Speaker #0Vers 4h du matin, vos yeux s'ouvrent, la maison dort et presque immédiatement, une pensée arrive. Il faut que je me rendorme. Alors vous fermez les yeux, vous cherchez la bonne position, vous essayez de vous détendre, vous attendez et régulièrement vous vérifiez interneurment. Est-ce que je dors ? Évidemment, vous êtes... parfaitement réveillés. Et c'est quand même étrange. Pour dormir, il faudrait cesser de faire quelque chose que nous faisons habituellement très bien. Essayez. Parce qu'il existe une famille de phénomènes assez curieux. Plus nous faisons d'efforts pour les obtenir, plus ils semblent nous échapper. Dormir, être spontané, avoir confiance en soi, ne pas rougir, ne surtout pas Paniquer, tomber amoureux. Essayez là, maintenant, de vous donner un ordre, soit spontané. Vous vous sentez le problème ? Si vous vous obéissez à l'ordre, vous n'êtes déjà plus spontané. Le sommeil appartient un peu à cette drôle de famille. Alors aujourd'hui, je voudrais vous raconter l'histoire d'un homme qui pensait consulter pour un problème de sommeil. En réalité, son problème était devenu plus grand que ses nuits. Bienvenue dans le Problème à l'envers, le podcast pour celles et ceux qui ont tout essayé sans succès. Je suis Sarah Baudobono, thérapeute systémique et stratégique et hypnothérapeute. Ici, nous avons un drôle de réflexe. Nous ne cherchons pas seulement pourquoi un problème est apparu, nous regardons surtout ce qui le maintient vivant aujourd'hui. Et très souvent, ce sont précisément les solutions les plus logiques qui finissent par nourrir le problème. Parlons de Paul. J'ai évidemment modifié ce qui pourrait permettre de le reconnaître. Quand Paul vient me voir, il est récemment retraité. Enfin, retraité est un bien grand mot. Il continue à travailler deux, trois jours par semaine dans un labo. Il accompagne des étudiants. Il a un projet d'écriture et encore plein de choses dont je ne me souviens plus. Donc ce n'est pas exactement le genre de retraite où l'on passe ses journées à regarder pousser les géraniums. Et pourtant, quelque chose handicape sérieusement cette nouvelle vie. C'est nuit. Presque six nuits sur sept, Paul se réveille vers quatre heures. Au début, il attend. Trois quarts d'heure environ. Puis, quand il sent que le sommeil ne revient pas, il se lève, il se prépare un chocolat chaud. Des tartines, il lit, puis il finit parfois par se rendormir vers 7 ou 8 heures jusqu'à 11 heures midi. Et il dit « je n'ai plus de matin, je n'ai pas de matin » . Dure cette phrase, vous ne trouvez pas ? Parce qu'elle dit beaucoup plus que « je dors mal » . Paul avait attendu cette période de sa vie pour avoir davantage de temps. Et voilà qu'au moment où ce temps devenait enfin disponible, ses matinées disparaissaient. Il devait récupérer, décaler ses activités, neutraliser une partie de la journée, organiser son emploi du temps autour d'une seule et même question, est-ce que j'aurais suffisamment dormi ? Il avait encore tellement de choses qu'il voulait faire, son travail, ses traductions, ses écritures, ses étudiants, ses activités. Mais chaque mauvaise nuit venait poser une sorte de péage à l'entrée de sa journée. Pour pouvoir vivre, il fallait d'abord avoir suffisamment dormi. Le sommeil ne lui prenait donc pas seulement quelques heures pendant la nuit, il commençait à grignoter sa vie éveillée. Mais quand quelqu'un me raconte un problème comme ça, On écoute bien évidemment, j'écoute bien évidemment ce qu'il dit, mais j'écoute et je regarde aussi autre chose. J'écoute attentivement tout ce qu'il fait pour résoudre le problème. Alors je demande à Paul, quand vous vous réveillez à 4 heures, qu'est-ce que vous faites exactement ? Il me raconte. Il