- Speaker #0
Et si le problème, ce n'était pas vous, mais la manière dont vous essayez de le résoudre ? Bienvenue dans Le Problème à l'Envers, le podcast pour ceux qui ont tout essayé sans succès. Je suis Sarah Baudobono, thérapeute systémique et stratégie. Ensemble, nous explorons comment agir autrement, concrètement et surtout durablement. Avant de commencer,
- Speaker #1
n'oublie pas de t'abonner pour ne manquer aucun épisode. Alors, c'est parti !
- Speaker #0
Lila, merci beaucoup d'avoir accepté de témoigner sur ce podcast sur les douleurs chroniques. Bien évidemment, Lila est un pseudonyme pour préserver ton anonymat. Dis-moi Lila, quand tu es venue voir, tu souffrais de douleurs chroniques, qu'est-ce que tu peux dire ? de tes douleurs avant d'avoir consulté ?
- Speaker #1
Du coup, quand j'ai commencé à venir vous voir, ça faisait un an et demi que j'avais mal au poignet. C'était apparu à la rentrée de troisième et ce n'était pas passé malgré tout ce que j'avais essayé. Sinon, j'avais aussi une douleur en bas du dos à la suite d'un lumbago que j'avais eu à la fin de mon année de troisième. Donc, la douleur n'est pas passée.
- Speaker #0
Qu'est-ce que tu avais essayé de faire pendant ces un an et demi de douleur ? J'imagine qu'avant de venir me voir, tu avais déjà essayé un certain nombre de choses. Qu'est-ce que tu avais essayé par rapport à tout ça ?
- Speaker #1
Alors déjà, au début, on m'a dit que c'était à cause de mon téléphone. Donc, on m'a demandé d'arrêter d'écrire ensuite. En fait, j'étais sous traitement Roaccutane, donc on a pensé que c'était ça qui était la cause de tendinite. Donc, j'ai dû attendre. trois mois avant d'arrêter mon traitement et de voir si c'était ça. Au final, ce n'est pas passé. Donc, on a bien compris que ce n'était pas à cause de Roi-Jutan. Puis, en fait, on a diagnostiqué du coup de tendinite aux deux poignets. Et en fait, on a immobilisé ma main, deux mains, pendant plusieurs mois, peut-être huit mois, où j'avais vraiment les mains complètement immobilisées. Sauf que ça n'a absolument pas fait passer la douleur. Ça n'a rien changé. Je suis allée voir beaucoup de spécialistes. Je suis allée aussi voir un rheumatologue qui m'a fait une infiltration après avoir vu une présent tendomique de carvin. Sauf que l'infiltration, elle a vraiment empiré les choses et j'ai commencé à avoir bien plus mal au poignet où il m'avait fait la filtration. Donc, il n'y a aucun diagnostic, il n'y a rien qui prouvait que j'avais douleur dans l'examen.
- Speaker #0
Et les conséquences dans ton quotidien devaient être énormes ?
- Speaker #1
Du coup, en fait, oui. C'était surtout à l'école, tous les jours, que j'ai commencé à avoir mal. Donc, j'ai arrêté d'écrire. Au début, je forçais vraiment sur ma douleur, mais j'avais extrêmement mal. Donc, ça faisait qu'à un moment, j'ai arrêté d'écrire. J'écrivais la moitié de mes cours. Du coup, j'ai manqué beaucoup de choses. Sinon, aussi, au niveau de mes loisirs, j'ai dû arrêter le violoncelle complètement. J'ai essayé d'en faire... Pendant plus d'un an, je me suis accrochée à l'idée que je pouvais en faire, mais au final, ça n'a pas continué parce que j'avais trop mal quand je jouais. Du coup, j'ai dû arrêter de jouer du violoncelle et d'écrire à la main au collège. Donc, j'ai commencé à écrire à l'ordinateur.
- Speaker #0
Donc, de vraies conséquences et à la fois sur ton activité et le plaisir que t'es joué au violoncelle et à la fois en cours. Le fait de devoir écrire que à l'ordinateur, ça a eu des conséquences pour toi ?
