Speaker #0Bienvenue sur le podcast de la souveraineté personnelle, le podcast qui vous accompagne à redevenir roi et reine en votre royaume. Je suis Sylvie Renoulet, psychopraticienne et sophrologue, et je vous accompagne sur le chemin de votre souveraineté. Vous écoutez l'épisode 34. Pourquoi répétons-nous toujours les mêmes schémas ? Bonjour et bienvenue dans ce podcast dédié à la souveraineté personnelle. Aujourd'hui, j'aimerais vous parler d'un sujet qui revient très souvent dans mes accompagnements, mais aussi dans certaines discussions du quotidien. Cette impression étrange, parfois décourageante, de revivre encore et encore les mêmes situations. On change de partenaire, mais on retrouve le même type de relation. On change de travail, mais l'on retombe dans les mêmes problématiques. On se promet de ne plus se taire, et pourtant, au moment venu, on n'ose toujours pas dire ce que l'on pense. On décide de prendre soin de soi, puis, quelques semaines plus tard, on s'oublie à nouveau. Et parfois on finit par se dire, mais pourquoi est-ce que je retombe toujours là-dedans ? Ou dans une version un peu plus agacée, mais enfin, je le sais pourtant, pourquoi je recommence ? Eh bien justement, c'est peut-être là que les choses deviennent intéressantes. Parce que comprendre intellectuellement un schéma ne suffit pas toujours à le transformer. Et c'est souvent cela qui nous décourage. On pense qu'une fois qu'on a compris, ça devrait changer. Mais le psychisme humain, le corps, le système nerveux, les croyances, les mécanismes d'attachement, tout cela ne fonctionne pas comme un simple fichier informatique qu'on pourrait supprimer en appuyant sur « effacer » . Ce serait pratique, je vous l'accorde. On pourrait faire « supprimer schéma d'autosabotage » , « vider la corbeille » , « redémarrer le système » . Malheureusement, ou heureusement peut-être, l'être humain est un peu plus complexe qu'un ordinateur. Alors aujourd'hui, je vous propose d'explorer pourquoi nous répétons certains schémas pour mieux comprendre ce qui se joue et commencer à retrouver un peu plus de liberté et donc de souveraineté. Parce que, vous le savez, c'est toujours cela qui m'intéresse. À quel moment est-ce que je suis pilotée par mes automatismes et à quel moment est-ce que je redeviens capable de choisir ? Pour commencer, j'aimerais poser une idée importante. Un schéma répétitif n'est pas forcément une erreur. C'est souvent une stratégie ancienne. Une manière de fonctionner qui a eu du sens à un moment donné. Un comportement, une croyance, une posture intérieure qui nous a peut-être aidé à nous adapter, à nous sentir aimé, à éviter le rejet, à nous protéger, à garder une place dans un système. Le problème, c'est qu'une stratégie qui a été utile à un moment peut devenir limitante plus tard. Par exemple, un enfant qui apprend très tôt Qu'il ne faut pas déranger, qu'il faut être sage, raisonnable, autonome, peut développer une grande capacité d'adaptation. Adulte, cette personne sera peut-être perçue comme fiable, mature. Sauf que de ce fait, elle pourra aussi avoir beaucoup de mal à demander de l'aide, à exprimer ses besoins ou à poser des limites. Ce qui était une adaptation devient un enfermement. Et c'est souvent ainsi que naissent les schémas répétitifs. Ils ne viennent pas de nulle part. Ils sont les traces de nos anciennes manières de survivre, de nous protéger ou de rester en lien. C'est là que la théorie de l'attachement peut nous aider à comprendre beaucoup de choses. La théorie de l'attachement, développée notamment par John Bowlby, puis enrichie par des personnes comme Mary Ainsworth, montrent que les premières relations que nous vivons avec nos figures d'attachement construisent en nous une sorte de modèle intérieur. Un modèle de ce que nous pouvons attendre des autres. un modèle de notre manière d'être en relation, un modèle de la sécurité ou de l'insécurité que nous trouvons dans le lien. Autrement dit, très tôt, nous apprenons inconsciemment à répondre à certaines questions du type « Est-ce que je peux compter sur l'autre ? » « Est-ce que mes besoins comptent ? » « Est-ce que je dois m'accrocher pour être aimé ? » « Est-ce que je dois me débrouiller seul ? » Est-ce que le lien est stable ou imprévisible ? Et bien sûr, tout cela ne se formule pas avec des mots dans la tête d'un bébé ou d'un enfant. Cela s'inscrit dans le corps, dans les émotions, dans la mémoire relationnelle. Plus tard, à l'âge adulte, ces modèles intérieurs peuvent influencer notre façon d'aimer, de choisir