devoir. Et c'est associé à des notions d'excuses, de tolérance, voire d'absolution morale. Il faut pardonner. Si tu ne pardonnes pas, tu restes prisonnier. Pardonner, c'est être une bonne personne. Encore et toujours, des injonctions. Sauf qu'une injonction ne libère jamais. Elle crée de la pression, de la culpabilité, parfois même de la violence intérieure. Dans ma pratique, je rencontre souvent des personnes qui me disent « je sais qu'il faudrait que je pardonne, mais je n'y arrive pas » . Je m'empresse alors de rappeler que c'est normal de ne pas y arriver, parce que ce n'est pas comme ça que ça marche. Il est vrai que du point de vue neuroscientifique, garder une rancune active surtout quand elle est intense ou ancienne, maintient le cerveau dans un état de vigilance permanente. Le système nerveux interprète la blessure non digérée comme un danger toujours présent. Cela va avoir diverses conséquences tout à fait concrètes en termes de physiologie, comme l'activation chronique de l'amidale, cette petite glande qui contrôle notre système nerveux, la sécrétion prolongée de cortisol, la fameuse hormone du stress, des difficultés de régulation émotionnelle, de la fatigue, des ruminations. Mais, et c'est très important à comprendre, le cerveau ne sait pas faire semblant. Si je me force à pardonner, intellectuellement, alors que émotionnellement la blessure est toujours vive, le corps, lui, ne suivra pas. Et cette dissonance peut être plus délétère encore. que l'absence explicite de pardon. Alors je vais le dire très clairement, selon moi, non, on ne doit pas pardonner. Surtout pas dans les cas de violence, d'abus, de trahison profonde. Se forcer à pardonner, cela peut parfois conduire à minimiser ce qui a été vécu, à nier sa propre souffrance ou même à se trahir une nouvelle fois. La souveraineté, ce n'est pas être spirituellement correct. C'est avant tout être juste avec soi-même. Et parfois. La seule posture saine, c'est de dire « pour l'instant, je ne peux pas, je ne veux pas pardonner » . Et c'est OK. Mais alors, qu'est-ce que le pardon quand il est souverain ? Eh bien, dans une approche souveraine, le pardon n'est plus un objectif. C'est une conséquence possible d'un processus profond. Il peut se produire Quand la blessure a été reconnue, quand la colère a pu s'exprimer, quand la tristesse a été accueillie, quand la sécurité intérieure est revenue. Et parfois, il n'arrive pas. Et pourtant, la personne se sent libre. Parce que le vrai critère n'est pas « ai-je pardonné ? » mais plutôt « est-ce que ce lien me gouverne encore ? » Alors voici quelques repères qui me paraissent essentiels. Non pas pour pardonner à tout prix, mais pour se libérer intérieurement. La première étape consiste à mettre des mots précis sur ce qui a été vécu. Au-delà des formules globales comme « il ou elle m'a fait du mal » , je vous invite à vous poser cette question avec honnêteté. Qu'est-ce qui a été touché, blessé en moi ? Une limite qui a été franchie, une valeur profondément bafouée, un besoin fondamental ignoré, une confiance trahie, une part vulnérable de moi qui n'a pas été respectée. Nommer précisément la blessure, c'est déjà reprendre du pouvoir. On sort du flou émotionnel pour entrer dans une compréhension plus fine de ce qui s'est réellement joué. Et très souvent, ce n'est pas seulement l'acte en lui-même qui fait mal, mais ce qu'il a réveillé de plus ancien, de plus intime en nous. Ensuite, accueillir la colère, avec le moins de jugement possible. Je sais, la colère a mauvaise réputation. Et pourtant... Elle est bien souvent une énergie de protection. La colère surgit quand quelque chose d'important a été violé. La nier, la refouler, la juger, c'est risquer de la retourner contre soi. Fatigue chronique, somatisation, culpabilité, autosabotage. Accueillir la colère ne signifie pas la déverser sur les autres. Cela signifie lui donner un espace d'expression sain et sécurisé. Et chacun peut trouver ce qui lui convient. Écrire des lettres, que l'on n'en verra jamais, et que l'on peut ensuite brûler. Hurler dans sa voiture ou au milieu des bois. Taper dans des coussins ou un sac de frappe. Bouger son