- Speaker #1
En fait, déjà, ça a été assez compliqué à me mettre en place. Mais en gros, c'était assez bien accepté que je sois sur ordinateur. Mais par contre, au niveau des cours, c'est sûr que des fois, je perdais mes documents. J'avais plus de mal aussi à mémoriser parce qu'en arrêtant de lire, ça a complètement changé. Et je pense que la difficulté, ce n'était pas de m'y mettre. mais c'est de me remettre justement à écrire à la main parce que maintenant, je ne suis absolument pas du tout habituée à écrire à la main et c'est vraiment beaucoup plus compliqué qu'avant.
- Speaker #0
Finalement, tu as fait quelque chose qui était devenu naturel, d'écrire à la main est devenu aujourd'hui en fait très compliqué pour toi. Comment tu t'es sentie à cette époque où tu as essayé plein de choses, où tu as vu des médecins qui t'ont porté plusieurs diagnostics, des traitements médicamenteux ? Et la douleur, malgré tout, continuait. Tu te sentais comment avec ça ?
- Speaker #1
Au fait, je ne savais pas trop quoi penser. Moi, ce qui m'avait le plus touchée, c'est vraiment que j'ai arrêté le virus. Ça, ça m'a vraiment énormément touchée. Par contre, au niveau des médecins, je voyais bien qu'aux examens, il n'y avait rien de sûr. J'ai essayé énormément d'examens, mais je voyais surtout que les médecins ne s'accordaient pas dans leur diagnostic. Ce n'était jamais la même chose. J'avais l'impression qu'on me donnait le diagnostic d'une tendinite juste pour me donner un diagnostic. de trouver quelque chose, mais je voyais bien que les traitements n'étaient rien, les antideuleurs n'étaient rien, que tout ce qui aurait dû fonctionner n'a pas du tout fonctionné. J'ai surtout eu peur que ça dure toute ma vie et que ce soit quelque chose d'inconnu, je ne sais pas, peut-être une maladie, ou bien un problème, tout ça, un problème physique qu'on ne peut pas du tout faire partir et qui soit impossible à partir. Donc, j'avais peur que ça dure pour toujours.
- Speaker #0
Ok, je vois le doute. Et qu'est-ce que tu as essayé de faire pour soulager la douleur ?
- Speaker #1
Du coup, j'ai fait tout ce que les médecins m'ont demandé. J'ai pris des oxygènes inflammatoires pendant très longtemps. J'ai immobilisé complètement mes poignets. Mais en fait, moi, je voyais bien que ça ne faisait rien et que ça ne changeait absolument pas ma douleur. Donc, j'ai arrêté d'écrire. J'ai arrêté de faire du biocell. En fait, dès que j'avais mal, j'arrêtais de faire quoi que ce soit. J'ai pendant très longtemps continué d'écrire des pages de social en forçant énormément sur mes poignets. Je ne savais pas à combien de temps ça allait durer, je ne savais pas ce que c'était. Donc, je ne réalisais pas vraiment. Mais après, au bout d'un moment, j'ai complètement abandonné tout. J'ai vraiment juste reposé les poignets. Ça n'a rien fait.
- Speaker #0
Oui, c'est-à-dire qu'au début, tu te forçais en disant que ça allait passer. Mais finalement, à un moment donné, la douleur était telle que... tu as dû arrêter et même en arrêtant, en fait, ça ne changeait rien.
- Speaker #1
Oui, complètement.
- Speaker #0
Qu'est-ce qui fait qu'à un moment donné, tu t'es dit, après cette errance médicale, après ces diagnostics et ces traitements qui ne résolvaient pas et qui allégeaient pas tes douleurs, qu'est-ce qui fait qu'à un moment donné, tu t'es dit, je vais me tourner vers la thérapie, la thérapie systémique par exemple ?
- Speaker #1
En fait, au début, je ne savais pas trop. J'ai des douleurs psychosomatiques, tout ça. Je n'en avais jamais entendu parler. Du coup, le truc, c'est que je voyais bien qu'il n'y avait rien aux examens. Et en fait, c'est plutôt à force de me dire qu'il fallait que j'aille voir un psychologue, que je me suis dit que peut-être qu'il faudrait que j'envoie un. Parce que c'est mon ostéopathe qui, en essayant de... de me soulager un peu, elle m'a dit, oui, alors, je pense qu'il faudrait que tu ailles consulter un psychologue. mon ostéopathe m'a dirigée vers ce blog, ma kinésithérapeute, je crois que vous l'avez parlé, m'a dirigée aussi et puis, il y en a d'autres qui m'ont dit de faire de la méditation, de faire de la relaxation, de la relaxation, pardon. Donc, au bout d'un moment, je me suis dit qu'au final, ça pouvait être ça.