nos partenaires, de réagir aux conflits, de vivre la proximité ou la distance dans les relations. Ainsi, par exemple, une personne ayant un attachement plutôt anxieux pourra avoir tendance à craindre l'abandon, à chercher beaucoup de réassurance, à interpréter un silence comme un signe de rejet. Elle pourra en conséquence se retrouver attirée, sans le vouloir entièrement, par des personnes peu disponibles, puis souffrir énormément de leur distance. Et de l'extérieur, on pourrait lui dire « Mais enfin, pourquoi choisis-tu toujours des personnes indisponibles ? » Sauf que pour la personne concernée, ce n'est pas forcément vécu comme un choix. C'est ce que le système intérieur connaît. C'est douloureux, certes, mais c'est familier. Et notre système nerveux confond parfois le familier avec le sécurisant. Ce point est essentiel. Ce qui nous est familier n'est pas toujours bon pour nous. Mais parce que nous le connaissons, notre organisme sait comment s'y adapter. C'est là que le lien avec la théorie polyvagale devient très intéressant. La théorie polyvagale, développée par Stephen Porges et dont j'ai déjà parlé dans de précédents épisodes, nous rappelle que notre système nerveux scanne en permanence notre environnement pour détecter les signaux de sécurité ou de danger. C'est ce que l'on appelle la neuroception. Ce processus est largement inconscient. Avant même que nous ayons le temps de réfléchir, notre système nerveux évalue. Est-ce que je suis en sécurité ici ? Est-ce que cette personne est fiable ? Est-ce que je peux me détendre ? Est-ce que je dois me défendre, fuir, me figer ? Or, si notre système nerveux a appris très tôt Que l'amour est, par exemple, associé à l'instabilité, au manque, à la tension, au fait de devoir mériter sa place, il peut se retrouver activé dans des relations à l'âge adulte. Et parfois, une relation calme stable, respectueuse, peut sembler étrange, presque inconfortable. Non pas parce qu'elle est mauvaise, mais parce qu'elle ne correspond pas au vieux logiciel interne. C'est un peu comme si une partie de nous disait « tout se calme, cette stabilité, c'est suspect » . C'est bien sûr un peu caricatural, mais pas si loin de la réalité de notre fonctionnement. Certaines personnes s'ennuient dans des relations sécurisantes parce que leur système nerveux a confondu l'intensité avec l'amour. Elles ont connu l'ascenseur émotionnel, l'attente, l'incertitude, la peur de perdre l'autre. Et quand il n'y a plus tout cela, elles ne savent plus très bien quoi faire de la tranquillité. C'est la même chose dans le monde professionnel. Une personne qui a par exemple appris à exister en étant utile, peut se retrouver, emploi après emploi, à prendre trop de responsabilités. Si elle en a conscience, elle peut commencer un nouveau poste en se disant « Cette fois, je vais poser mes limites. » Et puis, quelques mois plus tard, cette personne est encore celle qui dépanne tout le monde, qui termine les dossiers des autres, qui répond aux messages à 22h et qui finit par se demander pourquoi elle est épuisée. Là encore, ce n'est pas un manque d'intelligence ou de volonté, c'est un schéma. Et ce schéma est souvent soutenu par des croyances. Les croyances jouent un rôle majeur dans la répétition. Une croyance n'est pas simplement une idée à laquelle on pense de temps en temps, c'est une grille de lecture, une manière d'interpréter la réalité. Par exemple, je dois être irréprochable pour être respecté. Ou encore, si je dis non, on va me rejeter. Je ne peux compter que sur moi dans la vie. Je ne suis pas assez bien pour être aimé. et évidemment bien d'autres encore. Ces croyances fonctionnent comme des filtres. Elles orientent notre attention. Elles influencent nos comportements. Et elles nous conduisent parfois à recréer les situations qui semblent les confirmer. C'est ce qu'on appelle le biais de confirmation. J'en ai déjà parlé à quelques reprises. Si je crois par exemple profondément que je ne suis pas écouté, Je vais repérer très vite tous les signes qui vont dans ce sens. Un regard distrait, une réponse un peu rapide, un message sans smiley, et je risque de passer à côté des signes qui racontent une autre histoire. À force, ma croyance de départ se renforce. Je me dis, tu vois, je le savais. Et plus la croyance se renforce, plus je me comporte en fonction d'elle. Ainsi, si je crois que les autres ne m'écoutent pas, je peux devenir plus insistant, plus méfiant, plus sur la défensive. Ce qui peut finir par fatiguer l'autre qui va peu à peu se fermer. Et