corps, transpirer, libérer l'énergie accumulée. Peu importe la forme, ce qui compte, c'est que l'émotion puisse circuler. Et très souvent... Une fois que cette colère a été entendue, reconnue, respectée, elle cesse de nous tordre le ventre. Lorsque l'émotion s'apaise un peu, une question importante peut alors émerger. Qu'est-ce que je continue à attendre de cette personne, qui très probablement ne viendra jamais ? Des excuses ? Une reconnaissance ? une réparation une prise de conscience cette attente silencieuse maintient un lien invisible et très puissant et tant qu'elle est là cette attente l'histoire continue de nous structurer intérieurement Renoncer à cette attente n'est pas renoncer à sa dignité ni à la justice, c'est au contraire reprendre sa liberté. C'est accepter que certaines personnes ne seront jamais capables de nous donner ce que nous aurions été en droit d'attendre et ne seront jamais capables non plus de nous demander ce pardon à leur accorder. Accepter cela, c'est souvent à partir de là que la libération commence. Si ce travail de libération est si important, ce n'est pas seulement sur le plan psychologique. Les neurosciences montrent aujourd'hui que les blessures émotionnelles non digérées laissent une empreinte durable dans le cerveau et dans le corps. Lorsqu'un événement douloureux survient, c'est le cerveau émotionnel, à nouveau cette fameuse amygdale, qui s'active. Nous l'avons déjà évoqué, son rôle est de nous protéger. Le problème, c'est qu'elle ne distingue pas pas le passé du présent. Donc, tant que l'émotion n'a pas été intégrée, le cerveau continue de se comporter comme si le danger était encore là. C'est ce qui explique ces réactions parfois disproportionnées, ces colères soudaines, ces fermetures ou ces peurs qui semblent surgir sans raison. Le cerveau ne cherche pas à nous faire souffrir, il cherche à éviter que cela recommence. Par ailleurs, La mémoire émotionnelle est en grande partie corporelle et implicite. On peut avoir compris une situation mentalement tout en continuant à la porter dans le corps. C'est pourquoi se forcer à pardonner, sans avoir traversé les émotions, peut créer un décalage. Le mental dit « c'est réglé, j'ai tourné la page » , mais le système nerveux, lui, reste en état d'alerte. Lorsque l'on prend le temps de nommer les blessures, de laisser circuler la colère, de renoncer à ce que l'on attend encore de l'autre, le cerveau reçoit alors un message nouveau du type « le danger est reconnu et je ne suis plus impuissant ou impuissante » . Et à ce stade, quelque chose change profondément. l'énergie qui était tournée vers l'autre, vers ce qu'il ou elle aurait dû faire, dire, comprendre, peut enfin revenir vers soi. Progressivement, le système nerveux s'apaise, les ruminations diminuent et une distanciation devient possible. Et c'est seulement là que parfois, le pardon peut émerger, naturellement, pas comme une obligation morale. mais comme un effet secondaire de la libération intérieure. Le pardon souverain, quand il existe, ressemble souvent à ceci. Je choisis de ne plus laisser cette histoire conditionner ma vie. Il ne s'agit pas d'effacer le passé. Il ne s'agit pas d'excuser. Il ne s'agit pas non plus de minimiser. Il s'agit de cesser. de donner du pouvoir à ce qui a blessé. Il s'agit de se choisir. Et parfois, ce mouvement intérieur se fait sans le mot pardon. Parfois, il prend la forme d'une distance juste, parfois d'un cadre clair ou d'un nom définitif. Le pardon n'est ni un oubli, ni une obligation morale et encore moins une soumission. C'est la conséquence possible d'un profond processus de reconnaissance de soi. Et ce pardon, quand il est libre, quand il est juste, quand il arrive au bon moment, il n'est pas un cadeau fait à l'autre. Il est un acte de souveraineté envers soi-même. Merci pour votre écoute et à très bientôt pour un prochain épisode. Si vous appréciez ce podcast, je vous invite à le noter 5 étoiles et à déposer un commentaire dans la rubrique avis, et pourquoi pas à le partager autour de vous. Vous retrouvez tous mes accompagnements et mes actualités sur mon site internet www.sophrolia.com S-O-P-H-R-O-L-I-A.com A très bientôt !