- Speaker #0
Et quel était le lien de la méditation, de la relaxation par rapport à tes douleurs au poignet, par rapport à tes douleurs au dos ?
- Speaker #1
En fait, pendant très longtemps, j'ai eu plein de spécialistes qui se sont absolument concentrés que sur le poignet. Au bout d'un moment, ça a été un peu plus élargé à mon corps entier. Et en allant voir le kiné et l'oxyopathe, je me suis rendue compte. On m'a dit que j'étais extrêmement tendue, c'est-à-dire que j'avais mal partout et j'étais réflexe en dos. En fait, je suis extrêmement tendue du dos. Donc, mon stéopathe et ma kiné ont essayé d'étendre un peu tout ça, mais en fait, ça ne fonctionnait pas du tout. Enfin, ça ne fonctionnait pas trop. Et du coup, elle m'a dit que peut-être que ce n'était pas seulement au niveau physique qu'il fallait agir, mais aussi au niveau mental.
- Speaker #0
C'est-à-dire qu'après avoir identifié un certain nombre... d'hypothèses sur les tendinites ou autres. Kiné et ostéo te disent peut-être que tu es tendu et donc fais de la relaxation et de la méditation, mais ça, mine de rien, ça n'a toujours pas abouti et elles t'ont conseillé de faire un travail plutôt psychothérapeutique. Et ton environnement, tes parents, comment ils réagissaient par rapport à... à toutes ces douleurs, cet arrêt du violoncelle, cette complexité scolaire qui s'ajoutait ?
- Speaker #1
Au niveau du violoncelle, pas grand-chose. En fait, moi, j'étais juste vraiment triste. Mais je le cachais vraiment beaucoup. La première fois que ma mère m'a vu pleurer en mettant un sépac de viande sale, que je ne pouvais pas faire à cause de mes douleurs, elle ne comprenait pas. Alors que moi, ça faisait un an que j'étais... Tous les soirs, ça me manquait énormément. Et par contre, ma mère était vraiment en soutien. Mon père aussi, mais c'est juste que mon père, parfois, il m'a vu un peu... Delante m'a dit que peut-être que ça n'allait jamais passer, qu'il fallait que je vive avec cette situation, et que ces douleurs, c'était comme ça, et qu'il fallait que je m'adapte, et qu'un jour, il allait falloir arrêter de chercher parce que ça ne pouvait pas partir. Donc ça, c'était... Moi aussi, je ne savais pas si ça allait partir ou pas. Je ne savais pas ce que c'était non plus. Mais entendre réellement le fait que ça pouvait être quelque chose, que personne ne connaît et en tant que la médecine à la limite, et qu'on ne peut pas tout déterminer, je ne sais pas quoi.
- Speaker #0
Oui, j'imagine, c'est extrêmement angoissant, presque.
- Speaker #1
Je me suis dit que si ça dure toute ma vie, comment je vais faire ?
- Speaker #0
Comment je vais faire pour passer toute ma vie avec ces douleurs ? Ok, comment ça s'est passé ? finalement, le travail thérapeutique, pour toi, qu'est-ce qu'il a permis, en fait ?
- Speaker #1
Alors, j'avoue qu'au début, j'étais extrêmement sceptique parce que, douleur psychosomatique, on s'est dit comme ça, on pensait à des trucs surréalistes et tout. Moi, je n'y croyais pas trop. Mais du coup, ce que ça m'a permis de réaliser, c'est que... Les poignées, c'est vraiment...
- Speaker #0
Parce que les douleurs, elles existent. Elles existent, c'est vraiment. Quand tu dis psychosomatique, mais tu avais mal, en fait.
- Speaker #1
En fait, pour moi, dire douleur psychosomatique, ça voulait dire que tout était dans ma tête et que les douleurs n'étaient pas réelles et que j'inventais et que je ne ressentais rien, alors que c'était faux. Je ressentais vraiment des douleurs. Mais pourtant, rien n'était présent. Il n'y avait aucune inflammation, rien. Donc, j'étais sceptique, mais en fait, du coup, ça m'a permis de réaliser que oui, c'était vraiment une douleur psychosomatique.