attend, puis il se lève, il mange, il boit son chocolat, il lit. S'il peut, il récupère le matin, le lendemain matin, il fait parfois des siestes. Et tout cela est parfaitement logique. C'est même important de le dire. Paul ne fait rien d'absurde. Il faisait exactement ce que beaucoup d'entre nous feraient, ce que beaucoup d'ailleurs d'insomniacs font. Vous êtes fatigué, vous récupérez, vous êtes réveillé, vous cherchez à vous apaiser, vous voulez dormir, vous créez les meilleures conditions possibles pour y parvenir. Il y a juste un problème. Ça ne fonctionne plus. Et il y avait ce chocolat. Je suis non-douvenée de cette habitude. Paul me raconte que lorsqu'il était enfant et qu'il avait du mal à dormir, sa mère lui apportait un lécho, un geste tendre, apaisant, un rituel qui disait presque « Tout va bien, mon chéri, tu peux te rendormir » . Sa mère était décédée récemment. Je pourrais très facilement construire une jolie explication psychologique autour de cette histoire, dire que Paul cherchait sa mère dans son chocolat. Ce serait séduisant, mais ce n'est pas ce qui nous intéresse ici. Parce que je ne sais pas si cette histoire explique son insomnie et nous, on ne cherche pas très bien le pourquoi. Et surtout, je n'en ai pas besoin. Parce que ce que j'observe, c'est simplement que ce rituel de réconfort, autrefois peut-être utile et qui fonctionnait, faisait désormais partie de ce qu'il répétait chaque nuit sans obtenir le résultat attendu. Une solution peut être excellente à un moment donné et devenir parfaitement inutile quelques années plus tard. Nous avons parfois du mal à abandonner les clés qui autrefois ouvraient les portes, même quand elles n'ouvrent plus rien. Donc je commence à voir apparaître une logique. Paul semble fonctionner selon deux règles impuissites. Je dois me réconforter. pour me rendormir. Et surtout, je dois dormir suffisamment pour pouvoir me reposer et fonctionner demain. Cette deuxième règle est particulièrement puissante. Parce qu'à partir du moment où dormir devient une condition pour bien vivre le lendemain, le sommeil n'est plus seulement souhaitable, il devient obligatoire. Et dès qu'il devient obligatoire, il se transforme en... performance. Imaginez que je vous dise, il faut absolument que vous dormiez maintenant, vous avez 6 heures, pas une minute de plus, pas une minute de moins. Demain, vous devez être brillant, concentré, disponible et surtout ne vous réveillez pas. Vous sentez ? Votre cerveau vient probablement de se redresser sur sa chaise parce que un cerveau à qui on annonce qu'un enjeu est important, fait précisément ce qu'on lui demande. Il surveille, il contrôle, il reste vigilant. C'est parfait pour traverser une rue très fréquentée. Beaucoup moins pour dormir. Le sommeil ressemble beaucoup plus à un chat qu'à un interrupteur. Un interrupteur, vous appuyez dessus, ça s'allume, ça s'éteint. Un chat. Essayez de le saisir lorsqu'il n'a aucune envie de venir. Il file. Vous le poursuivez, il accélère. Vous insistez, il disparaît sous un meuble. Mais asseyez-vous, occupez-vous d'autre chose, ignorez-le, cessez de le convoquer. Et parfois, il vient de lui-même. Se poser juste à côté de vous. Le sommeil a quelque chose de cet ordre-là. On peut créer des conditions favorables, mais on ne peut pas lui ordonner d'arriver. Et Paul ? sans le vouloir, passait une partie de ses nuits à courir après le chat. Il y avait d'ailleurs quelque chose qui m'intéressait beaucoup. Quand Paul était en vacances ou dans un gîte, ses nuits pouvaient être très différentes. Il lui arrivait davantage de rester dans son lit et de laisser simplement passer ses pensées. Ce sommeil, son sommeil, n'était donc pas une machine définitivement cassée. Le contexte