moi, je confirme ma croyance. Tu vois, il ne m'écoute pas. C'est ainsi que certains schémas deviennent circulaires. Ils ne sont pas seulement dans notre tête, ils sont dans nos comportements, dans nos postures, dans notre système nerveux, dans nos cellules. Et c'est pour cela qu'ils se répètent. On retrouve cette logique dans beaucoup de conflits récurrents. Une personne se sent critiquée à la moindre observation. Une autre se sent abandonnée dès qu'il y a de la distance. Une autre encore se sent envahie dès qu'on lui demande quelque chose. Et chacun réagit depuis sa blessure, son histoire, son système de protection. Le problème, c'est que dans ces moments-là, nous avons rarement l'impression de réagir à partir du passé. Nous avons l'impression de réagir à la situation présente. Et pourtant, parfois, la réaction est disproportionnée par rapport à ce que la situation actuelle justifierait. C'est un indice précieux. Quand une réaction est très intense, très rapide, très automatique, il peut être utile de se demander. Est-ce que je réagis seulement à ce qui se passe maintenant ? Ou est-ce que quelque chose d'autre en moi est réactivé ? Cela ne veut pas dire que ce qui se passe à l'instant n'a aucune importance. Cela veut dire que la situation présente vient peut-être réveiller une ancienne mémoire émotionnelle. La souveraineté commence lorsque je peux voir le schéma. Pas forcément le transformer immédiatement, mais le voir. Là, quelque chose... s'ouvre car je ne suis plus totalement identifié à lui. Je peux me dire « Ah, là je suis en train de refaire ce que je fais toujours » . Et cette simple prise de conscience crée déjà un petit espace. Un espace entre le stimulus et la réponse. Un espace où le choix peut commencer à revenir. Mais comme nous l'avons évoqué au début de cet épisode, souvent cette prise de conscience ne suffit pas, il faut aller un peu plus loin. Par exemple, en repérant les déclencheurs. Est-ce que le schéma apparaît dans les relations amoureuses ? Dans les situations d'autorité ? Quand vous vous sentez jugé ? Quand quelqu'un prend de la distance ? Quand vous devez vous affirmer ? Plus vous identifiez les contextes d'activation, plus vous pouvez les faire évoluer. Troisième levier, un des plus importants. revenir au corps. Parce que nous l'avons vu, un schéma ne se manifeste pas seulement dans les pensées. Il se manifeste dans la physiologie, dans le système nerveux. Une tension dans la poitrine, un rythme cardiaque qui accélère, un nœud dans le ventre, une envie de fuir, une envie d'attaquer, une envie de disparaître. Apprendre à repérer ces signaux permet d'agir dessus. Utiliser la respiration, pratiquer certains exercices psychocorporels permet de faire circuler ces manifestations pour revenir à un état de connexion. Une quatrième piste consiste à créer de nouvelles expériences. Parce qu'un schéma se transforme aussi par l'expérience répétée d'autres choses. Par exemple, dire un petit non et constater que le lien ne s'effondre pas. Exprimer un besoin et constater que l'autre peut l'entendre. Choisir une relation plus stable et apprendre progressivement à accueillir la sécurité. Oser être visible et découvrir que la critique n'est pas forcément destructrice. Ce sont ces expériences nouvelles Répétez, qui permettent peu à peu au système intérieur de se réorganiser autour de ces nouvelles données. Et enfin, dernière piste, acceptez que cela puisse prendre du temps. Un schéma construit depuis des années ne disparaît pas en quelques jours. Il se dessert progressivement. Parfois, on avance. Parfois, on recommence. Mais on n'est plus totalement prisonnier ou prisonnière. Vos schémas répétitifs ne sont pas des preuves que vous êtes condamné à revivre toujours la même chose. Ils sont des messages, des traces, des stratégies anciennes. Et plus vous apprenez à les comprendre, à les repérer et à les prendre en compte physiologiquement, plus vous pouvez commencer à choisir autre chose. La souveraineté personnelle ne consiste pas à ne plus jamais être influencée par son histoire. Elle consiste à ne plus lui laisser toute la place dans le présent, afin de se donner une chance d'écrire un avenir différent. Merci pour votre écoute et à très bientôt pour un prochain épisode. Si vous appréciez ce podcast, je vous invite à le noter 5 étoiles et à déposer un commentaire dans la rubrique avis. Et pourquoi pas à le partager autour de vous. Vous retrouvez tous mes accompagnements et mes actualités sur mon site internet www.sophrolia.com A très bientôt !