- Speaker #0
C'est-à-dire, avec le recul et le travail, psychosomatique, ça voulait dire, enfin, j'entends pour toi, ça voulait dire que la douleur, elle n'était pas réelle. Ça, c'était ce que tu pensais avant de commencer ce travail-là. et Aujourd'hui, ça veut dire quoi pour toi ?
- Speaker #1
Du coup, maintenant, je sais que la douleur est réelle. Je la ressens vraiment. C'est juste que ce n'est pas une douleur qui est causée par un problème physique, par une inflammation, par une infection, je ne sais pas. C'est une douleur qui est causée par… Soit c'est parce que je suis trop tendue et le fait que je sois trop tendue, ce n'est pas non plus quelque chose qui est causé par un problème physique. C'est surtout causé par le mental, du coup. soit c'est tout simplement parce que juste c'est des douleurs que je ressens mais qui sont pas qui existent pas on va dire qui existent pas physiquement ok et
- Speaker #0
à partir de quand pour toi il y a eu un changement qu'est-ce que dans l'accompagnement qu'est-ce qui t'a permis de d'avoir une autre perception de la situation par rapport à ces douleurs ? Et tu en es où aujourd'hui ?
- Speaker #1
Alors, du coup, même pendant… Du coup, je suis partie du fait que c'était des douleurs psychosomatiques au début, mais je n'y croyais toujours pas vraiment. Je me disais que c'était trop et c'était tout ça. Mais en fait, ce qui m'a fait réaliser que c'était… C'est un moment où je me suis réveillée une matinée et j'ai fait un exercice d'hypnose, d'auto-hypnose sur la douleur. Un exercice que j'avais déjà fait auparavant mais qui ne m'avait pas vraiment aidée. J'ai été dans cet état d'hypnose et je me suis rendue compte que je n'avais pas du tout mal pendant le temps où j'étais.
- Speaker #0
Lila, corrige-moi si je me trompe. Le travail s'est fait en plusieurs étapes, comme tu disais. précédemment, il y a un moment où par exemple tu allais contre la douleur, tu refusais la douleur et il y avait aussi des choses par ailleurs dans ta vie sur lesquelles tu mettais un peu le couvercle. Je dois avancer, je dois avancer sur certains aspects et on a fait l'hypothèse au départ que ça pouvait être aussi une origine de cette douleur.
- Speaker #1
Oui, parce que pareil avec le fait de dire que c'est mon corps qui devait exprimer ce que j'ai exprimé. À l'oral, ça m'a aussi fait prendre conscience un peu du fait que je reculais beaucoup les émissions et ce que je pensais et que je ne le disais pas à tout le monde. À ce niveau-là aussi, ça me parle un peu plus de prendre conscience. réaliser que ce n'est pas forcément la meilleure attitude à avoir.
- Speaker #0
Et donc, dans ce premier apprentissage qui est de « je ne dis pas les choses, je ne montre pas mes émotions, je mets un peu le couvercle dessus » , ça, ça avait permis déjà une première transformation, un premier changement plutôt ?
- Speaker #1
Du coup, j'avais commencé à faire quand même des choses que je n'aurais jamais vues. et après justement c'est surtout au niveau de moi de ce que j'ai compris que je pouvais dire et du fait que il fallait que je refaite ce que je voulais ou pas et que j'ai le droit de le dire et ça n'a pas changé la perception que les gens ont de moi si je dis non ou si je suis sur le point de ne pas le comprendre Merci.
- Speaker #0
posé tes limites et mesuré que ça n'avait pas forcément des conséquences dans la relation et que c'était plus confortable pour toi.
- Speaker #1
J'ai pu dire des choses aussi, même sans dire non, je ne sais pas, refuser quelque chose, j'ai pu dire des choses et un peu me libérer d'une certaine chose que j'avais gardée et que je ressentais bien après et qui m'a qui m'ont quand même aidée à... Là, ça a eu, sur tout, des impressions positives, plutôt que négatives, comme je me souviens. Ah,
- Speaker #0
ok. Et je me souviens également, correctement si je me trompe, qu'il y avait eu... On avait identifié, en fait, des exceptions dans ces douleurs. Une première exception sur laquelle tu avais été en voyage et... Pendant cette période-là, aucune douleur ? Oui. Et ça, ça avait été un premier pas finalement, qu'il pouvait y avoir des exceptions ?