modifiait déjà la manière dont il vivait ses réveils. Et ça, c'est important. Parce qu'en thérapie systémique, les exceptions nous intéressent énormément. Elles nous rappellent qu'un problème n'existe jamais exactement de la même manière partout, tout le temps et avec tout le monde. Et si le problème change selon le contexte, alors il existe déjà quelque part une porte de sortie. Alors, à ce stade, il pourrait être tentant de dire à Paul Bon, bah arrêtez tout ça, plus de chocolat, plus de récupération, plus de sieste, bah dormez, voilà. Évidemment, ça ne fonctionne pas comme ça. Parce que lorsqu'une personne continue à faire quelque chose qui ne marche plus, il y a généralement une bonne raison. Nous avons toujours des bonnes raisons de faire les choses. Et c'est là qu'une question devient essentielle. Que risque-t-elle à ses yeux si elle arrête ? Le changement a un prix. Au fil des séances, cela apparaît clairement chez Paul. Même quand son sommeil... commence à aller mieux, il reste extrêmement prudent avec ses matinées. Il accepte un rendez-vous matinal s'il lui est imposé. Mais de lui-même, il n'en programme presque pas. Alors, je lui demande ce qu'il redoute. Il me répond, si ça rate. Ça veut dire quoi, rater ? D'être dans le cirage, de ne pas avoir les yeux en face des trous. de ne pas réussir à mobiliser les bons arguments, ne pas être percutant, ne pas être suffisamment à l'écoute, ne pas répérer les erreurs suffisamment tôt. Voilà, il avait un process mental sur tout ce qui pouvait se passer s'il acceptait des rendez-vous après une mauvaise nuit. Voilà le risque. Paul ne protégeait pas seulement son sommeil, il protégeait sa capacité Merci. à être celui qu'il voulait être le matin, disponible, précis, intelligent, utile, à la hauteur et à sa place. Qui aurait envie de prendre ce risque ? C'est pour cela qu'il faut se moquer des conseils qui paraissent évidents. Lâcher prise, arrêter de contrôler, faire confiance, merci bien, la personne aurait souvent arrêté depuis longtemps. Si arrêter ne lui paraissait pas... plus dangereux que de continuer, de manière consciente ou inconsciente d'ailleurs. Avec Paul, nous avons donc commencé par déplacer une idée, une toute petite idée, mais elle changeait beaucoup de choses. Dormir et se reposer ne sont pas exactement synonymes. Quand il se réveillait, au lieu d'utiliser toute son énergie pour provoquer le rendormissement, je lui ai proposé de porter toute son attention sur son corps. Un scan corporel. Pas pour le faire dormir, justement pas. Simplement pour continuer à se reposer, même éveillé. C'est très différent. Parce qu'au lieu de se dire « il faut absolument que je dorme » , il pouvait commencer à expérimenter « je peux être réveillé sans que toute ma nuit soit foutue » . Et si le sommeil ne revenait pas après un moment, il pouvait se lever. Mais cette fois, plus de chocolat chaud, plus de tartines, plus de lecture confortable. Quelque chose d'utile, mais franchement peu enthousiasmant. Du ménage, du repassage par exemple. Un peu de ménage au milieu de la nuit a une qualité thérapeutique assez remarquable. Le lit retrouve rapidement beaucoup de charme. Et temporairement... Pas de sieste pour réparer la nuit. L'objectif n'était pas de le punir et encore moins de lui apprendre la bonne manière de dormir. Nous cherchions à casser une boucle très précise. Réveil, réconfort, récupération, journée décalée, nécessité de dormir suffisamment, sommeil encore plus précieux, nouvelle pression sur la nuit, réveil, réconfort, récupération, journée décalée, nécessité de dormir suffisamment. Sommeil encore plus précieux, nouvelle pression sur la nuit. Voilà, une boucle dysfonctionnelle dans laquelle tous les soirs, Paul revenait. Ce travail était construit pour Paul, avec sa manière de fonctionner, ses habitudes et ce qu'il redoutait. Pour quelqu'un d'autre, la stratégie aurait pu être complètement différente. Quelques semaines passent, Paul revient. Et cette fois, il commence la séance par « Oh, les choses s'arrangent ! » Il commence à se réveiller à deux heures qu'il qualifie lui-même de raisonnables. 