- Speaker #1
Oui, du coup, il y avait ça et puis il y avait aussi le fait que ma douleur a continué en fonction des moments. Au début, c'était très précis, mais après ça s'est foutu, ça a changé tout le temps. Mais j'avais toujours mal dès que je faisais le mouvement, dès que j'y pensais, j'avais mal. Et oui, pendant mon voyage, j'ai vraiment eu aucune douleur toute la semaine. Parce qu'en fait, je n'ai pas écrit, je n'ai pas fait ce qui me faisait mal. Et puis, j'étais... Une semaine vraiment extrêmement repressante pour moi. Et c'était vraiment hors du quotidien, quoi. Et ça m'a fait réaliser que ça pouvait avoir un rapport avec... Avec justement... Peut-être que ça pouvait être vraiment une peur psychomatique.
- Speaker #0
du quotidien, en fait, finalement, qu'il y avait un lien entre ce que tu vivais au quotidien et les douleurs, et dès que tu sortais de ce quotidien, les douleurs disparaissaient, et donc, il pouvait y avoir quelque chose de différent en travaillant sur ce qui était finalement douloureux pour toi au quotidien. Et est-ce qu'il y a eu un moment de bascule, où là, finalement, on a... Il me semble que je t'avais posé une question où je vois encore ton visage, la bouche ouverte. Et j'ai le sentiment, mais corrige-moi si je me trompe, que ça a été un moment de bascule dans le processus d'apprentissage qui est « je peux faire quelque chose au niveau de ma douleur. Peut-être que ma douleur, elle est réelle, j'ai mal, mais il y a peut-être quelque chose derrière. »
- Speaker #1
Oui. En fait, cette phrase m'a percutée, vraiment. Parce que, oui, du coup, j'étais plutôt sur la voie de la réponse traumatique, mais je comprenais. pourquoi j'avais ça, je ne me reconnais pas pourquoi. C'était un peu bizarre pour moi et vraiment, j'étais un peu perdue dans tout ça. Et du coup, cette question, en fait, ça a un peu résonné mais je n'étais pas consciente. Ce n'était pas ah oui, cette question m'inspire. Non, c'était vraiment, ça m'a frappée. Il y a vraiment, il y a un lien. Et en fait,
- Speaker #0
c'est vraiment...
- Speaker #1
Oui, du coup, est-ce qu'il y a un... à aller bien. Et donc, j'ai énormément réfléchi sur, oui, est-ce qu'il y a un risque ? Pourquoi est-ce que j'ai ça ? Et en fait, je remonte à il y a très très longtemps. Et du coup, ça m'a vraiment fait revenir sur mon type de vie. Et j'ai réalisé pas mal de choses.
- Speaker #0
Oui, comme quoi. Parce que je me souviens, je t'avais posé la question parce que... À un moment donné, les douleurs avaient disparu, les douleurs au main avaient disparu, les douleurs au dos avaient disparu. Et à un moment donné, d'autres choses sont apparues, d'autres symptômes. Et je me suis dit, est-ce que Lila n'aurait pas effectivement la question que je lui ai posée, des risques à aller bien ? Un mâle remplacé à un mâle.
- Speaker #1
Oui, c'était un peu bizarre. En fait, ça a été un peu remplacé, on va dire. C'est plus que j'avais... En fait, je ne sais même plus. Je n'arrête pas vraiment à me souvenir de cette période-là. J'avoue que c'est un peu cool. Mais en fait, oui, c'est plus une douleur physique qui comptait. C'est vraiment, j'avais, enfin en fait, j'étais un peu détachée tout le temps. Et en fait, c'est ça qui a vraiment commencé à être ma première préoccupation, on va dire. Et du coup, ben oui, c'est à ce moment-là que vous m'avez posé cette question. Et je me suis dit, oui, c'est vrai. Et en fait, cette question, simplement cette question, ça a fait passer tous mes symptômes que j'avais eus pendant... Pendant plusieurs semaines, même presque un mois, je ne sais pas trop. Et du coup, je me suis rendu compte que oui, ça a vraiment été un moyen de réaliser quelque chose.
- Speaker #0
D'accord. Et du coup, ça t'a permis de réaliser quoi ?
- Speaker #1
Ça ne m'a pas permis de réaliser, ça m'a permis de m'interroger sur tout. Et de me promener sur le fait que oui. que non, je n'avais pas de réalisme, mais que j'avais toujours considéré que... En fait, j'avais toujours fait des douleurs au musculaire. Et ça, c'était vraiment absolument pas le sujet que j'avais considéré avant. Donc...
- Speaker #0
Une excuse pour... Les douleurs, elles étaient bien réelles. Elles te permettaient quoi, finalement, cette douleur, quand tu dis... je m'en servais d'excuse quelque part. Qu'est-ce que tu veux dire par là ?
- Speaker #1
En fait, c'est que là, du coup, ça ne remonte pas à longtemps. C'est un peu longtemps et j'ai toujours utilisé mes douleurs pour justifier le fait que j'avais des choses que je n'avais pas et donc bien même que je n'avais pas envie de faire. que je ne voulais pas faire, mais au lieu de le dire, au lieu de l'exprimer, je disais non, j'ai mal. Je ne peux pas. Je me fais une possibilité sur ce que je ne voulais pas faire, ce que je m'exclusais d'avoir mal fait, pour avoir une excuse plus valable que ce que je pense de moi.
- Speaker #0
C'est-à-dire que... soit je n'arrive pas à faire et donc la douleur me permet de justifier, ou il y avait également aussi des situations que tu ne voulais pas vivre et donc la douleur t'évitait de les vivre, ou tu disais aussi finalement, plutôt qu'échouer, je préférais encore avoir mal.
- Speaker #1
Oui, du coup aussi même le fait de dire oui, non, et en fait j'admets assez que ça fait toujours ça. ou non, je suis violée, j'ai mal, je ne peux pas faire ça. Ça me... Ça m'a toujours donné une façon de me justifier. Comme moi, je pensais que je n'étais pas assez bien.
- Speaker #0
C'est le lien avec la première séance qu'on avait eue, il me semble, corrige-moi Lila. qui était finalement la douleur, était l'expression de tout ce que tu n'arrivais jamais à exprimer, que ce soit en termes d'émotions, que ce soit en termes de pensées, que ce soit en termes de limites. Donc c'était ta façon à toi, bien évidemment pas consciente, de faire face à des situations qui étaient bien désagréables pour toi.
- Speaker #1
Oui, il y a aussi le fait que je me suis dit Merci. Quand j'ai vu ça, je me suis dit que c'était un peu... Je me sens un peu mal parce que je me suis dit, oui, pourquoi j'ai fait tout ça ? Je me suis dit, j'ai moi-même ça, alors que j'ai envie de vivre dans mon besoin. Et puis, ça fait un peu... Ouais, la fille qui a bu l'eau d'attention, et alors, c'est un boulot de l'heure. En fait, ça fait un peu ce que je considérais que j'avais. Je me suis dit que je me sens un peu mal. Ça n'a jamais été quelque chose que j'ai vu. C'était vraiment... C'est vraiment juste la première chose qui me venait.
- Speaker #0
Elle avait bien une fonction, en fait, cette douleur, parce que toutes tes douleurs, que ce soit les maux de tête quand tu étais plus jeune, pleurs des poignets, aux douleurs au dos, tout ça, c'était bien réel et inconscient de ta part. Voilà, ça avait une fonction. Toutes les douleurs, finalement, ont une fonction. Et du coup, c'est comment pour toi aujourd'hui ?
- Speaker #1
Bah, du coup, j'ai totalement changé de vision des choses. Du coup, en fait, au niveau de l'écriture, là, j'ai recommencé à me barrer de là. Et bon, en fait, c'est difficile, du coup, de repasser de la même façon. Mais en fait, j'ai souvent eu des moments où j'ai encore mal au poignet, mais ce n'est pas du tout la même chose que moi, parce qu'avant, quand j'avais le mal au poignet, je remenais ma douleur. J'avais du mal, j'étais encore mal. Oui, c'est toujours mal dès que je fais ça.