7h30, il dort presque toutes les nuits ou réussit à se rendormir. Il a trouvé un nouvel équilibre autour d'un coucher tardif et d'un lever beaucoup plus matinal qu'avant. Et surtout, il peut recommencer à faire des choses le matin. Mais il reste une marche. Il continue à prendre des précautions. Ses nuits vont mieux, mais il n'ose pas encore vraiment récupérer ses matinées. Et c'est là que se situe une partie passionnante du changement. Parce qu'il ne suffit pas toujours de retirer ce qui entretient le problème. Il faut parfois réinventer le territoire que le problème avait occupé. Alors nous réfléchissons, parce que nous co-construisons en thérapie systémique et stratégique. On réfléchit, pas à une épreuve, pas à quelque chose qu'il faudrait réussir, mais à une expérience. Il pourrait mettre un réveil le matin, même s'il n'a absolument rien de prévu, et surtout s'il n'a absolument rien de prévu. Se lever à 8 heures, voir, sentir, observer, peut-être écrire, peut-être lire, activités qu'il peut interrompre. Quelque chose qui n'exige pas qu'il soit à 100% de ses capacités. Et je tiens vraiment à cette distinction. Il ne s'agissait pas de le mettre à l'épreuve, il s'agissait de vivre une expérience. Parce qu'à partir du moment où Paul se dit, il faut absolument que demain je sois performant pour prouver que je vais mieux, nous venons simplement de déplacer le problème. Le sommeil n'est plus l'examen, la matinée le devient. Et nous revoilà dans le même piège. Alors non, pas d'examen, pas de notes, pas de... performance une expérience mais on ce qui se passe et paul avait déjà vécu quelque chose de très important un matin il devait assister à une conférence il avait mal dormi exactement le jour de situation qu'il redoutait comme on dit parfois l'univers nous aide aussi et pourtant il y est allé il a tenu sa journée le scénario catastrophe n'est pas arriver. Cela ne prouvait évidemment pas qu'il pourrait désormais vivre éternellement sans dormir. Ce n'était pas le sujet, mais son cerveau venait d'enregistrer quelque chose de nouveau. Une nuit imparfaite n'entraîne pas nécessairement une journée impossible. Et ça, aucune explication théorique ne vaut cette expérience-là. La dernière séance Paul dit « Oh, ça se passe très bien » . Il fait désormais des nuits complètes et quand il se réveille, il se rendort rapidement. Son nouvel équilibre, il se couche vers 1h, il se réveille vers 8h sans réveil et surtout, il a récupéré ses matinées. Il travaille ses bouquins, ses écrits, ses lectures et il a même ajouté quelque chose qui n'était absolument pas initié au départ, il a rajouté une demi-heure de yoga le matin. Et j'aime beaucoup ce détail, parce qu'on voit que le changement dépasse déjà ce que nous avions construit ensemble. Paul n'applique pas une consigne, il habite de nouveau sa matinée. Le système a recommencé à produire ses propres solutions. À ce niveau-là, souvent on pose une question de consolidation. Voilà, si vous vouliez, Paul, revenir volontairement, délibérément à la situation de notre première séance, qu'est-ce que vous pouviez... « Qu'est-ce que vous pourriez, pardon, recommencer à faire ? » Paul réfléchit, puis il me répond. « Me dire, tu dois te rendormir, comme si je me disais, sois spontané. » Et là, là je sais que Paul a compris. Pas parce qu'il peut m'expliquer la