- Speaker #0
Il y avait une focalisation sur la douleur.
- Speaker #1
Voilà. Dès que j'écrivais, dès que je faisais... En fait, dans tout ce que je faisais tous les jours, il y avait la douleur. il y avait la pensée de cette douleur même la révention et donc forcément il y avait cette douleur alors que maintenant il y a beaucoup de moments où je me rends compte que je fais des choses qui sont censées supposer une formale et je mets absolument toute douleur et puis après quand je dis ah mais tiens c'est censé me permettre et bien je commence à avoir plus de douleur et c'est sûr qu'on sait que la vie est en train de se débrouiller et que voilà c'est réellement est-ce
- Speaker #0
qu'on pourrait dire Lila qu'il y avait Merci. la douleur était devenue tellement présente qu'il y avait une focalisation sur la douleur. Et donc, rien que le fait d'y penser, de commencer à y penser, provoquait quelque part la douleur. Et puis, une fois qu'elle était installée, il y avait cette espèce de rumination autour de cette douleur. Et maintenant, quand tu ne penses pas à la douleur, elle n'apparaît pas. Et quand elle apparaît, c'est différent déjà.
- Speaker #1
En fait, je vais dire que c'est la même douleur, mais plus que je ne la vois pas, c'est le même angle. En fait, elle est beaucoup moins présente, elle est beaucoup moins handicapante. Par exemple, quand j'écris et que ça me voit mal, je vais m'arrêter, je vais me donner un dernier, je vais me dire que ça me fait mal, ça me fait mal. Et bien, en fait, je continue et tout à un moment, la douleur, elle passe. Ce sont des pensées, elles passent avec. Et c'est des choses qui viennent et je ne les vois pas. C'est beaucoup moins dégagant. Et c'est surtout, je sais aussi que ce n'est pas quelque chose de définitif, que ce n'est pas une maladie endurable, je ne sais pas pourquoi. Et que du coup, j'ai la possibilité et que ça tient à moi. Donc,
- Speaker #0
tu as retrouvé du pouvoir sur cette douleur.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Super. Qu'est-ce que tu retiens de cette expérience, Lila, et pour les auditeurs ? Quel est le message que tu aurais envie de transmettre ?
- Speaker #1
Alors du coup, ce que je retiens, c'est vraiment que... En fait, j'ai énormément de questions juridiques sur ma propre situation.
- Speaker #0
J'imaginais jamais que j'aurais pu dire ça. J'imaginais même pas que c'était possible. Des fois, j'ai encore des doutes. Je me dis, est-ce que ce sera une grosse blague ? Comment est-ce que c'est possible ? Comment est-ce que c'est possible que ce soit aussi... Des fois, j'ai du mal à réaliser que ça arrive vraiment. Mais oui, vous voyez ça un peu comme... Je n'imaginais pas que ça... pouvait être réellement vrai, que ça pouvait réellement éviter et surtout que je ne me disais pas que ça pouvait m'arriver vous voyez,
- Speaker #1
aucune raison c'est juste ce qui fait que la douleur les douleurs psychologiques c'est utile, que la douleur pendant toutes ces années avait été utile pour toi et ça, ça crée une différence le fait que, est-ce que c'est ça que tu veux dire en fait dans jamais j'aurais imaginé ça j'aurais jamais imaginé pouvoir dire Ça, aujourd'hui, c'est un secret. Qu'est-ce que tu veux dire ?
- Speaker #0
Déjà ça, le fait d'avoir réalisé autant de choses et d'avoir pu comprendre pourquoi j'avais ces douleurs. Aucun médecin n'a pu me dire pourquoi, mais j'étais la seule à savoir pourquoi depuis le début. Et puis, oui, on sait que je suis partie négativement, je suis partie avec plein de questions. Et j'ai toujours des questions, mais ce n'est pas les mêmes. Je réfléchis beaucoup plus à ce qui s'est passé et j'ai compris énormément de choses. Et donc, ça m'a surtout aidée à comprendre que parfois, les choses, ce n'est pas ce qu'on pense en premier. Ça peut changer, la vision des choses peut changer. Et avec la vision des choses, la situation peut changer aussi. Si je pouvais dire un truc à quelqu'un, c'est que j'ai souvent parti du coup de défaitiste et je me suis souvent demandé, peut-être que ça ne va jamais passer, peut-être que j'aurai mal toute ma vie, peut-être que ça va m'indiquer toute ma vie. Je ne me connais surtout pas pourquoi j'avais ça, je ne me connais pas, j'avais l'impression d'être complètement seule. Parce que quand on regarde même sur Internet le témoignage du bâtiment climatique au début, j'essayais de m'y intéresser mais je n'y arrivais pas. Je voyais des gens, c'était surtout... le ménage de stress, de l'anxiété, etc. Je ne voyais pas vraiment de gens qui, pour moi, avaient des douleurs précises à des jours précis. Ça fait plusieurs années, des fois, c'était des douleurs qui changeaient pour les déménages, mais je ne voyais pas vraiment. Et du coup, je me suis dit, peut-être que je suis folle, c'est pas du tout ça et je vais vraiment vers le mauvais chemin. Mais au final, j'avais peur que ça ne passera jamais et que ça allait passer. Et puis d'ailleurs, c'est pareil, je suis allée voir un médecin il n'y a pas longtemps qui m'a donné une crème pour détendre les muscles. Donc ça c'est pyrénique, mais c'est causé par le motage. Et en fait, c'était la première médecin que j'entendais qui m'a vraiment dit, les yeux dans les yeux, elle m'a dit qu'ils étaient là, qu'ils étaient présents, qu'ils écoutaient et qu'ils allaient faire tout pour que la douleur passe. Parce qu'en fait, depuis le début, on voyait ça comme on ne sait pas ce que c'est. La médecine a des limites et ça va sûrement au-delà de ce que la médecine peut imaginer. Ça va sûrement au-delà des limites de la médecine. Donc, on va probablement bien pouvoir faire et ça va probablement pleurer plus tard. Donc, moi, je partais de ce que j'ai vu comme données. Même si on ne le disait pas concrètement, j'imaginais comme ça. Et au final, ce n'est pas une situation de sécurité.
- Speaker #1
Quels sont les outils que je t'ai donnés qui t'ont le plus permis ce processus ?
- Speaker #0
Du coup, il y a plusieurs choses. Des fois, c'était juste des questions qui me remuaient et qui ne me remuaient pas. L'hypnose aussi, ça a été le moyen de comprendre que peut-être que ça pouvait être des douleurs psychosomatiques parce que c'est une hypnose. que j'ai réellement, pour la première fois, réussi à ressentir plus de douleur. Et ça m'a permis aussi de penser à autre chose. Donc, l'hypnose sur les douleurs, c'est bien. Aussi, l'hypnose pour détendre, c'est bien parce que j'ai tout entendu et des fois, j'y repense et je peux mettre dans cet état et ça va mieux. Le reste c'est plutôt le dialogue, le raisonnement et le fait de commencer à réécrire. quelque chose que j'avais arrêté de faire, même réécrire pas forcément à l'école, passer de l'ordinateur à l'écriture simplement, réécrire mon journal intime, que j'avais vraiment arrêté d'écrire depuis très longtemps. Bah en fait, je me suis rendu compte qu'en écrivant, enfin écrire ça a toujours été pour moi le moyen d'expérimenter un peu, et j'avais complètement arrêté, et en fait ça m'a aidé de reprendre. Donc oui, des conseils, des techniques comme ça, je me dérange pas beaucoup.
- Speaker #1
Super, et bien merci beaucoup Lila, et puis peut-être bientôt le vouluroncel à nouveau ?
- Speaker #0
J'espère, oui.
- Speaker #1
Très bien, merci beaucoup. Merci d'avoir écouté cet épisode Le Problème à l'Envers. Si cet épisode t'a aidé à voir ton problème autrement, pense à t'abonner pour ne rien manquer. Et si tu connais quelqu'un qui a tout essayé sans succès, partage-lui cet épisode, fais-lui ce cadeau. Il pourrait changer sa manière de faire. Reviens dans 15 jours pour un nouvel épisode pour découvrir comment agir autrement, concrètement et durablement. Et souviens-toi, on ne tire pas sur la corde, on apprend à dénouer le nœud.
- Speaker #2
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