théorie, pas parce qu'il connaît le mot paradoxe, mais parce qu'il est capable d'identifier exactement la porte par laquelle son ancien problème pourrait revenir. Et puis il ajoute « J'ai compris des trucs et je ne vois pas comment je pourrais arrêter de les comprendre. » Et je trouve cette phrase magnifique parce qu'elle dit quelque chose de très important sur le changement. Il y a des choses que nous pouvons apprendre intellectuellement et oublier. Et puis il y a des expériences que nous avons vécues. Et celles-là changent parfois tellement notre perception. qu'il devient difficile de revenir complètement en arrière. Et c'est ça notre enjeu, faire vivre une expérience, on dit émotionnelle correctrice, pour que la personne, plus jamais, elle retombe dans son piège. Paul avait cessé de croire qu'un réveil nocturne était immédiatement une catastrophe. Il avait découvert qu'il pouvait se reposer sans nécessairement dormir, qu'il pouvait vivre une matinée Merci. même après une nuit imparfaite, et surtout, qu'il n'avait plus besoin et que c'était même conductif d'ordonner à son sommeil de revenir. La certitude qu'il pourrait se rendormir était revenue, était devenue, selon ses propres mots, quelque chose de super agréable. Alors, cette histoire ne dit pas, si vous êtes insomniaque, supprimez le chocolat chaud. Elle ne dit pas, elle ne dit pas non plus, faites un scan corporel. Elle ne dit pas. Levez-vous et faites le ménage, je saurais transformer une intervention thérapeutique en fiche de cuisine et c'est certainement pas ce que je veux transmettre. Chez Paul, cette proposition avait un sens parce qu'elle répondait à sa boucle, à ses habitudes, à sa manière de se rassurer, à son besoin de récupérer, à ses craintes concernant ses matinées, à sa vision de ce qui s'y finifiait, être suffisamment reposé. Chez quelqu'un d'autre, l'insomnie pourrait être entendue par une logique. complètement différentes et donc on mettrait des choses totalement différentes en place, une intervention stratégique différente. La logique peut parfois paraître simple, mais sa mise en œuvre est toujours contextuelle, elle est toujours liée à ce que la personne met en place, elle est toujours liée à sa vision du monde et c'est ça qui compte et c'est ça qui fait la différence. Et finalement, je crois que Paul a appris quelque chose d'assez simple. Pendant longtemps, son sommeil était devenu extrêmement précieux, tellement précieux, qu'il avait commencé à le poursuivre, à le protéger, à organiser ses journées autour de lui, à récupérer chaque heure perdue. Et plus il le poursuivait, plus toute sa vie commençait à tourner autour de son absence. Puis, il a progressivement cessé de courir, et le chat est revenu. Pas parce qu'il a trouvé la technique magique, mais parce qu'il a changé sa relation avec lui. Et vous, quel est votre chat ? Et une question que vous pouvez vous poser, qu'est-ce que vous faites aujourd'hui avec les meilleures intentions du monde pour résoudre votre problème ? Et qu'est-ce que cela produit réellement ? Parce que parfois, le problème n'est pas là où nous pensons. Et parfois... retrouver une partie de sa vie comment simplement arrêter de courir après ce qui nous échappe. Si vous vous reconnaissez dans une boucle qui vous épuise et que vous n'arrivez plus à en sortir seul, un accompagnement peut permettre de comprendre ce qui la maintient et d'expérimenter autre chose. Vous trouverez toutes les informations dans la description de l'épisode. Merci d'avoir écouté le problème à l'envers et si cet épisode vous a aidé à regarder votre problème autrement, Pensez à vous abonner et à le partager à quelqu'un à qui il pourrait parler. Et souvenez-vous, on ne tire pas plus fort sur la corde,